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Stephen B. Roman 

From the Library of Daniel Binchy 



REVUE CELTIQUE 



TOME XVI 







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CE,. 



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FONDEE 

PAR 

H. GAI DOZ 

1870-1885 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 



H. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 




AVEC LE CONCOURS DE 

J. LOTH E. ERNAULT 

Doyen de la Faculté des , Professeur à la Faculté des 

Lettres de Rennes Lettres de Poitiers 

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 

G. DOTTIN 

Maître de Conférences à la Faculté des Lettres de Rennes 

Secrétaire de la Rédaction 

Tome XVI 




PARIS 

LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 
1895 



Digitized by the Internet Archive 

in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/revueceltiqu16pari 



TABLE DES MATIÈRES 



CONTENUES 



DANS LE TOME XVI 



Pages. 
ARTICLES DE FOND. 

Plan du « Navan Fort « appelé en vieil irlandais Em.ùn Mâcha (pi.), 

parH, d'Arbois de Jubainville ... 1 

Notice d'un manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de 

Giessen, par Ludw.-Chr. Stern 8 

The Prose Taies in the Rennes Dindscnchas , published with Transla- 
tion and Notes by Whitley Stokes 31, 135,269 

Le roi Loth des romans de la Table ronde, par J. Loth 84 

Some Irish Etyma. by Kuno Meyer ' . . 89 

M. O'Clery's Be.itha Ceallaig, by Kurto Meyer 91 

L'expression c quentell, par J. Loth . ' 94 

La division des syllabes (à propos d'un rapprochement entre le latin 

et l'irlandais , par Louis Havet 125 

Laurus, Lauracus, Laurius, Lauriacus, par H. d Arbois de Jubain- 
ville. . 129 

Sur quelques textes franco-bretons, par Emile Ernault 168 

Dialectica. 1 . La terminaison bretonne -mp, -mb dans le système ver- 
bal et pronominal; 2. //, dr à Ouessant; 3. Le breton de Quiberon, 

par J. Loth 201,323 

Récent Changes made in Scotch Gaelic, by T.-O. Russel. .. . 207, 341 
Etudes bretonnes : IX. Sur l'argot de La Roche (fin), par Emile 

Ernault 212 

La religion des Galates, par Salomon Reinach 261 

A propos de Ncnnilis Vindicutus, par J. Loth 267 

Le sort chez les Germains et chez les Celtes, par J. Loth. . . . 313 



vi Table des Matières. 

La désinence bretonne de la première personne du pluriel, par Emile 

Ernault 31$ 

E ben, y ben, par J. Loth 33$ 

Bas-relief inédit autrefois à la bibliothèque de Strasbourg (fig.i, par 

Salomon Reinach 369 

"The Annals of Tigernach, published by Whitley Stokes 374 

Deux notes du manuscrit irlandais de Rennes, par Douglas Hyde. . 420 

Contes irlandais (suite), par G. Dottin 421 

MÉLANGES. 

Le pronom adverbe se, sen en breton, par J. Loth 237 

Le Bculan-Pculan de Zimmer, par J. Loth 238 

BIBLIOGRAPHIE. 

The Outlines of the Phonology of Manx Gaelic, by John Rhys (G. 

Dottin) 240 

NÉCROLOGIE. 
François-Marie Luzel 336 

CHRONIQUE. 

Accusatifs gaulois en -as. 98. Dijon (musée de) Catalogue des An- 

Bertrand (Alexandre). Les Celtes dans tiqus. 100. 

les vallées du Pô cl du Danube.' Droit irlandais. 108. Voir Ginnel. 

101. Eglise (histoire de 1') dans le pays de 

Brendan (saint). 246. Galles, 34^. Voir Liturgie. 

Campbell (John Gregorson). Contes Engler (A.), 255. Voir Heha. 

gaéliques. 247. Gaélique. Son orthographe, 342. 

César. De bello gallico, p. p. B. Gildas. 106. 

Kùbler, 95 ; p. p. H. Meusel, 95, Ginnel (Laurence). The bichon Lam, 

256. Voir Orthographe. 108. 

Contes celtiques. 246, 247, 347, Hariulf. Chronique de l'abbaye de 

352. Von* O'Brien, Campbell, Saint-Riquier, 98. 

Curtin. Hehn (Victor). Kulturpflanzen und 

Curtin (Jeremiah). Taies of tht Fai- Hausthicre, 6 e éd., p. p. 0. Schra- 

ries and of the Ghost World col- der et A. Engler, 255. 

lected front oral traditions in S.W. Holder (A.). Altccltischcr Sprach- 

Munster. 352. schatz, m. 



Table des Matières. 



vu 



Irlande (L'article) dans la Grande 
Encyclopédie, par F. Lot, i 10. 

Jones (J. Morris). The Elucidarium 
and other Tracts in Welsli from 
Llyvyr agkyr Llandewivrevi (en col- 
laboration avec John Rhys), 106, 
247. — Gweledigaetheu y bardd 
cwsc d'Ellis Wynne, 344. 

Kùbler (Bernard). 95. Voir César. 

Liturgie galloise. 343. 

Lot (Ferdinand), 98, 1 10. Voir Ha- 
riulf, Irlande. 

Marillier (L.). La survivance de l'âme 
et l'idée de justice chez les peuples 
non civilisés. 1 10. 

May (Martin). Civilisation celto-ger- 
maine, 254. 

Meusel (H.), 95, 256. Voir César. 

Meyer(Kuno). Hibernica minora, 105. 

Mommsen (Th.). Chrovica minora, 
106. 

Montelius (Oscar) Les temps préhis- 
toriques en Suéde et dans les autres 
» pays Scandinaves, trad. par Salo- 
mon Reinach, 252. 

Nennius. 106. 

O'Brien (Patrick). A garland of Gat- 
lic Sélections, 245. 

O'Donoghue. St. Brendan the Voya- 
ger in Story and Legend, 246. 

O'Grady (Standish). The Corning of 
Cuchulainn, 243, 340. 

Orthographe donnée par César aux 
noms gaulois, 97. 

Petitot (Emile). Origines et migra- 
tion des peuples de la Gaule jus- 
qu'à ravinement des Francs, 284. 



Reinach (Salomon). Catalogue du 

musée de Saint-Ger:i.ain-cn-La\e : 

bronzes figurés de la Gaule, 100. 

Voir Montelius. 
Rhys (John). 106, 247. Elu principal 

de Jésus Collège. 256. Voir Jones. 
Russel (T.-O.).- Sur l'orthographe 

gaélique, 342. 
Schrader (0.). 255. Voir Hehn. 
Stokes (MissMargaret). Three months 

in the Forests of France, 256. — 

La croix de Cong, 450. 
Stokes (Whitley). The Martyrology 

of Gorman, 352. 
Strachan (J.). Contributions to the 

History of the déponent Verb in 

Iris h, 348. 
Vaughan-Williams (Sir Roland Lo- 

max ). The ancient Church in Wales, 

34S- 

Verbe irlandais, 348. Voir Strachan. 

Williams (Rév. Hugh). Some Aspects 
of the Christian Church in Wales 
dunng the fifth and sixth centuries, 

Ï4j- 

Williams (Rév. Robert). Sélections 

from the Hengwrt MSS., 247. 
Willis-Bund (J.-W.). Welsh Saints, 

Windisch (E.). Élu correspondant de 

l'Institut, 113. 
Wynne (El lis). Gweledigaetheu y 

bardd cwsc, 344. 
Zimmer (H.). Éd. de Nennius, 107. 

Sur J. Morris Joncs, 247. 



PÉRIODIQUES ANALYSÉS. 



Academy, 1 23, 258, 360. 
Annales de Bretagne, 114,358. 



Anthropologie, 1 14, 259, 362. 
Archaeologia, 122. 



VIII 



Table des matières. 



Archaeologia Cambrensis, 121. 
Archivio glottologico italiano, 364. 
Bibliothèque de l'École des Chartes, 

ÎS*- .. 
Boletin de la Real Academia de la 

Historia, 122, 259. 
Bulletin archéologique du Comité 

des travaux historiques et scienti- 
fiques, 2^6. 
Bulletin de la Société archéologique 
. du Finistère, 256, 367. 
Congrès des Sociétés savantes, 260. 
Folk-Lore, 121, 357. 
Gazette des Beaux-Arts, 366. 
Indogermanische Forschungen, 116. 
Journal of the County Kildare ar- 

chaeological Society, 362. 
Journal of the R. Society of the An- 

tiquariesoflreland, 116,260, 364. 
Nachrichten der k. Gesellschaft der 

Wissenschaften zu Gôttingen, 353. 
Proceedings of the R. Irish Aca- 

demy, 1 22. 
Revue archéologique, 355. 



Revue internationale de l'enseigne- 
ment, 3 57. 
Revue des traditions populaires, 258. 
Revue épigraphique du midi de la 

France, 122, 258, 367. 
Scottish Review, 123. 
Sitzungsbericht der k. preussischen 

Akademia der Wissenschaften zu 

Berlin, 3 56. 
Transactions of the Gaelic Society 

of Inverness, 1 17. 
Zeitschrift der Savigny-Stiftung fur 

Rechtsgeschichte, 1 18. 
Zeitschrift fur das Gymnasial-We- 

sen, 115. 
Zeitschrift fur deutsche Philologie, 

364. 
Zeitschrift fur romanische Philologie, 

3H- _ 
Zeitschrift fur vergleichende Litera- 

turgeschichte, 3 54. 
Zeitschrift fur vergleichende Sprach- 

forschung auf dm Gebiete der in- 

dogermanischen Sprachen, 121. 



TABLE, par M. E. Ernault, des principaux mots étudiés dans le t. XVI 
de la Revue Celtique, p. 452. 



PLAN DU « NAVAN FORT » 



APPELÉ EN VIEIL IRLANDAIS 

EMAIN MACHA* 



Tous ceux qui se sont occupés de la plus ancienne littérature 
épique, conservée jusqu'à nous par les manuscrits irlandais, 
ont entendu parler d'Emain Mâcha, c'est-à-dire de la capitale 
du roi Conchobar, qui régnait en -Ulster vers le début de l'ère 
chrétienne. 

Emain Mâcha a été détruite au commencement du iv e siècle 
de cette ère par les trois Colla; et, depuis, elle est restée 
déserte. Sous la date de 331, les Annales des Quatre Maîtres 
s'expriment ainsi : « Bataille d'Achad Leithderg en Farney 2 
« livrée par les trois Colla aux guerriers d' Ulster. Là fut tué 
« Fergus Fogha, fils de Fraechar Fortrên. Fergus Fogha est le 
« dernier des princes d'Ulster qui résidèrent à Emhain. Après 
« cette bataille les trois Colla brûlèrent Emhain qui, depuis lors, 
« ne fut plus habitée parles rois d'Ulster ni par leurs sujets 3. » 

Le témoignage des Annales des Quatre Maîtres terminées, 

1 . Navan représente à la façon anglaise la prononciation actuelle 
à.' Emain, quand la préposition i n- « en » précède ce nom topographique : 
in-Eamhain, comme dans les textes cités ci -dessous, n. 3; et plus loin, p. 2, 
n. 2; p. 3, n. 2 et 3. 

Le groupe initial tonique ea bref ne doit pas être pris pour une diphtongue, 
c'est la notation moderne de Vc initial primitif qui se prononce maintenant 
comme l'a anglais dans htart « cœur », ou comme en général Va français. 
L'm intervocalique, noté mh ou m pointé dès le commencement du qua- 
torzième siècle, a pris le son de notre v ou du v anglais. Quant au groupe 
ai de la syllabe finale qui est atone et brève, ce n'est pas la notation d'une 
diphtongue ; le son — aujourd'hui un peu sourd — qu'il figure, est analogue 
à celui de Va bref anglais qui se rapproche, comme on sait, de notre e muet. 

2. Farney, comté de Monaghan, en Ulster. 

3. Cath Achaidh Leithdeircc hi Fernmoigh la-sna tnbh Collaibh for Ul- 
tuibh, du i ttorchair Fergus Fogha mac Fraechair Fortriuin ; tiugh -flaith 
Uladh i n-Eamhain in Fergus hi sin. Ro loicset iaromh Eamhain agus ni- 
s-aittreabhsat Ulaidh inte o-sén. Ed. d'O'Donovan, t. I, p. 124. 

Revue Celtique. XVI. 1 



2 H. D'Arbois de'Jubainville. 

comme on le sait, en 1636, s'accorde sur ce point avec celui 
des Annales d'Inisfal qui vont jusqu'en 1320. Ces Annales, 
après avoir mentionné la défaite et la mort du roi d'Ulster 
Fergus Fogha dans la bataille d'Achad Leithderg, poursuivent 
leur récit comme il suit : « Les Colla avec les guerriers de 
« Connaught brûlèrent Emain tout entière, en sorte que les rois 
« d'Ulster et leurs sujets n'y habitèrent plus désormais r . » 

Tigernach, qui acheva sa chronique en 1088, est d'accord 
avec les Quatre Maîtres et avec les Annales d'Inisfal. Voici la 
traduction du passage : « Bataille d'Achad Leithderg en Farney 
« où Fergus Fogha, fils de Fraechar Fortrèn, dernier prince 
« d'Emain Mâcha, fut tué par les trois Colla. Colla Mend périt 
« aussi dans cette bataille. Ensuite les trois Colla détruisirent 
« de fond en comble Emain Mâcha. Les rois d'Ulster et leurs 
« sujets n'y ont pas habité depuis cette époque 2 . » 

La seule différence entre les Annales des Quatre Maîtres 
d'une part, celles d'Inisfal et celles de Tigernach d'autre part, 
semble porter sur la chronologie : si nous nous en croyons 
l'éditeur, la destruction d'Emain Mâcha aurait eu lieu, sui- 
vant les Annales d'Inisfal et suivant Tigernach en 322, tandis 
que les Quatre Maîtres la datent de 321. C'est une question 
accessoire qu'il est inutile de discuter ici. 

Le triste sort d'Emain Mâcha frappa beaucoup les esprits. 
Quand le christianisme se fut établi en Irlande, on opposa la 
ruine de cette célèbre capitale à la splendeur des établissements 
que la religion nouvelle avait fondés et qui alors n'avaient pas 
de si belles légendes. Dans l'hymne de Fiacc, en l'honneur de 
saint Patrice, on lit : « C'est en Armagh qu'est la royauté ; il 
« y a longtemps qu'elle est partie d'Emain >. » 

1 . Gluaisid na Colla gan Oilneagmacht leo iar sin, agus ro loigsiad 
Eamhain ula, go na -r-aitioghadar Olltaicc innte o sin anuas. O'Conor, Re- 
ruw hibernicarumscriptores, t. I, 3 e partie, p. 10; tf. i re partie, p. 76. 

2 Cath Achaig Lcithdeirg i Fernmuigh i torchair Fergus Foga mac 
PVaechair Fortriûin, tuigh-fhlaith Uladh a n-Eamhain Mâcha, la-sna tri Colla, 
ocus dorochair Colla Mend i-sin cath sin. Rochlaidsid iarom na tri Collo 
Eamhain Mâcha, ocus ni ro-s-aitrebsad UUiiit innti sin aile. O'Conor, Re- 
nan hibernicarumscriptores, t. I, première partie, p. 69. 

3 . In Ardmacha fil rige, 

is cian doreracht Emain. 

Windisch, Irische Texte, r. 1, p. 14. 



Plan du Navan fort (Emain Mâchai. 3 

La même idée est exprimée dans le prologue du Martyrologe 

d'Oengus : 

Le fort d'Emain a disparu 
Il n'en reste que les pierres ; 
Aujourd'hui la Rome de l'Occident 
C'est la populeuse abbaye de Glendalough ' . 

Emain Mâcha est resté inhabitée jusqu'à ce jour, si ce n'est 
qu'en 1387, Niall O'Neill, roi d'Ulster, voulant plaire aux 
gens de lettres d'Irlande, y fit bâtir une maison. Les Quatre 
Maîtres signalent ce fait en reproduisant sous la date de 1387 
deux notices empruntées à deux chroniques différentes, aux- 
quelles, suivant leur système, ils ne renvoient pas : 

« Construction d'une maison à Emain Mâcha par Niall 
« O'Neil, roi d'Ulster, pour satisfaire les gens de lettres d'Ir- 
« lande 2 » . 

« Construction d'une maison à Emain Mâcha par Niall 
« O'Neill, car il n'y avait pas eu de maison à Emain depuis 
« longtemps 3 » . 

Au xvii e siècle, il ne restait plus de traces de cette maison, 
il ne subsistait de la vieille forteresse que les fossés et la motte, 
comme aujourd'hui-*. 

Emain Mâcha, en anglais the Navan fort, est située à deux 
milles anglais, soit environ trois kilomètres à l'ouest d'Armagh, 
Ard Mâcha, la fondation de saint Patrice, par laquelle elle a 
été supplantée, comme le dit l'hymne de Fiacc cité plus haut. 
C'est un cercle à peu près parfait qui a de diamètre environ 
huit cent pieds anglais, soit deux cent quarante-quatre mètres, 

1 . Broc Emna ro-scâich-e, 
acht mairde a-clocha. 
Is Rûaim iarthair betha 
Gleand-dalach-da-locha. 

Felire Oenguso, Prologue, quatrain 194; édition de Whitley Stokes, p. xix. 

2 . Teach do dénom i n-Eamhain Mâcha do Niall O Néill (do rfgh 
Uladh) do dfol dâmh Éreann. Ed. d'O'Donovan, t. IV,. p. 707. 

3 . Teach do dénamh i n-Eamhain Mâcha la Niall O Néill, ar ni bhuî 
tegh inti-sidhe fri ré in-chéin go sin. Ed. d'O'Donovan, t. IV, p. 708. 

4. Emania prope Ardinacham, nunc fossis latis, vestigiis murorum emi- 
nentibus et ruderibu's pristinam reddens splendorem. Colgan, Trias thaurna- 
turga, p. 6. Louvain, 1647. 



4 H. D'Arbois de Jubainvilk. 

et une contenance d'un peu plus de quatre hectares et demi. Du 
côté de l'ouest, les terrassements sont encore bien conservés. 
Si l'on suit dans le plan ci-joint la coupe SD' qui va du 
nord-ouest au sud-est, et que l'arpenteur, M. Me Bride, appelle 
Longitudinal section, on trouve d'abord un rejet de terre haut 
de quatorze pieds anglais, soit un peu plus de quatre mètres. 




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Longitudinal section. 



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Puis vient un fossé ; du sommet du rejet de terre au fond du 
fossé, il y a onze pieds anglais, un peu plus de trois mètres. 
A environ cent pieds anglais ou un peu plus de trente mè- 
tres du fossé commence la motte qui offre au sommet une 
plate-forme en forme d'ellipse; son grand diamètre est de cent 
quatre-vingts pieds anglais ou cinquante mètres, le petit de cent 
cinquante pieds anglais ou quarante-cinq mètres, la con 



Plan du Navan fort (Emain Mâcha). $ 

tenance d'environ dix-neuf ares. Du fond du fossé au sommet 
de la motte on compte trente-cinq pieds anglais ou un peu 
plus de dix mètres. Le sommet de la motte dépasse de quinze 
pieds, soit environ cinq mètres, le sol qui l'avoisine, c'est-à- 
dire la plate-forme du reste de la forteresse. 

Si l'on suit la coupe A R ou Cross Section, qui va de l'ouest 



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7 



B C DETGH JK L M N OP Q 

Cross section. 



à l'est, les différences de niveau sont un peu plus grandes, la 
pente naturelle du sol est beaucoup plus forte; ainsi du fond du 
fossé au sommet de la motte il y a quarante-cinq pieds, soit 
près de quatorze mètres. Quand venant d'Armagh, comme 
je l'ai fait il y a treize ans, on arrive au point A, le Navan 
Fort produit un grand effet. 

On remarquera que la motte n'est pas au centre de la forte- 
resse; en suivant la coupe SD', on trouve de la base de la 



6 H. D'Arbois de Jubainville. 

motte au fossé, dans la direction du nord-ouest, cent pieds 
anglais ou un peu plus de trente mètres comme nous avons 
vu, et dans la direction du sud-est, quatre cent quatre-vingts 
pieds ou environ cent quarante-quatre mètres. Si l'on prend 
la coupe A R, de l'ouest à l'est, on trouve à l'ouest de la motte 
cent vingt pieds anglais ou un peu plus de trente-six mètres, 
et à l'est quatre cent quatre-vingt-dix pieds ou cent-quarante- 
neuf mètres qui, ajoutés au diamètre de la motte, donnent le 
total de deux cent quarante-quatre mètres, diamètre moyen 
du cercle formé par la forteresse d'Emain ainsi qu'il a été dit 
plus haut. 

Ce que nous savons des anciens édifices irlandais donne 
le droit d'affirmer que la plupart des constructions élevées à 
Emain Mâcha pendant la période épique de l'histoire d'Irlande 
ont dû être en bois; cependant il y avait été employé au 
moins quelques pierres : de ces pierres il est question dans le 
prologue du Martyrologe d'Oengus cité page 3, elles étaient en- 
core en place quand ce document a été écrit ; depuis elles ont 
sans doute servi de matériaux pour construire des maisons. 
ODonovan écrivait en 185 1 qu'il n'avait pu trouver à Emain 
aucune trace de mur en pierres 1 . Je n'en ai pas vu plus que lui 
lors de la visite que j'ai faite à cette vieille forteresse en 1881. 

Emain Mâcha, avec sa motte, offre une grande analogie avec 
les plus anciens châteaux féodaux du moyen âge français 
comme avec certains lieux de refuge antérieurs à l'époque ro- 
maine et dont les archéologues ont constaté l'existence sur le 
territoire de la Gaule antique. 

Certaines personnes penseront que la dimension du Navan 
Fort est bien modeste ; mais la grande salle des fêtes, dite 
Craobh-Ruadh, paraît avoir été située -en dehors de cette forte- 
resse; son nom est conservé par un fond déterre — townland 
comme on dit en anglais — appelé avec la notation anglaise 
Creeve Roe ; et dans un autre fond de terre du nom de Trea, 
joignant Creeve Roe, se trouve une motte appelée King's Sta- 
bles « Etables du roi - » . 



1. Annales des Quatre Maîtres, t. IV, p. 708, note. 

2. Annales des Quatre Maîtres, ibid. 



Plan du Navan fort ^Emain Mâcha) . 7 

Je dois le plan du Navan fort l à l'obligeante générosité du 
Révérend Close, trésorier de l'Académie royale d'Irlande, que 
je prie d'agréer mes remerciements et ceux des lecteurs de la 
Revue Celtique; je n'ai pas de procuration, mais je me porte 
fort pour eux sans crainte d'être désavoué. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



1. Le format de la Revue Celtique a exigé une légère réduction du plan 
de M. Bride. L'échelle du plan ainsi réduit est de six pieds anglais par mil- 
limètre. Quant à l'échelle des deux coupes, p. 3 et 5, elle est iudiquée en 
pieds anglais dans ces figures. 



NOTICE 



MANUSCRIT IRLANDAIS 



LA BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE DE GIESSEN. 



Le manuscrit de la bibliothèque universitaire de Giessen 
coté n° 1267, est signalé dans le catalogue de J.-Val. Adrian 1 
comme un recueil d'histoires et de poèmes en langue irlan- 
daise ; l'éditeur a joint à la brève note qu'il en donne la tra- 
duction anglaise de cinq fragments de texte dont l'original est 
reproduit en fac-similé et réuni sur une même planche. Le 
savant irlandais distingué à qui l'on doit la traduction de ces 
spécimens, T. Crofton Croker, n'en avait sous les yeux que 
les calques, de sorte qu'il ne pouvait avoir connaissance de la 
diversité des matières contenues dans le volume. Qu'il me soit 
donc permis de donner, au profit de ceux qui s'intéressent à 
la littérature gaélique moderne, une description détaillée de ce 
manuscrit imparfaitement connu qui, au reste, semble être 
tombé dans l'oubli. 

C'est un petit volume in-quarto de 66 feuillets en papier. 
Il est provenu de la riche bibliothèque du baron René-Charles 
de Senckenberg, mort en 1800, et appartenait autrefois à Jean 
Schilter, célèbre jurisconsulte et antiquaire à Strasbourg, qui 



1 . Catalogus codicum manuscriptorum bibliothecœ académies; Gissensis, 
Francofurti ad M., 1840, p. 384. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 9 

paraît l'avoir reçu en 1695 d'un Irlandais, peut-être même du 
scribe des textes. Le manuscrit primitif, qui paraît tout en- 
tier de la même main, finissait par le fol. 62, et les derniers 
feuillets manquaient, aussi bien qu'un feuillet à la suite du 
fol. 24 et un autre à la suite du fol. 46; le reste (fol. 63-66) 
est ajouté après coup. 

Des choses étrangères au sujet qui se trouvent dispersées 
par tout le livre, partie en langue latine et partie en langue 
anglaise, peuvent mettre sur la voie du nom du scribe et de 
son temps. Il se nomme Domhnall o Headrisgeoill (Eider- 
sgeoil) ; il était donc de l'ancienne famille des Driscolls, sur 
laquelle on peut lire une notice instructive de J. O'Donovan 
dans le Miscellany of the Celtic Society, 1849, p. 384-403. 
Le scribe anglicise son prénom, ce. me semble, tantôt Daniel, 
tantôt Dennis. Outre le nom de Cornélius O'Driscoll qui s'est 
inscrit deux fois (fol. 11 v°, 28 v°), on trouve les noms de 
nombre d'autres lecteurs. Suivant une inscription (fol. 16 v°) : 
Damhnuill ô Headrisgeoill : xxxxxxxx9, on est tenté de 
croire que Daniel Driscoll écrivait en 1689; car on trouve 
ailleurs, sur les marges et sur des pages laissées blanches çà et 
là, les années 1688, 1689, 1691, 1692, 1693, 1 695 , et au bas 
du fol. 53 v° : An aois 6. C. V. et da XXXX thuicfàs, c'est-à- 
dire, si je ne me trompe pas : Anno (1)685 qui consequetur. 

La première page du feuillet qui se trouve en tête du vo- 
lume, donnée en partie en fac-similé dans le catalogue d 'Adrian, 
paraît être en contradiction avec cette chronologie. Le scribe 
y a arrangé quelques phrases, pour le titre d'une édition qu'il 
se proposait de faire de son recueil, savoir, outre un quatrain 
sur la mort et le nom de Dennis Driscoll, les mots : iar na 
cbur a eclô a manisdir na mbrathair neirionach a Lobhain maille 
hughdardhâs M. D. LXXXV:, c'est-à-dire « imprimé au cou- 
vent des frères irlandais à Louvain avec autorité en 1585. » 
Puisque les impressions les plus anciennes des Franciscains ir- 
landais du couvent de Saint-Antoine de Padoue à Louvain ne 
datent que du commencement du xvn e siècle I , nous serons 



1 . O'Curry, Manusvript materials, p. 644, cite par erreur 1616 comme 
date de la fondation du couvent des Récollets irlandais à Louvain. C'est 



Revue Celtique, XVI. 



io Ludw.-Chr. Stern. 

justes en corrigeant l'année mise sur le titre du manuscrit de 
Giessen en 1685. Je le regarde comme écrit à Louvain en 
1684, et cette fixation correspond parfaitement avec la condi- 
tion de l'écriture et avec le contenu du livre. 

Les pièces comprises dans le manuscrit de Giessen appartien- 
nent à la littérature irlandaise moderne et sont connues pour la 
plupart par d'autres manuscrits ou même par des publications. 

Fol. 2 r°: As truadh lioma compâin do chor 1 « Ta condition 
est triste, ce me semble, mon ami. » — Poème adressé à un 
inconnu qui s'est converti du catholicisme au protestantisme; 
il est dirigé contre l'hérésie de Luther et de Calvin et glorifie 
l'église catholique. L'auteur est Bonaventura O'Hussey 
(Giolla-Brighde O'Heoghusa), frère franciscain du collège de 
Saint-Antoine à Louvain, qui fleurit en 1608. Voir O'Reilly, 
Irish writtrs, p. 169. Le poème se compose de 88 quatrains 
sur le mètre nommé Rannaigecht mhôr; il a été publié dans 
le Catechismus bibemicus de B. O'Hussey, sec. éd. Romœ 
1707 cura Philippi Maguire, p. 237-255, mais différemment à 
1 égard du nombre et de l'ordre des quatrains. Le texte du 
manuscrit de Giessen comprend les quatrains 1-4, 6-19, 21-22, 
x, 25-29, 31-38, 40-72, 78, x, 79-81, 73-77, 82-84. L'édi- 
tion manque de deux quatrains fournis par le manuscrit aussi 
bien que du ceangal ou sommaire qui fait le dernier ou 73 e 
quatrain du manuscrit. Une copie du poème qui correspond, 
a l'exception d'un seul quatrain, parfaitement à l'édition se 
trouve dans le manuscrit de Goettingue daté de 1659, Coà. 
bis t. y/3, fol. 4 v°-7 v° 2 . 

l'église qui fut fondée en 1617, tandis que la fondation du couvent date de 
1609 (voir Piot, Histoire de Louvain, 1839, p. 300), mais l'imprimerie 
doit déjà avoir existé. Le catéchisme de Bonaventura O'Hussey parut à 
Louvain en 1608 (O'Reilly, Irish imiter s, p. 168). En 1616 on y imprima 
le Spéculum vitœ vel Desiderius (dont l'original est le livre espagnol Espejq 
de religiosos, imprimé à Burgos en 1548), traduit en irlandais (Sgdthan an 
chrdbhaidh) par Florence Conry, et non pas en 1623 comme disent O'Reilly, 
p. 182, et J. Reid, Bïbliotheca scoto-celtica , p. xxvi. J'ai pu constater la 
date sur un exemplaire du livre qui se trouve dans la bibliothèque de la ville 
de Hambourg. Le couvent de Saint-Antoine fut supprimé en 1783. 

1 . Je donnerai les textes tels quels, bien que l'orthographe du manus- 
crit laisse beaucoup à désirer. 

2. Voir Thurneysen dans le catalogue des manuscrits de Goettingue, 
Berlin, 1895, II, p. 237. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. ; 1 

Fol. 9 r°. Fiiarus a psalter Chas il « J'ai trouvé dans le 
psautier de Cashel » I . — Poème concernant les neuf invasions 
étrangères (gahhâil) qu'a subies l'Irlande, 30 quatrains sur le 
mètre appelé Debide. Parmi ceux qui ont pris possession de 
l'île il y en a trois qui ont vécu avant le déluge, savoir : 1 . l.es 
trois filles de Caïn (quatrain 2); 2. Luas, Cab et Laghra 
(qu. 3); 3. Fintan et Ceasair (qu. 4) — différemment du 
poème de Gilla Coemain et d'autres légendes sur les Captùrae 
Hibernias. Les conquérants qui arrivèrent après le déluge sont : 
4. Adhna (qu. 8); 5. la colonie amenée par Partholon 
(qu. ro); 6. la coloniedes fils de Neimed (qu. 12), desquels 
descendent les Firbolg (qu. 14) et les Tuatha Dé Danann 
(qu. 15); 7. la colonie des fils de Miled (ou Mil), c'est-à- 
dire les Gaels ou Scots (qu. 20); 8. les Lochlannois (qu. 24) 
et 9. les Anglais (qu. 26). G. Keating cite ce poème plusieurs 
fois dans son histoire d'Irlande, savoir les quatrains 2 (éd. 
Haliday, p. 148), 5 (p. 152), 8-9 (p. 160), 18 (p. 290). Les 
quatre quatrains avant le dernier et un autre qui manque dans 
le manuscrit ont été extraits par N. O'Kearney dans ses Pro- 
phecies of St. Columbkille, Dublin, 1856, p. 126-127; ^ s ont 
pour objet une prétendue prophétie de St. Berchan concernant 
la bataille de Sainirel où les Anglais auraient été vaincus 2 . La 
dernière ligne, a righeacht na cacmh Temhrach, selon O'Kearney, 
est dans notre manuscrit ar faithe na claon Temrach » sur le 
champ du bourg penchant de Tara ». Cette leçon vaut mieux, 
attendu que claon est une épithète bien connue de Tara >. 

Fol. 10 r°. Tein h mo croidhe go becht « mon cœur est vé- 
ritablement malade ». Une complainte sur la prise en pos- 
session de l'Irlande par les étrangers (goill) et sur leur domi- 



1. Voir O'Curry, Manuscript materiah, p. 19; O'Donovan, Book of 
Rights, p. xxii et suiv. Psalterium ou, en irlandais, saltair, signifie un livre 
de 150 chapitres en vers, comme dans le cas du Saltair na rann, et puis 
généralement, selon Ducange, liber, codex quilibet. 

2. Sur la bataille imaginaire de Saingel ou Singland (près de Limerick), 
voir la note d'O'Donovan dans les Annales des Quatre Maîtres, AD. 1583. 

3. Voira rdith clain-Temra dans le Tegasg flatha, 1. 60. C'est ce mot 
qu'il faut entendre dans la ballade de Garbh et Cuchulainn : sonii catha na 
claoin Teamhrach (H. Maclean, Uttonian hero ballads, p. 18). 



i 2 Ludw.-Chr. Stem. 

nation de trente ans, deux quatrains sur le mètre appelé 
Debide et deux sur la Rannaigecht bheg. 

Fol. 10 v°. Des vers aux lignes longues sur un mètre que les 
savants irlandais nomment Ollbrecad déne cenntruime (n° 53 
de M. Thurneysen). Le poète chante les beautés de sa bien- 
aimée Anny, après le départ de laquelle il se trouve délaissé 
comme un navire sans voile ou comme Enée après la des- 
truction de Troie. 



As blasda binn gasta grin tapaidh g/d tira an oirchiabhach, 
As breadha dlaoi go salaibh sios gradh mo croidhe an mhiolbriarthrtch ; 
As dirge na an rôs loinne ar a beol Anaoi beg rosgiamhach, 
Mise na deoig mar loing gan seol no mur Aognus a ndeoig na ttroi- 

[gheanach. 

Fol. 11 r°. Mor ata ar tegusg flatha « Beaucoup dépend de 
l'instruction du prince. » — Direction poétique écrite pour le 
quatrième comte de Thomond Donogh O'Brien, qui vécut 
sous les règnes d'Elisabeth et de Jacques I er , par le barde de sa 
cour Tadhg Mac Daire Mac Bruadin (ou Mac Bruaidedha), 
qui fleurit au commencement du xvn e siècle. 25 quatrains du 
poème, qui est du mètre appelé Debide, ont été publiés par 
Ch. Vallancey, Ibero-celtic grammar, Dublin, 1773, p. 184- 
191, le poème complet de 54 quatrains par Theoph. O'Flana- 
gan dans les Mémoires de la Société gaélique de Dublin en 
1808; cette édition a été réitérée dans le Gaelic Journal, I 
(1885), p. 352-354. Le texte du manuscrit de Giessen est 
moins correct que l'édition d'O'Flanagan ; il a un 55 e qua- 
train qui semble être ajouté après coup. 

Aingil nimhe, naoimh talmhan, drong ogh absdal modh anghlan, 
an ri dar saor oirecbt so go tti d'aodhairec/;/ mhanmo. 

Fol. 11 v° et 12 r° sont laissés blancs; on y a écrit 
des noms de saints et autres et une addition anglaise de 
denrées. 

Fol. 14 r°. Conditil'h ort a mhacaoimh mna « Prends-toi en 
garde, jeune fille. » — 5 quatrains sur le mètre nommé Ran- 
naigecht mhôr, avec le refrain Cuimnigh orm na pas fear 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 1 3 

« Songe à moi, ne te marie pas ! » Le poète donne ce conseil 
aux jeunes filles : 

Na braiter do gradh na tfuath, na nocht hinntin go luath leam, 
ceil do run, taisig do phog, cuimnigb orm, na pôs fear. 

Fol. 14 v°. Truadh sin a aoinfere (lisez aoinfhir Aoifé) « C'est 
triste, ô fils unique d'Aoife. » — Elégie dans laquelle Cuchu- 
lainn déplore la mort de Conlaoch qu'il a tué lui-même en 
combat singulier, ne sachant que ce fût son fils, le fils d'Aoife ; 
18 quatrains qui sont sur le mètre appelé Rannaigecht bheg. 
Le poème se trouve quelquefois comme accessoire de la bal- 
lade bien connue « Comment Conlaoch vint en Irlande ». 
Voir Charl. Brooke, Relies of aueient Irish poetry, Dublin, 
1789, p. 269, et édition de 1816, p.. 399; D'Arbois de Jubain- 
ville, Catalogue de la littérature épique, p. 16, et Y Epopée 
celtique en Irlande, p. 51. La ballade date du xv e siècle et se 
trouve déjà dans le Livre du Doyen de Lismore (édition de 
Maclauchlan, p. 24, et de Cameron, Reliquiae celticae, I, 58). 
La récente rédaction écossaise de la ballade se trouve fréquem- 
ment augmentée de quelques quatrains de l'élégie, bien que 
celle-ci soit différente par rapport à l'espèce du mètre. Voir 
J.-F. Campbell, Leabhar na feinne, p. 9; Gaelic Society, of 
Inverness, XIV, 355 ; Highland Monthly, I, 530; H. Maclean, 
,Ultonian hero-ballads, p. 65. 

Fol. 15 r°. A beau fuair f ail l ar an bhfeart « ô femme que 
l'on a abandonnée sur la tombe. » — Elégie sur la mort des 
frères O'Donnell et d'O'Neill,- célèbres combattants pour l'in- 
dépendance de l'Irlande sous le règne de la reine Elisabeth, 
lesquels moururent à Rome et furent enterrés dans l'église 
des Franciscains à San-Pietro-Montorio. Ce sont les frères 
Rory O'Donnell, premier comte de Tyrconnell (mort le 
28 juillet 1608, âgé de 33 ans), et Caffar O'Donnell (mort le 
13 septembre 1608) 1 et leur neveu Hugh O'Neill, baron de 
Dungannon (mort le 13 septembre 1609, âgé de 24 ans) ; le 



1 . Le frère aîné de Rory et Caffar, Hugh Roe O'Donnell, mourut le 
10 septembre 1602 en Espagne. Nous avons sa vie par Lughaidh O'Clery, 
dernièrement publiée par D. Murphy. 



14 Ludw.-Chr. Stern. 

père de ce dernier, le comte de Tyronc, mourut le 20 juil- 
let 16 16 dans son soixante-seizième an et fut enterré dans la 
même église. Le poème de consolation, qui est sur le mètre 
appelé Debide, est adressé à Nuala, sœur des O'Donnells, par 
Owcn Roe Mac Ward, dont la mort est enregistrée par les 
Quatre Maîtres en 1609. Le texte que M. O. Connellan en 
a publié, d'après une copie plus récente, dans les Mémoires de ht 
Société ossianiaue.de Dublin, V (1860), p. 295-300, a 40 qua- 
trains 1 ; le manuscrit n'en a que 19 et le ceangal ou som- 
maire, savoir les quatrains 1-10, 12, ir, 17, 18, 22, 28, 30, 24, 
23, 40 2 . O'Reilly, Irishwriters, p. 161, avait sous les yeux une 
copie qui manquait du 40 e quatrain, c'est-à-dire du ceangal. 
Fol. 16 r°. Quatrain, éloges d'une honorable tribu. 

So an treabh na bhfuil flath don ôr fhuil ird 3, 
Nar creach bean gau fcar na aon tighe naoimh, 
Nar glac breab neach da threithe biodh, 
'S nar leig creac tar lear letrein gan diol. 

A la même page se trouvent des noms et des vers latins sans 
importance. A la page suivante on lit : Si pater est Adam et 
mater est Aeva, air non sunt hommes nobilitate pares ? Non 
pater aut mater da(n)tnobis nobilitatem, sed moribus et vita 
nobilitatur homo — dicton qui est répété fol. 66 r°. 

Fol. 16 v°. Creadfa sirfin saogûfada ? « Pourquoi devrais- 
je désidérer une longue vie ?» — Deux quatrains sur la mor- 
talité; ils sont sur le mètre nommé Sema. Le second est cité 
par G. Keating, Tri bior-ghaoithe an bhâis, p. 216. Un troi- 
sième quatrain sur le mètre appelé Rannaigecht mhôr, concerne 
le péché, la rétribution et la salvation. 

Peacach me ag deanamh ort, ormsa na nochl an côir; 

cia do thuillios tfearg is tfioc, feac orum, a Chriosd, is fôir ! 

1 . Le texte irlandais est suivi d'une paraphrase anglaise en vers par Cl. 
Mangan. On ne saurait trop improuver cette manière de faire connaitre la 
poésie celtique, laquelle consiste à atténuer l'énergie de la pensée et à ef- 
facer la grâce de l'expression pour y substituer des rimes sonnantes sans 
force et sans caractère. 

2 . Une copie de cette élégie qui se trouve dans un manuscrit de la Grande 
Bibliothèque Royale à Copenhague, n'a également que ces 19 quatrains et 
le sommaire. 

5 . Probablement pour aird, par licence poétique, à cause de la rime. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 1 $ 

Fol. 17 r°. La naon da raibh ô Domhnuill i. Aodb ruadh mac 
Neil gairbh mie Toirdhealluibh an fhiona... « O'Donnell, sa- 
voir Hugh Roe, fils de Niall garbh, fils de Turlogh du vin, 

étant un jour » C'est le récit ailleurs intitulé Eachtra an 

cheatharnaigh chaoilriabhaigh « Les faits du Kerne ou aventurier 
à raies étroites », c'est-à-dire probablement vêtu d'un habit à 
petites raies. Il s'agit d'un sorcier qui fait voir ses tours 
d'adresse dangereux, mais sans faire du mal, à la cour de 
plusieurs gentilshommes irlandais au commencement du 
xvi e siècle. La pièce a été dernièrement publiée d'après deux 
manuscrits, de 1800 et de 1740, par St. H. O'Grady dans la 
Silva Gadelica, p. 276-289. D. Hyde donne quelques extraits 
d'un manuscrit de 1762 dans son livre Beside the fire, p. xxvi, 
et J.-F. Campbell a publié le conte albano-gaélique sur le 
même sujet dans les Popuîar taies of the West-Highlands , I 
(1860), p. 289. Les textes diffèrent beaucoup l'un de l'autre; 
celui de Giessen se termine inachevé au bas de la page 
fol. 24 v°. Les derniers mots du manuscrit sont : Do bhi an c. 
c. r. a tiig r(igh) Laigen — voir Silva Gadelica, p. 288, 
ligne 4. 

Fol. 25 r°. Da mbeinsi agus Conlaoch si an « Si nous fussions 
sains, moi et Conlaoch ». — Deux quatrains sur le mètre 
nommé Debide, adressés par le poète à un ami chéri ; le pre- 
mier quatnin est emprunté de la complainte de Cuchulainn 
citée plus haut. 

Da mbeinsi agus ConlaocZ* slan ag imbhe/t ar ccleas ccomhlan, 
ni bforlar oruin ar cceann cheithre hollcogfrtrtV; Eirionn. 

Do bheirim rao briatar nach bras duitsi anois, cedh beag {hognus, 
gwrab tu m Conlaoc nach tim, leath 1110 croide ar na chomhroinn. 

Voir Ch. Biooke, Relies 2 , p. 397, et Campbell, Leabhar na 
feinne, p. 14'. Suivent deux quatrains sur le même mètre qui 
semblent cependant appartenir à un autre poème. 

Suathrt/n anos ata in dail is tocha remnaoi a fer-graidh, 

dalta a slia:da go ngoire na mac[h] a hûrbrwne. 
T(r)eig/V//; be;n laog a broinn ag an bhfear bhios da teaghall; 

mairg do bheir taobh, a dhuine thall, re cuire na rosg romhall. 

Fol. 25 r°. Se riogpuirt Eirionn anall « Six résidences roya- 



i6 Ludw.-Chr. Stern. 

les d'Irlande autrefois ». — Poème de 7 quatrains sur le mè- 
tre Debide concernant les six résidences royales en Irlande et 
les derniers rois qui y ont résidé. Il s'agit de Diarmaid Donn, 
fils de Fergus Cerbhall, roi suprême d'Irlande, à Temair ou 
Tara (comté de Meath), mort en 565 ; Muirchertach, lils de 
Niall Glundubh, roi d'Ulster de la tribu des Ui Neill, à Oi- 
leach ou Elagh (en Donégal), tué en 941 ; Cerbhall, fils de 
Muirigen, roi de Leinster, à Naas (en Kildare), tué en 904 ; 
Fergus Fogha, roi d'Ulster, à Emain, près d'Armagh, tué en 
331; Raghalhicb, lils d'Uadhach, roi de Connaught, à Crua- 
chan, tué en 648; et Cormac, fils de Cuiîennan, roi de 
Munster, à Cashel, tué en 903. Voici le texte du poème. 

Se riogpuirt Eirionn anall inneosad[h] daoibh an anmann, 

sloinnead[h] daoibh re seal na flatlia gar fasuigheadh. 
Nâs is Oileach is Eamhuin, bailte na riog gai: mcabhuil, 

Teamhair breth a ccurthaoi smacht, Caisiol is Guacha Cormac/;/. 
O remhius Dhiarmada dhuinn m/c Feargusa mie Cearbhuill, 

6 breithir Ruadhain na thoigh ni raibh ri a tTeamhrigi. 
Ni raibh ri a nOileach 6 Muircertach morghreidheach, 

ata Nâs gan ri anall on la do rochair Cearbhall 2 . 
O thoirchuir Feargus Fogha le na Collaibb ar Muig-chobra 5, 

do sguir a bhlaidh-sa sa brig, ata Famhain gan aon rig. 
O ré Raghall<//V/; ratha m/c Uadhach an ardfhlatha, 

do thuit le cloinn Mhothlain mhir, ni raibhe ri a cCrux.hain 4. 
Cormac a cCaisioll fa dheoig deg mac Cuilcannain corwnthoir, 

Connue, xobudh maith a ré, do caith a seac/;/ et a se!. 

O'Curry discute ce poème dans ses Manners aul customs, 



1. Voir Silva Gadelica, p. 69, 77. Ce quatrain est cité par Pétrie, Tara, 
p. 125, et par O'Donovan dans son Supplément au dictionnire d'O'Reilly, 
p. 566. Dans le texte, Cearbhuill est fautif au lieu de Chômai. 

2. Ce quatrain est cité par le même O'Donovan, 1. c, ?. 65g. et dans 
les Annales des Quatre Maîtres, an 904. Le roi Muircheartlch a la même 
épithète (môrghroidheadh) dans le poème de Cormacan àœs, quatrain 4, 
édition d'O'Donovan. 

3 . Sur les trois Colla, voir les extraits d'O'Grady dans h Silva Gadelica, 
II, p. 461 et suiv. 

4. Voir Silva Gadelica, 431; II, 497. Suivant les Antales des Quatre 
Maîtres, A. D. 645, Raghallach fut tué par Maolbrighde mac Molhla 
C'est la forme usuelle du nom. Les Annales de Clonnuwioise cependant 
le prononcent Moyle-Bride O'Mothlan. 

5 . C'est-à-dire: il régna 7 ans et 6 mois, étant arrivé au mouvoir en 896. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 17 

III, 25, et fait connaître son auteur, Eochaidh O'Hussey, qui 
l'écrivit à l'occasion de la rénovation du château de Mac Der- 
mot situé sur le Rocher de Loch Ce, environ 1620. 

Fol. 25 v°. Eolach me a tteacht na neasga « J'ai connaissance 
de l'arrivée des mois ». — Poème de 7 quatrains sur le mè- 
tre nommé Debide, où les mois de l'année sont comparés avec 
les heures du jour et de la nuit, de sorte que minuit corres- 
pond à janvier et midi a juillet. 

Fol. 25 v°. A fhir edbhur aga mbi beau « O homme jaloux 
qui es marié ». — Poème qui. se compose de 3 quatrains sur 
le mètre nommé Rannaigecht mhôr et d'un ceangal aux lignes 
longues. Conseil pour le mari jaloux : 

Na cread sgeal a bhfior na mbreig, eisdedré do diluas fein na cluin, 
na cread do raidhrc do shûil, leath a ttuigfe tu na tuig. 

Fol. 26 r°. A fhir fheachus uait an cnâmh « O homme qui 
regardes l'os devant toi ». — Poème de 28 quatrains qui ap- 
partiennent au mètre appelé Rannaigecht mhôr, sur la nature 
périssable et l'instabilité des choses d'ici-bas, par le frère fran- 
ciscain Owen Roe Mac Ward le jeune qui fleurit en 1640 
(voir O'Reilly, Irish ivriters, p. 191, qui avait 27 quatrains 
du poème). Le poète fait dire les mots du texte au crâne de 
Hugh O'Neill qui décéda dans son vingt-cinquième an : 
dearbh ua ui Dhomhnuil fa me is oighre ui Neill da gairm 
diom. Le monde, dit-il, ne tient pas ce qu'il promet et sur- 
tout il ne l'a pas tenu à moi ; la fin imminente doit nous ex- 
horter à être pieux. 

Fol. 27 r°. Goll mear miîeata « Goll fier, martial ». — Poème 
qui célèbre les louanges de Goll, le plus fort héros des guer- 
riers fianniques de Finn mac Cumaill ; c'est un rosg de 
19 quatrains qui sont du mètre appelé Blogbairdne de 5 syl- 
labes •"■ w * - w (n° 9 de M. Thurneysen). Le poème a été 
publié par S. O'Halloran dans les Mémoires de l'Académie 
royale d'Irlande, II (1788), antiquités p. 7-17 (voir Burke, 
The Collège Irish grammar, p. 250); les quatre quatrains du 
début seulement se trouvent dans The Highland Society s 
Report on the poems of Ossian, Edimbourg, 1806, p. 141-2; 
Al. Cameron donne le texte du manuscrit d'Edimbourg n° 48 



i8 Ludw.-Chr. Stem. 

dans les Reliquiae celticae, I, 124 l . Les vers sont remar- 
quables par leur forme artificielle, ayant à la fois L'allitération 
dans chaque ligne courte et l'assonance à la fin des lignes 
longues, conformément aux règles. En présentant le texte de 
notre manuscrit, je prendrai la liberté d'utiliser les diverses 
leçons des autres textes que nous avons entre les mains ; pour- 
tant il y a plusieurs mots dans le poème qui restent douteux. 

' Goll mear mileanta 2, ceap na crôdhachta, 

lâmh filial arrachta, mian na môrdhachta. 
Fraoch nach fuaraightear 3, laoch go lan-dcabhaidh 4, 

réim an rîgh-churaidh mar léim lân-teineadh. 
Leomhan luath armach, leônadh lân-mhileadh, 

tonn ag tréan tnarguin, Goll na ngnâth iorghuil. 
Leomhan lonn-ghnîomhach, beôdha binn duanach î, 

crcachtach comhdhaltch, éachtach iolbhuadhach. 
Dith ar dheagh-dhaoinibh, fioch an ollbhuadhaibh <\ 

uaill ôs àrd-rioghaibh, buaidh ar borb-shluaghaibh. 
Triath na trom-châna, briathra bionn-mhalla, 

mileadh mear-dhâna dlightheach diongbhâla?. 
Tréan-fhear tréan-lâmhach, séimh-fhear slôgh-armach, 

fear lonn lân-ghniomhach, Goll mear môrdhâlach. 



î . On connaît un autre rosg à la louange de Goll commençant par Ard 
aigneadh Gbuill, poème qui se trouve dans le Livre du Doyen de Lismore 
(Rel. celt., I, 55) et ailleurs (Ch. Brooke, Relies*, p. 438). James Mac- 
pherson avait sous les yeux probablement le Goll mear mileanta, lorsqu'il 
écrivit au sujet de son prétendu chant de guerre d'Ullin (Fingàl, livre IV, 
p. 56, édition de 1762): « It runs down like a torrent, and consists almost 
entirelv of epithets » — description qui ne convient point à son propre 
chant de guerre. Il a traduit ce dernier d'une pièce gaélique fabriquée sans 
doute par ce faussaire Lauchlan Macpherson-Strathmashie (Report on the 
authenticity of the poems of Ossian, p. 143). Celle-ci débute par A mha- 
cain cheann et est une imitation de la plainte funèbre deRob Roy Macgregor 
Sâr mharcach nach fann (Stewart, Collection, p. 301 ; Menzies, Comh- 
chruinneacha, p. 256). Ce chant que J. Macpherson a traduit positivement 
d'un original gaélique (savoir de .Macpherson-Strathmashie) est retraduit 
dans l'édition gaélique des poèmes d'Ossian en 1807 (Fingal, 4, 299-310) et 
encore une fois par Don. Campbell, Trcalise on the language, poetry, and 
music of the Highland clans, Edimbourg, 1862, p. 122. 

2. mileata. G. 

3 . fuareadh G, fuar i dhaidh R, bhfuarthcar H, fuaruightear C. 

4. ndeabhiz/i//; G. 

5 . nduadach G. 

6. aniolbhuadhrtc/j G. 

7. duille dionsbhata G. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 19 

Sgdth < ar sgiamh-ghaire, blath co mbuan aille, 

tuile thréan shléibhe, buille buadh-lâimhe 2 . 
Môrdha mear iomghuin, crôdh' ar ceannarghuibh, 

tûir go dtrom-fhoghluibh 3, muir 6s mion-aibhnibh. 
Tonn 6s tréan-fhairge 4, Goll nach glôr dhordha, 

searc na sior-fhoghla, mac mear môr Morna. 
Sgi'os ar churadhaibh, cîos ar chineadhuibh S, 

grian os glan-fheadhibh, fiai re filidhibh. 
Goll mear môr fuighleach, flaith nach fi'or-dhiamhairô, 

gach tir tréin-leônadh7, ri go righ-riaghuil. 
Duais go ndearbh-f héile, cruas gach comhdhâla, 

fear dian dith-gaire8, triath gach trom-dhâimhe. 
Sûil gach sior-mhuirir, clû nach câinfidhear, 

gris an bhuan-einigh?, beô nach bdithfidhear. 
Féinnidh fear an-mhin, céillidh comhall-ghlôr l0 , 

béim Ghuill ghlan iomlàn mar thuinn thorainn mhôir 
Curadh cruadh-reannach, ■ doghbhaidh " eirionnach, 

colg lom luath-bhuilleach, Goll borb béimionnach. 
Flaith na bhfoghail chrioch, maith gan mûgha ghnâith, 

sruth ag siubhal luath, cruth mar chubhar bhlâith. 
Einihear iomarcach, tréinfhear tromf holtach, 

sgiath na sgiamholtach '2, cliath na gconnachtach. 
Feidhm nach feidhm-fallsa, béim na môr-ghlonnsa, 

crôdh' an comhlann-sa, môrdha an môr Gholl-sa. 

Le scribe du manuscrit de Giessen a signé cette pièce : Scrip- 
tum per me Dannilem Driscoli. 

Fol. 28 r°. Caith a bhfuighir re daonnacht « Employé ce que 
tu possèdes à l'humanité ». — Exhortation à être hospitalier; 
on doit prendre exemple sur Guaire d'Aidhne (voir Keating, 
traduction d'O'Mahony, p. 435; Silva Gadelica, p. 399; 



1 . sgiath G, a sgiath ar sgiath ghoire H. 

2. a bhuadhlaimhe G. 

3 . ga ttrom fhorrom H, 

4. trén fhearrdha G. 

5 . gach cinneadhudh G. 

6. nach fiordhiamur G, noch B. 

7. lein G. 

8. mac dian deagh dhaire H ; dighaire C. 

9 . na buainein G. 

10. ceill. comhol ghlôr G, ceilth comhall H. 

11. dogbh' C, dôgbhuibh H. 

12. sgeimhioltach H, sgeimhealtach C. C'est sans doute un mot dérivé 
de sgeimhiolta (emissariorum manipuli, tirailleurs); voir O'Donovan, Sup- 
plément s. v., et comparer sgeimhk, Diction, scoto-celticum. 



20 Ludw.-Chr. Stem. 

O'Donovan, Hy-Fiachrach, p. 391), et St. Columba; 13 qua- 
trains sur le mètre appelé Rannaigecht bheg. 
Fol. 28 r°. Quatrain satirique. 

Doni Maire lacht is baibhinig, 
is diola/J/j a mathêf cart is bulbhin/d, 
cuim da father snath ar ceirlinig, 
is crathuig an brat/.'air go la dia dislaoi uire. 

Fol. 28 v°. A thigerna ro mbilis a Iosa Crist « O doux 
seigneur, ô Jésus-Christ ». — Invocation de Jésus et de la 
sainte Vierge, prière miraculeuse, comme il est dit dans un 
épilogue, pour celui qui est à l'agonie. Le scribe avait l'inten- 
tion de transcrire la pièce sur le fol. 11 v° où il a mis le titre 
y appartenant : Ortha Muire bantigerna. 

Fol. 29 r°. Tôruigheacht Shaidhbhe « La poursuite ou le 
voyage à la recherche de Sadb », conte du cycle ossianique 
sur l'enlèvement de Sadb, épouse de Glas, et sa reconduite. 
M. d'Arbois de Jubainville, Catalogue de la littérature épique, 
p. 251-252, relève une douzaine de textes de cette compo- 
sition, et M. Nettlau, dans la Revue Celtique, X, 459, en 
mentionne un treizième contenu dans le manuscrit H. 1. 17 
de TCD. Commence : Fleadh mor caoin moradhbhul do ro- 
nadh re Fionn mhic Cubhuil mie Trenmhoir i Bhaoisgne a 
mbruigin Teamhra Luacra budh deas « Un grand festin noble 
et prodigieux fut arrangé par Fionn, fils de Cumall, fils de 
Trenmor, descendant de Baoisgne, dans le château de Temair 
Luachra du sud. » Voici un court précis de ce récit inédit. 

Après le festin de Temair Luachra, Fionn et ses guerriers 
font la chasse. Ils regrettent à cette occasion que les Fianna 
n'ont plus, sous le règne du roi suprême Cormac, fils d'Art, 
la puissance qu'ils ont eue autrefois, bien que, à l'avis de Finn, 
ses 2,000 chasseurs vaillent encore mieux que 30 bataillons de 
Cormac. Les femmes des Fianna sont restées chez elles à Te- 
mair Luachra, et suivant la proposition de Maigneis, épouse 
de Finn l et fille de Garadh Glundubh (qui était un descen- 



1 . Nous avons les noms de plusieurs épouses de Finn mac Cumaill. Les 
plus célèbres sont Ailbhe gruadbrec et Grainne. On connaît de plus Ba- 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 2 1 

dant de Cet mac Magach, célèbre chevalier de la Craeb Ruad), 
elles vont trouver dans le voisinage un bain en plein air. 
Pendant que les autres femmes se baignent, Sadb, fille d'Eogan 
6g, fils d'Eogan môr, fils d'Oilill olum, laquelle est l'épouse 
de Glas mac Aoncerda Berra, fait le guet pour avertir ses ca- 
marades dans le cas où un étranger s'approcherait. Malgré 
cette précaution, les femmes en se baignant sont surprises par un 
guerrier étranger ; c'est un allmharach ou pirate qui a abordé- 
dans cet endroit retiré. Il avance et se place en face des 
femmes, qui mettent leurs habits à la hâte, pour les ques- 
tionner sur le pays et ses- habitants. C'est Maigneis qui lui 
donne intrépidement les renseignements qu'il désire, surtout 
sur la caste militaire des Fianna, sur leur histoire et leurs pri- 
vilèges. Cette partie du récit (fol. 31 v°) a été publiée en 1854 
par N. O'Kearney dans les Mémoires de la Société ossianique 
de Dublin, I, 42. Ensuite, l'étranger se fait connaître comme 
Ciothach Cruad-armach, roi d'une île qui porte son nom dans 
le pays oriental de Dreollann mhôr (voir Silva Gadelica, 
p. 299), et il choisit la belle Sadb afin qu'elle l'accompagne 
dans son royaume. Sans s'inquiéter des menaces des femmes, 
il la saisit entre ses bras et la porte au bord de son vaisseau. 
Maigneis, convaincue que Finn et les Fianna poursuivraient 
l'étranger, lui impose le tabou ou la prohibition magique 
(gess) de ne laisser toucher la femme de Glas par aucun homme 
avant la fin de la première année. Maigneis expliquant aux 
Fianna rentrant de la chasse ce qui est advenu, Finn hésite à 
poursuivre le ravisseur dans le pays de Dreollann tout de suite, 
puisqu'il a des intérêts importants qui lui défendent de man- 
quer à la fête de Tailten. Mais il accepte la proposition de 
Goll, en conséquence de laquelle le navire des Fianna nommé 
Brecbharc est équipé pour l'expédition guerrière en Dreollann 



dhamair ou Bodamar (Rev. Celt., XIV, 242), Smirnat la Blonde (BB. 
285* LL. i39 a ) ou Smirgad (Silva Gud., p. 98), puis Moingfhinn (p. 106), 
Berrach brec (p. 141), Sadb, fille de Bodb (p. 155), Aine (p. 162), Blâ ou 
Blaoi, fille de Derg et mère d'Ossin (p. 195 suiv.), Dairfhinne (Oss. Soc, 
I, 12). L'agallamh na senôrach fait mention de Maiginis, fille de Garadh 
{Silva Cad., p. 203), mais c'est dans le Livre du Doyen de Lismore (no. 20) 
que Myginis est désignée comme femme du chef des Fianna. 



22 Ludw.-Chr. Sîern. 

et son commandement confié à Ossin, fils de Finn. Les prin- 
cipaux héros Diarmuid, Goll, Conan, Glas, Mac Lughach et 
mille autres guerriers prennent part à l'expédition. Après un 
voyage de longue durée ils atteignent File de Faolinn 
(fol. 34 v°), où ils sont accueillis de flèches et de javelots par 
une population ennemie; à l'instigation de Conan ils descen- 
dent à terre malgré cette opposition ouverte. Le seigneur de 
l'ile, du nom de Turcholl, reconnaît le bâtiment de Finn mac 
Cumaill,. sous lequel il a été en service autrefois. C'est à cause 
de cette ancienne amitié qu'il donne l'hospitalité aux héros 
pendant quinze jours, jusqu'à ce que Glas, mari de Sadb, leur 
rappelle le but de l'expédition. A cette occasion, Conan, le 
Thersite des Fianna, ne peut retenir sa raillerie. « Ton mal- 
heur et ton amour de la mort sur toi, 6 Glas ! » dit-il, « c'est 
ton grand amour pour la femme qui est à présent chez un 
autre homme à ta place! a 1 . Les héros font leurs adieux à 
Turcholl en refusant le secours d'hommes qu'il leur offre, 
bien qu'ils conviennent de la difficulté de leur entreprise. 
« C'est abattre un chêne des poings, » disent-ils, « ou nager 
contre une cataracte ou mettre la main dans un nid de grif- 
fons (ou un lien d'osier autour de sable) cette expédition-ci ! » 2 . 

Ensuite ils reprennent la mer et atteignent l'ile du roi Gorm- 
shuileach qui lui-même a servi dans le corps des Fianna ; 
c'est pourquoi il reçoit les guerriers avec empressement hos- 
pitalier. Après quinze jours ils font voile à partir de cette île, 
accompagnés du fils du roi nommé Sigrach, qui a connais- 
sance du pays de Dreollann et s'offre à leur servir de guide 
(fol. 40 r°). 

Enfin ils arrivent à leur but et dès qu'ils sont débarqués, 
Sadb reconnaît les Fianna venus pour la délivrer de son ra- 



1 . Ort do dhonnz/5 et do grad bhais a Ghlais, ar Conan Maol mac 
Morna, as mor an grad sin agad don mhnaoi ata ag îer eile tar do cheann ! 
(fol. 56 v°). 

2. As luarccaiii darac do dornibh no as snamh an aghottdh esa no lam a 
nead gnbhcdibhsi an turiis sin (fol. 36 v°); et plus loin: As tuargatn da- 
racb do dhoinnbh no as snamh an agatd casa no gad um gainibh an toisg 
sin (fol. 39 v°). Comparez: gat um ganam 7 snam inagid srotha, Stokes, 

' Trot, 629, et K. Meyer, Battlc of Ventry, p. 83-85; The Vision qf 
Mac Conglinne, p. 70 suiv. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 2 3 

visseur. Ciothach est par hasard absent, en expédition, mais 
ils rencontrent son fils Dorn dedsholus et ses deux fils adop- 
tifs, Sgiathan sgiathsholus et Tregmon, fils du roi de Grèce. 
Ils assoient un camp vis-à-vis des ennemis. Dans une sortie 
qu'ils entreprennent, Sigrach et le prince O'Liathan réussissent 
à arracher Sadb du milieu des ennemis, mais Dorn la rapporte 
et la cache avec les autres femmes dans une place forte de l'île. 
Ensuite, Diarmuid enlève Sadb de nouveau avec les femmes 
des Dreollannois, et Fathannon est chargé de les embarquer. 

Ne voulant paraître peu chevaleresques en s'enfuyant avec 
leur proie sans coup férir, les Fianna se disposent à la bataille 
et leurs chefs distribuent parmi eux les princes ennemis qu'ils 
se chargent de vaincre 1 (fol. 43 r°). La bataille est combattue. 
Conan encourage les guerriers et Ossin fait ses épreuves, 
semblable à un lion ou à un taureau. Glas tue Dorn et Diar- 
muid tue Sgiathan. Sigrach et Mac Lughach ont à soutenir 
un grave combat contre le fils du roi de Grèce qui a la pru- 
dence d'éviter Goll, le plus fort héros des Fianna. Il succombe 
enfin, probablement — car il manque un feuillet du manus- 
crit entre fol. 46 et fol. 47. 

Après la défaite des ennemis, étant venus à bout de leur 
entreprise, les Fianna partent pour regagner leur patrie ; ils 
emmènent Sadb et laissent les autres femmes dans l'île. Ils 
atterrissent d'abord à l'île d'Innis Uill, où Gormshuileach les 
héberge une autre quinzaine et soigne leurs blessés. Ensuite 
ils naviguent pour l'Irlande et arrivent à Alwen, résidence de 
Finn, où ils racontent leurs aventures (fol. 48 r°). 

Retourné dans son pays, Ciothach entend la mort de son 
fils et de ses fils adoptifs et voit les ravages causés par les 
Fianna. Accompagné d'un seul garçon, il s'embarque pour 
l'Irlande, où il aborde à Benn Edair 2 . Il recherche l'amitié du 
roi suprême Cormac pour en faire profit contre les Fianna 

1 . Une telle distribution de la victoire se trouve parfois dans les récits et 
dans les ballades gaéliques ; voir la bataille de Magh Leana, p. 114 ; Lea- 
bhar na feinne, p. 83, etc. 

2. Beann Eadair est le lieu de débarquement aussi dans la ballade de 
Dearg mac Dreabhail : « Do ghabh an Dearg deud-gheal cuan Ag Binn Ea- 
dain nain raôr shluagh » En albano-gaélique on prononce Eadain au lieu 
d' Eadair. 



24 Ludw.-Chr. Stern. 

(fol. 48 v°). Il provoque Finn et la tribu de Baoisgne au 

combat et frit en sorte que la tribu de Morna s'abstient de 
s'opposer à lui. C'est Ossin qui le combat le premier, mais il 
succombe en duel et est lié par Ciothach. Glas et beaucoup 
d'autres guerriers des rangs des Fianna ont le même sort. Fi- 
nalement Osgar, fils d'Ossin, âgé seulement de dix-neuf ans, 
entreprend la lutte contre le roi Ciothach pour délivrer son 
père des liens. Endossé de l'armure de Finn, il soutient un 
combat- de trois journées contre l'étranger et réussit enfin à le 
dompter et à lui trancher la tête. 

Le récit finit par ces mots : « Lorsque Finn vit le grand 
homme tomber, il alla à la rencontre d'Osgar et lui donna 
trois baisers. Finn et Osgar dégagèrent Ossin des liens et puis 
tous les autres guerriers des Fianna. Il y avait beaucoup d'Ir- 
landais qui approuvaient cet exploit, bien qu'il y eût d'autres 
qui le désapprouvaient. Mais il n'y avait personne, ni homme 
ni femme, à qui cet exploit faisait plus de déplaisir qu'au roi 
d'Irlande Cormac, fils d'Art. Voilà la poursuite de Sadb, fille 
d'Eogan ôg, et la mort du roi de la grande Dreollann et son 
combat avec Osgar. Fin. ». J . — Scriptumperme Dan. Driscoll. 

Fol. 52 v°. Mian mie Comhuill fa hardgnaoi « La joie de Mac 
Cumaill, élevé de sa personne ». — Cinq quatrains et demi 
sur le mètre nommé Rannaigecht .mhôr, concernant la chasse 
et les autres plaisirs que Finn aimait. Le petit poème se 
trouve intercalé dans l'agallamh moderne ; voir Société ossiii- 
nique, IV, 15-16. Dans le manuscrit les deux derniers qua- 
trains sont conçus en ces termes : 

Faoidh buabhuill ar sgur do sheilg, 
guth gadhair ar leirg na bhfian, 
fleag Almhaine ameasg na ndamh — 
fa hiad sin go brach a mhian. 

1 . Mar do chonarc Fionn an ùr mor ag tuitira do leig a ccoinne et a 
ccomhdhail Osguir et torbhur/^ teora pog dho. Do sgaoil Fionn et Osgnr 
d'Oisin ar tus et don bhfein uile sin amach. Bbadar moran dferuibh Ei- 
rionn leir mhaith an gniomh sin, gi go raibh cuid eile aca 1er b'olc é, et ni 
raibhc ann sin uile lear na bean 1er raheasa an gniomh sin na Corbhmhac 
mac Airt .i. rf Eirionn. Cona i toiraidhet7;/ Saidhbhe ingine Fœgain 
bas ri na Dreollrt/HHt' moire agus a chomrac re Hosgur gonuig sin. Finit. 
F. (fol. 52 r°). 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen . 2 5 

As me Oisin mac an riog, 

faraor nocha mhair mo sgiamh, 
do chuaidh mo ghaisge ar ccûl, 
a ri na ndul, ni bhfuil ma (sic) mhian. 

Fol. 52 v°. Fiarfurios (lire fiafraighis) Padraig inhacha « Pa- 
trice de Mâcha demanda » à Ossin, si son père était natif de 
Munster ou de Leinster. Ossin nomme la suite des aïeux de 
Finn, savoir: Cumall, Trenmor, Ferdaloch, Conn, Gairi-don- 
mhoigh, (Baoisgne), Daire-donn, Deaghaidh (Dega) ; les 
quatre fils de Daire-donn étaient Curoi, Baoisgne, Fiacha et 
Eochaidh. C'est ainsi que Finn descendait des Clanna Dea- 
ghadh dans le Munster du sud, le chef desquels était Curoi, 
tandis que les clanna Baoisgne habitaient Leinster et Meath. 
Le poème de 9 quatrains, le mètre desquels est en désordre 
dans le manuscrit de Giessen, se rencontre aussi dans le Dua- 
naire Fhinn des Franciscains de Dublin ; voir Gocttiugcr Ge- 
lehrte An~cigcn, 1887, p. 172. 

Fol. 53 r°. Eoc. ô heogusa ce. Do chuaidh mo shuil tar mo 
chuid « Mes yeux sont passés par-dessus ma nourriture ». — 
Soupirs amoureux de 12 quatrains sur le mètre appelé Rannai- 
gecht mhôr par Eochaidh O'Hussey. Les mots du début for- 
ment la lin du sixième quatrain, mais les quatrains qui suivent 
semblent appartenir au même poème. Quatre quatrains y sont 
joints, à la suite, sans interruption : Mairg do bheir grad Icath- 
tromach « Malheur à celui qui aime sans espérance » ; ils sont 
du mètre appelé Rannaigecht bheg. 

Fol. 53 v°. Agadmhail i'oides ma taim « Si je concède ta maî- 
trise ». — Quatre quatrains, dont un appartient au mètre 
nommé Debide, les autres à la Rannaigecht mhôr, adressés 
par le poète à un autre sur son genre de poésie. Il dit qu'il ne 
marche pas sur les traces de son maître et qu'il ne le prend 
pas pour modèle : 

Ag admhail t'oides ma taim, nior .eannus do lorg uni dhân; 

misi ag cumhdaeh na cora, tusa ag dion na heageora. 
Daithador mhisi re dan, do nim bân do ni bhios duibh, 

do nim duibh do ni bhios bin, do nim dan gan daith gan chruith. 
Dan direach mas peacaclb e, feadh mo ré ni dhearn«s suid, 

cuirim fiagmwe ar mfle de, nar peacuidh me sa reim ud. 

Revue Celtique, XVI. 3 



2 6 Ludw.-Chr. Stern. 

Optinius Scotorum, mas laidin choir a labhraim, 
nî heirionnac Corbma/c chais ' acht Albanac gan amharus. 

Le dernier quatrain est réitéré à la page fol. 55 r°. 

Fol. 54 v°. A cceann naoi mbliaghna fuar Fionn ceannas ar 
fhiannuibh Eirionn « Après neuf ans Finn obtint la position 
de chef sur les Fianna d'Irlande ». — Poème de n quatrains 
sur le mètre nommé Debide, lesquels ont pour objet les âges 
des héros les plus célèbres parmi les Fianna. Des âges excessi- 
vement avancés sont attribués à tous, savoir : 249 ans à Finn, 
334 à Ossin, 38 a Osgar, 213 ans à Cailte, 140 ans à Cu- 
mall, 400 ans à Goll, 140 ans à Conan, 112 ans à Mac Lu- 
ghach, 169 ans à Diarmuid et 100 ans à Cairel. La pièce a été 
publiée, d'après le livre noir de Clanranald, dans les Reliquiae 
celticac, II, 304, mais le nombre des variantes est assez consi- 
dérable; c'est pourquoi j'ajoute le texte de notre manuscrit 
en entier. 

A cceann naoi mbliaghna fua(i)r Fionn ceannas ar fhiannuihh Eirionn 

6 Modh-nuadhadh na neac/;, ri gan omhan gan eitheach. 
Se fithehidh bliaghun fa dho is naoi mbliaghna ni sa mho 

saegal Fhinn fa séun fa raith fa bhuaidh fa trean don ardfhlaith. 
Do bhi saoghal Oisin rrne Finn tri cead bliaghun go haoibhinn, 

seacht mbliaghna deag fa dho, mi seac/j/mhuin et aon 16. 
Fithce bliaguin sa hoebt deag saogal Osguir, is ni breag, 

gan troig thar ais ag cur cath idir an fhein san ardfhlaith. 
Tri bliagna deag ar da ceid saoghal Caoilte na mor thread , 

6 an lo a rugadh an fiai fionn gur baxhadb é a Liaithrmm. 
Seacht bhfithcidh bliaguin go btacht saogal C»bhuill do chlaodhra<//; gan 

cios an domhuin gan dail do go humh da thogbhail. \vuert, 

Ceithre cead bliaghuin acht mi saogal mzc Morna fa maith gnaoi 

nir leig neac soir na siar uaidh gan comhrad (1. comhrac) aon fir. 
Seacht bhfithcidh bliaguin fa sheol saogal Canain mhallacV;/aig moir 1 , 

ag inwbhaidh idir an bhfein, ag bualladh dorn et fa meir. 



1. Ce sont les Dalcassiens (dâil Cais), ou les tribus de Thomond, qui 
sont descendus de Cormac Cas, fils d'Oilill olum. — Je ferai remarquer en 
passant que dans un poème de Mac Brodin publié par O'Flanagan, Deir- 
dri, p. 229, la leçon A îeoghain do shil cconchair ccais me parait être fautive. 
On trouve les mêmes vers, dans les Reliquiae celticac, II, 144, avec la mei- 
lleure leçon A leomhâin do shiol Chormaic chais. O'Flanagan attribue à con- 
chair, mot qui se trouve aussi dans le Tegasg flatha, 1. 199, le sens de 
« puissant, compact. » 

2. Canan est l'orthographe du manuscrit, au lieu de Conan; la voyelle 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 27 

Chuig f hithcidh bliaguin sa dho deg saog<7/ mie Luidhgh, snî breag, 
ar ghoil ar gaisge ar greann a mbarr aidhne na Heirinn. 

Ocht bhfithchidh bliag»m re suirge saogal Diarmada ui Duibbne, 
naoi mbliagna don macaom og le cluithe luibe et liath/oid. 

Çuig fithehidh bliaguin, is derbh liom, saogal Caroil mie mie Finn, 
ni' dhearna fris combrac lann neac nar bhuin Carul a cheann. 

Fol 55 v°. Oisin is fada do suan « O Ossin, ton sommeil 
dure longtemps ». — Début du poème qui suit, 6 quatrains. 

Fol. 56 v°. Agallamh Phadraig et Oisin « Dialogue de saint 
Patrice et d'Ossin ». — Poème ossianique de 40 quatrains qui 
sont sur le mètre appelé Rannaigecht mhor. Le saint exhorte 
le vieux guerrier qui tient toujours aux souvenirs de l'âge hé- 
roïque en dédaignant à accepter la doctrine chrétienne, à se 
convertir et à avoir recours à Dieu dans sa vieillesse aban- 
donnée. « Fais attention, » lui dit-il, « à toi-même, pauvre 
homme, considère la tombe et ta vieillesse ! » 

Tabhair th'aire dhuit fein, 6 taoi gan cheill anois. 

tabhair tb'aire dhuit, a thruadh, smuain ar an uaig et ar h'aois. 

Le texte le plus ancien de ce poème que M. d'Arbois de Ju- 
bain ville cite dans son Catalogue, p. 2, date de 1 721 ; il se 
trouve aussi dans le Codex Phillippicus 10281, écrit en 1730, 
et dans 1027 1 de la même bibliothèque, lequel date également 
du xvm e siècle. Un fragment du poème, dans le manuscrit 
d'Edimbourg n° 62, a été publié dans les Reliquiae celticae, I, 
164. Une rédaction récente qui est augmentée de beaucoup 
d'interpolations, a été imprimée par J. O'Daly dans les Mé- 
moires de la Société Ossianique, IV, 2-62. Chez les monta- 
gnards d'Ecosse, cette ballade est incorporée avec un autre 
poème ossianique qui se trouve déjà dans le recueil du Doyen 
de Lismore (Rel. celt., I, 10): Inuis duinn, a Phadraig, an 
onoir do leighinn. Cette rédaction albano-gaélique est bien 
connue sous le titre de Urnuigh Ossin « la prière d'Ossin » ; 
on en a beaucoup de textes, voir Th. -F. Hill, Ancient Erse 
poems, édition 1878, p. 21-25 ; Report, appendix, p. 1 18-129, 



brève a se prononce à en irlandais moderne, du moins dans une partie de 
l'Irlande. Voir les grammaires de Lyncb, iMolloy, O'Growney, etc. 



28 Ludw.-Chr. Stem. 

J.-F. Campbell, Leabhar na Feinne, p. 41-47; Reîiquiae cel- 
ticae, I, 263, et Scottish Review, VIII (1888), p. 350 et suiv. 

Fol. 58 V . Mo tegasg da ngabhthaa chuirp nar chlechta riot 
sriaii « Si tu acceptais mon instruction, ô corps, qui n'es pas 
accoutumé de mettre un frein à toi ». — Exhortation à la 
piété, 7 quatrains aux lignes longues avec la rime en ta. Sui- 
vant O'Reilly, Irish writers, p. 192, l'auteur du poème est un 
nommé Edmond Mac Donogh, qui fleurit en 1640' 1 . 

Pol. 59 r°. Ag so baramhuil na nugdar et na bhfeallsoirighe do 
na criochaibh et don nadur tairnghes a litchi aitribh na ccrioc siu 
« Les opinions des auteurs et des philosophes sur les pays et 
sur la nature qui caractérise les habitants de ces pays ». 
Pièce en prose traduite, comme il est facile à voir, de l'an- 
glais -. L'auteur dit que les peuples septentrionaux ont plus 
de faim et que c'est la raison pourquoi ils sont plus belliqueux ; 
il ajoute que les hommes maigres sont moins inoffensifs que 
les hommes gras; c'est pourquoi César ne voulait avoir au- 
tour de lui que ceux-ci. Jean Bodin, auteur du livre Universâe 
ihiturac theatrum en 1596, est cité. Plus loin, il est question 
du caractère des divers peuples et de ce qu'ils aiment dans 
leurs femmes. Quatre distiques latins et deux quatrains irlan- 
dais terminent ce traité. 

Fol. 61 v°. Cnoc an âir an enoe so thsiar « La colline du 
massacre, la colline de l'ouest » 3. Poème ossianique qu'ont 
publié Theoph. O'Flanagan dans Deirdri, p. 199-203 et, 
d'après un manuscrit plus moderne, J. O'Daly dans la So- 
ciété Ossianique, IV, 80, 86-92; trois textes du poème sont 
reproduits dans les Reîiquiae celticae, I, 137, 149; II, 305. Le 
catalogue de M. d'Arbois de Jubainville n'en cite aucun ma- 
nuscrit avant 1752. Il s'agit de Niamh-nuadh-chrothach qui 
est poursuivie par Tailc mac Treoin, guerrier monstrueux à 



1 . Le poème d'Eamon Mac Donogh est contenu aussi dans le manuscrit 
du Musée Britannique coté additionàl 31877, fol. 136 v°. 

2. On y trouve, fol. 60 v°, la l'orme Pohnians; les Espagnols sont ca- 
ractérisés ar cheantreine (headstrongness) et les Irlandais ar ghloirdhao- 
mhaoin (vaingloriousness), etc. 

3 . C'est un autre lieu nommé Cnoc an âir dont la légende se trouve 
dans FAgallamh nasenôrach; voir Silva Gadeîica, p. 126. 



Le Manuscrit irlandais de la Bibliothèque universitaire de Giessen. 29 

tête de chat; il est tué en duel par Osgar, mais aussi la jeune 
fille meurt de douleur. Le manuscrit ne donne que 15 qua- 
trains (qui sont du mètre appelé Rannaigecht mhôr) ; les qua- 
trains 8, 14 et les trois derniers manquent, car la pièce s'ar- 
rête inachevée au bas de la page. 

Fol. 6} r°. Turris Babilonis, — Morceau concernant la tour 
de Babel, la diffusion des 72 langues, l'école des langues dans 
la plaine de Senax (lire Senaar), Nuil (lire Niul ou plutôt 
Nél) qui épouse Scota, fille du Pharaon et mère de Gadelus 
(Goedel glas) duquel sont descendus' les Gaels ou Scoti. La 
pièce est écrite comme prose, mais ce sont les quatrains 15-20 
du poème bien connu sous le titre de « Dirge of Ireland » 
qui a été publié en 1855 par M. A. O'Brennan. On considère 
John O'Connell comme son auteur, le même qui était évêque 
de Kerry de 1691 jusqu'en 1704. Voir O'Reilly, Irish ivriters, 
p. 195. L'éditeur appelle ce poème, qui donne un résumé de 
l'histoire d'Irlande, un des meilleurs échantillons de la « great 
rivalry in dirgic poetry ». La forme du vers est la même que 
dans la Lamentation d'Irlande publiée par M. Thurneysen 
dans la Revue Celtique, XIV, 154. L'édition d'O'Brennan 
est très médiocre ; il lit par exemple, à la dernière ligne du 
20 e quatrain, làn do dhœnnas (mot qui n'existe pas) au lieu de 
Jân do dhaonnacht, ce que porte le manuscrit. Une copie iné- 
dite du poème se trouve au reste dans le livre noir dé Clan- 
ranald ; voir Reliquiœ celticœ, II, 146. 

Fol. 63 v°. Un alphabet, où il est dit sur x, y, ^ : ni bhiuil 
acht oilithrig 6 greacuibh ionnta; un Pater latin; un verset 
soi-disant de S. Jérémie (togbhadh [1. toigéabh] uaibh ar se 
an breitheamh an faidh et an seanoiret do bhearleanbhainbha- 
namhla na nait daoibh), interprété comme dirigé contre l'in- 
dolence du clergé. Voir la prophétie d'Isaïe, ch. 3, v. 4. 

Fol. 64 r°. Les premiers 4 quatrains du poème susindiqué 
de B. O'Hussey (fol. 2 r°). 

Fol. 64 v°. Une plaisanterie en anglais : Was not that a hand- 
some Jester, etc. — Les distiques latins et un quatrain irlan- 
dais transcrits du fol. 61 r°. 

Fol. 65 r°. L'alphabet, le Pater, un quatrain tiré du poème 
de B. O'Hussey .(toi. 4 r°). 



30 Ludw.-Chr. Stern. 

Fol. 66 r°. Quelques phrases en latin, anglais et irlandais 
avec des gloses allemandes interlinéaires. 

Les feuillets 63-66 ont été ajoutés après coup; ils furent 
écrits probablement pour J. Schilter par un Irlandais qui 
semble avoir donné des leçons d'irlandais à ce polymathe. 

Berlin, octobre 1894. 

Ludw.-Chr. Stern. 



THE PROSE TALES 



RENNES DINDSENCHAS 



81. Ess Rùaid. 



(Lee. p. 49 8 b ). 

Eas Ruaid, canas rohainmniged? 

Ni ansa. Aed Ruad mac Baduir[n]d ri Erind robaided and 
oc faircsin a delba [p. 49 9 a ] oc snam an esa, a quo Eas Ruaid 
nominatur. Is e a sid, Sith iEda, ar ur an easa. 

Aliter : Ruad ingen Maine Milscoith meic Duinn Desa 
doroega Aed 2 mac Labrada Leisbric meic Roga [Rodaim]. Is 
as taim'c a hilathaib Maigi Maein. I curach creduma Abcain3 
eigis tairac 7 a lam cle fri hErind. Dia luid la Gaeith mac 
Gaisi Glaine do aenach Fer Fidga tuarcaib a seol creda fora 
churach ind n-ingen, 7 doluid a[o]enur isin n-inbear, cwus-faca 
JEd [don tsuidiu ir-raba, 7 ni fidir Aed] cia bae in ingen, [7 ni 
fitir in ingen] cia tir inda- raba, co cuala dord na samguba4 
isinn mbiur nach cuala nech [riam], 7 asbert : « Bid he seo 
inbtr bus ainiu i n-Erind, » 7 dothuill 5 'na suan, 7 dolig 6 tar 
bruindi a lunga, cor' baidead. Coma de asbearar Eas Ruaid. 

No comad o iEd Ruad mac Baduirn .i. o rig Erenn 110- 

1 . Voir Revue Celtique, XV, 272, 478. 

2 . doraeda /Eda, Lee. 

3 . a curachaib creduma cain, Lee. 

4. samduba, Lee. 

5. conzXnW BB. conatuil H. 

6. deilligh BB, \\. Cf. infra No. 93. 



? 2 Whitley Stokcs. 

hainmnichthea dia rofelleastaîr ara oclach ina thuâristal, dia 
brisistair na reanna aicsidi 7 nemaicsidi fair, coro greis in t-oc- 
lach na curu i cenn in rig .i. muir 7 gaeth 7 grian 7 eoi- 
theoir 7 firmaimint, cor' thogair JEd tre theasbach dul 'san 
cas da tbthrucud r . Eas nDuinn meic Cubain meic Bili a hainm 
roime sin nocor'baithead JEd tre firt mara 7 morgaithi. Unde 
diciliiv Eas Ruaid. 

It was Acd Ruad, son of Badurn, king of Ireland, that wâs 
drowned there while gazing at his image and swimming the 
rapid. From him Es s Ruaid « Ruad's Rapid » is named. His 
gravemound, Sid Aeda, is on the rapid's brink. 

Aliter : It was Ruad, daughter of Maine Milscoth son of 
Donn Desa, who chose Acd [R6n] son of Labraid Lcsbrccc, 
son of Roga Rodam. Where she came from was ont of the 
ilatha(?) of Mag Maen. In Abcan the poet'.s boat of bronze 
she came, with Ireland on the larboard side 2 . Whenshe went 
with Gaeth, son of Gaes Glan, to the assembly of the Men ot 
Fidga the girl hoists lier sail of tin on his boat, and en- 
tered the hiver alone. Whereupon Aed saw lier from the seat 
lie occupied, but lie knew not who the girl might be, and 
she knew not what land she was in. In the hiver then she 
heard the mermaid's melody whiçh none had evcr heard, and 
she said : « This inver is the noblest in Erin ! » And she feU 
asleep (at the music), tumbled over the bow of lier boat, and 
was drowned. Hence is said Ess Ruaid. 

Or it may hâve been named from Aed Ruad son of Ba- 
durn, king of Ireland, whcn he defrauded his champion con- 
cerning his stipend, and broke upon him the stars, visible and 
invisible 3. Thereupon the champion incited against the king 
the surcties, to wit, sea and wind, sun, ether and firmament, 
andcallcd Aed, by means of(thc sun's)sultriness, to enter the 
rapid and bathe. Ess Ditinii « the Rapid of Donn, son of Du- 
bân, son of Bile » had been its name before that, till Acd was 

1 . fothrucucuw, Lee. 

2. Literally : and her left liand towards Ireland. 

j . I do not understand this. It is probably an idiom denoting a gross 
breach of faith. 



The Rennes Dindsenchas. 3 3 

drowned (therein) by a miracle of sea and mighty wind. Hence 
Ess Ruaid « (Aed) Ruad's Rapid » is said. 

§§ 1-3 are also in LL. 165^4: BB. 3 9 1 b 25; and H. 50*. Bodl. no. 42. 
The curious § 4 is found only in Lee. Versified, LL. 213a 22. Edited from 
BB. in Silva Gadelica, II, 479, 52b: from Bodl. in Folklore, III, 505. 

Ess (Aeda) Ruaid, the salmonleap at Ballyshannon, co. Donegal, is an- 
glicised Assaroe. 

A brief dindsenchas corresponding with £ 2 is found in LL. 2o b 10 : Aed 
Ruad tri atbath dib artûs .i. badud robâded i n-Es-ruaid, 7 co tucad a chorp 
issin sid sin. Unde S'd n-yEda 7 Ess Rûaid. « Nowofthem Aed Ruad was 
the first to die, to wit, he was drowned a drowning in Assaroe, and his body 
was brought into that sid. Whence « Aed's Sid « and « Ruad's Rapid ». As 
to boats of bronze, see above, nos. 5 and 45; and cp. the lungine crédume 
in LU. 45 ;l . 

According to the poem in LL. 213, the object of the lady Ruad's hapless 
love was Aed Rôn son of Imchad (dia tue in morgrad mada | d'Aed Rôu mar 
mac Imchada). 

For another instance of the action of the sun and wind when given as 
sureties (ratha), see LU. 1 58 b , Rolls Tripartite Life, p. 567. 



82. Druim Cliab. 

(Lee. p. 497"). 

Druim Cliab, canas rohammniged ? 

Ni ansa. IS and doroindi Curnan Cosdub mac Redoirche 
meic Dibaid .111. cliab cwraich do arcain Dune Barc for Aindle 
mac Loga Lamlbta, co mbas blizdain co leith icon togail sin, 
co wdrocHair Ainle ann coin rignaib 7 co lin a fualais olcheana; 
7 is annsin adbfrt C?/rnan : « Is maith cach dail [dia] diagaid 
fir. » ri. Unde Druim Cliab. 

'Tis there that Curnan the Blacklegged, son of Reodoirche 
son of Dibad, built thrice fifty boatframes to destroy Dûn Barc 
on Ainle son of Lug Longhand. A year and a half was he at 
that destruction, and .there Ainle fell with his queens and the 
rest of his family. And 'tis then that Curnan said : « Good is 
every gathering to which mengo, » etc. Whence Druim Cl ici b 
« the Ridge of (boat) frames » . 

Also in LL. 165*20: BB. 392^30: H. 51^: and Bodl. no. 34. Versified 
LL., 21 3 a 52 — 2 13b 6, where Caurnan's utterance (probably the first line of 



34 Whitley Stokes. 

a lost pocm) is given as Maith cach dahlia tiagat.fir. In LL. i6s :v it is Is nî 
in ni dia tiagat fir denam. Edited from LL. in Silva Gadelica, II, 479, 526: 
from Bodl. in Folklore, III, 498-9. 

Druim Cliab now Drumcliff in the barony of Carbury and co. of Sligo. 
Sec the Four Masters, A.D. 871, 1187. 

Dûn Barc « Fort of Ships », is perhaps Dûn na mBarc (now Dunnamark) 
in Bantry Bay. 

83. Nemthenn. 

(R. 115*1) 

Neimthend, cid dia ta ? 

Ni a usa. Dreco ingen Chalcmâil mc/c Cartan meic Cownaith 
bandrûi 7 banlicccrd, is le conaimecht laith neimc do ceitZwib 
macoib iichtt Ycrgusx LeithdezVg, co w-eblatar uile disodhoin 1 , 
conid don airm a n-eiplewr is ainm Nemtenn. 

Dreco daughter of Calcmael son of Cartan, sonofConnath 
was a druidess and a female rhymer, and by her was pre- 
pared a poisonous liquor for Fergus Redside's four and twenty 
sons, so that they ail died of it; and tbe place at which they 
perished bears the name Nem-thenn « strong poison ». 

AIso in LL. 165a 29: BB. 392 1 ' 9 : H. 51a: Lee. 49i b : Bodl. no. 35. Ver- 
sified in LL. 2 1 3 b 8, where the names oi the twenty-four sons are given, and 
Dreco is described as drui 7 degfili « a wizard and a good poet ». Edited 
from Bodl. in Folklore, III. 499. 

Fergus Lethderg, one of the four chieftains said to bave corne to Ircland 
withNemid, A. M. 2850. 

Nemthenn, now Nephin, a mountain in co. Mayo. 



84. DUBTHÎR. 

Dubthir, canas ro ainmniged ? 

Ni ansa. Da mac forfacaib Guaire mac in Daill .i. Guaire 
Gann 7 Daire [Dubchestach], coro marb in Guaire in Daire oc 
Daiminis, conid de roleith lid 7 mothar dar crich nGuaire don 

1 . soghoin R. 



The Rennes Dïndsenchas. 3 $ 

fingail sin dorigne ar Daire nDubcestar//, for a brathair. Unde 

Dublhir. 

There were two sons whom Guaife son of the Dali 
(« Blind ») left, namely Guaire Gann (« the Scanty ») and 
Daire Dubchestach (« of the dark questions »). And at Daim- 
inis Guaire killed Daire, so that a wood and stunted bushes 
overspread Guaire's country, because of the parricide which he 
committed on Daire Dubchestach his brother. Whence Dub- 
ihir « dark-land ». 

Also in LL. i6) b 8: BB. 392^' 34: H. ji b : Lee. 499: Bodl. no. 37. Edi- 
ted from LL. in Silva Gadelica, II, 472, 517-518: from Lee. in Progs. of 
the R. I. Academy, Irish mss. séries,!, 184 : from Bodl. in Folklore, III, 501. 

Dubthir (Dubthur, LL.) is supposed to be in Connaught, and Daminis 
may be the famous island (now Devenish) in Lough Erne. 

As to land being cursed with sterility in conséquence of a murder, see 
HerodotUS, VI, 139: 'AîtOXTsfraat o; xoïci ïliX^^olii xoùç oepeTSpouç ~aîox: 
-.1 xat yuvaîxaç ot»xe y^' xapnôv ïftpz /.. -■ \. 



85. Mag Slecht. 

Magh Slecht, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Ann roboi ri[g]idal Erenn À. in Crom Croich, 7 
da idhal decc do clochaib ime, 7 eisium di or, 7 is é ba déa 
do càcb lucht rogab Erinn co toracht P^ric. IS dô no idpradis 
ct'Ygeine cacha, sotha 7 primgene cacha cloinde. IS cuca rosiacht 
Tigc'rn[m]rtj mac Follaich ri Erenn dia samna co firu 7 co mna 
Erenn imalle dia adhradh, coro slecht uilefiadhu co rœm[d|etar 
tul a n-etan 7 maetha hi srona 7 faircledha a nglun 7 corra a 
n-uillend, co n-eplaMr teora cet/;rairm[i]n fer n-Ermw oc na 
slechtonaib sin. \5x\de Mag Slecht. 

'Tis there was the king-idol of Erin, namely the Crom 
Croich, and around him twelve idols made of stones; but he 
was of gold. Until Patrick's advent, he was the god ofevery 
folk that colonized Ireland. To him they used to ofFer the 
firstlings ofevery. issue and the chief scions ofevery clan. 'Tis 



3 6 Whitley Stokes. 

to.him that Erin's king, Tigernmas son of Follach, repaired 
on Hallontide, together with the men and women oi Ireland, 
in order to adore him. And they ail prostrated before him, so 
that the tops of their foreheads and the gristle of their noses 
and the caps of their knees and the ends of their elbôws broke, 
and three fourths of the men of Eiïn perished at those pro- 
strations. Whence Mag Slecht « Plain of Prostrations ». 

Also in BB. 393a 4 : H. 51 11 : Lee. 500». Versified, LL. 2 1 5^ 38 ', where 
the principal idol is calied Cromm Cniiich, and in Cromm crin, and the 
object of offering him a third of their progeny is stated to be to obtain milk 
and corn (blicht ocus ith) — whence \ve mav infer that the Irish Celts like other 
races, held that the Earth-gods could be propritiated by human sacrifices. 
See more as to this idol in the Tripartite Life, p. 90, 92, where lie is calied 
Cenn Criiaich(ci. Pennocrucium ?) and the twelve subgods are covered with 
copper (uma) : in LL. 1 6 b 51, where the writer says that onlv four of the men 
of Erin escaped from Mag Slécht : in the Four Masters A. M. 3656: in 
O'Curry's Lectures, pp. 103, 538; and in Revue Celtique, I, 259-260. 

Mag Slecht 'is the plainlyjng round Ballymagauran in the co. of Cavan. 

As to the sacred number twelve, see the Index rerum to the Tripartite 
Life, Rolls éd. p. 589. 

86. Crechmàel. 

Crech mâol, canas ro ainmniged ? 

Ni ansa À. Crech nuel drai [leg. drûth] Enda Cehnselaig 
dorât gradh do Sampait ingin Bentrai. Buachal da»o 7 banli- 
cerd isen 2 , conas-mair in druth oc imain a bô do edrud, coro 
gab ixlgais di 7 rola laira fuirre da foreiemugud. IMsôi in ben 
iris, 7 rocu[i]r 7 rocengoil, 7 rothend a buaraich 'ma braghait, 
conid romàrb in drai [leg. drûth]. Unde Crechmàel. 

Crechmàel, Enda Cennselach's buffoon, gave love to 
Bentrae's daughter Sampait. She was a herdswoman and a 

poetess. The buffoon found her driving lier kine home at. 
e-vening, and he made an urgent request of'her, and put his 
hand upon her to force her. The voman turns against him, 
and cast him down and bound him and tightened her cow- 

1 . In the lithographie facsimile, 2 1 3 b _, 1. 52, for baua weshould probably 
read banii : 1. 53, for itisel oie road luiset olc: 1. 54, for denon and sana read 
démon and fana. 

2. Sic BB. isein H. is heR. 



The Rennes Dindéenchas. 37 

spancel round his neck, so that the buffoon died. Whence 
Crechmacl. 

AlsoinLL. 167b 16; BB. 393*44; H. 52s Lee. 497*; D. 4. 2. fo. >6 b 3; 
and Bodl. no. 40. Versined, LL. 199^ 62 — 199 11 13, where Sampait's father 
iscalled Bethra, and bard occurs as the équivalent of leccerd. Published from 
Bodl. in Folklore, III, 503-504. 

Crechmaél was the narae of a wood not identified. Enda Ccimselach is 
mentioned in the Book of Armagh, fo. i8 a 1, as havinga son, Crimthann, 
contemporary with S. Patrick. 



87. Lia Nothain. 

Lia Nothain, cxnas roainmniged? 

Ni misa. Nothain l ingai Conmoir do Connachtaib robôi as 
car/; dubt[h]air diaroile .111. blhdan, 7 ni tue a haghaidh for 
mâchoire, 7 praind céit domeiledh [cach lae]. Luidh da/w a 
SLthair a crich Beirre do iar[r]aidh a ingine, co mbôi bliadain 
lain fora fochmarc, conià. ann fiufuair isin ûàbaid, 7 ba lor do 
grain a delb, 7 ba hedh roraidh fris : « Indat bi for ndôine .i. 
1110 muime 7 mo mâthaiï 7 mo brathair 7 car/; a[r'] forcbits 
oc Druim Gain ? » 

« Marb uile acht mise, » ar Comn&oi. 

« Bamsa marbsa di sodhain, » ol sise, « 7 tiaghsa latsu 2 
immarach ar in magh coro saidhe mo lia 7 coro claide mo 
fort. » 

Unde Lia Nothain. 

Nothain, Commaer's daughter, of Connaught, was wande- 
ring for thrice fifty years from one jungle to another, and l^er- 
lace never fe41 on a field, and every day she would eat a dinner 
for a hundred. 

So lier father fared forth of the district of Berre to seek his 
daughter, and a full year was lie a-searching for lier, and then 
lie found lier in the forest, and horrible enough was lier 
aspect. This she said to him : « Are your people alive, to 
wit, my nurse and my mother and my brother and whosoever 
I left at Druim Cdin ? » 

1 Nothtain R. • 2. Sic BB. tiaghsu latsa R. 



$8 Whitley Stokes. 

« Ail are dead save myself, » says Conmaer. 

« Then I too should be dead, » quoth she. « To-morro\v I 
go with thee on the plain that thou mayst set my gravestone 
(lia) and dig my grave. » 

Whence Lia Nothain « Nothain's Gravestone ». 

Also in BB. 393 11 20; H. 52*, and Lee. 500 b . Versified, LL. 2i4 a 5 '. The 
versions in LL. 167b 29, and Bodl. no. 41 (Folklore, III, 504) are very dif- 
férent. 

Lia Nothain not identified. Nor is Berre, which raust be somewhere in 
Connaught. 

88. Carn Furbaidi. 

Carnn Furbaidhe 7 Ethne, carias roainmnigthe ? 

Ni misa. Eithne ingen Eichacb FeidhhV, ben Conchobair 
tneic Nesa, ba si mâthair Fwrbaidhe. Asbert da.no a drûi ïr{ 
Clothraind [ingin Echach Feidlig] macc a sethar da marlW. 
M«^-tic Eithne anoir dia hasait co Cvuachaiu. Doluidh dano 
Lughaid Sriab nderg ara cind — mac sen Clothroinde — 7 
baidhidh 2 in mnôi .i. Eithne, isin aboind ïorsi fail a ainm, 7 
dolvrt a mac treithi, iarna badhadh .i. Fwbaidhe Ferbend .i. 
da beind batar ina uisinib .x. uii. bliadna a ôes ar Tain bo 
Cûalnge. Luid da.no Furbaidhe do digoil a mâthar co drochair 
lcis Clothru. Luidh da.no Lugaid ind iarmon/r/;/ Fwrbaidhe, 
conid romarb hi mullach Sleibe Uillenn, coro lddh a carnn and 
.i. cloch càch far bai la Lugaid. Unde Carnn Furbaidhe 7 Eith- 
ne nomina[n]tur . Sliab Uillend immorro o Uilend Faebardwg 
mac Find hi'ii Baiscne, conapad and, nominatur. 

Ethne, daughter of Eochaid Feidlech, wife of Conchobar 
mac Nessa, was Furbaide's mother. Now lier wizard had told 
Clothru, (another) daughter of Eochaid Feidlech's, that her 
sister's son would kill her. So Ethne (who was then in-child 

1 . The facsimile is liere very incomplète, owing doubtless, to the ob- 
scurity of the ms. The first quatrain should be: 

Au sund fo choirthe chrûaid 
ben co «doirthi is co ndimbûaid, 
eau gairm sochair moasech, 
diar'bo ainm Nothain Nertbuillech. 

2. baidhigh R. 



The Rennes Dindsenchas. 39 

with Furbaide) goes from the east to Cruachan for her lying- 
in. Then Lugaid of the Red Stripes — he was a son of Clo- 
thru's — went ahead of Ethne, and drowns her in the river 
which bears her name. And after she was drowned he eut out 
from her womb her son, even Furbaide Fer-benn, that is, two 
horns (benn) were on his temples. Seventeen years old was 
Furbaide at the Driving of the Kine of Cualnge. Then Fur- 
baide went to avenge his mother, and Clothru fell by his 
hands. So Lugaid went in pursuit of Furbaide and killed him 
on the top of Sliab Uillenn, and thereon was cast his cairn, 
to wit, a stone for each man who accompanied Lugaid. 
Whence Carn Furbaidi « Furbaide's Cairn », and Ethne are 
(so) named. Sliab Uillenn, however, is named from Uillenn 
Red-edge, son of Find hua Baiscni, who was killed there. 

Also in BB. 394a 14: H. 52 b : Lee. 5Ôi a and Bodl. no. 8. Versified, LL. 
199a 3 5 . Edited (from Bodl.) in Folklore, III, 476-477. 

Carn Furbaidi on the top of Sliab Uillenn, not ideutified. Ethne the river 
Inny, dividing the co. of Longford from the western half of Westmeath. 

As to Eochaid Feidlech and his three daughters, Ethne, Clothru and 
Medb, see LL. 124b 34 : O'Mahony's Keating 277, and O'Curry, M. and C. 
II, 240, 24i.Asto Lugaid Sriab nderg's incestuous parentage, see the dind- 
senchas of Druim criaich, infra, no. 140. The Ca:sarean opération by which 
Furbaide was brought forth is mentioned in LL. 123^3, 199345, and also 
in Lee. cited by O'Donovan, Supp. s. v. Glaise. 



89. Ard Fothaid. 

Ard Fothaidh, canas roainmniged? 

Ni ansa. FotrW Airgthech mac Luigdech meic Meic nia co- 
watail and co cend teora coigtighes fri foghar ceirce Bairche, 
dia mbai for echtra. Unde Ard Yoùiaid nominatur. 

Fothad Airgthech son of Lugaid son of Mac nia, wheri he 
was on an adventure slept there, till the end of three fortnights, 
at the clucking of Bairche's hen. Whence Ard Fothaid is named . 

Also in BB. 399a 32 : H. 583 : Lee. 5o6 b . and Ed. 4 b 2. Edited (from Ed.) 
in Silva Gadelica, II, 483, 531, and Folklore, IV, 479. 

Ard Fothaid seems'the same as the Ard Fothad of the Four Masters, A.D. 



40 Whitley Sîokes. 

639, « the naine of «1 fort on a hill near Ballymagrorty. . . in thc co. of 
Donegal »(?). Sec also Reeves Vita Columbae, p. 38 note. It is spelt Ard 
Fothaid in the Tripartite Life, Rolls éd. p. 148, and Ardd Fothid in the Book 
ol Armagh, fo. i8 b 2. 

Fothad Airgthech, a son of Mac-con, was slain in battle A.D. 285. In 
LU. 133 11 is a story about the identification of his tomb, which is printed 
and translated in Petrie's Round Towers, pp. 107, 10S. The allusion to 
Boirche's lien is to me obscure. Vide supra, n° 64. 



90. Mag n-Itha. 

Mag nltha, ca.nas roainmniged ? 

Ni ansa. Ith mac Breogctin [is e cétna] fuair Eirind am'ts [do 
macaib Miled,] co ro marbsat Tuatha Dé Danann ar formdiu- 
ghudh n-Evemi impu, dia rochi cuca co Oilech Neit dia n-ei- 
pc/t : « Is coir d[a]ib core etraib [do dénum.] Is maith in inse 
a tathi. Is imda a mil 7 a iasc [7 a mes 7 a cruithnecht. Is 
mesraigthi a fuacht 7 a tes. »] Coro [cojcratar in toisich iar- 
sin, co rot-marbs«t ar in maigh ucut. Unde Mag n-Itha. 

Ith son ofBreogan, 'tis he that first of the sons of Milfound 
Ireland, and the Tuatha Dé D'anann killed him because they 
were envions of the Milesians having Ireland. It was when he 
got to Ailech Néit and said : « It is meet for you to make 
peace between you and us. Good is the island wherein ye are. 
Abundant are its honey and its fish, its mast and its wheat. 
Moderate are the cold and the heat thereof. » So then the 
ehicftains (of the Tuatha Dé Danann) conspired 1 and killed 
him on yonder plain. Whence Mag n-Itha « Ith's Plain. » 

Also in BB. 399*48: H. 58»; Lee. 507 a . The copy in Bodl. 53 (edited 
in Folklore, III, 315) differs. 

Mûg nltha scems the plain along the river Finn in the barony of Raphoe, 
co. Donegal, now callec 1 the Lagan, rather than Mag n-Itha Fothairt in the 
co. Wexford. 

Ailech Néit (also called Ailech Frighrenn), the palace of thc northern Irish 
Kings, ncar Derrv. Sec infra no. 91. 

Ith son of Breogan, one of the Spanish invaders of Ireland, O'Mahony's 
Keating, p. 180. 

1 . Lit. whispered together, a compound of con- and thc root har. 



The Rennes Dindsenchas. 41 



91. AlLECH. 

Ailech, canas roainmniged ? 

Ni arisa. Ailech o ail-ech asbrrar .i. ail eich andsin, ar it 
eich tacsat a ailbech_ la Fri[g]rend mac Rubœ Rûaid mac Di- 
doil do Fomuirib Fer Falga, 7 Baine ainm a ingene, 7 Tair- 
bert a gilla, 7 Bernas a mac. Unde Ailech Frigrenn 7 Cnoc 
mBaine 7 Snâm Maighi TairbîVt 7 Bernas Tire hiEda. 

A'ûiter : Ailech ond ailigh tuarccaib Corrchend o Cruaich f/ï 
lighi Aida meic in Dagda iarna marbadh, ro nar'léic in Daçhda 
a marbadh isin gnimsin, acht in marb ara muin dogras co 
fagbad ailech a chum[f]at do chor fora lighi. Rosir dano Corr- 
cend Erinn fon marb sin co fuair.licc a chomfat oc Loch Fe- 
boil, conas-tuargaib fair, conid ann aslvrt oca breith : « Ach, 
ach do ail, is di dobeb ! » « Is coir didiu, » ol in Dagda, 
« cid ail-ach ainm in denna so, » 7 dobath Corrcend — unde 
Oilech — 7 dobreath in Dagda Ailech do Neit mac Indui, do 
brathair a athar iarsin, 7 dia mnoi do Nemoin. Unde Ailech 
[Néit] nominatur. 

Ind aimsir immorro Abraim meic Thara rocumdacht . 

[fo. ir6 b 2] Ailier: Frigriu mac Rubai Ruaidh doluidh a 
hinis Bretan. Cerd sidhe do Fubthaire do rig Alban l , co tue 
leis Ailig a ingin 2 (or aithiud dochum Erenn. Doluid dano Fub- 
taire a lurg a ingene co hOilech, co ndmia Frigriu tech di 
do d^rgiubwr, 7 doheccra[d] in tech sin do or 7 do argad 7 do 
uma2 7 do gemoib, co mbd comsolus al-lô 7 a n-oidchi in tech 
sin, 7 rucefl^ and in ingen dia taisc^ 7 adberar ba dalta hi 
don ord 7 ni ba ben, 7 co mba si sin ben Eachachî Doimplen 
[7] mâthair na Colla, 7 Fiacha Srabtine ba ri intan sin. Ûn^ 
Ailech Erigrenn nominatur . 

Ailech from ail- and ech, that is ail « stone » and eich 
« horses », for it is horses that drew the stones of which it 
was built for Frighriu son of Rubne the Red, son of Didol, of 

1 . do Fubthainre, R. 3 . zezehach R. 

2. ailech R. 

Revue Celtique, XVI. 4 



42 Whitley Stokes. 

the Fqmorians of the Isle of Mann. And Baine was his daugh- 
ter's name, and Tairbert was his servant and Bernas liis son. 
Whence Ailech Frighrenn « Frighriu's Stone-house », and 
Cnoc m Baine « Baine's Hill », and Snâtn Maige Tairbirt « the 
Swimming-place of Tairbert' s Plain and Bernas of Tir Aeda. » 

Otherwise : Ailech from the ail « stone » which Corrchenn 
of Cruach lifted for the grave of Aed the Dagda's son, after 
he had killed him (for seducing his wife). Now the Dagda 
would not let Corrchenn be killed for that deed, but (sentenc- 
ed him to carry) the corpse on his back until he should tind 
a stone as long as Aed to put upon his grave. So Corrchenn 
carrying that corpse searched Erin till he found at Lough 
Foyle a stone of the right length. This he heaved up on his 
back, and then he said while carrying it : « Ach, ach « ah, ah », 
thy stone (ail), I shah 1 die of it ! » « Meet it is, » quoth the 
Dagda, « that Ail-ach be the name of this noteworthy stead, » 
and then Corrchenn died. Whence Ailech. And the Dagda after- 
wards gave Ailech to hisfather's brother Net and to his wife Ne- 
main. \\ nence it is named Ailech Néit « Nét's stonehouse ». 

Now it was built in the time of Abraham son of Terah. 

Otherwise : Out of the island of Britain went Frighriu son of 
Rubae the Red. He was the craftsman of Fubthaire king of 
Scotland, and with the king's daughter Ailech he eloped to 
Ireland. Then Fubthaire went on his daughter's track to Ail- 
ech, (and the king of Ireland protected the two lovers from 
Fubthaire, and granted to the girl the site of Ailech). There, 
then, Frighriu built her a house of red yew, and that house 
was set out with gold and silver and brass and gems, so that 
it was cqually radiant by night and by day. And therein 
the girl was put to be hoarded, and 'tis said that she was a 
fosterling (or pupil) of the craftsman, land she became the 
wife of Eochu Doimlén and the mother'of the (three) Collas. 
And Fiacha Sraibtine was then king. \\ nence Ailech Frighrenn 
« Frighriu's Stonehouse » is named. 

Also in BB. 399 11 22 : H. s8 b : Lcc. 507*. Versified LL. 164* (where 
Frighriu is styled cerd Cruthmaige ce \ i ri Fubthaire 6 Hi) : also (by Flann 
Manistrech) in LL. i8i a , R. 1 1 5 b 2 , Lcc $07 b . A third poem on ihe subject 



The Rennes Dindsenchas. 43 

beginning Ailech Ftigrenn (faithche rigraith) rigda in domain is found in H. 
and Lee. 509», whence it has been edited, with an English translation, in 
The Ordnance Survey of tbc Co. of Londonderry, I, 223 et seq. 

Ailech is now Elagh or Greenan Ely (Grianan Aïlig), a fort on the sum- 
mit of a hill near Burt in the barony of Inishowen. 

As to the Dagda see Revue Celtique, XII. 124. As to the battle-god Net 
and his wife, see Cormac's glossary, s. v. Jsièit. 

Eochu Doimlén, a son of Cairbre Lifechair, see the Four Masters, A.D. 276. 
Fiacha Sraibtine, overking of Ireland from A.D. 286 to A.D. 322, when he 
was slain by the three Collas, or Conlas, as the name is spelt in LL. 
i64 b ), the ancestors of many great families in Ireland and Scotland. 



92. Carraic Lethdeirg. 

[Cjarrac Leithd^/rg, canas rohainmnigedh ? 

Ni ansa .i. LeithdtTg ingen Conchobair meic Nesa, bean 
Tromdai meic Calatruim 1 , dorât gradh ind aislinge do Fothad 
Cananne, co tainic se ocus 2 triar fear ime fodesin dia saighidh 3 
.i. Feithlenn mac Fidrui 7 Lurga mac Luaith 7 Eirisnech mac 
Inmaise[i]ch, 7 Fothad in cethramzà*, acht ba hiar nguin Ai- 
leïïa maie Eogain. Briccem mac Tuinde tue eathar doib. Ro- 
marbad dvw Tromda, 7 tuccad a ben ûadh don > carraic. XJnde 
Carrac Lethdeirg. 

Lethderg (« Red-side ») ilaughter of Conchobar mac Nessa, 
wife of Tromdae son of Calatrom, gave love in a dream to 
Fothad Cananne. So to her came he and three men with 
himself, namely, Fethlenn .son of Fidrue and Lurga son of 
Luath and Eirisnech son of Inmaisech, and Fothad was the 
fourth, but it was after the slaying of Ailill son of Eogan. 
Briccen mac Tuinde (« son of Wave ») gave them aboat. So 
Tromda was killed and his wife was taken from him to the 
crag. Whence Carrac Lethdeirg « Lethderg's Crag ». 

Also in BB. 40o b n : H. 61»: Lee. >io a . 

Carraic Lethdeirg, not identified. As to Fothad Canainne see Revue Ce, 



1. caladhdrûib R. 4. in .iiii.ad BB., in imad R. 

2. cotainieset R. 5. sic BB. and Lee. din R. 

3 . saidhigh R. 



44 Whitley Stokes. 

tique, XIV, 248 and Silva Gadelica, II, 474, 519. His name occurs in LL. 
1 39 a x S as tnat °f tne husband of Callech Bërri. He was called after his 
hound Canann, Coir Anmann, Lcc. 44 5 b . 



93. Mag Coba. 

Mag Coba, canas roainmniged? 

Ni misa. Coba cu[th]chaire Eirimon meic Wûed Espame. Is e 
ù'Vna ro indlestar airrcis 7 cuithigh axtûs a n-Einw», 7 indles 
fodesin a chois isuidiu duus in bad 1 doith 2 , coro sedlad buinde 
a sliasta 7 a da doit inde, 7 co deiligh a delà iarna tlix-mad, co 
M-apadh de. Unde Mag Coba. 

Coba the pitfall-maker (or trapper) of Erem son of Mil of 
Spain. 'Tis he that hrst prepared a trap and pittall in Erin, 
and he himself put his leg into it to see if it were in trim(?), 
whereupon his shinbone and his two fore-arms were frac- 
tured (?) in it, and his drinkingeup after being emptied fell 
down, so that he died thereof (i. e. of pain and thirst), 
Whence Mag Coba. 

Also in BB. 400 b 34: H. 6i*>: Lee. 5io b , and Ed. > ;1 1. Edited from Ed. 
in Folklore, IV, 482. 

Mag Coba seems to hâve been an old naine for a portion of the baronies 
of Iveagh in Ulster. See Reeves Eccî. Antiqq., p. 349, note s. 

As to Erem (= Aryaman) son of Mil, see the Four Masters A M. 3501, 
and the dindsenchas oi Mag nDumach, Lee. 524b, mfra no. 52). 

Thisstory ofCoba contains some rare words — airrehes « trap », cuithech 
« pitfall », and its derivative cuihehaire « trapper », doitb (leg. àoxchï) 
« active », 10 sedlad « was fractured(?) », delà « drinking-cup ». 



94. Ard Mâcha. 

Ard Mâcha;, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Mâcha ben Nemedh meic Agnomoin atbath and 7 



1. sicBB. bat R. 

2. better, perhaps, doich .i.eascaidhno tapaidh expéditions, quick, nimble, 
active, P. O'C. 



The Rennes Dindsenclias. 45 

when she reached the end of the green she brings forth'a boy 
arjjd-a^girl — Fir and Fiai « True and Modest » thcir namcs 
rohadnacht, 7 ba hé indara magh .x. roslecht la Nemedh, 7 
dobretha dia mnoi co mbeith a ainm uasa. Unde Mag Mâcha. 

Ailier: Mâcha ingen yEdha Ruaidh maie Baduirn, is le ro- 
thornedh Emoin. Is ann ro hadnacht dia rus-marb Rec/;/aidh 
Rigderg, 7 is dia guba rognith Oenach Mâcha. Unde Mag Mâcha. 

Ailiter: Mâchas dano ben Chru[i]nd meic Agnoman doriacht 
and do comrith fri heacha Concobair, ar atlvrt an fer ba luai- 
thiu 1 a bean. Amlaid dzno bôi in ben, is hi inbadhach, cor' 
chuin[n]igh cairde coro thoeda bru, 7 ni tucaJ di, 7 dognith in 
comrith iarwm, 7 ba luaithem si, 7 o ro siacht [cenn] in céiti 
Iv/ïdh mac 7 ingen — Fir 7. Fiai a n-anmand — 7 atben co 
mbedis XJlaid fo ceis ôited in cach uair dus-ûchd eicin. Coiiid 
de bai in cess for UWtaib fri re nomaide o ûaith Concobair co 
flaith Mail meic Roc/;raide, 7 athefit ba hi sin G/ian Bznchure 
mgên Mid/r Bn Léitb, 7 atbeb iar suidhiu, 7 focresa a lert i n- 
Ard Macrue, 7 focer a guba 7 roclan[n]udh a liae. Unde krd 
Mâcha. 

Mâcha wife of Nemed son of Agnoman died there (on Mag 
Mâcha) and was buried, and it is the twelfth plain which was 
cleared by Nemed, and he bestowed it on his wife so that it 
might bear her name. Whenqe Mag Mâcha « Macha's Plain ». 

Otherwise: Mâcha daughter of Aed the Red, son of Badurn 
— 'tis by her Emain was marked out — was buried there 
when Rechtaid of the red fore-arm killed her. To lament her, 
Oenach Mâcha « Macha's Fair » was established. Whence Mag 
Mâcha. 

Otherwise : Mâcha wife of Crund son of Agnoman went 
thither to race against king Conchobar's horses, for her hus- 
band had said that his wife was swifter (than they). Thus 
then was the wife, big with child 2 : so she asked a respite till 
her womb should hâve fallen, and this was not granted to her. 
So then the race was run, and she was the swiftest. And 

1 . luiathiu R. 

2. P. O'C. explains ionbhadhach by « timely, seasonable, in due time », 
as if it were derived from inbaid. 



46 Whitky Stokes. 

— and she said that the Ulaid would abide under feebleness of 
childbed whensoever need should befall them. Wherefore the 
Ulaid sufFeréd feebleness for the space of a nomad from the reign 
of Conchobar to the reign of Mal son ofRochraide « Great 
heart ». And men say that she was Grian Banchure « the 
Sun of Womanfolk », daughter of Mider of Bri Léith. And after 
this she died, and her tomb was raised on Ard Mâcha, and 
lier lamentation was made, and her gravestone was planted. 
Whence Ard Machae « Macha's Height ». 

Also in'BB. 400 b 49 : H. 6i b : Lee. $io b ; and Ed. 4 b 2. Editcd from Lee. 
in Reeves' The Ancient Churches of Armagh, 1860, p. 41 ; from Ed. in Folk- 
lore, IV, 480. 

Ard Mâcha now Armagh. Mal son of Rochraide overking of Ireland 
A.D. 107-110. As to Mider see infra no. 126. 

That the second Mâcha marked out Eraain (now the Navan, about two 
miles west of Armagh) is told also in Cormac's Glossary s. v. limai 11, and 
in LL. 20 b 48. 

The story of the third Macha's race with Conchobar's horses and of the 
birth of her twins is related more fully in LL. I2)' 1 42, whence it lias been 
published by the late Sir Samuel Ferguson in a note to his Congal, 
London, 1872, pp. 189, 190. with a Latin version, and by Prof. Windisch 
in the Berichte of the Royal Saxon Gesellschaft der Wisscnschaften. 1884, 
p. 536-347, with a German translation. 



95. Lecht Ôenfir ÂlFE. 

Lecht Oinfir Aife, canas roainmniged ? 
Ni misa. Oenfer Aife mat do Choinculainn dorocht tar muir 
co Traigh mBaile no co hAth mBec i Conailîib Mwrthemne, 
como farnaic do f/'ia athair, co ron-iarfar/.'/ a ath<swV cia bui 
and, 7 ni dernai x a sloindedh dô. Nôi mbliadna ba slan do. 
Imuforbair doib co nàroçhair in mac. Conià and isKvt in mac : 
« Andsu labroind [ani] biis no [a]ni thoas ». Conià and aslvrt 
Cû culainn : 

« Oenfer Aife cîarba du 
do diclith 'na athardu, 
bidam bithehuimnech 2 rem re 
dom gleo fri hOenfer Aife. » 

1 . dmiaidh R. 

2. sic H. bidh damh bidh cuimnech R. 



The Rennes Dindsenchas. 47 

Ros-fuc leis Cu cvXainn iarsin coro[n]adnacht oc [Oenach] 
Airrbe Rofir, 7 coro cachoin a guba. \Jnde Lecbt Oen/zr Aife. 

Oenfer Aife « Aife's Only-man », a son of Cûchulainn's, 
[sent by his mother from Scotland] came over sea to Baile's 
Strand or to Littleford in Conailli Murthemni. There he met 
with his father, and his father asked him who he was. And he 
would not déclare his name. He had completed (only) nine 
years. So father and son attacked each other, and the son fell. 
Then said the son : « 'Tis hard that I should speak what is 
or what turns ». Then said Cûchulainn : « Aife's only-man, 
though 'twas meet (for him) to be hidden in his patrimony 
during my time I shall be ever mindful|of my fight with Aife's 
only-man ». 

Thereafter Cûchulainn took him away and buried him at 
Oenach Airbi Rofir, and sang his dirge. Hence Lecbt Oenfir 
Aife « the Monument of Aife's Only-Man ». 

Also in BB. 401k 28: H. 62 11 : and Lee. )ii b . 

Lccht Oinfir Aife not identified. Trâig Baile now Dundalk in the Co. of 
Louth. 

Conailli Muirthemni the part of the same county which lies between the 
Cooley mountains and the Boyne. 

Aife daughter of Scathach the Scottish amazon who taught Cûchulainn 
the art of war. Oenfer Aife was a name for Conlaech, Aife's son by Cûchu- 
lainn, O'Curry, M. and C, II, 312, where it is said that the spear by 
which Conlaech fell had been made by his own mother and bestowed by 
her on his father (as a love-token). Other incidents in the story are given 
by Keating, pp. 279, 280 of O'Mahony's translation. 

The combat between Cûchulainn and his son is thus referred to in the 
Tain bô Cualnge, LL. SS 5 14: 

Ni tharla rumra sund cose | a bhacear Oenfer Aife. 
da mac samla galaib gliad, | ni fuanw sund, a Fir diad. 

« Since Aife's Only-man fell, never until now hâve I met thy like in battle- 
fights, never hâve I found hère, O Fer diad ». And Conlaech's death on 
Traig Baile is mentioned by Cinaed hua Artacâin, LL. 3 i a 9 : For Traig 
Baile, bressim ngle, dorochair Oinier Aife. 

A taie called Aided Conlaich is preserved in H. 2. 16, col. 955, 957; in 
two mss. in the Advocates' library (XXXVIII and LXII), and in 17 other 
mss. listed by d'Arbois de Jubainville in the Essai d'un catalogue, pp. 16, 17. 
See also O'Mahony's Keating, pp. 279-280. It is (as hath often been ob- 
served) the Celtic reflex of the story of Sohrab and Rustam. 



48 Whitley Stokes 



96. Carn Mail. 

Carnd Mail i Maig UW, nô Carn Lwïgdecl), cid dia tat ? 

Ni misa. Lugaid Mal ro cuired a hUrinn lucht secht long co 
hAlipain, co toracht afrithise adochum riEirenn co morloingcs 
Alban, co tucsatar cath do Ulltaib 7 co roemid riam. Cloch 
da«o car/; tir doriacht la Lugaid is de doronad in carn, 7 is fair 
bai Lugaid ac cur in catha. Unde Carn Luigdech. 

« The Lord's Cairn » in Mag Ulad, or « Lugaid's Cairn », 
when.ee arc they ? 

Not hard to say. Lord Lugaid, with the crews of seven 
ships was expelled from Erin to Alba; but he returned to Ire- 
land with the great ticet of Scotland, and they gave battle to 
the Ulaid and routed them. The cairn was made up of a stone 
for every man who came with Lugaid, and upon it Lugaid 
stood while delivering the battle. Whence Carn Luigdech 
« Lugaid's Cairn ». 

Also in LL. i7o b 17: BB. 402* 6: H. 63*; and Lee. 51 i b . Edited from Lee. 
by O'Donovan in the MisceUany of the Ccllic Society, p. 66. 

Carn Mail, not identified, but somevvhere in the part of the co. Louth 
between the Cooley mountains and the Boyne. As to the mode and object 
ofmaking it, see no. 29, Revue Celtique, XV, ^31-332. 

As to Lugaid Mal, a son of Daire Sirchrechtach, see the MisceUany of the 
Celiic Society, p. 7. 



97. RÂITH MÔR MAIGE LlNE. 

Rath Mor Maige 1 Line, canas roainmniged ? 

Ni a usa. Rath Rogein a ainm art//.f co flaith Bresail B/ic 
meic Briuin ri Ulad, condechaid sidhe ior echt/a ïo Loch Loegh, 
co mboi .1. bïndati and. Mor da.no ingen Rithir meic Derlaim 
[a ben] frisin resin isin raith, co n-epeirt si 2 : « Is cian lcnd 

1 . maide R. 2. se R. 



The Rennes Dindsenchas. 49 

echtra Bresail, 7 asbezV aroile ben: « Bid cian duitsiu, ar ni 
tharga co brâth I dia echtra coa eol co tiset a mairb co càch » . 
Ba marb da?w Mor fochétàir, 7 rolil a hainm don raith, unde 
Kâilh Mor Maige hine, 7 doriar/tf Bresal Brec fescur dadaig 
la de, amail asb^rar i n-Echtra Bresail yrl. 

Râith Rogein « Rogen's Fort » was its name at first and down 
to the reign of Bresal Brec son of Briun, King of Ulster. He 
went on an adventure under Loch Lôig and was there for 
fifty years. Now his wife Mor daughter of Rither son of Der- 
lam was ail that time in the fort, and she said : « Bresal's ad- 
venture seems long to us ». And another lady said « It will 
be long for thee, for until their dead shall corne back to ail 
others, neverwill he return from his adventure to his home 2 ». 

Forthwith Mor died and her name clave to the rath, 
whence Râith Môr. And Bresal Brec returned at nightfall the 
dav after(?), as is told in Bresal's Adventure, etc. 

Also inLL. I70 b 23: BB. 402 b 39: Lee. 5 i2 b . Edited (from LL.) in Silva 
Gadcllca, II, 471, 516. See also Reeves Eccl. Antiqq. 386. 

Râith Môr Maige Line, now Rathmore, co. Antrim. Loch Lôig, Adam- 
narfs Vituli Stagnum, now Belfast Lough. 

Echtra Bresail: this taie seems lost. 



98. Benn Boirchi. 

Bend Boirche canas roainmniged? 

Ni ansa. Boirche boaire meic [Rossa] Rigbuidhe ba sed a 
suidhe mbuachalla insin, 7 is c«ma argaire[d] car/; mboin ota 
Dun Sobairce cotice Boaind, co tiedis co Beind mBairce, 7 [ni] 
gelled bô imiWail sech aroile. Unde Bend Bairche àicititr. 

Boirche the cowherd of the son of Ross Rigbuide that benn 
(« peak ») was his herdsman's seat, and 'tis equally he would herd 
every cow from Dunseverick as for as the Boyne, and they 

1 . b?ach R. 

2. 01% if we read with LL. coa seol, « to his bed », seol .i. leabaidh. 
P. O'C. 



50 Whitley Stokes. 

would corne (at his call) to Benn Boirchi, and nevcr a cow 
w-uM grazé a bit more than another. Whence Benn Boirchi 
« Boirche's Peak » is said. 

Alittv Bennan mac Boirchinn (nô Birchinn) romarb Ibeal 
mac Manannan i ndul co[a] mhnài .i. Leçon ingen Lotair a 
hainm-siden, conid é sin fath dia roleic Manannan a tri lomann 
cumad dia cride .i. Loch Ruide 7 Loch Cuan 7 Loch Dachaech, 
7 romarb Bennan iarsin for in mbeinn ucut. Uru/f Benria 
Bairchi àicitur. 

Otherwise: Bennan son ofBoirchenn (or Birchenn) killed 
Manannân's son Ibel for going in nnto his wife hight Leçon, 
Lotar's daughter. And this was the cause of Manannân's cast- 
ing from his heart his three draughts of grief (which became) 
Loch Ruidi, Loch Cuan and Loch Dacaech. And after thàt 
he killed Bennan on that peak. Whence Bcnna Boirchi is said. 

Also in BB. 403^4: H. 64-> : Lee. 5 1 2 b , and Ed. fo. 5 Ll 1. Edited, from 
Ed. and BB., in Silva Gadelica, II, 480, 527 : from Ed. in Folklore, IV, 487. 

Benna Boirchi « Boirche's Peaks » now that part of the Mourne Mount- 
ains in the co. of Down, where the river Bann has its source, Four Mas- 
ters, A.D. 1493, note j. Loch Ruidi not identified. Loch Cuan, now Strang- 
ford Lough. Loch Dacaech, now Waterford Harbour. 



99. Tailtiu. 

Tailltiu, canas roainmriiged ? 

Ni ansa. Tailltiu ingen Magmôir ben Echach Gairb meic 
Duach Teimin, is leis doronad Dun na nGiall i Tcmn-7/V, 7 ba 
hiside buimi Loga meic [in] Scail Bailb. Is i cowataig coa fer 
caillid Cuan do slaide di comad ôenach [ imo lecht, 7 atbath- 
si i kalaind Auguist iarsin, 7 roacht a guba 7 a nasad la Lu- 
gaid. Unde Lugnasa[d] dicimus. Coic cet bMzdan immorro 7 
mili ria ngein Cm/ andsin, 7 ;/ognithi ind aenach la car/; rig 
//('gcilvJ Eiri co tainic Patraic, 7 côte cet aenach i Tailltin o Pa- 
Xraic co duboenach Dondchada maie Mailsech/dtzVm. 

1 . aenaig R. 



The Rennes Dinds enduis. 5 1 

Teora. geisi do Tailtin : tecbt tairrsi cin tairlim, a deiscin tar 
clegualainn 1 [oc toidecht uaithi] 7 aurchur nad gremna 2 indi 
[iar fuined ngréine]. Unde JEnach. Taillten dicitur. 

Tailtiu daughter of Magmôr was the wife of Eochu the 
Rough son of Dua the Dark. 'Tis by him that the Fortress of 
the Hostages was built in Tara, and she was the fostermother 
ofLug the son of the Dumb Champion, 'Tis she that asked 
lier husband to clear away for her the Wood of Cûan, so that 
therc might be an assembly around her grave. And after that 
she died on the calends of August, and her lamentation and 
funeral ganes were held by Lugaid. Hence we say Lug-nasad 
« Lugh-games », Lammas-tide. 

Now that was fifteen hundred years before the birth of 
Christ; and until Patrick' s advent the fair was held by every 
king who took Ireland; and there were five hundred fairs in 
Tailtiu from Patrick till the Dub-oenach « Black Assembly » of 
Donchad son of Fland son of Maelsechlainn. 

Three were the tabus for Tailtiu : crossing it without alight- 
ing : looking at it over the left shoulder (wKen leavingit); 
and casting unprofitably in it (after sunset). Hence Ocnach 
Tailten « Tailtiu's Assembly ». 

Also in BB. 403330: H. io b : Lee. )i3 a ; and Ed. fo. 5 b 1. Versified, 
LL. 200 b . 12. Edited from BB. inSilva Gadelica, II, 469, 514: from Ed. in 
Folklore, IV, 486-487. See also O'Curry, M. and C, II, 148. 

Tailtiu now Teltown in Meaîh. For traditions relating to the assembly or 
fair held there, see the Four Masters A. M. 4370 and O'Mahony's Keating, 
p. 301. Dûn ua ngiatt — Duma na ngiall, supra, no. I, § 12, 13, Revue 
Celtique, XV, 281. 

The above etymology of Lugnasad is also in Cormac's Glossary. 

Donnchad son of Flann Sinna, son of Mael-sechlainn, was overking of 
Ireland from A.D. 918 toA.D. 942. The « Black Assembly » means, per- 
haps, the assembly which in A.D. 925, was prevented by Muirchertach son 
of Niall. 

100. Sliab Fuait. 

Sliab Fuait, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Fuat mac Bile meic Brighe meie Bre[o]guind dota- 

1. -guala;/m R. . 2. nadergmna R. 



$2 Whitley Stokes. 

rail inse for muir oc tuidecbt dochum Èrenn À. inis Magdena 
nô Moagdeda, \d est mor-ôc diada. Car/.; oen nofWrmed a bond 
fuirre ni aprad gas cein nobid indti. Tue dano Fuat fot leis 
eisi, conid fair condessed oc breithemnay 7 oc ttarcert. Intan 
dawo nodordad goe imsôadh T a fonn ind arda 7 a fer fri grian, 
7 o'tbereaK îmmorro fïr imsôadh a fer i n-arda, 7 ata da«o in 
fot sin bew.y issin tsk'/7>, 7 is fair dellig in grainne torchair a 
gerran Patraic, conid adradh sruith[e] o sin ille ar coimet na 
fîrinde and. 

Aliter conzdh o Fuat [mac Bile] meic Breogain codilcs ro- 
raitea. Unde Sliab Fuait [nominatur]. 

When Fuat son of Bile son of Brig son of Breogann was 
coming to Ireland lie visitcd an island on the sea, namely Inis 
Magdena or Moagdeda, that is Môr-ôc-diada « Great-young- 
divine ». Whosoever set his sole upon it would tell no lie so 
long as he was therein. So Fuat brought outof it a sod where- 
on he sat while judging and while deciding questions. Now 
when he would utter lalsehood its under part would turn up- 
wards and its grass down to the gravel. But when he told 
truth its grass would turn upwards. And that sod is still 
on the mountain, and 'tis on it lay the single grain which fell 
from Saint Patrick's gelding. So thenceforward, because of 
preserving the truth, it is the adoration of elders. • 

Otherwise: itmay be from Fuat son of Bile, son of Breogan, 
that the mountain, properly, was called. Whènce Sliab Fuait 
« Fuat's Mountain ». 

Also in BB. 404 a 3i: H. 74^: Lee. 5 14^ and Ed. fo. 5 a 1. Versified, 
LL. 204 a i6. Edited from BB. in Silva Gadelica, II, 475, 521 : from Ed. in 
Folklore, IV, 483. 

Sliab Fuait, a mountain near Newtown Hamilton in the Co. of Ar- 
magh, is Sliab Uait in the Annals of Ulster. Hence the /" appears to be 
prosthetic. Uat from *Avento-s? cognate with mons Aventinus ? As to which 
see Servius, ad Aen. 7.657. 

For other Irishordeals see Irische Texte, III, 1S8-193. 

The story of the grain of wheat is told in the Tripartilt Lije, Rolls éd. 
p. 240. 

1 . imsodhadh R. 



The Rennes Dindsenchas. 5 $ 

10 1. Sliab Callann. 

Sliab Kallann, canas roainmniged? 

Ni ansa. Callann awbuachail Buidhe meiç Buain meic For- 
gamna como forbart in Dond Cuailnge riana re choir dâir in 
tsescraid z imbi, co ro gaib do 7 in eu oc cosnam in tsescraid 2 , 
co drochair in eu di sodhoin. Nô comadh oc ' tabairt na tana 
coro cosain in cû, conid and dobreatha guin galand fair o char/; 
nô o Dun[d] Ckuailngi isin tsléib. Unde Sliab Kallann dicitur. 

IS hé immorro tairthugmi fir in cou sin. Cuilen he do Daol 
choin Celtchair. Is and âono fofrith sein, i clocund Conganchnis, 
ar tri coin bawr ina chind .i.- in cû robôi oc Culand cerd 7 in 
cû robôi ac Celtchair 7 in cû robài ac Mac da Thô. Brec im- 
morro, 7 dub 7 odhor a ndatha,.ut dicitur. 

Callann was the herd-hound of Buide son of Becan son of 
Forgamain; and when the Donn of Cualnge, before his proper 
time, proceeded to bull the dry cows around him, he and the 
hound began to contend for the cows, and by him the hound 
fell. Or it may be that the hound fought at the taking of the 
drove, whereupon a mighty deathblow was inflicted upon him 
by every one, or by the Donn Cuailngi, at the mountain. 
Whence Sliab Callann « Callann's Mountain » is said. 

Now this the true account of that hound. He was a pup ot 
Celtchar's hound Dael. And he was found in the skull of Con- 
ganchnes ; for there were three hounds in that skull, to wit, 
the hound that Culand the craftsman had, and the hound that 
Celtchar had, and the hound that Mac da Thô had. Speckled 
and blnck and grey were their (respective) colours, as is said. 

Also in BB. 404 b 1 : H. 64 11 : Lee. 514b 1 ; and Ed. fo. 5 a 1. Edited frora 
Ed. in Folklore, IV, 482. 

Sliab Callainn, now Slieve Gallion, a mountain in the co. of London- 
derry, on the borders of Tyrone. 

The Donn of Cualnge (now Cooley in the co. of Louth) is the brown 
bull to obtain which was the primary object of the expédition known as 
the Tain bô Cualnge « Driving of the Kine of Cualnge ». 

1. tsescraich R. 3. do R. 

2. sescraich R. 



54 Whitley Stokes. 

The finding of the hound's fathcr Dacl is referred to in LU. 6l a , lcft 
margîn, where the writer denièsthat Culann's hound was onc of the three 
found in the skull of Conganchnes. As to Mac dâ Thô's hound, Ailbe, see 
Irische Texte, I, 96. 

.102. Sruthar Math a. 

Sruthar Matha, canas roaintnniged? 

Ni an sa. Matha mac Roirend meic Rogain Rer/;/aidh[i] rig- 
muccaid- Carhair Mair ri Erend. Ba herbagaid dawo Matha in 
mucaid Cuind Cétchataig À. iri hOdba. Boi dawodaire toirthech 
ind ianhar Maige ' Mâcha, 7 ni bsei mes a samla ar meit 7 ar 
bola[d]maire. Intan ticced gaeth tairis atcluinti a boludli to 
hÉrinn 2 cepcdh leth nobered gaoth hé, co mbad commaidm 
cride do mucaib Erenn 'co toiY/r/;/am. Taraill dawo a bolfld 
muccfl Cathair co ndaised impu. Lotar dia saighid co Comar 
tri n-uisque. Luidh dano Matha 'nandiaidh codian, co torcli////-, 
co roeimidh tulcnaim a chind, co ndech<//V/ do àibad a gaile isin 
sruth, co ro baided and, co n-epairt car/; iman sruth : « Sruth 
dar Matha ! » Unde Sruthar Mcitha. 

Matha son of Roiriu son of Rogan Rechtaide was the chief 

swineherd of Cathair the Great, King of Ireland. He was a 
contender against Odba the swineherd of Conn of the Hund- 
red Battles. Now in the western part of the Plain of Mâcha 
there was an oakwood, and no mast was ever like its mast fer 
size and for fragrance. When the wind would blow over it the 
odour thereof would be smelt> throughout Erin, to what 
point soever the wind would carry the scent, so that it was 
a heartbreak to the swine of Ireland when it reached them. 
Now its fragrance came to Cathair's swine, so they went mad 
and rushed towards it as for as the Meeting of thé Three Wa- 
ters. After them, then, went Matha furiously, and he fell and 
fractured the frontal bone of his head. Then he went to 
quench his ardour in the stream, and therein he was drown- 

1 . maide R. 2. foth R. 

3 . at-cluinti: so in Welsh, clywed « to hear » means also « to smell », 
« to taste » and « to feel ». The Elucidarium, edd. Jones and Rhys, Oxford, 
1894, p. 265. 



The Rennes Dindienchas. 5 $ 

ed, and cvery one said by the brink : « The stream (sruth) 
over Matha (dar Matha) ! ». Whence Sruthar Mat ha. 

Also inLL. 169a 52 : BB. 404 1, 31 : H. 65* : Lee. 5H b ; andBodl. 110. 51. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 514. 

Sruthair Matha not identified. It must hâve been near the Meeting of the 
Three Waters (Suir, Nore and Barrow), i. e. near Waterford. 

Cathàir Môr overking of Ireland A.D. 120-122. Conn of the Hundred 
Battles, A.D. 123-157. 

103. Odba. 

Odba, canas rouinmniged? 

Ni ansa. Odba Uancend mac Bla Ballethain, meic Thad- 
lomna Line, righmucaidh Chuind cet chathaig, ter selgca oss 7 
elta arcena, fer dano nad bôi hi taigh acht a fe — [fo. I20 a 2] — 
dhaib 7 hi fanglennaib fri seilg 7 mucaidecht l , 7 ba sed a 
suide mbuachalla in enoe ucut, 7 is and dogse intan cowapad a 
adnacal and. Unde Odba nominztur. 

Nô 2 is i Odba beau h£7emoin roadnacht and, 7 ba si sin 
mâthair Luighne 7 Laighne 7 Muimne, 7 is andsin roclas a 
fert la hEremon.Unde Odba àicitur. 

Odba Uancenn son of Blae Broadlimb^, son of Tathlomna 
(Cathlomna?) of Linè, was chief swirieherd of Connof the 
Hundred Battles. He was, besides, a hunter of stags and does. 
Moreoverhe was one who never lived in a house, but always 
in woods and deepglens-i, hunting and herding swine. And yon 
hill, Odba, was his herdsman's seat, and therein lie chose to 
be buried when he died. Whence Odba is named. 

Or it is Eremon's wife Odba that was buried there, and 
she was the mother of the Luigni and Laigni and Muimni; 
and 'tis there that her grave was dug by Eremon. Whence 
Odba is said. 

Also in LL. i70 b 32 : BB. 505a 4 : H. I2 a ; and Lee. 515a. 
Odba is said by O'Donovan (Four Masters, A. M. 3502) to hâve been the 
name of a mound on the summit of a hill in Meath. 

1. mucaiger/;^ R. 2. 7 R. 

3. or perhaps rcXa-usaXXo; (bail ;r: oaÀÀoç). 

4. fainghlean a deep vale or glen, P. O'C. 



$6 Whitley Stokes. 



104. Inber Cichmaini. 

Inbcr Cichmaine, canas voainmniged ? 

Ni ansa. Cich-Maine Andoe I mac Ai Ml a 7 Medba, in secht- 
mad mac do Oil/7/ 7 Meidb, is é forruidbich 2 Fwgna mac 
Findcaeime oc côsnam churaich forsin tracht. 

Nô Cich-moine mac OiMla Find fuaratar na hiascaire and 
oc telach al-lin 7 a cocholl', coro marbsat isin inber, et m\Je 
Inbcr Cich-muinc riominatur . 

Cich-Maine Andoe son of Ailill and Medb — he was their 
seventh son — 'tis he whom Fergna son of Findchaime van- 
quished (?) when contending for a boat on the strand. 

Or 'tis Cichmuine son of Ailill Find whom the fishermen 
found there loosing their nets and seines, so they killed him in 
the hiver, and hénee Inber Cichmaini is named. 

Also in BB. 405a: H. 12»: Lee. 51 > a ; and Ed. fo. 5b 2. Editcd (from 
Ed.) in Folklore, IV, 491-2. 

Inber Cichmaini is on the east coast of Ulster (O'Curry, M. and C, III, 
162, 188). Etâinwas reared there, LU. nc^i^. 



105. Môix Tire Nâir. 

Moin Tire Nair, canas roainmniged? 

Ni ansa. Nar mac Findcadha meic Co//oill [Cernaig] robith 
and la hEitsine mbanfeinded iar marb(/</ a da hén for Snam da 
En forSinaind. Unde Snam da En dicitur [7 Moin Tire Nair]. 

Nâr son of Findchad son of Conall Cernach was there slain 
by Etsine the championess, after he had killed her two birds 

1 . adnoe R. 

2. sic BB , forruidbigh Ed., foruidbich H., foruirbich R. seems for for- 
ro-ud-ficb, wherc the siraplex may be cognate with Lat. vi-n-co and Goth. 
veïhan. 

5. télach .i. sgâoileadh, O'Cl. cochàlî a net, a fishing-net, P. O'Connell. 



The Rennes Dindsenchas. 57 

at Snâm dâ En on the Shannon. Hence is said Snâm dâ En 
« the Swimming-place of Two Birds », and Môin Tire Nâir 
« the Moor of Nar's Land ». 

Also in LL. i66 b 13 : BB. 405349 : H. 6$ b ; and Lee. 5 1 5 b . Edited from 
LL. in Silva Gadelica, II, 469, 514. 

Tir Nâir was in the Owles, co. Mayo: see infra, no. 140. Main Tire 
Nâir is not identified. Snâm dâ En is, according to Joyce (Irish Naines of 
Places, p. 248) a portion of the Shannon near Clonmacnois. 

The prose taie is very incomplète. According to the metrical version in 
LL. 203 a , Nâr was Estiu's husband, and the « two birds » were lier para- 
mourBude and his fosterbrother, who used to visit her in birdshapes, sing- 
ing so that ail around her fell asleep. Then Bude assumed his human 
form and shared Estiu's bed. Adruid reveals the secret to Nâr, who watches 
his opportunity and kills the birds with a single cast as they were crossing 
the Shannon. Estiu, who had gone to meet them, falls dead on the bank, 
and Nâr dies of grief for his faithless wife. 



106. Fich mBuana. 

Fich mBuana, canas roainmniged? 

Ni misa. Buan ingen Samaira l dorad gradh do CoinquW//// 
dia \o\ar na curaidh do chosnam in churadhmire .i. Laoghaire 
Buadhach 7 Ccwoll Qrnach 7 Cûqulainn. Lodar a mbreitb co 
hEmoin, 7 ised rofoidit co hOilill 7 co Meidb, condas-feià 
Oïlill co Sam[a]er co hEs Ruaid, 7 rogle sen in curadhmir do 
Coïncidai 11 h. 

Luid dmo Conold 7 a ara 2 .i. Raithen, for Snam Raithin, 
coro baided and Raithen, unde Snam Raithin. Luid da.no 
Buan indiaid 3 Coiiculaimi for fuillicht a carpait comœ in n-all 
ucat, coro ling leim n-uathmar 'mon n-all inadiaid^, co n-apad 
de. XJnde Fich mBuana. 

Buan daughter of Samaera gave her heart to Cikhulainn, 
when the champions, even Loeguire the Gifted, Conall the 
Victorious and Cûchulainn, went to contend for the Cham- 



1 . Samarîa R. 3 . andîaig R. 

2. arad R. . 4. inadiaig R. 

Revue Celtique, XVI. 



58 Whitley Stokes. 

pion's Bit. For thc award they fared to Emain, and thence 
they werè sent to Ailill and Mcdb. Ailill (rcfusing to arbitrate) 
sent them on to Assaroe, to Samaera, and he adjudged the 
Champion^ Bit to Ciichulainn. 

Then Conall and his charioteer Rathen went over Snàm 
Rathin, and there Rathen was drowned : whence Snàm Rathin 
« Rathen's Swimming-place ». Then Buan followed Cûchu- 
lainn on his chariot's track as far as yon rock (Fich niBuaiui), 
and she leapt an awful leap after him (striking her heàd) 
against the rock, and thcreof she died. Whence Fich mBuana. 
« Bu an' s Farm ». 

Also in LL. i66 b 2i: BB. 40) b 9: H. 65b; and Lee. 51 5b. 

Fich mBuana, called in the poem Fich Nemain « vicus Nemani », not 
identified. Nor is Sn.im Rathin, unless it be thc Snâmh Rathaind of the 
Four Masters, A.D. 1148, which, O'Donovan thought, was probably one 
of the ancient names ot" Drumsna on the Shannon, on the confines on the 
counties of Roscommon .and Leitrim. Ess Ruaid, see no. 81, supra, p, 33. 

As to the contention for the Champion'sBit, see the Fled Bricrend éd. by 
Windisch, Irische Texte, I, 235. As to Buan's leap, ibid. 290= LU. 109''. 



107. Loch Gabar. 

Loch Gabar, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Da gabar Echach 1 Cind Maire ri Muman dobre- 
tha uadh a ngiallacht do rig Temrach do Enna Aighnech 2 mac 
Oeng/wa Tuirbich Temrach fri dligcJ a tuath, uair na tancatar 
feis Temrach. Robaidit a eich isin loch. 

À 7 (5 dano, robai glaschullach la Glascoin ina sleib, 7 ba sed a 
ainm, Searraeh, dia ta Glenn Serraich. Doluid fora seichim co 
mbôi eter scuru Enna Aïgnig do saigid echmarta, co luid ind 
eich riam isin loch, coros-baidte and .i. Gâoth 7 Grian a n-an- 
mand. Unde Loch Gabar àicitur. 

Two ofthe steeds of Echu Horsehead king of Munster were 
sent by him, as a sign of submission, to the overking of Ire- 
land Enna Aignech son of Oengus Turbech of Tara, for they 

1. Echacha R. 2. Aidhncch R. 



The Rennes Dindsenchas. 59 

were due from his tribes since they came not to the Feast of 
Tara. Echu's steeds were drowned in the lake. 

Or also, Glascû had on his mountain (Sliab Glascon ?) a 
grey British stallion named Serrach « Foal », from which 
Glenn Serraig is named. This stallion went following them 
(Echu's two steeds), to seek a mare to cover, till he was among 
Enna Aignech's studs, and the (two) horses fled before it into 
the lake and were drowned therein. « Wind » and « Sun » 
were their names. Hence Loch Gabar « Lake of Steeds » is 
said. 

Also in BB. 405b 37 : H. 13* : Lee. 5i6 a . 

Loch Gabar (or Loch dd Gabar) « is now dried up, but the place is still 
called Loch Gobhar, anglice Lagore or Logore ». O'Donovan, Four Mas- 
ters, A. M. 3581. It is near Dunshaughlin in Meath. Gleun Serraich is men- 
tioned in the Book of Rights, pp. 4, 14, but O'Donovan did not know its 
situation. It must hâve been in Leinster. 

Enna Aignech was overking of Ireland from A. M. 4888 to 4907. See 
Rev. Celt., XV, 474. 

■ Cuïïach generally means « a boar » ; but ODavoren, 68, glosses it by 
ech bretnach « a British steed », and the context shews that we hâve hère 
to do with an equine animal. Echmarta is gen. sg. of cachmairt, which 
O'Don. Supp. explains by « horsing » and P. O'C. by « to cover a mare ». 



I08. LUSMAG. 

Lusmagh, canas voainmniged ? 

Ni ansa. Is ass tue Diancecht cach lus n-ice l rtwammalt ar 
Tiprait Slainge ind Achad Abla fri Magh Tuireâh. aniartuaid 
intan fechta in catii mor' eter Tuatha Dea [Danann] 7 Fo- 
moire. Cach oen do Tuathaib De Danann nolaigtis fon lind 
lusraidh sin atraighedh slemoin slancrechtach. Unde Lusinag 
nominatur. 

'Tis thence that Diancecht brought every herb of healing, 
and grated them on Slainge's well in Achad Abla to the north- 
west of Moytura, when the great battle was fought between 
the Tuatha Dé Danann and the Fomorians. Everyone of the 

1 . Sic BB. luid ice R. written, apparently, over an erasure. 



6o Whitley Stokes. 

Tuatha De Danann whom they would lav underthat water of 
herbs would rise up smooth and healed of his wounds. 
Whence Lusmag « Herb-plain » is named. 

Also in BB. 406»: D. 4. 2 (R. I. A), fo. 55b a : H. 43b, Lee. 388», and 
Ed. fo. 5 b i. Edited from Ed. in Folklore, IV, 489. 

Lusmag probably in King's county. Achad Abla « ficld of theapple-tree », 
not identified. Northern Mag Tuired novva townland in the barony of Tir- 
errill, co. Sligo. For a romantic account of the battle, see Revue Celtique, 
XII, 56-1 10. The healing-well is mentioncd ibid., pp. 94, 96. Compare the 
story of Ard Lemnachta, Rev. Celt., XV, [.27. 

109. Bhxn Codail. 

Bend Codhoil, canas roainmniged? Ni ansa. 

Codhal Corrcichech is é rob aite hErend dia ta Inis EraiJ, 
7 is and airberedh bith a dalta, forsin mbeind ucat, 7 n:\ch 
tairbert dob^'edh fuirri * conoebad in talmoin foib, 7 meine 
ep/vd Oiriu fria haiti : « atomannar 2 suas co tiaghat nâ goith 
gaithi trianar cluasa, » 7 mine apradh si sin noasfad co[m]bad 
leir Er/« de, 7 al-laithi domelad comorba Erenn tuara Codail 
forbeir a gail 7 a slaine. Unde Benn Cod<//7. 

Codai the Roundbreasted' 'tis he that was fosterer of Ériu 
fromwhom Inis Erenn « Eriu's island », is named. And on yonder 
peak he used to feed his fosterling. And every vigour? which 
he bestowed upon her used to raise the earth under them. Un- 
less Eriu had said to her fosterer. « I am heaved (?) up on 
high so that (the sun scorehes me and) the spears of wind arc 
coming through our ears » — unless she had said that, the 
peak would h ave grown until Ireland was full thercof. And 
the dây that Ériu's successor eats Codal's food (game, fish or 
venison) she increases her valour and her health. Whence 
Bcun Codail « Codal's Peak ». 

Also in BB. 406-* 25: H. 13b: Lee. 516^; and Ed. fo. 5 b 2. The beginning 
is cited in H. 3. 18, p. 6io b . Edited (from Ed.) in Folklore, IV, 490. 

1 . Sic Lee. fair R. 

2. atomandar BB. isium romorthogbaither, Lee. 

3 . I take tairbert hère to be = airbheart .i. treôir strenglb, vigour, forli- 
tude, P. O'C. It also means a portage or isthmus. For a proper name. 
Tairbert v. supra, 110. 91. 



The Rennes Dindsenchas. 6 1 

Benn Codail not idenlified. Inis Erenn said to be now Ireland's Eye, a 
small island near Howth, co. Dublin. (Joyce, Irish Nantes of Places, p. 104). 
Ériu calied after a queen of the Tuatha dé Danann. For an instance of sym- 
pathy between human beings and mountains see Rev. Celtique, XII, 108. 
But I know of no parallel in folklore to the concurrent growth of a peak 
and of a child reared upon it. 



110. Tlachtga. 

Tlachtga, canas ro ainmniged? 

Ni ansa. Tlachtga ingen Mogha Ruith meic Ferg/m forda- 
roeblengawr tri meic Simoin druadh dia 1 luid lia hathfl/r do 
foglaim druidechtà in betha,- arbith is i dorigne do Triun in 
Roth Ramach 7 in Lia hi Forcarthu 7 in Coirt[h]iaCnamcoill. 
[fo. i2i a 2] Terlai iar«m anair 7 a ndede sin lee, co tomcht 
tulaich Tlachtgai, conià ann ros-lamnad 7 rue tri macu .i. Doirb 
a q//o Mag nDoirb, 7 Cuma a qwo Mag Cuma, 7 Muach a q«o 
Mag Muaich, 7 co «dechsat na tri anmand sin i 2 ndermat a 
hEre nis toraigh > digal echtrand. XJndc Tlachtga âicitur. 

Tlachtga daughter of Mog Ruith son of Fergus: three sons 
of Simon Magus ravished her when she went with lier father 
to learn the world's magie : for 'tis she that made for Trian 
the Rowing Wheel and the Stone in Forcarthu and the Pillar- 
stone in Cnâmchoîll. Then she escaped from the east, bring- 
ing those two things with her, till she reached Tlachtga Hill ; 
and there she lay-in and bore three sons, namely Dorb, from 
whom is Mag nDoirb, and Cuma, from whom is Mag Cuma, 
and Muach, from whom is Mag Muaich. And till thèse three 
names are forgotten in Ircland, foreigners' vengeance will not 
visit it. Whence Tlachtga is said. 

Also in BB. 406b: H. 13b: Lee. si6 b ;and Ed. fo. 5b 2. Edited from Ed. 
in Silva Gadelica, II, 466, 511, and in Folk-tore, IV, 490-491. 

Tlachtga is now the Hill of Ward near Athboy in Meath : Forcarthu is 
near Rathcoole in the co. Dublin; and CiidmchaiUxs Cleghile near the town 
of Tipperary. Mag Cumma, Mag nDoirb and Mag Muaich are now forgotten, 
so the prophecy as to foreigners' vengeance lias been fulfilled. 

1. druaga: do R.. 3. toraidh R. 

2. a R. 



6 2 Whitley Stokes. 

As to the wizard Mogh Ruith and thc Rowing Wheel, which is to roll 
over Europe before Doomsday, crushing thc tribes to which the pupils of 
Simon Magus respectively belonged, sec thc Bodleian ms. Laud 610, fo. 
I09 a i, and O'Curry's Lectures, pp. 272, 385, 401, 421, 423, 428. Of the 
pillar-stone of Cnâmchoill it is said : Dali cach oen notn-aiefe, bodar cach 
oen nod-cluinfe, marb cach ôen risi mbenfa, Laud 610, fo. 109» 2, « Blind 
(will bc) every one who shall sec it : deaf every one who shah hcar it, and 
dead every one against whom it shall strike ». 

In Ed. Tlachtga is said tohave died in childbed, and over lier the fortress 
was built. 



ni. Mag mBreg. 

Magh mBregh, canas voainmniged? 

Ni misa. Brega mac Bregoin sindser du i uni Breogain, 7 is 
leis roslecht in mag, et «a quo nommatur. 

Ailitcr; Dil ingen Miled (nô Lugmanrach) dodechaid a tir Fer 
Falga la Tulchainde drai Conalre. I n-oenuair rogeinir-si o[a] 
mâthak 7 rue in bo loegh. Rocar in ingen in laogh ianmi 
sech na hindile archena, ar rogenir i n-oenuair fna, 7 foremid 
Tulcinde a tabflzVt-se co tuccad a kegh le. 

B6i cairdes do suide frisin Morrighain, 7 rogaid di tabazVt 
na himana co Mag mBolgaidhe, ar rop edh ainm in maighi o 
tUas, 7 rochar Brega da.no dam Dile in magh sin, 7 folil a 
ainm de. Unde Mag Birg. 

Brega son of Breogan was the eldest of Breogan's children, 
and by him the plain was cîeared (of trees), and from him it 
takes its name. 

Otherwise : Dil daughter of Lugmannair cloped from the 
land of the Mon of Falga (the Isle of Mann) with Tulchainde, 
Conaire's wizard. The same hour that she was boni of lier 
mother a certain cow dropt a calf. So the girl loved the calf 
more than the other cattle since it had been born at the same 
time that she had, and Tulchainde-could not get her away till 
the calf was brought with her. 

There was friendship between him and the Morrigan, so he 
begged h o <- to bring the drove to Mag mBolgaide — for that 



The Rennes .Dindsenchas. 63 

was the first name of the plain, and there Dil's ox Brega loved 
that plain, and its name clave to it. Whence Mag viBreg. 

Also in BB. 406b 45 : H. 14a : Lee. 5 17^ and Bodl. no. 2. and Ed. fo. ib 1 . 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 470; from Ed. in Silva Gadelica, II, 

47 2 , 5 T 7- 

Mag mBreg (also Bregmag) the name of a large plain in East Meath. 

Conaire i. e. Conaire Môr, the hero of the Bruden da Dcrga, overking of 
Ireland, killed by outlaws B. C. 40. His druid (or rather chief buffoon) 
Tulchinne or Taulchinne is described in LU. 92 b — 93a. The Morrîgan 
(morigain gl. lamia, Regina 215, fo. 101) was one of the Tuatha dé Da- 
nann ; see Rev. Celtique, XII, 128: see also Hennessy's paper «The ancient 
Irish Goddess of War », Revue Celtique, I, 35 et seq. Breogan perhaps the 
Spanish sovran in O'Mahony's Keating, pp. 178, 17g, 196. 



112. Mag Lena. 

Mag Lena, canas toainmniged ? 

Ni ausa. Lena mac Roida .i. mac Mis Réta, is hé roalt 
muicc Mcic Dathô fosfuair i nDaire Bainb i n-onher Bladhma. 
Fororbairt leis [co cenn .uii. mbliadan] co mbatar .uii. n-air- 
tim di forbaidh saille for a sruib. Dia tultator Ulaid 7 Fir n- 
Olneemacbt do feis Meic Datho dodechas o Maine Athrai 
cuice do cuingidh na muice do chobair a einich, 7 dofargaidh 
.1. tore toga[idi] dia eisi, 7 ni rogab uada. Dochuaidh dano 
Lena re muicc for Dubclais n-aidhchi gair riana thidnacul uad. 
In bail i 1 mboi awatail and, co n-uargaib in mue muc-clais 
tairis cen airiugud - do, co rod-muchai, co M-aclaid-sium dano 
oc suide, co webt grainne a cloidim in muic, co mbo marb, 7 
dodechaid Follscaide mucaid Maie Dathô co rue in muic fri- 
sin feis, 7 co rola firt Lena 5 ann. XJnde Mag Lena. 

Lena son of Roed i. e. son of Mes Roeda, 'tis he that reared 
(his grandfather) Mac Da-tho's pig, which he found in Daire 
Bainb in the eastern part of Bladma. It grew up with him till 
the end of seven years, when there were seven inches of a 
growth (?) of fat on its snout. When the Ulaid and the men of 

1 . a R. • 3 . firtscena R. 

2. airiudad R. 



64 Whitley Stokcs. 

Connaught went toMac Dâthô's feast, Maine Athraj (Mac Da- 
thô's wife) sent to Lena to ask for the pig to help his hospi- 
tality, and offered fifty choice hogs in lieu thereof, and Lena 
did not take them. Now one night, shortly before he deli- 
vered the pig (to Mac Dathô), Lena went with it to Dubclais 
« Black Trench ». There he fell asleep, and the pig (by its 
rooting) raised the trench over him, without his feeling it, so 
that he was smothered. Hereat then he attacks 1 the pig, and 
the point of his sword reached it and killed it. And Mac Dâ- 
thô's swineherd Follscaide went and carried the pig to the 
feast, and there (on the plain) set Lena's gravemound. Whence 
Mag Lena « Lena's Plain ». 

Also in H. 14 1, : Lee. 5 1 7 a , and D. 4. 2. (R. I. A.) fo. 50 1 1. Edited inac- 
curatcly 2 irom Lee. in O'Curry's llattie of Magh Leana, pp. 15, 16 note, 
whence reprinted in îrische Texte, I, 112. 

Mag Lena « now Moylena, alias Kilbride, a parish comprising the town 
of Tullamore, in the King's Countv », O'Donovan, Four Màsters, A.D. 902. 

As to Mes-Roida and his father Mac Dâ-thô sec Scél Mucce Maie Dulho 
LL. iii b — 114a cd. Windisch, Irische Texte, I, 96-108. 



113. Odras. 

Odras, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Odras ingen Odarnatan m^/cLaime maie Luaidre, 
is i ba banbrugtf/d do Buchat Buasach [boaire] Connaic ht'ti 
Cuind, co luid do eis a fir le buaib, conos-ioracbt in Morrigan 
co tarb Liathmuine [le], co ndart boin dia buaib ma timcull, 
7 based ainm in tairb, Slemuin. Oca imain aniar o Temraig 
dotaraill le F/'aech nOirend coro gelt n-and, conid Fraech 
Slemna a ainm di sodoin. Fosruataig in Morrighan co mboi i3 
n-uaim Cruachan. Iarsin doluid Odras 7 a gilla lee .i. Cadha, 
co ndrochair i' Cuil Cadha. Doluid Odras beos hi lurg a bô 

1. -aclaid lit. « hunts » or « fcllows », in the Laws « sues ». O'Currv's 
rendering seems mère guesswork : « He Started, however, turning against 
her (before he was qui te dead) ». 

2. e. g. for Forbairt read Foiforbairt: for ceathrachadh rcad ceathracha: 
for tri tri nonmair read tri nonmair: for hidlachad read hidlacad, 

5. a R. 



The Rennes Dïndsenchas. 6$ 

dosaighid J sidha Cruachvm. Dofuit codlad fuirre i nDaire Fal- 
gud condos-fuisce in Momgan and, 7 dicain [brichtu] fuirre, 
co ndeirgne linn [usci] di Odra[i]s, co luid isind aub fil îri 
Sliab Bodbgnai aniar. Unde Odras. 

Odras daughter of Odarnatan son of Laime son of Luaidre, 
lis she was hospitalier to Buchat Buasach the cow-chief of 
Cormac hua Cuind. She went after her husband with kine, 
and to her came the Morrigan, bringing a bail of Liathmuine. 
His name was Slemuin « Smooth », and he bulled one of 
Odras' cows around her. As he was being driven eastward 
from Tara he halted at Oiriu's Heath and grazed there. Hence 
its name, Fraech Slemna « Slemuin's Heath ». The Morrigan 
carried him off and installed him (with the cow) in the cave 
of Cruachu. Thereafter went Odras along with her servant 
Cada, who fell dead at Cùil Cada « Cada's Recess ». Still on 
fared Odras, in the track of her cow, towards the elfmound 
of Cruachu. Sleep fell upon her in the Oakwood of Falga, 
and the Morrigan awoke her and sang spells over her, and 
made of Odras a pool of water which entered the river that 
flows to the west of Slieve Bawne (the Shannon). Hence Odras. 

Also in LL. 168* 19: H. 7i a : Lee. 523- 1 . 

Odras Cûil Cada, and Fraech Slemna not identifiée! . Liathmuine « grey- 
brake », probably the Liathmuine i n-Ultaib mentioned in LU. 39 b . Sliab 
Bodbgnai now Slieve Bawne, a mountain in the district extending from 
Lanesborough to Rooskey, on the west side of the Shannon, in the co. of 
Roscommon, O'Donovan, Four Masters, A.D. 678, note u. 

The Morrigan's magical transformation of Odras into a pool of water is 
another parallel to the story of the witch Geirhild in the Landnâmabôk. 
See above, no. 15. 

As the end of the poem which in R follows the storv of Odras, is the 
following scribe's note : acsiw a bruaisi/z bedaigi 7 olc indil ort. 



114. Cleitech. 

Cleitech, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Cleitech drai ro aittreb and, 7 is and roadna<7.>/. 
Unde Ckitech. 

1 . dosaidhig R. 



66 U'hitley Stokes. 

Nô is ann robôi cleithi tech Ermw 7 is eisidhe roloiscedh (or 
Muircertach mac Earca. Nô ba cleithi ach don Erind bas meic 
Erca ann. Nô bas Cormaic hiii Chuind dia roglen cnaim iaich 
ina braghait. 

Aliter. No comad and dogneth Cleitech mac Degad a tech. 
Unde Cletech. 

Cleitech a wizard (of the Tuatha Dé Danann) dwelt there, 
and there. he was buried. Whence Cleitech. 

Or 'tis there was the top(i. e. chief) of the housesof Erin, 
and this house was burnt on Muircertach son of Ere. Or the 
death of Erc's son there was the top (i. e. chief) of groans, for 
Erin. Or the death of Cormac grandson of Conn, when the 
salmon's bone stuck in his throat. 

Aliter : Or maybe it was there that Cleitech son of Dega 
(Deda ?), would build liis house. Whence Cleitech. 

Also in LL. i66 b 36 : H. I4 b : Lee. S l l h > an ^ Bodl. 47. Edited from LL. 
in Silva Gadelica, II, 486, 534, and from Bodl. in Folklore, III, 511. 

Cleitech near Stackallan Bridge, on the south side of the Boyne. 

The story of Muirchertach's death, A.D. 527, is told in the unpublished 
Oided Muirbhertaig tnacc Erca, H: 2. 16, col. 310-320. « According to this 
storv », says O'Donovan (Four Masters, A.D. 526, note V) « Muirchertach 
fell a victini to the revenge of a concubine named S in (Sheen), for whom 
he had abandoned his lawful queen, but whom he afterwards consented to put 
away at the command of S. Cairneach. This concubine having lost her fa- 
ther, mother, sister, and others of her familv, who were of the old tribe 
of Tara, by the hand of Muircheartach in the battle of Cirb or Ath Sidhe, 
on the Boyne, threw herself in his way, and became his mistress for the 
purpose of wreaking her vengeance upon him with the greater facility. And 
the story states that she burnt the house of Cletty over the head of the mon- 
arch, who, when scorched bv the fiâmes, plunged into a punchcon of 
wine, in which he was suffocated. Hence it was said that he was drowned 
and burnt ». See also Tigernach's Aimais, A.D. 534 (RawL B. 488, fo. 
7 b i): Chronicum Scotorum, A.D. 531 : Aimais of Ulstcr, A.D. 533; and 
Petrie's Tara Hill, pp. 96, 97. 

As to Cormac's death from the fishbone, see the Four Masters, A.D. 266. 



115. Cerna. 

Cerna, canas roainmniged? 



The Rennes Dindknchas. 67 

Ni ansa. Cerniam ainm tuisig in[t]sida fil and. Unde Cerna 
nominatur. 

Aliter : Cerna À. oer nia, daig is and ata primrelicc airthir 
Midhe 7 Breg, 7 dano is and roadnocht Cerna. Cas mac Cairpri 
msic Etaini 7 a athair. Ar imed àidiu niad 7 tûisech and 
un^ dicitux Cœrniad jû. cér imad. 

Cerniam was the name of the chief of the elfmound that is 
there. Whence Cerna is named. 

Otherwise : Cerna i. e. caer-nia[d~\ « abundance of champ- 
ions », because there is the principal burial-place of Bregia 
and the eastern part of Meath, and, moreover, 'tis there that 
Cerna Cass son of Cairpre son of Etain, and his father were 
buried. 'Tis because of the abundance of champions and chiefs 
there that Caer niad is said, etc. : cher (means) « abun- 
dance ». 

Also in LL. 168* 39: H. 15*: Lee. 5i8 a ; and Bodl. no. 48. Edited from 
Bodl. in Folklore, III, 512. 

O'Donovan, Four Masters, A.D. 890, note 2, says that Cearna is not 
identified, but that it is referred to in the Dindsenchas as situate in Meath. 

eder, protoceltic qairo- (-â?), root qi, Skr. cinoti, Av. ci. 



116. Cloenloch. 

Cloenloch, canas roainmniged? 

Ni ansa À. Claon mac Ingoir meic rig Bretan Ala Cluaidhe, 
is e cerna cennaighe J àodechaid a hAlpain i nEirind co nduis- 
ib flatha fer nGaeidhel, conid and docer, ocon loch ucat. Unde 
Cloenloch nominatur. 

Cloen son of Ingor, son of the king of the Britons of Ail 
Clûaide, was the first merchant that came out of Alba into 
Erin with présents fit for princes of the men of the Gaels, and 
there lie fell, at yonder lake. Whence Cloenloch is named. 

Also in LL. 169b 15 : H. 66 b : Lee. 5 i8 b , and Bodl. no. 49. Edited from 
LL. in Silva Gadelica, II, 468, 513 : from Bodl. in Folklore, III, 513. 

1 . cendaidhe R. 



68 Whitley Stokes. 

Ail Clûaide « thc Rock of Clyde », now Dumbarton. 

Three lakes called Claonloch « crooked lake » are mentioned in the An- 
nal s of the Four Masters. This one, perhaps, is Claonloch SUibhe Fuaid, A.D. 
1009, which is ncar Newtown Hamilton in the co. of Armagh. A Cloen- 
loch ncar Gort in the co. of Galway is mentioned in Chron. Scot, pp. 45, 
369. 



II7. HlRARUS. 

Hirarus, canas roainmniged ? 

Ni ansa .i. Eoin Baile hnar oc tathaigid Cairpri Lifech<//V 
do .Raith Cairpri. « Tortha, tortha », a do dib; « Tiagu, 
tiagu, » in deda aile. Secht coecait oidhchi badar oc fochetal 
do, 7 ciped teach [fo. 123*2] ind Ere a mbeith Cairpre taircitis 
chuccai. Cetheora poca insin in Mcic Oicc. Ros-dclb ir-richt 
cethri [n-én] co mbidis oc togerad cagrn niErenn. 

Asrubart Cairpre insin friadruid 1 .i. Bicne a ainm : « Cisi 
aird arangairet duit ? » ar in d/ïii 2 . « Etrom 7turcbail ngréne, » 
ol Cairp/r. Co;;id iarsin tarclamad crand do car/; fid i n-Ermn 
don drui[d], 7 foreimidh dichetal foraib co tucad crand do a 
Fid Frosmuine, rondergenai dicetal fair. Tuargabad in t-herus 
soin os fedhoibh Erenn, coro fastai na heonu ucat [cen togai- 
rad Cairpri o sein ille.] 

« As uasal 7 hér in t-hera*, a Bicne, 7 bid se a hainm, Her- 
herus, » 7 forhebad dia comforba car/; ndoraid forfeimdibitis 
fir Erenn do gleodh dosum acht co tarmalad ni dia thorud, do 
ith nô do blicht nô mes nô iasc. Unde Hirarus nominatur. 

The (tour) birds of Baile came haunting Cairpre Lifechair 
to Raith Cairpri. « Come, corne 5 ! » say two of them. « I 
go, I go » say the other two. For seven times fifty nights 
they were lampooning(?) him, and no matter what house in 
Erin Cairpre was in, to him they would repair 4. Now those 



1 . sic LL. draui R. 

2. sic LL. an d;aui R. 

3. tortha from to-ortha: cf. ortba .i. eirg, LU. 57^, cognate with Lat. 
orior, Gr. ôo-vu-(ii? 

4. tairgeadh .i. teacht a coming onward, P. O'C. 



The Rennes Dindsenchas. 69 

birds were the Mac Oc's four kisses. He h ad shaped them into 
the form of four birds that they might be girding at the nobles 
of Erin. 

Cairbre told that to his wizard hight Bicne. « In whât 
quarter do they cry (?) to thee ? » asked the wizard. « Be- 
tween me and the sunrise, » says Cairbre. So then a tree from 
every forest in Ireland was collected for the wizard, and he 
was unable to sing spells over them until a tree was brought 
to him out of Fid Frosmuine. Over this he sang a spell and 
that herus (spindletree ?) was uplifted over the woods of Erin, 
and it detained yonder birds (on its branches), and there was 
no mocking of Cairbre thenceforward. 

« Noble and high is the herus, O Bicne; and this shall be 
the name of the place, Hér-herus « high herus ! » And to his 
successor this was left, that when the men of Erin should be 
unable to get any difficult question decided 1 by him he should 
partake of some of its fruit, corn, milk, mast or fi s h. Whence 
Hirarus is named. 

Also in LL. 166*23: Lee. 518*: H, 15b. 

Hirarus perhaps Ioraras, now Ories or Oris in the barony of Clonlonan 
and county of Westmeath. See the Four Masiers, A.D. 1160. Fid Frosmuine 
not identified. 

As to tbe Birds of Baile and the Mac Oc's Kisses, see O'Curry Lectures, 
pp. 478, 479- 

The taie is incomplète, especially at the end, and there are some obscure 
words in it: Fochdal seems cognate with W. go-ganu: togerad (leg. to-gér- 
ad ?) cognate with gér « sharp » : herus now feor us, gl. acerus, leg. aco- 
rus, Ir. Gl. no. 582 : feoras spindle wood, a spindle tree, prick wood or peg- 
word, P. O'C. 



118. Mag Findabrach. 

Mag Findabrach, can as voainmniged ? 
Ni ansa. Lugaid Laigde 2 dovhcht aniar on Etharlaighe 3 do 
tabairt catha Crinda la Cormac [hua Cuinn] fri hUlltu, conid 

1 gleôdh .i. glanad no criochnaghadh cleaning... ending, deciding, 
2 . laide R. 3 . etharlaidhe R. 



70 Whitley Stokes. 

hc Lugaid iarsin romarb na tri Ferg//.ra .i. Fergus Duibdetach 
7 Fergus Foltlebar 7 Fergus Bod dar Brega. forsin oenlic oc 
Raith Crô, dia n-evert Connue : 

For an oen-lic oc Raith Cro 

fortbe 1 na tri Fergnso, 

co n-ebivt Cormac « is gle 

ni œil a doe for Laige 2 

Ocus rorighsat XJlctid Eochaig Gunnfat iardain, 7 adbcrar 
Lugaid dia maxhad, 7 is eisein cath inro chaid[sct] fir FLérenn 
a n-armu co nach denad nech nr/;/ a inathar do tarraing co[n]a 
lamaib a broind aroile. Conid de ata Ath in Inathair fri Crinda 
anoirtuaidh, 7 dofuit Lugaid Ldigde 3 in la sin. 

DotoeH dawo Findabair ingen Luig[d]ech aniar os cethaib 
forngaireî do comfis a athar, conid cowdrainicc fri tasc a hathar 
isin mag ucut, co r[ô]eimid a cride cnomaidm inde 7 ina dalta 
dia cumaidhsi .i. Brech mac Broichdi. Unde [Mag Finnabrach 
7 Brech mag]. 

Lugaid Ldigde came from the west, from the Etharlaige, to 
deliver the battle of Crinna in aid of Cormac hua Cuinn against 
the Ulaid ; and that was the Lugaid who afterwards killed the 
three Ferguses, — to wit, Fergus the Blacktoothed, Fergus 
Longhair and Fergus Fire-over-Bregia — on the same rlags- 
tone at Raith Crô. Whereof Cormac said : 

On the same flagstone at Raith Cro (was) the slaughtering 
of the three Ferguses, so that Cormac said : « it is clear his 
arm doth not fail Ldigde ». 

And the Ulaid crowned Eochaid Longneck 6 , and 'tis said 
that Lugaid killed him; and that is the battle in which the 
men of Erin used up their wcapons so that no one could do 



1 . fortmboi R. foirtbhe A. foirtheibeadh no gearradh, P. O'C. 

2. ar laide R. 

3 . laide R. 

4. Dotaeth R. 

5 . In the poem this is os cethaib fian forngaire. Probably Cctha Font- 
gairi is a place-name. 

6. With Ir. gunn neck, P. O'C. compares Corn, codna. 



The Rennes Dindsenchas. 71 

aught but drag with his hands the entrails out of another's 
belly. Hence is Ath in Inathair « the Ford of the Entrails », 
to the north-east of Crinna. And on that day Lugaid Laigde 
(himself) fell. So then his d'aughter Findabair came from the 
west over Cetha Forngairi [?] to learn about lier father, and on 
yon plain she met the news of her father's death, and her heart 
broke in her like a mit. And in like manner the heart of her 
fosterling Brech son of Broichde broke out of grief for her. 
Whence are Mag Finnabrach « Finnabair's Plain », and Brech- 
mag. 

Alsoin LL. 1 6 5 b 15 : BB. 407*25: H. 16*, and Lee. 519*. 

Mag Finnabrach not identified. EtharJaige or Atharlach, now Aharlow, a 
glen in Tipperary. Rdilh Crû near Slane in the co. Meath. Brechmag, angli- 
cised Breaffy. perhaps in co. Clare. 

The battle of Crinna (on the Boyne, near Stackallan Bridge) is dated 
A.D. 206, by the Four Masters, who there give the above quatrain. There 
is a long story about this battle in the Book of Lismore, fo. I2i a — 1 2 3 a , 
which has been edited and translated in Silva Gaddica, I, 319-326, II, 359- 
368. and of which there is a précis in O'Mahony's Kcaliiig, pp. 323-327. 



119. Lia Lindgatain. 

Lia Lindgatain, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Lindgadan mac Lasghaire Buadaich maie Co/maid 
Buidhe maie Iliach tall boin masl Deichteri mâthar Conculainn 
a Dun Delga a Muigh M/^rthemne, conid romarb Cûculainn 
oc in lia ucat. XJnde Lia Lindgadan. 

Ail[i]ttr: Lindgadan Labar, callaire Herenn a flaith Find meic 
Findtain, 7 ni lamthai labra leis ar muir nô ar tir cen fiar- 
faighe T dosom, ar is hé ba rondaire 7 ba sluaghrechtaire fer 
nErenn. Co cuala-som fecht and fria di chulaid asin carraic 
in mac alla 'coa fregra. Amsoi fon ail 7 nodo-sine fris dia di- 
gail fair in gotha rochuala, cowatarraid barr na tuinde 2 , coron- 
esart 'moan cairric, conid romarb and. XJnde Lia Lindgadan 
nominaxur. 



1. fiarfaidhe R. " 2. murthuinde Ed. Welsh morclon, 



72 Whitley Stokes. 

Lindgadan son of Loeguiro the Gifted, son of Connad the 
Yellow, son of Iliach, stole out ofDundalk on MagMurthemne 
a hornless cow which belonged to Dechtere, Cûchulainn's 
mother, so Cûchulainn killed him at yonder stonc. Whence 
Lia Lindgadctin. 

Otherwise : Lindgadan the Arrogant, the crier J of Erin in 
the reign of Find son of Findtan, and no one durst speak to 
him, on sea or on land, without being asked by him; for 'tis he 
thatwas spencer and host-steward of the mon of Ireland. Once 
upon a time he heard, behind him, out of the crag the écho 
answering him. He turned to the clilfand stretched towards 
it to àvenge on it the voice he had heard. Whereupon the crest 
of the wave overtook him, and dashed him against the rock, 
and there killed him. Whence Lia Lindgadain « Lindgadan's 
Stone » is named. 

Also in LL. 1 6 5 b 2 5 : BB. 407^ 3 : H. 6y* : Lee. 5 1 9 b : and Ed. fo. y 2. 
Edited from Ed. in Folklore, IV, 484-48). 
Lia Lingadain not identified. 



120. GÂIRECH. 

Gairech, canas roainmniged? 

Ni ansa. Don gair rolasat macraid Emna im Coinculainn ina 
lighe chro, co rot-freagratflr 7 carpait 7 graigi- 7 [fo. 124 1 1] 
armu 7 ailchi na ngrellach san chan imon n-ath, co fnbatar 
amal tinde foibdidi for ûuchud. Unde Gairech àicitur. 

From the gâir «outery» which the striplings of Emain sent 
fort h around (their fosterbrother) Cûchulainn as he lay in lus 
bed of gore. And chariots and horses and weapons and the 
stones of the mires 5 answered it on tins side and that around 



1 . In the poem he is called callairc chcrirmtighe the callaire of the ale- 
house: callaire À. bolsgaire no (ear garma, P. O'C. 

2. cairge R. 

3. greaïlach clay. loam, mire: the name of several lands in Ireland, so 
called from being Hat, moist, bare, trampled places, P. O'C. 



The Rennes Dindsenchas. 73 

the ford, so that they became likea (redhot) ingot 1 dipt (and) 
boiling. Whence Gâirech is said. 

Also fn LL. i65 b 48: BB. 4oy b 25 : H. 6j*: Lee. 520a. Edited from LL. 
in Silva Gadelica, II, 480, 528. 

The Hill of Gairech, says O'Curry {Lectures, p 39) is « some distance 
southeast of Athlone, where the Ulstermen routed their enemies and 
drove them in disorder over the Shannon into Connacht » . 

The tragical death of the striplings of Emain is recounted in the Tain 
bd Cûalngi, LU. 78b, LL. 76b. 



121. LUIBNECH. 

Luibnech, canas roainmniged? 

Ni ansa. Luban dtrgoir roboi isin chétaig 2 Cnmthainn [.'i. 
lennbrat sainemail Cnmthainn] Niad Naire dosn-uesat Ulaid 
aniar o Temraig Luac/;ra ar in mbaethréim 3 ruesat o Dun da 
Bend co Cend Febrat Sleibe Cain, 7 dia ro ortsat in cathraig4 7 
dia ro marbsat in rii 7 tuc[sat] leo a cetaig, cotiïd and cota- 
bruiset 7 ro scarsat a tri coecta luban co «-uboll oir ar cach lu- 
bain. Is frisin dû sin adberar Luibnech 5. 

A bow 6 of red gold which was in the cétach Crimlhainn, 
that is, Crimthann Nia Naire's beautiful mantle which the 
Ulaid carried off from the west, from Tara Luachra, in the 
furious foray which they made from the Fort of two Peaks to 
Cenn Febrat of Sliab Cain. When they wrecked the town, and 
killed the king and brought away his mantle, 'tis in that place 
(Luibnech) they broke it up and tore ont its thrice fifty hi- 
bâns « bows » with an apple of gold on each. Of that place 
Luibnech is said. 

Also in LL. 165b 38: BB. 407-' 38 : H. 6j h ; and Lee. 520 a . 

Luibnech (gen. Luibnige), not identitied. It was, according to O'Dono- 

1. tin[n]e .i. caor the mass, cast or charge of any métal from the forge 
or furnace, as much as either melt[s] at once, P. O'C. 

2. chetaid R. 

3 . basthre/w R. 

4. carrac R. 

5 . frie isindu in abbar luibnec/;R. is fris innûi adberar luibnech BB. fesin 
dicitur, Lee. 

6. hîbdn a bow, ahbop, an arch, P. O'C. 

Revue Celtique, XVI. 6 



74 Wkitley Stokes. 

van (Book of Rights, 10 note u) a place on the borders of ancient Meath 
and Munster. 

The story of the furious foray of the Ulaid is told in a fragmentajy 
manner in the Book of Leinster, 26 i b 26 — 268 b , and the Lebar na hUidre, 
19a — 20 b , whence it lias been edited by the late W. M. Hennessy, in the 
Todd Lectureseries, vol. I. He identifies Dûn dd Beun « Fort of Two Peaks », 
with Dunsandel near Coleraine. He thinks that Tara Luachra is on the 
confines of Limerick and Kerry. Sliab Cdin is a hill to the south of Ardpa- 
trick, co. Limerick. 

As to Crimthann Nia Nâire and his mantle, see above, no. 30 (Revue Cel- 
tique, XV, 332). 



122. Lecc Thollchinn. 

Lecc Thollcind, cid dia ta ? 

Ni ansa. Tollchend druth Enna Cendselaig 1 nô Eclvirb meic 
Enda Ceindsek/V dorochair i - catb iVi Saxanu fer Muir hlcht 
dia ngaet 3 Niall Niwgiallach do laim Echacb, coro tescad a 
cend and don druth cosin cathbarr moaille fris, 7 rogloidastar 
a cathbarr 'moa cend, 7 forfeimdes a brud nô a etarscarad f/ia 
cend, coro ladh im-muir, roro idnaic car/; tond diaroile, co 
roacbt forsin licc-ut, 7 nôi [tuill] and, a da n-o 7 a da su[i]l 7 
a da oil 7 a da sroin 7 a bel, et unde Tollcend dicebatur, 7 Lee 
Tollcbind in lecc fo;[s]a tocomlai. 

Tollchenn the jester of Enna Cennselach or of Eochaid, Enna 
Cennselach's son, fell in a battle against the Saxons on the 
Ictian Sea when Niall of the Nine Hostages was mortally 
wounded by Eochaid's hand. The jester's head was eut off, and 
together with it the helmet, for the helmet stuck round the 
head and could not be broken or separated therefrom. So the 
head was cast into the sea, and one wave delivered it to ano- 
ther till it arrived at yonder Lecc « flagstone » ; and there were 
nine holes therein, its two ears and two eyes and two cheeks 
and two nostrils and the mouth. Whence was said Toll-chenn 



1 . cendselaid R. 

2. aR. 

3 . ngaeti R. 



The Rennes Dindsenchas. 75 

« K:le-head », and Lecc Thollchinn « Holehead's Flagstône » 
the stone whereat it arrived. 

Also in LL. i66 a 5 : BB. 4o8 b 28 : H. 67b: Lee. 520*. 

Lecc Thollcinn not identified. Muir n Icht the channel betvveen France and 
England. Niall of the Nine Hostages slain by Eoehaid, A.D. 405, accor- 
ding to the Aimais of the Four Masters. 



125. Indber mBicni. 

Indber mBicne, canas ro ainmniged ? 

Ni ansa. Bicne gilla Conoill Qrnaigh 1 adbath and oc timain 
na mbo dobretha 2 a hAlpain iarsin mboâr mor bôi a n-aimsir 
Bresail Bodibaidh meic Rudraighi > 116 Bresail Bric, couid and 
atbath Bicne mac Loegaire conâ n-imain hi tir, 7 is and con- 
rallsat in bûar4 a n-adarca dib, conid de atberar Bendchor 
Ulad 7 Indber mBicne nominatur. 

Bicne, Conall Cernach's servant, died there while driving the 
kinc (of Fràech son of Idath) that were brought out of 
Scotland after the great murrain that befel in the time of Bres- 
al Bô-dibad son of Rudraige, or (in the time) of Bresal Brecc. 
There, then, died Bicne son of Loegaire (smothered in a 
quicksand) when driving them ashore, and 'tis there that (in 
grief for him) the cattle shed their horns. Whence Bennchor 
Ulad « horn-casting of Ulster » is said, and Indber mBicni 
« Bicne's Estuary » is named. 

Also in LL. 166- 1 14: BB. 408» 38 : H. 68 ;l and Lee. 520. Indber mBicni 
seems = the Inber Béce of Cormac's Glossary s. v. Coire Breccâin, now 
probably, Bangor Bay. As to the Ostium fluvii nomine Bicne see Reeves 
Eccl. Antiqq. 387. 

Bennchor Ulad now Bangor in the co. Down, the site of S. Comgell's great 
and fa mous monastery, of which the churchyard and the Antiphonary are 
now the only relies. 

The story hère referred to, Tâin Bô Frâich, LL. 248a — 2)2 b , has been 
edited by Crowe in the Proceedings of the R. I. Acadeiny, Irish mss. séries, 
vol. I, pp. ! 36-1 56. 

1. cmiaidhR. . 3. rugraidhe R. 

2. dobrethta R. 4. buair R. 



-6 Whitley Stokes. 

As to Bresal Bôdibad « cow-destruction », seethe Coir Anrhann, where it 
is said thàt only threc heifers survived the murrain. He reigned (according 
to the Four Masters) from A. M. 4991 10 A. M. 5001. 

As to shedding horns in token of grief, see above, 110. 16. 



124. Loch Séta. 

Loch Séta 1 , cznasToainmniged? 

Ni ans-a. Set as dech ro bôi i n-En'ww intansin .i. mind Lo_- 
gaire Luire meic U^aiui rolasat ingena Fainle meic Duib 
[ïo. 1-24'' 1] da Roth ind. Monchae 7 Dian 7 Dalb, Echen 7 
Biblu a n-anmann, 7 romarbta iarsin Fainle 7 a eoie ingena ind, 
7 tuesat isin loch lasin set. UiWt' [Loch Séta. J 

The best sét « jewel » that was then in Erin, to wit the 
diadem of (the king of Leinster) Loeguire Lore son of Ugaine, 
which the daughters of Faindle son of Dub-dd-Roth flung 
into the lake. Monchae, Dian, Dalb, Echan and Biblu were 
their names. And afterwards Faindle and his five daughters 
were killed for this crime, and they (the executioners) cast 
them into the lake along with the jewel. 

Also in LL. 168^8: BB. 408^4: H. 68 h : Lee. )20';andD. 4. 2, a ms. 
in the library of the R. I. Academy. 

Loch Séta not identiried. It rnust be in Leinster. 

Loeguire Lorc monarch of Ireland, according to the Four Masters, A. M. 
4607, 4608. 

This storv, like many others in the Dindâenchas, is incompletely told, 
the narrator assuming that his hearer or reader knew why the diadem was 
flung into the lake. 

125. Tràig Tuirbi. 

[TJraig Tuirbe, canas voainmniged? 

Ni ansa À. Tuirbe Tragmar, athair Gobain soir, is e rodon- 
selb. is on forba sin 2 foceirdedh aurchur dia biail> a Taulaigh 

1 . setna R. 
2 is e sin R. 
3 . buil R. 



The Rennes Dindsenchas. 77 

in Bêla fri hagaid in tuile co «-aurgairedh in fairrgé, 7 ni tui- 

dhcedh tairis. Ocus ni fes can a 3 genelach sainriud, acht minip 
oen dona hespadachaib atrullattfr o Temraig riasin Sab n-Il- 
danach fil H nDiamraib Breçh. Unde Trais; Tuirbi. 

Tuirbe's strand, whence was it named ? Not hard to say. 
Tuirbe Tragmar, father of the Gobbân Saer, 'tis he that 
owned it. 'Tis from that héritage he used to hurl a cast of his 
axe, from Tulach in Bêla « the Hill of the Axe » in the face 
of the flood-tide, so that he forbade the sea, and it would not 
corne over the axe. And no one knows his genealogy unless 
he be one of the détectives who fled from Tara before the 
Master of Many Arts and who are (now) in the Diamrai of 
Bregia. Whence Trâig Tuirbi « Tuirbe's Strand ». 

Also in BB. 408b . H. 68*: Lee. 520^, and Ed. ^ 1. Edited from BB. in 
Silva Gaddica, II, 473, 518 : from Ed. in Folklore, IV, 488. 

According to Pétrie (Round Toivers, pp. 382, 383) Trâig Tuirbi « Tur- 
be's Strand » is now Turvey on the northern coast of the co. of Dublin, 
aud the Diatnra Breg are now Diamor in Meath. As to the Gobbdu (« beak- 
let, snoutlet ») Saer see Pétrie ubi supra. 

Sab ïldânach should be Samildânach « skilled-in-many-arts-together », as 
it is in Ed. and in the Second Baille of Moytura. See Revue Celtique, XII, 
pp. 74, 76, 78, 80. It was applied to Lugh mac Ethlenn. 

The. taie of Tuirbe and his axe reminds one of Paraçurâma. « This hero, 
after the destruction of the Kshatriya race, bestowed the earth ùpon the 
Brahmans, who repaid the obligation by banishing him as a homicide from 
amongst them. Being thus at a loss for a domicile, he solicited one of the 
océan, and its regent-deity consented to yield him as much land as he couid 
hurl his battle-axe along. Paraçurâma threw the weapon from Gokernam 
to Kumâri, and the retiring océan yielded him the coast of Malabar, below 
the latitude of 15 ». H. H. Wilson, Catalogue of the Machn^ie Collection, 
2d éd. Madras, 1882, p. 56. 

So in his Glossary of Judicial aud Revenue Ternis, London, 1855, p. 402: 
« Paraçurjma. . . an avatar of Vishnu, to whom is ascribed the recovery 
from the sea of Kerala, or Malabar, by casting his axe from a point of the 
coast, Mount Dilli, to the extrême south ; the sea retiring from the part 
sowwhich the axe flew ». 



3. an R. 

4. a R. 



78 Whitley Stokes . 



126. Bri Léith. 

[B]ri Leith, canas roainmniged ? 

Ni ansa. Liath mac Celtchair Chualand is e mac flatha is 
çoimebôi hisidcuirib Henv///, co ro carastar-sein Brii mBruach- 
bricc ingen Mid/V Morglonnaigh mr/clndui maie Cechtaigh 1 . 
Dochoidh da/70 Bri a hingenraidh co Ferta na nlngen a taeb 
Themrach. Luid Liath lin a mtfccasm co mbôi hi Tulaigh na 
hlarmaithrighi. Feimdiset comracc ni bad nesom fri taibleoraib 
side Mid/Y [fo. I24 b 2] ar ba lir bech-teilleqin hi lô âinnle 2 
imÉreagra a ndiubraic[th]e, co ro brîsé^Teo Cochlan gilla Leith, 
co rc-apad. 

IMsôi in ingen do Bri Leith coro b/ïs a cride inti, 7 atlvrt 
Liath : « Cenco roosa in inginsi is mo ainmse bias iitinx » 
.i. Bri Leith .i. bri asa liath, conià de atberar Bri Leith 7 
Dind Cochlain. 

Liath son of Celtchar of Cualu, was the fairest princc's 
son that lived in the fairy-troops of Erin, and he loved Bri 
Bruachbrecc daughter of Mider of the Mighty Deeds son of 
Indui, son of Cechtach. (To meet lier lover) Bri went witb 
lier maidens to the Grave of the Girls beside Tara. And Liath 
went with ail his youths till he stood on the Hill of the 
After-repentance. And they could not corne nearcr together, 
because of the slingers on Mider's elfmound. For as numerous 
as a swarm of becs on a day of beautv was the mutual answer 
of their castings. And Cochlan, Liatlvs servant, was sore- 
wounded by them and he died. 

Thcn the girl turns to (Mider's elfmound, 110 w) Bri Léith, 
and (there) lier heart broke in lier, (and there she died). And 
Liath said: « Though I shall not attain tins girl, 'tis my name 
that she shall bear, » Hence Bri Léith, that is « Liath's Hill ». 
Hence is said Bri Léith and Dind Cochlain « Cochldn's Height ». 

1 . cechtaidh R. 

2. ainnbe R. ainlcH. ainle Bodl. nalaind Lee. Read ândîe by metathesis 
for âlnde, âilde, derived from àlind « beautiful ». 



The Rennes Dindsenchas. 79 

Also in BB. 4oS b 34: H. 68b : Lee. 521 a : Bodl. no. 9; and Ed. fo. 2b 1. 
Edited from BB. in Silva Gadelica, II, 476, 522 : from Bodl. in Folklore, 
III, 477- 

Bri Léith west of Ardagh in the co. of Longford. Cualu a district in the 
co. of Wicklow. Fer ta na n-Ingen probably the first of the two Cloeniertae, 
Rev. Celtique, XV. 283. See O'Curry's Manners and Customs, III, 356, 357, 
where he renders bruachbrec (« bigbellied-freckled » ') by « of the freckled 
face » tulach na hiarmaithrige by « Hill of Pursuit », tableori (derived from 
tabaill « sling », W. ta//), by « battlement-warders », and teiïïinnby « hu- 
mming wild bées ». 

As to the elfking Miderof Bri Léith see Windisch's Irische Texte, I, 115, 
116, 876, O'Curry's M. and C, II, 192-194, III, 191, and d'Arbois de 
Jubainville's Le Cycle Mythologique Irlandais, pp. 274, 311-322. 



127. Tethba. 

[TJethba, canas ro ainmniged? 

Wiansa. Tefa ingen Ezchach Oiremon co ros-car Noisiu mac 
Nechtoin Findgualai o Loch Léin, 7 ba hi a muime de, Eitech 
ingen Lendglais meic Luind de Glomraighiu Trachta Tuirhe. 
Is i dochôidh marôen 2 lia dalta. O doroebt [Tethba] co hArd 
Nôisen — 7 ba hArd n-Umai co sin — asb^rt-si : « Bid tes- 
baidh do cumtuch in tirese mo dulasa as. » « Ni ba fïr on, » 
ar Noisiu. « Ni theseba do slondu[d]su don tirse : issfd on 
arata. » « Is teidmnech ind ail breithre facbaisiu ior in tirse, 
ar sisi 3 : « bat— lile comhui de ar ar tarrggraig. » Ba fir àidiu, 
ar itbath a muime oc dul buddes, coma, de ata Cenn-etich 7 
Tethba. 

Tethba was Eochaid Airem's daughter, and she was loved 
by Noisiu son of Nechtdn of the White Shoulder, from Loch 
Léin. And his fostermother was Etech daughter of Lennglass 
son of Lon, of the Glomraige of Tuirbe's Strand, and 'tis she 
that went along with lier fosterling (when he eloped with 
Tethba). When Tethba reached Ard Nôisen — till then it had 



1. bruach .i. brumhôr big-bellied, largebellied, P. O'C. 

2. maroen R. 

; . tirese ar isisi R.' 



8o Wkitley Slokes. 

bccn Ard n-Umai — she said : « My going henée will lessen 
this land's covert ». « That is untrue, » saysNôisiu: « thine 
appellation will never be wanting to this Land. Such is what 
remains (and it will suffice). » Quoth she: « The shameful 
word 1 which thou hast left on this land is deadly. Grief 
therefor will follow thee on our journey. » That came true, 
for in wending southwards his fostermother died. So thence 
is Cenn-Etich and Tethba. 

Also inBB. 409M2: H. 68 b : Lee. 3 2 1 a ; Bodl. no. 13; and Ed. fo. 3M. 
Edited from BB. in Silva Gadelica, II, 473, 518: from Bodl. in Folklore, 
III, 480-481. 

Telhba, anglicised Teffa, a territory in the counties of Westmeath and 
Longford. Loch Lan now the Lakes of Killarney. Tracht Tuirbi near Mala- 
hide in tke co. of Dublin. Ard Nôisen « Noisiu's Height », not identified, 
Cenn Etich now Kinnittv in King's county, O'Curry Lectures, p. 340 : Chron. 
Scot., p. 367. 

Eochaid Airem overking of Ireland A. M 5070, according to the Four 
Masters. 

128. Loch Andind 7 Loch n-Uair. 

[L]och Aindind 7 Loch n-Uair, canas roainmnigtbe? 

Ni misa. Aindind Oach 7 hUar Etharchar da mac Gumoir do 
rigaib Fear mBolg. 7 is do leith genelaig fer nG/r'c doib .i. 
Grecus mac Point 7 Danaus mac Point, 7 is eisen sen Fher 
mBolg, 7 rogab nert indara fine for aroile, co tallsat forru a 
n-uisqm' somblasta, daig is cornus cachta berar [for] uisqwé hi 
tirib Grâ:, 7 adachta fo dasire .i. uir do tarraîng (or lecaib loma 
co mbeidis sechi cubait ina doimne. Roteichset dawo riasin cu- 
machta moir dochum nEremi, 7 ni gabsat acht ic lochoib lind- 
glanaib. Rogab da«o Aindind 7 Uar ac dib lochaib cutrumaib 
.i. cutruma fodeas 7 fotuaidh, uaidh[ib], 7 co n-epletflr diblin- 
aib car/; coa loch, et a quibus nomina[n]tur. 

Aindinn Oach « the Eared » and Uar Etharchar were two 
sons of Gumor (Ugmor?) of the kings of the Fir Bolg. And as 
regards pedigree they were of the men of the Greeks, to wit, 



Literally « shame of a word », « verbal insuit ». Sce Revue Celtique, 



VIII, p. 50, Une 10 



The Rennes Dindienchas. 81 

Grecus son of Pont and Danaus son of Pont. The latter is 
the ancestor of the Fir Bolg. And one of the two families pre- 
vailed over the other and deprived them of their sweet-tasted 
water, for in the lands of the Greeks a power of impounding 
is given over water; and they were made subject to slavery, 
namely to drag mould (in leathern bags) on to bare flagstones, 
so that it might be seven eu bits deep on the stones. 

So (having built boats of the leathern bags) they fled be- 
fore that tyranny to Ireland, and there they set up only at 
clear-watered lakes. So Aindinn and Uar set up at two of 
thèse lakes which were equal, that is equal in the south and 
in the north ; and there they both died, each at his lake; and 
from them the lakes are named. 

Also in BB. 409» 34: H. 69-*: Lee. 521b Bodl. no. 14: and Ed. fo. 3*1. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 482. ' 

Loch Aindinn, now Lough Ennell in Westmeath. (Aindenn son of Ne- 
med, BB. n b ). Loch Uair now Lough Owel in Westmeath. Turgesius 
(Thôrgils) was drowned in it A.D. 847. 

As to the Fir Bolg and their bags see LL. 6 b . As to their flight to Ire- 
land, O'Mahony's Keating, p. 129. 



129. Druim Suamaich. 

[D]Ruim Suamaich, canas roainmniged ? 

Wiansa. Suamach mac Samgubai, sencha[id] 7 aiti Corm<7/'c 
Co/zloinges meic Conchobair, 7 Caindlech ingen Geim Gelta 
meic Rodba îru'ic Tuaich Tuile, di 1 claind Cono'ûl Gw[g]ancnis, 
ba si sin a muime. Co du[d]caid Cormac aniar o Cruachain Âei, 
do gabail rigi n-UW, 7 ro an a oiti dia éis ardaig rofitir dofas- 
dsad a dalta 7 na bad ri Ulad. Doluid Suamach i 2 ndiaidh a 
daltie dia ergaire arna tescd in targraidh. Intan tanic co Tulaig 
nDér .i. dera in Dagdai oc cainiud a meic, is and atawnairc 
daighidh na hoirgne i 2 [m]Bruidin da Choca. Atbail Suamach 
cen fuirech, 7 atbail Caindlech i n-Ard Caindlech. Unde Druim 
Suamaich 7 Ard Caindlech àicuntur. 



1. diaR. 

2. a R. 



82 Whitky Stokes. 

Suamach son of Samguba was the storyteller and fosterfa- 
ther of Cormac Conlonges son of Conchobar, and Cormac's 
fostermother was Caindlech daughter of Geim Gelta son of 
Rodba, son of Tuach Tuile, of the clan of Conall Hornskin. 
When Cormac went eastward from Cruachan Ai to seize the 
crown of Ulster his fosterfather had stayed behind him be- 
cause he knew that his fosterling would fa 1 1 and never be 
king of the Ulaid. (Howbeit) Suamach followed his fosterling 
to fofbid him to go on that- journey. When he came to the 
Hill ofthe Tears — that is, the tears of the Dagda bewailing 
his son (Cermait) — there he beheld the blaze ofthe wrecking 
of Bruden da Choca. Suamach died forthwith, and Caindlech 
(hearing that her fosterling was slain) died on Ard Cain- 
dlech. Whence Druim Suamaich « Suamach's Ridçe » and 
Ard Caindlech. 

Also in LL. 166*46: BB. 40Q b 3i: H. 69b; Lee. 522% and Bodl. no. 45. 
Edited from Bodl. in Folklore, III, 308. 

Druim Suamaig and Arà Caindlech, not identified. Bruden da Choca iiow 
Breenmore, in the barony of Kilkenny West, in the co. of Westmeath. 

The taie is an incident in the unpublished story of Togail Bruidne da Choca, 
as to which see O'Curry, Lectures, p. 260: Manners and Customs, III. 234. 
Hère follows the passage in question, from the oldest copy, viz. that in 
H. 3. 18, for a loan of which MS. I am indebted to the Board of Trinity 
Collège, Dublin: 

Dodechaid dïdiu Suamach m<7e Samguba; anîar andiaidh na turrgraighe 
di vreith] robaid da daltae, cor-rainic Tul<;/> Dér .i. derœ folae rotheilg in 
Dagda; inte a comrac fri tasc a meic in Cermatas. Co»id de digairter Tu- 
\ach Der di. OVo/mairc \2.runi Suamach daigh na hoirgne uad fora daltae 
ni rodamairdo co robris a cride ann, coma de digarar Druim Suama/V don 
ûlaig o sin co sudiu, H. 3. 18, pp. 717-718. 

Then Suamach son of Samguba went from the west after the expédition, 
to give a warning to his fosterson. And he reached the Hill of Tears, that 
is, the tears of blood which the Dagda shed thereon when hemet with the 
report (of the death) of his son, the Cermait : hence it is called Tulach Dér 
« the Hill of Tears ». Now when Suamach beheld the blaze of the wreck- 
ing on his fosterson he could not endure it, and his heart broke in 
him. Hence from that time to this the hill is called Druim Suamaig « Sua- 
mach's Ridge » . 

In the same story Suamach is said to hâve been a seer and a man of 
great knowledge (ha fisid-sium ocus ha fer môrcolais, H. 3. 18, p. 715), and 
his wife Caindlech is said to hâve fallen at Muine Caindlige « Caindleclrs 
Brake » (p. 713). 



The Rennes Dindienchas. 



130. Dùx mac Nechtain Scène. 

[Lee. 522*]. 

Dun mac Neachtain Sceine, can&f ra hainmnigead ? 

Ni ansa. Neacht Indbir Sceine do Corca Laidhi, bean Fir 
Uillne meic Luigdech Mail, mâthaiv a ihri mac À. Diachail 7 
Foill 7 Fannall 1 a n-anmand. Is iat geogna Cuchulainn dia 2 
ragaib armu, amail adfedar ar Macgnimarthaib 3 Cowculainn. 
IJnde Dun mac Nechtain Scène àicitur. 

Necht of Inver Scène of the Corco Ldigdi, was the wife of 
Fer Uillne son of Lugaid the Lord, and the mother of her three 
sons, whose names were Diachail (Tuachail ?) and Foill and 
Fannall. 'Tis they whom Cuchulainn slew when he (first) 
took arms, as is told in the Boyish Deeds of Cuchulainn. 
Whence is said D/'in Mac Nechtain Scène « the Fort of the 
sons of Nechtan Scène ». 

Also in LL. 170b 40 and BB. 410-' 25. 

Dûu Mac Nechtain Scène not identified. Liber Scène now Kenmare Bay. 
For the adventure hère referred to, see Lebor na hUidre, p. 52 a -)2 b , 
and LL. 6ô b -67 a , where the fort is called, Dûn mac NechtaScéne. 

Whitley Stokes. 
(A suivre.) 



y 



Tuachail 7 Foil 7 Fannail, LL. Diuchail 7 Foill 7 Fannall, BB. 
in là, LL. 
m</c[gni'm]rad, BB'. 



LE ROI LOTH DES ROMANS DE LA TABLE RONDE. 



Dans les romans français de la Table Ronde, Loth est roi 
d'Orcanie et père de Gauvain. Il a épouse la sœur d'Arthur. 
Chez Gaufrei de Monmouth, il est de souche royale, frère 
d'Auguselus et de Urianus, neveu de Sichelinus (leg. Siebel- 
mus?), roi de Norwège. Arthur, après sa conquête du nord de 
l'île sur les Saxons; donne à Auguselus le pouvoir sur les 
Scots, à Urianus le sceptre sur les Mttrefenses, à Lot, qui avait 
épousé sa sœur, du temps d'Aurélius Ambrosius l , et en avait 
eu deux fils, Malgainus et Modredus, la Londonesia et les pro- 
vinces qui en dépendaient 2 . Arthur assure ensuite à Loth la 
possession de la Norvège, à laquelle il avait droit, comme neveu 
de Sichelmus (Hist. Brit., VIII, 21; IX, 9; IX, ri, 12; X, 6). 
Ce passage de Gaufrei me paraît des plus instructifs. Il vise, 
en effet, une époque, semble-t-il, assez facile à préciser. Tout 
d'abord, Londonesia ne désigne nullement Londres et le pays 
y attenant, comme le dit la traduction du Brut Tysilio de 
San-Marte (p. 608; cf. Myv. Arch., 2 e édit., p. 464); on doit 
lire Lodonesia ou mieux Londonesia : il s'agit, en effet, d'un 



1. San-Marte a fait dans sa traduction du Brut-Tyrilio un singulier 
contre-sens en faisant épouser à Loth la sœur d'Aurélius Ambrosius 1 

reg. Brit., p. 608). Il est vrai qu'il a suivi la traduction de Peter Roberts. 
L'édition de la Myvyrian (2 e éd., p. 464) ne dit rien de pareil. Peter Ro- 
berts a puisé son contre-sens dans VHistoria de Gaufrei: Lot autem, qui 
tempore Aurelii Ambrosii, sororem ipsius duxerat (IX, 9). 

2. ... reddit Auguselo regiam potestatem Scotorum ; fratremque cjus 
Urianum sceptro Murefensium insignivit; Lot autem. qui tempore Aurelii 
Ambrosii sororem ipsius duxerat, ex qua Walgainum et Modredum genue- 
rat, ad consulatum Londonesiae ceterarumque comprovinciarum quae ad 
eum pertinebant, reduxit (IX, 9). 



Le roi Loth des Romans de la Table Ronde. 85 

partage de l'Ecosse, comme le montre clairement le contexte. 
Lodonesia est la région de Lothian, comprenant, dans son 
sens le plus étendu, tout le territoire occupé actuellement par 
les comtés de Berwick, Roxburgh, et des Lothian (Skene, 
Celt. Scot., \, p. 13 1) 1 . Murefenses indique la région connue 
dans les chroniques latines sous le nom de Moravia, et com- 
prenait la région de Moray et de Ross. Le nom de Scotia 
comprend le reste de l'Ecosse celtique. Or, cette division n'a 
de sens qu'à un seul moment de l'histoire d'Ecosse, après la 
grande bataille de Carham, sur la Tweed, livrée, en 1018, par 
Malcolm, roi des Scots, et Eugenius Calvus, roi des Bretons 
de Strath-Clut, aux Xorthumbriens. L'armée des Angles fut à 
peu près détruite (Simeonis Dunelm., Hisl. Eccl., à l'année 
10 18). A la suite de ce désastre, tout le district au nord de la 
Tweed passa au royaume d'Ecosse et en forma la limite méri- 
dionale (Sim.,rfd Obs. Dun., ap. Skene, Celt. Scotl., I, p. 394). 
La Chronique des Pietés et des Scots, document rédigé vers la 
même époque, donne la division suivante de l'Ecosse : « Ultra 
(Tede flumen) usque ad flumen Forthi magni, scilicet, Loonia 
(Lodonesia) et Galweya (Galloway), et Albania tota, quae 
modo Scotia vocatur, et Morovia, et omnes insulae occiden- 
tales oceani usque ad Norwegiam et usque Daciam, scilicet 
Kathenesia, Orkaneya, Enchegal, et Man et Ordos et Gurth, et 
ceterae insulae occidentales oceani circa Norwegiam et Daciam 
(Cbron. Pict., p. 154, ap. Skene, Celt. Scotl., p. 396). D'après 
la Chronique, l'Ecosse comprend, au commencement du 
XI e siècle, trois régions : Loonia et Galweya, la région de Lo- 
thian et de Galloway, de la Tweed au Forth ; la Scotia ou 
Albania proprement dite, et la Moravia. La Scotia ou Albania 
est nettement distinguée des pays au sud des Firth, et de la 
Morovia, au nord de la Spey. Au nord et à l'ouest de ces pro- 
vinces est le territoire qui est sous la suprématie des Scandi- 
naves et portant le nom de Norwegia et Dacia. Sur le conti- 
nent, c'est Caithness et Airergaidhel (Skene, Celt. Scotl., 
p. 396). Cette division correspond, on le voit, parfaitement à 



1 . Le nom de Loti} n'a rien à faire avec celui de Lodonesia ou Loudoseia, 
malgré certaines apparences. 



86 J. Lolh. 

celle que nous trouvons dans Gaufrei. La place à part donnée 
à la Moravia est particulièrement significative. Ce n'est qu'à 
la mort de Sigurd, roi Scandinave des Orcades, tué à la ba- 
taille décisive de Clontarf, en Irlande, en 1014, que les chefs 
du pays de Moray deviennent indépendants et sont soustraits 
à la domination Scandinave. Ils prennent même le titre de ri 
(roi) (Celt. Scotl., I, p. 387, 397). Gaufrei s'est donc inspiré, 
pour son partage de l'Ecosse, d'une source du commencement 
du xi e siècle. 

La 'Lodonesia paraît avoir été occupée principalement par des 
Pietés avant son annexion à la Northumbrie : « Erai lune rex 
Pictorum Lot hit s — (Buchanan, Hist. Scot., V, c. 45). Boe- 
thius (Scot. Hist., I, IX) dit aussi que Loth, père de Modred 
et Walwan, était roi des Pietés: « Qui Pithlandiae novum a se 
nomen Londoniae egregiam ob probitatem reliquerit ad posteros (ap. 
San-Marte, Hist. reg., p. 381). La royauté de la Norvège, 
confiée à Loth par Gaufrei, est un souvenir de l'époque peu 
éloignée encore de son temps où l'extrême nord du continent 
et les îles portaient, comme nous l'avons vu, le nom de Nor- 
vegia. Les mariages entre les familles des chefs Scandinaves et 
des chefs Celtes d'Ecosse étaient, à cette époque, fréquents, et 
il n'y a rien d'étonnant que Gaufrei ait donné à Lot un oncle 
du nom de Sichelm, nom qui n'a rien de celtique. Le titre de 
roi d'Orcanie que Loth a dans les romans français est équi- 
valent à celui de roi de Norvège. 

La version galloise de Gaufrei transforme Loth en Llew, 
fils de Cvnvarch, et Auguselus en Arawn, La Moravia est 
remplacée par Reged (Myv. Arch. } 2 e édit., p. 634). 

L'auteur du Brut Tyrilio, voulant concilier Gaufrei qui fait 
de Loth (Llew) le père de Walgainus (Gwalchmai), et la tra- 
dition galloise qui le qualifie de fils de Gwyar, le donne bien 
comme beau-frère d'Arthur, mais ajoute et de Gwyar, mère de 
Gwalchmai l'empereur: (ef oedd vrawd yngyfraith v Arthyr ac 
y Wyar, mam Walchmei amherawdr. Myrv. Arch., p. 464). 
Il faut évident suppléer et mari à& Gwyar, mère de Gwalchmai. 

Dans le Mabinogi de Kulhwch et Olwen (édit. Rhys- 
Evans, p. 133), Gwalchmei, fils de Gwyar, est neveu d'Ar- 
thur, iîls de la sœur de ce dernier. 



Le roi Loth des Romans de la Table Ronde. 87 

Le nom de Loth se retrouve-t-il dans les traditions galloises? 
Le contraire serait étrange : comment serait-il venu aux ro- 
manciers français ? Le Mabinogi de Kulhwch et Ohven men- 
tionne un Lloch Llawwynnyawc, ou Loch à la main blanche 
(Edit. Rhys-Ev., p. 107). Ce personnage apparaît encore dans 
le même roman, et cette fois il est présenté comme de la fa- 
mille d'Arthur : « Gweir, fils de Kadellin Talariant, Gweir 
Gwrhyt Ennwir, Gweir Baladyr hir, oncles d'Arthur, frères de 
sa mère, fils de Lloch Llawwynnyawc, de l'autre côté de la 
mer Terwyn (p. 1 10; Lloch est écrit ici Llwcti). On a fait de 
la mer Terwyn la mer Tyrrhénienne. C'est, eu effet, le nom 
qu'elle a pris assez souvent dans les écrits des lettrés, mais il 
ne paraît guère douteux que cette mer, comme la mer To- 
rian des Irlandais, n'ait désigné toute autre chose 1 . En l'ab- 
sence d'indication précise, je ne me hasarderai pas à l'iden- 
tifier; il est possible qu'il s'agisse de l'estuaire du Firth of 
Forth ou de celui de la Clyde. Ces estuaires sont souvent qua- 
lifiés de mer, notamment par Bède. Lloch serait ainsi un chef 
picte ou Scot. On remarquera qu'il n'est plus ici beau-frère 
d'Arthur, mais son grand-père maternel, 

En supposant que le nom de Loth ait été emprunté par les 
Gallois aux Gaëls, la forme Lloch n'a rien d'anormal. Le ch 
gallois avait à peu près le son du th vieil-irlandais, tandis que 
le //; vieux-brittonique devait avoir un son assez différent, 
comme le montre son évolution dans la plupart des groupes, 
par exemple en comique et en breton-armoricain. La forme 
Loth des romans français s'expliquerait, non par un emprunt 
direct aux Gaëls, absolument invraisemblable, mais par une 
faute de lecture : on a lu Loth au lieu de Loch. J'ai montré 
dans mon étude sur les Théories les plus récentes de l'origine des 
romans arthuriens, que plusieurs des noms les plus importants 
dans ces romans étaient parvenus aux écrivains de langue 
française par une source écrite : Loth serait de ce nombre. 

Une autre hypothèse est possible : Loth serait une forme 



1 . Il est probable que cette confusion de la mer Terwyn avec la mer 
Tyrrhénienne n'est pas étrangère aux pérégrinations en Italie de plusieurs 
personnages, par exemple de saint Patrice." 



88 J. Loth. 

brittonique- et Lloch une forme galloise altérée de ce nom ; je 
dis altérée, car le nom se retrouvant dans plusieurs textes fort 
différents (Mabinogion, Livre noir), il est difficile de supposer 
une erreur d'écriture; ou enfin Lloch ne serait pas le Loth des 
romans. Dans ce cas, rétro uve-t-on le nom de Loth chez les 
peuples brittoniques ? 

Au tome VI, p. 198 des Anciens évêchés de Bretagne, de 
MM. Geslin de Bourgogne et Anatole de Barthélémy, je relève 
une donation faite à l'abbaye de Bégar, par Eudo Loth et Loth 
frûier ejus, armigeri, à la date de 1279. Cette donation est faite 
en leur nom et au nom de leurs héritiers. Ce sont des sei- 
gneurs en possession de terres dans le voisinage de Bégar. 
Bégard est aujourd'hui dans l'arrondissement de Guingamp 
(Côtes-du-Nord). Le nom de Loth, s'il représente une forme 
vraiment bretonne, a dû, dans le cours du xm c siècle, en tout 
cas sans aucun doute, au XIV e , s'écrire Lo~. Or, tout juste- 
ment, c'est le nom d'une famille noble du même pays, pro- 
priétaire de grands biens aux xv e -xvn e siècles dans plusieurs 
parosses de l'évèché de Tréguier. Un Guillaume Loz apparaît 
en 1395 ; un Yvon en 1481, etc. (de Courcy, Nobiliaire Je 
Bretagne, p. 118). 

Si le nom de Loth avait été int.oduit chez les Armoricains 
par mode, sous l'influence des romans arthuriens, on l'eût 
prononcé Lot, et il n'eût point évolué en Lo~. Il est donc à 
peu près certain que le nom de Loth n'était pas inconnu des 
Bretons. Dès lors, il est probable que ce n'est point par les 
Gallois qu'il est parvenu aux écrivains français. Mais les Gallois 
n'étaient point les seuls Bretons d'Angleterre. Les Bretons du 
nord de l'île, ceux du sud ont pu mieux conserver ce nom. 
Une autre conséquence du fait que le nom de Loth est britto- 
nique, c'est qu'il ne saurait être d'origine gaélique: le th brit- 
tonique ne peut en effet correspondre au th vieil-irlandais. 

J. Loth. 



SOME I RISH ETYMA 



i. 

TIBRE. 

This word and its derivatives hâve hitherto been explained 
as if connected with tibitn « I laugh ». O'Beirne Crowe ren- 
dered tibreby « dimples », see Windisch Wôrterbuch, p. 821, 
Similary O'Clery s. v. tibrigh explained fri tuinn tibrigh by fri 
tuinii ghâireachtaigh « against a laughing wave ». But the fol- 
lowing gloss from Harl. 5280, fo. 41 a seems to give the cor- 
rect meaning of the word : fibre ./. finda na grûaidi fâcbus an 
altan dia hése « the hairs of the cheek, which the razor leaves 
behind ». Thus in the wellknown description of Cûchulinn 
(LU. p. 81 a): cethri tibre cechtar a dâ grûad À. fibre buide 7 
fibre ùane 7 fibre gorm 7 tibre corcra. Now fibre is either the 
plural or a sister-form of tibur, which occurs in the compound 
fibur-gér « haarscharf »: côica claided fuilchrech fiburgéra, LL. 
51 a, 5. Then we hâve the adj. fibrech « hairy » in fias tuind 
fibrig LL. 17 b, 2 (cf. O'Clery's quotation) applied to a wave 
in the same way as mongach in SC. 45, 16 to the sea. 



IL 



RI TH. 

This would be the form which W. rhyd « ford » should 
Revue Celtique, XVI. 7 



90 Kuno Meyer. 

hâve in Irish, and I think we hâve the word in the place- 
name Humar-rith, LU. 70 b, 11 : Humarrith ainm ind âtha 

sin dano. 



III. 



URGARTIUGUD. 

That urgartiugud « to while away the time, to amuse » is 
derived from garit « short » is, I think, confirmed by the si- 
milar dérivation of W. difyru « to amuse » from byr « short » 
and of O. N. skemta m the same sensé from skammr « short ». 
For examplcs of the word see Cath Finntragha, Index, and 
add do irgartigud a niennutii, LU. 22 a, 27. 

Kuno Meyer. 



M. O'CLERY'S BEATHA CEALLAIGH 



In the Brussels MS. 2324-40, fo. 53 b -59 a , there is a copy of 
the Life of St. Cellach made in 1629 by Michael O'Clery from 
the Leabhar Breac, pp. 2 r j2 h -2-'^ h , as appears by the following 
colophon : I mainistir na m-brathar i Cinel Feichin roscriobh 
an brathair bocht Michel o Cleiïigh an tecclamadh so labhrus ar 
Ch.ea.Wacb arna tecclamadh as stair labhrus ar coccadb Con- 
nacht asan leabwr da n-goirté'r Leabhar Dhûna Doighre. 3. oc- 
tob^r 1629. O'Clery leit out the narrative of the war between 
Connaught and Ulster as well as the entire end of the pièce, 
which relates the vengeance taken by Cûchoingelt on the 
murderers of Cellach. He divided his work into 15 chapters 
and called it Beatba Ceallaig epseoip ocus a mhartra. 

O'Clery's work is valuable for two reasons. First, this 
is one of the rare instances where we can compare with 
the original the copy made by one of the best among the 
later scribes. Secondly, the Leabhar Breac was in a better 
state of préservation in O'Clery's time and he was able to 
read several passages which hâve since then become illegible; 
and in several cases he corrected the mistakes into which the 
scribe of LBr. had fallen. I therefore give a list of the most 
important variants. The références are to the printed text in 
O'Grady's Silva Gadelica (vol. I, pp. 49-59) corrected by the 
facsimile of the original. 

P. 49, 9 noticced B — 10 chrech B nohenhe B uada B — 
12 after a crech B bas: Dorala somh i n-eccraite adbail fri 
ceiniul Conuill 7 Eogain 7 fri hUllta archena gorotionoilset 
slûagh lanmor do crèche Connacht. Fergus (Forgus MS.) 7 
Domhnall da mac Mhuircertaig mie Erca at iad roptar tàisigb 



92 Kuno Meyer. 

do slogaibh Uladh. Acht atd ni cena roairccset rempu go 
Muaidh et rucc Eogan forra 7 roferadh cath ettorra cotorcair 
Fergus ÇForgits MS.) 7 Domhnall et roba tromgonta Eogan 
Bel ann conadh for crannaibh a slegh rohimcuiredh he, etc. 
as on p. 50, 21. 

P. 50, 25 Iar sin tra roba cinnte la cach bas à'fàgbhail do B 

— 27 comairle L5 comhaîûmccudh B — 30 cose LB fôs B 
dib Z.J5 dhaibhi? dô cluain LB go cluain B — 32 «7i oni. B — 
33 Iar sin atbath Eogan et tangawr clanna Fiacrachgo Cluain 
go Ciaran mar do theccaisc Eogan doibh et o rangattwr fe- 
rais etc. as on p. Jï, S. 

P. 51, 9 roîresûadh B — 10 a toscca do Chiaran B — n 
agaid (i.e. adaig) LB hoidche B — 12 roaiclewrasom LB aic- 
cillsetflTsom B — 13 do imtigh B — 19 gurab B — 21 .i. 6- 
Càànaig ont. B — 22 ni ba LB nirbo B — 25 oinigh fo B — 
27 gurbo B — 32 Dala Cellaig immorro B — 33 nocor LB — 
goro 3 — 34 i/;/thuillea;// LB imtuilledh na hesccaine B — 
35 ar a dhoilghe B 

P. 52, 5 siubhLr/; luigheach B — 8 sechnom B go ceirn B 

— 9 ar iftern B — 11 Ocus ont. B — 14 he dana B dofui- 
righ B — 17 bi LB bol B — 21 do LB ro B — 22 dorinde B 
ol LB ar B ar cûla B — 23 nara LB narab B — 26 co mo 
indsin LB go mor annsin B — 28 or LB ol B — 29 rempv B 

— 34 7 for a ghenmnaigecht oui. B — 35 for Eirinn LB ann- 
sin B cotucsat B — 37 o'cus bôi LB combôi B — 38 cleirchi B 

— 40 chathair B — 40 mar LB marsin B as menci B — . 
41 na LB inas B 

P. 53, 2 frisar B — 7 a mhac LB na mrtcaomh B — 8 fria 
Guaire om. B — -9 sechaind LB torainn B — 13 ol LB ar B 

— 15 dheinim B mo thnitha 7 m'urnaz^hthe B — 16 ama- 
rach B — - 19 imbôi B imat LB ni hiat B — 23 m'ferann-sa LB 
an ferann sa B — ^24 ndena LB faccba B ina bril B — 251 
and uli om. B — -28 râinic om. B iarum LB sium B — 30 ûa- 
dha B — 32 as a haithle LB iarum B — 34 atd a n-dân 
dam-sa B — 36 smuainedh B 

P. 54, 3 sein B — 4 hoirdcrcaigedh B — 5 naomhtha B — 
8 deinedh B — 9 Guaire mac Colmâin B — 14 do sir B — 

— 19 cuirit B — 20 ar a chenn B aithnighedh B — 25 over 



M. O'Clery's Beatha Ceallaigh. 93 

dénam B adds radh — 27 huaignerZ; 5 — 28 ar aba 5 — 
29 cin in chomairli bar LB doraidhset B — 32 buidech B — 

34 fhurailim B — 3 5 do insachsat ina cethrar LB docuattw B 

— 36 maraon B — 37 maith leis B — 39 oirecthar LB ec- 
carthar B 

P. 55, dûn B — 4, 5, dsethain B — 5 na'isccedbB — 10 no 
tâirnic LB co târnaic B — 12 ann om. B — 13 roclaochlai- 
dhsidh bar 11-aicciW B — 16 dogebtai B — 19 7 as cuma B — 
22 do LB ro B — 23 ruccatwr B — 26 dogébthai LB dogeb- 
hadh sibh B — 37 daibhsi sa B — 41 oram nireim nac/;as B 

P. 56, 1 mon B — 2 bar LB ar B — 3 àidiu LB cena B 

— 10 eellach itir B — 12 .ar thocc[th]ib LB tar togha B — 
13 inn élôd LB elvdh B — 16 for oman LB ar cccla B — 18 
do thecht ara chenn LB d'fagail damh B cuma dô LB cuma 
robai B — 23 alita om. B — 25 ut dixit LB 7 doraidh B — 
26 mhadan B dota;d B mar lasân LB m'arracclân B — 27 rus- 
fôi LB rosfâidh B — 28 A ingean d/rga uaille B — 29 madan 
B soillsighes B — 31 a çtfter acainn Om. B — 32 ar côir B — 

35 forclv B — 41 fhuara B 

P. 57, 4 comtharraing LB tharraing B — 13 ocus LB is B 

— 15 form B — 16 mac som LB mac lie B — 19 ni maith B 

— 20 tar (nô er) cend B er cend B — 21 ocus LB is B — 
26 ar tus B — 28 riaomta B — 30 bi LB boi B — 34 a bhecc 
nô a mhôr B — 37 rainic B — 38 déinedh B — 41 110 fos- 
cadh B — 42 inis B — 43 folamh B itir om. B 

P. 58 8 ina fhiadnaise don béist B — 9 ïaxmidh B for 011- 
faisi B nisfuair don LB ni. fhûair an B — 10 slich[t na péiste] 
LB a slicht B — 11 dolen B — 16 crôda LB beodha B — 
18 ainni hé LB ainm de B — 20 slicht in çhôicir LB an 
coiccer B ar nid B — 22 a;;/ru LB armu B — • 25 iar n-ithe 
neithe B — 26 dolai for M. co môr B — 29 i 11-iath B — 
31 Eochaid LB Eoghain B — 33 nochanfuil B — 35 ar sal- 
inaibh (jiô salmcedlaib) B 

P. 59, 5 ar ecla B — -6 rosfeimdetMr B — 7 beos om. B 

— 13 coranccattar B — 15 anni atconncawr B doroine B — 
16 bi LB boi B — 177 roimarcuirset hé B — 23 rotoirinn B 

— 25 damhaibh B et tictis B gâcha B — 26 tainic 5—28 
cumann B — 29 nach mair B — 30 éis B — 32 ga tigh B 



94 Kuno Meyer. 

— 33 dorinde B after bithtruaige B ends thus : Acht ata ni 
chena rodighail Cucoingelt go maith a brathair ar an lucht 
rosmarbh, oir domarbh iad a ccethrar 1 n-aonbruighin 7 ri. 

Kuno Meyer. 



L'EXPRESSION E QUENTELL. 

L'expression e quentell dans les Anciens Noëls bretons paraît 
avoir parfois embarrassé M. de la Villemarqué; en plusieurs 
endroits, il ne la traduit pas : 

Vers : Nouel ! noueî ! e quentell don guelet 
So diliuxret bon guir roue binniguet. 

Traduction: Noël ! Noël ! Pour nous rendre visite 

Notre vrai roi béni est envoyé par Dieu. 

Cf. vers 282, 283, etc. 

Le dictionnaire de Le Gonidec traduit e kentel par à temps, à 
propos, à point. Tel est bien le sens de cet idiotisme, comme 
en fait foi le dictionnaire français-breton de Grégoire de Ros- 
trenen : à tems, au temps qu'il faut: e qentell; arrivera tems : 
arruont e qentell (au mot tems) ; la moisson a été faite à tems : 
an éaust a so bet great ê qentell (au mot moisson). Il n'est pas 
inutile de remarquer que le même dictionnaire traduit faire la 
moisson par qentelya an eaust : y aurait-il entre les deux expres- 
sions le même rapport qu'entre l'idiotisme français de saison, 
hors de saison, et saison (sationcm) ? Ou faut-il simplement y voir 
une évolution du sens de kentel, leçon ? A ce propos, il n'est 
pas inutile de remarquer, comme l'a fait, je crois, M. Win- 
disch, que kentel ne correspond pas exactement à l'irlandais 
-citai d:\nsfor-cital. La forme brittonique correspondant exac- 
tement à l'irlandais est le gallois cathl = *can-tlo-. 

J. LOTH. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. César, De bello gallico, publié par M. Meusel. — II. La Chronique 
de Saint- Riquier éditée par M. Ferdinand Lot. — III. Le nouveau catalogue du 
musée de Dijon. — IV Les bronzes gallo-romains du musée de Saint-Germain dans 
un nouvel ouvrage de M. S. Reinach. — V. Les Celtes dans les vallées du Pô et du 
Danube, par M. Al. Bertrand. — VI. Hibernica minora, par M. Kuno Meyer. — 
VII. The Elucidarium, etc., en gallois, édités par MM. J. Morris Jones et John 
Rhys. — VIII. Gildas et Nennius dans les Monumenta Germaniae historica. — IX. 
Le droit irlandais suivant M. L. Ginnel et le droit gallois suivant M. Hubert Lewis. 
— X. La doctrine de l'immortalité de l'âme suivant M. Marillier. — XI. L'Irlande 
dans la Grande Encyclopédie. — XII. Le Trésor vieux-celtique de M. Holder. — 
XIII. Un nouvel ouvrage de M. J. Rhys. — XIV. M. E. Windisch correspondant 
de l'Académie des Inscriptions. 



I. 

Les travaux sur César, De bello gallico, se multiplient. 

L'édition donnée en 1892 par M. Dosson a été annoncée ici, t. XIV, 
p. 86. 

En 1893, la librairie Teubner a publié l'édition de M. Bernard Kubler ', 
qui, par l'importance qu'elle attribue, avec raison, je crois, aux mss. de 
Paris 5764 et du Vatican 3324, inaugure un système opposé à celui de la 
célèbre édition donnée par Nipperdey. 

La même année, M. Henri Meusel, simple professeur de gymnase à 
Berlin, a terminé son savant Lexicon caesarianum, le travail le plus consi- 
dérable dont l'ensemble des Commentaires ait été jusqu'ici l'objet, et qu'on 
me reproche, peut-être avec raison, d'avoir mentionné trop brièvement 
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 137 ; j'aurais dû en effet signaler le soin 
avec lequel le savant auteur a étudié les mss., et les efforts intelligents par 
lesquels, s' éclairant à la lois par les manuscrits et par les règles de la gram- 

1 . C. Julii Caesaris coiumentarii cum A. Hirtii aliorumque supplementis ex 
recensione Bernardi Kùbleri. Vol I. Commentant de bello gallico. Editio major, 
in-12, cxxx-237 pages. Aux pages xi-cxix, M. Kubler a réuni en un tableau 
à trois colonnes. 1°, 2° les leçons les plus importantes des deux classes de 
mss., 3 les conjectures les plus intéressantes des éditeurs. Mais au bas des 
pages du texte il n'a pas mis de notes. 



96 Chronique. 

maire, il cherche à déterminer la leçon qu'il faut choisir pour retrouver la 
langue de César. 

Enfin M. Meusel vient de donner une édition nouvelle du De bellogallico '. 
Son système est celui de M. Kùbler, à cette différence près qu'il a étudié les 
variantes d'un plus grand nombre de manuscrits. Contrairement à la doc- 
trine de Nipperdey, il reconnaît dans les manuscrits latins 5764 de Paris 
(Thuaneus). xi e siècle 2 , et de Vienne, en Autriche, 95, xn c siècle ?, les pré- 
cieux représentants d'une vulgate antérieure à l'édition donnée, avec cor- 
rections plus ou moins bonnes, vers l'an $00 de notre ère, par Julius Celsus 
Constantinus, qui a eu pour collaborateur, dans son travail sur le livre II, 
Flavius Licerius Firminus Lupicinus. 

De cette édition corrigée dérivent : i° les mss. d'Amsterdam 81 (Bongar- 
sius primus) 4, ix e -x e siècle, et de Paris, lat. 5056 (Musciacensis vulgaire- 
ment appelé Moysiacaisis) ix e siècle 5 ; 2° les mss. de Paris, latin 5763 (Flo- 
riacensis, ou Parisinus anttquus) ix e -x e siècle 6; du Vatican ^b^(Romanus)!^ 
X e siècle ; de lord Ashburnham, aujourd'hui à Florence dans la bibliothèque 
Laurentienne sous la cote R 33, X e siècle 8 . Les deux premiers mss. forment 
une famille qu'il faut distinguer de celle à laquelle appartiennent les trois 
derniers. 

On doit mettre à part deux mss., de caractère mixte, l'un qui porte au 
Vatican le n° 3324 (Ursiniamts), xi e siècle, l'autre le n° 541 de la biblio- 
thèque Riccardienne à Florence, xi e -xn e siècle. A la fin des livres VII et VIII 
de cette famille, on trouve la mention de la révision faite par Julius Celsus- 
Constantinus. Cette mention fait défaut dans Yexplicit des livres I-VI de 
cette famille, tandis qu'on la trouve à la fin de chacun des huit livres dans 
les cinq mss. précités qui représentent complètement l'édition donnée par 
Julius Celsus Constantinus avec le concours de Flavius Licerius Firminus 
Lupicinus. Ainsi dans les mss. du Vatican 3324 et de la bibliothèque Ric- 
cardienne n° 541, les six premiers livres du De belle* gaïlico appartiennent à 
la vulgate ancienne représentée par les mss. de Paris 5764 et de Vienne 95 ; 
les deux derniers livres dérivent de l'édition corrigée par Julius Celsus Cons- 
tantinus et par Flavius Licerius Firminus Lupicinus 9. 

1. Berlin, Weber, 1894, in-8, xii-261 pages. M. Meusel place les va- 
riantes en notes. 

2. Châtelain, Paléographie des classiques latins, pi. XL VIII. 

3. Châtelain, ibid., pi. L, 2 . 

4. Ce ms. vient de Saint-Benoît-sur-Loire, comme le Parisinus anti- 
qtius, latin 5763 de Paris. 

5. Châtelain, Paléographie des classiques latins, pi. XL VII. 

6. Châtelain, ibid., pi XLVI. 

7. Autrefois de Corbie ; Châtelain, Paléographie des classiques latins, 
pi. LIV, cf. p. 15. 

8. Châtelain, ibid., pi. La 2. 

9. Le ms du British Muséum, Additional 10084, XI e siècle, dont une 
page a été reproduite en photogravure par M. Châtelain, pi. L a, i° (cf. 
p. 30) n'a pas été examiné par M. Meusel. C'est un des mss. qui repré- 



Chronique. 97 

Observation fort intéressante : l'ancienne vulgate est le texte que l'es- 
pagnol Orose avait sous les yeux quand, au commencement du v e siècle, 
il écrivait le sixième livre de ses Historiae adversus paganos '. Au contraire, 
Priscien, au livre VII de ses Institutiones gràmmaticae rédigées à Constanti- 
nople environ cent ans plus tard, s'est servi de l'édition corrigée par Julius 
Celsus Constantinus et par Flavius Licerius Firminus Lupicinus; un passage 
de César, livre V, c. 1, fin du § 2 2 , cité par Priscien, Institutiones gràm- 
maticae, 1. VII, c. 75, est emprunté à cette édition. 

M. Meusel s'est attaché, entre autres détails curieux, à déterminer aussi 
exactement que possible l'orthographe donnée par César aux noms gaulois 
mentionnés dans le De bello gallico. Il avait commencé à traiter ce sujet en 
1886 dans les Jahresberichte des Philologischen Vereins %u Berlin, t. XII, 
p. 262-271 ; il l'a étudié plus complètement en 1894 dans le t. XX du 
même recueil, p. 214-398. La leçon de César, et la bonne leçon, ne sont 
pas toujours identiques. Les lecteurs du De bello gallico connaissent la leçon 
défectueuse Andes ou Audi pour Andecavi « Angers » ; il y a des circons- 
tances dans lesquelles la défectuosité de- la notation adoptée par César est 
certaine sans avoir une aussi grande importance. C'est ainsi que le grand 
capitaine a appelé Lexovii par un e dans la première syllabe les habitants de 
Lisieux, dont le nom est écrit Lixoviatis au singulier dans leur plus ancienne 
monnaie (Muret, n° 7141), et Lixovio[s] au commencement de la domi- 
nation romaine (Muret, n° s 7157, 7159, 7163, 7165, 7166. La lecture Le- 
xovio, n° 7156, est douteuse). Il est clair que César aurait dû écrire Lixovii 
par un i à la première syllabe, mais il paraît certain qu'il a substitué un e à 
cet i. Ce nom de peuple paraît dans cinq endroits: III, 9, 10; n, 4; 17, 3; 
VII, 75,3; dans les cinq premiers passages tous les mss. offrent e, dans le 
dernier 17 est spécial à l'édition corrigée. Donc l'orthographe LexoVii doit 
être respectée par les éditeurs, toute défectueuse qu'elle est ; telles sont les 
notations Haedui, Helvetii, par une h initiale que César a écrite, bien que 
les Gaulois ne connussent pas cette lettre. 

L'édition corrigée offre la variante Lexdbii avec b au lieu de v. M. Meusel 
rejette ce b avec raison. Avec raison aussi il écrit Esuvii et non Esitbii le 
nom d'un peuple voisin des Lixovii ; de bonne heure, les scribes latins ont 
commencé à confondre le b et 1-e v, à écrire par conséquent /'quand il aurait 
fallu écrire v, — M. Meusel en a relevé un certain nombre d'exemples; — 
mais ils ont aussi écrit v lorsqu'ils auraient dû écrire b, en sorte qu'il peut 
être hardi d'affirmer avec M. Meusel que, des deux leçons Cavillonum et 
Cahillonum « Chalon-sur-Saône », la première soit la bonne. La leçon Ca- 

sentent l'édition corrigée, et il est au Musée britannique au moins depuis 
1840. List of additions to the mss. in the British Muséum in thc years 
MDCCCXXXVI-MDCCCXL, London, MDCCÇXLIII, p. 110. 

1 . L'honneur de cette découverte revient à un professeur de gymnase, 
M. Rudolf Schneider, qui l'a exposée dans les Jahresberichte des Philologischen 
Vereins %u Berlin, t. XI (1885), p. 1 51-173. 

2 . Ici la correction paraît préférable à la vulgate ancienne. 



98 Chronique. 

billo/utm est celle qui au temps de l'empire romain a pour elle le plus d'au- 
torité 1. Elle est justifiée par le rapprochement avec le nom d'homme Ca- 
billo, que des inscriptions conservent. De ce que dans une inscription, repro- 
duite au tome I er du Corpus inscriptionum latinarum n° 607, on trouve au 
datif pluriel libertav[us] = libertàbus, et de ce qu'on a relevé d'autres exem- 
ples analogues, comme Favio — Favio, acervissiniaui ~ acerbissimam (H. 
Schuchardt, Vokalismus des Vulgâr-lateins, t. I. p. 131; t. III, p. 67), 
Vivi = Vibi, génitif du gentilice romain Vibius (C. /. L., IV, 2953), etc., 
il ne faut pas conclure que libertavus, Favius, acervissima, Vivius auraient 
été écrits ou dictés par un auteur tel que César. 

Ces exemples suffisent pour montrer quel intérêt présentent pour les 
études celtiques les travaux de M. Meusel, soit qu'on adopte ses doctrines, 
ce qui- est le cas le plus fréquent, soit qu'on en puisse contester le fon- 
dement. 

Je termine par une petite observation personnelle. Suivant M. Meusel 
(Jahresberichte, tome XX, p. 230), MM. Holder et d'Arbois croient que 
la finale as, à l'accusatit pluriel de certains noms de peuples gaulois chez 
César, est gauloise par a long et non grecque para bref: M. Meusel a l'air 
de nous attribuer la paternité de cette doctrine qui est due à Ebel, Revue 
Celtique, t. II, p. 403.; je crois comme Ebel que bien des Romains, sachant 
le grec mieux que le gaulois, prononçaient bref l'a de l'accusatif pluriel en 
as dans les thèmes consonantiques gaulois. J'ai développé cette doctrine 
dans la Revue Celtique, t. XIV, p. 252, 253. César prononçait-il Lingônds 
comme les Gaulois ou Lingônas comme Lucain ? Je l'ignore. Mais il est 
inadmissible que César ait cru la déclinaison gauloise identique à la décli- 
naison grecque. S'il avait eu cette opinion, il n'aurait pas écrit à côté à'Al- 
lobrogas (I, 14; VII, 64), Allobrogibus (I, 6, 10, 14, 28; VII, 64), à côté de 
Lingônas (I, 26), Lingonïbus (VI, 44). On lirait dans les commentaires Al- 
lobroxi, Lingosi. Les datifs-ablatifs pluriels en -bus des noms gaulois chez 
César sont une notation romaine des datifs-ablatits pluriels celtiques en -bis. 
Comme l'accusatif singulier Allobroga de Juvénal, qui est dû à l'influence 
combinée de la déclinaison grecque et de l'accusatif pluriel gaulois, les accu- 
satifs pluriels en es de César sont dus à l'influence de la déclinaison latine 
et à celle de l'accusatif singulier gaulois en eu ou in ; Atrébatem (V, 22) est 
la notation romaine d'un accusatif singulier gaulois Atrebaten, d'où l'accu- 
satif pluriel Atrebates (II, 4, 23). Je m'arrête, quand on parle de César et 
des Commentaires, on pourrait ne jamais finir. 

II. 

M. Ferdinand Lot, avec son édition de la Chronique de Saint-Riquier * 
qui se termine en 1104, nous transporte en un monde différent de celui où 

1. A. Holder, AUceltischer Sprachschat\, t. I, col. 662. 

2. Hariuli', Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, Paris, Alphonse Pi- 
card, 1894, in-8, LXxm-362 pages. 



Chronique. 99 

César écrivait, mais il ne nous fait pas sortir de Gaule. Les noms d'hommes 
qui apparaissent dans cette chronique sont presque tous germains d'origine; 
un deux, accompagné d'un surnom, résume l'histoire de la Gaule en deux 
mots: Ansehnus Cosdunensis. ,|Anselmus, c'est « celui qui a le casque, helm » 
des Anses, c'est-à-dire des grands dieux du panthéon germanique ; Cos- 
dunensis « de Coudun » (Oise), adjectif formé avec le suffixe -ensis qui est 
d'origine latine, atteste la puissante influence de la domination romaine qui 
a précédé la conquête germanique, mais cet adjectif dérive de Cos[so]-dûnon, 
nom de lieu gaulois qu'on trouve aussi dans le département de l'Aube. 
où Cosdon est un écart de la commune de Paisy-Cosdon. Ce nom de lieu 
est un monument de la période celtique de notre histoire. 

Un autre nom de lieu gaulois est Lango-ratum, probablement « forteresse 
de Langos ». Lanços est un nom d'homme gaulois écrit Lagge au vocatif 
dans une inscription de Narbonne (C. I. L., XII, 4938). Dans Lango-ralum 
on peut reconnaître un synonyme de Lango-briga, nom d'une station ro- 
maine d'Espagne sur la route de Lisbonne à Braga (Itinéraire d'Antonin, 
521, 7) écrit Lango-brica par le Géographe de Ravenne (307, 3). On trouve 
le premier terme lango- dans AayYo-^pt'xai, nom d'un peuple d'Espagne 
mentionné par Plutarque, Vie de Sertorius, § 13 l . 

Deux noms de lieux sont des noms d'homme gaulois employés comme 
noms de fttndi sous l'empire romain; Caours, Somme, ecclesia Cadorcensis 
dans un diplôme de l'année 836, est un ancien fundus Cadurcus dont le pre- 
mier propriétaire s'appelait Cadurcus, parce que probablement il était de 
Cahors. Saint-Riquier s'est d'abord appelé villa Centula (p. 12, 13, 25), 
Centulus viens (p. 16); c'est un antique fundus Cintullus, dont le premier pro- 
priétaire s'appelait Cintullus. Le nom d'homme Cintullus est offert sous l'em- 
pire romain par des inscriptions recueillies dans l'empire d'Autriche, en 
Carinthie, près de Klagenfurt (C. /. L., III, 4944), dans l'Italie septen- 
trionale : à Vérone (C. /. L., 3361), près de Come (C. /. L., V, 3223), 
près de Milan (C. /. L., V, 5676), près de Novare (C. /. L., V, 6604); 
enfin en France à Nîmes (C. I L., XII, 3944). Cintullus écrit CentuUus, 
Centulus au moyen âge est un des rares mots gaulois qui ont continué à être 
employés comme noms d'hommes' après l'empire romain, des comtes de Béarn 
et de Bigorre l'ont porté. Le plus ancien exemple de cet emploi moderne 
date du règne de Louis le Débonnaire, on le trouve chez Eginhard, An- 
nales, année 819, où il est question du gascon Lupus, fils de Centullus 2 . 
Cintullus paraît dériver du thème cintu- « premier ». 

L'abbaye de Saint-Riquier (Somme), qui date du commencement du 
vn e siècle, doit sa fondation à un personnage appelé Richarius qui fut amené 
à la vie monastique par la prédication de deux moines, l'un, breton, s'ap- 
pelait Chaydocus (p. 14, 13), Chaidocus (p. 76) ou Caydocus (p. 266), mieux 



1. Edition Didot, p. 685, 1. 45. 

2. D. Bouquet, l. VI, p. 178; Migne, Patrologia latina, t. 104, col. 
486 c; cf. Mas-Latrie, Trésor de chronologie, col. 1557, 1562. 



i oo Chronique. 

Cadoc; l'autre était irlandais, son nom est écrit dans la Chronique, Fricorus 
(p. 76). Cette abbaye a donc une origine néo-celtique. 

III. 

Une des rares inscriptions celtiques de la Gaule est conservée en original 
au musée des Antiques de Dijon ', dont la Commission des antiquités de la 
Côte-d'Or vient de publier le catalogue en un beau volume in-4 de xxxn- 
389 pages, orné de 23 planches en photogravure. Parmi les bas-reliefs re- 
produits par ces planches nous signalerons le n" 78, pi. II, représentant 
trois déesses mères et provenant de Vertillum, Vertault (Côte-d'Or), et les 
n os 79 et 80, pi. III, où l'on reconnaît le dieu au marteau accompagné 
d'une .déesse. La plupart des noms d'hommes gaulois mentionnés dans ce 
volume ont déjà été publiés par l'abbé Lejay, Inscriptions antiques de la 
Côte-d'Or, 1889. Nous ne trouvons guère à signaler comme inédit que le 
nom de femme Sacruna, n° 244; mais il est intéressant de voir reproduites 
par de belles planches des inscriptions déjà publiées, comme la dédicace Deo 
Marti Cicollui, n° 73, pi. VI; Lejay, n° 145 II serait bien à désirer que les 
antiques de tous les musées de province fussent l'objet de publications sem- 
blables. Celle-ci a pour auteur M. d'Arbaumont, qui a eu pour les inscrip • 
tions latines la collaboration de M. Cagnat, professeur au Collège de 
France. 



IV. 

Le catalogue du musée de Dijon nous fait connaître deux images du 
dieu au marteau (ou au maillet, comme dit M. S. Reinach) ; on trouve 
trente reproductions de statuettes de ce dieu aux pages 141-156 d'un ré- 
cent ouvrage publié par le plus fécond de nos archéologues contemporains, 
nous voulons parler du volume intitulé : Antiquités nationales. Description 
raisonnée du musée de Saiut-Geonain-en-Laye. Bronzes figurés de la Gaule ro- 
maine, par Salomon Reinach, in-8, xv-384 p., avec 535 figures intercalées 
dans le texte, et une planche. Ce livre est édité par la maison Didot. 
Bien qu'il ait pour objet l'étude d'un ensemble d'objets d'art tous contem- 
porains d'une époque où l'indépendance gauloise avait fait place à la do- 
mination romaine, il abonde en indications précieuses pour les études cel- 
tiques. Nous signalerons entre autres, d'abord, les quelques pages du 
préambule où l'auteur étudie l'art celtique avant la conquête romaine, en- 
suite le savant chapitre consacré (p. 137-200), aux divinités celtiques : le 
dieu au marteau ou au maillet que M. Reinach appelle Dispater, le dieu 

1 . C'est l'inscription de la casserole dédiée par Doiros Segomari au dieu 
Alisanos, n° 445. La traduction est donnée d'après M. d'Arbois, dit le ré- 
dacteur Mais je ne suis pas tout à fait certain que ieuru soit la troisième 
personne d'un temps passé et non la première personne du singulier du pré- 
sent de l'indicatif. 



Chronique. i o i 

Cernunnos, les dieux accroupis, les dieux cornus, le serpent à tête de bélier. 
Les connaissances générales que M. S. Reinach possède en archéologie 
donnent à ses travaux sur tout sujet spécial une ampleur que n'ont pas tou- 
jours les travaux des autres archéologues. A propos, par exemple, du dieu 
au marteau, il a fait des rapprochements fort instructifs, et on ne peut 
que trouver très séduisante sa doctrine, p. 166-167 : les attributs des 
dieux sont des fétiches déchus, maxime certainement vraie en bien des 
cas. Enfin nous nous reprocherions de ne rien dire [ici des dix-sept san- 
gliers figurés aux pages 268-274 ; l'un, n° 267, est un sanglier enseigne, 
qui a pu servir de drapeau à une armée gauloise. 

V. 

Le livre de M. S. Reinach est dédié à M. Alexandre Bertrand, conser- 
vateur du musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye ; 
M. S. Reinach a collaboré à un nouvel et savant ouvrage archéologique de 
M. A. Bertrand : Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, Paris, Le- 
roux, 1894, \Ti-241 pages et 1 1 5 figures intercalées dans le texte. L'objet 
de ce livre, fort instructif, quoique provoquant la controverse, est d'établir 
par les monuments figurés que vers l'époque où Rome fut fondée, au hui- 
tième siècle avant notre ère, la civilisation qui était maîtresse du bassin du 
Danube était identique à celle qui, à la même date, dominait dans le bassin 
du Pô, et que cette civilisation était celtique. Cette doctrine se rapproche 
sur un certain point de celle que j'enseigne ; elle en diffère radicalement 
sur un autre. Je crois qu'il fut un siècle où la civilisation celtique antérieu- 
rement établie dans le bassin du Danube est venue s'installer triomphante 
dans une partie du bassin du Pô, mais ce siècle est le quatrième avant notre 
ère et non le huitième. 

Suivant moi — et je ne crois pas être seul de mon avis — le bassin du 
Rhône et les côtes aujourd'hui françaises de la Méditerranée, sont restées 
ligures jusque vers l'an 300 avant J.-C. Q_uand, environ un siècle avant 
cette date, les Celtes ou Gaulois ont fait la conquête de l'Italie du Nord, ils 
y sont venus, non du bassin du' Rhône, mais du bassin du haut Danube, 
où ils habitaient depuis un temps immémorial, quoique à cette époque ils 
occupassent déjà en partie les deux rives du Rhin : suivant Appien, copiant 
sans doute Fabius Pictor, les Gaulois qui prirent Rome sont : tj.o~.pa. KsXxwv 
tûv i.[vS\ TÔv 'Pv/ov (De rébus Gaïïicis, c. 11, éd. Didot, p. 26, 1. 1). Ils 
arrivèrent en Italie par YAlpis Julia 1, c'est-à-dire par le nord-est, et non 
parle pays des Taurini, autrement dit par le nord-ouest. Tite-Live, V, 34, 8, 
a sur ce point comme sur bien d'autres réuni dans une seule narration deux 

1 . UAlpis Julia était au temps de l'empire romain sur la route par la- 
quelle d'Emona, aujourd'hui Laibach, dans l'empire d'Autriche, enCarniole, 
on gagnait en Italie Aquilée, aujourd'hui une des possessions conservées 
par l'empire d'Autriche au sud des Alpes, et de là Milan. Voyez Itinéraire 
d'Antonin, p. 558-560. 



102 Chronique. 

récits contradictoires; l'un, primitif, parlait des saltits Juliac Alpis, l'autre, 
plus récent, disait: per Taurinos ; l'historien latin a écrit : per Taurinos, sal- 
tusque juliac Alpis ; et quand des critiques modernes, pour mettre Tite-Live 
d'accord avec lui-même, changent Juliae en valli m Duriae, et font dire à 
Tite-Live : per Taurinos saltus, VALLEMque Duriae, Alpis transcenderont, ou 
Alpes transcender tint, au lieu de : per Taurinos, saltusque Juliae Alpis trans- 
cenderunt ', ils substituent arbitrairement leurs idées modernes à un texte 
antique, qu'ils devraient respecter d'abord et tâcher de comprendre ensuite, 
s'ils ont assez d'intelligence pour en venir à bout. 

Nous sommes donc, M. Bertrand et moi, d'accord sur un point : Les 
Celtes du bassin du Danube et les Celtes du bassin du Pô, c'est la même 
nation. Mais sur cet accord se greffe un dissentiment. Suivant M. Bertrand, 
et contrairement à ce que je crois, les Celtes du Danube ont, avant les 
Etrusques, occupé la vallée du Pô; quand, au cinquième siècle avant notre 
ère, les Etrusques dominaient dans l'Italie septentrionale, ils y étaient mêlés 
à une population celtique qui les avait précédés au moins dés le huitième 
siècle. Mêlés est. dit M. Bertrand, p. 46, la traduction que nous devons 
faire du participe présent moyen È7cifju-piu{j.Evoi chez Polybe, II, 17, 3. Dans la 
traduction latine donnée par l'édition Didot, p. 80, ce participe présent est 
rendu par commercia cum eis frequentabant ; il s'agit des rapports que les 
Celtes eurent avec les Etrusques immédiatement avant d'envahir le bassin 
du Pô; au moyen, le verbe ê-iafyvjai signifie ordinairement, en effet, 
comme on dit en allemand: Verkéhr mit Einem hdben. Cette traduction que 
je prends dans le Griechisch-deutsches Hand-wôrterhuch de Pape est rendue 
par « avoir des relations avec » dans le Dictionnaire grec-français de 
M. Bailly. Le contexte impose ce sens, puisque, dit Polybe, les relations 
dont il s'agit avaient pour cause le voisinage, jcapotÔEaiç 2 , ce qui exclut l'habi- 
tation simultanée sur le même territoire; d'autre part, È7tifi.ÎYvufievoi est un 
présent qui, s'il avait le sens de notre verbe « mêler », voudrait dire « se 
mêlant », et ne renfermerait par conséquent aucune allusion à des faits 
plus anciens que la domination étrusque dans l'Italie du nord. 

Le sens proposé par M. Bertrand est donc inadmissible. Le verbe hsypl- 
yvujxi au moyen a, dans ce passage de Polybe, le même sens que le verbe 
uu(i.[xtYvu[jLt à l'actif dans le passage où Strabon, parlant de l'entrevue 
d'Alexandre le Grand avec les ambassadeurs celtes en 336, écrit : sup.(iïÇai 
Tw 'AXeÇâvSpo) KeXtouç 5. 

Les Ombriens qui ont précédé les Etrusques enlta ie sont des Celtes, 



1. Vallemque Duriae Alpes dans Titi Livi ab urbe condita liber V fur den 
Schulgébrauch efklârt von Franz Luterbacher. Leipzig, Teubner, 1887, p. 65. 
On lit vallemque Duriae Alpis dans l'édition de Tite-Live donnée par H.-J. 
Millier, à Berlin, chez Weidmann, t. II (1882), p. 201 : cf, p. 265. Vallem 
n'est dans aucun ras. Voyez édition de Weissenborn, variantes du t. I 
(1862), p. cxxvm. 

2. 'E~'.atyvJrj.£vo'. xaià tï)V 7Caca8s(7'.v 

3. Strabon, 1. VII, c. 3, § 8; édition de Didot, p. 250, 1. 39. 



Chronique. 105 

prétend M. Bertrand ; et il s'appuie, p. 77, sur l'autorité de M. Bréal qui 
lui a dit que des Celtes pouvaient avoir appris l'ombrien au sud des Alpes à 
une époque préhistorique, comme d'autres Celtes ont appris le latin au sud 
et au nord des Alpes après la conquête romaine ; mais si nous savons que 
les Romains ont conquis sur les Celtes la Gaule cisalpine et transalpine, 
aucun historien ne nous a raconté la conquête de l'Italie par les Ombriens 
sur les Celtes, et par conséquent ne nous a expliqué comment les popu- 
lations qui parlaient ombrien auraient pu être d'origine celtique. L'assertion 
de M. Antonius Gnipho : Galloriim veternm propaginem Umbros esse ' 
manque de précision ; elle n'a pas plus de valeur ethnographique que les 
textes qui attribuent aux Belges une origine germanique. Les Belges ve- 
naient de Germanie, ils étaient Germains d'origine géographiquement et 
non ethnographiquement; peut-être M. Antonius Gnipho a-t-il voulu dire 
que les Ombriens venaient du nord des Alpes, c'est-à-dire du pays habité 
par les ancêtres des Gaulois, ses contemporains. Mais il est peu vraisem- 
blable qu'au temps de M. Antonius Gnipho, premier siècle avant J.-C., il 
ait existé une tradition sur l'origine de la nation que Pline appelle la plus 
ancienne d'Italie: Umbrorum gens antiquissima Italiae exislimatur (III, 112). 
D'ailleurs, on peut dire qu'en général l'opinion courante sur la descen- 
dance physique des populations de l'Europe est, et probablement a tou- 
jours été, sans valeur aucune. 

Les descriptions données par M. Bertrand des découvertes qui ont eu lieu 
dans les cimetières antiques sont pleines d'intérêt ; il cherche à en tirer des 
idées générales, il a raison, seulement la concordance entre les faits qu'il 
signale et les faits observés par les linguistes est impossible à établir. 

Un Celte pour le linguiste est un homme dont, par exemple, l'idiome a 
perdu le p indo-européen ; quel rapport peut-il y avoir entre ce phénomène 
phonétique et la forme d'une épée ou tel usage funéraire ? Sur quel argu- 
ment s'appuiera-t-on pour démontrer que les guerriers incinérés à Sesto- 
Calende, près de Milan, au huitième siècle avant notre ère (p. 52), que les 
gens incinérés à une date mal déterminée dans la nécropole d'Hallstadt en 
Autriche (p. 129) parlaient une langue d'où le p indo-européen avait disparu? 

Quand une i ari g Ue s'empare d'un domaine géographique, c'est ordinai- 
rement le résultat d'une conquête militaire et politique. La langue du La- 
tium, ce petit pays, a des filles qui occupent aujourd'hui une grande partie 
de l'Europe, c'est le résultat d'une conquête faite les armes à la main et 
d'une domination administrative qui a duré plusieurs siècles. L'espagnol et 
le portugais, dialectes du latin, sont aujourd'hui les langues de l'Amérique 
du centre et du sud ; ce sont des guerres victorieuses qui ont donné aux 
langues romanes cet agrandissement de territoire. 

D'autre part, le latin maître de la rive gauche du Rhin et de la rive 
droite du haut Danube pendant des siècles a reculé sur ces deux points, et 
c'est devant la conquête germanique qu'il a battu en retraite. 



1. Solin, édition Mommsen, p. 37, 1. 9-10; cf. A. Bertrand, p. 73. 



1 04 Chronique . 

Au contraire les faits artistiques et religieux qui sont du domaine de l'ar- 
chéologie sont au moins fort souvent indépendants des événements mili- 
taires et politiques. 

De ce que l'art grec s'est établi en Gaule au premier siècle de notre ère, 
conclura-t-on qu'une armée grecque est venue conquérir la Gaule à cette 
date ? L'architecture gothique inventée en France au douzième siècle a été 
adoptée au siècle suivant par une grande partie de l'Europe : les cathédrales 
de Fribourg en Brisgau, de Vienne en Autriche sont des églises gothiques; 
sera-t-on en droit d'en tirer cette conséquence qu'à la date où ces édifices 
ont été bâtis, Fribourg en Brisgau. Vienne en Autriche étaient compris 
dans l'Etat dont Paris est la capitale ? 

Du seizième siècle au dix-neuvième les modes changent, l'architecture 
italienne supplante l'architecture gothique dans la plupart des capitales eu- 
ropéennes. Que dirait-on si quelqu'un imaginait en conséquence d'avancer 
qu'alors l'empire romain d'Auguste et de Trajan était rétabli, ou que Saint- 
Paul de Londres étant une imitation de Saint-Pierre de Rome, est un mo- 
nument de la domination religieuse ou politique du pontife romain dans la 
capitale de l'Angleterre. 

Que dire aussi des usages funéraires? Quand la gens Cornélia, abandon- 
nant le vieil usage romain de l'inhumation, accepta l'usage grec de l'inci- 
nération, adopté déjà par le reste de l'aristocratie romaine, le latin avait-il 
cessé d'être la langue des Romains, les Grecs avaient-ils supplanté les Ro- 
mains dans le commandement des armées, dans le Sénat et dans les hautes 
dignités de la république romaine ? Et quand le monde romain, devenu 
chrétien, revint à ses habitudes primitives en prenant la coutume juive de 
l'inhumation, était-ce parmi les Juifs que se recrutaient les empereurs et 
les magistrats, l'hébreu était-il devenu la langue des Romains ? 

Pourquoi est-il impossible de soutenir au sujet: i° de l'art grec dans la 
Gaule romaine, 2° de l'architecture gothique dans l'Allemagne du moyen 
âge ; 3° de l'art italien hors d'Italie dans l'Europe moderne, 4° des rites funé- 
raires à Rome, les thèses saugrenues que nous venons d'exposer ? Parce 
que les historiens contemporains : i°, 4 de la république et de l'empire 
romain, 2° de l'architecture gothique du moyen âge, 3 de l'architecture 
moderne, opposent à ces thèses leurs récits, concordant avec le témoignage 
des inscriptions. Qand il s'agit de l'Europe du Centre et de l'Ouest au 
huitième siècle avant J.-C., les archéologues croient pouvoir se donner 
libre carrière, parce qu'on ne peut leur opposer ni des historiens ni des 
inscriptions, qui à cette date n'existent ni les uns ni les autres. Mais ils 
s'exagèrent la valeur des documents dont ils disposent. De l'archéologie, il 
n'y a rien à tirer ni pour l'histoire politique ni pour l'histoire linguistique, 
ni pour l'ethnographie, quand on ne peut s'éclairer ni par le secours d'his- 
toriens contemporains ou à peu près des faits archéologiques, ni par la lu- 
mière éclatante que l'écriture des épitaphes, des dédicaces, etc., enfin des 
légendes monétaires, jette sur les monuments figurés et sur les peuples 
dont ces monuments conservent le souvenir. 

La diffusion de l'art grec sous l'empire romain, le succès de l'art go- 



Chronique. 10$ 

thique hors de France au moyen âge et le triomphe de l'art italien en Eu- 
rope aux temps modernes sont des sujets d'études pleins d'intérêt, sans 
qu'on y mêle des théories linguistiques, politiques ou ethnographiques ; 
pourquoi les archéologues qui s'occupent de l'Europe de l'ouest et du 
centre aux temps antérieurs à la domination romaine n'imitent-ils pas le sage 
exemple des archéologues qui étudient la même région à des temps moins 
anciens ? Voici notre réponse. Ceux qui créent une science nouvelle avec 
un véritable amour s'en exagèrent forcément l'importance. C'est une loi de 
l'esprit humain. Si ces érudits obéissent à cette loi, on ne peut sans injus- 
tice la leur reprocher bien vivement. L'amour ardent de la science chez le 
professeur et chez l'étudiant, — quand même cette passion les entraîne 
au delà de bornes que plus froidement ils respecteraient, — est la condition 
indispensable du progrès qu'au milieu de nos contradictions nous sommes 
tous d'accord pour chercher. 

VI. 

M. Kuno Meyer a traité un sujet moins émouvant et plus solide dans 
le petit in-4 de xv-103 pages, qu'il a intitulé: Hibemica minora, being a 
Fragment of an old-irish Treatise ou the Psalter. Ce volume, publié à Oxford, 
Clarendon Press, fait partie des Anecdota Oxonicnsia. Texts, Documents and 
Extracts chiefly front niss. in the Bodleian and other Oxford Libraries. Mcdiacval 
and modem séries, part VIII. C'est à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford 
que se trouve le ms. où M. Kuno Meyer a trouvé la principale base de 
son édition. Ce ms. est le n° Rawlinson B. 512, de plusieurs mains, 
xiv c et xv e siècle, et dont M. Whitley Stokes a donné une description dé- 
taillée dans la préface de son savant ouvrage : The tripartite Life of Patrick, 
p. xiv-xlv. A la page xxi, sous le n° 25, M. Whitley Stokes mentionne: 
A tract on the Psaîter dont il reproduit les premières lignes. Ce traité occupe 
trois feuillets: 45 a-^b ; il en manque la fin. Une copie du même frag- 
ment se trouve au Musée britannique dans le ms. Harléien 5280, f os 21 a- 
24b. Cette copie fort défectueuse date du xvie siècle, tandis que celle delà 
bibliothèque Bodléienne d'Oxford remonte au xve et vaut beaucoup mieux. 

L'intérêt de cette publication résulte beaucoup moins du sujet choisi par 
l'auteur du traité que des travaux personnels placés par l'éditeur avant et 
après le texte irlandais. M. Kuno Meyer prouve que les deux mss. procè- 
dent d'un original qui paraît remonter au VIII e siècle ; après avoir re- 
produit la leçon fournie par le Rawlinson B 512, avoir donné en outre les 
variantes de Harleian 5280, il a essayé de restituer le texte primitif qu'il 
accompagne d'une traduction. Ce travail est un modèle offert à ceux qui 
cherchent à déterminer l'âge d'une composition irlandaise. En appendix, 
M. Kuno Meyer publie ce qu'il a trouvé de plus intéressant parmi les au- 
tres morceaux irlandais inédits que le ms. Rawlinson B 512 nous a con- 
servés. Nous citerons, p. 31-64, une rédaction inédite de Yhistoire du cochon 
de Mac Dâthâ. M. Windisch a publié ce récit légendaire dans ses Irische 
Texte, I, p. 96-106, d'après trois autres mss. : i° Livre de Leinster, p. 1 1 1 b- 

Revue Celtique, XVI. 8 



io6 Chronique. 

114a; 2° Trinity Collège Dublin, H. 3. 18, p. 743-748 ; 3" Musée Britan- 
nique, Harléien 5280, fo 40-42, sans se servir de celui d'Oxford ; et c'est 
d'après l'édition de M. Windisch que M. L. Duvau a fait la traduction 
contenue dans le Cours de littérature celtique, t. V, p. 66-80. 

On peut aussi remarquer la pièce dont le titre est Aided tri mac n-Diar- 
mata [Cerrléoil] « Meurtre des trois fils de Diarmait Cerrbêl », p. 70-75. 
Elle se trouve aussi dans le mss. Rawlinson 502, 1". 73/' et 74/'; elle 
manque dans l'Essai d'un catalogue de lit littérature épique de l'Irlande. 

VII. 

Comme le traité irlandais sur les psaumes, c'est au point de vue de la 
langue que sont instructifs les textes gallois publiés par MM. J. Morris Jones 
et John Rhys dans les Anecdota oxoniensa, Mediaeval and modem Séries, 
part VI. Ils sont conservés par le ms. 119 de Jésus Collège, Oxford, 
xiv 1 -* siècle, exactement 1346. Ce sont des documents ecclésiastiques chré- 
tiens, traduits du latin. Le morceau le plus considérable est V Elucidarium 
sive Dialogus de summa tôt i us christ iauae theologiae, publié en 1854 dans la 
Patrologia latina de Migne ; t. 172, col. 1 108-11 76, parmi les œuvres d'Ho- 
noré d'Autun et qui avaient été déjà imprimées cinq fois au moins, savoir : 
i° dans Divi Anselmi, Cantuariensis archiepiscopi, theologi suo tempore praes- 
tantissimi atque celeberrimi, ou/nia, quae supersunt opéra. Coloniae apud Ma- 
ter num Colinum, MDLXXIII, in-fol. t. III, p. 150-278; — 2° dans la 
réimpression de ce recueil à Cologne, apud Petrum Colinum, 1612, p 222- 
261; — 3" dans Saucli Anselmi, ex Beccensi, Cant uariensis archiepiscopi, 
Paris, 1675, in-fol , p. 457-487; — 40 dans la réimpression de Paris, 1721, 
in-fol., aux mêmes pages; 5 dans la réimpression de Venise, 1744; — 
6° dans l'édition anglaise des oeuvres de saint Lanfranc. Oxford (Paris), 
1844, in-8, t. II, p. 200-298 et suivantes. M. Morris Jones donne, p. 173-228, 
une septième édition qui serait plus commode s'il l'avait mise en regard du 
texte gallois, p. 3-76. 

Pour l'histoire du gallois, un manuscrit, daté du xiv e siècle, est d'une 
grande importance. Les observations philologiques que M. Morris Jones a 
réunies dans l'introduction et dans les notes sont fort intéressantes. 



VIII. 

La collection des Auctores antiquissimi, qui fait partie de la série in-4 des 
Mouumenta Germaniae historica, vient de s'enrichir d'un fascicule nouveau, 
publié par M. Mommscn, c'est la première partie du tome XIII, qui est 
lui-même le t. III des Chronica minora. Il contient les œuvres de Gildas et 
la composition attribuée d'ordinaire à Nennius. Désormais, le petit volume 
si commode : Nennius uud Gildas ex recensioue Stevenson, herausgegében von 
Sou Marte (A. Schulz), Berlin, Rose, 1844, in-8, devra être mis de coté, 
et on ne pourra plus citer que M< mmsen, Chonica mirera, t. 111. 

Ce qu'il y a de plus nouveau dans l'édition de M. Mommsen, c'est que 



Chronique. 107 

pour Nennius l'éditeur a utilisé le ras. de Chartres publié par M. l'abbé 
Duchesne, Revue Celtique, t. XV, p. 175-180, et qu'en regard du texte 
primitif il donne la traduction en latin du remaniement irlandais fait au 
XI e siècle par Gilla Coemain ; cette traduction a pour auteur M. Zimmer. 
Elle est exécutée d'après l'édition donnée par Todd en 1848 '. Reproduisant 
autant que possible les expressions et les tournures de phrase du texte 
établi par M. Mommsen. elle paraît du reste en générale exacte. On peut 
cependant y critiquer certains détails. J'ai examiné avec attention la partie 
qui se rapporte au fragment conservé p. 3 du Lebor m hUidre (écrit vers 1 100), 
et publié par M. Windisch, Kur^gefasste Irische Gramniatik, p. 124-125. Les 
mss. irlandais de ce document offrent quelquefois des leçons différentes. 
M. Zimmer tenait à ce que sa traduction ressemblât le plus que faire se 
pourrait au texte latin de M. Mommsen, et il a choisi les leçons en consé- 
quence. 

Ainsi le mot fuos, adjectif possessif qualifiant magos chez M. Mommsen, 
p. 184, col. 1, 1. 5, manque dans L. U., p. 3, col. 1, 1. 2 (Windisch, 
p. 124, 1. 2). comme dans le Livre de Ballymote, fin du xiv e siècle, p. 210, 
col. 2, 1. 38; on le trouve chez Zimmer 'qui, p. 184, col. 2, 1. 3, l'a inséré 
dans sa traduction sur l'autorité de Todd, p. 04, 1. 16, c'est-à-dire, je crois, 
du ms. H. 3. 17 du Collège de la Trinité de Dublin, où, p. 806-826, le 
Nennius irlandais a été transcrit vers l'année 1400. Chez Todd, la leçon du 
d-draithib « à tes druides » remplace la leçon dona\ib\ druidib « aux druides » 
du Lebor na h-Uidre et du Livre de Ballymote ; or, rien ne prouve que 
cette leçon mentionnée par nous la dernière, mais qui est celle du plus an- 
cien ms., ne soit pas la leçon primitive de Gilla Coemain, auteur de la ré- 
daction irlandaise. 

Après avoir en ce cas rejeté la leçon du plus ancien ms. par respect pour 
le texte de M. Mommsen, M. Zimmer la préfère dans un autre endroit 
pour la même raison. Les mots ocus fea*t\b]ar « qu'on voie, qu'on re- 
garde « se rencontrent dans l'édition de Todd, p. 94, 1. 2:, et dans le 
Livre de Ballymote, p. 210, col. 2, 1. 44 ; mais ils manquent dans le Le- 
bor na h-Uidre, p 3, col. 1, 1. 10 (Windisch, p. 124, 1. 8) ; ils n'ont pas 
pénétré dans la traduction de M.. Zimmer, p. 184, col. 2, 1. 11-12, parce 
que, dans le texte établi par M. Mommsen, p. 184, col. 1, 1. 10, rien n'y 
correspond. 

Ces deux exemples suffisent pour montrer quel a été le système d'après 
lequel M. Zimmer a établi le texte irlandais traduit ensuite en latin par 



1. Leabhar breathnach annso sis. The irish version of the historia Bri- 
tonum of Nennius. Dublin, printed for the irish Archaeological Society. 
Dans le titre irlandais, annso sis « ci-dessous » traduit Vincipit des mss. la- 
tins, comme ailleurs coria sin rend l'explicit des mêmes mss. Si nous sui- 
vions le système de Todd. nous mettrions le mot incipit en tête de nos 
éditions d'auteurs latins. Depuis longtemps on fait sur le continent l'éco- 
nomie de ces sept lettres. Je crois que c'est aussi une dépense dont la plu- 
part des auteurs anglais se privent. 



io8 Chronique. 

lui. Reste à dire un mot des passages interpolés où le texte latin a cessé de 
servir de guide au savant professeur de Greiswald. Prenons pour exemple 
l'endroit où il s'agit de la position des caisses mystérieuses dont Ambroise, 
le prodigieux enfant sans père, devine l'existence souterraine, inconnue 
aux Druides bretons. 

Le faciem in facie (habentes) de M. Zimmer, p. 184, col. 2, 1. 11, traduit 
les mots in n-agaid a n-agaid de Todd, p. 94, 1. 21, à condition qu'on ad- 
mette que a n- soit uoe notation moderne de i n- « en » et qu'on ne lise 
pas avec une légère correction : i n-agaid a n-agaîd « en face [de toi] leur 
face ». Cette leçon rectifiée correspondrait exactement à celle du Livre de 
Ballvmote, p. 210, col. 2, 1 44: an-agaid in-agaid « leur face en face », 
sous-entendu « de toi », et à celle du Lebor na h-XJidre, p. 3, col. 1, 1. 10 
(Windisch, p. 124, 1. 7-8) : in agidt-agid « en face ta lace, vis-à-vis de toi ». 
Si M. Zimmer, au lieu de copier Todd à la hâte, s'était donné la peine 
d'étudier un peu à fond son sujet — ce qu'il est certes capables de iaire — 
il aurait écrit par exemple faciem suam contra te habentes, ou, dans un latin 
plus littéral, faciem suant in facie tua liabcntes, et il serait plus clair. 

Ce sont là des vétilles. Elles ne feront pas obstacle à ce que la traduction 
latine de M. Zimmer ne 'soit fort utile aux savants ou aux amateurs qu'in- 
téresse la littérature légendaire des Iles-Britanniques, et qui, sachant le 
latin, mais ignorant l'irlandais et l'anglais, ne peuvent dans l'édition de 
Todd lire ni le texte irlandais ni la traduction anglaise qui l'accompagne. 
Les textes irlandais n'ont pas toujours la bonne fortune d'être traduits avec 
Y élégance fidèle du latin moven-âgiste de M. Zimmer, ce vir et linguae re- 
rutnque Celtarum ukice doctus, comme dit avec tant de compétence, p. 114, 
M. Mommsen, ce roi incontesté de l'érudition contemporaine. Toutefois, 
M. Mommsen, avec une bienveillante malice, ajoute à cette appréciation si 
légitime un élogieux correctif: summo adeoque interdit»! ximio acumine ins- 
tructifs. 

IX. 

De I'unice doctus de M. Mommsen, il y a deux traductions possibles. 
Cette formule peut signifier que M. Zimmer connaît les langues celtiques 
mieux que tous les celtistes contemporains, qu'il n'y a qu'un celtiste au 
monde, et que ce celtiste est M. Zimmer. C'est, je crois, le véritable sens ; 
mais un autre sens est aussi présentable, c'est qu'en dehors des langues 
celtiques M. Zimmer ne saurait pas grand' chose, ne saurait même rien; 
nous avons la preuve du contraire ; mais je ne suis pas sur que M. Mom- 
msen, homme d'esprit comme on dit en français, comparant sa langue 
latine à celle qu'écrit M. Zimmer, ne se soit complu dans une amphibo- 
logie possible. En tout cas, je le déclare franchement, l'anglais de M. Lau- 
rence Ginnel, auteur du livre intitulé : The Brehon Laies, me semble beau- 
coup plus littéraire que le latin de M. Zimmer. 

M. Ginnel est avocat et de plus irlandais, ce qui ne veut pas dire sans 
talent ; voici sa préface : 

« Quand il y a quelque temps on vint à savoir que j'avais entrepris de 



Chronique. 109 

« faire des conférences sur les lois irlandaises devant la Société littéraire 
« irlandaise de Londres, un ami me félicita du beau sujet que j'avais pris 
(f en main, et le même jour un autre me demanda pourquoi j'avais choisi 
« le sujet le moins intéressant qui fût au monde. » 

« A ces deux amis et aux deux classes d'hommes dont ils sont le type, 
« je dédie respectueusement ce petit volume. » 

La forme de cet ouvrage n'a rien de scientifique. On n'y trouve ni notes, 
ni renvois précis à aucun texte. L'auteur, comme la plupart des avocats 
anglais, connaît mal la littérature antique. Il n'admet pas qu'en Gaule les 
Druides aient présidé à des sacrifices humains. « C'est », dit-il, p. 4, «une 
évidente absurdité. » Il attribue à la littérature légendaire de l'Irlande une 
valeur exagérée : « On a », dit-il, p. 5, « établi la certitude de beaucoup 
« de faits qui ont dans l'histoire d'Irlande une importance fondamentale et 
« qui sont de trois siècles antérieurs à César. » 

Mais M. Ginnel expose en général, d'une façon très claire, le droit irlan- 
dais, et les points sur lesquels il me paraît se tromper sont peu nombreux. 
Je ne sais point par exemple sur quoi il se fonde, quand il prétend, p. 107, 
qu'il y avait dans la société irlandaise un groupe appelé sept, intermédiaire 
entre la famille, fine, et ce qu'il appelle clan. Ce qu'il appelle clan est, je 
suppose, ce qui porte ordinairement le nom de tuath « état, cité, royaume» 
dans les documents légaux ; sept est un mot anglais, dont je ne connais 
pas l'équivalent irlandais ; et quant au mot clan, mieux cland, il n'est, ce 
me semble, employé dans le texte du Senchus Mâr que pour désigner les 
fruits de la terre, t. III, p. 40, 1. 25 (cf. O'Donovan, Supplément à 
O'Reilly, au mot clann). M. Ginnel semble s'être laissé beaucoup trop ins- 
pirer par Sullivan qui traite la même question dans son volume d'intro- 
duction à O'Currv, On the Manners, t. I, p. lxxviii, et qui, en sa qualité 
de « scientifique » comme nous disons, n'a pas compris grand'chose aux 
questions de droit irlandais qu'il a touchées. 

Je n'ai encore vu aucun texte prouvant que le gavelkind existât en 
Irlande (Ginnel, p. 129), au moins à l'époque où le Senchus Môr nous fait 
remonter. A la page 105, M. Ginnel n'a pas compris comment il faut en- 
tendre les divisions de la famille, fine, irlandaise. 

J'ai autrefois, comme M. Ginnel, p. 28-29, pris au sérieux les indications 
chronologiques contenues dans l'introduction du Senchus Mer, je n'y crois 
plus aujourd'hui. 

On pourrait adresser à M. Ginnel quelques autres critiques du même 
genre ; cela n'empêche pas que son livre ne soit généralement exact. Il est 
parfaitement clair. Les gens qui n'ont aucune notion générale de droit le 
liront sans difficulté, et s'ils sont capables de comprendre au droit quelque 
chose, ils pourront y apprendre beaucoup de choses qu'ils ne savent point. 

Cependant ce livre a un défaut qu'on peut reprocher à plus d'un autre 
ouvrage analogue composé dans les Iles-Britanniques. 

Les érudits qui s'occupent d'histoire du droit sui le continent ont, en 
général, au moins une certaine teinture de la législation savante dont les 
principaux monuments sont les compilations écrites par ordre dejustinien. 



i io Chronique. 

Une partie de ces érudits, — je ne parle pas ici de Fustel de Coulanges, — 
ne se sont engagés dans l'étude chronologique du droit comparé qu'après 
avoir acquis des lois romaines une connaissance approfondie. En Angleterre, 
on paraît croire en général que, lorsqu'on veut écrire un livre sur l'histoire 
du droit, on a une préparation suffisante si l'on possède bien le droit cou- 
tumier d'après lequel les tribunaux anglais rendent aujourd'hui leurs juge- 
ments. Telle n'est pas notre manière de voir. Voilà pourquoi les préfaces 
mises en tête de chacun des volumes des Ancient Laïcs of Irelaud nous 
paraissent d'une excessive faiblesse qu'en Irlande on n'aperçoit pas. Telle est 
la raison aussi pour laquelle, à tort ou à raison, je n'apprécie que médio- 
crement un ouvrage dont le droit gallois a été l'objet il y a quelques années 
et dont, faute d'en connaître l'existence, je n'ai rien dit quand il a paru : The 
ancien t Laivs of JVales viewed especially in regard to the Light they tbrowupon 
the Origin of sorne engjùh Institutions by Hubert Lewis of Middle Temple, 
edited by J. Lloyd M. A'., Lecturer in History and Welsh in the Univcrsitv 
Collège Aberystwyth. London, Elliot Stock, 1892, in-8, xvi-558 pages. 
F. Walter, Das altc lVal'es,_ n'est pas encore remplacé par un livre meil- 
leur, quoiqu'il remonte -à 1859. 

M. L. M u'illier,'*hMtfe de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes, sec- 
tion des sciences- 4 rèfligie'uses, vient de publier une brochure intitulée: La 
survivance de Vâmï ef l'idée de justice ~che% les peuples non civilises. A la page 2, 
il résume ainsi qu'il ■Suit la doctrine qu'il prétend démontrer : « L'idée de 
« la survivance dei'âme apparaît le plus souvent dénuée de caractère moral, 
« et l'autre vie n'est que la continuation de celle-ci : le pays des morts est 
« fort semblable au' pays des. vivants, les mêmes habitudes y régnent, les 
« mêmes usages, le même genre dé vie. L'autre monde n'est guère qu'un 
« double de ce monde où' virent les hommes, les méchants et les bons y 
« ont la même destinée. «"Cette conception est, suivant moi, exactement 
conforme à la croyance .celtique. Sans m'être entendu avec M. L. Maril- 
lier, que je n'avais pas l'holmeur de connaître, j'ai en même temps que lui 
exposé à peu près la jnê^re ^«se. On peut le voir dans le t. VII de mon 
Cours de Littérature 'cc]Jiqiiej qui vient de paraître à la librairie Thorin, 
avec ce sous-titre: Éludes sur le droit celtique, t. I. Cela veut-il dire que tous 
deux nous avons' raisoïiT^Je l'ignore. Le public savant jugera. 



XL 

L'article Irlande de la Grande Encyclopédie contient une partie historique 
développée (t. XX, p. 954-967). Elle est divisée en trois sections : 1° récit 
chronologique des événements politiques et militaires, 2 étude sur la 
langue et la littérature, }° bibliographie. Ce travail, qui me semble fort 
bienfait, a pour auteur M. 'Ferdinand Lot. Dans la bibliographie, l'auteur 



Chronique. i i i 

signale un livre de M. Joyce dont la Revue Celtique n'a encore rien dit : A 
short History of Ireland, Londres, 1893. 

XII. 

M. A. Holder a fait paraître la sixième livraison de son Alt-celtischer 
Sprachschat^, qui comprend les colonnes 1281-1536; elle commence au 
mot Diastullus et se termine au milieu de l'article consacré au mot Galata. 
Cet ouvrage, dont le premier volume semble près d'être achevé, peut 
rendre déjà d'immenses services qui seront plus grands encore lorsqu'il 
sera entièrement terminé. Je suis peut-être de tous les celtistes celui pour 
lequel il était le moins nécessaire. J'avais le projet de publier un livre sem- 
blable, quoique moins développé, qui est resté tout entier sur fiches ; 
l'œuvre de M. Holder est beaucoup plus complète que n'aurait été la 
mienne, elle est surtout maintenant bien plus commode à consulter que ne 
l'est mon recueil de cartes rangées dans des boîtes fort lourdes. Je vais 
donner deux exemples des résultats auxquels on peut arriver en combinant 
avec les matériaux classés par M. Holder d'autres matériaux, soit encore 
inédits à la date de son impression, soit restés en dehors des limites qu'il 
a dû se tracer. 

Aux col. 815 et 816, M. Holder mentionne le nom d'homme gaulois 
latinisé Carrus, en Grande-Bretagne (York), employé comme surnom du 
dieu Mars en Gaule (Basses-Alpes) ; ce mot paraît identique à l'irlandais 
carr, au génitif cairr (Anciênt Lcnvs of Ireland, t. I, p. 226, 1. 32; p. 228, 
1. 2), à l'accusatif pluriel carru (Jbid., p. 228, 1. 6), carra (ibid, p. 134, 
1. 32), qui veut dire « guerrier » i , et qui a un dérivé synonyme carrud 
(ibid., p. 124. 1. 8; p. 134, 1. 31). Le thème carro- du gaulois latinisé 
Carrus est le premier terme de plusieurs composés mentionnés par M. Hol- 
der, col. 810, 813. De ces composés, un est nom d'homme: Carro-talo-s, 
Besançon (Doubs), et de femme Carro-tala, Le Châtelet (Meuse); un autre 
est nom de lieu, Carro-Aïino-n, Bavière, Silésie, Croatie, Russie méridio- 
nale. J'étais encore il y a quelques jours désespéré de n'avoir pu trouver 
de Carro-duno-n en France, je viens d'en rencontrer un dans une charte 
de 997 publiée d'après l'original des Archives de la Manche par 
M. Bertrand de Broussillon, Cartitlaire de Saint-Michel de V Abbaye l te, Paris, 
Picard, 1894, p. 11: Cardan, aujourd'hui Ville-Chardon, commune de 
Landivy, Mayenne 2 . Cardan est mentionné par Cauvin, Géographie an- 



1. Carr apparaît avec sens de « javelot » dans les articles additionnels 
au Glossaire de Cormac, Whitley Stokes, Sanas Chormaic, p. 47 Du guer- 
rier à son arme, ou de l'arme au guerrier, il y a la distance qui sépare le 
sens propre du sens figuré qu'on obtient par la métonymie. 

2. Landivy, vers 1060 Lan-deguihu, est une fondation bretonne. On 
trouve dans le Cartulaire de Saint-Michel de VAbbayette d'autres noms 
bretons: Gurgor, Harcust, Main, Rival/ou, Teheu, Urfoen. Une autre fon- 
dation bretonne dans le Maine était Mat-vallis, id est Bona vallis donné par 



1 1 2 Chronique. 

cienne du diocèse du Mans, 1845, p. lxxi et 109, et par Léon Maître, Dic- 
tionnaire topographique du département de la Mayenne, p. 3 34 ' ; mais aucun 
d'eux n'avait vu l'original, tous deux s'étaient contentés de reproduire la 
copie faite par D. Briant, bénédictin, mort en 1716 après avoir composé 
l'ouvrage inédit intitulé Cenoman\n~\ia, Bibliothèque du Mans, ms. n° 226 
bis. En rapprochant du texte, publié par M. Bertrand de Broussillon, le Trésor 
vieux-celtique de M. Holder, on voit jaillir la lumière, comme l'étincelle 
quand avec le fer on frappe un caillou 2 . 

Autre exemple : je préparais il y a quelques jours une leçon sur l'apo- 
phonie ou allant dans les langues celtiques : un des exemples que je voulais 
citer était la racine dont la forme normale est derk, la forme fléchie dork, 
la forme réduite DrK, et qui signifie « voir ». Cette racine a été étudiée par 
M. Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachsehat^, p. 148-149, et par M. Holder: 
col. 1266; cf. col. 1096, aux mots: Con-dercus, nom d'homme (Toulouse); 
Con-dercum, nom de lieu (Grande-Bretagne); col. 15 17, aux mots: Dre- 
cinus, nom d'homme (Poitiers), *âreco-. De la forme normale, Con-dercos, 
nom d'homme, est un exemple gaulois continental latinisé ; Condercum, 
mieux Couderais, sous-entendu fundus, est un exemple gaulois insulaire 
du même nom d'homme, employé adjectivement avec le sens géogra- 
phique ; con-derco-s est le substantif correspondant au verbe passif irlandais 
con-dercar « on voit ». Dans le verbe et dans le substantif, nous avons le 
même thème con-derco-. Drecinus, dérivé de * dreco-, nous offre la forme 
réduite qu'on trouve aussi dans l'irlandais drech = *drika, et dans le gallois 
drych = *drik-ko-s, tous deux signifiant « visage », « aspect », enfin dans 
le grec Spaxwv « serpent », en français « dragon ». 

Et, me demandai-je, où trouver un exemple gaulois de la forme fléchie 
dork qu'on trouve dans le grec oioopy.s « il a vu », Bopxâç « gazelle » 
(Curtius-Windisch, Grund^iige der griechischen Ethnologie, 5 e éd., p. 154) ? 
Elle nous est offerte par le nom de lieu français « Condorcet » (Drôme), 
qu'illustra au siècle dernier le marquis Caritat de Condorcet, dont le nom 
d'un lycée de Paris consacre le souvenir encore populaire. « Condorcet », 

le roi Sigebert I er à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons, Vie anonyme 
de saint Médard, IX e siècle, D. Bouquet, t. 111, p. 454 A. 

1. Au mot ville-chardon. Cardan manque à la Table des formes an- 
ciennes, p. 541. 

2. Depuis que ces lignes sont écrites, M. Longnon m'a signalé un autre 
exemple de Carro-ditno-n qui, s'il n'est pas français' comme Mile-Chardon, 
appartient à la Gaule, c'est Karden sur la Moselle, Prusse Rhénane, cercle 
de Cochem, régence de Coblenz. Karden était au ix e siècle Caradona, dans 
le diocèse de Trêves, comme on le voit chez Thégan sous la date de 836, 
dans le ms. de la Bibliothèque impériale de Vienne, histoire profane, n° 832. 
Monumenta Gertnaniae historien, in-fol. Scriptores, II, 603, 29; Migne, Pa- 
trologia latina, t. 106, col 429 A ; D. Bouquet, VI, 85,0. Osterley, Histo- 
riseb-geographisches Woerterbuch, p. 332. Carden était chef-lieu d'archidia- 
coné. Desnoyers, dans Y Annuaire de la Société de l'Histoire de France, 1839, 
p. 27. 



Chronique. : : 5 

qui s'est appelé Condorces pendant les derniers siècles du moyen âge et les 
premiers temps de l'époque moderne, était en 998 le Castrum Condorcense ' . 
Le castrum Condorcense avait été bâti sur l'emplacement d'un * fundus Con- 
dorcus, c'est-à-dire d'une propriété cadastrée pendant l'empire romain sous 
le nom d'un Gaulois appelé * Condorcos. * Condorcus est à Couderais ce 
qu'est oipy.o'j.a.1 « je vois », à Ss'Sopxa « j'ai vu ». 

La géographie de la France offre un autre exemple de la forme fléchie 
\ ~ dork de \ ~ derk, c'est Dorche, commune de Chanay (Ain), ancienne 
paroisse, pour laquelle Guigue, Topographie historique du département de 
l'Ain, p. 135, a trouvé la vieille forme Dorcha := * villa Dorca, propriété 
de * Dorcos. Quant à la forme normale, Dercé (Vienne) et Dercy (Aisne) 
attestent l'existence d'un nom de lieu * Derciacus [fuudus] dérivé du genti- 
lice * Dercius qui veut dire « fils de * Dercos ». * Dercos « celui qui voit », 
est le masculin de l'irlandais derc « œil » zzi * derca « celle qui voit ». 

En donnant ces exemples qui. ne sont pas empruntés à Y Altceltischer 
Sprachschatz, je n'entends en aucune façon critiquer le travail de M. Holder. 
M. Holder,. d'après son programme, devait prendre l'année 754 pour limite 
de ses recherches; je veux au contraire montrer à quels résultats peut con- 
duire l'emploi de son savant et utile ouvrage, qui fera date dans l'histoire 
des études celtiques presque autant que la Grammatica celtica: comme le 
livre de Zeuss, il est susceptible de nombreux développements, il est, comme 
on dit, suggestif; ce n'est pas un défaut, c'est un mérite. 

XIII. 

M. John Rhys, dont les lecteurs de la Revue Celtique regrettent de lire si 
rarement la prose, vient de publier sur la langue celtique parlée dans l'île 
de Man, un ouvrage dont M. G. Dottin m'a remis un compte rendu qui 
paraîtra dans la prochaine livraison : The Outlines of the Phonology of Maux 
Gaelic. Douglas, isle of Man. MDCCCXCIV (included in vol. XXXIII of 
the Publications of the Manx Society). In-8, xm-183 pages. 

• XIV. 

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du ^8 dé- 
cembre dernier, a élu correspondant à Leipzig M. E. Windisch. 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 1 j janvier 189s. 



1. Brun-Durand,, Dictionnaire topographique du département de la Drôme, 
p. 109. 



PÉRIODIQUES 



i. 

Annales de Bretagne, juillet 1894. — P. 528-529. Liste des Irlandais 
établis à Nantes en 1756, publiée par M. Parfouru. P. 550-578. Nomen- 
clature des paroisses composant l'ancien diocèse de Nantes, dressée par 
M. Léon Maître, qui donne les exemples les plus anciens de chaque nom. 
A signaler comme témoignages d'une occupation bretonne les noms d'ori- 
gine gallo-romaine qui suivent : Asserac, Avessac, Escoublac, Herbignac, 
Marsac, Masserac, Missillac, NisiUac, Piriac (Pen-Cariaci), Severac, Te- 
hilliac, qui s'opposent aux noms traités à la façon romane ; Auverné, Bé- 
ligné, etc. Bonceuvre = * Bonô-brïga. — P. 579-601, M. Le Braz continue 
son savant mémoire : Les saints bretons d'après la tradition populaire. — 
P. 611-631. Recueil d'exemples de morceaux poétiques gallois composés 
d une seule strophe, et qu'on appelle au singulier pennill, au pluriel pen- 
nillion. M. Loth qui publie ce recueil, joint pour quelques morceaux la 
musique aux paroles. — P. 632-635. Le même M. Loth signale d'après le 
Cartulaire de l'Université de Paris et d'après Rutebeuf l'usage où l'on a été 
à Paris, pendant le XII e et le xiu e siècles, de plaisanter les étudiants gallois 
sur leur croyance nationale au retour du roi Arthur. — P. 634-635. Il 
rapproche une fable bretonne « Olivier et Alanic », d'une fable gaélique 
d'Ecosse « Le Coq et le Renard ». 

Novembre 1894. — P. 39. Suite des intéressantes recherches de M. Le 
Braz sur les saints bretons d'après la tradition populaire. — P. 63. M. Le 
Carget publie une légende du Capsizun qui nous présente le nom du roi 
Grallon comme un composé de deux termes : le premier terme serait cran, 
nom donné en Bretagne à la racine de la fougère, le second serait Ion « en- 
fant ». Cette explication montre que dans le monde celtique les Irlandais 
n'ont pas eu le monopole des étymologies fantastiques dont le Dindsenchus 
offre une si jolie collection ; mais elle a un autre intérêt, c'est de nous 
donner le sens du mot breton cran et de montrer que ce mot ne peut être 
considéré comme une variante de prenn « bois » M. Loth a proposé une 
explication de Grallon, Cbrestoniatbie bretonne, p. 133, 146. La plus an- 
cienne forme de ce mot paraît avoir été en breton Grat-lon, en gallois Grat- 
lann ; le second terme semble identique à l'adjectif breton leun, gallois lawn 



Périodiques. i 1 5 

« plein ». Le premier serait, suivant M. Loth, le substantif gallois gradd 
« degré, rang », venant du latin gradus. Pourquoi pas plutôt le substantif 
comique grath « grâce », du latin gratus ? — P. 66. Remarques sur la vie 
de saint Teliau d'après le livre de Llandaf. Ces notes dont l'auteur est 
M. Loth sont fort intéressantes. M. Loth y explique par exemple comment 
le nom d'homme El-iud a une variante hvpocoristique T-el-iau ou El-iau ; 
comment M-aid-cc est le même personnage que Aid-anus, etc. Ici M. Loth 
marche sur les traces de M. Zimmer, qui a eu le mérite d'appliquer avec 
intelligence aux noms d'homme celtiques une doctrine établie antérieure- 
ment pour les noms d'homme germaniques', et qui, émettant dans une 
certaine mesure une doctrine nouvelle, a trouvé juste, sans mériter ici la 
critique de M. Mommsen : interdum nimio acumine instructus. En effet in- 
terdum et « toujours » ne sont pas synonymes. 

' IL 

Zeitschrift fur das Gymxasial-wesen. — Quarante-huitième année, 
tome vingt- huitième de la seconde série. — P. 198. Mémoire de 
M. Mommsen pour servir à l'établissement du texte du De bello gaïïico. Le 
savant auteur propose, p 200, de lire en deux mots, 1. I, c. 10, § 4. Grai 
Oceli, les Grai à'Ocelum au lieu de Graioceli en un mot. Suivant lui, 
p. 209-210, le nom de lieu écrit dans les mss. de: Meclodoue, Mellodunum, 
Melledunum, Metlosediun, Metiosedum, doit avoir été écrit par César Meclo- 
dunum. M. Mummstn s'appuie sur le témoignage de l'Itinéraire d'Antonin, 
de la Table de Peutinger, des mss. de Grégoire de Tours, enfin de la 
lettre adressée vers l'an 540 par Léon, archevêque de Sens, à Childebert, 
roi des Francs, pour s'opposer à l'érection d'un évêché à Mel.un. Cette 
lettre a déjà eu au moins sept éditions (Pardessus, Diplomata, t. I, 
p. 100). On peut voir l'édition de Grégoire de Tours par Ruinart. p. 1 328 
(Migne, Palrologia Mina, t. LXXI, col. 11^8-1159) et celle de D. Bouquet, 
t. IV, p. 60. Evèque de Melun y est dit Mecledoninsitn episcopum, Melun y 
est appelé à l'ablatif Mecledone. A ces exemples cités par M. Mommsen on 
peut joindre la légende monétaire Meclidone, Mecledone, Prou, Catalogue des 
monnaies de la Bibliothèque nationale. Les Monnaies mérovingiennes, p. 131, 
132. — P. 214. Le mémoire de M. Mommsen est suivi d'un travail de 
M. Meusel sur le même sujet. Nous en avons déjà parlé, p. 97, à propos 
de l'édition de César due au savant auteur. Mentionnons ses corrections: 
Atuatuci pour Aduatuci, Andebrogius pour Andecombogius, Rauraci pour Rau- 
rici, Veragri pour Varagri, Troncillus pour Procillus. Devront-elles toutes 
être acceptées? C'est ce dont l'avenir décidera. 



1 . Ziir Personennamenbildîtng im Irischen, dans la Zeitschrift fur vergleî- 
chende Spiachforschung, t. XXXII, p. i 58 et suivantes ; cf. Revue Celtique, 
t. XIII, p. 294. 



n6 Périodiques. 

III. 

Ikdogermanische Forschungen, t. IV. — P. 84-85 . M. R. Thurneysen 
explique * Litavia, en bas-latin Litavia, en vieux-gallois Litàu, aujourd'hui 
Llydaw, en irlandais moyen Letha, nom donné à la Gaule par les Celtes des 
Iles-Britanniques. C'est le même mot que le sanscrit prthivï, un nom de la 
terre. On peut ajouter que prthivï a un douMet prthivt-s, identique au nom 
divin Litavi-s (Lejay, Inscriptions antiques de la Côte-d'Or, n os 203, 204, 
206), d'où Litaviccos, et Con-victo-litavis, noms d'hommes gaulois chez 
César, De lello gallico. — P. 264-294. Les labiovélaires (d'autres disent 
gutturales vélaires) moyennes non aspirées et moyennes aspirées en celtique 
par M. Osthoff, travail très important et qui touche à trop de questions 
pour que l'on puisse en discuter ici la valeur Suivant M. Osthoff, la gut- 
turale vélaire moyenne non aspirée devient toujours b en celtique (p. 265), 
et la gutturale vélaire aspirée devient en celtique toujours g, jamais b (p. 268). 
On a tort, par exemple, de rattacher benhii « je frappe », à la même racine 
quQgiiin « blessure », = goni, en grec cpo'voç « meurtre » (p. 273), etc. — 
P. 294-299. Etude sur les noms de nombre irlandais par M. Windisch. 
L'auteur explique par viros, v'iri « homme, hommes ». la finale -ar, -er, 
-bor, des substantifs masculins dinar, triar, cethrar, côiçtr, sesser, ochtar, 
noitbor, dechenbor, tirés des noms de nombre 1, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10. Les 
noms de nombre « deux » et « sept » ont échappé à cette formation. 

IV. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland, 
vol. IV, part 3 et 4. — P. 209. Suite du mémoire de M. Robert Munro 
sur les habitations lacustres d'Irlande. On sait qu'en Irlande ces habitations 
ont continué à être occupées dans la période historique et même jusqu'à 
une date récente. — P. 232. Notice sur les antiquités de Tara, vieille capi- 
tale de l'Irlande, qui fut abandonnée et cessa d'être habitée dès la seconde 
moitié du vi e siècle. Deux plans y sont joints. Ce sont ceux qu"on trouve 
dans le mémoire de Pétrie sur Tara. Le Rév. Murphy, auteur de la notice, 
a ajouté aux plans de Pétrie diverses indications que ne donne pas l'auteur 
primitif . — P. 256. Dissertation de Miss Hickson à propos du passage de 
Ptolémée : Aojo no-<x<j.ou âxooXai, 1. II, c. 2 (Irlande), édition Mùller, t. I, 
p. 76, 1. 6. M. Joyce, The Origin and History of irish Nantes of Places, t. II, 
p. 403, dit que, suivant O'Reilly, dur signifie « eau », mais, ajoute-t-il, je 
n'ai jamais rencontré d'ans aucun texte irlandais le mot dur avec le sens 
d'eau. Ce mot employé adjectivement a un sens établi par de nombreux 
témoignages, c'est « fort », ou si l'on veut avec O'Clery « dur, rude, diffi- 
cile », crûaid no doilidh, par exemple dans le composé que l'on note au- 
jourd'hui dur-las ou dur-less, plus anciennement dur-lis « fort-château » 
(c'est-à-dire château difficile à prendre). Telle est l'explication de ce com- 
posé chez Joyce, The Origin and History oj irish Kames oj Places, t. I, 
5 e édition, p. 274 ; comparez la notation dur-luis dans le Glossaire de 



Périodiques. 1 1 7 

Cormac au mot Foi. Miss Hickson croit avoir trouvé un exemple moderne 
de dur avec le sens d'eau, c'est Moyder-well « source de Magh-dur » à 
Tralee, en Munster, comté de Kerry. Mais Magh dur peut être simplement 
le nom du champ où la source jaillit et signifier « champ rude, difficile à 
labourer ». Quant au Aoûp de Ptolémée, signifie-t-il « eau »? Peut-on af- 
firmer que les nombreux noms propres de rivière d'Irlande aient été tous 
à l'origine des noms communs signifiant eau ? Sur le sens du mot dur 
le plus sage est de s'en tenir à l'opinion exprimée par M. Joyce, t. II, 
p. 403, citée plus haut, et de rejeter une seconde opinion de M. Joyce, 
ibid., p. 404, suivant laquelle Paraiste Dhûire signifierait « paroisse de 
l'eau ». Le vrai sens paraît être « paroisse de la forteresse ». Le mot dur zz 
dur-os, cf. Octo-dur-us chez César, De bello gallico, est dans cette formule un 
substantif neutre employé au génitif: dûire ~ dûr-es-os, tandis que dans 
Magh-dur = magos diïro-n, et dans Dur-las, Dur-less, dur est la notation 
moderne d'un thème diïro- employé comme adjectif. — P. 271. M. S.-K. 
Kirker compare d'anciennes forteresses grecques avec des forteresses irlan- 
daises. — P. 292. Découverte d'une inscription ogamique inédite à Gur- 
rane, comté de Kerry : Dumeli maqi Glasiconas « [Tombej de Dumelos, fils 
de Glasicu ». — P. 315. Fouilles du Rév. Q..-K Buick dans le crannog (ha- 
bitation lacustre) de Moylacq. — P. 349. Recherches sur l'origine de l'or- 
nementation préhistorique en Irlande par M. George Cofiey. M. Coffey 
conteste les doctrines exposées par M. S. Reinach dans son savant mé- 
moire : Le Mirage oriental, dont la Revue Celtique a rendu compte, t. XV, 
p. 228-231. Suivant M Coffey, la spirale, cet ornement celtique d'usage si 
fréquent, appartient à la civilisation mycénienne, et son origine doit être 
cherchée en Egypte. — P. 380. Mémoire de Miss Margaret Stokes sur un 
usage funèbre irlandais au comté de Wexford. Les principaux personnages 
qui suivent un enterrement portent chacun une croix de bois et ils suspen- 
dent ces croix à un arbre du cimetière. 

V. 

Transactions of the Gaelic Society of Inverness, vol. XVIII, 1891- 
1892. Inverness, 1894, in-8, xvi-384 pages. — Nous signalerons dans ce 
volume, comme dans le 'précédent, ce qui se rapporte aux sujets traités 
jusqu'ici dans la Revue Celtique : P. 79, xMémoire de M. Alex Macbain sur 
le dialecte gaélique de Badenoch. — P. 183. Etude de M. Mackay sur des 
noms de lieu recueillis dans les paroisses de Kil-donan (Cella Douani) et de 
Reay (Rdth) comté de Sutherland : les montagnes s'appellent : Benn 
« corne », cnoc « bosse », meall « boule, masse, colline », avec addition 
d'un second mot, adjectif ou substantif déterminant, placé après Benn, cnoc, 
meall, d'où résulte un composé syntactique; les composés anciens, c'est-à- 
dire asyntactiques, où le déterminant est placé le premier, font défaut. Les 
noms de lac, loch, de rivière, ait, de champ, achadh, sont formés de même 
a la manière moderne. — P. 97. Recueil de formules magiques, textes 
gaéliques, recueillis par M. Mackenzie, dans les Hébrides; on trouve encore 



1 1 S Périodiques. 

dans ces îles la croyance au çeis ou enchantement prohibitif irlandais, un 
homme peut être fo-gheasaib. On y appelle on\i chômais l'enchantement 
irlandais qui rend les maris impuissants et sur lequel on peut consulter 
le Senchus Môr {Ancieni Laws of Ireland, t I, p. [80, 1. 27-28) Mais la 
plupart des incantations colligées par M. Mackenzie sont chrétiennes. 
— P. 267. La géographie de l'Ecosse chez Ptolémëe par M. A. Mac- 
bain, avec une carte. M. Macbain a pris pour base l'édition de Mùller, 
Paris, Didot, 1883. La conclusion de ce mémoire est, — contrairement à 
la doctrine de M. J Rhvs — que les noms de lieux et de peuples de 1 Ecosse 
antique connus par Ptolémée sont indo-européens, — celtiques du groupe 
brittonique, — et que par conséquent il n'est pas exact que les Pietés soient 
anarvens. — J'oubliais, p. 8, un mémoire de M. Norman Matheson sur la 
croyance aux esprits et aux apparitions dans l'île de Skye ; et, p. 229, une 
étude de M Charles Fergusson sur l'histoire primitive, les légendes et les 
traditions de Strathardle. Cette étude a été commencée au t. XVII du 
même recueil. 

A ce t. XVIII est joint le prospectus d'un EtyinoJo^ical Dictionary of tbe 
gaelic Language par M. Alexander Macbain. Le spécimen de la page 4 est de 
nature à faire bien augurer de l'ouvrage dont le prix sera très modéré, 
7 shillings 6 pence. La souscription est ouverte chez M. Robert Livingson, 
à Inverness. 

VI. 

Zeitschrift der Savigny-Stiftung fur Rechtgeschichte, t. XV, pre- 
mière livraison, Romanistiche Abtheilung, p. 209-240. — Article de M. Zim- 
mer intitulé : « Le droit maternel chez les Pietés et son importance pour 
« l'histoire de l'antiquité aryenne » Dans ce travail M. Zimmer défend, 
contrairement à l'opinion de M. Macbain, la doctrine de M. J. Rhvs sur 
l'origine anarienne des Pietés. On sait que les Pietés apparaissent pour la 
première fois en 296 dans un panégyrique anonyme prononcé à Trêves de- 
vant le César Constance Chlore, père de Constantin. Comme les Francs, 
dont il est pour la première fois question en 240, ils semblenFètre une coa- 
lition de petits peuples confédérés contre la puissance romaine. Mais leur 
nom, moins heureux que celui des Francs, disparaît de la géographie poli- 
tique vers l'année 900 ; le nom des Scots ou Irlandais s'introduisit dans la 
région septentrionale de la Crande-Bretagne vers l'an 500, quand la tribu 
irlandaise ou scote de Dalriada passant la mer vint s'établir au territoire qui, 
dans l'Ecosse moderne, forme le comté d'Argyll, et peu après cette tribu 
envahissante devint dominante dans tout le pays voisin, d'où le nom 
d'Ecosse, Scot-land, porté officiellement depuis la fin du XI e siècle par la 
vaste circonscription territoriale qui comprend tout le nord de la Crande- 
Bretagne. 

Les peuples dont l'association forma la confédération des Pietés nous 
sont connus principalement par Ptolémée, livre II, c. },§ 5 et suivant. Une 
partie de leurs noms est certainement celtique, comme le montre M. Mac- 
bain. Un de ces peuples s'appelait Caledonii, et nous savons par Dion 



Périodiques. i 19 

Cassius comment s'appelait un Calédonien du temps de l'empereur romain 
Septime Sévère (193-21 1). Le nom de ce Calédonien était Argcnto-coxo-s 
« au pied d'argent », mot évidemment celtique. Un siècle après, Argento- 
coxos aurait été Picte. Les Calédoniens avaient, parait-il. de fort mauvaises 
mœurs, celles qu'une partie de notre littérature nous attribue, et celles 
qu'attribuerait aux Anglais et aux Irlandais de nos jours un voyageur qui 
jugerait des deux nations d'après les femmes qu'on rencontre le soir dans 
les rues de Londres et de Dublin. Dion Cassius raconte que l'empereur 
Septime Sévère, mort en 211, fit une loi contre l'adultère, et que d'après 
les registres officiels vus par lui pendant un de ses consulats, le nombre des 
procès criminels faits pour adultère sous le règne de ce prince fut de trois 
mille. L'impératrice Julia Domna, femme de Septime Sévère, reprochait un 
jour à la femme d' ' Argento-coxos son inconduite notoire « Je fais publique- 
ment avec des gens distingués, » répondit la Calédonienne, « ce que vous 
autres dames romaines faites, en vous cachant, avec des malotrus » ' . Les 
dames calédoniennes avaient en général, suivant Dion, les mêmes mœurs. 
La règle « pater is est quem nuptiae demonstrant » pouvait donc souvent 
sembler peu digne de respect. De là l'usage picte que rapporte Bède qui 
écrivait en 731, c'est-à dire à une date où les Pietés avaient encore leur au- 
tonomie. Suivant cet auteur, les Pietés arrivant de Scythie se rendirent 
d'abord en Irlande ; repoussés par les Scots qui les avaient précédés dans 
cette île, ils allèrent s établir dans la partie septentrionale de la Grande- 
Bretagne, et, n avant point amené de femmes avec eux, ils épousèrent des 
Scotes. Mais ces Scores ne leur furent données en mariage qu'à une condi- 
tion, c'est qu'en cas de doute, ùbi res perveniret in dubium, ils éliraient, eli- 
gerentj des rois pris dans la ligne féminine plutôt que dans la ligne mascu- 
line ; tout ceci est légendaire. Mais, ajoute Bède, les Pietés ont jusqu'ici 
observé cet engagement. Donc, en cas de doute, les Pietés prenaient leurs 
rois dans la ligne féminine 2 . Si deux frères utérins étaient sûrs de leur pa- 
renté, l'idée de frères consanguins devait souvent chez eux être accom- 
pagné d'un point d'interrogation. Suivant M. Zi.nmer, ce texte constate 
« le droit maternel », mutterrecht. Mais il ne s'agit pas d'un « droit », 
puisque le roi était électif: eligerent, et non héréditaire; il n'est pas question 
d'un « droit maternel » exclusif du droit paternel, puisqu'on ne s'adresse à 
la ligne maternelle que si la ligne paternelle est douteuse, c'est-à-dire si son 
existence ne peut être prouvée, autrement dit si juridiquement la ligne pa- 
ternelle n'existe pas. C'est à peu près la doctrine qu'on trouve dans les plus 



1. Dion Cassius abrégé par Xiphilin, livre LXXVI, c. 16, § 4 et 5 ; 
édition d'Immanuel Becker, t. II, p. 402-403 ; cf. livre LXXVI. c. 12, §2; 
ïbid., p. 400. A comparer Solin édition Mommsen, p. 235, 1. 6-10, où il 
s'agit du roi des EBudes insulae. 

2 Bède, Historia ecclesiastica, 1. I. c. 1 : Migne, Patroïogia latina, t. 93, 
col 26. Il n'y a aucune importance à attacher aux textes irlandais, qui ré- 
pètent la doctrine de Bède en l'exagérant, à une date où depuis longtemps 
le royaume picte avait cessé d'exister. 



1 20 Périodiques. 

anciennes rédactions de la loi salique au chapitre LXII : Si le défunt ne 
laisse ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, dit ce document germanique, on 
appellera à la succession d'abord la sœur de la mère, à son défaut la sœur 
du père, et, à défaut de celle-ci, les collatéraux de la ligne masculine autres 
que le frère. Le droit de la sœur de la mère sur la succession du mort, par 
préférence aux collatéraux autres que le frère, est un droit maternel bien 
plus clair que ce dont parle Bède et cependant le considère-t-on comme 
une preuve que les Francs auraient été anaryens ' ? Au ix e siècle, nous 
voyons déjà une dynastie scote, autrement dit irlandaise, régner sur les 
Pietés. Kenneth, fils d'Alpin, occupe le trône de 844 à 858. A sa mort, 
8 5 S , il laisse deux fils, probablement mineurs, plus un frère et une sœur. 
Il a pour successeur son frère Domnall I er , 858-862. A Domnall succède 
le fils aîné de Kenneth, Constantin, qui meurt en 876, laissant un fils 
nommé Domnall comme son grand-oncle, et un frère, Aed, c'est Aed qui 
prend la couronne, 876. En 878, il est remplacé par Eochaid, fils de la sœur 
de Kenneth, et c'est seulement en 889 qu'on voit monter sur le trône 
Domnall II, probablement trop jeune pour régner quand treize ans plutôt 
mourut Constantin son père, 876. 

Alpin 



1. Kenneth 2. Domnall I er N. fille 

844-858 858-862 épouse Run 

3. Constantin 4. Aed 5. Eochaid 

862-876 876-878 878-889 

6. Domnall II 
889 

Suivant M. Zimmer (p. 222, note), l'avènement d'Eochaid constate le 
retour au droit picte, ou anaryen, tandis que Domnall I er , Constantin, Aed 
et Domnall II auraient été appelés au trône suivant les règles du droit ir- 
landais. C'est une erreur : la loi irlandaise du IX e siècle admet le droit 
successoral des neveux par les femmes. L'incapacité du mineur Domnall II 
donnait à Eochaid droit sur l'héritage de Kenneth. 

M. Rhys soutient qu'avant l'invasion celtique la Grande-Bretagne a été 
occupée par une population anaryenne que les Celtes n'ont pas détruite. Je 
suis d'accord avec lui. Mais les rapports que lui et quelques autres savants 
prétendent établir entre ce fait ethnographique et d'autres phénomènes de 
l'ordre linguistique ou juridique ne me paraissent pas toujours définiti- 
vement établis. 

1. Cf. Tacite, Germania, XX: sororum filiis idem apud avtinculum qui ad 
patrem honor. Quidam sanctiorem artioretnque hune nexum sanguinis arbi- 
trantur. 



Périodiques. 1 1 1 

VII. 

Folk-Lore. — Septembre 1894. P. 177. Notes recueillies en Irlande 
dans le comté de Leitrim, par M. Leland L. Duncan. — P. 212. Du culte 
de l'eau et des sources dans l'île de Man, par A.-W. Moore. — P. 229. De 
la classification des proverbes et dictons de l'île de Man, par G.-W. Wood. 
L'auteur donne le texte et la traduction de ces proverbes. 

Décembre 1894. P. 299. Les merveilles de l'Irlande d'après le traité islan- 
dais intitulé Kougs Skuggsjo « miroir royal » qui a été écrit vers 1250. 
M. Kuno Meyer compare ces merveilles avec celles dont parlent Giraud de 
Barrv dans sa Topographia Hibemiae, et l'auteur du chapitre intitulé : Do 
ingantaib Erenn dans le Nennius de Todd, p. 192-219. Le texte islandais 
est sur plusieurs points plus complet que ces deux documents. 

VIII. 

Archaeologia Cambrensis. — Octobre. 1894. P. 276. M. J.-W. Willis 
Bund compare les caractères des saints irlandais avec ceux des saints gallois. 
Caractère commun: très peu de saintes, très peu de martyrs, etc. Caractère 
spécial au saint gallois : il est ordinairement bâtard, il a peu de goût pour 
la vie errante du missionnaire, etc. — P. 208. Description par M. Arthur 
G. Langdon d'une stèle funéraire à Biscowey, Saint-Blazy, Cornwall, texte 
et quatre figures, légende : Ahoron Ullici filins. — P. 329-332. Notes sur 
deux stèles funéraires, l'une à Pen-y-Mynid, Brecknock-shire, avec inscrip- 
tion ogamique non déchiffrée, l'autre déjà connue et offrant la légende 7V- 
gernacus filiits Marti hic jacit, à Capel Brithdir, Glamorgan-shire (cf. Rhys, 
Lectures on zcelsb Pbilology, 2 e édition, p. 385, n° 46 ; Hûbner, Inscriptiones 
Britanniae christ ianae, n° 58). Un critique prétend qu'au lieu de Marti il 
faut lire Marii. 

IX. 

Zeitschrift fur vergleichende sprachforschung auf dem Gebiete 
des Indo-Germanischen Sprachen, t. XXXIII, 4 e livraison. — P. 651. 
Mémoire de M. Thurneysen sur la formation indo-européenne du compa- 
ratif. M. Thurneysen, p. 552, explique les superlatifs gallois hinham, de heu, 
et irlandais sinem, de sen « vieux », par un primitif celtique * sen-is-amo-s = 
* sen-is-mos (M. Brugmann aurait écrit * sen-is-tnmo-s), avec un double suf- 
fixe identique à celui dont on doit constater l'existence dans le latin pnlcher- 
rimus = * polcr-isumo-s (M. Brugmann a écrit * polcr-is-emo-s =: * polcr-is- 
mmo-s). Il semble donc que le nom divin gaulois Belisama serait un superlatif. 
On pourrait en dire autant des noms de lieu Trigisamus(Grammatica celtica-, 
p. 769, 770), et Segisama (Ptolémée). Le nom d'homme Cintusmus nous 
offre peut-être une forme contractée pour cintû-is-amo-s et serait en ce cas 
un superlatif de cintu-s « premier », et un doublet du gallois cyntaf, en breton 
quentaff, kenta ; cf. nessam, Brugmann, Grundriss, t. II, p. 158, 159, 169. 

Revue Celtique, XVI. 9 



122 Périodiques. 



X. 

Allmer. Revue épigraphique du midi de la France, n°s 74, 7s, avril- 
septembre 1894. -- P. 291. Nom d'homme Ganaponis au génitif dans une 
épitaphe de Nîmes. — P. 298-302, 309-314. Commencement d'une étude 
sur les dieux de la Gaule par ordre alphabétique : Abiauius, Âbianus, Abi- 
nius, Adonna, Accorus ou Accrus, Adsmerius ou Atesmerius, Aethucdis, 
Alambriua. 

XI. 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HISTORIA, t. XXV, juillet-dé- 

cembre 1894. — P. 79. Dans un mémoire du P. Fita, nom d'homme pro- 
bablement celtique Cantonits, conservé par une inscription chrétienne de 
Merida, laquelle est datée de l'an 517 de l'ère d'Espagne (479 de J.-C). — 
P. 126, dans le même mémoire, nom de femme Tongilia attesté par une 
épitaphe de Zalamea de la Serena. Ce nom déjà connu paraît dériver de la 
racine qui a donné en irlandais le verbe tong « je jure ». 

XII. 

Proceedings of the royal irish Academy, 3 e série, t. III, n° 3. — 
P. 428. Mémoire sur la fonction du mode subjonctif en irlandais, par 
M. R. Atkinson. Le savant auteur y a relevé tous les exemples conservés 
par les Ancient Laws of Iteland, t. I, II, III, IV, du verbe qui est : i° avec 
tmèse do-gniit, 2 sans tmèse dènim, je fais ; il appelle « indépendante » la 
forme avec tmèse ou forme tmète, Tfi.7)T7J ; « dépendante » la forme sans 
tmèse ou forme atméte, àrur^oc. Le subjonctif s'emploie en irlandais à peu 
près dans les mêmes conditions qu'en latin. — P. 459. De l'usage du sub- 
jonctif en gallois. 

XIII. 

Archaeologia, publication de la Société des Antiquaires de Londres, 
t. LIV. — Mémoire de M. John Hope sur des fouilles faites à Silchester, 
comté de Southampton, et dont nous avons déjà dit un mot dans notre 
t. XV, p. 144. On a trouvé à neuf pieds sous terre une stèle sur laquelle 
est gravée une inscription ogamique. M. J. Rhys, l'homme aujourd'hui le 
plus compétent en cette matière, consulté par M.John Hope, lit: ebicatos 
maqi mucoi. Ebicatos, pense M. Rhys, est le génitif d'un nom d'homme dont 
le nominatif serait Ebicatus. Il suppose qu' Ebicatos est identique à lvacattos 
lu en Irlande sur une des pierres de Killeen-Cormac, comté de Kildare. 
Mucoi exprime la même idée que le latin nepotis. Jusqu'ici aucune ins- 
cription ogamique n'avait été trouvée à l'est de la Severn et des comtés de 
Cornwall et Devon. 

Le mémoire de M. John Hope contient une figure qui représente cette 
stèle. 



Périodiques. 1 2 3 

XIV. 

The Academy. — N° du 21 juillet 1894. Note de M. Whitley Stokes sur 
le ms. de la Bibliothèque Laurencienne de Florence, Plut. XLV, 14, qui 
contient des gloses irlandaises sur deux abrégés du commentaire des Buco- 
liques par Phylargyrius (cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 226, 353 ; t. XV, 
p. 143. L'auteur irlandais de ces gloses se donne le nom latin de Fatosus, 
qui serait en irlandais Toicthech, dérivé de toced, tucad « destin ». Le com- 
mentaire de Phylargyrius est suivi dans ce ms. d'un autre commentaire ano- 
nyme où se trouvent quelques gloses irlandaises que M. Whitley Stokes 
reproduit. ■ — 25 août, p. 134. Recueil par M. Whitley Stokes de textes 
concernant l'usage irlandais de faire jeter par chaque guerrier, avant la ba- 
taille, une pierre en un endroit déterminé ; après le combat chacun des 
survivants reprenait une pierre ; en comptant celles qui restaient, on savait 
le nombre des guerriers restés sur le champ de bataille. — P. 135. Lord 
Southesk suppose que le signe ogamique X peut quelquefois avoir repré- 
senté un son guttural. — 20 octobre, p. 304. Lettre du Rév. F.-E. Warren 
qui, après nouvel examen du missel dit de Stowe, maintient son ancienne 
opinion que l'écriture de la partie la plus ancienne du ms. remonte au 
ix e siècle, la plus récente au siècle suivant, que par conséquent le Rév. Mac 
Carthy se trompe quand, d'accord avec Todd, il date la première écriture 
du vn e siècle et la seconde du vm e . — Le semestre de juillet à décembre 1894 
contient, outre l'art, de lord Southesk déjà cité, une véritable avalanche de 
notes sur des inscriptions ogamiques et sur d'autres encore plus obscures 
par M. Macalister, p. 118, 154, 174, 196, 216, 377, 558; par lord Sou- 
thesk, p. 155, 282; par MM. E. W.-B. Nicholson, p. 236; Edmund Mac 
Clure, p. 282; C.-H. Monro, p. 330; par le colonel Philip D. Vigors, 
p. 353. Imprimées les unes à la suite des autres, ces notes feraient-la ma- 
tière d'un volume, et pour les analyser, je ne me sens pas compétence suf- 
fisante. 

XV. 

The Scottish Review, octobre 1894. — P. 270-297. Analyse par 
M. W.-A. Craigie de trois contes ossianiques: 

i° « Le château enchanté de Keshcorran », Bruighean Cheise Chorrain déjà 
publié d'après le ms. du Musée britannique, additional 18747, fol. 75 b, de 
l'année 1800, par M. St. O'Grady, Silva Gadelica : texte, p. 306-310; tra- 
duction, p. 343-347. M. Craigie signale : i° une autre édition d'après un 
autre mss. dans le Irish Echo de Boston, t. IV, n° 2; 2° un ms. non men- 
tionné dans Y Essai d'un catalogue de la littérature épique de l'Irlande, p. 49-50, 
c'est le n° XXXVI de la Bibliothèque des avocats d'Edimbourg. 

2 « Le château enchanté d'Eochaid petit et rouge », Bruighean Eochaidh 
bhig dheirg, récemment publié à Dublin par M. Patrick O'Brien : Bldith- 
flûeasg de Mhilsedinibh na Gaoidhelge. Ce conte avait déjà paru en 1872 dans 
le livre de Campbell, Leabhar na Feiiuie, p. 89-90, sous le titre de « Voyage 
de Finn à la maison d'Odhach Beaganech », Turus Fhinn do thigh Odhacha 



124 Périodiques. 

Beaganich. On le trouve aussi dans un autre ouvrage de Campbell, West- 
Highlaml Talcs, t. II, p. 89. Enfin un ms. non indiqué dans Y Essai d'un 
catalogue, p. 52, est conservé à la Bibliothèque des Avocats d'Edimbourg 
sous le n° LVI. 

3° « Le château enchanté du sorbier », Bruighcan Chaortbuin , publié en 
partie par Campbell, Leabhar na Feinne, p. 86-88, et dont on trouve une 
version complète chez le même auteur, West Highland Talcs, t. II, p. 192. 
La Bibliothèque des Avocats d'Edimbourg possède trois mss. de ce conte 
sous les n°s XXXIV, XXXVIII et LVIII. Aucun de ces mss. n'est cité dans 
Y Essai d'un Catalogue, p. 49-50; or, le premier étant daté de 1603, paraît 
être le plus ancien que l'on connaisse. M. Craig semble ignorer qu'une tra- 
duction anglaise du « Château enchanté du sorbier » a été publié sous le 
titre de The fairy palace of the quicken trec, par M. Joyce, aux pages 77 et 
suivantes des deux éditions de ses Old celtic Romances, l'une de 1879, l'autre 
de 1894. 

Janvier 1895, p. 1. Etude sur les Culdees, c'est-à-dire sur les religieux 
irlandais du haut moyen âge par M. A. Allaria. Ce travail est de seconde 
main, mais écrit avec élégance et clarté. L'auteur assimile les Culdees aux 
chanoines réguliers du continent. 

XVI. 

L'Anthropologie, juillet à décembre 1894, est toujours une publication 
du plus haut intérêt, mais elle s'occupe principalement soit d'époques anté- 
rieures à la période celtique, soit de régions où les Celtes n'ont pas eu 
d'établissements. Nous signalerons cependant les fouilles de MM. R. Pontvrau 
et E. Cabié dans un cimetière gaulois à Saint-Sulpice, Tarn, p. 641-657. 

POSTSCRIPTUM. 

Je répare un oubli en annonçant que M Standish O'Grady vient de faire 
paraître à Londres, librairie Methuen et C ie , un volume in-8 intitulé : The 
coming of Cuchulain. Je suis informé de cette nouvelle par YEvening Tele 
graph, n° du i er décembre dernier, qu'un ami m'a envoyé de Dublin. 

Si j'en juge d'après l'article de ce journal, le document publié doit être 
le morceau intitulé Macgnimrada Conculainn « Exploits de Cûchulainn en- 
fant ». Quand je me serai procuré ce volume, j'en pourrai parler avec con- 
naissance de cause. 

Paris, le 28 janvier 1895. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

Le Propriétaire-Gérant: Veuve E. BOUILLON. 

Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



LA DIVISION DES SYLLABES 



A PROPOS D UN RAPPROCHEMENT ENTRE LE LATIN ET L IRLANDAIS. 



M. Whitley Stokes (The Academy, 2 mars 1895, n° 1191, 
p. 193-194), signale dans un texte irlandais des allitérations 
systématiques telles que Cata-rina rogda, Eu-^enius 
alorda. Il étudie les règles de ces allitérations et les indices 
qu'elles peuvent fournir sur la division irlandaise des syllabes; 
en même temps il établit un rapprochement et une compa- 
raison entre la division syllabique irlandaise et la division 
syllabique latine. Il y aurait, suivant lui, concordance sur la 
plupart des points (allitération irlandaise Pergen-Zinus 
Zendmin, division syllabique latine Pergcn-îinus); il y aurait, 
au contraire, discordance en ce qui touche les groupes commet 
(allit. irl. Anas-/asius /oed-lech, div. syll. lat. Aua-stasius). 

La concordance est, je crois, plus constante que ne l'a sup- 
posé l'illustre savant. C'est au point de vue latin que je me 
propose de revenir sur la question, laissant aux celtistes le con- 
trôle des formes irlandaises et la discussion directe de la 
trouvaille de M. Stokes. 

Il y a en latin deux divisions syllabiques à distinguer, l'une 
graphique, l'autre phonétique. 

La division graphique des syllabes est chose conventionnelle 
et sans intérêt linguistique. Elle est fondée sur des motifs pé- 
dantesques et futiles. Servius, par exemple (Keil, Grammatici 
Latini, t. IV, p. 427), veut qu'on coupe a-spice, parce que le 
groupe sp peut commencer un mot latin (spica). De même, 
on coupera a-mnis à cause de Mnestheus. On séparera- les 
Revue Celtique, XVI. 10 



126 L. Havet. 

deux tt dans at-tulit, parce qu'aucun mot ne commence par 
tt. On coupera, selon Servius, ab-ditur et non a-bditur, parce 
que bd n'est groupe initial qu'en grec ((38éXXa), et ne peut se 
rencontrer au commencement d'un mot latin (même d'un 
mot « latin » tel que Mnestheus /). Des règles semblables, avec 
des considérants non moins ridicules, sont données par d'autres 
grammairiens ; voir par exemple les passages relevés par 
M. Lindsay, The Latin Language } p. 125-126. Tout absurdes 
qu'elles sont, nous devons les suivre, ne fût-ce que pour ne 
pas rompre l'unité de la langue universelle. Un érudit français 
qui laisse imprimer sanc-îus, au lieu de san-ctus, est coupable 
d'indiscipline, et il en est de même d'un Anglais qui tolère 
que son imprimeur coupe benevol-entem. Mais, en suivant ces 
règles, il faut les mépriser. Ce sont des inventions de la sub- 
tilité grecque, ineptes dès leur origine, et qui n'ont pas gagné 
à être adaptées par des Latins à leur langue. Il n'y a à les 
connaître que pour leur obéir : elles sont essentiellement sté- 
riles et ne peuvent féconder ni l'étude du latin lui-même, ni à 
plus forte raison celle d'un idiome étranger. Les divergences 
entre l'irlandais et le latin, dans les exemples allégués par 
M. Whitley Stokes, n'existent que grâce à la doctrine imagi- 
naire de Servius et de ses pareils. 

L'autre division des syllabes est la division phonétique, dont 
je doute qu'un ancien ait jamais parlé. Elle est la seule qui 
puisse être de quelque utilité à la science; tantôt elle est en 
accord avec la division graphique, tantôt la division graphique 
la contredit, mais peu importe. 

La division phonétique des syllabes nous est connue avant 
tout par la prosodie. Un groupe partagé entre deux syllabes 
phonétiques allonge la syllabe précédente, un groupe non par- 
tagé la laisse brève: crédit rês - - -, mais crèdë très - w -; 
c'est le même motif qui fait que l'augment dans ïv.'/.it.-v/ peut 
être bref, tandis que le préfixe est nécessairement long dans 
iy.-}.s'::G). Les mots comme rorepé;, patris, ont deux prosodies, 
selon qu'on prononce pâ-tr... ou pât-r... Chez les anciens 
dramatiques latins, patris a toujours la première brève, ce qui 
revient à dire que cette syllabe était toujours /w et non pat. 
L'allongement, c'est-à-dire la coupe syllabique pât-ris, est dû 



La Division des Syllabes. i 27 

à l'imitation érudite de la prosodie grecque, et n'a jamais re- 
posé sur la prononciation sincère des Romains. Cela bien 
compris, on voit d'emblée que la division phonétique exacte 
est âs-pice, âm-nis, en dépit de la division graphique a-spice, 
a-mnis, et en dépit de spica et de Mnestheus. De même la di- 
vision phonétique est fàc-tus, nôs-ter, en dépit de Stella et de 
Ctesiphon, et quoique en imprimant le latin on doive couper 
fa-cius et no-ster. Partout où une voyelle brève forme une syl- 
labe longue, c'est que la prononciation lui rattache une des 
consonnes qui la suivent, avec ou sans l'agrément des grarri- 
niatici. Peu importe d'ailleurs,. en prosodie, qu'il s'agisse de 
si, qui peut commencer un mot, ou de ///, qui en est inca- 
pable. Suivant la très juste remarque de M. Lindsay, la règle 
dite des breues breuiantes atteint aussi bien la seconde syllabe 
de uolun-tatem que celle du prétendu ege-statem (ou du prétendu 
uolu-ptatem) ; ces trois mots également peuvent chez Plaute va- 
loir tantôt - - - - et tantôt - - - -, l'un et l'autre suivant 
les mêmes circonstances. 

Une autre source d'information est la phonétique historique. 
Capra, qui d'après la prosodie de Plaute était prononcé ca-pra, 
a fait en vieux français chievre. Le p est donc traité de même 
que dans le-porem lièvre, cc-pa cive, ri-pa rive, c'est-à-dire 
comme initial de syllabe. Va, naturellement, est traité comme 
final de syllabe, puisque ca devient chie comme dans ca-nem 
chien, ca-put chief, ca-ra chiere. La phonétique post-latine con- 
firme donc la coupe ca-pra, attestée par la prosodie préclas- 
sique. Dans cap-pa chape, il faut rattacher une consonne à la 
première syllabe ; ici encore la phonétique et la prosodie sont 
d'accord. Dans costa il fuit séparer Vs du t, côs-ta (en dépit de 
la division graphique co-sta), parce que les Latins font longue 
la syllabe initiale et que les Français n'en ont pas diphtongue 
Yo bref. Les grammairiens prescrivent ru-pta, mais c'est riïp-ta 
qu'indiquent et la poésie latine et la phonétique romane. 

Les seuls groupes qui puissent appartenir tout entiers à la 
syllabe suivante sont les groupes à liquide (pa-trem - -, po- 
plo - -, re-frenare -• - - -). Tous les autres, y compris le 
sp à'aspice et le mn d'amnis, se partagent entre les syllabes 
voisines. Tel est le résultat très simple auquel on arrive, si on 



128 L. Havet. 

laisse de côté la division conventionnelle et purement gra- 
phique des syllabes, et si on s'en tient à la seule division qui 
ait été réelle, la division phonétique. 

Du même coup, les difficultés signalées par M. Whitley 
Stokes pour l'allitération irlandaise s'évanouissent. Il est régu- 
lier de foire allitérer Anas-/asius /oedlech, Dios-rôrus is 
Colman, Teles-^orus papa, etc. De même il n'y a rien 
que de normal dans l'allitération Epec-/i-/us Af-/ôin (si- 
gnalée incomplètement par M. Stokes). Ma-/rona allitcre 
régulièrement en t et Lu-^retia en c, mais ce n'est pas parce 
que Servius aurait coupé ces mots ainsi. Enfin Do m -///in a 
allitère régulièrement en m, comme le montre M. Stokes, 
mais l'hypothèse Do-///nina, qu'il indique entre crochets, est 
inadmissible. Telles .sont les indications que peut fournir la 
prononciation latine pour éclairer un petit problème irlandais. 

Louis Havet. 



LAURUS, LAURACUS, LAURIUS, LAURIACUS 



Laurus est un nom d'esclave qu'on trouve dans des inscrip- 
tions sous l'empire romain en Italie. On a recueilli près de 
Préneste l'épitaphe d'un certain Laurus dont le père, nommé 
Ahascantus, était esclave de l'empereur et dispensator annonac 1 . 
Le musée de Leyde possède l'épitaphe d'un autre Laurus, es- 
clave de P. Caucilius Celer; ce monument est d'origine ita- 
lienne 2 . D'Ostie on a transporté à Rome, au musée de La- 
tran, l'épitaphe qu'un certain C. Silius avait fait graver pour 
lui et pour ses affranchis, dont un appelé Laurus 3. Laurus qui 
fit graver à Nursia, aujourd'hui Norcia, l'épitaphe de sa mère 
Chrysostomis, était probablement esclave 4. 

Je crois, d'accord avec Zeuss, que ce nom d'homme est ori- 
ginairement un adjectif gaulois identique au vieil irlandais 
lour\ qui signifie « suffisant » dans un certain nombre de 
passages des plus anciens mss. irlandais que nous possédions 6 . 
Comparez les noms d'homme grecs 'Ap/.sTÎr, 'Iy.xvor, et le nom 
d'homme latin Idonius pour Idoneus. L'origine celtique du 
nom d'homme Laurus est établie par plusieurs circonstances. 
La première est sa présence fréquente en pays celtique. 



i. CI. L., XIV, 2834. 

2. CI. L., VI, 21 172. 

3. C I. L., XIV, 417. 

4. Cl. L., XI, 4566. 

5. Grammatica celtica, p. 33, L 22-25. 

6. Ms. de Wùrzburg, f° 4c!, glose 12; f° 10a, gl. 17; f° n d, gl. 13, 
f u 24b, gl. 16; éd. Whitley Stokes, p. 22, 54, 6b, 139. Ms. de Milan, 
f° 3)d, gl. 24, édition lAscoli, p. 113. Priscien de Saint-Gall, f° 15b, 
gl. 7 ; 1° 1 $9 a, gl. 3 ; édition Ascoli, p. 21, 94. 



i $0 H. d'Arbois de Jubainville. 

Louro, c'est-à-dire fundus Laurus, fonds de terre nommé 
Laurus, parce que son propriétaire s'appelait Laurus à la date 
du cadastre romain, est le nom de quatre villages de Galice, 
un dans chacune des provinces de Corufia et de Lugo, deux 
dans celle de Pontevreda ; or la Galice est une des parties de 
l'Espagne qui restèrent celtiques après la conquête carthagi- 
noise et sous l'empire romain. De Laurus dérive le nom de 
lieu Lauracus qui apparaît en 931 dans un diplôme du roi 
Raoul J et qui, dans cet acte, désigne Laurac, Aude, chef-lieu 
dès le xn e siècle de la petite province appelée Lauragais. Le 
nom de Laurac est aussi porté par une commune du dépar- 
tement de l'Ardèche. Le nom d'homme Laurus apparaît dans 
une inscription mutilée de Narbonne 2 . Il est en pays celtique 
employé comme cognomen par des citoyens romains : C. Mi- 
nervius Laurus à Milan 3, G. Servilius Laurus en Portugal 4, 
M. Arrius Laurus, en Espagne, à Meridaî,P. Manlius Laurus 
dans un diplôme de citoyen romain accordé à un vétéran par 
l'empereur Titus ; on a trouvé ce diplôme en basse Autriche, 
à Klosterneuburg, près de Vienne 6 , dont le nom primitif Vin- 
dobona est celtique. 

Le nom barbare Laurus et le cognomen identique ont donc 
été très répandus dans les parties celtiques de l'empire romain, 
on les trouve peu ailleurs. La marque du potier Laurus en 
Sardaigne 7 est sur une pièce qui peut avoir été importée du 
continent. Une inscription mutilée de Nice nous fait connaître 
le cognomen: Laurus d'un décurion 8 qui, bien qu'en pays 
ligure, peut être celte de naissance 9. 

L'origine celtique du mot Laurus est confirmée par l'examen 
de deux dérivés. Le premier est Laurinus, employé comme 



1. D. Bouquet, IX, 576 C. 

2. CI. L., XII, 4940. 

3. CI. L., V, 6073. 

4. CL L., II, 359- 

5. CI. L., II, 4940. 

6. C. I. L., t. III, p. 854. 

7. CI. L., X, 8536,2. 

8. C. L L., V, 7903. 

9. Nous ferons la même observation à propos du surnom de P. Nwius 
Laurus, Spalato en Dalmatie, C. 1. L., III, 2551. 



Laurus, Lauracus, Laur'ms, Lauriacus. 1 3 1 

nom d'homme dans une inscription d'Uzès, Gard. Cette ins- 
cription est une épitaphe gravée par ordre de Laurinus, Celti 
filins 1 . Le nom du père de ce personnage établit sa natio- 
nalité. 

Le second dérivé est Lourismo, nom d'un village d'Espagne, 
en Galice, province de Corurïa; Lourismo = Laurismus, 
sous-entendu fundus, a été un nom d'homme avant d'être nom 
de lieu, c'est un superlatif du thème lauro-, louro-. Com- 
parez à ce masculin le féminin Segisama, superlatif du thème 
sego-, en sanscrit sahâ- « puissant, fort ». Segisaina « la très 
forte » est le nom de deux villes d'Espagne : Segisaina Vaccaeo- 
rum 2 et Segisama Brasaca 3 : Sego- a valeur d'adjectif avec le sens 
de « fort » dans Sego-briga « Fort château », nom d'une ville 
espagnole, aujourd'hui Segorbe4. Le féminin sega de cet ad- 
jectif, employé substantivement avec le sens de « forte », est 
un surnom de femme dans l'épitaphe Pompeia Sega, affranchie 
de Pompeia Lepida. Ce monument a été trouvé à Narbonne*. 
Segisama = *Sego-ismma, Lourismo = louro-is-mo-s . 

Il est inadmissible que le nom d'homme Laurus soit iden- 
tique au latin laurus « laurier », comme De-vit l'a supposé 
dans V ' Onomasticon totius Lalinitatis. On n'avait pas à Rome 
l'usage de créer des noms de personne avec des noms d'arbre. 
Aucun Romain ne s'est appelé Abies, Alnus, Ouercus, Ulmus. 

Du cognomen Laurus on a dérivé suivant l'usage un gentilice 
Laurius, qui a été employé comme nom de lieu, Laurias, 
c'est-à-dire villas Laurias, villae Lauriae dans une charte du 
xi e siècle conservée par le Ccirtulaire de Saint-Victor de Mar- 
seille 6 . 

A l'aide du suffixe -âco-s, on a tiré de ce gentilice un nom 



1. CI. L., XII, 2928. 

2. C. I. L., II, 900, 3281. 

3 . C I L., II, 41 57. Sur le superlatif celtique, voyez ci-dessus, p. 121. 

4. C. I. L., t. II, p. 417. 

5. CI. L., XII, 5069. Ci. Sega Triumif., Brescia, V, 4717. 

6. CartuJaire de Saint-Victor de Marseille, t. I, p. 623 ; cf. seniores Lau- 
rienses, ïbid., p. 332. Comparez le nom de lieu Laurianus dans un diplôme 
de l'empereur Otton I, 967, Sickel, Die Urkunden der dmtschen Kœnige and 
Kaiser, t. I, p. 458-459. Il s'agit d'une localité située dans le territoire 
d'Amitemum, c'est-à-dire en Italie, dans les Abruzzes, province d'Aquila. 



i ]2 H. ci' Artois de Jubainville. 

de lieu Lauriacus dont il y a plusieurs exemples. Nous en ci- 
terons deux à l'est de la Gaule, mais en pays celtique. 

L'un, comme l'Itinéraire d'Antonin nous l'apprend, était 
situe en Norique sur la route qui de Sirmium, aujourd'hui 
Mitritza en Serbie 1 , et de Taurunum, aujourd'hui Semlin en 
Croatie, menait en Gaule 2 ; de ce Lauriacus, par une autre 
route, on gagnait l'Italie 3. En 341, les empereurs Constance et 
Constant en datèrent un rescrit dont le Code Théodosien et le 
Code Justinien nous ont conservé des fragments 4. Ammien 
Marcellin raconte que l'empereur Gratien passa à Lauriacus en 
377^. A la fin du iv e siècle, deux préfets, celui de la seconde 
légion surnommée Italien, et celui de la flottille, classis, du 
Danube, résidaient à Lauriacus 6 . Il y avait dans cette localité, 
à la même époque, une fabrique de boucliers, fabrica scu- 
lariai, et une garnison de lanciers, lauccarii Lauriaceuses 8 . 
Au siècle suivant, tous ces établissements disparurent, et dans 
la vie de saint Severin, qui habita le Norique de 452 à 482, 
on voit les habitants de Lauriacus, cives ex oppido Lauriaco9, 
donner d'abord asile dans leurs murailles à ceux de leurs com- 
patriotes que la conquête germanique a expulsés des villes ro- 
maines bâties le long du haut Danube IO , puis enfin être con- 
traints d'évacuer leur ville et de se réfugier dans celles qu'avait 
occupées Feletheus, autrement dit Feva, roi des Rugi 11 . Lau- 
riacus subsista cependant. Un capitulaire de Charlemagne 
mentionne en 805 cette localité : elle est à l'est le point ex- 
trême de l'empire, les marchands qui vont commercer avec 



1. Itinéraire d'Antonin, p. 23 1, 1. 1 1 ; p. 23 5, 1. 1. 

2. Ibid., p. 241,1. 3; p. 249, 1. 1. 

3. Ibid., p. 276, 1. 1 ; p. 277, 1. 3. 

4. Code Théodosien, 1. VIII, t. 2, 1. 1 ; 1. XII, t. 1, 1. 31. Code Justinien, 
1. X, t. 69,1. 1. 

5. Ammien Marccllin, 1. XXXI, c. 10, § 20. 

6. Notitia dignitahtm occidentis, édition Boccking, p. 100. 

7. Ibid., p. 43. 

8. Ibid., p. $5, cf. p. 27, et C. I. L., t. III, p. 689. 

9. Vita sancti Severini, c. XVIII, § 1; édition donnée par Ilermann 
Sauppe, dans Monumenta Germanîae historica, in-.|. Auctores antiquissimi, 
t. I, pars posterior, p. 17, 1. 20. 

10. Ibid., c. XXVII, § 2; c. XXVIII, § 1 ; c. XXX, § 1 ; p. 21, 22. 

11 . Ibid., c. XXXI, 5 1, p. 23. 



Laurus, Lauracus, Laurius, Lauriacus. 1 3 3 

les Slaves et les Avares peuvent aller jusque-là sous la protec- 
tion impériale 1 . Ce Lauriacus est aujourd'hui Lorch, Autriche 2 . 

Un autre Lauriacus, également situé à l'est du Rhin, est 
moins célèbre. La plus ancienne mention, à notre connais- 
sance, ne remonte qu'au xn e siècle. Une bulle du pape Inno- 
cent II, 1136, concerne le monastère dit Laureacus, in diocesi 
AugustensÏK II est question de la môme localité, au même 
siècle, chez le chroniqueur Otton de Freising. C'est aujour- 
d'hui Lorch, en Wurtemberg 4. 

Passons le Rhin; entrons en Gaule. Nous y trouvons 
quatre Lauriacus dont nous pouvons déterminer la position : 

Dans l'ancien département de la Moselle, Lorry-les-Metz, 
appelé Lauriacus en 945, comme une charte nous l'apprend 5. 

Dans le département de Maine-et-Loire, Loire, probablement 
le Lauriacus in pago Andegavensi où un concile se tint en 843, 
la quatrième année du règne de Charles le Chauve 6 . Ce doit 
être aussi la villa Lauriacus in Andecavo Jisco, mentionnée 
en 797 dans un diplôme de Charlemagne pour l'abbaye de 
Prùm7. 

Dans le département du Loiret, Lorris est probablement le 
Lauriacus situé dans le pagus Aurcliancnsis, suivant un diplôme 
accordé par Hugues Capet à l'église cathédrale d'Orléans en 
990 8 . Aux termes de ce diplôme, des biens situés dans ce Lau- 

1 . Monumenta Germaniae historica, in-4, Legum sectio II, Capitalaria 
regum francorum, t. I, édités par Alfred Boretius, p. 123, 1. 18. Dans une 
bulle du pape Eugène II, 824-827, on trouve le nom d'un certain Yrolfus, 
archevêque de Lauriacus, Migne, Patrologia latina, t. 129, col. 989-991. 
Mais cette pièce paraît fausse. Voyez Gams, Séries episcoporum, p. 327; 
Jaffe, Regesta, 2 e édition, t. II, p. 322, n° 2566. 

2. H. Osterley, Historisch-geographisches Wôrterbuch des deutschen Mittel- 
alter, p. 407. 

3. Migne, Patrologia latina, t. 179, col. 276. 

4. Osterley; Historisch-georagphisches Wôrterbuch, p. 407. 

5 . Bouteilîer, Dictionnaire topographique du département delà Moselle, p. 1 50. 

6 . Capitula in Synodo acta quae habita est apud Lauriacum in pago An- 
degavensi anno DCCCXLIII incarnationis domini nostri Jesu Christi, 
mense octobri, indictione VII, Caroli Calvi régis anno IV. Labbe, Sacro- 
sancta Concilia, t. VII, Paris, 1771, col. 1790. Cf. Port, Dictionnaire de 
Maine-et-Lqire, t. II, p. 465, 532. 

7. Sickel. Acta regum et imperatorum Karoliiioium, t. II, p. 59. Migne, 
Patrologia latina, t. 97, col. 1068, 

8. D. Bouquet, t. X, p. 558 a. 



134 H. d'Arbois de Jubainville. 

riacus avaient été restitués à l'église d'Orléans par le roi Ro- 
bert, 922-923. 

Loirac, Gironde, nous offre la prononciation méridionale 
de Lauriacus par opposition à la prononciation septentrionale : 
Loire, Maine-et-Loire; Lorry, Moselle. 

Outre ces six Lauriacus dont le nom actuel est connu, nous 
pouvons en citer trois dont nous ignorons la position; ils 
sont mentionnés : le premier, dans un diplôme donné par 
Charlemagne en 775 à l'abbaye de Saint-Martin de Tours 1 , le 
second, dans le Cartulaire de Sauxillanges, Puy-de-Dôme 2 , le 
troisième, dans le Cartulaire de Brioude, Haute-Loire 3. 

Tous ces noms de lieu s'expliquent par un gentilice romain 
Laurius, dérivé du nom d'homme gaulois Louros, en vieil ir- 
landais lour « suffisant ». 

H. d'Arbois de Jubainville. 



1 . D. Bouquet, t. V, p. 737, a écrit Lausiacus, corrigé en Lauriacus par 
Mabillc, Pancarte noire de Saint-Martin de Tours, p. 226, cf. p. 69, n° XVIII. 

2. In villa quac vocatur Lauriacus. Doniol, Cartulaire de Sauxilla 
p. 179. 

3. In villa quac dicitur Launago. Doniol, Cartulaire de Brioude, p. 75. 



THE PROSE TALES 

IN THE 

RENNES DINDSENCHAS' 

FIRST SUPPLEMENT, EXTRACTS FROM THE BOOK OF LECAN. 



131. Medraide. 
(Lee. p. 48 i b ). 



Meadraide, canas rohammniged ? 

Ni ansa. Meadraide mac Torcair 2 meic Tromda meic Cala- 
truim a hinis iartharaich Esipàine tanic le Mac con a n-Erind, 
cor'gab isin tracht [n-ucut] 3. Unde Meadraide àicitur. 

ITem for Ath Cliath Meadraidi fos .i. Cliath mac Cuilind 
meic Duib-duind do muintir Meic con adrochair and. Duibri 
mac Dubain meic Deirc do muintir Meic con fos, a quo Duibri, 
[7] Neidi Nithgonach, a quo XJsce Neidi, 7 Gaeth mac Nech- 
tain meic Firmoir meic Erimoin meic Rois meic Inbirmuigi .i. 
cliamain 4 Meadraidi, [7] Marcan mac Duinn meic Dathaich 5 
do muintir Cbuind cetchataig, 7 Gaillim ingen Breasail ranic 
dia fothrucun cus'm abaind, a qao Gaillium, 7 Laigen 6 Gairb- 
liath mac Dairi meic rig Espa/?z^, a quo Ath Laigin, Failend? 
mac Illaind meic Ne[i]r tanic asin traig do thaeb na Greci 8 do 

1 . Voir Revue Celtique, XV, 272, 478 ; XVI, 3 1 . 

2. Dorcoin maill, H. 

3 . sic H. 

4. cliabmuin H. 

5. Dat.-.in H. 

6. sic H. Laigin.Lec. 

7. sic H. Failind Lee. 

8. tainic asin nGreig, H. 



i ^ 6 Whitley Stokes. 

choba[i]r Meic con, a quo Inis Failind r , [7] Boireand mac 
Bolcain meic Bain meic Illaind a hEspÂ/'/i tainic co Boirind 
Corcomruad, a q//o Boireann. 

Medraide son ofTorchar, son ofTromda, son of Calatrom, 
out of a western island of Spain came with Mac con into Ire- 
land, and set up on yonder strand (Medraide), whence Me- 
draide is said. 

Also : on Ath cliath Medraide moreover i. e. Cliath son of 
Cuilenn, son of Dub-duinn, of Mac con's family , fell there. Du- 
bri son of Duban son ofDerc, ofMac con's family also, from 
whom Dubri (is named), and Neide Nithgonach from whom 
is Neide's Water, and Gaeth sonof Nechtan, son of Firmor, son 
of Erimon, son of Ross, son of Inbirmuigi [?] i. e. Medraide's 
brother-in law, and M a rai n son of Donn, son of Dathach, of 
the family of Hundred-battled Conn, and Gaillim aaughter of 
Bresal — from her is Gaillium, — came to thé river to bathe 
and Laigen Rough-grey, son ofDaire, sonof the King of Spain 
— from whom is Laigen's Ford. Failenn son of Illann, son of 
Ner, — from whom is Failenn's Island — came from the strand 
on the coast of Grecce to help Mac con. And Boirenn son of 
Bolcan, son of Ban — from whom is Boirenn — out of Spain 
came to Boirenn Corcomruad. 

Also in H. 40 b . As to Mac con see Revue Celtique, XIII, 434, 442. The 
article is little but a list of the foreign allies with whom lie returned to 
Ireland from his banishment. Some of thèse, it seems, were Spaniards and 
Greeks and others were Scots and Britons. 

As to Medraide now Maaree, co. Galway, see the dindsenchas of Ath 
cliath Medraige, Revue Celtique, XV, 460. Gaillim now the river Galway. 
Boirenn now Burren, in the north of the co. Clare. 



132. Carx Frâich. 
(Lee. P . 485O. 

Carnd Fraich, canus rohainm;//;vJ? 

Ni ansa. Dia tarla Gond Cetchathach 7 Eogan Taidlech i 

1 . Failend H. 



The Rennes Dindienchas. First Supplément. 137 

comflaithis fo EnnJ iarna roind d' Escer Riada on Ath cliath 
co chele .i. Ath cliath 1 Meadraidi 7 Ath cliath Duiblindi. Bai 
àono fendid la hEogan, Fraech Midleasach nwc rig Espâ/we, 7 
bai oc argain co Cruachain cach re n-uair. Fecht and dodea- 
chaid co Cruachnaib Ai do tharclom chreichi cor' gobsad crod 
na Cruachna. Bac Conall Cruachflw .i. oidi Cuind, 'ca fei— 
theam, cor' lean iad 7 a cethrar mac À. Corc 7 Connla 7 Cet- 
gen Cruachrt/z 7 Fraech, co rucsad for[r]o ac Meadraidi, airm a 
roibi Eogan boden. Cor' cuirseaà coibleng cwrad eatwru, co 
tarrla Fraech mac Conaill Cruachan co hEogan, cor' gon co 
coimsech Eogan. Dorala Fraech mac rig Espâine arbelaib 
Eogain, cor' chomraic doib in da Fraech, cor' thoit Fraech 
mac CotmW 'san irgail. IAr toitim in churad doiadsad Tuatha 
Taidean 7 Fir Domnann 7 Cruithnich na Cruachna, 7 Conall 
fodesin 7 a tri meic aile, 7 nir' licsead a ibdbad, 7 dodichuir- 
sead Muimnich zxcur a n-a[r]m [p. 48 5 b ] ic Ath Meadraidi, 
cor' beanad a cro 7 a crech dib. IAr femead a leanmawa do 
Chonall corn clandma/cne, dothocbadar leo Fraech co Cnoc na 
dala ria Cruachnaib sairrdeas, cor' hadlaiced ann he, conad 
uada sloindter in carnd. Unde àicitur Carnd Fraich. 

Ailiter Carn Fraich .i. Fraech mac Fidaig dodeachaid do 
serc [FJindabrach do chrpthad in chaerthaind robai ar dublind 
Brea risi n-abar in tShuca indiu 2 , cor' airig pest bona in chaer- 
t[h]aind he, cor' len 7 cor' geogain î co mor, co tue Fraech a 
coscur 7 in caerthann co Meidb, co roibi 'ga ïoihvus isin 
charnn, awad[d]e dogairther Carn Fraich. No comad and foga- 
bad bas lasin pest, 7 a adnocol 'sin charnn beos. 

Ni head sain a fir, acht la Coincul[ainn] dothoit a comrac 
usci ar Tain bo Cuailcne i n-Ath Omna ar bord Slebe Fuait. 
Tareis a baiti la Coinculrt//m dochonncadtfr fir Eveiui in band- 
trocht mor dia saigid co corp Fraich, 7 doliesed gair mor osa 
chind, 7 tocaibsead leo 'sa sith. Sith Fraich immorro ainm in 
tsidha osin inall, coma da dearbad sin rochanad so : 

Carnd Fraich, ca hadbar dia fuil. 7 ri. 

1 . Lee. inserts cliathuch. 

2. MS. ar dubaind brea risinab in s/;tuca aniug. 
; . MS. geodain. 



i j8 Whitley Stokes. 

Conn of the Hundred Battles and Eogan Taidlech chanced 
to be in joint-sovranty throughout Erin aftcr dividing it by 
the Escer Riada from one Âth cliath to the othcr, that is Àth 
cliath Medraidi (Clarin Bridge) and Àth cliath Duiblinne 
(Dublin). Now Eogan had a champion, Fraech Midlesach, 
son of the king of Spain, and he was plundering as far as 
Cruachan every second hour. Once upon a time he went to 
Cruachu Ai to gather a prey, and they seized the cattle of 
Cruachu. But Conall of Cruachu, Conn's fosterfathcr, was 
watching them, and he followed them with bis four sons 
Corc and Connla, Cétgen of Cruachu and Fraech; and they 
overtook the raiders at Medraide, the place in which was 
Eogan himself. Then they fought a champions' battle between 
them, and Fraech son of Conall of Cruachu attacked Eogan 
and wounded him mightily. Fraech son of the king of Spain 
came before Eogan, and the twoFraechs fought, till Fraech son 
of Conall fell in the combat. After the fall of the hero the 
Tuatha Taiden and the Fir Domnann and the Picts of Crua- 
chan and Conall himself and his three other sons closed 
round (Fraech's body), and they did not let him be stript of 
his armour, and the Munstermen dispersed after casting away 
their weapons at Àth Medraidi, and they were deprived of 
their cattle and their prey. After Conall with his children be- 
came unable to pursue them Fraech was carried up to the 
Hill of the Assembly, to the south-east of Cruachain, and 
there he was buried, and from him the cairn is named. Hence 
Carn Frâich « Fraech's Cairn » is said. 

Otherwise : Carn Frâich, that is, Fraech son of Fidach (leg. 
Idath ?) went for love of Findabair to shake therowantree that 
was over the black linn of Brei, which to day is called the 
Suça; but the monster at the foot of the rowantree perceived 
him, and pursued him, and wounded him sorely. But Fraech 
brought Medb the monster in triumph, and the rowantree; 
and he was healed in the cairn, wherefore it is called Carn 
Frâich. 

Or mayhap he was killed by the monster, and his grave is 
still in the cairn. But that is not the truth of the talc, for he 
fell by Cûchulainn, in a water-combat on the Driving of the 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 39 

Kine of Cualnge, at Âth Omna 011 the edge of Sliab Fuait. 
After he was drowned by Cûchulainn the men of Erin met the 
great band of women coming to Fraech's body, and they ut- 
tered a mighty cry over his head and took him up with them 
into the elfmound. Now S ici Fràich is the name of the elf- 
mound thenceforward, and to certify that this was sung : 

« Fraech's cairn, what is the cause of it ? » etc. 

Not found elsewhere. See O'Donovan, F. M. 1225, p. 22, Misceïîany of the 
Irish Arch.Soc, I, 293. 

Carn Fràich, now Carnfree, in the townland of Carns, parish of Ogulla. 
barony and co. ofRoscommon, a lktle west ofDuraa Selga, no. 71, supra. 
Escir Riada a line of gravel hills crossing Ireland from Dublin to Ciarin- 
bridge, co. Gahvay. Suça now the river Suck. SU ah Fuait, v. supra no. 100. 

Conn of the Hundred Battles reigned from A.D. 123 to 157. His con- 
temporary. Eogan Taidlech (also called Eogan Môr and Mog Nuadat) was 
king of the southern Irish. 

For the story of Fraech, the pèist and the rowantree see Tain ho Fràich, 
LL. 250, edited and translated by Crowe, Proceedings of the R. I. Academy. 
Irish MSS. Séries, I. 

For the drowning of Fraech and the removal of his corpse into an elf- 
mound, see the Tain hô Cûalnge, LU. 63b. « In dul so, » orCû, « in didma 
th' anacul? » « Noco dîdem, » or Frasêch. Atnaig Cû foi, atherruch conid 
appad Fraaech. Tocurethar for tir. Berait a muintir a cholaind co mbôi isin 
dunud. Ath Fràich iésed ainm ind atha sin co brath. Coînti a ndunad n-ule 
Fraaach, co n-accatar banchuri i n-inaraib ûanib for colaind Fràich maie 
Idaid. Focessat ûadib issa sîd. Si'd Fràich ainm in tsida sin iarom. 

« This time, » saith Cû(chulainn), « wilt thou accept quarter? 1 « I will 
not accept, » saith Fraech. Cû thrusts him again under it (i. e. the water of 
the ford), so that Fraech perished. He is brought to land. His people bear 
his body into the camp. Ath Fràich « Fraech's Ford » is the name of that 
ford for ever. Ail the camp bewails Fraech, till they saw a train of women 
in green tunics (lamenting) over the body of Fraech son of Idath. They 
carry(?) it away from them into the elfmound. Now Sid Fràich is that elf- 
mound's name. » 

133. Ard na Riag. 
(Lee. p. 49 2 a ). 

Ard na riag, c^rxas rohainmniged ? 

Ni ansa. Dia rogob formot 7 firmiseni Cellaich maie Eogain 

1 . Literally : « wilt thou suffer thyself to be protected ? » 



1 40 Whitley Siokes. 

meic Cellàich meic AiMla Muilt meic Dathi meic Fiachrach a cridi 
Guairi Aidne meic Colmain cor' guidistair ceathror comalta 
Cellaig uni marbad Chellaich .i. Mael-Croin 7 Mael-Senaich 7 
Mael-daLuad 7 Mael-Deoraid, 7 dodeonaigedar I na comal- 
tada sin cor' marbsad Cellach tre fwail Guairi 7 tarcenn 
chomthach mor. 

IAr marbad Cheïïaig da chomaltaib dobi Cu-choingelt mac 
Eogain '11a n-ia.rmoracht, co fuair iad ac Sal Srotha Deirg, co 
rue leis co Tulaich na Fairscena iad da riagad, co ro riagad 
and iad, cowad uaithib ainmnigtfor in t-ard. Unde àicitur. 

When envy and hatred of Cellach son of Eogan, son of 
Cellach, son of Ailill Wether, son of Dathi son of Fiachra, 
were in the heart of Guaîre Aidne son of Colmdn, he entreated 
the four Maels, Cellach's four foster-brothers, to kJ.ll him. 
And those fosterbrothers consented to kill Cellach at Guaire's 
behest and for sake of great bribes. 

After Cellach h ad been killed by his fosterbrothers, Cù- 
choingelt son of Eogan was pursuing them, and he found 
them at (the river) Sal Srotha Deirg (« Brine of the Red 
stream »), and he brought them to the Hill of the Outlook, to 
torture them, and there they were tortured, and from them 
the height lias its name. 

This article is found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Ard na riag « the Height of the Tortures or Executions », now Ard- 
narea a village near the town of Ballina : see O'Donovan, Four Masters, 
A.D. 1266, and Hy-Fiachrach, p. 34, note \v. 

Sâl srotha deirg, now the river Moy. 

The story of the murder of Cellach and the exécution of his murderers 
is well told in the Lebar Brecc, pp. 274, 276, wheiïce it has been edited in 
Silva Gaddica, I, 57, 63, II, 59, 66. But see Revue Celtique, XVI, 91. 



134. Inber mBuada. 
(Lec. p. 49 2 1 '). 
INbear m[B]uada, can&y vohûnmniged ? 

I. MS. do deonaideda;'. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 141 

Ni ansa. Dia tainic Parrthalon mac Sera meic Sru meic Esru 
meic Gaeidil Glais, 6 taid Gaeidil, asin Greic iar marbad a 
athar 7 a mathar 7 a braithrech um chenn a forba, dia roibe 
sechnon in domain in [leg. 6] cach thir do thir, co ranic fa- 
deoid co hErind, cor' gob cuan 7 calad a n-Inis Saimer. Dam 
ochtair a lin, co roibi re trell isin chuan sin. IAr scithlim a 
loin immorro do[g]nidis liadach 7 enach 7 iascach. Uair ni 
[f]uair ParthaW a n-inb/r na 'n-abaind i n-Er////z co tanic co 
hlnber mBuada, co rob and do[f]uair iasc ar tus, co ndebradar 
muinter Parthatazw : « Is buadach in t-indtar/ » ol siad. 
« Biaid in t-ainm sin fair, » ol Parrthakw .i. Inber m[B]uada », 
et unde dicitur Inbor mBuada. 

When Parthalon son of Sera, son of Sru, son of Esru, son 
of Goedel Glas, from whom are the Goedil, came out of 
Greece, after his father and mother and brothers had been 
killed for sake of their héritage, he wandered over the world 
from one country to another, till at last he came to Ireland 
and got a haven and landing-place at Inis Saimer. A band of 
eight was his complément, and for some time they tarried in 
that haven. After their provisions were spent they hunted 
deer, and birded and fished. Parthalon found no fish in any 
estuary or river in Ireland till he came to Inber mBuada, and 
there first he found fish. So Parthalon's people said : « Profit- 
able (buadach) is the in ver ! » say they. « That shall be the 
name upon it, » says Parthalon, « even Inber mBuada ». And 
hence \ve say Inber mBuada « estuary of profit ». 

Inber mBuada (formerly Indber Cairn glais : see infra no. 136) not iden- 
tifiée!. Inis Saimer an island in the river Erne at Ballyshannon, Four Mas- 
ters, A.D. 1:97, note 6. O'Mahony's Keating, p. 115. 

As to Partholon (name borrowed from Barthùlomaeus), the first colonizer 
of Ireland after the Flood, see LL. 5:», 127» and infra Nos. 145, 150. 

Gaedel Glas the eponymous ancestor of the Irish. See Saltair na Rann 
3993-4012. 

I35. DlNDA HÙA N-AMALGADA. 

(Lec. p. 493*). 

Do dindaib Ua iïAmalgaid andso .i. Carnn Amalgaid 7 Tir 
Revue Celtique, XVI. 11 



142 Whitley Stokes. 

Amalgaid 7 Fearsad Threisi 7 Inis Amalgaid for Loch Con 7 
Mag mBroin la Hilu Amalgaid, canas ro hainmnigcd ? 

Ni ansa. Carn Amalgaid .i. Amalgaid mc/'c Fiachra. Elgaid 
mac Dathi meic Fiachrach is lais rotochlad in canin 'cum 
aenaig Hiia n-Amalgaid do denam 'nathimchell cacha bl'udna, 
7 do feitheam a long 7 a coblaig as 7 ind, 7 dia adnocol 
bodén. 

Amalgaid mac Fiachrach mcic Echach Muidmedoin, is uada 
ro hainmniged Tir Amalgaid. 

Fearsad Treisi immorro cid diata ? Ni ansa. Treisi inçrcn 
Nad-fraich bean Amalgaid mcic Fiachrach mcic Echach Mug<- 
medoin do baidead innti, coma uaithi ainmnichthear, conad ria 
aderar Fearsad Ratha Branduib indiu 1 . 

Inis Amalgaid, cid diata ?Ni ansa. Dia ndechaid Ruad ingen 
Airdig Uchtleathain meic Fir-choca, bean Dathi mcic Fiachrach 
do thuismed a toircbiwja co hoilen for Loch Con, co rue mac 
forsan indsi .i. Amalgaid mac Dathi, conzâ uada sloindter an 
indsi À. Inis Amalgaid; 7 is aitreb naemda ind oilen sin. 

Mag mBroin, cid dia ta ? Ni ansa. Bron mac Alltoid dearb- 
[b]rathair Manannain meic Alloid, is e rosslecht a ridbaid in 
mag, conad he a ainm fil fair .i. Mag mBroin, ocus derb[b]ra- 
thair aile doib Ceiti mac Alloid, dia ta Mag Ceidi. Conad do 
chuimneochad na ndind sin rocanad so : 

Seanchos Chairn Amalgaid reil 71'L 

Of the notable places of Hûi Amalgaid hère, to wit, Carn 
Amalgaid, and Tir Amalgaid, and Fersat Trese, and Inis 
Amalgaid on Loch Con, and Mag mBroin in Hûi Amalgaid, 
whence were they named ? 

Not hard to say. Carn Amalgaid, i. e. Amalgaid son of 
Fiachra. Elgaid son of Dathi son ot Fiachra, 'tis by him that 
the cairn was dug in order to make around it an annual meet- 
ing-place for the Hûi Amalgaid, and to watch therefrom his 
vessels and his fleet(going) out and (coming) in, and (lastlv) 
for his own burial (therein). 

I. MS. aniug. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 143 

Amalgaid son of Fiachra, son ofEochaid Muidmedôin, from 
him Tir Amalgaid was named. 

Fersat Trese, now, whence is it ? Not hard to say. Trese 
daughter of Nadfraech, wife of Amalgaid son of Fiachra, son of 
Eochaid Muigmedôn, was drowned therein : so it is named 
from her, and today it is called Fersat Ralha Branduib. 

Inis Amalgaid, whence is it? Easy to say. When Ruad 
daughter of Airdech the Broadbreasted, son of Firchoca, and 
wife of Dathi son of Fiachra went to an island on Loch Con 
to bring forth the child in her womb, she bore a son on this 
island, even Amalgaid son of Dathi, so that the island, even 
Inis Amalgaid, is named from him. And that island is a hal- 
lowed habitation. 

Mag niBroin, whence is it ? Easy to say. Bron son of Allot, 
own brother of Manannan son of Allot, 'tis he that felled the 
wood of the plain, so that it bears his name, even Mag 
mBroin « Bron's Plain ». And there was another brother of 
theirs, Ceite son of Allot, from whom is Mag Ceiti. 

Wherefore, to commemorate those notable places this was 
sung : 

The story of the cairn of generous Amalgaid, etc. 

Carn Amalgaid on the summit of Mullaghearn, near Killala in the ba- 
rony ofTirawley, v. O'Donovan, Hy Fiachrach, 443 n. The passage rela- 
tingto this cairn is quoted and translated in Petrie's Round Towers, p. 107. 
Tir Amalgaid now the barony ofTirawley, co. Mayo. Fersat Trese i. e. 
trajectus Tresiae, in the parish of Killala, near the abbey of Rafran (Rdith 
Bbrain), see Hy Fiachrach, 9, 490. luis Amalgaid now Inishlee, an islet in 
Loch Con. Mag mBroin « Bron's Plain », now probably the townland of 
Killybrone (i. e. Cell Maighe Broin) in the parish of Ardagh. See Hy Fia- 
chrach, p. 236 n. Mag Ceiti not identified. 

Dathi son of Fiachra, overking of Ireland from A.D. 405 to 428, said to 
hâve been killed by lightning at the Alps. See Lebor na huidre, 38^. 

136. Mag Tibra. 
(Lee. p. 494O. 

Mag Tibra, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. hlrial faid mac Ereamon m«c Milead Esp^mze, rig 



1 44 Whitley Stokes. 

hEr[e]and 7 Alban, 7 tanic Irial timchell Erend inacuaift, co 
riacht co hlndbcr Chairnd Glais risi n-abar lober mBuada, 7 
tanic da acallaim aindsen a buime .i. Tibir ingen Chais Clo- 
thaig do Thuathaib de Danand, co rue le rig hErind dia dunad 
bodesin .i. co Mag nGlas. IS andsin dogob galar œga rig 
laErenn, co testa a ndun a buime. Tancadflr fir Ermw fo thasc 
in rig co fiacht[atar] dun Tibra, 7 dothocbadrtr leo he co rei- 
lic idlaide ha Cruachna, cor' hadlaicead and he. Dochuaid Ti- 
bir isa muir dé bathad do cumaid 1 a dalta, co tucad i tir hi 
iarna 2 bathad do thonnàib in mara, cor' hadlaiced hi 'sa moig 
sin re taeb na tràga, conad uaithi ainmnigthear in mag .i. Mag 
Tibra, 7 is dona gairthib mora doligedrtr lucht in baili i[c] 
cainead rig Erenn 7 a buime ita Tulchan na nGairthi. 

Irial the Prophet son of Erem, son of Mil of Spain, was King 
of Erin and Alba; and on his circuit Irial came round Erin till 
he reached the Estuary of the Green Cairn, which is (now) 
called Inber mBuada. And there he came to hâve speech of 
his fostermother Tibir daughter of Cass Clothach of the 
Tuatha dé Danann, and she brought the king of Erin to her 
own fort, even to Mag Glas. There a deadly illness attacked 
the King of Erin and he passed away in his fostermother's 
fort. The men of Ireland came at the news of the king's death 
till they reached Tibir's àùn, and they took him up to the 
pagan burialground of Cruachain, and there he was interred. 
Out of grief for her fosterling Tibir went into thesea to drown 
herself, and after she was overwhelmed by the seawaves she 
was brought on shore and buried in that plain beside the 
strand. Wherefore the plain is named from her, even Mag 
Tibra; and from the great cries which the folk of the stead 
uttered in bewailing the King of Erin and his fostermother 
Tulchân na ngairihe — « the Hillock ot the Outcries » — is 
so called. 

Mag Tibra and Tulchân na ngairihe hâve not bcen identified. Cruachain 
or Cruachu, now Rathcroghan, the ancient palace of the Kings of Con- 
naught, is in the co. Roscoramon, between Belanagare and Elphin : see 

1. MS. cî/maig. 2. MS. iar iarna 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 145 

the dindsenchas of Râith Cruachan, Rev. Celt., XV, 463, and O'Donovan's 
note, Four Masters, 1223. The pagan cemetery (named Oenach Cruachan in 
LU. 5 i a , and now called Roilig na Righ) lies a quarter of a mile south of 
Rathcroghan. 

In LL. 127b Gilla Coémdin says that Irial the Prophet reigned for ten 
years, and died of a one hour's illness in Mag Muâde. 



137. Sliab nGam. 
(Lee. p. 494O. 

Sliab nGam, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. Gam Gruadsolos .i. gilla [p. 494 b ] Ereamoin moir 
meic Milead Espâine, is he rosaraigsead na hamaidi no na 
maidi im a cheann, 7 robeansad de he, 7 rolaisead uaidib isin 
loch no 'sa tibraid in cend, 7 is don buaidred tue in ceann 
forsin tibraid ita blas searb {uirrï indara fecht 7 in feeht aile is 
firusq^i. Conad on Gam sin ita Sliab nGam. 

Gam the Bright-cheeked, a servant of Eremon the Great, 
son of Mil of Spain, 'tis he whom the crones z outraged as to 
his head, and they struck it off him, and they cast the head 
into the lakc or into the well. And from the disturbaiiLe 
which the head caused to the well it has at one time a bitter 
taste and at another it is pure spring-water. Wherefore from 
that Gam Sliab nGam is so called. 

Sliab nGam, now Slieve Gamph, a chain of mountains in the co. of Sligo, 
O'Donovan, Four Masters, 1286, note d, where he says that « the name 
is incorrectly translated Ox Mountains, because the natives believe that the 
true Irish form of the name is Sliabh dhamh, i. e. mountains of the oxen. » 

138. Loch Gile. 

(Lee. p. 498*). 

Loch Gili, canas rohainmnigead ? 

Ni ansa. Romra.7 Omra, da ri robadar sin moig dia ta in 

1. maidi is obscure to me; but amaidi seems = ammiti of LL. I20 a 11 
(Rev. Celtique, III, 176). 



146 Whitley Stokes. 

loch. Bai ingen la Romra .i. Gili a hainm, Dia rochuindig 
Omra do mnai Gili ingen Romra co r'er 7 co r'citig an ingen 
eseom. Dia ndeachaid Gili la dia fothrucad co tobar robai for- 
sin maig an aimsir bai snigi ann co facaid in fear bai 'ca cuind- 
gid osa cind, cor'ba marb do nairi in ingen, co fuair bas isin 
tibraid. Co tâinic a buime 'na doc//m 'na diaid sin, co rachai, 
7 is dona deoraib ro muidsedar uaithi 'sa tobar dorindi in loch, 
7 o Gili ingin Romra rohammniged. Unde Loch Gili dicitur. 
Corbo marb Omra do laim Romra a ndigail a ingine, 7 do- 
mebaid cromaidm cwmad da chraidi 'na cliab fodesin do chu- 
maid a ingine, con&d uaidib na da chara .i. carnn Romra 7 
carn Omra. Conad doib sin rocanad : 

Ingean Romra, Gili glan, yû. 

Romra and Omra were two kings who lived in the plain 
which became the lough. Romra had a daughter named Gile 
« Brightness ». Omra asked Gile Romra's daughter to be his 
wife, but she refused and rejected him. One day when it was 
raining Gile went to a well in the plain to bathe. She saw 
above her head the man who was seeking her. The girl died 
of shame and found death in the well. After her came her fos- 
termother and wept, and 'tis with the tears that burst from 
her into the well that she made the lough, and from Gile 
Romra's daughter, the lough was named. Hence Loch Gile is 
said. 

Theje Omra died by Romra's hand, in vengeance for his 
daughter, and a gore-burst of grief broke from his heart in 
his own breast for sorrow because of his daughter. So that 
from them the two cairns are named, to wit, Carn Rouira 
and Carn Omra. Wherefore of them hath been sung : 

Romra's daughter, pure Gile, etc. 

Loch Gile dow Lough Gili in the co. Sligo. 

Another death from excess of fetnale modesty is commemorated by Kea- 
ting, who says (Halliday's édition, p. 296) that Fiai the wife of Lugaidh 
son of Ith died through shame because her husband had seen her nakedness 
as she was coming in from swimming (fuair Fiai bean Lughaidh mhic Ithe, 
bas do naire air ffaicsin a nochta da céile ar tteacht 6 shnâmh dhf). 

The genesis of Loch Gile recalls the Egyptian tradition that the swelling 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 147 

of the Nile was caused by the tears of Isis for the loss of Osiris, whom 
Typho had basely murdered. SeealsoNo. 98 supra, for the origin of Loch 
Ruidi and two other Irish lakes. 

Gile is derived from gel « bright », which seems cognate with ysXav 
Àa;j-£'.v, Hesych. 



139. Âth Liac Find. 
(Lec. p. 5oi b ). 

Ath Liag Find, carias rohammniged ? 

Ni ansa. Cath doradad it/V Find mac Cumaill 7 Fland mac 
Echach Abradruaid, conià annsin doroacht Sidengingen Mong- 
ain Sidig x co lig co slabrad oir do Find mac Cwmaill, co 
tard sin a laim Guaire Guill, co tairnic airm Find do chai- 
thim, avrid iar/mi tairlig [a lie 2 ], co torcradar de tri meic 
Echach Abradruaid .i. Bran 7 Seanach 7 Senan, 7 torchair in 
liag isan ath, 7 ni fagaib^ nech comwfagaib Bé-tuinde4 ingen 
Nothra nô Chalaid meic Cowchind, conià hi àomheir araird ma- 
dain domnaig, 7 secbt mbliadna ianmi co brath. [Unde Ath Liac 
Finn] >. 

A battle was fought 6 between Find son of Cumall and 
Fland son of Eochaid of the Red Eyebrows, and thither came 
Sideng, daughter of Mongan of the Elfmounds, unto Find son 
of Cumall with a flat stone and a chain of gold (fastened 
thereto). And Find placed it in the hand of Guaire Goll till 
he had used up his weapons, whereupon (snatching it from 
Guaire Goll) he flung his stone, and thereby fell three sons of 
Eochaid of the Red Eyebrows, namely Bran and Senach and 
Senân. And the stone fell into the ford and no one found it 
till Bé-tuinde (« Woman of the Wave ») daughter of No- 
thair, or of Calad, son of Conchenn, found it. And 'tis she that 



1 . sigid Lec. 

2. sic BB. 

3. fadaib Lec, forfagaib, H. 

4. conus fadaib Bechuilli, Lec. 

5 . sic H. 

6. literally, delivered. 



148 Whitley Stokes. 

brings it up (on shore) on a Sunday morning, and there are 
seven years thence till Doomsday. Hence Ath liac Find « the 
Ford of Find's flagstone ». 

Also in BB. 394 h 8 and H. 53*. Versified by Mael-Muru. LL. i63 b 24: 
Edited and translated by O'Curry, Manners and distants, II, 283-285, as 
an illustration of the use of the « champion's hand-stone. » 

Ath liac Find now the ford of Ballyleague, at Lanesborough, on the 
Shannon, above Athlone. Guaire Goll a name for Oissin or Ossian, Rev. 
Cett., VII, pp. 289, 300. 

Note the use of the présents fagaib and do-m-bcir for the future. 



140. Druim Criaich. 
(Lee. p. 502 1 ). 

Druim Criaich r , tamis rohainm///<~ù/ ? 

Ni ansa. Druim n-Airthir a hainm artus, co tardsad na tri 
Find-eamna cath dia n-athair ann, d'Eochaid Feidleach, do rig 
Herenn .i. Breas 7 Nar 7 Lothar a n-anmand, 7 a n-Eamain 
Mâcha àono rohoilead iad 2 — nô eamain cach raed cengailti, 
7 do oentairbert rucad iad. 

Lodar tuaithbel Erenu tar Febal 7 dar Eas Ruaid 7 dar Duib 
7 dar Drobais 7 dar Daill 7 dar Sligech 7 dar Senchorann 7 
dar Segais 7 dar Mag Luirg 7 dar Mag n-Ai 7 dar Mag Crua- 
chan, connà andsin rosiacht> Clothra a siur 7 rochai friu 7 
ros-poc, 7 adben : « Ba saeth lim beith can clanda ! » 7 ro- 
chuindich a coimlebaid, ro//id[d]e dorala Lugaid Riab ndearg 
mac na tri Find-eamna. IS airi do/70 doronnad sin, cona gab- 
dais fircatha fria n-athair. 

Lodar iarsin o Chruachain tar Ath luain arfud Midi tar Ath 
Féne, dar Findglais, dar Glais Tarsna, dar Glais Cruind, dar 
Druim n-Airthir. 

Tri tricha ced andsin im Eochàid. Timnais do/70 Eochaid 
troscad ara macaib im thelcaid * doib nô im chairdi mis dô > fr 

1 . sic BB. and H. Criad Lee. 

2. rohaltait BB, and H. 

3 . dos roacht BB. dus roacht H. 

4. thelgad BB. thelcud H. 

5. do BB., H. doib Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 149 

cath, 7 ni thucad do acht cath arnamârach, 7 ros-mallaig Eo- 
zhaid andsin iad, 7 adbert: « Beidid mar tad a n-anmann », 
7 dob^rt in cath, 7 dochomairt . uii. mile [do suidib], 7 ro 1 - 
madmaid in meic 2 im theora nonbtfraib leo .i. naenmur la 
Nar doriacht tir ind Nair 3 a n-Umall, conad ann dorochair ac 
Leith na cor, 7 naenmor aile amBreas co Dun mBres [p. 502''] 
co Loch n-Oirbsen, co ndorchair ann, 7 nonbar aile la Lothar 
dar Ath luain, co ndorchair and. 

Co tancadaw a tri cind co Druim criaich4 [ria n-aidchi], co- 
nad and isbert Eochaid in mbreithir, nach ngebad mac andiaid 
a athar flaithiz^ Temra can nech etwrru on dail sin anuas. 

Unde Druim criaichs âicituv. 

Druim nAirthir (« Ridge of the east ») was its name at 
flrst, till the three Find-emna (« Finns of Emain ») gave battle 
to their father there, even to Eochaid Feidlech, king of Ire- 
land. Bres and Nar and Lothar were their names, and in 
Emain Mâcha they were reared. Or emain is every thing con- 
nected, and at one birth they were brought forth. 

They marched through the north of Ireland over Febal and 
over Ess Rûaid, and crossed (the rivers) Dub and Drobais and 
Dali and Sligech, and over Senchorann and Segais and Mag 
Luirg and Mag nAi and Mag Cruachan, and there their sister 
Clothru sought them, and wept to them, and kissed them. 
And she said : « I am troubledat being childless », and she en- 
treated them to lie with her. And thence was born Lngaid 
Red-stripes, the son of the three Find-emna. This was done 
that they might not get « truth of battle » 6 from their father. 

Thereafter they marched from Cruachan over Ath liîain 
throughout Meath, over Àth Féne and Findglais and Glais 
tarsna and Glais Cruind and Druim n-airthir. 

Thrice three thousand were then with Eochaid, and he or- 



1 . MS. repeats 7 ro. 

2. imeid, Lee. in meit BB. an meic H. 

3. sic H. tiriNair Lee. 

4. sic BB. criaid Lee. 

5. criaid Lee. 

6. i. e. I suppose, fair play in fight. 



1 50 Whitley Stokes. 

dered a fast against hissons to overthro\v(?) them, or to make 
themgranthim a month's truce from battle. Nought, however, 
was given him save battle on the morrow. So then Eochaid 
cursed his sons and said, « Let them be like their names ». 
(Noise and Shame and Trough). And he delivered battle (to 
his sons and their troops), and crushed seven thousand of 
them; and the sons were routed with only thrice nine in their 
company, to wit, nine with Nar, who reached Tir ind Nair in 
Umall, and there he fell at Liath na cor ; and nine others with 
Bres at Diîn Bres by Loch Orbsen, and there he fell ; and 
nine others with Lothar over Âth Main, and there he fell (and, 
like his brothers, was beheaded). 

Then before nightfall their three heads came to Druim 
Criaich, and there Eochaid uttered the word, that from that 
time forward no son should ever take the lordship of Tara 
after his father unless some one came between them. 

Also in BB. 394b 45 and H. 5j b . Vefsified by Cuari hûa Lothchain, 
LL. 151. 

Druim criaich, nowDrumcree in the co. Westmeath. Criaich, says O'Curry 
(Manners and Customs, II, 145) « is composed of cri the heart and ach a 
sigh or moan : because ever after the monarch Eochaidh Feidhlech received 
the heads of his three rebellious sons on this hill, sighs and moans nevcr 
ceased to issue from his heart. » But en means « body, » not «heart, » and 
O'Curry's etymology is given in the Côir Anmann as the explanation of 
feiâlcch, not criaich : Nô Eochaid feidhil-uch .i. fada .i. feidhil .i. uch comôr 
minic lais, ar ni dheachazd a thinnius asa chridiu 6 romarbhait a maccu lais 
a cath Droma Criadh, co fuair feîn bas, conafdj ar in fotha sid asberar Eo- 
chaid FeidhLdi fris, H. 3. 18, p. 575. 

Umall now the Owles in co. Mayo Loch Orbsen now Lough Corrib. Ath 
Main now Athlone. 

The répulsive taie of Clothru's incestuous intercourse with lier three 
brothers is told, with some variation, also in LL. 124 11 , Unes 41-55. See 
too O'Mahony's Keating, pp. 287. 288. 



141. Tuag Inbir ocus Loch n-Echach. 
(Lee. p. 503-0. 

Tuag Inbir 7 Loch nEchach, cznas xo\\:\u\mnigtl)ea? 

Ni ansa. Tuas: ingen Chonaill Chollamrach, dalta Chonairi 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. i 5 i 

môir meic Ewrsceil, is and roalt, i Temraig 1 , co slogaib mora 
d'ingenaib rig Hmnd uimpi diahimchoimed. O hindi (?) im- 
morro co cend a .u. mbliadan ni ro leiced fer ind dia himcha- 
sain co wgabad ri Herenn a himchomarc. Rodfai[d] dono Ma- 
nannan techfa ina dochum .i. Fer Fidail mac Eogabail, dalta 
do Manandan, drai do Thuathaib de Danann, a richt mnai dia 
cainteglach boden, co mbai teora aidche ann. 

Isin cheathromad aidche immorro À. aidchi luain, rocha- 
chain in drai bricht suain osin n-ingin, conas-iargïib fair co hln- 
bear nGlais, ar ba head a cedainm. Conas-îuirim ar lar 'na 
suan conigsed d'iarraid curaig 2 , 7 nirb'ail do a dz^cud conas- 
bearad 'na suan i Tir Ban thsuthain, co tanic tond tuili dia eis, 
coro baidead in ingen. XJnde Tuag3 Inb/r. 

Doluid dono Fer Fidail mac Eogabail [roime] dia thig, 7 
vus-marb and Manandan ar son a mignima. 

Loch n-Echach immorro, is sund adfédar4 .i. Eochaid mac 
Maireada, brathair sen 7 Rib, co rongradaig ben a atharî .i. 
Eiblind ingen Guairi — is uaithi ainmnigther Sliab n-Eiblindi. 
Lodar rompo for imirgi a hlrluachair co Brega 7 co Brug 
meic in Og. IS and bae Aeng«^ foracind, 7 dlomais friu, 7 
marbais a mbuar in aidchi sin 7 a n-echu 6 arnamarach, 7 
romaed marbad na muintiri in treas aidche [p. 503^] mina 
deachdais uad, 7 con-aitcheadar iarz/m imarchor a n-elba 
uad, 7 dorad doib each, 7 adbeart a athchur7 dia tig siu sre- 
blad a fual. Mus-luat 8 for cai mis medon f"ogamair9 feascwr 
luain i Liathmûine. Annsin deillich 10 a n-ech leu 11 iar cur a 
n-elba de, 7 silis a fual co mbo tibra a talmain. Dognithir 
tech im suidiu I2 , 7 gabais Eochaid flaithis n-Ulad co mbai 
nai mbliadna dec i n-Emain. 

1 . a temraid, Lee. 

2. cwraidj Lee. 

3 . tuad, Lee. 

4. Loch neachach sunn immorro is and adberar né adfedar, Lee. 

5 . coro gradaid ben a athair, Lee. 

6. an élu, Lee. 

7. sic BB. cur, Lee. 

8. sic BB. and H. musleath, Lee. 
g. fodamair, Lee. 

10. Lee. inserts anellach. 

11. sic BB. lem Lee. 12. imsiudiu, Lee. 



1 52 Whitley Stokes. 

IS ann luid Lind-mune tar Liathmuine, cor' baidead Eo- 
chaid 7 a cland aile acht mad Dairiu 7 Conaing, cowad o Cho- 
naing Dal Selle 7 Dal mBuain. Cet bliadan iar nge[i]n Cm/ 
annsin. [Unde Loch n-Echach dicitur]. 

Tuag daughter of Conall Collamair, fosterling of Conaire 
the Great, son of Etarscél, there was shc reared, in Tara, with 
great hosts of daughters of the King of Erin around her to 
protect her. Now from... to the end of her five years no man 
wasallowed to see her, so that the King of Ireland might hâve 
the asking of her. So Manannan sent her a messenger, even 
Fer Fidail son of Eogabal, a pupil of Manannan's and a druid 
of the Tuatha dé Danann, in the shape of a womari of his 
own fair household, and there he remained for three nights. 

On the fourth night, however, a Monday night, the druid 
sang a sleep-spell over the girl, and carried her to Inber Glais, 
for this was the first name of Tuag Inbir. There he laid her 
down in her sleep while he went to look for a boat, and he 
wished not to awake her that he might take her while sleep- 
ing into the Land of Eternal Women. But a wave of the 
floodtide came after him, and the girl was drowned. Whence 
Tuag Inbir. 

Then Fer Fidail son of Eogabal fared forth to his house, 
and there Manannan killed him because of his misdeed. 

Hère now is declared Loch n-Echach « Echaid's lake » (so 
called from) Eochaid son of Mairid and brother of Rib, whom 
his father's wife Eiblenn Guaire's daughter loved. 'Tis from 
her Sliab n-Eiblinne is named. They fared on a flitting from 
Irluachair to Bregia and Brug maie ind Ôc. Oengus was 
there ahead of them, and he rejected them and on that night 
he killed their cattle, and on the morrow their horses, and 
he threatened to kill their households on the third night un- 
less they went away. So they begged him for carriage for 
their goods, and he gave them a horse, telling them to send it 
backto his house before it staled. In the mid-month of autumn, 
on a Monday evening, they wend their way into Liathmuine. 
There their horse lies down, after their goods had been taken 
ofl him, and he lets his urine flow till it became a well in the 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 $ 3 

earth. Round this a house is huilt, and Eochaid takes the lord- 
ship of Ulster and dwelt in Emain for nineteen years. 

Then went Lind-mûne over Liathmuine, and Eochaid was 
drowned with ail his children save only Dairiu and Conaing. 
And from Conaing Dal Selle and Dal mBuain descend. 'Twas 
then a hundred years after the birth of Christ. Hence Loch 
nEchach « Eochaid's lake » is said. 

Also in BB. 395b 40 and H. 54 b . The part relating to Tuag Inbir is in 
Bodl. no. 46 (whence edited in Folklore, III. 510, 511), and is versified in 
LL. 1 52 b . The part relating to Loch n-Echach is in Ed. fo. 4 a 2, whence 
edited in Folklore, IV, 474-5. See also Aided Echach maie Maireda, LL. 
39 a -39 b , edited by Crowe in 1870/ and Silva Gadelica, II, 483, 484, 532. 

Tuag Inbir the mouth of the river Bann. Loch nEchach now Lough Neagh. 
Sliab nEïblindi now the Slieve Phelim mountains Irluachair in the S. E. of 
the co. Kerry. Brtig meic ind Oc, the plain through which the Boyne flows. 
Lind mâine (« stagnura mictus ») not identified : imiine gen. sg. of Cor- 
mac's nniii « urine ». Dal Selle (= Ddl Saune, LU. 39 13 ) not identified. Ddl 
mBuain the tribe and district on each side of thè river Lagan, from Moirà to 
Belfast. 

As to the elf Fer Figail see Rev. Celtique, XIII, 438 where lie is called 
Fer ff. 

142. Benn Bôguine. 
(Lee. p. 504**). 

Beand Bogaine, canas voha'mmniged ? 

Ni ansa. Bo do buaibh 1 Flidaisi ingine Gairb meic Greas- 
caid 2 mna Aililla Feasfonnaid 3 adrulla and coro thai da laeg .i. 
laeg fireann-7 laeg boineand, 7 fiadaigis4 do/70 sil na bo sin 
ann co «ad leta ni dib, cor'bad lana na muigi dib. Intan dono 
no gesed in tarb bai ocaib no thiagdais ba in tire comlbco[i]s 
ina ndochum, 7 ni thictis 5 ianun. Banbruigiu bai andsin .i. 
Echdar ingen Uatha sin, bean sin Bruachda meic Baisgil. Bai 
[for] altrom dono la side .i. Fiacha mac Neill. Doluid dono 



1 . sic B. buaid Lee. 

2. Gresaîgh BB. and H. 

3. feisroinnigh BB. fesroinigh H. 

4. sic B. fiagais, Lee. rofiadaig LL. 

5. thicdisBB., tictis H. bligdis Lee. 



1 54 Whilley Stokes. 

in ho boi na beola sin fo ge[i]m in tairb ucud. Dlomais dono a 
buime Fiachfli^ 7 adb^'t nad ebelta le he for a lacht co tisad 
leis in bo ro thom[l]acht ina beolu no coro bebsad in [m]buar 
n-angbaid. Doluid Fiacha riam co ro slecht * in buar uile, co 
n-ebert : « Is bo-guine andso 7 bid [sed] ainm na benni [se] ». 
Unde àicituï Beann Bogaine. 

A cow of the kine of Flidas, daughter of Garb son of Gres- 
cad, wife of Ailill Fesfonnad, escaped there and dropt two 
calves, a bull-calf and a cow-calf, and the ofFspring of that cow 
went wild, so that nought could be done with them, and the 
plains were full of them. Now when the bull that was with 
them would bellow the cows of the neighbouring country 
would go to them, and then they would not corne (back). 
There was a female hospitalier there, namely Echdar daughter 
of Uathach, wife of Bruachaid son of Baisgel. With her, then, 
in fosterage was Fiacha son of Niall. Now the cow that was in 
front of her went off at the roar of yon bull. So his foster- 
mother declared to Fiacha saying that he would not be nou- 
rished by her on milk until the cow that was milked before 
her should corne back with him, or until he should kill the 
wicked cattle. So Fiacha started off and eut down ail the 
cattle, and said : « There is a cow-slaughter ! » (bô-guine), and 
this shall be the name of the peak. « Whence is said Bcnn Bô- 
guine « peak of cow-slaughter ». 

Also in LL. 165* 45 : BB. 397* 3 : H. 55 1 ' ; and Ed. fo. 4 a 1, from which 
last the story lias been edited in Folklore, IV, 473. 

Benn Boguine notidentified. A man's name Bogaine occurs in LU. 70 b 14. 

As to Flidais, see LL. 147» 33 — 248* ri. The olher names vary. Fiacha 
is Find (LL.) or Fiadchad (Ed.) : Echdar is Ane (LL.) ; Uath is Uathach 
(LL.). 

143. Sliab Betha. 
(Lee. p. 505'). 

Sliab Beatha, canas rohûnmniged ? 

Ni ansa. Bith mac Nae dono doriacht la Ceasair ingin Bea- 

1 coro slechtaib, Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 $ 5 

tha meic Nae ceathracha trath ria ndilind dochum nErind ar 
imgabail [na dilend x ], ut àicitux in Capturis Hitwniae. IS ead 
dono luid Bith rena shecht mnaib dec iar cedroind a .xx.u. im- 
morro iar mbas Ladraind 2 , coma andsin rongab 3 cnthgalar, 
«>/z-apad de, corn ro adnaicsead na mna i carn [mor] 4 Slebi Be- 
tha 5. Unde Sliab Betha 6 àicitur. 

Now Bith son of Noah, forty days before the Déluge, came 
with his daughter Cesair to Erin to avoid the flood, as is told 
in the Capturae Hiberniac. After the first division (of thefifty 
women who had corne to Ireland with him and Cesair, Ladru 
and Finntan) Bith went (to Sliab Betha) with his seventeen 
wives, — or (if it was) after Ladru's death, his twenty-five 
wives — and there an ague .attacked him, whereof lie pe- 
rished. And the wives buried him in the great cairn of Sliab 
Betha. Whence Sliab Betha « Bith's mountain » is said. 

Also in BB. 397b 18: H. 5Ô b ; and Ed. fo. 4 h 1. The Edinburgh version 
is much fuller, and has been published in Folklore, IV, 477. 

Sliab Betha now Slieve Beagh, a mountain on the confines of Fermanagh 
and Monaghan. 

For an account of the two divisions of the fifty women that accompanied 
Bith and his comrades to Ireland, see O'Mahony's Keating, p. 108. As to 
his death, according to Gilla Coemâin, LL. 127s he died, not of ague, but 
of grief for his only son (marb de chumaid a oenmeic). 

. The Capturae Hiberniae (« Gabâla Hérenn ») is mentioned also in the 
Bodleian version of the dindsenchas of Nemthenn (supra no. 83), and 
should be added to O'Curry's list of lost books, Lectures, pp. 20, 21. It 
doubtless corresponded in substance with the O'Clerys' compilation called 
Leabhar Gabhdla. 

144. Âth nGabla ocus Urard. 
(Lee. p. 505*). 

Ath nGabla 7 Urard, canas roainmniged ? 

Ni misa. Ceithri haraid badar la hOrrlam m^c [n]Aililla 7 

1 . sic BB. and H. 

2. iar mbas laidlindi no Ladraind, Lee. 
3 . sic BB. rogob, Lee. 

4. sic BB. and H. 

5. sic BB. and H. beathad, Lee. 

6. Beathatha, Lee. 



i$6 Whitley Stokes. 

Mcadba. Dolodar aniar iar Tain bo Cuailngi. It e annso a n- 
anmand .i. Frâech 7 Foichnem 7 Err 7 Indell, ccithri meic 
Uraird m«c Ainchindead * meic Fir da Roth. Rodw^-marb Cu- 
chulaind oc Ath Greancha, co tue gobai ceithri mbcann fo a 
cinnu - uasan ath. Undc Ath nGabla nommatwr. 

Dia dard [Feargus] in fecht for[d]dail for slogu Erenn oc 
Duma nGranarda aniar for Grellaich Sruthra [.i.] Sruthar 
Chuillindi 7 Sruthar Gartchon, intan tangadflr .iiii. meic 
Uraird aniar for Tebthae [p. 5 5 h ] ndesart^ is and doluid 
Urard la Brig-le[i]th aniar, co faca dendgor na sligeddo chairp- 
thib a mac 7 dodruimen com[b]ad [iar] maidm for firu Olneg- 
macht 7 com[b]ad iar mbas Aililla 7 Meadba 7 a cheithri 
mac, coro dianaigh^ a eocho .i. Cnamrad 7 Cruan a n-an- 
mann — coro daised 7 coro dergenset a aided i Fan Chruainî. 

Unde Urard 7 Ath nGabla 7 Tulaeh Cnamraid 7 Gleand 
Cruain no[min]a[n]tur. 

Orlam a son of Ailill and Medb, had four charioteers. They 
went from the west after the Driving of the Kine of Cualnge. 
Thèse were their names : Fraech and Foichnem, Err and In- 
dell, four sons of Urard son of Ainching, son of Fer da Roth. 
Cûehulainn killed them at Ath Grencha, and put a fork with 
four points under their heads over the ford. Whence Ath 
nGabla « the Ford of the Fork », hath its name. 

When Fergus made the successful expédition from the west 
against the hosts of Eriri at Duma Granarda on Grellach Sru- 
thra, i. e. Sruthar Chuillinne and Sruthar Gartchon, at the 
time that Urard's four sons came eastward upon southern 
Tebtha, then went Urard from the west by Bri Leith. And he 
saw the dendgor (?) of the road (made) by hissons' chariots, and 
he thought that the men of Connaught had been defeated, and 
that Ailill and Medb and his four sons had died. So he has- 
tened his horses — Cnamrad and Cruan were their names — 



1. Amchingedh BB. Aincingedh H. 

2. sic BB. l'ochind, Lee 

3 . sic BB. for test, bai andesart Erenn, Lee. 

4. coro dianaid, Lee. 

5. sic BB. condearenaidsead a fan chruain, Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 57 

and they became furious and killed him on Fân Cruain 
« Cruan's Slope ». 

Whence Urard, and Ath nGabla and Tulach Cnamraid 
« Cnamrad's Hill » and Gknn Cruain « Cruan's Valley » are 
named. 

Also in BB. 397 b 4i and H. 56b. 

With the exception of Cualnge, Tebtha and Bri leith, none of the place- 
names in the above story hâve been identified; but we shall see that Ath 
Gabla was somewhat to the north of Cnogba, i. e. Knowth in Meath. 

The story of the origin of the name Ath nGabla is thus told in the Tdin 
M Càalngi, LU. 58* (= LL. 59) : 

Dolluid Cuchulainn iarom timchell in tslôig co mbôi oc Ath Gren[ch]a. 
Bf/ïaid gabail [cethri rhbend] i sudiu ôen-béim cona claidiub, 7 saidsius for 
medôn na glassi cona dïchtheth carpat fria; disiu nach anall. Dofuircet occo 
Eirr 7 Infdjell, F[rjôich 7 Fôchlam a nda ara. Beraid-soma cethri cinnu dîb 
7 focheird for ceth[e]ora b«ma na gabla. Is de atâ Ath nGabla .i. oc Beloch 
Caille More fri Cnogba atuaid. 

Tiagait iarom eich in cethrair inagid in tslôig 7 a fortchai forderga fo- 
raib. Indar-leô bd cath bôi aracind isind ath. Dothéit buden ûadib do décsin 
ind âtha. Ni acatâr ni and acht slicht ind ôen-charpait, 7 in gabul cosna ce- 
thri cinnu, 7 ainm oguim iarna scribend ina tôeb. 

Then Cuchulainn drove round the host till he was at Ath Grencha. There 
with one stroke of his sword he eut a four-pronged fork, and he set it 
amid the stream so that no chariot should pass it on this side or on that. 
To him come Eirr and Indell (with) Frôich and Fochlam their two chario- 
teers. He takes their four heads from them and thèse he puts on the four 
prongs of the fork. Hence the name Ath Gabla « Ford of the Fork » at the 
Pass of the Great Wood to the north of Cnogba. 

Then in front of the host come the four men's horses with their blood- 
stained housings upon them. So that the men thought there was a battle 
in the ford awaiting them. A troop of them went to look at the ford. 
Nought they saw there save the track of the single chariot, and the fork 
with the four heads (on it), and an ogham name written on its side. 



145. Coire mBreccàin. 
(Lec. p. $05 b ). 

Coiri mBrecain, canas rohainmniged ? 

Ni ansa. Saebchuithi J mor fil kir Erinn 7 Albain hil-leith 2 

1 . Lec. inserts suithi. 

2. sic BB. in leath Lec. 

Revue Celtique, XVI. 12 



1 58 Whitley Stokes. 

fothuaid .i. comrac nâ n-ilmz«n aniar 7 anaif, an[d]eas 7 a, 
tuaid, co cuir cach dib im thuaim ' araile, co tuitid sis a fu- 
domain 2 , co mbai amail choire n-obelda doleic in loim sis 
suas, co cluinter a escal amail thbraind dochein. Couaid ann 
dorala Breacan mac Parthalo[i]n doluid co fuaill 3 7 imtholtain 
o[a] athair a-t hErind, coro[m]baid a coccait cwach. 

IS and donc [dojrola Brccan mac Maine meic Neill .1. cu- 
rach oc coimchennuch ■>, coro baid[ed] ann, 7 ni therno dib 
acht a scela [o orgain], 7 ri. 

IS and [didiu] dorala Colam cilli iar ce[i]n, dia rochoime- 
rich in rriuir fris, dia [tuajrgaib cnama Br[e]acain meic Maine 
meic Neill, dia n-ebairt Colam cilli « Condolb sin, a sein- 
Breacain », 7rl. 

A great whirlpool there is between Ireland and Scotland 
on the north. It is the meeting of many seas, from east and 
west, from north and south ; and each of them hurls (itself) 
round another's place, so that tney fall down into the deep, 
and it resembles an open caldron which casts the draught 
down (and) up, and its roaring is heard like far-off thunder. 
Into this came Parthalon's son Breccdn, who went with pride 
and wilfulness from his father out of Ireland, and it drowned 
him with (his) fifty boats. 

It was there, also, that Breccdn son of Maine, son of Niall 
(of the Nine Hostages) with fifty boats was drowned while on 
a trading venture, and nought of them escaped save the tid- 
ings of their destruction. 

It was there, too, a long time after, that Colomb cille chan- 
ced to be, when the sea rose up against him and upheaved 
this Breccdn's bones. And Colomb cille said : « That is 
friendly, thou old Breccdn », etc. 

Also in BB.- 398^33 and Ed. 4^ 2. Edited (from Ed.) in FoIklore,IV, 478. 
Translated in Reeves' Vita Colitnibac, pp. 262-3. See also Cormac's Glos- 
sary, s. v. Coirc Breccâin. 

1. sic BB. a thuaim Lee. a thoaim H. 

2. co tuitet sis hi fudomnaib, BB. 

3 . ar uaill BB. and H. 

4. sic BB. and H. co, Lee. 

5. oeomeenduch BB. oehoimehennach, Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 59 

Caire mBreccdin « Breccan's Caldron », is, according to Reeves (F//a Co- 
iumbdc, 29, 121) the dangerous sea between Rathlin Island and the north 
coast of Ireland, and not the strait between Scarba and Jura, which is now 
called Corryvreckan. In his Ecclcsiastical Antiquities, p. 386, he identifies 
it with the Jôlduhlaup of the Laudnâmabôc. But see Todd, Wars of the 
Gaedhilwith the Gaill, lxxv, note 2. 

As to Partholon see above, No. 134, and O'Mahony's Keating, 83, 
114-1 16. 

Colomb cille's adventure in Coire mBreccâin is thus told by O'Donnell 
in the Bodleian manuscript (Rawlinson B. 514, fo. $o b 2): Dia mboi Colum 
cille ag dul a nAlbain iar mordhail gur' eirig Coire Brecain rena ucht, gur 
chuir cnama Brecain mie Maine m/VXell .ix. giallaig fora uac/;tar robiàdhcdh 
ann tria re ciana roime sin, gur ro aithin Colum cille tre sp/raid faidhedo- 
ra<r/;/a gur biad cnama Brecain robôi ann, co //deabazrt : « Is forbaid f/imsa 
sin, a tsen-Bhrecain, » or se; 7 roguid Colum cille annsin air Brecan conus- 
fuair fochruidh nimhe dô. 

When Colomb cille was going into Scotland, after the convention (of 
Druim ceta), Coire Breccâin rose before him and cast up on its surface the 
boues of Breccân son of Maine son of Niall of the Nine Hostages, who had 
been drowned there a long time before. And through a spirit of prophecy 
Colomb cille recognised that it was Breccan's bones that were there. So he 
said : « That is great affection for me, thou old Breccân, » saith he. And 
then Colomb cille prayed for Breccân and got for him the reward of heaven. 



146. Benn Foibni. 
(Lee. p. 5oé b ). 

Beand Foibne, cs.nas rohainmniged ? 

Ni a usa. Foibne mac Tairchealtain, deogbaire Echach Ailt- 
leathain meic Aililla Caisfiaclaig 1 , is e robuail Illand mac Ear- 
clain meic Doithre, ri Slebe Mu[g]dorn, os gualaind Echach 
Ailtleathain i n-ailt Midchuarta i Temraig Bres: 2 . Doluid riam 
fothuaid [ijarfud mBreg. Mus-hic Feargna Fear gai leathain 
inadiaid, 7 imwjracht 3 riam as cach be[i]nd [in-aroile] cus'm 
mbe[i]nnn-ucud. Conid ann rod-mert.UnJe Benn Foïbnidicitur. 

Foibne son of Taircheltan, the cupbearer of Eochaid of the 
Broad-joints son of Ailill of the Twisted Teeth, struck Illann 

1 . caisfiaclaid, Lee. 

2. in ailt Midluachra i Temraig Luachra nô i Tevaraig Breg, Lee. 

3. sic BB. musriacht Lee, musracht H. 



160 Whitley Stokes. 

son of Erclan, son of Doithre, over the shoulder of Eo- 
chaid of the Broad-joints in the house of Midchuairt in Tara 
of Bregia. Then he went northward throughout Bregia. 
Fergna the Man of the Broad Spear hurled himself after him, 
and drove him before him from one peak to another, even 
unto yonder peak (Benn Foibni), and there he killed him. 
Whence Benn Foibni « Foibne's Peak ». 

Also in BB. 399-* 1 : H. )j h : Ed. 4 b 2. Edited (from Ed.) in Folklore, 

IV, 479- 

Benn Foibni is according to Reeves (Vit a Columbae, p. 275, note c) 
« now Benyevenagh, a conspicuous mountain-brow over Lough Foyle in 
the parish of Tamlaght Ard. » 

Eochaid Ailtlethan is said to hâve been overking of Ireland from A. M. 4788 
to A. M. 4804, as was his father Ailill of the Twisted Teeth from A. M. 4758 
to A.M. 4782. 

147. Mag'Lèige. 
(Lee. p. 523O. 

Mag Leigi, canas ra hammniged ? 

Niansa. Liag ingen Trescadail meic Buain meic Bealaig do 
Fomorchaib [p. 523 b ] .i. siur do More mac Deileadh. Ba hi 
dobid ag tûr 7 ag tomus chana for clanmib Neimeadh o More 
mac Deilead 7 o Coimng mac Faebair. Is amlaid dono dobidh, 
7 cingid [nô] liach iaraind lé, 7 tri .1. a lan na leigi sin o 
cach tealiach a nErinn do chkn//;aib Ncwid [.i.] côici Lin eatha 
7 lachta, .1. dono do min glain 1 7 .1. lan imme 2 . 

Fograid dono clanda Nt';;/idh cath for More 7 for Coming. 
An tan tangadar sil N^wid sidr do chur chatha imrecaib 7 
Liach ar Muig Leigi, 7 cis airthir Etenn lé 'ca idnacul do Thur 
Co?mng, co rus-mzrb Britâr mac Fergusa Leit[h]d«Vg, 7 ra 
adaig 3 clanda Nemid imo hainm do beith forsin forand indro 
marbad. Unde Ma? Léige diciiur. 



1 . mi/;g lain, Lee. 

2. loma, Lee. 

3 . ra adaid, Lee. 



The Rennes Dind'senchas. First Supplément. 1 6 1 

Liag, daughter of Trescadal son of Buan son of Belach of 
the Fomorians, was a sister of More son of Delà. 'Twas she 
that used (to be sent) by More and by Conang son of Faebar 
to seek and measure the rent due (to them) from the clans of 
Nemed. Thus then she used to be, a goblet x (or) skimmer of 
iron she had; and thrice fifty fills of that skimmer were levied 
from every household of the clans of Nemed in Erin, (na- 
mely) fifty fills of corn and milk, fifty fills of pure flour, and 
fifty fills of butter. 

Now the clans of Nemed challenged More and Conang to 
battle. When Nemed's offspring were marching westward to 
fight them, Liach happened 2 to be on Mag Léige, with the 
tribute of the east of Ireland which she was taking to Tor Co- 
naing (« Conang's Tower »). So Baitar son of Fergus Redside 
killed her; and the clans of Nemed allowed lier name to be on 
the land where she was killed. Whence Mag Léige « Liach's 
Plain » is said. 

Only found (so far as I know) in the Lecan copy of the Dindsenchas. 
But the story is told by Keating, pp. 125-126 of O'Mahony's translation, 
and see LL. 6 a 43-51. 

Mag Léige not identified. Tor Couaing on Tory Island, off the N. W. 
coast of Donegal. 

As to Nemed and his sons (Starn, Fergus, Ardân, Annind) see LL. 127». 



I48. SÉIG MOSSAD. 

(Lec. p. 523 b ). 

Seg Mosad, camw rahainmm^rd ? 

Ni ansa. Mosadh [p. 524*] mac Main meiç Iair meic [FJleisci 
findi co fuair seig a Fidh Eoin, 7 ro biath co forbairt iarwm 
co n-ithead na graigi 3 7 na tainti 7 na daine [dessaib 7 tria- 



1 . cingid = Cormaç's cingit. 

2 . imrecaïb = imreaccaibh À. teagmhail, imreaccaibh doibh .i. tarla doibh, 
O'Cl. =z imrecaim, LL. io8 b 10, the sigmatic aorist sg. 3, of inimècmaingim. 

3 . graidi Lec. 



i62 Whitley Stokes. 

raib] r . O na fuair a daithin doieaU ara oidi co n[d]uaid isin 
muigh. Unde Seg Mosad diciha. 

Mossad mac Main grindi gel 
mac Fleisci findi, fo an fer, 
ailis ség fri seal subaigh, 
robo mer don môïchuraiàh. 

Mossad son of Maen, son of Iar, son of Flesc the Fair, 
found a hawk in Fid Eôin (« Bird's Wood »), and fed it so 
that it grew and ate up the horse-herds and the flocks and the 
human bernas by twos and threes. When it could not get its 
iill it turned on its fosterer and devoured him on the plain. 
Whence Séig Mossad is said. 

Mossad son of Maen, a bright band, 
Son of Flesc Find, good was the man, 
Nurtured a hawk for a joyous time : 
It became furious to the great champion. 

Also in LL. i6o b 37 and Bodl. no. 24. Edited from Bodl. in Folklore, 
III, 490. 

Séig Mossad not identified, but Mag Mossad or Mag Mossaid is located by 
O'Curry {Lectures on MS. Materials, 485 note) in the barony of Eliogarty, 
co. Tipperary. Fid Eôin — Mag Eôin, Ed., not identified. 

The story reminds one of the Latin proverbs : in sinu viperam habere : 
viperam nutricare sub alâ. 



149. Brefne yrl. 
(Lee. p. 524»). 

Breime, cana^ rohainm;//V^? 

Ni ansa. Brefne an bangaisgeadhach .i. ingen Beoâin meic 
Bcothaig meic Iarmuine/1 fatha mac Nt'^/id, rodoscomraig and 
7 Ragan Anglonnach do clannaib Caim .i. taiseach teglaig 
Aeng/<5a meic inn Dig, co ndrochair leis inn ingen 2 . Unde 
Breifne àicitur. 

1 . sic LL. 

2. leisin ningin Lee. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 1 6 ] 

Luid * do/70 Ragan co hAill meic Asuaill, cor' marbad and la 
Tuaith Dé Danann. XJnde Tuaim Ragain àicitur. 

Mag Innusa À. o Innus 'mgin Breis meic Ealathan ainmni- 
gther. 

Sliab Fraech .i. Fraech do muindt/7 Ceasrach adbath and, 
dia mbadtfr andiaid Finntain. Dochuirsed cloch cach mna îuirrï 
isin tsliab. \Jnde Sliab Fraech dicitur. 

Mag Slecht À. is ann dosler/;/sad fïr Erenn do Crom Chruach 
im Thigernmas mac Eollaich, co ndorchair deich cet 7 tri m/// 
dib. Un^ Mag Sler/;?, 7 Mag Senaig a ainm artus. 

Unde Breifne dicitur. Findtan doroine : 

Brefne ca hadbar dia mil, jû. 

Brefne the woman-cbampiori, daughter of Beodn son of 
Beothach, son of Iarmuinél the prophet of the sonsof Nemed, 
there encountered Ragan Anglonnach of the clans of Cam, 
the chief of the household of Oengus Mac ind Oc, and by his 
hand the girl fell. Hence Brefne is said. 

Then Ragan went to Aill meic Asuaill « the Rock of 
Asuall's son », and there he was killed by the Tuath Dé Da- 
nann. Whence Tuaim Ragain « Ragan's tumulus » is said. 

Mag Innusa is named from Innus daughter of Bres, son of 
Elathu. 

Sliab Fraech, thaï is, Fraech (one) of Cesair's household 
died there when they survived Finntan. On the mountain 
they put a stone for each woman. Hence Sliab Fraech is said. 

Mag Slecht : "tis there thaï the men of Erin around Tigern- 
mas son of Follach, prostrated themselves to Crom Cruach; 
and of them fell ten hundred and three thousands. Whence 
Mag Slecht « Plain of Prostrations », but Mag Senaig « Se- 
nach's Plain », had been its name at first. 

Whence Brefne is said. Findtan made (the following poem) : 

Brefne, from what cause is it ? etc. 

Found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 
Brefne now the counties of Cavan and Leitrim. 

1 . Luig Lee. 



i($4 Whitley Stokes. 

Mag lnnusa and Sliab Fraech not identifiée!. 

Mag Slecht v. supra no. 85. As to the death there (from plague) of Ti- 
gernmas and most of the men of Erin, see LL. i6 b , 127b. 

As to female champions or warriors in Ireland, v. supra no. 1, § 27 
(Dumae na mbanamus) and see Battle of Vcntry, éd. Kuno Meyer, pp. 76-77, 
and Lives of Saints from the BooJc of Lismore, 1. 4832 and p. 361. As to the 
Russian polinit^i see Folklore, 1, 470-1. 



150. Loch Laiglinni. 
(Lee. p. 524 b ). 

Loch Laiglindi, canas rohammniged ? 

Ni ansa. Laiglindi mac ParrthaW» 7 Dealbnad mgen Loch- 
taigh a mâihair. Tainig Laiglinne .1. laech co Tipraid Dera 
meic Sceara. Ramebaidh tond tairrsib, cor' baid Laiglinne cona 
.1. laech, co nderna[d] loch de. Unde Loch Laiglindi dicitur; 7 
adbath Dealbnad immorro a mâthajr, bean Parrthfl/w», dia ch- 
maid 1 cona .1. 'mgen. 

Laiglinne was son of Partholon, and Delbnat daughter of 
Lochtach was his mother. With fifty warriors Laiglinne came 
tothe Well of Dera son of Scera. A wave burst over them and 
drowned Laiglinne with his fifty warriors, and thereof a lake 
was made. Hence we say Loch Laiglinni « Laiglinne's Lake ». 
And his mother Delbnat, Partholon'swife, with lier fifty maid- 
ens, died of grief. 

Found only in the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Loch Laiglinni not identified. It was in Hûi maie Uais Breg, in East 
Meath, to the S. W. of Tara, See Four Masters, A. M. 2535, where the 
lake is said to hâve burst forth when Laiglinne's grave was dug. 

As to Parthalon see above, No. 134. 

151. Loch Cenn. 
(Lee. p. 52 4 b ). 

Loch Ceand, carias rohammniged ? 

Ni ansa. Cath doradad araili la [la] Colman Môr mac Diar- 

1 . cumaig, Lee. 



• 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 165 

mada 7 la Cairpri mac Each[ach] meic Aengusa. meic Nad- 
fraeich, co ndorchair Colman and iar maidm chatha fair, co 
tucadh isin Loch Cend, 7 nai cet cenn do chennaib a sluaig 
mailli fris. Unde Loch Cenn dicitur, 7 Loch Silenn roimi sin é. 

On a certain day a battle was fought by Colman Mor son 
of Diarmait and Cairpre son of Eochaid|son of Oenguslson of 
Nat-frâich. After being routed in battle Colman fell and was. 
cast into Loch Cenn, and together with him nine hundred 
heads of the heads of his army. Hence we say Loch Cenn 
« Lake of Heads », and before that it had been Loch Silenn. 

Found, so far as I know, only in- the Lecan copy of the Dindsenchas. 

Loch Cenn not identified. But there is a Loughnagin (= Loch na gcemi) 
in Donegal (Joyce, p. 213), which may perhaps be the lake in question. 

Colman Mor mac Diarmuta is said by the Annalists (F. M. at A. D. 552, 
Annals of Ulsterat 554, and also 557) to hâve been killed by a Pict named 
Dubsloit ; but they are silent as to the place of the occurrence. 

152. Mag nDumach. 
(Lee. p. 524 b ). 

Mag nDumach, can&s rohainm/n'^J? 

Ni ansa. Cath doradadh etir Eber 1 7 Eremon ann, da mac 
Mlled, um na tri dromandaib as deach bai a nErmw .i. Druim 
Cresach 7 Druim Beitheach a cuid Erimoin [7 Druim Fingin a 
cuit Ebir). Ba bec lé hEber aen druim 'sin leith tes 7 a dô 'sin 
tir thuaid, 7 adben Erimon na fuigthea 2 uad a chuid. Ver- 
thair cath eatorru. Ra meabaid tra for Eiber, co ndorchair and 
Eib^r 7 Palap mac Erimoin la Co/miael mac Eib/V, 7 dogniead 
dumada ar an laec^raid annsin. Un^ Mag nDumach, 7 Mag 
n[D]enusa a ainm ar tus. 

[p. 525^] 'San chath for Den/w na dreab, 
'san muigh adrochair Eb^ 
a torcradflr amalle 
Goisten, Segda ocus Suirge. 

Unde Mag n[D]umach dicitur. 

1 . Eimbtv, Lee. 

2. fiuigthea, Lee. 



i66 Wliitley Stokes. 

Between Eber and Eremon, two sons of Mil, a battle was 
there delivered concerning the three ridges that were best in 
Erin, to wit, Druim Cresach and Druim Bethech in Eremon's 
share and Druim Fingin in Eber's share. To Eber it seemed 
small to hâve one ridge in the southern half (of Ireland) and 
two in the northern country ; but Erimon said that his portion 
should not be obtained from him. So between them a battle 
is fought in which Eber was defeated, and therein fell Eber 
and Palap son of Eremon by Conmael son of Cathbad ; and 
barrows were built over the heroes there, whence Mag nDu- 
mach « the Barrowed Plain », and its original name was Mag 
nDenusa. 

In the battle on Denus of the habitations, 
In the plain where Eber fell, 
There fell together 
Goisten, Sedga and Suirge. 

Hence Mag nDumach is said. 

Also in Egerton 1781, fo. 75k, whence edited in Folklore, IV, 492. 

Mag nDumach is perhaps the plain called by the Four Masters, A.D. 858, 
Magh Diana, which O'Donovan says is now called Moy, adjoining Char- 
lemont on the Tyrone side of the Blackwater. Druim Clasaigh (— Druim 
Cresacb) is a long hill in Hy-Many, between Lough Ree and the river Suck 
(Suça). Druim Beathaigh (= Druim Bethech) was the name of aridgeacross 
the plain of Maenmagh near the town of Loughrea, in the co. of Galway. 
Druim Finghin is a ridge extending from Castle-Lyons in the co. of Cork 
to the south side of the Bay of Dungarvan. 

As to Eber and Eremon and their dispute see the Four Masters, A. M. 
3501, and O'Mahony's Keating, p. 210. 



153. Cnucha. 
(Lee. p. 525 a ). 

Cnucha, canas ra hammniged ? 

Ni ansa. Cnucha ingm Cona'mg a hiath Luimnigh, buime 
Chuind Chétchathaig, dochoidh and do tham ina tigh feisin, 7 
do hadnaiceadh la Conaing isin chnuc ugad .i. Cnucha. JJnde 
Cnucha âicituï. 

Finit. Amen. Finit. 



The Rennes Dindsenchas. First Supplément. 167 

Cnucha daughter of Conaing, out of the country of Luim- 
nech, fostermother of Conn of the Hundred Battles, went 
thither to die in her own house, and was buried by Conaing 
in yonder hill, namely Cnucha. Whence Cnucha is said. 

It endeth. Amen. It endeth. 

Also in Egerton 1781, fo. 76 b 2, whence edited in Folklore, IV, 495. 
Cnucha now, probably, Castleknock near Dublin, see O'Donovan's 
note f, Four Masters, A. M. 3579. Luimnech, see above, no. 57. 
Conn Cétchathach overking oflreland, from A.D. 123 to 157. 

Whitley Stokes. 
(A suivre.) 



SUR QUELQUES TEXTES FRANCO-BRETONS 



I. 

i. M. de la Villemarqué a signalé et étudié au point de 
vue de l'histoire littéraire 1 un « Noël en breton qui parle 
françois », composé par Jean Daniel, au xvi e siècle, et repro- 
duit récemment par M. Henri Chardon 2 . C'est un document 
curieux à plusieurs égards. 

2. La pièce a été faite, comme l'indique un sous-titre, pour 
être chantée sur « le trihori de basse Bretaigne », cet air de 
danse si fameux alors, cf. Revue Celtique, XV, 151. Il est donc 
intéressant d'en examiner le rythme. 

Voici le refrain et le premier couplet. 

Tyvonnet et Mathery, Hervé, Henry, 
Trudaine, 
Faison en ung chantery 
Ung beau hery, 
Gent et joly, 
Ennet demain: 
Noël! 

Ma père, il a dit que Adam 

Eut ung beau fam, 
Qui mordoit en ung pomme, 
Par quoy Dieu de son meson 



1. Bulletin delà Société archéologique du Finistère, Quimper, 1883, p. 27- 
30, cf. 16. 

2. Les Noëls de Jean Daniel dit Maître Mitou, organiste de Saint-Maurice 
et chapelain de Saint-Pierre d'Angers, 1 520-1 530. Le Mans, 1874, p. 37-39. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 169 

Mist le bon hom. 
Entrez dehors garsonne, 
Vous irez petez 1 dehors 
Ta meschant corps, 
Villaine. 
Vous en aurez pour le mors 2 
Plusieurs remors, 
Soyez en certain, 
Tyvonnet. 

Ce dernier mot, qui revient à la fin des six autres couplets, 
n'est là que pour représenter le refrain. 

Une chose frappe d'abord, c'est la ressemblance rythmique 
du refrain avec les six derniers vers du couplet. Le refrain dif- 
fère seulement en ce que le vers en ain est précédé de deux, 
et non d'un vers de quatre syllabes, et suivi du cri: Noël! 
Mais cette dernière particularité est fort commune dans les 
Noëls, et le trihori original n'y est sans doute pour rien. 

Le type presque identique des deux passages permet de les 
corriger l'un par l'autre. Au refrain, il vaut mieux couper la 
première ligne : 

Tyvonnet et Mathery, 
Hervé, Henry. 

Le dernier vers du couplet a une syllabe de trop ; il faudrait 
« soyez certain » ou « sois-en certain ». 

Le couplet suivant confirme, comme tous les autres, cette 
induction, mais il présente d'autres difficultés. 

Quant le dyable il aura veu 

Sa dépourveu, 
Trandoue qu'il est daise, 
Il est dallé, il est venu 

Villain cornu : 
C'est ung beste mohaise. 
Mais Doe de paradis 

A mi sa filz 
En peine, 



1. C'est-à-dire « bouter », mettre. 

2. C'est-à-dire « à cause de la mort ». 



170 E. Ernault. 

Et est venu de sa pays, 

Ce disont ilz, 
A puissant main, 

Tyvonnet. 

Si l'on garde ce texte tel quel, il faut admettre : 

i° que Doe, Dieu, et -doue dans trandoue, par le ciel ! = 
dran Doe, Sainte Nonne, 819, etc. 1 , ont deux syllabes, con- 
trairement à l'usage du breton moyen, gardé par le vannetais 
moderne (cf. Revue Morbihannaise, II, 239; III, 374, 375); 

2° que dans dalle, il, et dans et est, il y a des exemples de 
synérèse, fait fréquent en breton du temps (cf. Rev. Cclî., 
XI, 101). 

Sur le premier point, il n'y a pas de doute : Doe se retrouve 
avec la même valeur au quatrième couplet, et peut-être au 
sixième. 

Le second n'étant appuyé par' aucun autre passage, on peut 
supposer aussi que l'auteur n'avait pas exprimé les mots il, et. 

Le troisième couplet a encore besoin de secours. 

Adam, il estoit chassé, 

Perdu, lassé 
Ou vieu maison du dyable ; 
Mais Diou il a pourchassé 

Ser che trace 
Ung beau vierge amyable. 
Gabriel il est dallé 

Et devallé 
Soubdaine, 
Au beau vierge a dit : 
Amen, nomen Eve 

Seras mis plain, 

Tyvonnet. 

Il me semble qu'on doit lire : « Serché, tracé » ; et 

Au beau vierge a dit : Ave, 
Nomen Eve 
Sera mis plain, 

c'est-à-dire : « le nom d'Eve sera justifié (par toi) ». 

1 . Cf. le Dictionnaire étymologique du breton moyen qui suit mon édition 
du Mystère de Sainte Barbe, au mot ire. Sur le t, voir plus loin, § 26. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 171 

Le quatrième couplet a deux vers faux. 

Le Doe il est nasqui 

Tant beau, genty, 
Seullement sur de paille. 
Ung asne est emprès tappy ; 

Ung vache aussi 
Son halayne lui baille. 

En ung vieu maison 
Il est Fenfantelet 

Tant jeune; 
Il aura ma gastelet, 
Ma tourtelet, 

S'il a besoing, 
Tyvonnet. 

Il faudrait quelque chose comme « En ung vieille mai- 
sonnet » ou « Dedans ung vieu maisonnet »; l'absence de 
rime prouve bien que le vers n'est pas complet. 
Le suivant était peut-être « Il est né, l'enfantelet ». 
Il n'y a pas à changer « tant jeune » ; mais la finale devant 
être en aine, l'auteur a dû faire allusion à une prononciation 
semblable à celle du gallo ou haut-breton actuel jiène. 

Enfin nous arrivons à un couplet de mesure irréprochable, 
le cinquième : 

Je porty ma flageollet 

Et ma muset, 
Et sonneray d'atache 
Trihory joly dehet, 

Languilloset. 
G'iray comment un vache. 
Je feray dancer Mary 
Avecques luy, 
Dandaine. 
Joseph sera endormy, 
Le bon hommy 
N'est pas trop sain, 
Tyvonnet. 

Il n'en est point de même du sixième : 

Au petit dociaure 

Que je feré 
Ung poupine en son crache ; 
Neppes je luy porteré, 

Morceau doré, 



172 E. Ernault. 

Chappon de Cornouache. 
Il aura le bon barat, 
Le guyne math à plaine, 
L'Orléans vin, l'Achevin, 

Le Poetevin, 

S'il aura faim, 
Tyvonnet. 

Le premier vers paraît à corriger en « Au petit Doe i' auré »; 
« j'aurai que je ferai » serait pour « j'aurai à faire », « je 
ferai ». 

Il faut lire, en deux lignes, 

Le guyne math 
A plaine. 

De plus, cette strophe présente une particularité dont il a 
été question a propos du breton, Rev. Celt., XIII, 239. Les 
vers 7, 8, 10 et 11, qui devaient être sur une même rime, 
ont deux finales différentes. Mais pour compenser ce défaut, 
l'auteur a coupé intérieurement les vers 7 et 10 de façon a 
donner, au lieu d'une rime quadruple, deux rimes triples : 

Il aura — le bon barat, 

Le guyne math. . . 
L'Orléans vin, — I'Achew», 
Le Poète vin. 

Le mot barat, pain, qui n'a jamais eu de t en breton, rime 
mieux avec aura qu'avec math, bon. 

Le septième et dernier couplet, parfaitement correct d'ail- 
leurs, diffère de tous les autres, et contraste surtout avec celui 
qui précède, en ce que la première rime masculine est iden- 
tique a la seconde. 

Je prierai dévotement, 

Mignonnement, 
Le petit et son mère, 
Que j'auray joyeusement 

Vin largement, 
Or en mon gibecière 
Et neppes, finablement 

Mon saulvement 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 7 3 

Soubdaine : 
Si chanteray haultement, 
Godinement, 
Au lieu haultain, 
Tyvonnet. 

amen. Noël ! 

3 . Le rythme de cette poésie railleuse se fait remarquer par 
trois caractères saillants : 

i° Il combine des vers masculins de sept et de quatre syl- 
labes; 

2 II a deux vers féminins de six syllabes ; 

3 II présente systématiquement un vers féminin de deux 
syll., en -aine, rimant à -aiu. 

Ces traits doivent-ils être attribués sans réserve à la versifi- 
cation de l'original breton ? 

4. Pour le premier, la chose n'est guère douteuse. La com- 
binaison sept syll. -(- quatre existait en breton moyen. Elle 
appartenait, non pas à la littérature semi-savante des Mystères 
et autres pièces religieuses, mais à la poésie populaire et pro- 
fane du temps. 

Nous en avons une preuve dans le couplet chanté par les 
maçons, Sainte Barbe, 79 (cf. mon édition, p. vi, x) : 

Euelhen eu gonit gloat, hac ebataf, 

Euelhen eu gonit gloat, 

Mar da moues dan marchât 

Ha caffout compaignun mat 

Hac e reo dà euaf ; 

Euelhen eu gounit gloat, hac ebataf. 

Le rythme est sensiblement le même, dans la chanson du 
voyer de Quimpcrlé T : 

Me a deu a les Alan 
Seul a guellaff; 
Me biou, buguel Breiz, gour ez querchen; 
Ma bez essou, quae da glen. 



1. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, XV (1888), p. 327, 
328, 330, 362. 

Revue Celtique, XVI. 13 



174 E' Ernault. 

Peut-être faudrait-il me a biou, ce qui rendrait l'analogie 
complète; cf. me a biaou ane^ah, je le possède, etc., P. Gré- 
goire de Rostrenen. 

On peut comparer plusieurs chansons françaises, comme 

Trop penser me font amours, dormir ne puis ■ ; 

voici, par exemple, les premiers couplets de deux Noëls, sur 
l'air : « Vous qui désirez sans fin ouïr chanter » : 

Enfin de vos maux touché, 

Juifs et Payais. 
Dieu paroît, et du péché 

( Rompt les liens; 
La plus grande prophétie S'accomplit, 
Nous allons voir le Messie Tant prédit. 

L'Éternel montre en ce jour 

Tout son amour. 

Il descend du haut des Cieux 

Dans ces bas lieux. 

Pour sauver l'homme mortel 

Et criminel, 

Il veut paroître aujourd'hui 

Semblable à lui 2 . 

5 . Je me garderai pourtant d'affirmer que ces rythmes po- 
pulaires en breton du xvi e siècle y soient tous d'origine fran- 
çaise. La mesure celtique de sept syllabes, si commune en vieil 
irlandais, en gallois de toutes les époques et en comique, a dû 
exister aussi en vieil armoricain. 

Dans la littérature cléricale du moyen-breton, nous trou- 
vons seulement parmi les Nouelou des hémistiches de sept syll., 
venant toujours après d'autres plus longs: huit -f- sept, 
n os XVII, XXXV ; dix -f sept, n° XXXIII ; à chaque fois le 
rythme est emprunté à une hymne latine. 

Mais il y a des indices assurés de la vieille popularité du vers 
breton de sept syll., soit employé seul, soit mêlé a d'autres. 

i. G. Paris, Chansons du XV* siècle, n° xxx, cf. lxxviii, Rev. d'hist. 

littéraire de la France, II, 44. 

2. Cantiques spirituels sur divers sujets de la doctrine et de la nierai 
tienne.. . Nouvelle édition. Paris, chez Butard, 1767. p. 171 et 17S. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 175 

C'est, d'abord, un dicton rimé intérieurement et qui doit 
remonter au xvi e siècle : 

Birv/À-, b'ivviken 
Riwal Var% na choar^ ouz den, 

cf. Rev. Celt.j XIV, 220; puis, une formulette donnée dans le 
Dictionnaire et colloque français et breton de G. Quiquer, Mor- 
laix, 1690, p. 65 (cf. mon Glossaire moyen-breton, s. v. menn): 

Caera mab jar scraperes, 
à vuoua é doùar carabes, 
so het gant ar Vannigueres 
en gouard an Eue 

On peut citer encore cette mention faite négligemment par 
le P. Grégoire, au mot chien: « qon, pluriel de qy, n'a plus 
d'usage que... & dans quelque chanson, comme : deut da vellet 
coantâ loin en deus bet boëd ar c'hon » . Il est bien possible que 
ce petit texte populaire remonte au moyen-breton, et ait été 
alors : 

Dut'/ da guelf/ cazret lozn 

En deux bezet boet an con. 

6. Il est à noter que plusieurs proverbes et dictons ont en- 
core, ou avaient, sous leur forme la plus ancienne, la même 
mesure ; en voici, par exemple, deux, qui sont, de plus, inté- 
rieurement rimes : 

D'à cievet an'alhWez 
Oz cana d'an goitlou dez, 

D. Le Pelletier, s. v. alhueder (cf. v. tremen); 

Pâouricq pa b'mvidicqa., 
Goaçz evit an diaul ez a, 

Grég., v. riche (cf. v. détremper, estafier, gouvernail, jugement, 
lait, pauvreté}. 

On lit dans les Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne, du re- 
gretté Sauvé : 

Nep a gouez hen deveuz lamm ; 

Pa dorr lie c'harr e vez kamm 



176 E. Ernaulî. 

(n° 527); le premier vers serait grammaticalement plus exact 
sous cette forme : 

Nep a gouq en devq lamm. 

Cf. n os 194, 225, 240, 260, 282, 283, 301, 307, 311, 347, 
415, 434, 461, 493, 526, 665, 710, 716, 726, 729, 761, 768, 
769, 783, 788, 806, 818, 829, 847, 868, 886, 905, 920, 

963, 973- 

7. Le vers de sept syll., rarement employé dans les chan- 
sons actuelles un peu longues, comme celle de Paskou-hir, est 
assez fréquent dans les rimosteïo ou formulettes ; en voici un 
exemple du petit Tréguier : 

Deuz ë beure pë zavi 

Gwerc'h de vek ha c'houe de vri, 

Dibiqous de daoulagat, 

Ha lak de dreo en état '. 

Il en est de même pour les airs de danse ; tel est ce qua- 
train, qui sert à danser eu aîevandeu (— en avant deux) : 

N'em eux nemet eur gwennek, 
Eur plac'h renkafi de gavet, 
Ha pe lakeign më arc'hant, më arc'hant, më arc'hant, 
Ha pe lakeign më arc'hant, 
Renkeign kavet unan goant 2. 

C'est à cette dernière catégorie qu'a pu appartenir le fameux 
trihori de Bretagne. 

8. Contenait-il, comme sa parodie française, des vers de 
six syllabes ? Je ne le crois pas. Ces vers sont, en réalité, aussi 
longs que les précédents, si l'on compte leur terminaison fémi- 
nine, dont l'analogue n'existait pas dans la langue originale. 
L'introduction de ces rimes féminines s'explique par un scru- 
pule du versificateur français, dont les autres Noëls observent 
d'ordinaire la loi classique de l'alternance. 

Lorsqu'on adapte au breton un air français, on ne peut 
laisser aux vers à rimes féminines ce caractère que si l'on se 

1. Cf. Sauvé, Rcv. Celt., V, 159, 160, 172, 178. 

2. Cf. Sauvé, Rev. dît., V, 164. 



Sur quelques Textes franco-bretons 177 

sert du dialecte de Vannes. Voici, par exemple, le refrain du 
cantique « Faux plaisirs, vains honneurs, biens frivoles », 
dans les Guer^enneu eid ol er Mai, Vannes, 1864, p. 43, 44: 

Faus joéieu, inour, gloér ha bobance, 
Adieu d'oh eid er huéh dehuéhan ; 
Pêl-amzér, é sieur deverrance, 
En e hoès me lorbet liessan. 

Cf. les cantiques Hemb asten termén davantage, p. 32, 33 ; 
A lein en nean, Marie, p. 15 9- 161, etc. 

Il n'en est pas toujours ainsi en vannetais; on peut ne tenir 
aucun compte de Ve français, et laisser à la musique le soin de 
prolonger les syllabes bretonnes correspondantes. Ainsi dans 
le Choége • nehué a gannenneu, Vannes, 1829, se trouve un can- 
tique « Ar en ton Gallec : Arrête ici, passant », où l'auteur n'a 
pas cherché à reproduire l'alternance des rimes masculines et 
féminines. Il n'en emploie qu'une de cette dernière sorte : of- 
jance, vangeance, et c'est à une place où le français a une rime 
masculine. De plus, il lui arrive de garder la même rime dans 
tout le quatrain : a garante, Doué, delé, é vuhé. Ce n'est pas 
qu'il lui répugne absolument de tenir compte de cet e, en 
d'autres circonstances : on lit, à la même page (105), douce 
Jésus, doux Jésus, en quatre syllabes. 

Un autre système consiste à donner une syllabe de plus aux 
vers bretons qui répondent à des vers français à terminaison 
féminine. Ainsi la strophe « Faux plaisirs », etc., est traduite 
dans les Kanaouennou santel de l'abbé Henry, Saint-Brieuc, 1 842, 
p. 290 : 

Bed trompler, bed trubard, bed millighet 

Deuz da zelaou va c'henavezo ; 

Nemet re n'am euz-me da zervichet 

Ha renet da falz plijadurio. 

Voici encore un exemple, emprunté à la traduction trécoroise 
du cantique « Arrête ici passant » dans le Me^ellour an ineo, 
Saint-Brieuc, 183 1, p. 207: 

Couscoude m en so bet henoret ac estimet, 
Ha breman gant an oll men so aman dileset ; 
Ma c'horf a so remet, bars en quer ber amser, 
Un objet fîerius, a spont ac a horreur. 



178 E. Ernault. 

Jean Daniel a dû s'arrêter à un parti semblable, en franci- 
sant le trihori des bas-Bretons : pour y mettre des rimes fémi- 
nines, il aura supprimé une syllabe pleine aux vers 3 et 6 
de chaque couplet, ce qui les rendait, au point de vue fran- 
çais, plus courts que les vers 1 et 4. 

9, Reste à parler de ces rimes bizarres : trudaine, demain; 
villaine, certain; peine, main ; soubdaine, plain ; jeune (jiène), 
besoing; dandaine, sain; plaine, faim; soubdaine, haultain ; 
qui rappellent certain quatrain mis au bas d'un tableau récent, 
et -où charmeur répond à qu'il meure! 

Le breton qui, comme on vient de le voir, n'avait pas de 
rimes féminines, ne pouvait donner lieu directement à cette 
plaisanterie. Tout au plus pourrait-on supposer au refrain de 
l'original un mot analogue au trudaine ! de l'imitation française, 
mot qui n'avait pas besoin de rime : cf. falira-dondaine, Quel- 
lien, Chansons et danses des Bretons, p. 181 > ladira diraine, 169; 
dondaine, Luzel et Le Braz, Soniou Brci~-I^el, 1, 194, 312; rou- 
larilanlaine, 244, etc. Les mots de ce genre sont souvent bre- 
tonisés en -èneu, -êno: dariraineu, Son. Br.-I^., I, 120; diraineu, 
288; tralandiridenno, 54; digadenno, Quellien, 202; cf. Rev. 
Celt., XI, 193; GJoss. moy.-bret., v. melen (voir le § suivant); 
mais ils proviennent de refrains français tels que lafalira don- 
daine, E. Rolland, Recueil de chansons populaires, II, 121, d'ia- 
ridondaine, 138, dcrlidondaine, 135, mirliton/aine, 141, etc. 

Sur ce point, le rapport du rythme primitif avec l'imitation 
française reste donc douteux; voir § 15. Mais la question a 
aussi un côté linguistique, qui est plus facile à éclaircir. 

10. Une des particularités de la langue du Noël franco- 
breton, c'est la suppression de Ye final, à la rime : ungchanlerx, 
une chanterie, ung beau fa m, une belle femme, le bon hom, le 
bonhomme, strophe 1 ; sa dépourveu, sa dépourvue, 2 ; ma 
tourtelet, ma tourtelette, 4; ma muset, ma musette, Mary, 
Marie, 5 ; et, inversement, l'addition de cet e là où il n'existe 
pas en français : garsonne, garçon, 1 ; à plaine est probablement 
« à plein », 6. On trouve même le breton gnin, vin, francisé 
en guyne, en deux syll., str. 6. 

Les rimes de trudaine ;i demain, etc., sont, au fond, sem- 
blables, sauf l'orthographe, à celles de homme (écrit hom) à 



Sur quelques Textes franco-bretons. 179 

meson, de pomme à garçon (écrit garsonne), et de flageoUet à 
musette (écrit muset, str. 5). 

Ces suppressions ou additions fautives sont dues, dans le 
français des Bretons, à l'influence de leur propre langue, qui 
n'a pas le correspondant exact de notre c final. Dans les mots 
français empruntés par le breton, cet e est, d'ordinaire, ou 
supprimé ou transformé; cf. Rev. Celt., VIII, 526; IX, 379; 
XI, 363; Gloss. moy.-bret., v. assamblaff, finesaff, gorgaff, rae. 

Nous venons de noter (§ 9) un autre changement de l'e mi- 
muet final, en 0, dans la terminaison française -aine, qui de- 
vient par ailleurs -ene dans le breton rube-rubene, de but en 
blanc, = ribon-ribaine, cf. Gloss. moy.-bret., v. Genouefe. 

Il n'y a exception que pour le.vannetais, comme on l'a vu 
§8; cf. Rev. Celt., IX, 378, 379; Revue Morbihannaise , II, 
240, 241. J'ai eu tort d'écrire sirë roue « sire roi » dans une 
chanson trécoroise traduite du français, Mélusine, VI, 255 ; la 
vraie leçon est sir ë roue, variante de prononciation de sir ër 
roue, qui rend exactement « sire le roi », E. Rolland, Recueil, 
I, 267-271, 273-275 ; II, 152. 

11. La confusion des mots avec ou sans e final a encore 
uneautre cause; c'est la difficulté de distinguer les genres,dans 
une langue qu'on sait imparfaitement. Ainsi ung beau fam est 
pris comme masculin, et garsonne paraît féminin. 

On peut citer ici la phrase prononcée par un Breton de Pleu- 
bihan, Claude Berthou, aux courses de Cesson, en 1807. 
« Lorsque le triomphe de Canaris fut proclamé, Berthou caressa 
son cheval et lui dit, avec l'accent d'une profonde émotion : 
Canaris, uni camarade ! ma Canaris ! tu as fait mon forteun 1 . » 

Les foutes de genre qui émaillent notre Noël sont loin, 
d'ailleurs, de pouvoir toutes se ramener à cet unique principe, 
comme ma père, son meson, str. 1 ; il n'en manque pas qui y 
sont directement contraires : ung pomme, ta... corps, 1, sa fil \, 
sa pays, 2, ung beau vierge, 3, son mère, 7, etc. 2 . Quelquefois 

1 . Notions historiques . . . sur le littoral. . . des Côtes-du-Nord, par Ha- 
basque, Saint-Brieuc, t. II (1834), p. 317. 

2 . On connaît la prière peu chrétienne attribuée au paysan breton : 
« Mon Dieu de ma pays, secourez mon vache, et laissez mon femme mou- 
rir ». Cf. le refrain de la chanson de Pierre Dupont, Les Bœufs. 



i8o E. Ernault. 

les deux genres sont employés en même temps : « c'est ung 
beste mohaise », str. 2. Voir § 22. 

. 12. La phonétique bretonne explique aussi le ch de Achevin, 
angevin, str. 6: cf. grainchou, granges, Grég., etc.; Rcv. 
Celt., VII, 147. Voir § 19. 

13. Les autres finîtes commises à dessein par J. Daniel re- 
lèvent, pour la plupart, de la syntaxe. 

Celle qui est répétée avec le plus d'insistance, c'est le pléo- 
nasme du pronom avec le nom sujet, en dehors de l'interro- 
gation : « ma père, il a dit », str. 1 ; « le dyable il aura veu », 
2; « Adam, il estoit », « Diou il a pourchassé », « Gabriel 
il est », 3 ; « le Doe il est », 4. Voir § 22, 30. 

14. Mentionnons encore l'expression « je prierai... que 
j'auray », 7, qui répond à une particularité de la conjugaison 
bretonne : main be^o = « que j'aurai » et « que j'aie ». Voir 

§30- 

15. Le Noël renferme, en outre, des mots bretons; nous 

avons déjà noté, § 2, Doe, Dieu, trandone, par Dieu, guyne 
math, bon vin, barat, pain. 

M. de la Villemarqué a expliqué avec raison bon hommy, str. 5 , 
par le diminutif breton bonomik, petit bonhomme; cf. § 25. 

Sa conjecture sur hcry, str. 1, qui serait pour hoary, jeu, 
est plausible; hoary a passé en gallo ou haut-breton, cf. Rev. 
Celt., V, 22. 

Je m'écarterais de l'opinion exprimée autrefois par l'émi- 
nent celtiste dans les quatre cas suivants, où il a proposé une 
interprétation bretonne. 

Str. 1 . Trudaine ! Ce doit être un mot insignifiant, tiré d'un 
refrain, comme dandaine, str. 5 ; cf. § 9. On le retrouve dans 
un Noël poitevin de J. Daniel (p. 50 de l'édition Chardon) : 

Ung convy y tint. 



Quant eusraes assez 
Mené la trudaine, 
Nous fusraes lassez ; 



c'est-à-dire « quand nous nous fûmes bien amusés ». Le Dic- 
tionnaire de l'ancienne langue française de M. Godefroy donne 



Sur quelques Textes franco-bretons . 1 8 1 

trudaine, f. « baliverne, fantaisie incohérente; trouble, agi- 
tation », et en cite d'autres exemples ; l'auteur ajoute trudaines, 
superstitions, en patois percheron. On peut voir dans l'His- 
toire de la chanson populaire en France de M. J. Tiersot, Paris, 
1889, p. 1^5, une citation de la Ga~ette musicale de dé- 
cembre 1849, où G. Kastner regarde trudon trudaine comme 
une onomatopée du bruit du tambour, et dit que ces mots ont 
quelquefois servi de refrain. Cf. G. Paris, Chansons, 100. 

Str. 1. Ennet demain semble contenir le haut-breton anê, 
aujourd'hui (v. franc, anuit). Peut-être demain est-il pris dans 
le même sens ; ce ne serait pas plus bizarre que la locution 
« entrez dehors » pour « sortez », qu'on lit au même couplet. 

Str. 5. Débet = y. franc, de het, de hait, de bon cœur, avec 
plaisir. — Languilloset est peut-être une variante du cri agui- 
lanneuf, anguillanneuf , aguilloncu, etc. 

— La forme Cornouache pour Cornouailh, par changement 
de terminaison, avec nuance dépréciative, str. 6, rappelle l'ex- 
pression méprisante « au fin fond de la campiche », pour « de 
la campagne », usitée à Saint-Brieuc. Cf. en petit Trég. koeh, 
ventre, par plaisanterie pour hof, Rev. Celt., XIV, 285 ; monoch, 
monnaie, pour mont. 

Avant de quitter la question du trihori, j'ajouterai que 
M. J. Trévédy, ancien président du tribunal de Quimper, qui 
s'est occupé des anciens témoignages relatifs à cette danse 1 , a 
bien voulu m'écrire à ce sujet : 

« Dans mon enfance, nous dansions sur cette chanson : 

Miche Lagueden derbau derbau 

Miche Lagueden derbau 

Breil ! 

avec un saut. Cela se répétait trois fois. C'était une sorte de 
cancan. Mon souvenir très présent rapproche notre danse des 
descriptions de Paré et de l'indication de Noël du Fail : trois 
pas et un saut ! 

1 . Dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1890, à propos 
du voyage d'Ambroise Paré en Bretagne. Je regrette de n'avoir pas connu 
cet article quand j'étudiais, Rev. Celt., XV. 149 et suiv., le passage breton 
de ce Voyage, que M. Trévédy a expliqué à peu près comme moi. 



182 E. Ernaalt. 

« J'ai idée que dans les campagnes du trécorrois on danserait 
encore comme nous enfants, il y a cinquante ans passés. » 

On chante en effet à Pléhédel, ou du moins on chantait, il 
y a quelques années, un air de danse qui a des affinités évi- 
dentes, tant avec celui que se rappelle M. Trévédy, qu'avec le 
rythme du Noël « sur le trihori de basse Bretaigne » : 

Tache piche logoden, d'eur bod, d'eur bod ; 
Tache piche logoden, d'eur bod dréns. 
War i gein ha war i gof, d'eur bod, d'eur bod; 
War i gein ha war i gof, d'eur bod dréns. 

c'est-à-dire : « Taché piché, (une) souris à un buisson, à un 
buisson; taché piché, (une) souris, à un buisson d'épines. Sur 
son dos et sur son ventre, à un buisson, à un buisson, sur 
son dos et sur son ventre, à un buisson d'épines ». 

Nous avons ici le vers de sept syll. + quatre, et aussi celui 
de sept syll. -\- trois, qui expliquerait, dans le Noël, les vers 
en -aine. 

IL 

16. Achille Jubinal a publié 1 une ancienne poésie intitulée 
Le privilège aux Bretons, en la caractérisant ainsi : « Cette 
pièce, dont l'orthographe est singulière, me paraît être une 
satire des professions qu'exerçaient à Paris les Bretons ». 

Les singularités de ce texte ne sont point de nature ortho- 
graphique; elles reviennent à celles que nous avons constatées 
dans le Noël de J. Daniel, et doivent être attribuées à la 
même cause, l'imitation moqueuse du français parlé par les 
bas-Bretons. 

17. La suppression de ïe mi-muet est plus radicale dans le 
Privilège que dans le Noël. On la trouve dès les premiers 
vers : 

Diex gart la roi de Frans, et tout sa compaingni; 

elle paraît à peu près constamment jusqu'à la fin. 

1 . Jongleurs et Trouvères, ou choix de saluts, épîtres, rêveries et autres 
pièces légères des xnie et xi\ Tt; siècles, Paris, 1835, p. 52-62. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 183 

Les rimes en prennent un aspect uniformément masculin. 
C'est sans doute par suite de méprises qu'on lit chevalerie, 
p. 52, outrage, 59, mesure, linage, 61; les rimes correspon- 
dantes n'ont pas â'e. Les quatre vers en ame, p. 56, sont en 
français correct, étant mis dans la bouche du roi. Restent, 
comme faisant exception: Saint-Tillie, batillie, p. 56; estre, 
mestre, désire; paumoie, voie, 59; afère, retrêre, 61; chivière, 
derrière, compaingne, longaingne, 62. 

Ces terminaisons écourtées peuvent rimer à des finales mas- 
culines : fu, ru (fut, rue) ; Glatingnis, justis, puis (justice, 
puits), 58; Mari, tricheri, anui (Marie, tricherie, ennui), 60. 
Il en est de même, comme on l'a vu, dans le Noël. 

Mais contrairement à ce qui a lieu dans ce dernier texte, 
l'apocope de Ye est aussi de règle en dehors de la rime : plus 
jan que cir, plus jaune que cire, 55, 57, etc. Il faut excepter 
d'abord les monosyllabes, qui gardent Ye devant une consonne, 
parfois même devant une voyelle : ce est, en deux syll., 
vers 15, c'est, v. 37; et puis les mots où Ye se trouve précédé 
d'une double articulation, comme autre, porte, p. 52, entre, 
quatre (écrit .iiij.), 53 ; meismes, trois syll., 55. Les exemples 
contraires, comme dame, 53, rende, voire, 55, croisse, grande, 
56, sainte, 60 (deux syll.), sont relativement rares, et quel- 
quefois fautifs : ainsi usage ne compte que pour deux syll., devant 
une consonne et en dehors de la césure, au v. 4 de la p. 55. 

18. Il arrive assez souvent, en conséquence, que les mots 
français à terminaison féminine affectent la même forme qu'ils 
ont prise en breton. Ainsi PhcJip, p. 55, = moy. bret. Phe- 
lip, Filip (écrit aussi Phelippe, par un gallicisme purement 
graphique); fos, 57, 62, contré, 56, tricheri, cur, ordur, 60, 
— moy. bret. fos, fosse, contre, contrée, trichery, cur, ordur; 
cf. dans le Noël Mary = bret. moy. Mary. 

Une différence se montre dans le traitement de -ce, qui est 
écrit -s, tandis que le breton moyen prononçait -ç : gras, 
grâce, 55, Frans, 57, justis, 62, Moris, Sl~^ l -> en regard du 
moy. bret. grâce, France, iusticc, Moricc. La rime Moris, guis 
n'eût pas été admise en breton moyen (Moricc, guis). Cf. 
Rev. Celt.,XI, 353-356; XV, 154; Revue Morbihannaise, II, 
247, 248. 



184 E. Ernauli. 

19. En revanche, l'auteur du Privilège a tenu compte, dans 
les finales en -âge, de la confusion, fréquente en breton, des 
sonores et des sourdes : il écrit sauvach, âomach, usâch, lin- 
gnach, p. 52, usach, 55, gach, 53, et fait rimer ce mot à ouirag, 
corag, éritag. Comparez le breton moderne savaich, doumaich, 
usaich, lignaich, outraich, couraich, heritaich, arraich, rage, 
Grég., en petit Tréguier zpvach et jovach, domach, kourach. 
On lit arrach dans le Doctrinal a r Christenien, Morlaix, 1628, 
p. 150 (moy. bret. arraig). La notation étymologique domi- 
nait en breton moyen ; on y trouve pourtant flaig et flaich, 
flach, bouger (flageoler), faich et faig, fâcherie; cf. outragy, 
outrage, Grand Mystère de Jésus, 91b, et outrachi, Sainte 
Nonne, 1144; sigou et sichou, sièges, etc. ; voir § 12, et Rev. 
Celt., IX, 372, 37.3. 

Ces alternances, confirmées par les rimes, cf. Rev. Celt., 
XIII, 242, ne se bornent pas à l'articulation j, en breton 
moyen : cf. homicit, homicide, remet, remède, dac, dague, etc. 
Je pense que la forme, isolée dans le Privilège, sir if, p. 61, 
veut dire « (mes)sire Yves », et répond au trécorois Nif 1 . 

20. On peut voir encore des bretonismes de nature phoné- 
tique dans les assimilations de voyelles, manas (qu'il) menace, 
55, chimis, chemise, 53, 55, 57, Dinis, Denis, dimis, demi, 
53, et dans la dissimilation previleg, privilège, 55, 58, previleg, 
57; cf. bret. moderne mananç^, menace, mananç, menacer 
(voir Gloss. moy. -bret., v. habasq) ; petit Trég. jimijelen, che- 
misette à l'ancienne mode (vannetais j urnes et enn, camisole, 
Grég., chemiseetteenn, l'A.); bret. moy. preuileg (etpriuilaig), 
privilège. 

21. D'autres modifications phoniques moins communes 
sont: acriptur, écriture, 57 (cf. bret. moy. astenn, éten- 
dre, etc.); bo, beau, 54, cf. mohaise, mauvaise, Noël, str. 2. 

22. Les fautes de grammaire sont nombreuses, mais assez 
peu variées; voici les principales. 

Genres: la roi, ma frer, ma pain, la bois, la genest, son besl (sa 
bëte), p. 52 ; mon caintur, mon sarp (ma serpe), 53 ; cf. § n. 



1 . Cf. mon Etude sur te dialecte breton de la presqu'île de Bat%, Saint- 
Brieuc, 1883, p. 18. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 185 

Conjugaisons: bate^, battu, render, rendre, 53, etc.; cf. je 
porty, je portai (ou porterai?), Noël, str. 5. 

Nombres : sont pour « est », vers 16; tu l'entende^, tu l'en- 
tends, p. 55. Voir § 30. 

Naturellement, il n'y a pas besoin d'être Breton pour mal- 
traiter le français de la sorte. Aussi trouve-t-on des fautes 
semblables dans la pièce du recueil de Jubinal intitulée La 
pais ans Englois, p. 170 et suiv., où l'on s'est proposé de 
railler le français des Anglais : la Uns, le temps, ma ray, mon 
roi, p. 170; safrer, ij2, son maison, 171, ton guère, son test, 
172; rier, rire, 171, je farra, je ferai, 173, etc. 

On y lit aussi ces prc~ il serra verdes, ces prés seront verts, 
170, avec un pronom redondant comme dans le Noël, cf. § 13. 

23. Une forme commune au Privilège et à la Pais ans En- 
glois est chivaler, chevalier, p. 54 et 170, 174; on peut com- 
parer chival dans ces deux vers de Bue% ar pévar mab Emon 
(chez Lédan, 1866), p. 207, où Renaud, pour mieux garder 
l'incognito, contrefait le Breton qui parle mal français (je 
souligne les mots bretons) : 

Me je va da Baris ha ma chival ha moa, 
. Pour gonit, mon l'ami, la curunen du Roa 

c'est-à-dire : « moi je vais à Paris, et mon cheval et (avec) 
moi, pour gagner, mon ami, la couronne du roi.» 

24. Un passage du Privilège (p. 59), me semble devoir 
s'expliquer par la langue bretonne. Un personnage breton 
vient de recevoir un coup qui l'a terrassé. 

Et cil s'escri : « Haio ! haio !... 
« En itrou, Maria, en trou ! » 

A la fin du premier vers, l'éditeur met en note : « cri 
d'alarme » ; et après le second : « Venez tous ! au secours ! » 

L'une de ces explications est vraie, mais non en français. 
Haio est, sans aucun doute, identique au breton moderne ayou 
« ahi, interjection de douleur », Grég. ; ah! hyou « un mot 
que l'on dit lorsqu'on est effrayé », dans un vieux diction- 
naire, selon D. Le Pelletier; léonais ah! ioul Bar^a^ Brei^, 
124, cornouaillais ai! aou ! ai! aou! 255, vannetais ayau 



1 86 E. Ernault. 

« hai », l'A., trécorois #/.? / iaou ! Gwer^iou Brei^-I^el, I, 40; 
ayouî ayou! allas, Trajedi Jacob, 119, fors ! ayou va bue! Traj. 
Moyses, 273. En moyen-breton, on trouve le premier de ces 
mots, ha ! et un dérivé du second, le verbe youal, crier. 

Le vers suivant a une forme Maria, qui paraît bretonne ; 
les autres mots ne présentent aucun sens en français. La glose 
de l'éditeur a été inspirée par les lignes qui suivent, 

A l'aist i vint dant Tragel, 
Moris, etc. 

où l'on voit que des camarades vinrent à l'aide du Breton en 
détresse; mais il avait, je crois, invoqué un autre secours. Le 
vers en question se corrige avec vraisemblance en 

■ En itron Maria, en autrou 

« Madame Marie, Seigneur ! » C'est l'équivalent de celui-ci, 
qu'on lit à la page suivante : 

Dam Diex, et sainte Mari. 

Le P. Grégoire donne, comme synonyme de ayou, la locution 
analogue ayou-doùe. Voir § 26, 32. 

25. Les noms propres, dans le Privilège, ont souvent une 
physionomie bretonne. 

Morvenic, p. 59, est le diminutif de Morven, 61 ; il se pré- 
sente sous la forme francisée Morveni, p. 58, où il rime à 
GuiJgemi, sans doute diminutif de « Guillaume » ; cf. Guigen- 
ninc, p. 61. Voir § 15. 

26. Le principal personnage s'appelle Yvon (cf. le Tyvonnet 
du Noël), son frère Rumalan, p. 53 (lisez Riualan? Riolcn, 
p. 58, peut être le même; cf. Riolan, 59), son cousin Guingan 
ou Guigau, fils de dame Glegens, 53. 

Il cite comme garants Baditot, Madugant, dan Guillo (pour 
« don Guillou », Guillaume), dan Morant, sa fier Tronio (pour 
« sa fille Droniou », cf. Tronio la fil Morven, et Taniel, p. 61 
= Daniel, 59, nous avons vu de même dans le Noël Irandone 
pour dran doc, § 2) ; le sir de Plegalo; dan Loquians, p. 54. 

Nous voyons dans Guillo, Tronio, un rendant le breton 
ou, comme au mot haio, § 24; voir aussi § 33. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 87 

Inversement, une prononciation bretonne ou pour Yo fran- 
çais est attestée au xvi e siècle par ce passage de Noël du Fail x : 
« frotans leurs nez, et plus tounez, comme dit le Bas-Breton, 
que fondeurs de cloches » . Toune? pour (es)tonnés rappelle la 
double prononciation, en breton moyen, de ton et toun, un ton, 
son et soun, un son, patron et pa%foun, parrain ; en breton 
moderne, debreçonecq et breçounecq, la langue bretonne, Grég., 
breton et brétoun, un Breton, Le Gonidec, etc. Cet ou est par- 
ticulièrement fréquent en cornouaillais. 

27. Il est question encore, dans le Privilège, de Dant Tru- 
galet le provoir (don Trugalet le prêtre), p. 57, cf. Trugel, 58, 
dant Tragel, 59, Contruguel, 61 ; de Guymar, 57, cf. Guio- 
mar, 58; de Galo, 58; on jure « par saint Lagado de Bre- 
taing », p. 60; voir § 32. 



III. 

28. D'autres Noëls du xvi e siècle ont le même caractère que 
celui qui a été reproduit plus haut. 

M. Chardon a cité deux vers de l'un de ces Noëls franco- 
bretons, p. lxvi. On y trouve les mots jobec vilhan, qui sont 
certainement pour Jobic vihan, le petit Job, cf. Jobik, Bar%a% 
Brei^, 166, c'est-à-dire le petit Joseph; Josebic, Job, Jobic, 
Grég. ; Jop, Jopik, J. Moal, Supplément lexico-grammatical au 
dict. de Troude, p. 16, pet. Trég. Jobeq. 

Cette transcription jobec vilhan nous fournit la preuve qu en 
breton moyen on adoucissait, comme aujourd'hui, l'initiale 
de l'épithète accolée à un nom propre ; cf. GIoss. nwy.-bret., 
v. ab. 

29. L'autre pièce citée par M. Chardon est le dernier Noël 
de Laurens Roux, intitulé « Noël en breton bretonnant qui 
aprent à parler le françois » ; en voici le commencement : 

De matheol meeff deoch 
Doe sont venu en un crache, 
Chantez en noël gueneoch. 

1. Coules et Discours d'Eutrapel, réimprimés par les soins de D. Jouaust 
Paris, 1875, t. I, p. 184. 



1 88 E. Ernault. 

On y reconnaît aisément les mots bretons de mat dech ol, 
me ejf deoch, bonjour à vous tous, je bois à vous; Doe, Dieu, 
cf. § 2, et gueneoch, avec vous. 

De matheol pourrait se corriger en de matehol; nous avons vu 
pourtant la graphie math, bon, § 2. La suppression du d après 
le t est un fait de prononciation ; Grég. donne demateoch, de- 
maddeoc'h, demaddeoch-oll, bonjour, salut, et l'A. dé-mait tcoh, 
s. v. jour. 

En moyen-breton on ne trouve que de~ mat, de^mat, mais 
la notation de matheol prouve que la prononciation trécoroise, 
cornouaillaise et vannetaise de, jour, avait déjà commencé. 
Aux autres exemples de la chute du ^ doux à cette époque, 
cités Rev. Celt., XV, 152, 153, il faut ajouter diouguet, ap- 
porté, à côté de di^ouguet, apportez, diçoen, apporter), en 
vieux breton dodocetic, gl. inlatam. Grég. donne diçpuguet et 
diouguet, et à l'infinitif di^ouguen et diouguen. 

Il est fort possible que la chute du ~ remonte aussi au 
moyen-breton, dans le léonais daoiïarn, van. deûourn, deiïarn, 
mains, Grég., deourne, l'A., de daou~ouru, daou~ôni, Grég., 
moy. bret. daou dorn, don dorn; cf. van. aonui, aouniu, poi- 
gnet, poing, l'A., Supplément, de abonni, id., ibid., moy. 
bret. azprn, variante de ar^prn formé par dissimilation {Rev. 
Celt., XV, 388). 

Comme contraste à ces chutes anciennes du ~ doux, on 
peut citer des cas où il se maintient encore aujourd'hui en 
vannetais, et surtout en trécorois; cf. Rev. Celt., VI, 390; 
VII, 39; Revue Morbihaiiuaise, III, 337, 338 1 . Un autre exemple 



1. Lamétathèse, qui peut faire disparaître un % dur, cf. Rev. Celt., VIII, 
34, 35, peut aussi préserver de la destruction un ~ doux: van. ansàuein, 
avouer = bret. moy. di-ansaf, renier, de *a^am> } gall. addef. Cf. bret. 
mov. hambrouc, conduire, pour *havrounc. Le gall. bebrumg doit sans doute 
son b à une forme semblable au comique hembronc, il conduira ; cf. bret. 
àbrantj sourcil, comique àbrans, pour *avrant (gaélique fàbhra, paupière), à 
cause d'une variante * ambrant, gall. attirant, paupière. Hembronc et attirant 
sont dans le même cas que le léon. claustle, claustre, gageure, van. gloestr, 
gage, tréc. noadoe, aiguille, bret. moy. pabaelae^, papauté, y. bret. liusiu, 
lessive, cf. Rev. Celt., VIII, 508. La dissimilation de "ambrant en abrant est 
aussi régulière en breton moyen que celle de semblant, état (d'innocence), 
J. 43, en seblant, semblant, air, marque, forme beaucoup plus fréquente ; cf. 
setance = « sentence ». 



Sur quelques Textes franco-bretons. 189 

est le nom du mois de juin, en trécorois mé^even, = léon. 
me^evenn, Grég., me\éven, Le Gonidec, moy. bret. me^euen, 
van. mcheilenn, Grég., méhéuin, maihéuein, maiéuein, l'A. Le 
gallois mehefin montre qu'il ne saurait être question d'un % dur 
ou th, pour rendre compte du rapport des dialectes de Tré- 
guier et de Vannes. Reste à expliquer que le gallois lui-même 
n'ait pas le \ doux du léonais et du trécorois. Cette absence 
du dd est à rapprocher de celle qui s'observe dans le gall. 
mewn, moy. gall. ymeun, en regard du vieil irlandais immedôn, 
au milieu ; la syllabe me- est, je crois, la même dans les deux 
mots gallois. On ne doit pas s'attendre à ce que l'armoricain 
montre ici le même degré d'usure que le gallois, puisque le 
moy. breton a gardé, en la renforçant, la dentale de im-medôn, 
dans inetou, (un.) moyen, en metou, au milieu 1 . Au gall. me- 
hefin correspond donc un armoricain * rneç-hevin, dont le % 
doux est tombé en vannetais, mais resté en trécorois, sans 
doute à cause de 17; suivant, seul conservé par le dialecte de 
Vannes. Cf. tréc. pop (h)ini } chacun, map (li)enan, fils aîné, à 
côté de 'bob eil, chacun à son tour, mab ar chcntan, terme 
d'injure. Quant au cW gallois, sa chute n'est pas sans exemple : 
dygwyl Jeuan = dydà gwyl Ioan, la saint Jean, tréc. dé gwel 
Yau; archiagon, archidiacre =. archàdiagon, bret. moy. arch- 
diagon, mod. arryagoun, Grég.; cf. Rev. Celt., VII, 173. 

* Me^-hevin = * medio-sani-inos « qui est au milieu de 
l'été », cf. le grec |A£<7-r)^(ê)p-ivoç 3 qui est au milieu du jour, 
ou au sud, l'anglais midsummer, milieu de l'été, et le gall. 
alban hefin, solstice d'été; l'adjectif hefin — *sam-inos, dérivé 
comme 3-ep-ivéç. La formation du bret. mi^ méçeven « mois du 
milieu de l'été » = mois de juin, est ainsi équivalente à celle 



1 . Eu metou paraît venir àQ*eii menton, *in mendou, pour *in medoun = 
v. irl. im-medôn, gall. moy. y-meun, par une métathèse semblable à celle de 
di-ansaf, mais plus ancienne. Il ne faudrait pas comparer le bret. moy. la\- 
roncy, larcin, Rev. Celt., VIII, 509, parce qu'il représente * latronicium, 
comme le provençal laironicis, l'italien ladroneccio, etc. En melon est une va- 
riante légitime de *en menton; cf. moy. bret. eguetou, aguetou, dernièrement, 
à côté de aguenton ; quetell et quentel, leçon (la première syll. peut rimer en 
et) ; gat et gant, avec ; digatajj et digant af, de lui ; quentaff, premier, avec 
première syll. rimant en et, van. qnetan, l'A., etc. Pour * menton de * men- 
dou, cf. Rev. Celt., VII, 146-148. 

Revue Celtique. XVI. 14 



190 E, Ernault. 

dé son synonyme en irlandais, ;;//' meodhain hwvraiâh (selon 
Lhuyd, Archœologia Britannica, Oxford, 1707, p. 74), et en 
suédois, midsommarsmânad ; elle rappelle celle de l'allemand 
Mittwoch « mercredi », = milieu de la semaine. 

L'année celtique comprenait trois mois d'été proprement 
dit : mai, dont le premier jour s'appelait en irlandais cêt- 
shoman « premier de l'été », cf. gall. cyntefin, commencement 
de l'été, = * cintu-saminos ; juin, et juillet. La désignation 
bretonne de juin est donc plus rigoureusement exacte que le 
nom irlandais du 31 octobre, samfuin, fin de l'été (pris au sens 
large, et comprenant les trois mois de l'automne) 1 . 

Cette explication du nom breton et gallois de juin est con- 
firmée parle gall. (mis) gorphenaf, juillet, qui s'interprète na- 
turellement « le dernier mois (d'été) ». C'est un superlatif ré- 
pondant au substantif gorphen, la fin; cï. penaf, le principal, etc. 
(Gloss. moy.-bret., v.penri), et le lat. fini-Umus. Peut-être aussi 
gorphenaf était-il primitivement gorphen haf « fin d'été ». 

M. Lotb, Les mots latins dans les langues brittoniqites, 44, re- 
garde le comique comme absolument d'accord avec l'armo- 
ricain, sur les noms des six mois qui ont une désignation cel- 
tique; il identifie, par conséquent, le corn. mi\ ephan, juin, 
mi^gorephan, juillet, au bret. (tni%) nie^even, juin, bref. moy. 
gonhereff, juillet, mod. gouë~re, goné'ro, goubere, van. gonrhenënn, 
Grég., gourhenneu, Chai, ms., gourhelin, Grég., gourhelin, l'A. 
Cet accord des deux langues n'est point évident. A mon avis, 
le van. gonrhenënn, gourhenneu, remonte à * gour-hereff : sur 
l'échange des préfixes gour- et gou-, cf. Revue Morbihannaise, 
IV, 37-42; pour n venant de r et de ~r, cf. Gloss. moy.-bret., 
v. lh\. Gourhelin est le même mot, avec dissimilation du se- 
cond r en / (cf. Gloss., v. reier, etc.) ; mais la terminaison a 
été influencée par celle de inéheuin, juin. L'association de ces 
deux mois se montre encore dans un autre nom de juillet, 
meçevennicq, van. mehenennieq, Grég., méhéuénig, maiéuénig, 
maihéuénig, l'A., = « petit juin ». Mi~ hère, comique mî% he- 
dra, gall. mis hwlref 1 , octobre, veut dire proprement « le 



1 . Cf. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, VII, 296, 297. 

2. Hyddfref, littéralement « rutting ofdeer », doit être différent; hydref 



Sur quelques Textes franco-bretons. 191 

mois d'automne » (celui qui finit l'automne), cf. Rev. Celt., 
XV, 392, 394; mis gouhereff, mis gouëye paraît signifier « le 
mois avant l'automne », litt. « sous l'automne », cf. ir\. fog- 
mur, automne, = « sous l'hiver » (on pourrait entendre en- 
core au sens diminutif « petit automne, petit hiver »). Re- 
marquons aussi qu'en comique le nom de novembre, mî% diu, 
entre dans la composition de celui de décembre, mis kevardhiu. 
Il en est de même en armoricain : bret. moy. et mod. mis du, 
novembre; moy. quei\u, décembre, mod. qer%u, qerdu, qe- 
verdu, van. qeikrdu, Grég., mis quenuerdu, Chai, ms (= gall. 
*cyfr-ddu, tout noir ?) L'alliance des deux idées fait même que 
le dictionnaire de l'A., qui ne connaît pas qeiierdu, traduit deux 
fois « décembre » par miss du, miss-du (Chai. ms. a mis du, 
novembre, s. v. mois). Tout ceci nous autorise à admettre 
qu'en comique les noms de « juin » et de « juillet » ont dé- 
teint l'un sur l'autre. Mi% gorephan, juillet, a l'air de signifier 
« le grand juin », de gor -j- ephan; mi% ephan, juin, peut être 
un ancien * meçhevin, accommodé, pour la première partie, à 
mi%, mois 1 , et pour la seconde, à un parent du gall. gor- 
phenaf 2 . 

30. Quant à sont pour « est », dans Doe sont venu, nous 
l'avons vu déjà, § 22. 

J'en trouve un autre exemple dans ce passage de maistre Pa- 
thelin : 

Sont-il ung asne que j'os braire? 

Halas ! halas ! cousin à moy ! 

Hz seront tous en grand esmoy. 

Le jour, quand je ne te verray, 

Il convient que je te herray; 

Car tu m'as faict grand trichery : 

Ton faict, il est tout trompery 3. 



est plutôt dérivé de hydr, hardi, bret. moy. h\r, irl. sethar, fort (cf. Urkel- 
tischer Sprachscbat^, 297), avec un sens analogue à celui du lat. au(c)tumnus. 

1. Cette analogie fort naturelle se produit aussi en armoricain : Le Go- 
nidec signale les prononciations mi^-éven, mi^-ivin, au lieu de mî\ mè\èven. 

2 . Dans le document récent qui nous a conservé le mot mi\ ephan 
(Lhuyd, 74), on trouve par ailleurs^/; pour v: gophen, demander, Lh. 141 
= govyn, gall. gofyn. 

3 . Le Théâtre français avant la Renaissance, par Edouard Fournier. Paris, 
1872, p. 102. 



192 E. Ernault. 

Ces vers contiennent, en outre, d'autres bretonismes déjà 
étudiés: trichery, trompery pour -rie; que je te herrai pour 
« que je te haïsse » ; « ton faict, il est ». Voir § 10, 17; 14; 
13; et plus loin, § 33. 

31. Après ce prélude en français bretonisé, Pathelin continue 
en bas-breton. D'après les textes publiés par M. Loth, Rev. 
Ce! t., IV, 450-456, il y a du passage breton trois rédactions 
complètement distinctes. 

La première, en douze vers, a été l'objet de plusieurs essais 
de' traduction; cf. encore Rev. Celt., V, 225-227. 

M. Loth a lu et traduit ainsi les deux premiers vers : 

Ha ioul (ou ha ol) d'an diaoul en ravezeic 
. Corf ha enef (pu eneuf). 

GUILLEMETTE 

Dieu vous aj'st. 

« Plût au ciel qu'il fût, ou Puisse-t-il être tout entier au 
diable corps et âme » . 

Mais, d'abord, le pronom en, il, est ici fort suspect. En 
moyen-breton en est toujours régime; le sujet de la troisième 
personne est cjf, ef. La variante enff paraît dans les Novelou, 
au xvii c siècle ; en, c'est-à-dire en, comme aujourd'hui, s'y 
montre une fois, str. 210. 

En second lieu, ravezeic « qu'il soit », ne ressemble à au- 
cune forme du verbe breton. M. Loth semble corriger ce mot 
en raveç, Rev. Celt., IV, 455, et rave^ei, V, 225; ce dernier 
ne serait soutenable qu'en supposant une notation française ei 
(ou ai") pour e. La forme rave~e a pour elle l'autorité du 
P. Grégoire, qui, dans sa Grammaire, donne ra ve~é, qu'il 
fût, p. 128; rien ne prouve, d'ailleurs, qu'elle remonte au 
moyen-breton. Elle a surtout le tort de ne pas rimer avec etyst. 
En faisant ce même reproche a la leçon ra ve%i, que tu sois, 
admise par. M. de la Villemarqué et par moi (Rev. Celt., V, 
226), M. Loth prenait ayst pour le français moderne « qu'il 
ait », tandis que c'est « qu'il aide », comme dans dît vus 
Deus, Chanson de Roland, v. 1865, cf. l'allusion à une équi- 
valence de ravezeic et aist, Rev. Celt., IV, 453. M. Loth avait 



Sur quelques Textes franco-bretons. 193 

pourtant signalé lui-même, à la page précédente, une variante 
« Dieu vous bénie ». E. Fournier a imprimé rave^ie et bénie. 

Notre lecture diaulyen « diables » a donné lieu à une autre 
critique, sur laquelle on peut voir Mélusinc, VI, 64. Il est bien 
vrai que cette forme ne peut pas justifier d'une antiquité plus 
reculée que rave^ej aussi ne la soutiendrai-je plus. Cette syllabe 
embarrassante en ne proviendrait-elle pas du mot en euf, à la 
ligne suivante ? loul et diaoul avaient également deux syllabes 
en breton moyen ; le plus sûr est donc, à mon avis, de lire 

Ha ioul dan diaoul rave^i 

« puisses-tu être au diable », en admettant une synérèse à l'un 
des deux mots. 

Les deux derniers e sont aussi de trop dans raveyie, tandis 
qu'on a omis les i de ioul et diaoul. Tout cela donne à penser 
qu'il ne faut pas prendre trop à la lettre le système de restau- 
ration purement paléographique préconisé par M. Loth. C'est 
pourquoi dans le deuxième vers, dont le sens est certain, Corf 
ha eneuf « corps et âme », nous restituerons sans scrupule un 
c au mot bac. 

Les vers 3 et 4 sont lus par M. Loth 

Hui roz bezou drouc noz badou 
Digant an can (ou eau) en hoz madou 

« puissiez- vous avoir mal la' nuit durant (ou des étourdis- 
sements) avec le chant (ou les lamentations) dans vos biens ». 

Mais no^ badou n'a jamais voulu dire « la nuit durant » ; et 
malgré l'explication donnée Rev. Celt., V, 226, je ne vois pas 
quel avantage il y a à changer le texte, qui porte tan, feu, 
pour arriver à cette singulière imprécation : « le chant dans 
vos biens ». 

L'autre correction, eau « lamentations », ne me semble 
guère meilleure : on eût écrit probablement caff ou caf. No- 
tons à ce propos que j'ai cru à tort, Rev. Celt., XV, 153, à la 
présence du mot* cafu, chagrin, dans un texte moyen-breton. 
Il n'y a de l'existence d'une telle forme à cette époque que 
des preuves théoriques, d'ailleurs dignes de créance. Ajoutons 



194 E. Ernault. 

ce refrain d'une chanson rustique étudiée, Revue Morbihan- 
mise, I, 362-364 : 

Caon d'ara davad penn-gornic, 
Caon d'am davad ! 

« deuil à mon mouton à petite tête cornue, deuil à mon 
mouton ! » Il a sept syllabes + quatre (cf. § 4), et est rimé 
intérieurement, ce qui parait indiquer qu'il reproduit un 
moyen-breton caffdam daffat. 

Le sens propre de badou est bien « étourdissements » ; mais 
il en a aussi de plus énergiques ; il paraît signifier « fré- 
nésie », Poèmes bretons, 114. 

La finale de bezpu a dû être accommodée à celle de badou, 
et W0( modelé sur ra(;je crois que le texte primitif était 

Hui roz bezo drouc nos, badou 
Digant an tan en hoz madou 

« puissiez-vous avoir mauvaise nuit, des saisissements par 
suite de i'incendie dans vos biens ». 

Voici la lecture et l'interprétation de M. Loth, pour les 
vers 5-10 : 

Empedif dich guitebunan 
Quet querent ol dre douchaman 
Ma nez cahet hoz bouzelou 
Eny obet grande canou 
Maz rehet truez d'an hol con 
So ol oz mervel gant nafon. 

« priant (ou prier) pour vous à l'envi — tous vos parents par 
crainte — que vous ne rendiez (cacetis) vos entrailles — 
Vous aurez d'eux des lamentations ou des chants, ou En fai- 
sant de grandes lamentations ? — à tel point que vous feriez 
pitié aux chiens — qui meurent de faim. » 

Empedif ne peut, je crois, être ni un infinitif, ni surtout un 
participe présent. 

Quel querent est une correction superflue ; le texte porte 
que^ queuient, qui se lit beaucoup plus naturellement que% que- 
ment. De même douchaman pour douch ama est plus simple- 
ment douchaman; cf. Rev. Celt., VII, 161. 



Sur quelques Textes franco-bretons. 195 

Je traduirais donc : « Je vous souhaiterai à tous sans excep- 
tion — tous tant que vous êtes ici ». * Doucha man(t), crainte, 
n'est appuyé par rien ; dre douch aman est analogue à dre de 
gnou « comme il est évident », Sainte Barbe, 64. 

Au vers suivant, M. Loth a changé mene% en ma ne%; en- 
core faudrait-il ma ne. Je propose de lire men e^, et de cons- 
truire ho^ bourdon comme un ablatif, ce qui est régulier. Il 
viendra : « que vous rendiez une pierre de vos entrailles » ; ce 
serait un sarcasme semblable au durius est ... lapiUis de Ca- 
tulle (Ad Furium). 

Le texte du vers 8 est regardé par M. Loth comme déses- 
péré. Sa première traduction me semble impossible. La se- 
conde est meilleure, mais suppose une forte invraisemblance, 
c'est l'intrusion du français grande au milieu du texte breton. 
Si nous observons que le mot breton quc~ quement est devenu, 
dans une variante d'un vers précédent, quels que vient, Rev. 
Cclt., IV, 452, nous pouvons admettre que grande n'a, de 
même, que par accident, une physionomie purement fran- 
çaise. Au lieu de la restitution hardie que j'ai risquée autrefois, 
cf. Rev. Celt., V, 226, je propose de lire 

En un ober gront ha cauou, 

« en faisant du bruit et des gémissements » . 
Quant aux lignes 9 et 10, je lirais et traduirais : 

Maz rehet truez dan hol con 
So ol oz mervell gant naon, 

« au point que vous fassiez pitié à tous les chiens qui meurent 
tout à fait de faim ». 

Les vers n et 12 sont, d'après M. Loth, 

Aluzen archet ho pysy 
Hoz calz amour ha courtesy 

« Vous aurez (pu puissiez-vous avoir) l'aumône d'un cercueil 
— contre beaucoup' d'amour et de courtoisie ». 

Une correction s'impose, car ho pysy n'a jamais existé, pas 
plus au sens de « vous aurez » ou « puissiez-vous avoir » 



196 E. Ernault. 

qu'en aucun autre ; et si le malin avocat, dans ses divagations 
intéressées, peut choquer le bon goût et la délicatesse du 
lecteur, du moins n'a-t-il pas encore été pris à manquer de 
respect à la grammaire bretonne ; il se conformait au précepte 
que devait plus tard formuler Boileau : 

Surtout qu'en vos écrits la langue révérée 

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. 

Le remède nécessaire n'est d'ailleurs pas bien héroïque ; 
c'est le changement d'un o en e. Hepysy « tu auras » est par- 
parfaitement admissible, comme seconde personne du moy. 
bret. ham be~jf, que j'aie, cf. Rev. Celt., IX, 259, 260. On 
l'eût sans doute écrite dans un texte destiné aux seuls Bretons, 
*/«~ by%y; la notation contraste ici avec celle de ro\ be%ou, ho% 
bou^elou. Inversement, alu%en eût été aluscn ; cf. Rev. Celt., 
XV, 151, 390. 

Je lirais ces deux vers 

Aluzen ha cher lie pysy 
Ha calz amour ha courtesy, 

avec le sens donné par M. de la Villemarqué : « Tu auras au- 
mône et bon visage, et beaucoup de tendresse et de civilité ». 
Après avoir interpellé au pluriel tous les assistants, maître Pa- 
thelin s'adresse au seul marchand de drap, comme au com- 
mencement (ra ve%i), et promet ironiquement de lui donner 
toute satisfaction. 

Il est remarquable que le premier vers et le dernier aient 
seuls une rime intérieure (ioul, àiaoulj -Amour, courtesy'). 

32. La seconde rédaction, Rev. Celt., IV, 455, est beau- 
coup plus corrompue que la précédente ; il suffit de comparer 
les deux premiers vers à ceux de cette dernière, auxquels ils 
étaient a l'origine identiques, pour comprendre qu'il faut re- 
noncer à tout espoir de restitution complète, tant qu'on n'aura 
pas de variantes. 

Je me contenterai d'indiquer quelques rapprochements. 

Le troisième vers ressemble au moins autant que les précé- 
dents à la ligne correspondante de l'autre version. Je crois 
qu'il en dérive, et que le quatrième vers, qui doit rimer :\xec 



Sur quelques Textes franco-bretons. 1 97 

lui, répond de même au vers suivant du premier texte. Ceci 
nous permet de constater de nouveau deux sources de corrup- 
tion dans ce breton si maltraité : les mots peuvent y être 
transposés, ou adaptés à des termes français. Dans ce vers 

Yne thomas lart en bacon 

M. Loth dit que le second mot paraît être pour chômas (il 
resta) ; je pense que c'est le français Thomas, comme ce qui 
suit répond au français lard, en, bacon (=lard) ; réminiscences 
qui ont défiguré le texte breton, tan en ho(xJ madou. C'est la 
syllabe ho(%) qui se trouve égarée dans thomas ; le scribe a tra- 
vesti madou en bacon, sous la double influence de badoit (pour 
la forme) et de lart (pour le sens), sans daigner tenir compte 
de la rime. Du reste, le vers neuvième et dernier n'a pas non 
plus de rime. Mais cela tient à ce qu'il y a une lacune. Car ce 
vers était sans doute identique au douzième de la première 
version; il manque donc le correspondant du onzième. 

Ainsi cette seconde rédaction n'a en propre que quatre vers 
(de 5 à 8). 

Le cinquième finit par aualen, cf. bret. moy. aualenn, pom- 
mier, mod. avalenn, id., Grég., van. avakn, pomme, Pel., 
tréc. id., Bar%a% Brei^, 216. 

Le sixième vers se termine par libostren, qui semble signifier 
« crotte » ; cf. hbistrenec, crotté, fangeux, souillé, mouillé, 
humide, D. Le Pelletier, libi si rince, P. Maunoir, libistrinecq, 
P. Grégoire; libistrus, id., Maun., gall. llibystrus. 

Les derniers mots du septième vers, a coste, rappellent le 
moy. bret. a coste^, de côté, qui a pu avoir une variante sans 
Xj cf. maieste%et maieste, majesté, etc. (Rev. Celt., XV, 153). 
Mais je soupçonne coste d'être un arrangement à la française 
d'un mot breton de terminaison différente, parce que le hui- 
tième vers, A trou mare a lagade paraît bien être pour 

Autrou mari ha lagado 

« Seigneur, Marie, et (saint) Lagado », ou pour 
Itron mari ha lagado, 
« Dame Marie et (saint) Lagado » ; cf. § 24, 33, 27. 



198 E. Ernault. 

33. La troisième rédaction, Rev. CcU., IV, 456, est dans le 
même état que la seconde ; on ne peut espérer de l'expliquer 
que partiellement. 

Elle débute par un nouveau quiproquo franco-breton; car le 
vers 

Chetu vng gasec que jous bien 

expliqué par M. Loth (avec les trois premiers mots bretons) 
« voilà une jument que j'ai bien entendue », sont évidemment 
une variante à demi bretonisée du vers étudié plus haut, § 30, 

Sont-il ung asne que j'os braire? 

Le second vers, 

Je you peurs trou maria 

est également expliqué par M. Loth comme hybride : « J'ai 
eu peur, madame Marie » (itron Maria). Nous avons déjà vu 
plusieurs fois cette exclamation (§ 24, 32). 
Le quatrième vers, 

En bado me chanse cropen 

me paraît être pour 

En badou meehanec e clopen 

« son cerveau est dérangé sans doute (ou par malheur) ». 
Nous avons vu encore pour ou, § 24, 26. Cette correction 
détruit ici une rime intérieure, mais on a constaté, § 31, 
qu'il n'y a pas à s'en préoccuper. 
Les vers 5 et 6, 

Quemeredol a huv enten 
Laquet damez vng men eodic, 

sont traduits par M. Loth « prenez tous, comprenez-vous. — 
J'en ai mis un dans ma pochette ». Ceci suppose à la fin de 
la seconde ligne la correction em coàic, qui est en effet excel- 
lente. 

Au lieu de vng, on attendrait plutôt vnan; mais l'emploi de 
l'adjectif vn au lieu du pronom se montre dans un passage des 



Sur quelques Textes franco-bretons. 199 

Novelou (559), et il existe de nos jours dans certaines localités, 
par exemple à Pédernec; cf. eun, Soniou Brei^-I^cl ', II, 86. 

De la forme orale qucmeredol pour quemeret ol, M. Loth 
conclut que « ce passage a dû être écrit par un Français sous 
la dictée d'un Breton » ; il eût pu ajouter que loquet dame% 
pour loquet ameux, et enten pour entent, autoriseraient la même 
explication. Toutefois, il n'est pas exact de dire qu'« on a tou- 
jours écrit quemeret oïl » : le vers 513 de Sainte Nonne porte ed 
oll, allez tous. De plus, c'est au poète, et non à son copiste, 
qu'il faut attribuer la rime de cropen avec enten(t), cf. tréc. pe- 
gemen, combien, d'où le haut-bret. péguémenne, argent, =moy. 
bret. peguement, Rev. Celt:, V, 223. 

On peut donc penser aussi que l'auteur breton du pas- 
sage, le composant ou le traduisant pour des acteurs français, 
s'est ingénié à écrire d'une façon conforme à la pronon- 
ciation. En ce cas, il n'aurait pas toujours réussi: la mutation, 
observée dans vng gasec, ne l'est point dans e cropen. 

Au vers qui suit, debret doit bien être « mangez » (ou 
« mangé ») ; peut-être faut-il comprendre debret bu « mangez, 
vous ». Je ne crois pas que tu et puisse être pour cuet, ca- 
chez, ni surtout que lamodic veuille dire « promptement ».. 
Ce mot, autant que je puis le savoir, n'existe pas; nous avons 
plutôt ici madic « bonbon », ou « assez bon ». 

Enfin le dernier vers, 

Ne sont-il ja vng beau p ho py 

doit être du français parlé par un Breton; cf. « sont-il ung 
asne », etc. 

34. Cette scène où maistre Pathelin accable le drapier de 
son érudition polyglotte en rappelle naturellement une autre, 
qu'elle a peut-être inspirée ; c'est le chapitre IX du Pantagruel, 
où Panurge s'annonce comme un si beau parleur de langues 
inconnues à ses auditeurs. On s'attend à trouver du breton 
dans cette avalanche de spécimens linguistiques, et on en a 
en effet signalé. Malheureusement cette opinion ne peut tenir 
devant un sérieux examen. Il faut reconnaître que Rabelais a 
perdu là une' belle occasion de nous transmettre un rensei- 
gnement intéressant. 



200 E. Ernault. 

35. Les phrases que M. Loth a publiées sous ce titre : « Un 
logogriphe breton-français de la fin du xvr siècle », Annales 
de Bretagne, III, 251, 252, mettent en scène, selon lui « un 
maître sachant très peu le breton, employant certains mots de 
la façon la plus impropre, affublant les autres de terminaisons 
fantaisistes, et un valet ne sachant que quelques mots de 
français ». Sur l'addition de terminaisons arbitraires, cf. Rev. 
Celt., XIV, 290. 

Celui qui a écrit le « logogriphe » savait le breton, et la 
manière de l'orthographier ; il n'a pas observé les mutations : 
a galltc, de français, ma penn(es), ma tète, ma quein(es), mon 
dos. 

M. Loth corrige or, sur, en oar ; je ne vois pas que ce soit 
nécessaire. D'abord parce que la forme or se présente trois fois 
dans le texte. Ensuite, parce que son existence est nettement 
attestée par le P. Grégoire, pour le bas Léon, et par Le Go- 
nidec, qui dit l'avoir entendue, sans préciser le dialecte. Enfin, 
parce que des prononciations semblables se montrent en 
moyen-breton, par exemple dans goarant etgorant, il garantit, 
goascaff et goschaff, étreindre, coa^rell et co~rell, semelle, et 
qu'elles subsistent encore aujourd'hui; cf. Rev. Celt., III, 53; 

XI, 357- 

Dans ma cousin, pour « ma cousine », il y a une faute de 
même nature que forteun, etc., §11. 

En dehors des mots bretons dont il est farci, le langage du 
valet contient encore un bretonisme, c'est la locution « a 
petit en petit » = a neubeud-ê-neubeud « petit-à-petit », Grég., 
littéralement « de peu en peu »; cf. moy. bret., a~e% en de^, 
de jour en jour, abloe% en bkn\, d'année en année ; mod. a be% 
e pe% (démonter, examiner une horloge) pièce à pièce, In- 
troduction d'ar vue% dévot, Quimper, chez Y.-Y.-L. Derrien, 
p. 429, etc. 

(A suivre.) 

E. Ernault. 



DIALECTICA 



i. 



LA TERMINAISON BRETONNE -MP, -MB DANS LE 
SYSTÈME VERBAL ET PRONOMINAL. 

Le problème de la présence d'une labiale p, b après -m de la 
première personne du pluriel dans le verbe, et du pronom suf- 
fixe de la même personne dans la combinaison des prépositions 
avec les pronoms (lavaromp, lavaremp, ganeomp), en breton 
armoricain, alors que rien de tel ne s'observe ni en gallois, ni 
en comique, trouve sa solution, par voie d'analogie, dans 
l'observation de faits dialectaux contemporains. 

Il ne s'est produit, à ma connaissance, que deux tentatives 
d'explication de ce phénomène: l'une de M. Windisch (Abhan- 
dlungen d. Kgl. Sachs. Ges. à. Wiss., phil.-hist. KL, X, 488); 
l'autre de M. Richard Schmidt (Zur Keltischen Grammatik. 
Inaugural-Dissertation, Strasbourg, Triibner, 1891, pp. 8-17). 

En gallois, dans la terminaison -uni du présent et de l'impé- 
ratif présent actuel, M. Windisch retrouve m aspiré et voca- 
lisé sous la forme w -f- n, pronom personnel suffixe. Quant à 
Vin dur de carom, il aurait reparu sous l'influence du groupe 
nasal -ut de caront, troisième personne du pluriel. En breton, 
l'analogie serait allée plus loin : à -j- nasal -f- ténue de caront 
aurait répondu le groupe aussi analogue que possible de -f- na- 
sale-labiale -f- ténue -omp. M. Richard Schmidt n'a pas eu de 
peine à montrer l'invraisemblance de cette théorie. Si iv, 
dit-il, c'est-à-dire m spirant et vocalisé, a été de nouveau ra- 



202 J. Lot II. 

mené à m sous l'influence de Vn de -nt, pourquoi cette in- 
fluence ne s'est-ellc pas aussi manifestée à l'indicatif présent ? 
Pourquoi à l'indicatif -w -f- n, ailleurs -om? N'est-il pas plus 
naturel, ajoute Schmidt avec raison, de supposer que l'échange 
Uf(n) et -m dans la première personne du pluriel est primitif 
et représente la terminaison primaire et secondaire de ces per- 
sonnes en brittonique ? De plus, n apparaît au pluriel dans 
certaines prépositions avec pronoms suffixes : yn, à nous, qui 
répond au vieil-irl. dûnn. 

M. Richard Schmidt voit tout simplement dans mp une évo- 
lution phonétique de mm. Il cite à l'appui de sa thèse la forme 
lamp, saut, à côté de lamm = irl. ici m = *lngmen : setu int o 
vont d'ann daou-lamp ru^, les voilà qui vont au grand galop 
(aux deux sauts rouges, mot-à-mot, c'est-à-dire faisant jaillir le 
feu de leurs deux paires de sabots) (Luzel, Revue Celt., I, 1 12). Le 
verbe Ianipat, sauter, existe dans beaucoup d'endroits en Bre- 
tagne. M. Ernault voit dans ianipat le verbe français lamper 
usité dans le patois de Montbéliard, avec le sens de glisser, 
tomber. Je crois ce rapprochement peu vraisemblable, mais il 
est de nature néanmoins à affaiblir l'hypothèse de M. Richard 
Schmidt: ou, au moins, à faire concevoir des doutes sur sa 
justesse. M. Schmidt cite encore à l'appui de son opinion 
comps, mot, à côté de conips, renips et rems. Il conclut en disant 
que vraisemblablement m final, dans des conditions aujour- 
d'hui difficiles à déterminer, mais assurément par suite d'une 
union étroite avec le membre de phrase suivant, par exemple 
quand ce membre commençait par s ou r, a développé après 
lui une explosion labiale *. 

Quoique appuyée par des exemples discutables, la thèse de 
M. Richard Schmidt est fondée : la labiale, dans la terminaison 
mp, est un fait de pure phonétique et ne doit nullement sa 
naissance à l'analogie. Nous avons dans le dialecte de Vannes 
un exemple récent de Péclosion d'une labiale après m final 
dans uieiub emprunté au français même (prononcé avec voyelle 



1 Schmidt signale dans un texte de ma Chrestomathie -om au lieu de 
omp dans petra oulennon-ni. Ce n'est pas isolé à Oucssant, on dit ac'hanon- 
ni, de nous; à Faouét, genouni, avec nous. 



Dialectica. 20$ 

brève, comme dans même forme, même temps) : er memb tra, la 
même chose ; er memb langaj, le même langage ; er memb le- 
^enneu, les mêmes lois, etc. (Vocabulaire nouveau, imprimé 
chez Galles, à Vannes, en 1885); cf. que mer memb, prends 
même (Vie de saint Alexis, composée en 1799, ap. J. Loth, 
Chrest. brct., p. 357). C'est une forme assez récemment em- 
pruntée au français ; la forme antérieure est mêmes, seule usitée 
en bas-vannetais et dans les autres dialectes. On peut ajouter 
à memb, quemb, différence (L'Armerye, au mot différence) : il 
est clair que le b n'a ici rien d'étymologique et ne remonte 
pas au b de * cambio-. 

Comment expliquer phonétiquement cette éclosion de la 
labiale après m final ? La labiale aurait-elle pris naissance dans 
un groupe syntactique, par exemple entre m final + s ou r ini- 
tiale ? Comps et coins, peut-être kemret (qui remonte proba- 
blement à comberct-, comme Schmidt en a fait la remarque), 
semblent l'indiquer. Néanmoins, la généralisation de l'emploi 
de -mp, -mb dans toute la Bretagne, comme de nombreuses re- 
cherches m'en ont convaincu, remonte à une cause différente: 
le développement de la labiale après m final et la formation du 
groupe mp final est surtout dû à la même cause qui a transformé 
1111 irlandais en nd : mm ou voyelle brève -j- m final, un ou 
voyelle brève -j- n final développent un son dissemblable mais 
de même organe. Nous en avons vu un exemple frappant 
dans memb. Le breton de Saint-Gilles -Pligeaux (Cornouailles) 
nous en offre des exemples pour n final. Au lieu de onn, je 
suis, on prononce ont : clan ont, je suis malade ; en réponse à 
une interrogation, comme save^-vous, on répond souvent gran, 
je le fais (moyen-breton graff) : à Saint-Gilles-Pligeaux, on dit 
grant 1 . Le comique nous montre un dédoublement analogue 
dans les formes modernes pedn, tête, pour penn; debm, à moi, 
pour demm (kre^ dbebm, crois-moi, ap. Lhuyd, Archaeologia, 
p. 242). 

La question du dédoublement de /;/, n final, se lie à celle de 
la nature actuelle des consonnes finales en breton-armoricain. 



1 . Je tiens les formes écrites ont, grant de M. Guillaume Le Ny, natif 
de Saint-Gilles-Pligeaux, élève à l'Institution Notre-Dame de Guingamp. 



204 J. Loth. 

Rien de plus varié que le système orthographique adopté par 
les écrivains bretons en ce qui concerne les explosives finales. 
L'un écrit tantôt d, 'antôt t, tantôt c, tantôt g, etc. L'autre 
préfère la sourde ; un troisième, la sonore. Leur embarras se 
conçoit d'ailleurs : la sat^phonetic joue ici un rôle important, 
et le caractère de la consonne finale peut être déterminé par la 
nature du son initial suivant. Il est rare que l'écrivain se laisse 
guider par son oreille. On peut cependant l'observer chez 
quelques écrivains, notamment chez les Vannetais, surtout 
ceux du siècle dernier. Ils écrivent généralement c la gutturale 
finale, U la dentale finale sourde, p l'explosive sourde labiale, 
telles qu'on les entend réellement dans la prononciation. Si 
on fait abstraction de la sàt^phonetic, notamment de la position 
de la consonne finale devant une voyelle initiale, ils obéissent 
inconsciemment .à une loi qu'on peut formuler ainsi : en breton 
moderne, l'explosive finale est sourde, quand la voyelle précédente 
est brève; l'explosive finale est sonore, quand la voyelle précédente 
est longue, le cas de sat^phonetic étant écarté : an aval man a ~o 
mâd, cette pomme-ci est bonne; eun dçu mat, un homme bon, 
un bon homme ; ar bed, le monde, den é bel (haut-vannetais 
bett) ; coât (cwât), bois, tâd, père, gwâd, sang (haut-vannet. 
gouaitt, =■ giuçtt, bas- van net. gtuêd) 1 . 

Dans les mêmes conditions où l'explosive finale est sourde, 
il a dû se produire un effort analogue de la langue sur la na- 
sale finale : supposons n tendant à la sourde, nous arrivons à 
nt ; m tend a mp : mp est, en effet, l'équivalent breton de /ni 
gallois sourd, représenté dans l'écriture par m h (ce son, en gallois, 
n'existe pas à la finale) : cf. v.-gall. cymber = comper, con- 
fluent. Il est donc infiniment probable que c'est mp que nous 
devons supposer à l'origine et non mb ; mb s'est développé 
par sat^phonetik, notamment devant une voyelle. 

En résumé, la labiale dans le groupe mp est due à un déve- 
loppement spontané, à un dédoublement de la nasale finale. 
On peut aussi admettre l'action de la consonne initiale sui- 
vante, mettant ni final dans un groupe où l'explosion d'une la- 
biale devait se produire. 

i . Cf. J. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques, pp. 77-80. 



Dialectica. 



IL 



205 



LT, DR A OUESSANT. 

Le groupe tr, dr après avoir évolué en %r, en moyen-breton, 
est devenu partout aujourd'hui -er, -r : motrep, tante, mo^reb, 
nwèreb ; cadr, beau, ccltj, caer;aradr, ara^r, arar, alar, arèr, etc. 
Il est conservé à Ouessant (énè^ Eussa; Eussaf ' = Uxisama). 
Le breton d'Ouessant est du léonard, avec un certain nombre 
de traits caractéristiques, parmi lesquels dr conservé : ex. moé- 
dreb, tante (gall. modryb); ar edred, le cimetière, pour arvedred, 
ailleurs ar vêred * (gallois beddrod, peut-être pour bedrod, sous 
l'influence de bed£). Je ne sais si la conservation du groupe 
est un fait général, ne l'ayant constaté que dans ces deux 
mots. En effet, on a au singulier hier, voleur, au pluriel ïaë- 
droun. Il semble que dr ne se maintient pas à la finale. 

Lt est conservé dans guelt, herbe, ailleurs gèot, yéot, yod, 
gallois gwellt. En revanche, il s'est vocalisé dans caoter, chau- 
dron, = caldâria, noter = altâre, maout = mùlto, pluriel 
méot. En somme, lt a à peu près disparu. Il en a été de même 
à Quiberon pour dr. Au siècle dernier, Cillart de Kerampoul 
(Dictionn., p. vu) signalait encore compadre, comme propre à 
cette localité. Aujourd'hui, c'est la forme générale qui a pré- 
valu. On voit ici clairement l'action géographique des dialectes 
les uns sur les autres. Il est très probable que livré à lui- 
même, le breton d'Ouessant eût conservé lt, celui de Qui- 
beron dr. L'action du breton environnant a eu raison peu à 
peu des tendances phonétiques naturelles ; les formes particu- 
lières à ces localités ont disparu une à une : c'est à peine si 
quelques-unes émergent encore au milieu des ondes dialec- 
tales qui les assaillent de tous côtés et finiront par les faire en- 
tièrement disparaître. 



1 . Le v initial disparaît; de même ar elcien, les prêtres, pour er veleien ; da 
Rest, à Brest, pour da, Vrest. Ces notes sur le breton d'Ouessant me vien- 
nent du curé de l'île, par l'intermédiaire de M. l'abbé Steun, professeur de 
rhétorique à Lesneven. 

Revue Celtique, XVI. 1 5 



206 J. Loth. 

Ouessant a conservé ou rétabli % dans bugale^, enfants. 
Comme mot curieux, on peut signaler : mis bian, le mois 
petit, c'est-à-dire février^ amené peut-être par genveur, janvier, 
où l'imagination populaire a cru trouver meur, grand ; bre- 
micha, ce soir; emeçeis, dit-on: Per %o clan, emeçeis, Pierre 
est malade, dit-on. 

J. Loth. 
(A suivre.) 



RECENT CHANGES MADE IN SCOTCH GAELIC 



The Scotch Celts generally wrote Gaelic according to the 
Irish method until about the middle of the last century. Ste- 
wart acknowledges this inhis Scotch Gaelic grammar. The 
principal changes made in their language by the Scotch, may 
be said to be he folio wing : (i) In the article : changing an to 
am in the nominative, accusative, and sometimes in the da- 
tive, before masculine nouns beginning with labials, as wri- 
ting am fear, the man, am buachaill, the boy, am peacadh, the 
sin, am ministeir, the minister, instead of an fear, etc. ; — 
changing the genitive plural na to nan before nouns begin- 
ning with liquids, and with c, s and t, as writing nan lann, 
of the swords, nan riogh, of the kings, nan ceann, of the 
heads, nan sluagh, of the hosts, nan tarbh, of the hulls, 
instead of na lann, etc. ; — changing the genitive plural 
na, to nam before words beginning with labials, as writing 
nam fear, of the men, nam mort, of the beeves, nam port, 
of the fortresses, instead of na bhfear, etc. (2) In posses- 
sive pronouns : changing the possessive pronoun a to an 
before liquids, and before c, s, and t, as writing an righ, their 
king, an ceann, their head, an sagart, their priest, an tarbh, 
their bull, thèse by causing ambhibology of the worst kind, 
and confounding the article with the possessive pronoun, a, 
an, am. Those phrases hâve been for many hundreds of years 
written by the Irish (and by the Scotch up to a century and 
a half ago) a righ, a gceann, a sagart, a dtarbh ; changing the 
same possessive pronoun a to am before labials. as writing 
am fear, their man, am buachaill, their boy, am peacadh, their 
sin, instead of a bhfear, a mbuachàill, a bheacadh, thèse by 
again confounding the article and the pronoun, and creating 



208 J.-O. Russell. 

still more amphibology. (3) In relative pronouns ; changing a 
into an, and not following it with the letter with which the 
n of an lias naturally become assimilated, as writing « An 
duine ag an d' fhuaradh an cupan », instead of « An duine 
ag a bhfuaradh an cupan », the man with whom the cup was 
found. (4) Abolishing eclipsis, except the nasal eclipsis of b, d 
and g by m and n, as in the phrases nam ban, nan giolla, nan 
daoine ; but examples of pure consonantal eclipsis are to be 
found in every printed book and manuscript, published or 
written in Gaelic in Scotland down to a century and a half 
ago. The Book of Dier is the most ancient Gaelic m. s. 
known to hâve been written in Scotland, and it is also the 
one in which the most ancient examples of consonantal 
eclipsis are to be seen. In it four instances of eclipsis may be 
seen in the phrases « ar a ginn », « iar n-ére na glérech », 
« dattac na glérech » I , « Achad na glérech ». It is évident 
that the scribe who wrote the Gaelic charters in the Book 
of Dier, was not a good Gaelic Scholar, for he left out the 
initial c s oi the words cinn and clérech, but wrote the eclip- 
sing g' s, showing clearly that he wrote the words as they 
were pronounced in his time in Scotland, namely in the 
twelfth century, or in the reign of David I, King of Scotland, 
in whose reign the Gaelic charters of the Book of Dier 
were written. Even in the almost unintellegible, attempted- 
phonetic Gaelic poems written by the Dean of Lismore in 
Scotland in the sixteenth century, and in the equally difficult 
to be understood poems recently published in Reliquiae Cel- 
tica, scores of instances of unmistakable eclipsis may be seen, 
such as a clarre, oyd ni glar is ni glok, evidently intented lor 
« a chléirigh, oide na geléir a's na gclog », but which Mr. J. 
M c Laughlan has transliterated « A chleirich, oide nan cleir's 
nan clog ». See Book of the Dean of Lismore, p. 4 Gaelic 
Part. At page 20 of same book, we lind the phrase fini ni 
vane, evidently intended for « Finn na bhFéin », but which 
is transliterated « Fionn nam Fein », by Mr. W Laughlan. In 
Reliquiae Celticae, in the part phonetically spelled, written late 

1 . To entreat the clergy. 



Re-cenî Changes made in Scotch Gaelic. 209 

in the seventeenth century a great many instances of eclipsis 
can be found. To give them ail would take up too much 
space, and one witl be enough ; « dâ dugais cin », evidently 
intented for dâ d-tiigais, or dà d-tugas cion, to whom thou 
gavest, or I gave love. Even as late as 1754, Mr. Kirke got 
an édition of the Irish Testament printed in the Roman 
letter for the use of the Gaelic-speaking Scotch, and in an 
explanatory note by him on the title page, we find the phrase 
« brigh na Ccaibidileach os a ccionn ». The two c s are, of 
course, the same as gc. From the early and peculiar ins- 
tances of the use of eclipsis to be found in the Book of Dier, 
it would seem that it was ùsed in speaking a long time before 
it came to be marked in writing. 

The changes recently made by the Scotch in the verbal 
System in Gaelic are so many that they could not be fully 
noted without taking up too much space. The letter/ has in 
Scotch Gaelic, entirely disappeared from the future tense and 
conditional mood of regular verbs ofwhat modem Irish gram- 
marians call the first conjugation. The / was, however, re- 
tained in the first Scotch Gaelic issue of the Testament, 
printed in 1767. The synthetic forms of the présent tense, 
and of ail moods and tenses except the first person singular of 
the conditional mood, hâve been recentlv abandoned, although 
nearly ail the synthetic forms of the verbs may be found in 
the Scotch Gaelic Testament of 1767. 

In most of the Scotch Gaelic books printed within the last 
thirty years, ail, or almost ail, nouns are made to end in n 
in ail cases of the plural. Such a change certainly tends to 
simplify the language, but it is nothing more or less than 
language-manuficture. If such changes are allowed to go on 
far another century, Scotch Gaelic shall hâve cessed to be 
Gaelic. The changes made in the language of the first, as one 
of the first, books ever printed in Scotch Gaelic, namely the 
Testament of 1767, might be included under the four heads 
that hâve been noted; but the changes made since then are so 
nu mérous that it would be impossible to note them ail in a 
short article like this. It will be enouah to sav that the lan- 
guage of the last Scotch Gaelic Testament published, bearing 



210 



J.-0. Russell. 



the date 1875, is in many ways so radically différent from 
the language of the Scotch Gaelic Testament of 1767, thatit 
seems hard to believe that both books were intended to be 
read by people of the same race speaking the same idiom . 

The changes that hâve been recently made in the Gaelic of 
Scotland do not seem to be warranted by the language of the 
most ancient Irish or Scotch Gaelic manuscripts. 

The following texts from the Irish Testament of 1602, and 
from the Scotch Gaelic Testaments of 1767, 1807 and 1875, 
will give some idea of the manner in which the various édi- 
tions of the Scotch Gaelic versions differ. 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament, 



Matthew. III, 6. 

1602. Ag admhâil a bpeacadh. 
1767. Ag admhail ara peacaidh. 
1807. Ag admail am peacanna. 
1875 . A -g admhail om peacananu. 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Matthew, II, 18. 

1602. Nîor bh'âil lé sôlds do ghlacadh. 
1767. Nior b'àil le sôlas do ghlacadh. 
1807. Che b'ail leatha sôlâs do ghlacadh. 



Irish Testament. 



Matthew, II, 21. 

1602. Agus do ghabh se an leanabh agus tainic 



Scotch Gaelic Testament. 1767. Agus ghabh se an leanabh agus thainig 

se... 
— 1 807 . Agus ghabh e an leanabh agus thainic e. . . 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Matthew, II, 22. 

1602. Do iompaid se go criochaibh na Galile. 
1767. D 1 iompaidh se go criochaibh na Galilée. 
1807. Thiondaidh é gu criochaibh Ghalile. 
1875. Chaidh e a leth-taobh gu criochan Gha- 
lile. 



Matthew, III, 12. 

Irish Testament. 1602. Loisgfidh se an chaidh le teinigh. 

Scotch Gaelic Testament. 1767. Loisfidh se a' mail le teine. 
— 1807. Loisgidh è am mail le teine. 



Récent Changes made in Scotch Gaelic. 



21 1 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament, 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament . 



Irish Testament. 

Scotch Gaelic Testament. 



Irish Testament. 
Scotch Gaelic Testament 



Matthew, IV, 4. 

1602. Ni le h-aran amhdin... 
1 767 . Ni le h-aran amhain. . . 
1807. Cha 'n ann le h-aran a mhain... 

Matthew, IX, 1. 

1602. Do chuaidh se tar uisge. 
1767. Do chuaidh se thar uisge. 
1807. Chaidh è thar an uisge. 

Matthew, IX, 11. 

1602.. Geud fâ n-itheann bhur maighisdir...: 
1767. Geud fa n-itheann bhur maighisdir... i 
1807. Car son dh' itheas bhur maighstir...? 
1875. C'âr-son atha ur maighistir a g-ithe.. 

Matthew, XI, 23. 

1602. Teilgfear sîos go h-ifrionn thu. 

1767. Tilgfear sios gu h-ifrinn thu. 

1807. Tilgear sios gu h-ifrinn thu. 

1875. Teid thu sios gu ruig iutharna. 

Matthew, XV, 32. 

1602. Atà truaigh agam do'n t-sluagh. 

1767 . Ataim ag gabhail truais do'n t-sluagh. 

1807. Ataim a' gabhail truais do'n sluagh. 

1875 . Tha truas agam ris an t-sluagh. 



II Corinthians, XI, 21. 

Irish Testament. 1602. Is a dtaobh easonora a deirim so. 

Scotch Gaelic Testament. 1767. Labhra[i]m thaobh easonoir. 

— 1807. Labhra[i]m thaobh easurraim. 

— 1875. Tha mi labhairt a reir es-onoir. 



Irish Testament 

Scotch Gaelic Testament. 

Dublin. 



Révélations, XXII, 5. 

1602. Agus ni' bh-fuil uireasbhuidh lôchruin 

orrtha 
1767. Agus ni bhuil feum aca air coinnil. 
1807. Agus chan' eil feum aca air coinnil. 



J. O. RUSSELL. 



ÉTUDES BRETONNES 



IX. 

•sur l'argot de la roche. 

(Suite et fini.) 

35. Les résultats de ma dernière enquête sur l'argot de La 
Roche, faite pendant les vacances de 1894, seront exposés 
ici dans le même ordre que les faits précédemment recueillis 
(cf. § r 4 ). _ 

36. Voici d'abord des acceptions et combinaisons nouvelles 
de mots rochois. 

Anbrelhen viniq, petit-fils, bret. mapbihan. 

Anjes, mari ; dannve i hanjcs, son futur mari, son fiancé. 

Beogal, pleurer; miauler. 

Bilhaos gourt, bilhaos ru (bonne monnaie, monnaie rouge), 
or. 

Bilbes, vilhes, sœur; viïhes viniq, petite-fille, bret. merc'h 
vihan ; boutono bilh\et (boutons de femmes), épingles. 

Boulijer dranm, pommes de terre, cf. Rev. Cch., XV, 357; 
boulijer miniq (petits boulets), la grêle. 

Bruahtere^ water, poule d'eau, breton iar-dour ; pod bruah- 
It'cl (le gars aux œufs, le mangeur d'œufs), fouine, martre, be- 
lette. 

t. Voir Revue Celtique, XIV, 267; XV, 337. 



Etudes bretonnes. 2 1 5 

C'houé^. Toul ar c'houê^ (le trou de la maison), la clef, cf. 
la devinette n° 102, Rev. Celt., IV, 88; choue^daou estach 
(maison à deux étages), bissac. 

C'houibes minson (mauvaise vermine), la gale. J'ai en- 
tendu une vieille femme de Saint-Gilles, près de Saint-Clet, 
employer c'houibes au sens de « taons, mouches qui piquent » 
(cf. Rev. Celt., XV, 358). 

C'houil ar c'haplahs (le travail du tailleur), du fil; c'houiler 
pal!) (travailleur de paille), couvreur en chaume; c'houiler rufan 
(travailleur de feu), étameur ; 'ma c'houilerien rup krachet (les 
serviteurs du Seigneur, les anges crachent), il pleut. 

Dovergn miniq ou miniq an dovergn (petit cheval, ou petit 
du cheval), poulain ; dovergn-rufan, pivert, littéralement 
« cheval de bois, de forêt », cf. bret. ka%ek hoad (jument du 
bois). 

Eltris. Dannve eltris (matière de pain, ce qui deviendra du 
pain), semence de froment. 

Erlikin. Teat 'n erlikin (le théâtre de l'arlequin, de la cré- 
pière), le trépied; cf. Rev. Celt., XV, 351. 

Filhor. Ele via filhor i bacron (des anges pour le filleul de 
son parrain, pour le diable), corbeaux; cf. Ba)\a^ Brei^, 440. 

Gourd, sain, bien portant ; chou gourd, chou pommé ; gour- 
dajen dagrachet, ou du g racket minson (objet pour cracher dan- 
gereusement), fusil ; gourdajen grefier, hibou, chat-huant, litt. 
« chose (animal, oiseau)-chat », d'après le trécorois even-kas, 
Rev. Celt., IV, 153 ; gourdajeno, choses; gourdajenin, gourda- 
jenein, faire, agir. 

Grifonn c'houe^ Doue (chien de la maison de Dieu), suisse, 
cf. bret. chas-dè'-Dieu, Rev. Celt., VI, 411, VII, 251; grifon 
ivater, loutre, bret. In-dour. 

Giuamel, mère; ma giuamel c'hourd, ma femme. 

Giuegan. Vreo~ givegan, miel, = koc'h-gwenan, qui se dit en 
petit Tréguier par plaisanterie, cf. argot ctron de mouche, cire, 
F.Michel, L. Rigaud; lanteo^gwegan (beurre d'abeilles), miel, 
parce qu'il s'étend sur le pain, comme le beurre. 

Huoniq an noter (le soleil de la nuit), la lune ; huon gwilboiq 
(le soleil du petit Guillaume, du loup), id. ; cf. Rev. Celt., 
VII, 44- 



214 E. Ernault. 

Keyen, parents, avec un adjectif possessif: ho keyen, vos pa- 
rents, comme en bret. ho tud, litt. « vos gens » ; cf. Rev. 
Celt., VI, 388. 

Klahk, bec (d'oiseau) ; duori i glank (ouvrir sa bouche), 
bâiller ; eur pe% klank ha na intent na sa na là, un imbécile qui 
n'entend ni à dia ni à huhau ; cf. tréc. genôek, sot, de geno, 
bouche. L'expression du petit Tréguier na sa na là, Rev. Celt., 
XV, 346, est formée de deux termes de charretier: sa, en 
avant! tout droit! Le Gonidec, et alla, à droite! à Lan- 
goat, Rev. Celt., IV, 146 ; cf. le fr. ça et là ? Sa étant opposé 
à là,- a pu signifier « à gauche » ; de même au proverbe 980 
de Sauvé, sa ! fait contraste avec dia ! a droite (cf. Rev. Celt., 
V, 159, 192). En français, dia veut dire « à gauche »; mais 
Pictet nous apprend que, dans une partie au moins de la 
Suisse, il s'emploie au sens contraire, comme en breton {Les 
Origines indo-européennes, 2 e éd., III, 214). Le P. Grégoire 
rend de même le franc, dia par dia, diha, deha. Il s'accorde 
avec le dictionnaire vannetais de l'A. pour expliquer le fr. 
hurhaut par « à gauche », mais ce dernier donne, à dia, le 
breton diha, guiha, guéha comme un « terme de chartiers, 
pour exciter au travail le bœuf qui est attaché à gauche ». 

Le P. Grégoire donne, au mot cause, le proverbe alla tenna, 
alla goiienna « telle cause, tel effet » ; il l'explique par ne aller 
tenna nemed diouch ar voiïenn, c'est-à-dire sans doute « on ne 
peut agir que conformément à sa nature, à sa race » ; cf. 
l'autre dicton de même sens qu'il cite également, pep tra a demi 
d'e had ha d'e natur = « chaque chose tend à sa race et à sa 
nature », et qui répond au cinquième proverbe du recueil de 
Brizeux, n° 472 de Sauvé : 

Ha droug ha mad 
A denn d'he had. 

Ces deux auteurs ont compris : « mal ou bien de sa semence 
vient » ; c'est plutôt « tend vers son origine, agit dans le sens 
de sa nature » ; cf. le Grand Mystère de Jésus, 94 : 

Ha drouc ha mat, e pep statur, 
A ten de hat a de natur 
A pep croeadur natural. 



Etudes bretonnes. 2 1 5 

Le sens général de la phrase alla tenna, alla goùenna est bien 
celui que lui attribue Grégoire, mais l'explication proposée est 
grammaticalement inadmissible. Alla n'a rien à faire avec 
gallout, pouvoir, et doit être rapproché de alla, à droite, pro- 
bablement avec une acception plus générale, « par là ». On 
pourrait entendre : « tirer par là, (c'est le moyen de) toucher, 
(d'atteindre) par là », cf. ténna da'r gùenn, tirer au blanc, sqei 
êr gùenn, donner dans le blanc, Grég., si ceci ne supposait à la 
première syllabe de goùenna une prononciation trécoroise, 
démentie par la finale du même mot et de tenna : Grégoire au- 
rait écrit en ce dialecte goûennah et tennah. L'interprétation la 
plus probable est, je crois ' « par là tirer, par là germer », 
c'est-à-dire « lorsqu'on tire par là, c'est qu'on est né comme 
cela » ; ce qui revient à cette autre phrase, dioud e vouënn ê ra 
« ce garçon chasse de race », Grég. 

Kouer deu% ë jour (paysan à la journée), journalier. 

Krank. Chout\ ër granket (maison, demeure des marins), 
navire ; chiininal ou dovergn d'houe^ ër granket (cheminée, ou 
cheval de navire), mât. 

Manuel. Gourdajen Manuel (objet, bête de Dieu), papillon, 
à cause du bret. balaveunicq-Douë, P. Grégoire de Rostrenen 
(irl. dealbhan-dé , eunan-dé, etc.). Gourdajen Manuel est aussi 
l'alouette, qu'on appelle encore 'n ini ha gond. Manuel, celle 
qui va avec Dieu (au ciel) ; cf. ann eùn touer-Doue, l'oiseau 
qui jure (le nom de) Dieu, à Saint-Mayeux, Rev. Celt., IV, 153 . 

Miniq kubiq ko% (fils du diable), sorcier. 

Mihson, mal portant. ' 

Niqol. Pod niqol boubou (l'homme à la viande de bœuf), le 
boucher. 

Ouser terk (mangeur de terre), crapaud; cf. Rev. Celt., 
XV, 351. Voir vreoçer terk, § 37. 

Piere^en. Bernier piere^eno (assembleur de pierres), ou avec 
le synonyme breton bernier niein, maçon. 

Poehser benben (voleur de pomme de terre), ou poenser %era- 
sin (voleur de pomme), celui qui a un polype au visage. Voir 
laer gzuenan, § 42 . 

Raton. Gwamel ë raton, religieuse ; miniq ë raton, enfant de 
chœur. 



2 1 6 E. Erncmlt. 

RoUg gourd jardin (gros marteau de tailleur), dé; rolego jar- 
din (marteaux de tailleur), aiguilles. 

Rufan. Gourdajen rufan (chose à bois), arbre; rufan miniq 
(petit bois), branche; rufaniah, brûler, éclairer; rufaniet, 
chaud. 

Rupe^ vreo^, dame; rupes en turgner, truie; rupes ar c'hoéle 
(la dame du taureau), vache. Ceci rappelle l'expression iro- 
nique « madame la génisse », La Fontaine, Fables, II, 4. 

Skalpino vagot, skalpino rufan, ou boto vagol (chaussures de 
bois), sabots, comme en breton boto-koat ; pod skalpino 
(l'homme aux chaussures), le cordonnier. 

Shrap. C'houeX. ë skrap, lupanar. 

Tdler. Bilhe~ en talero, ou bilhe^ en talero gourd (la fille aux 
repas, ou aux bons repas), cuisinière ; pod en talero gourd, 
cuisinier. 

Taouen daonuet, très pauvre; imitation de l'expression inten- 
sive, usitée en petit Tréguier, paour du daonnel, litt. « pauvre 
noir damné » . 

Tariek ou talielc d'ousan (tabac à manger), chique ; t. de 
choukan ba% ël lukan, t. à priser (petit trécorois choukan bulun, 
priser, cf. Rev. Celt., IV, 150). 

Terk. Pod en terk (l'homme qui se sert d'argile à crépir), 
maçon. 

Tortour, lit. 

Trafiqyohner , cordonnier. 

Tulodi, tulodein, parler; chanter ; écouter, entendre. Tulodi 
minson, chanter faux ; gourdajen de dulodi (chose, organe pour 
entendre), oreille; on dit aussi îulodo, les oreilles. 

Tunik c'hourd, grand'messe ; en dunïk miniq (la petite prière), 
les vêpres. A propos de la correspondance des voyelles u et a 
dans l'expression tuniq ~o taniq, qui paraît d'origine rochoise, 
j'ai cité, Rev. Celt., XV, 346, le moy. bret. na cuffna car, ni 
ami ni parent. Le petit trécorois emploie une locution ana- 
logue : na bu na bar (n'avoir) ni vie ni mouvement. Ce bu, 
par lui-même inusité, a dû être extrait du mot bue, vie. La 
même syllabe se présente dans le mot burlesque bisi-bu, 
petit doigt, Grég., de bisik biÇhari)} et dans le terme enfantin 
bubu, feu, chose qui brûle, en petit Tréguier. 



Etudes bretonnes. 2 17 

Vilach. Ar vilach vras (la grande ville), Paris. 

Voari. Voar 'biere^en d'ijes, jette-lui une pierre ; voari rufan, 
faire du feu. 

Water. Ar water gourd (la grande eau), la mer. 

Zardin. Ober i ~ardin (faire son couturier), coudre. 

Zerasined vid goad 'n ouc'h (pommes pour le sang du verrat, 
fruits qui donnent le vin), raisin. 

Zousilh ru, vin rouge ; %pusïlh gzuen, vin blanc ; ^ousilb eg, 
vinaigre (bret. gwin-eg') ; ~ousilbaden dahnet, eau-de-vie. 

Quelques expressions composées seront encore notées aux 
paragraphes suivants, à propos de mots qui présentent d'autres 
particularités. 

37. — Les formes grammaticales, dérivés et composés, qui 
suivent, ne donnent lieu à aucune difficulté. 

Beoger, pi. ien, veau, litt. beuglant, comme blèjer, blcnjcr, 
pi. ien, cf. Rev. Celt., XIV, 272. 

Bruahted, des œufs. 

Gourdajenat, f., plein une chose : eur c'bourdajenat trotacb, 
une assiettée de soupe. On dit aussi machinad, mot qui n'es.t 
peut-être pas spécial au rochois : eur machinad water, pour eur 
poul dour, un étang. 

Grignen : eltris grignen, pain d'orge. 

Gwamele^et, femmes; cf. Gloss. moy.-brct., v. goam, marron. 

Hadtaler noter « second repas de nuit », réveillon, d'après 
le breton hadkoaîin. 

Hadvariajet, remarié. 

Jargilbat, ventrée. 

Kuloto, des culottes. 

Laùperes (sauteuse), pie; cf. Rev. Celt., XIV, 274. 

Lugner, fenêtre, cf. Rev. Celt., XIV, 274; XV, 362. 

Milino (moulins) : me mil i 110, mes dents. 

Minihoc'h, plus petit; de viniqo, tes enfants. 

Mihsonarden, femme laide, sans soins ; mihsonarcs, sotte, 
terme de reproche. 

Morisan, faire le paresseux. 

Mudé^o, budéxp, des bouteilles. On dit de même bastroulh 
et mastroulh, une bonne, cf. Rev. Celt., XV, 348. 

Pelber, f. es, débauche. 



218 E. Ernault. 

Rufanien viniq, allumette. 

Skraperes, femme débauchée. 
Tannegen, eau-de-vie. 

Taouahnet, pauvres. 

Tariagi, taliagin, fumer ; tarich ou iaîiek de dariagin, ou de 
daliagi, tabac à fumer. 

Tuloder ba% choue^ Doue (chanteur dans la maison de Dieu), 
chantre. 

Tuniko, lettres ; pod an tuniko (l'homme aux lettres), le 
facteur. 

Vreo^er terk, taupe, quasi hacher douar ; voir ouser terh, §36. 
Il est remarquable que le proverbe breton 325 de Sauvé, 
contre un avare, « il est de la race du crapaud, qui craint 
qu'à manger la terre ne lui manque », se trouve avec substi- 
tution de la taupe au crapaud, dans Noël du Fail, Contes et 
discours d'Eutrapel réimprimés par ... D. Jouaust, Paris, 1875, 
t. I, p. 108 : « Le mesme capitaine ... estoit marié à une fort 
honneste damoiselle, mais la plus avaricieuse et chiche qui 
fust au pays, n'osant manger son saoul, de peur que la terre 
ne lui deffaillist, comme fait la taupe ». La taupe et le cra- 
paud sont associés dans d'autres traditions rapportées par 
M. E. Rolland, Faune populaire, III, 56. 

Zardineres, lingère, couturière; ober i%ardineres, coudre. 

Zousilhcrien, des ivrognes; zpusiïhercs, buveuse. 

38. J'ai rencontré deux mots qui jettent quelque lumière 
sur les origines de la diphtongue eo et du suffixe eo\ en rochois 
(cf. Rev. Celt., XV, 342, 343, 357): _ 

vlanbeo^iù, jurer, dérivé du français flambeaux, cf. bref, 
moy. flambeau, flambcux, moderne flambe^enn, van. jlambciï, 
Grég., etc., voir Rev. Celt., VI, 389; 

pinseo, queue ; saucisse ; pénis ; pinseo traflqyohncr, alêne de 
cordonnier ; pinseo watcr (queues dans l'eau), anguilles ; du 
français pinceau. 

On peut distinguer en rochois deux terminaisons eo%. L'une 
alterne avec -aos : bilheo^, bilhaos, argent, == * billeaux ; war ar 
beo^, sur le pavé, = bret. bdos, cour à fumier, Pelletier, Rev. 
Celt., XIV, 278, cf. ce passage d'Habasque, Notions ... sur le 
littoral ... des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, t. I, p. 304: « Les 



Etudes bretonnes. 219 

fermes sont généralement couvertes en chaume. Un cloaque 
infect, sous le nom de vaux, est en avant de la maison. C'est 
une mare où l'on fait pourrir des ajoncs et des pailles, dont 
on veut faire des engrais ». 

L'autre terminaison -eo^, -eou^, répond au français -oux, 
-ouse, fréquent en argot, et peut-être influencé par l'autre suf- 
fixe -ao%, -eo%. 

La finale depinseo se retrouve dans quelques mots bretons: 
moy. bret. bourreau, bourreu, bourreau, mod. bourreau, van. 
borrév 1 , Grég., van. cureau, choriste, curreau, enfant de 
chœur, l'A., plur. v. franc, cureaux, Archives de Bretagne, 
VII, 72, cf. Rev. Celî., III, 52, n. 1; sur l'ancienne termi- 
naison -eau, -iau en haut-breton, on peut voir Gcerlich, Fran- 
Xpsische Studien, V, 359, 413. 

Citons encore le breton potêo, potev, aiguière, podtéau, pot de 
faïence, Grég., pôtéô, Le Gonidec, du franc, pot à eau. C'est 
de ce composé que Le Brigant semble avoir extrait le mot ev, 
eau 2 , qu'il emploie dans sa traduction des premières lignes de 
la Genèse, Détachemens de la langue primitive, Paris, 1787, 
p. 22 : 

Da ghèntan Doué à crouas an Evo, ag an Douar : 
Ag an Douar e'voa dindon ev, a beû et. 

« Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre: 
Et la Terre étoit couverte d'eau, et noiee ». 

C'est la seule erreur de ce genre que je voie dans les trois 
traductions bibliques dé l'auteur qui me sont connues. J'ai 
publié la plus étendue, Rev. Celt., XI, 180-182 ; voici la troi- 
sième (1 Cor., XIII, 1, 2): 

A pa gomsfén langach an oll dud, ag an êlé, mar nambé ket ar 
garante, na vén nemertével ar hoùevr a%on, ag ar TJmbal a dint. 

A mar ambé ar broféci, ag anavefen oll ar mistério, aganoll 
goût, ag ambé oll ar fé da allout diblassan ar ménéo a nàmbékét 
ar garante, mann na non. 

1 . Le pluriel bonriarion, Méîusine, VII, 131, doit provenir de quelque mé- 
prise, pour bouriavion. 

2. On trouve eve, eau, en haut-breton ancien et moderne; cf. E. Gcer- 
lich, Franiœsiscbe Studien, V, 345, 413. 



220 E. Ernault. 

« Et quand je parlerais le langage des Hommes et des An- 
ges, si je n'avois pas la charité, je ne serais que comme un 
airain sonnant, ou une cimbale retentissante. 

Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais 
tous les mystères, et toute la science ; et quand j'aurais toute 
la foi capable de transporter les montagnes, si je n'avois pas 
la charité, je ne suis rien » l . 

La variante de prononciation dans moy. bret. bactes, mod. 
beiès, beolès, botte, porrée, Gr., cf. Rcv. Celt., XV, 357, re- 
monte au commencement du XVII e siècle : bcauttes, bette, No- 
mencîator, 80. La diphtongue différente de boctrabcs, bette- 
raves, Gr., est due à l'influence de boct, nourriture, cf. gall. 
bwytahuys, pommes de terre, adaptation de l'anglais potatoes 
d'après bvvyta, manger. On dit en petit trécorois betrabes ; 
l'A. donne baitéss, bettes, boiter abeenn, betterave, plur. boitcrabe.- 

39. J'ai indiqué à tort, Rcv. Celt., XV, 342, le suffixe -od 
de tunodo, tulodein, comme propre à l'argot de La Roche. Il se 
trouve en breton, par exemple dans les mots suivants : 

mod. rustaud, rustaud, rustre, rustaudes, rustaude; rust, 
rustique; courtaud, pi. ed, garçon qui fait son apprentissage, 
terme d'injure, Grég. Q= « courtaud de boutique »), em- 
prunts directs au français ; 

van. bccrrautt, courtaud, bêerraudeenn, courtaude, l'A., de 
berre, court, l'A., par imitation du français; 

van. gaguiiiautt, bègue, gaguillaudein, bégayer, grasseyer, 
gaguillaudage, m., bégaiement, grasseyement, l'A., à Sarzeau 
gadeliand, bègue, gadeliaudein, bégayer, selon Chai, ms, du bret.' 
moy. gagoill, gagouill, bègue, mod. gagoûilb, Grég.; van. mis- 
taudic, poupin, de mistr, id., Chaloris dis. 

On échange parfois en argot les suffixes -aud et -ot : fa rot, 
Monsieur, faraude, Madame, Mademoiselle, Le liée puni, 108. 
Le fait se produit aussi en français populaire (d~. Gaidoz, Mé- 
lusine, VI, 49) ; le comte Jaubert donne, par exemple, pi- 
cauder, picoter, riauder, rioter, ricaner 2 . De même en van./flr- 

1 . Présent singulier offert aux savans interprètes de l'Europe.. . A Rennes, 
chez N. Audran de Montenay, Libraire, p. 18, 12. Le permis d'imprimer 
qui se trouve à la fin, p. 23, est daté du 7 juin 1783. 

2. Glossaire du centre de la France, 2 e éd., 1864. 



Etudes bretonnes. 221 

la ut à Sarz(eau) « franc, ouvert », fém. farlauden « gagui », 
Chàlons ms., = îr. falot, et. falotin, bret. falotin, bouffon, ibid. 
(selon Grèg.,farlaudenn « dondon » ne se dit guère en bonne 
part); michodein, mûrir, l'A., michodeih, Gr., répond au fr. 
mijoter, dont il a quelquefois le sens : en dès... mijodet ar en tan 
« (la soupe) qui s'est lentement consommée sur le feu », Re- 
vue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, novembre 1889, p. 391. 
Le mot français est aussi employé dans le sens ordinaire du 
vannetais : migeoter, mûrir sur la planche, migeot, lieu où l'on 
conserve les fruits, au Mans, Littré ; migeoter, mûrir sur la 
paille, en parlant des nèfles, Ch. Ménière, Glossaire angevin 1 . 
Le bret. darevi a également les deux acceptions de « cuire » 
et « mûrir ». 

Le même échange semble avoir lieu encore dans un mot breton 
d'ailleurs remarquable par la diversité de ses déformations : 

hailhebod, pi. ed, coquin, faquin, malotru, polisson, celui 
qui est couvert de haillons, hailheboded, canaille, hailhebodès, 
hailhebodenn, coquine, hailhebodaich, coquinerie, Gr. ; 

hailhevod, pi. ed, polisson, Gr., haillevaudd, faquin, gredin, 
haillevautt, pi. -audétt, maraud, polisson, malotru, haillevau- 
dage, m., gredinaille, gredinerie, maraudaille, l'A., van. hailh- 
vaudecq, pi. -digued, malotru, Gr. ; 

aklepoted, gamins, jeunes étourdis, Fei% ha Brei~ du 
23 août 1873 ; 

laqepod, van. laqoupod, estafier, lacqepaud, pi. et, van. lacqou- 
paud, pi. ed, satellite, coupe-jarret, Gr., laqqepod, v. géant; 
lakepod, pi. ed, mauvais sujet, polisson, bandit, Troude; 

caiïhebodenn, pi. ed, bergère, courtisane, Gr. ; 

Galibod, nom d'un personnage paillard qu'il est question de 
pendre, Soniou Brei^-I^el, II, 120. 

L'origine de hailhebod a dû être le vieux français halleboîer, 
grappiller, cf. rouchi alboder, faire le fainéant ; haut-breton hal- 
boter, ramasser des raisins qui restent dans les ceps après la 
vendange, Alcide Leroux 2 . Mais il a pu y avoir, pour plu- 



1 . Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, t. XXXVI (1881). 

2. Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t. V, Saint-Brieuc, 1886. 
L'auteur donne aussi halot, vagabond, homme sans aveu. 

Revue Celtique, XVI. 16 



222 E. Ernault. 

sieurs formes, influence d'autres mots bretons : Iakes, laquais ; 
caillaren, souillon, coureuse, D. Le Pelletier. 

D'autres transformations proviennent de ce que le mot a 
été coupé en deux, peut-être par suite d'une étymologie popu- 
laire d'après paut, garçon : 

hailhonn, pi. -onned, malotru, polisson, van. hailhoned, ca- 
naille, hailhonnccq, pi. -nigued, malotru, Gr., ko% c'haillon, 
vieux coquin, Son. Br.-I^., II, 58, 60. Le P. Grégoire explique 
aussi hailhon, fém. hailhonnês, par « couvert de haillons »; il 
est naturel de comparer ce mot français; pourtant Troude 
donne aussi kaillen, m., vaurien, canaille, en cornouaillais. 

La seconde partie paraît seule, au contraire, dans le cor- 
nouaillais ibot, ubot, hubot, canaille, gueux, ubola, etc., agir et 
vivre en gueux, Pel.; cf. Gloss. moy.-bret., v. hubot. 

M. Gaidoz a signalé aussi, Mélusine, VI, 49, Rev. Celt., V, 
476, 477, la confusion en français des terminaisons -ot et -0. 
Le même fait se produit parfois en breton : cheminod « che- 
minod » (employé au chemin de fer), Luzel, Bepred Brei~ad, 
36, 38, plur. cheniinocd, 44. 

Un autre échange de suffixes plus divergents se remarque 
entre le vannetais mignan, chaudronnier, l'A., et mignaud, 
chiffonnier, Gloss. de Jaubert. Inversement, c'est le vannetais 
qui a -and et le français -an, -ant, dans averlaud, garçon, à 
Surzur près Sarzeau 1 , cf. averlant, ami de bouteille, compa- 
gnon de taverne, J. Leroux, Dictionnaire comique ; « mes bons 
averlans », Rabelais; averlan, averlant, débauché, bon com- 
pagnon, La Curne de Sàinte-Palaye ; haut-breton abreland, 
prétendant, Alcide Leroux. 

Cette terminaison est, comme on voit, assez commune en 
breton dans des termes de mépris ; cf. encore pichot, homme 
minutieux, niais, et aussi nonchalant, sans vigueur, en petit 
Tréguier, Rev. Celt., IV, 164, = provençal pichot, petit, un 
pichot, un petit homme, un pleutre, un lâche, Mistral. 

Plusieurs de ces mots sentent l'argot : jaiot, chaudronnier, 
gredin, Rev. Celt., XV, 349, jalodage, gredinaille, gredinerie, 
maraudaille, l'A., jalodés « guenippe » Chai, ins ; et. jalgaudétt, 

1 . De l'urgence d'une exploration philologique en Bretagne, p. 11. 



Etudes bretonnes. 223 

effrontées, l'A., v. débrailler; tréc. pâlot, van. palaut, cam- 
pagnard, Rev. Celt., XIV, 288; loilaud, pi. ei, coquin, 
loilaudi, coquiner, badiner, loùaudaich, coquinerie, Gr., même 
racine que louvéc, pi. louviguétt, fat, l'A. ; louïdicq, coquin, 
Gr., moy. bret. louuidlc,. fat, sot, Rev. Celt., XIV, 286, 287. 
Il est possible que les premiers argotiers de La Roche aient été 
appelés des * Tunaudet. 

La terminaison -aud alterne avec -ad dans loilaud, co- 
quin, etc., Gr., louât, niais, P. Maunoir, loilad, niais, badin, 
loiladès, badine, loiiadi, niaiser, louadére^, niaiserie, loiiadere^, 
badinage, Gr. De même kernewad, Cornouaillais, plur. kerne- 
zuis, Le Pel., kernévad, pi. kernevaded, van. kernéiiad, pi. ker- 
néiiis, Gr. {kerneviad, Hingant, Gram. 14), a un 'synonyme 
kernevaud, pi. ed, fém. kernevaudès, Gr., kernévod, Le Gon., 
kernevod, f. q, Moal. Cette particularité, inconnue aux autres 
ethniques, a son pendant dans la forme leonnard, pi. a/ « Leon- 
nois », Gr., léonartt, pi. -ardétt « Leonois », l'A., léonard 
« Léonnais ou Léonard », f. -e~, Gon. 1 , à côté du régulier 
léonad, pi. léonaded, léonin, f. léonade^, Gon. (Jéoniad, Hing. 
14), dont l'ancienneté est assurée par le pluriel moyen- 
breton leonis. A leur origine, ces nouvelles désignations expri- 
maient sans doute une nuance de mépris (cf. Quellien, L'argot 
des Nomades, 44; Rev. Celt., VII, 46, XV, 352; Sauvé, 
Prov., 943); on peut comparer clei^yad et clei^ard, van. 
cleyad et cleyard, gaucher, Gr., en regard du moy. -bret. cleiç- 
yat, gall. cleiddîad. Mais le choix de -aud semble avoir été 
déterminé par une suggestion d'ordre phonétique : à lou-ad, 
lou-od, kemew-ad, * kemew-od, kernev-od, on peut comparer du- 
ad, du noir de fumée, Gr., Gon. ; du-ot, blé charbonné, Gr., 
du-od, Gon. (gall. duad, cirage); du-an, blé noirci en dedans, 
charbonné, Pel., Gon., petit trécorois du-on, cirage formé 
avec la suie de la poêle, Rev. Celt., IV, 152 ; diho-ahnet, divo- 
annet, germé, Gr., tréc. diw-onet, Rev. Celt., III, 52. La syl- 

1 . Je ne vois pas de preuve qu'on ait employé en armoricain la forme 
brei\ard, breton, citée par exemple dans Y Histoire de ta Petite-Bretagne, par 
Manet, Saint-Malo, 1834, t. I, p. 5, au lieu de brey\ad, Gr., brei\ad, brei- 
%iad, Le Gon., Troude, breiyiad, Rev. de Bret. et de Vendée, XXVIII (1870), 
p. 389, pi. breyyis, brey^idy, Gr., breiqaded, Le Gon., moy. bret. Breiqis. 



224 



E. Ernaull. 



labe wo devient facilement o, cf. Rev. Celt., VII, 315 ; il est 
assez naturel d'admettre que c'est par l'intermédiaire de wo 
qu'on a passé de zua à 0. Ce changement s'observe surtout en 
vannetais. Cf. Rev. Cclt., III, 53. 

Le petit trécorois marc'hpôt, m., gaillarde, femme dé- 
gourdie, robuste, capable, rappelle l'argot marpaut, maître, 
homme, Le vice puni, 109, F. Michel, Menu de la Soc. de 
Lïftg., VII, 50, v. fr. marpaut, niarpaud, goinfre, fripon, vo- 
leur, vaurien, fém. marpaude, Godefroy ; marpaud en Dau- 
phiné, fripon, vaurien, en Limousin gros lourdaud, Mistral, 
en Vendômois chat mâle, matou, Martellière. L'addition du 
son c'h peut être due à une étymologie populaire d'après 
marc'h, cheval, et pot, garçon ; cf. penn-pautr, garçonnière, 
Grég., penn-baotr, Moal, de peau, tète; skil-paotr, fille qui a 
les manières hardies et libres d'un garçon, Pel., de shil- d'où 
skildrenc, à demi-aigre, aigret, Pel. (= gall. ysgil, recoin, de 
cil, coin, comparez au breton gilgamm, boiteux, Gi\, chilganuu, 
bancal, Troude, gil gain, jambe torte, Chai, dis, le gall. 
cilgam, oblique) ; ras-paotr, garçonnière, Troude, raspaotr, 
Suppl. aux dict. bref., Landerneau, 1872, de ras-, d'où ras- 
paredi, cuire superficiellement, ibid. ; van. ur sah pautr', gar- 
çonnière, Chai, ms., de sah, sac. Ce dictionnaire rend encore 
la môme idée par ur uêrh sod el urgaxec, litt. « une fille folâtre 
comme une jument » ; cl. Rev. Celt., IX, 110, ni; Gloss. 
moy.-bret., v. mouien. 

40. — Mots bretons détournés de leur sens : 

Babi (guignes), clous, Rev. Celt., XV, 348; cf. ar babi, les 
guignes, Sauvé, Proverbes, 972. 

Batimancho (bateaux), gros sabots, Rev. Celt., XIV, 277; 
cf. Sauvé, Prov., 864. 

Beeh, loup ; cri dont on effraie les enfants, en les menaçant 
du loup, Quellien, L'argot des nomades, 29, cf. 41. Ce mot 
rappelle beaucoup le vannetais beaical, bêler, beaiqual, beai- 
queiti, croasser, beaiqucreah, bêlement, croassement, l'A. ; ni 
lay bihan é vaical, un petit veau qui beugle, Vocabul. nouv., 
Vannes, 1863, p. v. C'était peut-être, à l'origine, une imi- 
tation du cri de frayeur d'un animal en présence du loup. Cf. 
béé, onomatopée du cri de la chèvre, Gr., v. Pontscorf. 



Etudes bretonnes. 225 

Gaouiat (menteur), miroir. 

Ietren, pi. (guêtre), laboureur; on dit aussi ietren terk 
(bret. labourer douar). 

Kalc'h, m., sac; cf. Rev. Celt., XV, 356. 

Kerc'h : rei herch, battre, Rev. Celt., XIV, 280. Cf. « donner 
de l'avoine, battre, rouer de coups. De la langue des charre- 
tiers, l'expression est passée dans celle ... des gens sans 
aveu », Fustier. 

Kokarden, f., pi. 0, coup ; en petit Tréguier nœud de ruban, 
du français cocarde. 

Koublet, bossu. Ce mot n'est connu en Tréguier qu'au sens 
de « joint, accouplé » ; l'acception rochoise doit dériver d'une 
autre plus ancienne « replié »; cf. Rev. Celt., VII, 311; 
Gloss. moy.-bret., v. coubl. 

Luc'han (luire), jurer; luc'hach (vernis, faux brillant, argot), 
juron. Cf. tréc. luc'het (éclairs), blasphèmes; Rev. Celt., XV, 
362, 363, et l'emploi de lulet, éclairs, dans des jurons, Rev. 
Celt., V, 188. 

Ml^er (misère), pudendamulieris; héjal i mi%er, danser. On 
dit encore Iwmanan, lawen. 

Mous (mousse), aide-maçon, Rev. Celt., XV, 350. Le sens 
de ce mot n'a aucun rapport avec la marine, dans cette 
phrase : Eunn den divar ar mea% ... her c'heniera^da vous pe da 
vevell bihan evit diouall be %enved, un homme de la campagne 
le prit comme garçon, ou petit domestique pour garder les 
brebis; Bue^ ar ^ent skrivet ... gant aun Aotrou Morvan ... 
moulet evit aun eil guech ... goude eunn evesa great ... gant ann 
Aotrou Nikolas ... Kemper, 1894, P- l &9- 

Pis (pois), coup de fusil, balle ; cf. boulijer dranm (boulets 
d'une drachme), pois, Rev. Celt., XV, 357. 

Piti-piti (cri pour appeler les poussins), poussins. Du fran- 
çais petit, cf. Rev. Celt., IV, 148. 

Plohjer (plongeur), fouille-au-pot, petit marmiton. Cette 
prononciation française ne se trouve guère écrite : le P. Grég. 
donne pluhger, van. plugeour. Mais on lit plonjaden et plon- 
chaden, action de. plonger, Collection Penguern, t. I, fol. 31, 
cf. Mélusine, III, 453. 

Pobi = pelhad; pober, débauché, f. poberes. Le sens propre 



226 E. Ernault. 

de poli « cuire », n'est plus connu en Tréguier, de sorte que 
c'est bien là un archaïsme rochois. D. Le Pelletier et Le Go- 
nidec donnent pibi, en remarquant qu'il est peu usité ; cf. Rev. 
Cclt., III, 57, et Gloss. moy.-bret., v. pibi. 

Poméet (pommé), ivrogne ; participe du verbe pomcin, pom- 
mer, usité en petit Tréguier (cf. vanduih, au § 44). 

Prosesiohn (procession), vaches qui se suivent en courant. 

Spagnoks (espagnole), vache qui n'a pas de cornes ; maoul 
Spagn, ou spagnol, brebis sans cornes. 

Spohtus (terrible), roitelet. 

Tolen, f., pi. tolinier (tableau), carte; gourdajenin gant toli- 
nier, ou gant karto, jouer aux cartes. Esplikasion tolinier (ex- 
plication de tableaux), crêpes. Ceci Rut sans doute allusion aux 
tableaux ou images allégoriques qu'on expose et qu'on ex- 
plique dans des églises bretonnes, pendant les retraites et les 
missions; cf. Sauvé, Rev. Cclt., III, 246-248. 

Ucher (huissier), fainéant. 

Zegal (seigle), argile. 

41. Les mots suivants donnent lieu à quelques observations. 

C'houcêres, f., soufflet de cuisine, ne se dit plus en petit Tré- 
guier ; mais il répond au léonais c'huè^erès, Gr., c'boe~eure^, 
Supplément aux dict. bret., Landerneau, 1872, p. 57, cf. 103 ; 
van. huëheres, Gr., huéheréss, l'A. 

Gourm, m., la Saint-Michel, par abréviation du tréc. gour- 
mikel; gourm ou am%er gourm s'emploie aussi pour « l'au- 
tomne » : her\ gourm e 'n am^er c'hourtan da chouilah, litt. 
« c'est pendant l'automne qu'est la meilleure saison (aux cou- 
vreurs) pour travailler ». Cette préposition ker%j pendant, que je 
n'ai jamais vue écrite, n'est pas un mot rochois ; on l'emploie 
à Tréguier. Je crois qu'elle diffère de krei^, (au) milieu, et 
qu'elle est identique à ker~, hers, jouissance, possession, profit, 
gain, disposition, droit de disposer, Pel. Cet auteur cite le 
mot d'après l'usage du bas Léon et de la Cornouaille, avec la 
préposition en, qui se sous-entend parfaitement en trécorois. 
Le P. Grégoire donne cm c'her^ Inia et va c'her^ eo, c'est mon 
bien, mon patrimoine; Le Gonidec fait hers du féminin. KerXj 
hers, doit répondre à l'irlandais cert, le droit, adjectivement 
droit, juste; gall. certh, évident, (vue) perçante, ardent, etc., 



Etudes bretonnes. 227 

moy. bret. quer%, certes, tout à fait, van. akerh, cf. lat. 
certus. 

Ce mot gourm n'est pas le seul nom breton de l'automne 
qui manque a la liste donnée Rev. Celt., XV, 392-394. On lit, 
Colloque français et breton ou nouveau vocabulaire, 9 e édition, 
Brest, imprimerie F. Halégouet, p. 102 : « (Pourrais-tu me 
dire pourquoi le temps est si mauvais chaque année ?) Dans 
l'été vient l'hiver; au lieu du printemps" nous avons l'au- 
tomne... En hanv e feu ar goauv; e leac'h ann am^er-neve^ ann 
diskarr ». Diskarr est ici l'abréviation de diskar-am^er , qui se 
lit p. 62, cf. 17. 

Une autre désignation de la même saison paraît se trouver, 
sous une forme sans doute altérée, dans ce proverbe connu a 
Saint-Clet, à Trévérec, etc. : 

Pardon Jan Jili 
Ges kastel goan d'an ti 

« le pardon de Saint-Gilles amène l'automne dans la maison » ; 
ou encore : 

Gant pardon Jan Jili 

'Haôtre kastel goanv en ti 

« avec le pardon de Saint-Gilles l'automne entre dans la mai- 
son ». Le pardon de cette localité a lieu le 2 septembre, et 
coïncide avec le commencement de l'automne, dans l'année 
liturgique. On prétend qu'il fait toujours mauvais temps ce 
jour-là. L'expression kastel goan ne s'emploie que dans ce 
dicton. Aussi ne sait-on quelle idée précise lui attribuer; on 
l'entend au sens général de « mauvaise saison, début de l'hiver » . 
Quelques-uns veulent que kastel goan, litt. « château d'hiver », 
s'applique à de gros nuages noirs, figurant des châteaux dans 
le ciel, kasteyo ba' 'n oabl. Kastel a pu remplacer kestel, pris 
pour son pluriel, mais ayant d'abord signifié « saison », = 
van. kestel, chant, Livr cl lab., 8, 10, 12, etc., moy.-br. que- 
tell, quenlel ; cf. pet. tréc. boustoulher et boutoulber, bouteiller, 
sommelier. 

Lala. Eur lala, un fainéant, cf. lela, bambin, l'A., Sup. 

Papilhouo, neige, du bret. papilbon, papillon, avec la termi- 



228 E. Ernault. 

naison de pluriel des choses inanimées, au lieu de papilhonet. 
Cf. moy. bret. balauenn crch, flocon de neige, de balauenn, 
papillon. La même assimilation se rencontre en provençal : 
parpaiolo, flocon de neige, parpaioun de nèu, gros flocon de 
neige, cf. mousco blanco (mouches blanches), flocons de neige, 
Mistral. Inversement, Victor Hugo a dit : « A midi mille pa- 
pillons blancs s'y réfugiaient, et c'était un spectacle divin de 
voir là tourbillonner en flocons dans l'ombre cette neige vi- 
vante de l'été » (Les Misérables, IV e partie, livre III, m). 
L'expression lui était sans doute suggérée par une réminiscence 
de ces vers des Orientales (XXXIII, str. 2) : 

Il faut qu'avril jaloux brûle de ses gelées 
Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées, 
Neige odorante du printemps. 

Voici un autre passage du poète où les deux idées sont en- 
core associées : 

En hiver, le ciel triste 
Laisse tomber sur terre un linceul pâle et froid ; 
Mais, quand avril revient, la fleur naît, le jour croît; 
Alors la terre heureuse au ciel qui la protège 
Rend en papillons blancs tous ses flocons de neige. 

Torquemada, partie I, acte i, scène <,. 

Stripalho, tripes, bret. stripo, avec la finale de tripaille. 

42. Expressions composées, sobriquets formés de mots 
bretons : 

Bek. Pod i vck (le gars au bec), bécasse (en bret. kevelek est 
masculin); bek melen(bec jaune), merle (cf. l'épithète caracté- 
ristique ar voualc'h bel; meleii, le merle au bec jaune, Revue de 
Bret. et de Vendée, t. XIX, 1866, p. 458; de même en gallois, 
Bar^a\ Brei~, 145). 

Bohbard. Eut wonbar war i lukann (une bombarbe, instru- 
ment de musique, sur son nez), (il a) un grand nez. 

Denvcd bihen (petits moutons), nuages blancs, moutonneux. 

Dihar. Potret dihar nioaïin (les gars aux jambes minces), 
crabes. 

Kaset. Kloc'h ar c'haset loaio (la cloche du coffre aux cuillers), 
l'angélus du soir, qui fait prendre les cuillers pour le souper. 



Etudes bretonnes. 229 

Laer. Laer Meut (voleur de farine), meunier, cf. Sauvé, 
Prov., 858. Laer gwenan (voleur d'abeilles), homme chauve, 
Rev. Celt., XV, 352, vient peut-être d'un jeu de mots sur le 
bret. gwenanenn « abeille » et « verrue » ; cf. poenser beîibeh, 
au § 36. 

Logot du (souris noires), taupes; de là logoter (souricier), 
taupier. Pod ël logot (l'homme aux souris), charcutier, parce 
qu'on suppose qu'il met dans ses saucisses toutes sortes de 
viandes. 

Lost. Pod e îost hir (gars à la longue queue), rat, cf. Rev. 
Celt., XV, 353 ; losto berr (queues courtes), des souris. 

Lutanand ar chernio (le lieutenant des cornes), taureau. 

Marc h gla^, la mer, Rev. Celt., XV, 353. Marc h glas veut 
dire ordinairement « cheval gris », Grég., de même en gal- 
lois march glas, caseg las. Dans cette dernière langue, caseg, 
jument, signifie aussi brisant, grande vague. En mannois un 
cheval gris s'appelle également cabbyl glass, qui signifierait aussi 
bien « cheval vert »; cf. l'intéressant ouvrage de M. Rhys, 
The outlines of the Phonology of Maux Gaelic, Douglas, isle of 
Man, 1894, p. 24. 

Marc'hadour chufere (marchand d'hydromel) ou koar (de 
cire) ou mél (de miel), homme aux yeux chassieux. 

Min aour (mine d'or), huîtres, à cause de leur prix. 

Penn. La plaisanterie macabre sur les chauves, rapportée 
Rev. Celt., XV, 353, se retrouve en van. : peenn carnéle, 
chauve, l'A. Penn-beu? est donné par le P. Grégoire, au sens 
de l'argot français « tête de buis » : tête chauve. 

Pesk heb dour (poisson sans eau), celui qui est toujours em- 
barrassé pour trouver ses outils, parce qu'il ne se soucie pas 
de travailler. 

Poultr. Pod pouV prévet (l'homme à la poudre contre les 
vers), pharmacien. 

Prenest. N'eus med eur prenest war i gastel, ou i chato (il n'y 
a qu'une fenêtre à son château), il est borgne. On dit dans le 
même sens : N'all ket diorein i breneebo pë ve didortet Huon, il 
ne peut pas ouvrir ses fenêtres, quand le soleil est levé. 

Ràbad 'bet (pas de rabais), boiteux ; à cause du dicton po- 
pulaire en petit Tréguier : pemp ha pemp ra dek, rabadebet, ra- 



230 E. Ernault. 

bad ebet « cinq et cinq font dix, pas de rabais, pas de rabais », 
par lequel on raille les boiteux. Cf. Robert Caze, L'élève Gen- 
drevin, Paris, 1884, p. 264: « Enfin la petite femme revint 
suivie du tailleur boiteux affecté au service du vestiaire... 
Madame Vandière ... discuta avec le cinq et trois font huit du 
vestiaire ». L. Rigaud donne six et trois font neuf a boiteux », 
et y voit une « allusion à l'allure inégale des boiteux dont les 
pas semblent marquer des nombres différents ». S'il en est 
ainsi, le sel de la plaisanterie n'était plus compris de celui qui 
l'a fait passer du français en breton. 

Rouen tagoset (le roi des trapus), petit homme. Tagos, en 
petit Tréguier, = torgos, homme gros et court, nain, Pel., 
torrogoç^, trapu, dim. -icq, Grég. 

Zi^alh. Pod i %i%aXh (le gars aux ciseaux, à la pince), 
homard. 

43 . Emplois spéciaux de divers noms propres : 

I^abel viniq (petite Isabelle, petit lièvre), lapin. 

fan san ter (Jean sans terre), synonyme de pesk heb dour, 
§42. 

Kadas, une rosse ; un marchand de chevaux. Kadas, à Lan- 
vollon Kadras, était le surnom d'un équarrisseur, Guillaume 
Leguen, parce qu'il avait été employé aux travaux du cadastre. 
Il est mort il y a peu d'années. 

Kerawel. 'N otro 'Gerawel (monsieur de la Ville-du-vent), 
vent fort. 

Lapolû. Ed e Lapohî dé Galeh (La Pollue est allé à Callac), 
c'est aujourd'hui mercredi. Lapolû était le surnom d'un 
homme noble, de Beauhardy ; le mercredi est jour de marché à 
Callac. 

MadcJen (Madeleine), pluie ; cf. l'expression française 
« pleurer comme une Madeleine » ? On dit aussi, dans le 
même sens, ma pantin Madelen barbu « ma tante Madeleine 
barbue »; c'était le surnom d'un ancien Rochois. 

Marteh (Martin), ours. 

Melkus, celui qui n'a qu'une oreille. C'est le nom écrit en 
moyen-breton Malchus (cf. l'évangile selon saint Jean, XVIII, 
10). M. de La Villemarqué a ajouté au dictionnaire breton- 
français de Le Gonidec le verbe malkusa, essoriller. Sur le 



Etudes bretonnes. 23 1 

changement d'à en e sous l'influence d'un u suivant, on peut 
voir Gloss. moy.-bret., v. ac'hubi, auv, dastum. 

Pieriq pareg^ahp, café avec eau-de-vie à discrétion, Rev. 
Cclt., XV, 359. M. Fr. Gélard a eu l'obligeance de m'ap- 
prendre que « Pierric par exemple » était un ouvrier ajusteur 
employé par son père, et ainsi surnommé parce qu'il affec- 
tionnait cette expression (cf. Rev. Celt., VII, 39). 

Pleuyel. Ed e chaouks de Blcuyel (la chaux est allée à Plou- 
guiel, près de Tréguier), la chaux (ou l'argile) est en trop pe- 
tite quantité. 

Sultan (Sultan), lion. 

'Vichèvcn, paresseux. Littéralement « (la) Micheau », sur- 
nom d'un pauvre de Saint-Clet, qui l'avait hérité de sa 
mère. 

L'expression klevet i %anta Maria, entendre son chapelet 
d'injures, 2?a>. Celt., XV, 355, n'est pas spéciale au rochois; 
on l'emploie à Trévérec, à Saint-Clet, etc. 

L'altération de thériaque en tarych, tabac {Rev. Cclt., XV, 
344) a pu être amenée par l'influence du nom de lieu Tariec, 
près de Tréglonou, dans le Finistère. 

44. — Les emprunts au français sont assez nombreux. 

Bâ, des bas. — Baie, balai. — Bâton, m., bâton. — Belom, 
grand (= « bel homme »). 

Blah, blanc, pâle; cf. Rev. Celt., XIV, 271. 

Ble, du blé. 

Boa, bois, forêt ; gourdajen boa (chose, animal des bois), écu- 
reuil. Voir juman. 

Bocteu, boiteux. 

Bonbon, ognon ; trotach c bonbon, soupe à l'ognon ; bonbon 
gourt (bon ognon), ail; bonbon hir, porreau, du fr. bonbon. 
Cf. bon-bon, m., bonbon, l'A.; maguet dcus a vonbon, nourri 
de bonbon, Mculidigue^qegin-gacr cure Sant-Yan-ar-bis ... gant 
... cl Liab ... 7081 (Le Bail, 1807), p. 12. 

Botah, été (« = beau temps »). 

Bounibouin, chapeau (= « boumboum », onomatopée du 
tambour). 

Breton, le breton, la langue bretonne; tuuikah breton, tulo- 
dein breton, parler breton. Breton ne s'emploie en ce sens qu'en 



23 2 E. Ernault. 

vannetais; dans les autres dialectes le mot veut dire « un 
Breton ». Voir franse. 

Chandel, chandelle. 

Chalo, château. Voir prenest, § 42. 

Chemis, chemise. Le mot chemi% est employé par plaisanterie 
dans une chanson bretonne connue à La Roche, et citée par 
M. Quellien, L'argot des nomades, 21. Cf. ^emi^ettenn, jupe de 
dessous, Gwer^iou Brei^-I^el, I, 450, etc. 

Cher, cher. — Chô, chaud. — Do, dos. — Dur, dur. — 
Echel, échelle. 

Eletriheletrah, télégraphe électrique ; altération moqueuse de 
ce dernier mot, d'après des locutions populaires telles que 
« prendre ses cliques et ses claques ». 

Epehg, épingles. — Epôl, épaule. — Fer, fer ; fer gourd (bon 
fer), acier. Ce mot n'existe en trécorois que dans le composé 
pofer, marmite (pot de fer), etc., voir Gloss. moy.-bret., v. 
ren (cf. potéo, pot à eau, § 38), et les dérivés ferein, repasser 
du linge, fèreres, repasseuse. 

Fiev, fièvre. 

For, fort; fors, force. Ce dernier mot existe en breton dans 
quelques locutions, comme hrial fors, haut-breton « crier 
force » ; cf. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques, 
169. 

Fran, (un) franc; franse, français; tunikan franse, parler 
français. De là sans doute l'expression moud da dunikaù, aller 
à l'école (cf. t uni ko, § 37). 

Froa, froid. — Glas, de la glace. — Grau, grand. — Hard, 
hardes, vêtements. 

Hô, haut; cf. haot, haut, hao-bar, plein jusqu'au ras, dans le 
dialecte de Batz (Loire-Inférieure). 

Tuer, hiver; rupet 'n iver (les messieurs, les richards de 
l'hiver), fourmis; cf. la formulette d'Audierne citée par 
Sauvé, Rev. Celt., V, 175. 

Juman, jument; juman de boa, pivert, traduction littérale 
en français du breton ka~ek-koat. 

Kanardeu, f., canard. 

Kloch, pi. 0, cloche (on dit aussi klocho c'houe% Doue, cloches 
de l'église). 



Etudes bretonnes. 2 3 3 

Kou, cou. 

Kouchet kik, battre quelqu'un, Rev. Celt., XV, 359. Cf. a 
couchin douar, je tasserai la terre, Soniou Brei^-Içel, II, 68. 

Kour , court, adj . 

Leh, du lin. — Loh, long. — Lour, lourd. 

Luil, huile, ou luil salât (huile de salade), du fr. « l'huile »; 
cf. bret. lodevi, eau-de-vie, Rev. Celt., VII, 44, laudevi, Son. 
Br.-I^., II, 38, etc.; voir Gloss. moy.-bret., v. lotrucc. 

Maladi, maladie. 

Mani^el, fiancée, avant le mariage, en bret. yeulc'h ; du fr. 
vulgaire manivelle, mademoiselle. 

Mardi, mardi. — Meg, maigre. — Meuuie, meunier. — 
Monch, une mouche. 

Moul, f., pi. 0, un moule; tire-lignes. 

Moulbet, mouillé. — Mule, mulet. — Nej , neige. — Noar, 
noir, brun. — Oublian, oublier. — Papie, papier. — Pegn, 
peigne. — Pel, pelle. — Peti, petit. — Peur, peur. — Poa, 
des pois. — Poar, poire. — Poasoïi, poisson. — Poavr, 
poivre. 

Poenver = nafles, du fr. « point vert ». 

Port, m., porte. 

Pui, puits. 

Raxpar, rasoir (cf. ra~ouër, Gr., pet. trécorois ra%pur). 

Ri, du riz. — Samdi, samedi. — Sâvah, savant. 

Seùlëùdi, lundi (= « saint Lundi »). 

Si%o, ciseaux. — Soaf, soif. 

Solda, soldat; taouen solda, punaise. 

Soitlie, soulier; pod soulie, cordonnier. 

Tan, temps (cf. botali). 

Vanduin, vendre, dérivé du fr. vendu; cf. forbuet, fourbu, 
parea, guérir, de pare, guéri, prêt (paré), Gr., etc.; voir 
pomêet au § 40. 

Ver, vert. 

Au lieu de bo^cu, Rev. Celt., XV, 358, lisez bossu (cf. Gloss. 
moy.-bret.}. 

45. — Quant aux mots formés par contamination, je ne 
puis ajouter que péket, poissons, pour peshet d'après peket, collé, 
et konueri, hirondelle, pour gweneri (prononciation du petit 



234 E. Ernault. 

Tréguier), d'après le' nom propre Goneri, Koneri, cf. Rev. 
Oit., XV, 354. 

Le mot lahsogne dans mohd de lahsogne (aller à Lansogni), 
s'enivrer, a dû être traité comme un terme géographique à 
cause de sa première syllabe lan ; d'ailleurs on dit aussi eul 
lahsogne, un homme ivre (cf. Rev. Ce! t., VII, 45, 250; XIV, 
274). Ne serait-ce pas un mélange du radical de lancé et du 
suffixe de ivrogne ? Ue final français devient souvent en breton 
i, cf. Rev. Celt., VIII, 526 ; IX, 379. 

Le mot ivrogne a donné dans le dialecte de Batz (presqu'île 
du Croisic), ivrogn, id., ivrognererh, ivrognerie; mais ailleurs 
en vannetais ivraign, ivraignereah, Guer^enneu. . . Guillome, 
Vannes, 1857, p. 57, 58; yvraignour, ivraignerah, Loth, 
Chrestomathie bretonne, 335, 356. Le même changement de 
voyelle s'observe en bret. moy. : charoignn et charaing, cha- 
rogne; co^gain raignet « vieille charogne usée », selon Pel., 
qui voit dans raignet le verbe ragna = « rogner », usité au 
pays d'Audierne; mais c'est plutôt, je crois, le participe cor- 
respondant au van. roigneih, devenir galeux, Gr., cf. moy. 
bret. roingnenn, rogne. Inversement, le moy. bret. boing 
« baing » =bayn, plur. baynnou, bainnou, Nomenclator, 319, 
246; cf. an boing « la hanche », Nom., 24, hoinch, pi. hoin- 
chouy Gr. Le franc, moins, qui s'est habituellement r prononcé 
mains pendant le xv e et le xvi e siècles (G. Paris, Chansons du 
XF e siècle, p. 123), est devenu mes en breton de Batz dans 
mes ke, à moins que, et ailleurs dans l'expression na muy na 
mas, na muy na meas, ni plus ni moins, Gr. 

46. — Je ne vois pas d'étymologie probable pour le mot 
brebe, gaucher. 

47. — Un nom vannetais de l'argot, omis Rev. Celt., XV, 
363, est cranouage, m. « argot des mandians », l'A., Sup. ; mot 
cité, avec une autre acception, Rev. Celt., XIV, 284. 

48. Examinons, maintenant quelques formations bretonnes 
qui peuvent s'éclaircir par l'argot. 

La terminaison -orc'h, -ourc'b dans byorc'h, petite bière, sy- 
nonyme de byericq, bericq, diminutif de byer, ber, van. bir, 
Gr., bèr, byer, Nom. 314, bier, Doctrinal de 1628, p. 189; 
matourc'h, pi. ed « chambrière mesquine », cf. matesicq 



Etudes bretonnes. 235 

« chambrillon, petite servante », dim. de matés, Gr., mate^, 
matourch « chambrière, méchine » Nom. 320, semble tout 
d'abord avoir remplacé les terminaisons -er, -e^, pour ex- 
primer une nuance de mépris. Mais il est fort possible que 
cette substitution ait eu pour première cause le désir d'altérer 
la physionomie des mots ; cf. l'observation sur le suffixe -asse, 
en argot et en français, Mémoires de la Société de Linguistique, 
VII, 45. Quoique le suffixe -urco- ait existé en gaulois r , il est 
plus naturel de comparer ici les mots comme collorc pour 
collo, cou, frontorc pour f route, front, dans l'argot italien de 
Val Furva 2 , et bonorgue, bon, en argot français. 

Le mot tu^um, pesant, lourd (d'esprit), lourdaud, Pel., doit 
venir de * iusim ou *tosim : cf. turumel, bosse de terre, butte, 
à côté de tori niella (et torea), se rouler à terre, Pel., van. tor- 
ri niellât, se rouler, gambiller 3, taurimellat, taureein, taureal 
« se veautrer », Gr. ; voir Rev. Celt., IV, 466, 467 ; XIV, 320. 
*Tus-im, *to-sim parait avoir la môme origine que l'espagnol 
tocho, grossier, stupide ; son suffixe -ini se retrouve dans 
l'argot tout i nie, tout, Delvau, Le Vice puni, 112, et le vieux 
français grandisme, grandime, très grand, etc., calqué sur le lat. 
grandissimus ; cf. la terminaison argotique -ême: diiresme, 
fromage, Le jargon de l'argot, dur ême, id., L. Rig., fromage 
blanc, Delvau, durcine, id., Virm., de dur (par antiphrase^ 
pour « fromage mou ») = ital. durissimo (fém. à Naples 
duressima), espagnol durisimo, très dur. 

49. Le nom de l'acier, en gallois dur, en breton dir, est 
tiré du lat. dûrus par M. Loth, Les mots lat. dans les langues 



1. Grammatica rettica, 2 e éd., 808. 

2. Archivio glottologico italiano, III, 55. 

3. On lit corriueïlat, gambiller, Châions ms; c'est une sorte de com- 
promis entre torrimellat et le mot différent corïbellat, chanceler (« n'est 
bon que pour les choses matérielles »), bout ar goribet, être chancelant, 
Chai, ms., v. chancelier; cf. rïboul-diriboul « se dit d'un individu qui ne peut 
rester en place », Troude, haut-bret. déribouler, dégringoler? 

4. Ces sortes de langue pratiquent volontiers l'esprit de contradiction 
que Boileau se plaignait de trouver dans la rime : 

Quand je -veux dire blanc, la quinteuse dit noir. 

Ainsi dans le « grec de Saint Gilles » (paroisse de Londres), un ramoneur 
s'appelle lily-white, blanc comme un lis. Cf. plus haut spontus, § 40, etc. 



236 E.Ernault. 

brit toniques, 163 ; selon M. Stokes, Urkeltischer Sprachschat^, 
151, ce serait le correspondant celtique du latin. Quoi qu'il en 
soit, il est remarquable que les langues bretonnes se rencon- 
trent ici avec divers argots : argot français dur, fer, four- 
besque duroso, F. Michel. Un synonyme de dur est durin, 
d'où duriner, ferrer, Le jargon de l'argot, Delvau; c'est le pen- 
dant dedoussin, plomb, doussiner, plomber, Le jargon de l'argot, 
L. Rig;, dérivés de doux. 

Le mot pratisien est employé, Revue de Bretagne, de Vendée 
et d'Anjou, août 1889, p. 123, au sens d'« artiste », tailleur 
habile (dialecte de Tréguier) ; cf. Rev. Celt., XIV, 288. 

M. Quellien a publié, Chansons et Danses des Bretons, 181, 
182, une chanson que lui a apprise un couvreur de La Roche- 
Derrien; elle contient le mot rotoukiou, au sens de nii^er, 
§ 40. On prononce rouqyouqyou à Pontrieux, etc. ; cf. roucoucou, 
m. « lapin mort-né, dans l'argot des chiffonniers et de leurs 
gargotiers », Delvau. Ce mot baroque pourrait appartenir à la 
famille de rococo « démodé », riquiqui, eau-de-vie, L. Rig., 
mauvaise eau-de-vie ; mesquin, petit, étroit, Virmaitre, cf. 
Delvau ; le petit doigt, Jaubert, Supplément au Glossaire du 
centre de la France, 1869, etc.; à Avranches, roitelet, Faune 
pop., II, 290; à Nice, sorte de cri de joie, Mistral, v. requin- 
quin; id. à Saint-Servan, Mélusine, I, 270. 

E. Erxault. 



MÉLANGES 



LE PRONOM ADVERBE SE, SEN EN BRETON. 

Se, vannetais se, sen (an dén %e, cet homme-là, se x° gwir, 
cela est vrai), a été identifié avec l'irlandais sin, malgré la con- 
servation de s initial, suivi de voyelle. A priori, cette identifi- 
cation était plausible : on pouvait expliquer la conservation de 
s par les combinaisons de la construction syntactique et le jeu 
de l'analogie. Elle devient certaine si on consulte les dialectes 
bretons. Se entre en construction, on peut même dire, est 
soudé et fondu dans le mot va-~é- ou plus fréquemment a-~é 
(ma-xé), là. Or, dans nombre de localités, on a ahé ou indif- 
féremment axé, ahé. 

Dans le Léon, à Guiclan, Plougastel-Daoulas, Lannilis, on 
emploie axé. et ahé ou ac'hé. 

A Penvenan, dans le Trégorrois, il en est de même. 

A Ploneïs, près Quimper, on dit axé et ahé. 

Enfin, à Quiberon, sur la côte du Morbihan, on emploie lai 
après une voyelle au lieu de si (i = e fermé) : en din si, cet 
homme, mais en cira hi, cette chose-là. 

En revanche, il est vrai, on dit constamment asi, là. 

Pour compléter ces remarques sur axé, j'ajouterai qu'on se 
sert dans certaines communes de la Haute- Cornouailles, 
comme Trégunc, de formes réduites: ass =■ asé (Trégunc) ; 
ans, au Faouët, — bas-vannetais anxe, Wi%en (an nasale 
voyelle française). 

Revue Celtique, XVI. 17 



238 Mélanges. 

Se, comme l'a montré Thurneysen, a été usité en vieux- 
gallois. 

J. Loth. 

IL 

LE BEULAN-PEULAN DE ZIMMER. 

Dans son Nennius plus ou moins Vindicatus, Zimmer croit 
avoir établi que la récension de Y Historia Brittonum dontGilla 
Coemgin s'est servi entre 1059 et 1072 pour sa version irlan- 
daise, a été faite en Anglesey, vers 810. Le rédacteur nomme 
par deux fois son maître Beulan. Dans les Ncues archiv, XIX, 
p. 667, Zimmer croit pouvoir corroborer son opinion de l'ori- 
gine nord-galloise de la récension en question par le nom 
même de Beulan. Voici son raisonnement dans toute sa lim- 
pidité. Une vie de saint Cybi r , qui a donné son ncm à Caer- 
Gybi (Holyhead, en Anglesey) et autres lieux, mentionne 
parmi les disciples du saint un personnage du nom de Peitlan. 
Ce Peulan est le patron de Llan-Beulan en Anglesey, mais 
son culte paraît inconnu ailleurs. Ce Peulan, d'après des gé- 
néalogies hagiographiques sans valeur historique sérieuse, au- 
rait été fils de Paulinus ou Pawl hen, maître de saint David 
(v. Rees, Lives, p. 402, 405, etc.; cf. Liber Landav., éd. 
Rhys, p. 99). Peulan n'étant connu qu'en Anglesey, où le 
magister Beulan aurait-il été prendre son nom, si ce n'est à 
Llan-Beulan ? dit Zimmer. Il doit y être né, ajoute-t-il, sans 
se douter qu'il viole les lois les plus élémentaires du consonantisnie 
et du vocalisme gallois. Si le magister a tiré son nom de Llan- 
Beulan, il est clair qu'il devait s'appeler Peulan. Supposez un 
Gallois de Caer-Gybi voulant donner le nom du patron Cybi à 
un de ses enfants : ira-t-il l'appeler Gybi ? Si la forme primitive 
du nom, en revanche, eût été Beulan, on eût eu, comme l'a fait 



1. W.-J. Rees, Livcs of the Cambro-british saints, p, 183. Cette vie est 
tirée du ms. du British Mus., Cott. Vcsp. A. XIV, manuscrit du XII e - 
xm e siècle. Notre savant directeur a donc eu tort de mettre en doute l'exis- 
tence de Cybi, Kepius, sous sa forme latinisée. Cette vie, d'ailleurs, n'a pas 
grande valeur et ne saurait être consultée qu'avec les plus grandes pré- 
cautions. 



Mélanges. 2^9 

justement remarquer M. d'Arbois de Jubainville, Llan-Veulan, 
qui s'écrirait aujourd'hui Llan-feulan. Autre point encore plus 
important. Eu (prononcez e'i) moyen-gallois, a toujours pour 
répondant, en vieux-gallois, ou (où). C'est un des critérium 
les plus connus pour distinguer le moyen-gallois du vieux- 
gallois: v.-gall. Outigirn, moy.-gall. Eudeyrn; v.-gall. Mouric, 
m.-gall. Meuryc, etc. Les terminaisons du pluriel moyen-gall. 
en eu sont toutes en ou (y. G. Evans, Liber Landav . , p. xix). 
Si, au contraire, on a eu (ezu) en vieux-gallois, en moyen- 
gallois on a ezu ou yw : v. gall. Teudubr, moy.-gall. Tewdwr, 
v.-gall. peteu, puits, gall.-mod. pydezu. Ce sont les deux faits 
les mieux connus de l'histoire du vocalisme gallois. Le nom 
du magisîer étant Beuhw en vieux-gallois, on devrait le re- 
trouver aujourd'hui sous la forme Bezulan : on aurait Llctn- 
fewlan. Quant à Peulan, la forme vieille-galloise de son nom 
serait Pôulan. Poulan est le dérivé gallois de Pou! (Paulus). 
Poul est bien connu (v. Lib. Laud, p. 227; cf. Poulinus, 
p. 99). On voit que le nom de Peulan, moyen-gallois, patron 
de Llan-Beulan, ne peut aucunement être identifié avec celui 
de Beulan, vieux-gallois. On est peiné d'avoir à réfuter de 
pareilles billevesées. 

J. LOTH. 



BIBLIOGRAPHIE 



The Outlines of the Phonology of Manx Gaelic. by John Rhys, 
University Press, Oxford, 1894, gr. in-8, xm-183 p. 

Cet ouvrage forme la seconde partie du tome II d'un re- 
cueil intitulé: The Book of Common Praycr in Manx Gaelic, 
being translations made by bishop Phillips in 1610 and by 
the manx clergy in 1765 edited by A.-W. More M. A. as- 
sisted by John Rhys M. A., L. L. D. professor of Celtic in 
the University of Oxford. Printed for the Manx Society at 
the University-Press, Oxford. Phillips, auteur de la plus an- 
cienne des traductions réunies dans cet ouvrage, devint évêque 
de Sodor et de Man en 1605 et mourut en 1633. L'unique 
ms. que l'on connaisse de son œuvre est une copie écrite entre 
1625 et 1630. C'est une traduction du Praycr book de 1604. 
La publication de More est à deux colonnes: l'une contient 
la traduction de l'évêque Phillips, l'autre la traduction nou- 
velle publiée en 1765, mais réimprimée ici d'après l'édition 
corrigée qui a paru en 1842. Quand le texte anglais dont 
l'évêque Phillips s'est servi a paru trop éloigné de celui qu'on 
imprime aujourd'hui, M. More a donné en note ce vieux 
texte anglais. Cette publication est aujourd'hui indispensable 
aux érudits qui veulent étudier à fond le dialecte de Man. Elle 
est en dépôt à la librairie Henry Froude, à Londres. Le prix 
total des deux volumes est de 50 shillings. 

L'ouvrage de M. Rhys est divisé en douze chapitres : I. Les 
voyelles. IL Les voyelles nasales. III. Les semi-voyelles. 
IV. Les aspirées. V. Remarques préliminaires sur les con- 
sonnes. VI. Les labiales. VII. Les dentales. VIII. Les guttu- 



Bibliographie. 241 

raies. IX. Les consonnes nasales. X. Les consonnes liquides. 
XI. Les sifflantes. XII. Dialecte et orthographe. C'est, comme 
on le voit, une étude détaillée de la prononciation actuelle du 
gaélique de l'île de Man. Les exemples donnés par M. Rhys 
proviennent du livre de prières de Phillips. La prononciation 
a été recueillie par "M. Rhys lui-même au cours de quelques 
voyages qu'il a faits dans l'île de Man. 

La critique d'un tel livre est difficile à foire ; quand on n'a 
pas entendu et déterminé les sons étudiés, et qu'on ne peut 
vérifier par soi-même l'exactitude des renseignements donnés, 
on est réduit à juger la méthode de l'auteur et les alentours 
du sujet traité. 

M. Rhys, p. 1, nous déclare, qu'il n'a pas essayé de déter- 
miner exactement les nuances vocaliques et qu'il s'est contenté 
déclasser les voyelles en longues et brèves, fermées et ouvertes. 
Il y aurait beaucoup à dire sur cette classification 1 . Mais, au 
moins, faudrait-il s'entendre sur le sens des mots fermé (close) 
et ouvert (open) 2 . M. Rhys nomme fermé (close), Va de l'anglais 
bad, cab (p. 3). Or, pour la plupart des gens, la bouche est 
plus ouverte pour prononcer ce son que pour prononcer l'a de 
ail, et l'on s'accorde généralement à regarder l'a de bad 
comme ouvert, Va de ail comme fermé. Ce qui est plus grave, 
c'est que M. Rhvs donne (p. 8) comme exemples de «fermé 
long le français dès et près. Or, pour beaucoup d'oreilles, Ve 
de dès est moyen ; Ve de près est ouvert ; en tout cas, aucun 
des deux n'est fermé. Comme exemple d'o fermé long, 
M. Rhys donne les mots français Claude et mode (p. 10). Or, 
dans la prononciation de Paris, le premier est fermé (Klçd), le 
second ouvert (mod). Comment sera-t-il possible au lecteur de 
se reconnaître parmi ces données inexactes ou contradictoires? 

Il aurait été intéressant de comparer la prononciation d'un 
dialecte irlandais à la prononciation du gaélique de Man. Mais 



1 . Je me contente de renvoyer à la thèse de M. l'abbé Rousselot, Les 
Modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d'une famille de 
Cellefrouiu \Rcvue des patois gallo-romans, t. IV. p. 96). 

2. L'erreur dans laquelle est ici tombé le savant auteur est sans doute la 
confusion de la fermeture ou de l'ouverture des syllabes avec la fermeture ou 
l'ouverture des voyelles. 



242 Bibliographie. 

les éléments nous manquent pour que cette comparaison soit 
utile et exacte. M. Rhys a recueilli les mots de la bouche de 
plusieurs personnes appartenant à des paroisses différentes. Il 
se trouvait donc dans des conditions très défavorables pour 
nous donner le relevé exact d'un dialecte. Quant à l'irlandais, 
il figure entre parenthèses à côté du gaélique de Man, mais 
tous deux sont transcrits dans leur orthographe historique, et 
il est nécessaire pour comparer les sons de se reporter, d'une 
part, aux notions de prononciation répandues dans le volume, 
et d'autre part aux ouvrages qui traitent de la prononciation 
actuelle de l'irlandais. On chercherait vainement dans le 
livre de M. Rhys un tableau d'ensemble nous donnant la va- 
leur phonétique des diverses graphies du gaélique de Man ; 
or, dans un livre de phonologie, un tel tableau est au moins 
utile, car il permettrait, à défaut de transcriptions phonétiques 
de tous les mots, de se livrer à d'intéressantes comparaisons 
entre le manx et l'irlandais. 

Le livre de M. Rhys ne laisse pas de contenir d'intéressants 
renseignements, en particulier sur les voyelles nasales, 
p. 30-48. M. Rhys remarque avec raison, p. 33, que l'irlan- 
dais de Tuam connaît la nasalisation des voyelles. J'avais 
constaté cette nasalisation dans la Revue Celtique, t. XIV, 
p. 108, et je suis heureux de voir ma remarque confirmée 
par le témoignage de M. Rhys. 

Il importe aussi qu'on ne se méprenne pas sur la portée 
des critiques qui précèdent. Il est fort difficile d'étudier avec 
précision sur des graphies plus ou moins orthographiques, 
vieilles d'un ou deux siècles, la prononciation exacte d'un dia- 
lecte. M. John Rhys s'est acquitté de cette tâche ardue mieux 
que personne. Mais nous serions heureux qu'il nous donnât 
bientôt pour comparer au dialecte de Phillips et à celui de ses 
continuateurs le relevé d'un de ces dialectes de l'île de Man 
qu'il connaît si bien. 

Regrettons en terminant que les recherches dans ce livre, 
rendues difficiles par la disposition typographique, trop com- 
pacte, n'y soient pas facilitées par un index, ou au moins par 
une table détaillée. 

G. DOTTIN. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. St. O'Grady, La V enue de Cuchulainn.— II. O'Donoghue, Brendaniana. 
III. Guirlande formée d'un choix de compositions irlandaises. — IV. Epaves de la 
tradition celtique, publiées sous la direction d'Archibald Campbell. — V. Le Livre 
de l'anachorète édité par M. Morris Jones.' — VI. Oscar Montelius, Les Temps pré- 
historiques en Suède. — VII. Les Celto-Germains suivant M. Martin May. — 
VIII. Emile Petitot, Origine et migrations des peuples. — IX. V. Hehn, Plantes 
cultivées et animaux domestiques, 6° édition, par 0. Schrader et A. Engler. — 
X. Lettre de M. Meusel. — XI. Mort de M. Luzel. — XII. M. J. Rhys, principal 
de Jésus Collège. — XIII. Nouvel ouvrage de Miss Margaret Stokes. 

I. 

Si j'en crois le seul traité de blazon que je possède, Irlande porte de 
gueules (c'est-à dire émail rouge) à la harpe d'or. Cependant la couleur de 
l'Irlande est le vert, c'est pour cela probablement que la Revue Celtique, 
depuis sa fondation, a toujours eu des couvertures vertes, et que les trois 
premiers volumes dont je vais avoir à parler ont été à Dublin vêtus d'un 
cartonnage de même couleur. 

M. Standish O'Grady, le savant auteur de Silvci Gadeîica — livre à cou- 
verture jaune et œuvre d'érudition, malgré les imperfections que M. Kuno 
Meyer a signalées, et destiné par 'conséquent à un nombre restreint de lec- 
teurs — a voulu s'adresser au public plus nombreux pour lequel il avait déjà 
écrit Fiiin and lus compétitions, The bog of stars, The story of Ireland : il vient 
donc de publier, avec couverture verte, une œuvre de vulgarisation : Ths 
coming of Cuchulainn , a romance of the heroic âge of Ireland; c'est le morceau 
dont le titre irlandais est Macgnimrada Conculainn « exploits de Cuchulainn 
enfant », un épisode du Tdin bô Cûailnge. M. O'Grady a choisi pour base de 
sa rédaction le texte du Livre de Leinster qu'il a arrangé suivant son goût 
personnel, en l'agrémentant de développements pris soit dans son imagi- 
nation, soit dans d'autres textes irlandais. C'est un livre qui n'a aucune pré- 
tention scientifique. L'auteur, sur le revers du titre, imprime comme épi- 
graphe un passage des Annales de Tigernach qu'il date du IX e siècle (9 th 
century) et qui sont du xi e : or, ce passage prétendu est un amalgame de 
trois textes différents: « Nativitas Concullain maie Scanlain » édition d'O'Co- 
nor, p. 10); « Genemain Concullain herois » (p. 12); « Mors Concullain 



244 Chronique. 

fortissimi herois Scotorum » (p. 14). Suivant M. St. O'Grady, Tigernach 
aurait écrit : « Cuculainn, filius Sualtam, fortissimus héros Scotorum ». Soit. 
Voici qui me semble plus sérieux. 

La légende, connue de Tigernach, disait que ce héros était âgé de sept 
ans quand il prit pour la première fois les armes : « Secht m-bliadna a aes i 
n-ûair dogabh gaisced » (p. 14); c'est ce qu'on lit au Livre de Lcinster, 
p. 68, col. 1, 1. 13-14: « Mac bec doringni na-gni'ma-si/; i-ci//d a-secht 
« m-bliadna ar n-a-breith ». M. St. O'Grady traduit : « Cuculainwasseven- 
teen years of âge when lie did thèse feats », en d'autres termes, il rend sept 
par dix-sept. Cet exemple peut donner une idée de la façon dont le savant 
auteur procède quand il veut vulgariser son érudition. 

Ma principale critique portera sur un point. Nous avons deux principaux 
textes du Tain hô Ciiailnge: l'un le meilleur et le plus court est celui que 
nous a conservé le Lehar na hUidre, écrit vers 1 100; l'autre plus long, qui 
sur divers points nous offre une amplification du premier par un chrétien 
ennemi de la littérature payenne irlandaise, est le texte qu'on trouve dans 
le Livre de Leinster' postérieur d'un demi-siècle. C'est celui que M. St. 
O'Grady a pris pour base de sa rédaction. Voici un exemple. 

Les femmes de la cour du roi Conchobar, craignant la fureur de Cùchu- 
lainn, recoururent, sur le conseil du monarque, au procédé qui, employé 
par l'orateur Hypéride, sauva la vie a la belle Phryné accusée d'un crime 
capital devant un tribunal athénien. On connaît le texte d'Athénée qui rap- 
pelle cet artifice du célèbre avocat: 

LTcptpprjÇa; toùç ^txtoviaxouç yufjivâ tî Ta aic'pva 7:oÏ7)aa; ' . 

Prière de ne pas confondre cette nudité de la gorge en présence des juges 
avec la nudité complète de la même Phryné quand elle se baigna dans la 
mer devant tous les Grecs assemblés aux fêtes d'Eleusis et de Poséidon : 

Trj SI twv 'EXaosivi'cov ^avr)yùp£i xaî zf t :wv IIoaeiBovicov Iv o<Let roiv Ilav- 
sXXrJvwv JtavTtûv a^oOsiAEvr) Oa'.|j.âx'.a xa; Àô?aaa xàç xôu.a.%, Ivé6aive tïj 
GaXaT-rr) 2 . 

C'est le premier de ces procédés que suivant le Lehar na-hUidre les 
femmes de la cour du roi Conchobar employèrent pour calmer la fureur du 
jeune héros Cuchulainn: donochtat a hruinni). Les Gauloises de Gergovie, 
assiégées par César en l'an 52 avant J.-C, et croyant leur ville déjà prise, 
recoururent à ce moyen comme une ressource suprême : 



1 . Athénce, XIII, 59, édition donnée chez Teubnerpar A. Meineke, t. III, 
p. 64, 1. 4. 

2. Athénée, XIII, 59, t. III, p 64, 1. 15-18. 

3. « Mnâ ernochta ar-a-che«d », ar CVwchoh//-. Tothéit iaruw ba»trocht 
n-Ewna ar-a-che»d ira Mugai« mnâi Conchobair maie Nessa oens do//no- 
chtata;//-brui»nif/;riss. « It-é oie i//so conàndat fritiwdiu, » orMugai?;. Foilgi- 
seow a-gnûis. Lehar na-hUidre, p. 63, col. 1, 1. 28-32. 



Chronique. 245 

Matres familiae de muro vestem argentumque jactabant et, pcctore nudo 
prominentes, passis manibus obtestabantur Romanos ut sibi parcerent ' . 

L'auteur de la rédaction qu'on lit dans le Livre de Leinster ne s'est pas 
contenté du mouvement oratoire d'Hypéride, il nous transporte au bain 
d'Eleusis, ou pis encore, faisant observer combien cette façon d'agir était 
scandaleuse, scandlach ; elle fit baisser les yeux du héros: 

I» ban-trocht da lecud iwmach do saigid in mac .i. tri coicait ban .i. 
deich mnaa ocus secht fichit di'scir dtTglownocht in oenfecht uili ocus am- 
bantoesech rempo scawdlach do thôcbail aw-nochta ocus an nâre do. Tan- 
catar iwmach i;/ ban-maccrad uile ocus tuargbatar a?z-nochta ocus a «-nâre 
uile dô. Foilgid in mac a-gnûis forru ocus dobretha a-dreich fri-sin-carpa/ ar 
na acced nochta no nâre na m-baix 2 . 

M. Zimmer, dans une revue juridique allemande, voulant apprendre aux 
modernes émules d'Hypéride combien la cour de Conchobar était immorale 
et avait perdu le plus élémentaire sentiment de la pudeur, cite ce passage et 
le résume ainsi : Die Kônigin mit dem zueiblichen Hofstaat entgegen mit ent- 
bJôssten Brûsten uud hochgehobenen Rôckeu dass die Scham sichtbar war î. Cette 
analyse est exacte, mais le passage dont les huit derniers mots de cette ana- 
lyse nous donnent le sens général est une interpolation. Or, c'est le texte 
interpolé que M. St. O'Grady reproduit avec divers développements de son 
cru, p. 159, 160 de son livre. Cette façon de vulgariser la vieille littérature 
irlandaise ne peut passer sans protestation. 

Les compositions épiques des Irlandais payens sont des œuvres d'une 
moralité médiocre, mais on est injuste envers elles quand, ayant entre les 
mains une rédaction authentique, on lui préfère une version altérée par un 
ennemi, et quand ainsi on attribue au vieil auteur anonyme un tableau dont 
l'impudique crudité aurait été de tout temps révoltante 4. . 

1. De belle Gallico, 1. VII, c. 47, § 5. 

2. Livre de Leiustcr, p. 67, col. 2, 1. 36-43. 

3. Zeitschrijt der Savigny Stiftitug fur Rechtsgeschichte, t. XV, 1894, 
p. 239. 

4 Outre le texte précité. M. Zimmer renvoie à un passage du Mesca 
Ulad, publié par Hennessy, Todd Lectures Séries, t. I, partie I, p. 52 : Tiscaid 
Riches a étach di fiad Choinculainn, mais il s'agit ici d'une femme seule, d'une 
vieille femme, nourrice du guerrier Crimthan que le héros Cûchulainn allait 
tuer et dont elle voulait sauver la vie. Une pierre adroitement lancée dé- 
barrassa de Riches Cûchulainn d'abord réduit à baisser les yeux pour éviter 
de la voir. Chez Plutarque, De mulierum vit -tutibus, 19. Béllérophon est 
moins heureux et les femmes lyciennes le mettent en mite par le procédé 
qui coûta la vie à Rjches : a ; . yuvaîxeç, âvaaupafjtevaî zoltç ytTwvîa/.o'jç, <xTzr[v- 
T7j<jav aùxw- jtâXiv oùv l>~' a ; .a/'jvr ( ç âva-^wpoovTO; Ôtz'.gm. A la vue de ces 
femmes les flots eux T mêmes de la mer reculèrent épouvantés: -/.ai xo xufjia 
Xéyexa.'. (juvurto^topfjdat. Pour raconter cette anecdote mythologique, Plu- 
tarque évite les expressions brutales dont s'est servi l'interpolateur du Tjiu 
bô Cûailnge et fait par là, ce nous semble, acte de bon goût. Sur l'acte des 



246 Chronique. 



IL 

Brendaniana, S 1 Brendan the Voyager in Story and Legend, par Denis 
O'Donoghue, curé de la paroisse catholique d'Adfert, en Irlande, est, 
comme le précédent ouvrage, un livre de vulgarisation. 

Saint Brendan est le patron de l'église cathédrale d'Adfert, en ruines et 
abandonnée depuis 1641, aujourd'hui propriété nationale et monument his- 
torique. Après une description et une histoire de cet édifice viennent deux 
morceaux. Le premier est la première moitié du sermon sur saint Brendan 
contenu dans le célèbre Livre de Lismore et publié en 1890 par M. Whitley 
Stokes, Anecdota oxoniensia, Lives of Saints frow the Book of Lismore, 
p. 99-116, avec une traduction, p. 247-261. M. O'Donoghue donne le texte 
irlandais et met en regard la traduction anglaise. A la suite il a placé la tra- 
duction anglaise du texte latin de la Navigatio ou Peregrinatio sancti Bren- 
dani, document connu en France par : la publication de A. Jubinal, La lé- 
gende latine de S. Brdndaines, Paris, 1836; De Goeje, La Légende de saint 
Brendan, Leyde, 1890; un article de M. César Boser, dans la Romania, 
t. XXII, 1893, p. 578-590; en Allemagne par: le livre du docteur Cari 
Schrôder, S. Brandan. Ein lateinischer und drei deutsche Texte, Erlangen, 
1871 ; la thèse de Gustav Schirmer, Zur Brendamts-Legende, présentée à 
l'Université de Leipzig en 1888 ; deux articles de M. Zimmer, Zeitschrift 
fin- deutsches Altertum, t. XXXIII, 1888, etc. ; en Irlande par le livre que le 
cardinal Moran a intitulé Acta sancti Brtndani, 1872, « the most valuable 
and the most accessible repertory we hâve of matters Brendanian » dit 
M. O'Donoghue. J'avoue à ma honte ne pas connaître ce recueil dont 
l'auteur aurait consulté pour la Navigatio un ms. du IX e siècle conservé au 
Vatican, tandis que Jubinal s'est contenté de mss. du XI e et du xn e que pos- 
sède la Bibliothèque nationale de Paris, et M. Cari Schroeder de deux mss , 
l'un de Leipzig, xn e siècle, l'autre de Wolfenbuttel, xv e siècle. Si la publi- 
cation de M. O'Donoghue a quelque valeur, elle doit cette valeur aux notes 
nombreuses dont les deux textes sont accompagnés et dont je ne suis guère 
à même de contrôler le mérite. Sa préface est datée de la fête de saint 
Brendan [16 mai] 1893. 

III. 

A la même année remonte un livre dont nous avons parlé dans notre 
précédente livraison, p. 123, d'après la Scottish Revicw. Il est intitulé: A 
Garland ofGaelic Sélections. Blâithfhleasg de Mhilseâinibh na Gaoidhelge. C'est 
un recueil de morceaux irlandais modernes. Les aventures de Turlough, 

femmes lyciennes, au point de vuede la sorcellerie, voir un article de Rapp 
chez Roscher, Ausfuhrliches Lexicon der griechischen und rômischen Mythologte, 
t. I, col. 771, 1. 61-64. Mais au temps de Néron, ce geste magique avait 
perdu sa puissance, témoin Agrippine: protendens uUrum: « l'ait 1 em loi », 
exclamavit, ntultisque vulneribus confecta est (Tacite, Annales, XIV, 8). 



Chronique. 247 

fils de Starn, et celles de ses trois fils, par Michel Comyn (auteur d'Oisin 
dans la Terre des Jeunes) qui mourut à la fin du siècle dernier, les aven- 
tures d'Eochaid Becc le rouge qui sont un peu plus anciennes, un poème en 
l'honneur de William Smith O'Brien (Uilliam Gaibhnean O'Briain) le 
grand agitateur irlandais mort en 1864, etc. Les textes irlandais ne sont pas 
accompagnés de traductions. 

IV. 

A côté de ces volumes verts qui viennent d'Irlande, j'en trouve sur ma 
table un autre qui est vêtu de gris jaune; il est édité par la librairie David 
Nutt de Londres ; et il est écossais d'origine, c'est le t. V des IVaifs and 
Strays of Celtic Tradition « Epaves de la tradition celtique », publication 
entreprise et dirigée par lord Archibald Campbell. Série du comté d'Argyll. 
Ce volume contient un recueil de morceaux réunis par feu le Rév. John 
Gregorson Campbell, pasteur de la paroisse de Tirée, une île comprise dans 
les Hébrides méridionales, comté d'Argyll. En tête du volume est une in- 
troduction écrite par le savant folkloriste M. Alfred Nutt; elle raconte la 
vie et les travaux de John Gregorson Campbell. Viennent ensuite ceux de 
ces travaux qui ont été considérés comme dignes d'être imprimés. Trois 
d'entre eux sont des textes gaéliques recueillis par l'auteur et accompagnés 
par lui de traductions : i° Lochbuie et ses deux bergers, p. 32-41 ; 2° His- 
toire de Mademoiselle Pin-Noir, fille du roi de Norvège ; on y apprend par 
quel moyen elle fit sécher les bois de Loch Aber, p. 101-107; 3 Histoire 
d'O'Neil où l'on voit comment il lui vint des cheveux sur la tête, p. 108- 
113. Ce volume, très amusant à lire, se termine par un recueil de fables où 
le rôle du renard n'est pas oublié. 

V. 

Après l'Irlande et l'Ecosse, le pays de Galles. Dans la précédente livraison, 
j'ai parlé beaucoup trop brièvement, p. 106, de la récente publication de 
M. J. Morris Jones, avec le concours de M. J. Rhys, son maître : Anec- 
dota Oxonicnsia. The Elucidariuiri and ailier Tracts inWelshfrom Llvvyr agkyr 
Llandewivreyi (Livre de l'anachorète de Llan-dewivrevi), A. D. 1346 
(Jésus Collège, MS. 119). Jedois à l'obligeante confraternité de M. H. Zim- 
mer le tirage à part du très savant article qu'il a consacré à ce volume dans 
les Gôttingische gelehrte An^eigen, n° 1 de 1895. Je ne puis me dispenser de 
revenir sur le même sujet en utilisant à mon profit le travail de M. Zimmer, 
mais sans me croire obligé d'en adopter toutes les conclusions. 

Pour être compris des lecteurs de la Revue Celtique, il faut que je re- 
vienne sur une publication dont M. G. Paris a déjà rendu compte ici 
même, t. XIV, p. 338-341. 

Le tome II des Sélections froni the Hengivrt Mss. preserved in tl.v Peniarth 
library, commencé par le Rév. Robert Williams, chanoine de Saint-Asaph, 
et terminé en 1892 par le Rév. G. Hartwell Jones, professeur de latin au 
Collège de l'Université à Cardiff, contient, à partir de la page 189, un re- 
cueil de morceaux religieux gallois. Ce volume n'ayant pas de table, quel- 



248 Chronique. 

ques personnes pourront trouver commode celle que nous avons dressée. 
Nous laissons de côté les deux premiers textes publiés dans ce volume et 
qui ne rentrent pas dans notre sujet, ce sont : « Les Gestes de Charle- 
magne » et « Bovon d'Hanstone ». Nous plaçons un astérisque en tête du 
numéro d'ordre des morceaux qui se trouvent également dans le livre de 
MM. Morris Jones et J. Rhys. 

PAGES OU COMMENCENT 

TITRES DES MORCEAUX RELIGIEUX — 1 . 

le texte la traduction les note s 

i° Purgatoire de saint Patrice ' 189 566 747 

2° Vie de la vierge Marie [et enfance du 
Christ] ou évangile apocryphe de 
saint Mathieu, Pseudo-Matthaei evan- 

gelium* 212 582 748 

*3° Les sept péchés mortels 237 600 749 

4° L'évangile de Nicodème ou plus exacte- 
ment légende du bois de la croix de- 
puis Adam jusqu'à Salomon 5. . . 243 604 749 

5 La messe de la croix ou du vendredi 
saint, récit de la Passion suivant saint 
Mathieu et de la découverte de la 



1. Aux indication bibliographiques données sur ce document par M. G. 
Hartwell Jones, p. 747, on peut ajouter celle-ci ; la bibliothèque bleue im- 
primée à Troyes, chez Garnier, comprend une Histoire de la vie et du pur- 
gatoire de S. Patrice, archevêque et primat d'Hyberuie, mise en françois par le 
R. P. François Bouillon, de l'ordre de S. François et bachelier en théo- 
logie, nouvelle édition, revue et corrigée, sans date, in-16, 191 pages. 
L'approbation est datée de 1642, la permission du roi de 1735. Voir aussi 
un article de M. Gaidoz, Revue critique, 1869, premier trimestre, p. 234-256. 
Une traduction en français du Purgatoire de saint Patrice a été signalée dans 
un ms. du xm e siècle, Bibliothèque nationale, Fr. 13496, f° 298, Romania, 
VII, 163 ; bien d'autres ont été indiquées depuis par M. Paul Meyer dans le 
même périodique, t. XVII (1888), p. 382. Sur la traduction anglaise, cf. 
H. Paul, Grundriss der germanisclh'ii Philologie, II, 1, 633. 

2. Tischendorf, Evangelia apocrypha, 2 e édition, p. 51-110, où se trouve 
le texte latin. Une traduction en français par M. G. Brunet se trouve chez 
Migne, Dictionnaire des Apocryphes, t. I, col. 1059-10S8. 

3. Jean de Beleth, Rationale divinorum officiorum, cap. CLI, De exalta- 
tione crucis, Migne, Patrologia latina, t. 202, col. 153 B. C. Jacques de 
Voragine, Légende dorée, commence par le même récit le chapitre consacré 
à l'Invention de la Sainte Croix, et il dit tirer ce récit de l'évangile de Ni- 
codème. Comparez la rédaction abrégée que donne M. G. Brunet du 
Voyage de Seth au Paradis terrestre, Migne, Dictionnaire des Apocryphes, t. I, 
col. 387-390. Le travail fondamental sur ce sujet est celui de Wilhelm 
Meyer (aus Speyer) : Die Geschichte des Kreu-hol^es vor Christ us dans les 
Abahdlungen der Km. Baver. Akadanie der Wissetischaften, classe de pl.nl. 
et d'histoire, vol. XVI (Mùnchen, 1882), p. 103-166. Cf. Romania, XV , 326. 



Chronique. 249 

PAGES OU COMMENCENT 

TITRES DES MORCEAUX RELIGIEUX — . - ~ — 

le texte la traduction les notes 

croix de J.-C, par Hélène, mère de 

Constantin 250 610 750 

6° Histoire de Ponce-Pilate 267 620 751 

7° Histoire de Judas 271 624 751 

8° Signes précurseurs du jugement dernier. 274 627 751 

9° Prophétie de la sage sibylle 276 628 752 

*io° Vision de l'apôtre Paul 284 635 752 

*ii° Explication de l'oraison dominicale. . 291 639 753 

*I2° Utilité d'entendre la messe 295 642 753 

13° Utilité de voir le corps du Christ. . . 296 643 753 

* 14° Annonciation de l'ange Gabriel à la 

Vierge . . . 296 643 753 

* 1 5 Début de l'évangile de saint Jean. . . 297 644 753 
16 Les sept sages de Rome ' . ... . . 301 647 753 

17° L'huile bénite 324 663 755 

*i8° Le pays du prêtre Jean 327 665 755 

* 19 L'empereur Adrien et Ipotis ou l'enfant 

sage _ . 335 670 756 

* 20° Comment le Père, le Fils et l'Esprit saint 

ne font qu'un Dieu ou le Credo de 

saint Athanase 346 677 757 

*2i° Ehicidarium 349 679 757 

*22° Nourriture de l'âme ou Sainte vie. . . 430 730 ■ 759 

La façon dont Robert Williams a établi son texte est peu clairement in- 
diquée et les mss. Hengurt, autrement dit de la bibliothèque de Peniarth, 
dont il s'est servi, sont tous plus récents que le « Livre de l'Anachorète », 
Llyvyr yr agly ; quelques-uns même sont postérieurs de trois siècles. Cette 
circonstance suffirait à elle seule pour motiver la publication par MM. Rhys 
et Morris Jones de ce précieux m s. où sont contenus les onze morceaux 
mentionnés dans la liste ci-dessus sous les numéros 3, 10, il, 12, 14, 15, 
18, 19, 20, 21, 22, plus trois autres morceaux qui font défaut aux Sélections 
from Hengvjrt mss., savoir : 1° le « Trépas de la Vierge » dont on n'avait 
jusqu'ici publié aucune traduction galloise, 2° et 3 les vies galloises de saint 
David et de saint Beuno, déjà éditées, l'une d'après le ms. Titus D.XXII. 
de la Bibliothèque Cottonienne au Musée Britannique, l'autre d'après un 
ms. du comte de Macclesfield, par Rees, Lives of Cambro-british Saints, 
p. 102-116 et p. 13-21, avec traductions anglaises, p. 402-417 et p. 299-308. 

1 . « Deux rédactions du roman des sept sages de Rome » ont été pu- 
bliées par M. Gaston Paris en 1876 dans la collection éditée par la Société 
des Anciens Textes Français. Voir aussi dans le Bulletin de la Société des 
Anciens Textes Français, année 1894, n° 1, p. 38-43, une notice de 
M. P. Me ver. 



250 Chronique. 

M. Morris Jones s'est attaché à reproduire aussi rigoureusement que pos- 
sible le texte du ras., sans nous faire grâce d'une rature, d'une majuscule, 
en notant d'une façon spéciale les mots douteux, etc., etc. 

Voici la liste des pièces publiées par M. Morris Jones : 

i° L'Elucidariuni attribué à Honorius d'Autun (n° 21 delà liste précé- 
dente). Au sujet de ce traité on peut consulter Karl Schorbach: Studien iïber 
das deatsche Volksbuch Lucidarius, uni seine BearbeitungeninfremdmSprachm, 
Strasbourg, Trùbner, 1894. M. Karl Schorbach n'a pas connu l'édition 
du texte gallois donnée dans les Sélections from Hengwrt MSS. ; on peut le 
constater, aux pages 248-249. Il considère comme certaine l'attribution de 
l'ouvrage latin à Honorius d'Autun et croit en avoir découvert la preuve dans 
un passage de V Hexaemeron non cité jusqu'ici, croit-il, et dont il résulte que 
VHiw'aemeron et VElucidariùm sont du même auteur; mais, comme M. Hau- 
réau me le fait observer, rien ne prouve que YHexaemeron ait été composé 
par Honorius d'Autun, et d'ailleurs le passage mis en vedette par M. K. Schor- 
bach a été cité avant lui dans Y Histoire littéraire, t. XII, p. 172. Du reste, 
le travail de M. K. Schorbach peut être étudié avec fruit. 

2° Le trépas de Marie, Transitus beatae Mariae, dont la rédaction latine 
réimprimée en appendice par M. Morris Jones, a déjà été publié en notre 
siècle par Tischendorf, Apocalypses apocryphae, 1866, p. 11 3-1 36, et plus 
anciennement au xvi e et au xvn e siècle, notamment dans la Maxima 
Bibliotheca veterum patrum et antiquoruni scriptorum ecclesiasticorum, édi- 
tion de Lyon, 1677, t. II, pars 11, p. 212-216. Une traduction française du 
texte latin se trouve dans l'Encyclopédie théologiqne de Migne, Dictionnaire 
des Apocryphes, t. II, 1858, col. 587-598. Il existe de ce document un ar- 
rangement breton: Trenienvnu an ytron guerches Maria publié en 1879 P ar 
M. de La Villemarqué, Poèmes bretons du Moyen- Age, p. 2-73, avec une tra- 
duction française en regard et des observations critiques, p. 123-154. Le 
titre gallois est Y-mod aeth Meir y-nef « Comment Marie alla au ciel ». 

3 « La sainte vie », Kyssegyrlan Uached édité avec le titre de « Nour- 
riture de l'âme, » Ymborthyr enait, dans la liste précédemment citée n° 22. 

4° 5 Vies de saint Dewi et de saint Beuno dont nous avons déjà parlé. 

60 L'empereur Adrien et Ipotis ou L'Enfant sage, n° 19 de la liste précé- 
dente. Pour la bibliographie, consulter Gottingische gclehrte An^eigen, 1895, 
p. 55 et suiv., et Roviania, XXII, 88. Il existe un arrangement breton de ce 
morceau : « L'enfant sage de trois ans. Questions que lui adressa l'empe- 
reur Constantin et réponses qu'il lui fit ; traduction nouvelle en breton par 
M e G. Duboishardy, prêtre. Quatrième édition augmentée et corrigée à 
nouveau par A. Lédan. Morlaix, chez Lédan, rue du Pavé. » Ar bugitel fur da 
dri bloa%. Ar goulennon a eurc autan an inipalaer Constantin bac ar responchou 
a eure de^an, laqet e bre^onec a neiv-gaut noblha discret M e G. Duboishardy, 
beleg ; pèvarvet édition crcsqet ha corriget a neve? gant A. LÉDAN. E Mont- 
roulez e ty Lédan, ru ar Pave, in- 16, 31 pages. 

7 Credo de saint Athanase, n° 20 de la liste précédente. 

8° Comment l'homme doit croire en Dieu, ou les sept péchés capitaux, 
n° 3 de la liste précédente. 



Chronique. 251 

9° Explication de l'oraison dominicale d'après Hugues de Saint-Victor. 
Le texte latin a été publié dans la Patrologia latina de Migne, t. 175, col, 774- 
789. C'est le n° 11 de la liste précédente. 

io° Utilité d'entendre la messe, n° 12 de la liste précédente. 

12° Vision de l'apôtre Paul, avec reproduction en appendix du texte latin 
d'après le ras. deMerton Collège, n° 15. M. H. Brandes a publié en 1885, à 
Halle : Visio S Pauli. Ein Beitràge %ur Visionslitteratur mit einem deutschen 
uni %wei lateinischen Texten. Une version anglaise a été éditée par M. Horst- 
mann d'après le ras. Laud 108 (Archiv fur dos Stuâium der neuefen Spracheh, 
t. LU, p. 33-38). Cf. Paul, Grundriss, t. II, 1, p. 619, 638 ; Romania, VI, 1 1 ; 
VII, 473; XX, 17; Karl Kraus, Deutsche Gedichte der qwôljten Iûhrhunderts, 
p. 38-41, 187-197. C'est le n° 10 de la liste précédente. 

12° De l'observation du dimanche, fin de la Vision de l'apôtre Paul, 
même n° de la liste précédente. . 

13 Annonciation de l'Ange Gabriel à la Vierge Marie, traduction de 
l'Evangile de saint Luc, I, 26-38, n° 14 de la liste précédente. 

140 Début de l'évangile de saint Jean, I, 1-14, n° 15 de la liste précé- 
dente. 

15° La Trinité en un dieu, fin du n° 15 de la liste précédente. 

16 Le pays du Prêtre Jean, n° 18 de la liste précédente. M. Morris 
Jones a réimprimé le texte latin d'après une édition de l'année 1499 qu. 
n'est pas indiquée par Brunet, Manuel du Libraire, t. III, col. 546 : Brunet, 
en cet endroit, mentionne trois éditions qui paraissent du xv e siècle, mais 
qui sont sans date imprimée. Ceux qui veulent avoir une bonne biblio- 
graphie du sujet doivent lire un article de M. P. Meyer, Notices et extraits 
des inss., t. XXXIV, i« partie, p. 228 et suivantes. 

La publication de M. Morris Jones n'est pas une édition, c'est la repro- 
duction d'un manuscrit, mais ce ms. offre un texte sur bien des points su- 
périeur à l'édition de Williams. Voici quelques exemples: 

Williams Pt. V. Llyfr yr Ancr. 

286, 3 morwjnnion 133, 17 morynyon 

(Le pi. monvynion est mo- 
derne et mauvais) 

286, 24 divar (mauvaise [lecture 154, 3 diéeir 
pour diôeir) 

286, 36 dâygywydi 154, 12 dygwydho 

287, 1 gnaivd 1 54, 1 5 gnawt 
287, 23 pannyt (mauvaise lecture 155, 1 pann y6 

pour pannyG) 

290, 36 yny herin, mauvaise lecture 

pour 158, 28 yny éerin 

291, 24 Sefynt y seith hynnv. gogokit 147, 12 Sef ynt y seith hynny, 

gogelent 
294, 23 amprydyaw 150, 6 vnprydyaw 

297, 23 lîunyeu (« peintures ») 160, 4 llinyev (« lignes ») 



2J2 

2 9 8, 

2 9 8, 

298, 
299, 

2 99> 



233, 
236, 



239. 



239> 
239> 
240, 



240, 
241, 
241, 



Chronique. 

W iliiams Pt. V. 

1 5 îewyrcha, moderne et mau- 
vais pour 

24 ddeu hen ddyn (« deux vieux 
hommes ») 

26 y vaneg 

1 1 a aner rat yr yspryt glan 
23 yr bail roddeu (« tous les 

dons ») 
(Le pi. de rhodd est xhod- 

dion) 
31 curyfedd, lisez 
26 Uewyrchu 

Cette pièce chezWilliams 
est pleine d'expressions mo- 
dernes. Cf. p. 338, 1, enaid 
pour eneitj bendicodd [pour 
bendigawd, etc. 

12 na wnéler rinyeu ar swyneu, 

nacbyvanvydon, na swyn- 
neu. Le copiste n'a pas 
compris le sens de ar- 
sangheu . 

20 a warho 

22 y trugarcd 
5 da chaxxarnnhao dyn gwelst 
trwy dwg. 

« Il ne jurera pas qu'il 
l'aurait vu » 



160, 
161, 

161, 
161, 
162, 



170, 
129, 



142, 



142, 
142, 
I43> 



20 hoffder (« plaisir ») 

2 1 medycynaethu 

24 agguenn 



143» 
145 = 

H5: 



Llyr yr Aner 

25 lewycha 

6 dev hendyn (« deux vieilles 

personnes ») 
8 yvenegi 

26 a enir orat yr yspryt glan 

3 yr holl radeu (« toutes les 
grâces ») 



15 enryfed 
3 a lewycha 



20 na wneler rinyev. nac ar- 
sanghev, na chyfuarby- 
donn. na swynev. 



27 aôahardho 

28 y drugared 

1 5 na chadarnnhao dyn kelwyd 
trwy twng 

« Il ne confirmera point 
un mensonge par un ser- 
ment » 
30 hoffed (« vanterie ») 
1 medyginaethu 
4 anghenn 



VI. 

L'infatigable M. Salomon Reinach vient de publier la traduction d'un 
ouvrage de M. Oscar Montelius, Les loups préhistoriques en Suède et dans les 
autres pays Scandinaves '. Voici les divisions de ce livre dont le savant tra- 
ducteur a négligé de nous donner le tableau, pensant que son copieux et très 
commode index alphabétique devait suffire. 



1 . Paris, Leroux, 1895, in-8, 352 pages, 427 figures intercalées dans le 
texte, et vingt planches. 



Chronique. 253 

I. Age de la pierre jusqu'au xvn e siècle avant J.-C. — P. 7-53, 

PLANCHES I-VI. 

Pierre taillée, p. 8, Période 1, Planche I. 

_ _ 2 , — II. 

Pierre polie, p. 11, — 1, — III. 

— — 2, — IV. 

_ 3, - V. 

_ 4, _ VI. 

II. Age du bronze de 1700 a 500 environ avant J.-C. — P. 54-139, 

PLANCHES VII-XII. 

Période 1, 1700-1450, Planche VII. 



2, 
3, 


1450-1250, 
1250-1050, 


- VIII 

- IX. 


4, 
6, 


1050-850, 
850-650, 
650-500, 


- X. 

- XI. 

- XII. 



III. Age du fer de l'an 500 environ avant J.-C. jusqu'à la seconde 

MOITIÉ DU ONZIÈME SIÈCLE APRÈS J.-C. — P. 14O-313, PLANCHES 

XIII-XX. 

A. Premier âge du fer ou époque pré-romaine, de 500 av. J.-C. à 
l'ère chrétienne, p. 142-152, Planches XIII-XV. 

Période 1, 500-300 av. J.-C, Planche XIII. 

— 2, 300-150 — — XIV. 

— 3, 150- 1 — - XV. 

B. Deuxième âge du fer ou époque de l'influence romaine, du commen- 
cement de l'ère chrétienne au commencement du cinquième siècle après ].- 
C, p. 152-196, Planches XVI, XVII. 

Période 4, Premier et deuxième siècles de notre ère, planche XVI. 

— 3, de l'an 200 à l'an 400 de notre ère, planche XVII. 

C. Troisième âge du fer, du commencement du cinquième siècle au 
commencement du neuvième, p. 196-225, Planches XVIII et XIX. 

Période 6, de l'an 400 à l'an 600 de notre ère, planche XVIII. 

— 7, de l'an 600 à l'an 800 de notre ère, planche XIX. 

D. Quatrième âge du fer, du commencement du neuvième siècle au mi- 
lieu du onzième, époque des Vikings, p. 225-313. 

Période 8, 800-850, planche XX. 

Les Celtes n'ont jamais habité la Suède ni les autres pays Scandinaves, 
l'Islande excepté. Mais il a existé un art septentrional qu'on peut appeler 
celto-germanique qui s'oppose en Europe à l'art gréco-romain du midi. 
C'est un sujet d'étude fort intéressant, auquel le livre de M. Montelius offre 
une importante contribution. Je ne hasarderai qu'une critique, les dates 
précises qu'indique M. Montelius me semblent un peu hardies. 

Revue Celtique, XVI. 18 



2 54 Chronique. 



VIL 

La Société d'histoire et delà science de l'antiquité, Vereinfûr Geschichte 
und Alterthumskunde, a tenu à Francfort-sur-le-Main, le 24 juin dernier, une 
assemblée où M. Martin May a fait une lecture sur la part des Celto-Ger- 
mains dans la civilisation européenne pendant les temps antiques. Il débute 
en opposant à la civilisation des Grecs et des Romains celle des Barbares, 
c'est-à-dire des Celto-Germains. Mais il mêle à cette exposition bien des 
théories hasardées. Ainsi Elien, Variât historiae, IX, 16, rapporte que les 
premiers habitants de l'Italie furent les Ausones dont le plus ancien s'ap- 
pela Mares et était homme par devant, cheval par derrière. M. May, p. 5, 
croit reconnaître dans Mares un dérivé du gaulois marca, marco- « cheval » , 
en germanique tnarh, marha, mais il faut pour cela suppléer arbitrairement 
dans le Mares d'Elien une gutturale qui manque entre IV et IV. Plus loin, 
p. 11, M. May avance que l'étrusque et l'ombrien sont des langues celto- 
germaniques, mères du latin; c'est une doctrine un peu hardie que peu de 
linguistes, je crois, partageront, et contre laquelle en tout cas je proteste. 

VIII. 

Je ne dirai pas qu'il y ait plus de sens critique dans le livre de M. Emile 
Petitot intitulé : Origines et Migration des peuples de la Gaule jusqu'à V avè- 
nement des Francs, Paris, Maisonneuve, 1894, in-8, 716 pages. L'auteur est 
un ancien missionnaire arctique, comme il le dit lui-même, et dans une cure 
de village, à Mareuil-les-Meaux, il se repose des fatigues septentrionales que 
lui ont causées jadis ses paroissiens sauvages; en même temps, pour ne pas 
rester actuellement oisif au milieu de l'indifférence des paroissiens français, 
il lit. Il a lu Strabon dans la traduction Tardieu, il a lu les traductions 
jointes aux textes antiques par Cougny, Extraits des auteurs grecs. Il a con- 
sulté Macrobe, Cicéron, Virgile, Tacite, Festus, Pline le Naturaliste, Titc- 
Live, Silius Italicus, Servius, Ammien Marcellin, Justin, Claudien, Solin, 
Aurelius Victor. Sur l'origine du nom des Celtes, il connaît les opinions de 
Leibniz, de L.-F. Jehan, de Bergmann, de Boulanger, du P. de Rostrenen, 
de D. Le Pelletier, de Mezeray, de Schoepfiin, de Valentin Smith, de 
Charles Bigame. Des Galli, il sait ce qu'ont pensé Amédée Thierry, 
Michelet, Alexandre Bertrand, Lemière. Sur les Celtici, il connaît l'opinion 
de MM. Le Deist de Botidoux et Rosseeuw-Saint-Hilaire. Il rappelle ce qu'ont 
dit des Cimbres le baron de Belloguet, le docteur Prichard, La Tour d'Au- 
vergne, M. Lagneau. Il connaît les systèmes de Loeve-Veimars, de G. Lé- 
vesque, de Le Brigant, de Poinsinet de Sivry, de Moreau de Jonnùs. de 
Lenglet du Fresnoy, de Valroger, de J. Pinkerton. Il a parcouru les œuvres 
de : Le Touzé de Longuemar, Robiou, Oddant-Desnos et A. Garrigou. Les 
découvertes du baron de Brave (sic) et de Schliemann, les études de 
MM. Cartailhac et de Nadailhac ne lui ont pas échappé, mais il paraît peu 
connaître la littérature allemande de son sujet : l'allemand est une langue 



Chronique. 2$ 5 

difficile à apprendre et qu'on ne parle guère dans les régions arctiques où 
M. Petitot a commencé ses études ethnographiques. Ses lectures si variées 
de textes français et latins l'ont conduit à des résultats inattendus : 

« Qu'y aurait-il d'étonnant, » dit-il, « que Paris ou plutôt les Parisiiie- 
« montassent au petit-fils de Priam alors que Rome et une portion des Ro- 
« mains descendent du troyen Enée ? Nous n'avons aucun intérêt à nous 
« déprécier nous-mêmes » (p. 232). 

Les Albains sont des Celtes : sont Celtes les Albani du Caucase comme 
ceux d'Albe-la-Longue, première capitale du Latium, comme les Albanais. 
Il doit paraître étrange, fait observer l'honnête curé, que ni Lemière, ni 
Strabon n'aient fait cette découverte (p. 240) par laquelle M. Petitot comp- 
terait sans doute assurer l'immortalité de son nom, si la trouvaille dont il 
s'agit n'était, suivant lui, l'évidence même, par conséquent sans gloire, et 
s'il n'était lui-même d'une exemplaire modestie, à laquelle suffisent la paix 
de la conscience et la joie du devoir accompli. 

IX. 

Nous marchons sur un terrain scientifique un peu moins mouvant avec la 
sixième édition de Victor Hehn : « Plantes cultivées et animaux domes- 
« tiques dans leur passage d'Asie en Grèce et en Italie, comme dans le 
« reste de l'Europe » : Kuïtur-pftan^en uni Hausthierc in ïhrem Uebergang 
ans Asien nach Griechenland und Italien soivie in das ïtbrige Europa, par 
MM. O. Schrader et A. Engler. Cette édition contient des additions inté- 
ressantes. On peut cependant y signaler certaines lacunes au point de vue 
des études celtiques. 

Ainsi on y lit, p. 457, que le mot allemand kat^e « chat » est d'origine 
germanique, tandis que son origine exotique est reconnue comme possible, 
disons « certaine », par Kluge, Etymologisches Woerterbnch, 5 e édition, 
p. 188. Le mot s'est introduit dans les langues germaniques après la pre- 
mière substitution des consonnes et avant la seconde. L'origine celtique est 
rendue très vraisemblable par la légende monétaire CATTOs,par l'irlandais cat, 
par le breton ka\ et le gallois cath ' . Naturellement ce mot, à l'origine, dé- 
signait le chat sauvage. 

A la page 551, l'allemand Brùnne, en gothique brunjo « cuirasse », en 
vieux français broigne, est expliqué avec raison, ce semble, par l'irlandais 
bruinne « poitrine », dérivé de bru, génitif bronn « corps, ventre », mais la 
différence de sens qui existe entre bruinne et brà n'est pas indiquée, la ré- 
daction est même faite de manière à laisser croire au lecteur que les deux 
mots sont synonymes 2 .,Xe vaste sujet traité par MM. Schrader et Engler les 
oblige à entrer dans des détails sur lesquels les connaissances spéciales leur 
font défaut. 

1. Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachschat%, p. 67; Holder, Altceltiscber 
Sprachschati, col. 846. 

2. Cf. Kluge, p. <>6, au mot Brun a c, etWindisch, Irische Texte, \.\,y. 405. 



256 Chronique. 



On ne peut le dire de M. Meusel, quand il s'agit de César. 

Je reçois de ce savant la critique d'un détail de mon article sur son édi- 
tion du De bello gallico, dans la dernière livraison de cette revue, p. 96 : 
« Sur un point, » m'écrit-il, « je ne puis adopter votre opinion : Le Ursi- 
« nianus et le Riccardianus ne sont pas de caractère mixte, quoiqu'on y 
« trouve (à la fin des livres VII et VIII) la mention de la revision faite par 
« Julius Celsus. La même mention se trouve aussi dans le Thuaneus, mais 
« de seconde main; et je ne douce pas que dans la source commune des 
«-deux mss. (Ursinianus et Riccardianus) cette subscript io ne se soit trouvée 
« faite de seconde main. » 

Je n'avais aucune opinion personnelle sur cette question, je croyais repro- 
duire la doctrine des gens compétents. Il paraît que je me trompais. 

XI. 

La Revue Celtique vient de perdre un de ses collaborateurs les plus méri- 
tants dans la personne de M Luzel, archiviste du département du Finistère. 
Un article nécrologique paraîtra dans la prochaine livraison. 

XII. 

Notre savant confrère, M. John Rhys, vient d'être élu principal de Jésus 
Collège à Oxford. 

XIII. 

Miss Margaret Stokes vient de mettre sous presse un volume intitulé Tbree 
Montbs in the Forests of France, pèlerinage à la recherche des vestiges laissés 
sur le continent français par les saints irlandais du moyen âge. Ce volume, 
où il sera qnestion des saints Columban, Deicole, Fursa, Gobain, etc., sera 
la suite et le pendant du livre auquel elle a donné le titre de Six montbs in 
the Apennines, Il paraîtra à la librairie Ceorge Bell and sons, Londres, York 
Street, Covent-Garden ; prix: 12 shillings. 

H. d'Arbois de Jubain ville. 
Paris, le 2 avril 1895. 



PÉRIODIQUES 



i. 

Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XXII, 2 e li- 
vraison de 1895, p. 42-80. — Très intéressant article de M. L. Delisle, le 
savant administrateur de la Bibliothèque nationale, sur les plus anciens im- 
primés bretons. 

La première partie traite des heures bretonnes du xvi e siècle. L'auteur y 
fixe la date du volume dont M. Whitley Stokes a publié d'importants ex- 
traits dans ses Middle-breton Hours, Calcutta, 1876. On connaît de ce vo- 
lume deux exemplaires incomplets: l'un, qui a appartenu à M. Pol de 
Courcy, est devenu propriété de la Bibliothèque nationale, l'autre est un 
trésor dont M me la comtesse de Kergariou n'entend pas se défaire. Par la 
comparaison avec d'autres ouvrages, M. Delisle établit que ce volume a été 
imprimé vers l'année 1550, et que vraisemblablement il était destiné au 
diocèse de Léon. 

Dans la seconde partie intitulée Appendice, l'érudit auteur étudie les trois 
éditions du Catholicon deLagadeuc, faites: la première en 1499, àTréguier ; 
la seconde à une date indéterminée, mais avant 1520; la troisième en 1521, 
à Paris. La seconde et la troisième édition renferment pour la partie bre- 
tonne de nombreuses additions qui manquent dans l'édition de M. Le Men, 
puisque celle-ci a pour base l'édition de 1499. 

IL 

Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques, année 1894, i rc livraison. — P. 42 : Marque du potier Vo- 
secunnus sur un fragment de vase trouvé à Saint-Quentin, Aisne. — 
P. 127-137: Mémoire de M. Charles de Laugardière sur les inscriptions 
gauloises de Genouilly, Cher. Nous avons parlé de deux de ces inscriptions 
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 237 ' ; elles sont gravées sur une stèle re- 
produite dans la planche IX du Bulletin archéologique, et dans cette planche 

1 . Au lieu de anevnoc, lisez aneovnoc. 



2 58 Périodiques. 

on trouve aussi figurée une stèle dont nous n'avons rien dit et sur laquelle 
est gravé le mot rvontv. 

III. 

Revue épigraphiojje du midi de la France, n° 77. — M. Allmer con- 
tinue son étude sur les dieux de la Gaule, il s'occupe cVAmarcolitanus, An- 
valonnacus, Aratno, Arausio, Amalia (apocryphe), Ar tains, Artio, Aventia, 
Avicantus, Axuris. C'est un travail intéressant et qui sera fort utile une fois 
terminé. Toutefois l'auteur, plus épigraphiste que grammairien, se laisse 
aller quelquefois à des observations linguistiques singulières. 

Par exemple, il ne connaît pas l'usage celtique de former avec le suffixe 
-dco-s des noms d'hommes tels que Deviciacus, Dumnacus, Valetiacus dans 
le De bello gallico (voir une liste plus complète chez Holder, Alt-celtischer 
Sprachschati, col. 21). Il croit, p. 344, que les Celtes ne se sont jamais 
servis du suffixe -aco-s que pour créer des noms de lieu, il en conclut que 
Anvalonnacos est un nom de lieu et que les érudits qui considèrent ce mot 
comme un nom de divinité sont dans l'erreur. 

Il ne sait pas que le latin canhts « chant » est de la quatrième déclinaison : 
le ààX\i Avi-canto est, suivant lui, p. 349, le datif d'un composé latin signi- 
fiant « chant d'oiseau ». 

Il est à souhaiter que M. Allmer continue son étude épigraphique sur les 
noms de dieux gaulois, mais il ferait bien à l'avenir de supprimer ses com- 
mentaires grammaticaux. 

IV. 

Revue des traditions populaires, t. X, livraisons de janvier et 
mars 1895. — P. 52. Notes sur l'île de Batz, par G. Miiin, Superstitions et 
coutumes, formulette bretonne du jeu appelé choari beqbulat « jeu du doigt 
de feu » ; devinettes bretonnes. — P. 156. Proverbes gaéliques d'Ecosse sur 
les métiers, recueil formé par J.-H. Mac-Adam. 

V. 

The Academy, janvier-mars 1895. — Continuation de la correspondance 
relative aux inscriptions oghamiques, p. 16, 35-37, 216-217, voir Revue 
Celtique, n° précédent, p. 123. — P. 60. Déchiffrement par M. H -J. Law- 
lor de la devise circulaire en irlandais qui se trouve dans l'évangéliaire de 
Mulling, ms. du Collège de la Trinité de Dublin, sur lequel on peut con- 
sulter : J.-T. Gilbert, National mss. of Ireland, première partie, pi. XX, XXI ; 
cf. O'Curry, Lectures on the Manuscript Materials of ancient irisb Hislory, 
planche 5, figures M, N; Westwood, Palaeographia sacra pictoria, Irish bi- 
blical mss., pi. II, figure n° 6. — P. 172. Des vers du Codex Boerncrianus : 
Téicht do-Roim môr saido, bec torbai (aller à Rome, c'est beaucoup de tracas 
pour peu de profit), M. J.-H. Bernard rapproche une légende conservée 
par le Liber hymnorum des Franciscains. Il s'agit de sainte Brigite envoyant 
à Rome pour affaire des députés qui revinrent sans rapporter aucune ré- 



Périodiques. 259 

ponse. Sainte Brigite dit : Nî môr uar tarba, cid môr for saethar. « Votre 
profit n'est pas grand quelque grande qu'ait été votre peine » (Whitley 
Stokes, Lives of saints from the Book of Lismore, p. 335). — P. 342. Lettre 
de M. Robert Blair annonçant que le 8 de ce mois il a été fait à South- 
Shields la découverte d'un autel romain avec cette inscription : 

DEAE ' BR[l] 
GANTIAE * 
SACRVM 

congenn[i]c 

CUS • V • S • L • M 

On sait qu'une autre dédicace à la dea Brigantia est imprimée dans le C. 
I. L., VII, 1062. L'original de cette dédicace se trouve au musée d'Edim- 
bourg. Le monument qui vient d'être découvert est exposé au musée de 
South-Shields. 

VI. 

L'Anthropologie, t. VI, n° 1, p. 18-39. — Suite du savant et intéressant 
mémoire de M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les in- 
fluences gréco-romaines. 

VIL 

BOLETIN DE LA REAL ACADEMIA DE LA HISTORIA, t. XXVI, quatrième 

livraison. — P. 227. Publication par le P. F. Fita de titres concernant 
l'hôpital de Sainte-Marie de Najera, xi e et xn e siècles. Parmi les noms de 
lieu mentionnés dans ces actes plusieurs paraissent dater de la période ro- 
maine comme In Granione, in Carrione, Argen^ana. 

A Granio, Granionis, aujourd'hui Granôn, Espagne, comparez les dérivés 
français du même gentilice, Gragnague (Haute-Garonne), Grignac (Cantal), 
Grigny, dont le Dictionnaire des Postes offre sept exemples, Grignan 
(Drôme, Gers),Grignon, dont on connaît quinze exemples au moins. 

De Carrio, -onis, Carrion en Espagne, on peut rapprocher Charry 
(Nièvre) = * Carriacus, dérivé d'un gentilice, Carrius, qui vient lui-même 
du nom gaulois Carros « guerrier, héros », en vieil irlandais carr, génitif 
cairr. Argen^ana s'explique par un gentilice Argentins, formé à l'aide d'un 
nom d'homme gaulois Arganto-s et d'où les noms de lieu français Argensac 
(Dordogne), Argençon (Hautes-Alpes). Fontaneta est le féminin de Fonta- 
netum, d'où les Fontenoy, Fontenay de la France du Nord, les Fontenet, 
Fontanet de la France du Sud. 

Quelques-uns des noms de lieu fournis par les chartes de Sainte-Marie 
de Najéra remontent plus haut que la période romaine, tels sont celui du 
lieu dit in Alesanco, p. 231, 234, 235 ; villa Alasanco, p. 252 ; celui de Vaqua 
de Elesone, p. 231, 234 (cf. ad Elcson, p. 250), et de la villa .. . quod di- 
citur Aleison, aujourd'hui Alesôn (p. 265). Inutile de répéter ce que j'ai dit 
ailleurs de ces mots dont la forme la plus ancienne est Alisincos, Aliso[n]. 



26o Périodiques. 

VIII. 

Congrès dès Sociétés savantes, extrait du journal Le Temps, 21 avril 
189s. — M. Charles Joret, professeur à la Faculté des lettres d'Aix, fait une 
communication sur l'étymologie du nom deCaen. Ce nom a de tout temps 
donné lieu aux hypothèses les plus fantaisistes; mais, depuis un demi-siècle, 
on lui a généralement attribué, comme à la ville qu'il désigne, une origine 
germanique. La forme Cathim, qu'on rencontre dans une charte du 
XI e siècle, avait fait croire aux derniers historiens de la capitale de la basse 
Normandie que l'allemand heim se trouvait dans la seconde partie du nom 
deCaen. C'est là une supposition qui ne résiste pas à l'examen. Le nom de 
Caen, dans la plupart des textes latins du moyen âge, est Cadomum, parfois 
Catemum ou Cathomum; si l'on rapproche ces mots des noms contemporains 
de Rouen, Rodomum, Rotomiim ou Rotboiiiuiii, on est frappé de la ressem- 
blance qu'ils présentent. Or, l'ancien nom de Rouen est Rotomagus, on est 
par suite autorisé à admettre que le nom primitif de Caen était Cato-Magus 
ou Catu-Magus ; le dernier élément de ce composé est le mot celtique magus 
(champ), si commun dans la toponomastique gauloise; qnant à catus, ce 
mot veut dire « combat » ou « bataille » ; le nom de Caen aurait donc si- 
gnifié « champ du combat », ou mieux « champ de Bataille », le mot cel- 
tique catus étant parfois, comme le mot français bataille, un nom d'homme. 
Quoi qu'il en soit, le nom de Caen est d'origine gauloise, comme celui de 
Rouen et de la plupart des villes importantes de l'ancienne Neustrie. 

IX. 

The Journal of the royal Society of Antiqtjaries of Ireland for 
the year 1895. Première livraison. — P. 1. Mémoire du savant Charles 
Graves, évoque de Limerick, sur une inscription oghamique trouvée pen- 
dant l'automne de 1893, près de Gortatlea, entre Tralee etKillarney: 

NIOTTACOBRANORA. . . 
DVMELI MAQ.I GLASICONAS. 

Glasiconas est le génitif de * Glassiciï, en vieil irlandais Glaisiuc, nom 
d'homme, dont la Vie Tripartite offre un exemple. C'est un composé dont 
le second terme est cû « chien » : comparez le nom de Miliuc = *Mîli-cïi, 
porté par l'Irlandais dont saint Patrice fut esclave. — P. 16. Suite du mé- 
moire de M. Coffey sur l'ornementation préhistorique en Irlande. L'auteur 
s'occupe principalement ici du commerce de l'étain dans l'antiquité et des 
terrains aurifères d'Irlande. — P. 41. Etude du Rév. G. Raphaël Buick sur 
les pointcsde flèches en silex trouvées en Irlande. — P. 86-87. Deux figures 
représentant un dolmen près de Castlewellan, comté de Down, etc., etc. 

Dijon, le 21 avril 1895. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. BOUILLON. 

Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



LA RELIGION DES GALATES 



Il est généralement admis que les Galates d'Asie Mineure, à 
l'époque impériale, avaient tout à fait oublié la religion de 
leurs pères. Voici comment s'exprime à ce sujet M. Mommsen 1 : 

« Une bonne partie des Galates, appelés Gallo-Grecs par les 
Romains dans les dernières années de la République, devait 
descendre des Phrygiens qui habitaient autrefois la contrée. 
Ce qui est plus important, c'est que la religion très vivace dans 
le pays et le sacerdoce local n'ont rien de commun avec les institu- 
tions sacrées des Celtes d'Europe. Non seulement la Magna Mater, 
dont les Romains, à l'époque d'Annibal, demandèrent l'image 
sainte aux Tolistobogii qui la leur envoyèrent, était d'origine 
phrygienne, mais encore les prêtres de cette divinité apparte- 
naient presque tous à la noblesse galate 2 . » 

Dans le passage célèbre où Plutarque raconte l'histoire de 
l'héroïne galate Cammaî, il dit que le prestige de cette femme 
était encore rehaussé par le fait qu'elle était prêtresse d'Ar- 
témis, divinité que les Galates ont en vénération particulière : 
èTttçavsarépav c'aÙTïjv èicofei xal to tvj; 'ApTéfJuSo? t'épetav sïvai, y;v 
[-i.aX-.7Ta TaXaTat déScoat. La suite du récit mentionne un temple, 
avec un autel et une image de la déesse : nous sommes donc 
en présence d'un culte, sinon hellénique d'origine, du moins 
hellénisé, et où rien ne rappelle les pratiques religieuses attri- 
buées par les anciens aux Celtes de l'Europe. 



i. Mommsen, Histoire romaine, trad. Cagnat et Toutain, t. X, p. 115. 

2. Pour des exemples, voir Perrot, Exploration de la Galatie, p. 185. 

3. Plutarque, De Muliernm virhttibus, XX: éd. Didot, p. 318. 

Revue Celtique XVI. 19 



2Ô2 Salomon Reinach 

M. Usener a tout récemment signalé I un passage curieux 
d'une vie de saint Théodore de Sykéon par son élève Geor- 
gios, dont le texte grec a été publié en 1884, d'après un ma- 
nuscrit de la Marciana à Venise, par M. Theophilos Ioannou 2 . 
Sykéon est un bourg de Galatie, sur la rivière Siberis, et une 
station de la route impériale de Constantinople a Ancyre 5 . 
Voici le passage de la vie du saint qui a trait aux superstitions 
locales de la Galatie; comme M. Usener en a reproduit le 
texte, il suffira d'en donner ici une traduction : 

« Théodore entendit parler d'un certain lieu à 8 milles 
de distance (de Sykéon), que l'on appelait Arkéa. On disait 
que personne n'en pouvait approcher, surtout à l'heure de 
midi, car c'était le séjour de la divinité nommée Artémis qui, 
entourée d'un cortège de démons, tourmentait jusqu'à la mort 
ceux qu'elle rencontrait. Etonné de cette rumeur, Théodore, 
au fort de l'été, se rendit à la hâte en cet endroit après avoir 
chanté les psaumes de la troisième heure, et passa tout le mi- 
lieu du jour au lieu même que Ton croyait hanté par Artémis. 
Protégé par le Christ, il ne vit aucune manifestation des puis- 
sances mauvaises et s'en retourna au martyrium où il demeu- 
rait. » 

M. Usener ne s'est pas souvenu à ce propos du passage de 
Plutarque sur le culte d'Artémis en Galatie. Ce témoignage 
est cependant fort important à rappeler, car il reçoit de la Vie 
de saint Théodore une confirmation jusqu'à présent unique. 
Artémis, nom grec de la grande divinité phrygienne du pays, 
n'était pas seulement l'objet d'un culte public, mais de supers- 
titions et de terreurs populaires. Reste à savoir si la déesse 
ainsi désignée était d'origine celtique et si l'on peut découvrir, 
sur cette lande asiatique hantée par des esprits maltaisants, un 
souvenir de la religion des envahisseurs. 

Le savant allemand l'a pensé. Il a invoqué, après Lobeck et 

1. Usener, Rhcinisches Muséum, 1895, p. 147. 

2. Et non Johann is, comme l'écrit M. Usener. La rectification a été faite 
par M. Krumbacher, By^antinische Zàtschrift, 1895, p. 382, qui rappelle 
qu'il a déjà cité cette publication dans sa Geschichtt der By^antinisclien Liîc- 
ratur, p. 69, 138 (Mvr,u.sîa àyioXoyiy.à. 'Ev Bîv3Tta, 1884). 

3. Ramsay, Historical Gcography of Asia Minor, p. 241, 244. 



La Religion des Calâtes. 263 

d'autres I , un passage des Actes de saint Symphorien, martyr 
d'Augustodunum. Dans le curieux entretien où le document 
reproduit par Ruinart 2 met aux prises le consulaire Heraclius 
et Symphorien, celui-ci s'efforce de jeter le discrédit sur les 
divinités païennes. Après avoir médit d'Apollon, il ajoute : 
Dianam quoque daemonium esse meridianum Sanctorum industriel 
investigavit , quae per compita currens et silvarum sécréta perlus- 
trans... Triviae sibi cognomen, dum triviis insidiatur, obtinuit. » 

Ainsi, à Autun comme en Galatie, Artémis-Diane est un 
démon du midi, qui hante les carrefours et les forêts ; alors que 
nos sources littéraires la représentent comme une chasseresse 
nocturne, les actes de saint Symphorien, d'accord avec la Vie 
de Théodore de Sykéon, font d'elle un démon redoutable en 
plein jour, daemonium meridianum. 

La conclusion que M. Usener voudrait tirer de ce rappro- 
chement s'imposerait presque avec évidence si l'idée d'un démon 
du midi n'était pas elle-même empruntée à une source litté- 
raire. Cette considération nous avertit d'être circonspects. 

Dans le Psaume XC, il est question, en effet, d'un ca7.6v.2v 
[Ascnj^êptvôv ; ce sont les expressions mêmes du texte grec. Voici 
la traduction de l'original hébreu par Reuss 3 : 

« Tu n'auras pas à craindre le frisson de la nuit, ni la flèche 
qui vole de jour, ni la peste qui se glisse dans les ténèbres, ni 
la contagion qui ravage en plein midi. » 

Les interprètes, auteurs du texte grec, n'ont pas dû songer 
à une idée abstraite comme celle de la contagion, mais à une 
divinité du paganisme. Omnes dii gentium daemonia, dit le Psal- 
miste4. Le « démon du midi » devait aussi être l'un d'eux. 

En Galatie, où, d'après Plutarque, la déesse la plus honorée 
était Artémis, son nom se présentait naturellement à l'esprit. 
Dans le pays des Eduens, on n'est pas autorisé à dire qu'il 
existât une superstition populaire relative à Diane « démon du 



1 . Cf. Lobeck, Aglaophamus, p. 1092. 

2. Ruinart, Acta,Sincera, p. 125 de l'édition de 1859. 

3. Reuss, Les Psaumes, p. 293. 

4. Psaumes, XCV, 5 ; ce passage a été cité par M. Le Blant, Les premiers 
chrétiens et les dieux, p. 4 (extrait des Mélanges de l'Ecole de Rome, t XIV 
1894). 



264 Salomon Reinach. 

midi». En effet, saint Symphorien présente l'assimilation de 
Diane avec le daemonium meridianum des Psaumes comme le 
résultat d'une exégèse savante (sanctorum industriel investi- 
gavit). Cette exégèse se fondait sur le caractère vagabond de 
Diane, sur la puissance redoutable attribuée à ses flèches, sur 
sa prédilection pour les forêts et les carrefours. Diane est aussi, 
comme l'indique son nom, la déesse du jour (aies) et l'on ne 
s'étonnera pas qu'on l'ait reconnue dans une dea meri-diana ano- 
nyme. De tradition ou de superstition populaire, il n'y a pas 
trace dans tout cela. 

M. Usener ne s'est pas souvenu d'un texte allégué par 
Grimm 1 , qui, au premier abord, paraît fournir une confirma- 
tion de l'hypothèse touchant l'existence d'une Diana meridiana 
dans la mythologie des peuples européens. « Liebusch 2 , dit 
Grimm, rapporte une remarquable légende de la Haute-Lu- 
sace au sujet de D^iwitza. C'était une belle jeune femme de 
race noble qui, armée de la tylba, errait à travers les forêts; 
les plus beaux chiens de chasse l'accompagnaient et effrayaient 
tant le gibier que les hommes qui, à l'heure de midi, se trou- 
vaient au fond des bois. Aujourd'hui encore, quand un homme 
reste seul vers midi dans une forêt de pins, on lui dit en plai- 
santant : « Ne crains-tu pas que Diiwitza ne vienne sur toi ? » 
Cette Diiwitza paraît être la Dziewanna polonaise et la Diana 
des Romains. » 

D'après les observations que nous avons présentées plus 
haut, il ne semble pas que cette tradition soit pure de toute 
influence littéraire. Une fois la Diana romaine identifiée, par 
l'exégèse chrétienne, au daemonium meridianum du Psaume, 
cette conception se substitua ça et là, en pays chrétien, à celle 
de la chasseresse nocturne. Le folklore, de nos jours surtout, 
se cristallise en littérature, mais il arrive souvent, quand on 
cherche bien, qu'on trouve aussi de la littérature à l'origine 
du folklore. 

Les traditions vraiment populaires connaissent des génies 
nocturnes malfaisants, que l'on désigne sous les noms les plus 

1. Grimm, Deutsche Mythologie , éd. de 1835, p. 706. 

2. Dans l'ouvrage intitulé Slcythika, p. 287. Je n'ai pas vu ce livre. 



La Religion des Gaiates. 265 

divers et qui, sous l'influence du christianisme, ont été parfois 
identifiés à Diane et aux démons féminins de son cortège. 
Depuis le IV e siècle jusqu'au xv ei , on croit que Diane, assi- 
milée ou associée à Hérodiade, est la reine du sabbat 2 . Dès 
314, on trouve ce qui suit dans les canons du concile tenu à 
Ancyre 3 : 

« IUudetiamnon omittendum quod quaedam sceleratae mulieres, 
rétro post Satanam conversât, daemonum illusionibus et phantas- 
matibus seductae, credunt ac profitentur se nocturnis horis cum 
Diana paganorum dea vel cum Hérodiade et innumera multitudine 
mulierum equitare super quasdam bestiaset multa terrarum spatia 
intempestae noctis silentio pertransire, ejusque jussionibus velut 
dominae obedire et certis noctibus ad ejus servitium evocari. » 

D'autres textes analogues, -où il est question de Herodias et 
de Holda, ont été réunis par Grimm4. H n'a pas cité le sui- 
vant, que je trouve allégué par Dom Martin 5 : 

« Des statuts manuscrits de l'église de Conserans, des xm e 
et xiv e siècles, font encore mention de femmes qui faisaient 
métier d'aller à cheval pendant la nuit avec Diane, divinité du 
paganisme, ou avec Hérodiade ou Bensozia, et faisaient ins- 
crire leur nom dans le catalogue qui contient toutes celles de 
leur sexe qui passaient pour déesses. » 

La croyance au sabbat est certainement d'origine populaire, 
mais Diane et Hérodiade n'ont pu y usurper une place que par 
l'influence de la prédication ou des livres. Cette influence 
s'est exercée de bonne heure — témoin le texte du concile 
d'Ancyre — et les effets en ont été durables — témoin ce que 
dit encore Dom Martin 6 : 

« Nos anciens Français étaient si entêtés de l'existence 
d'une telle divinité (Diane) qu'ils n'en pouvaient effacer l'idée, 
même après avoir embrassé le christianisme 7. Ils donnaient le 

1. Cf. Paul, Grundriss der germ. Philologie, t. I, p. 1108. 

2. Le Blant, op. laud., p. 10. 

3. Mansi, Concilia, t. II, p. 536. 

4. Grimm, Deutsche Mythologie, p. xlii, 176, 522. 

5. Dom Martin, Religion des Gaulois, t. I, p. 60. 

6. Ibid., p. 63. 

7. C'est, au contraire, le christianisme qui, se conformant à une vieille 
tradition d'exégèse, assurait la survivance des divinités païennes. 



266 Salomon Reinach. 

nom de Diane à une espèce de démon qu'ils se figuraient 
occupé à foire du mal. C'est ainsi qu'il est dit dans la vie de 
saint Césaire d'Arles qu'il guérit -miraculeusement une ser- 
vante d'un démon que les paysans appelaient Diane (ammonium 
quod rustici Dianam appcllant), qui déchirait toutes les nuits 
cette pauvre créature a coups de fouet... Ce démon est ce que 
les auteurs de la basse latinité ont appelé, d'après le Psalmiste, 
le démon du midi. » 

A la fin du VII e siècle, quand saint Cilian de Franconie a été 
massacré par ordre de Geilana, la femme du duc Gozbert, 
celui-ci veut venger la mort de l'apôtre. Mais le peuple s'y 
oppose et prétend conserver le culte de ses pères : Volumus 
servire magnae Dianae sicut et anteriores nostri fecerunt patres et 
prosperati surit in eo usque in pracsens. » l Diana est ici la tra- 
duction, faite par un clerc, du nom de quelque divinité ger- 
manique; il ne peut être question, dans la Franconie païenne, 
d'une survivance du culte de la Diane romaine, et l'on com- 
mettrait une erreur grossière, quoique tentante au premier 
abord, en assimilant cette Magna Diana franconienne à la 
grande Artémis que l'on adorait chez les Galates. 

Je ne connais qu'un seul texte grec, déjà rappelé par Dom 
Martin, où il soit question d'un « démon du midi » : c'est 
celui de Suidas sur Empuse. Après l'avoir rapprochée d'Hécate, 
parlé de ses transformations, de son pied d'airain, etc., le lexi- 
cographe byzantin ajoute : « On dit qu'elle parait encore 
vers le midi, quand on rend les derniers devoirs aux morts 2 . » 
Partout ailleurs, Empuse est un démon nocturne; on peut 
donc penser que Suidas, lui aussi, a eu présente a l'esprit 
quelque tentative isolée d'exégèse où le Saipiiviov [Ae<r»}iA6piv6v du 
Psaume était assimilé non pas à Artémis-Hécate, mais à son 
fantôme, Empousa (çavrauna oxy^/iûca; b%o -f,: 'Exà-cvjç licwcsp- 
^evov). . 

Notre conclusion est donc négative. Il serait assurément 
fort intéressant de pouvoir admettre, avec le Rév. Stokes, que 



i. Dom Martin, op. lauà., t. II, p. 49. 

2. Ao/cî oà y.oct tocî; |i.î<TT)[i.6pia'.; çavrâiTsiOat, ô'tav toîç xaTO'.yo[i£vot? 
Ivay^waty. 



La Religion des Calâtes. 267 

« l'idolâtrie celtique suivait exactement le même rituel en 
Asie et en Gaule » I i ou, avec M. Usener, que les Éduens et 
les Galates d'Asie connaissaient une même Diane, fée redou- 
table de la méridienne. Mais les témoignages qu'on peut allé- 
guer n'autorisent pas ces hypothèses. Ils nous montrent, dans 
la Diane du midi, une création de l'exégèse chrétienne à ses 
débuts, superposée aux données banales de la démonologie po- 
pulaire. Si, à leur arrivée en Asie Mineure, les Galates 
avaient la même religion que les Éduens, ce qui est possible, 
rien encore n'atteste la survivance, jusqu'à l'époque chré- 
tienne, de traits communs à leurs croyances primitives. 

Salomon Reinach. 



A PROPOS DE NENNIUS VINDICATUS. 



Zimmer, qui me paraît assez chatouilleux sur l'article du 
tien et du mien (ce dont je n'oserais absolument le blâmer), 
me permettra une légère vindicatio. Dans un récent article de 
M. Thurneysen sur le Nennius vindicatus, article qui m'a paru 
judicieux dans l'ensemble, le critique approuve l'hypothèse de 
Zimmer 2 , que le rédacteur de 679 aurait mêlé le gallois au 
latin, hypothèse appuyée sur deux passages : {Ida junxit Din 
Guayrdi guurth Bryneich — Tune Talhaern Tataguen in poe- 
mate claruit et Neiren et Taliesin). Suivant Thurneysen, 
Zimmer explique scharfsinnig la faute et Neiren pour Aneiren, 
par le fait qu'un rédacteur gallois postérieur aura pris a de 
aneiren pour la conjonction A, et. J'ai été d'autant plus 
agréablement surpris de l'appréciation de notre savant collabo- 
rateur que Y hypothèse est de moi. Je me cite : « au lieu de Nei- 

1 . Article Symphorianus dans le Dictionary of Christian biography. 

2. Nennius vindicatus, p. 103 *. 



268 J. Loth. 

ren, il n'y a pas le moindre doute que le compilateur avait 
sous les yeux un original breton: Talhaern... aneirenj'û aura 
pris a pour la conjonction ac, a et l'aura transcrite par et, 
tandis que c'est la première syllabe du nom du poète. — Un 
autre passage me semble encore plus probant, chap. LXVI : 
Ida filius Eobba tenuit regiones in sinistrali parte Humbri ma- 
ris XII annis et junxit areem id est Dingueirin et Gurbirnerth 
(ver. gurdbirneth) : quae duae regiones fuerunt in una regione, 
id est, Deur a Berneth, anglice, Deira et Bernicia. Ce passage 
est éclairci par un autre inséré dans la Genealogia (Pétrie, Mon. 
hist. brit., p. 85 b) : Ida filius Eobba tenuit regiones in sinis- 
trali parte Britanniae; id est Umbri maris et regnavit annis XII 
et unexit (leg. junxit) Dynguayrdi Guuerthberneich (var . guerth 
Berne ibc). Le compilateur me semble n'avoir pas compris le 
texte breton qui portait : [il joignit] Dinguerin guurth Brencich, 
c'est-à-dire, il joignit D... à Breneich, ce qui fit que ces deux 
régions furent réunies en une seule. Ici le breton n'a même 
pas été traduit et le compilateur a pris guurth Brxneicb pour 
un nom propre. La généalogie n'est pas de source bretonne, 
mais on y a annexé des faits bretons. » Voir Revue Celtique, X, 
n° h P- 357-358, 1889. 

J. Loth. 



THE PROSE TALES 

IN THE 

RENNES DINDSENCHAS' 

SECOND SUPPLEMENT. EXTRACTS FROM THE E-OOK OF LEINSTER. 



154. Dun MÂisc. 
(LL. 160*25). 

Dun Mdsc unde notninatur ? 

Cainén Mdsc mac Augein Urgnaid maie Setnai Sithbaicc, is 
leis dorochlas in dun sin, 7 based a forbba in tir im Dûn 
Mdsc, 7 is and atbath. 

Brathir da«o in Mdsc sin 7 Nui o fail Raith Nui im-Maig 
Reichet 7 Râith Nui in Huib Garbchon, 7 issed rue fodes in 
Nui ar imgaba/7 Mdisc, ar rochuaid in Nui co mndi Mdsc. 

Brathair aile dôib dano, Finteiig, o fil Dûn Finteing, ocus 
Cûar, ô fail Dûn Cuair, ocus Alb o fil inn Albine. 

IS dô sein rochan in sencha/7/ : 

Iarfaigid dim, comol ngle, 
mad ail dûib eolas d'aicbne, je. 

Dûn Mdisc, whence is it named ? 

Cainén Mdsc son of Augen Urgnaid son of Setna Sithbacc : 
'Tis by him that fortress was founded, and his héritage was 
the land round Dûn Mdsc, and 'tis there that lie died. 

Now, that Mdsc and Nui were brethren — Nui from whom 
is Râith Nui in Mag Rechet and Râith Nui in Hûi Garr- 

1 . Voir Revue Celtique, XV, 272, 478; XVI, 31, 135. 



270 Whitley Stokes. 

chon ; and this is what brought Nui southwards, to avoid 

Masc, for Nui had gone in unto Mdsc's wife. 

Other brethren had they, Finteng, from whom is Dûn 
Finteing, Cûar from whom is Dûn Cûair, and Alb, from 
whom is the Albine. 

'Tis of that the shanachie sang : 

Ask ye of me, a bright assembly 

If ye désire to recognise guidance, etc. 

Also in Laud 610, fo. 84b where Masc is said to hâve been the eldest of six 
brethren, Ladra, Nue, Finnteng, Cuar, Alb and Masc, — ail rathbuilders. 

Dûn Masc, now Dunamase in Queen's county, Four Masters, A.D. 843. 
Book of Rights, 216, note q. Mag Rechet now Morett in the same county. 
Dûn cûair now Rathcore, on the borders of Meath and Leinster. The Albine 
probably the river from which Inber n-Ailbine(no. 5) took its name. This 
is spelt Aliène by the Four Masters, A.D. 1052, where O'Donovan says 
that it is « not identified ». But see Rev. Celtique, XV, 295. 

Se tua Sithbacc is mentioned by the Four Masters at A.D. 5090, as the 
father of Nuada Necht. 

With the incident of Nûi's adultery, cf. Ercad's, no. 24, and Ibel's, 
no. 98. 

155. Srub Bô. 
(LL. 160*36). 

Srûb Bô, unde nominatur? 

Liath Lurgach trenfer robôi ie Daire Léith i nHuib Falge, 
co ndechaid co Tilaig Eogain 7 in tir na fasuch. Co cûala géim 
bô ic tiactain ai-Loch Sithgail, cor-ragaib indegaid na bô. co 
toracht Srûib Bô i n-ïarthwr Maige Reichet. co tarraid andsin 
in mboin 7 coros-marb. Co tanic Sithgal Sechderc, o n-ain- 
mnigther Loch Sithgail, indegaid a bô, co fuair Liath Lur- 
gach for a tairr ica coscrad, co ndemsat gleicc, 7 cor' fortam- 
laig Sitho-rt/ for Liath. Ocus co rue Sithgal lais Liath iarna 
chengul, co ranic Loch Sithgail. Cor-ragaib uamun ands^e 
Liath imma breith issin loch, co tart feirt îor a lama 7 co ro 
bris in ceiigul bôi ïor a lama. Co «dernsat gleicc doridisi Sith- 
gal 7 Liath, Co ro fommlaig Liath ands^/e îor Siùigal. Co ro 
chuir Sithgal in mboin remi [i6o b 1] issin loch, co tdraill 
Liath a sri'iib coro thair[r]rigiset muntrr Sithgail chucu in 
mboin 'sin loch allus a herbuill. Co rochuir Liath iarsain corp 



The Rennes Dlndsenchas. Second Supplément. 271 

Shhgail isin loch 7 eo rue leis srûib na bô corrice in n-inad i 
tarraid in rhboin amis, i comartha neirt, 7 conos-fargaib and, 
unde Tpoeta : 

Sithgal Sechderc slaide air 
mac do Gunnat mac Gannâin, 
Liath Lurgach, luath a chuir, 
dia tuthehaid uad a oenboin. 

Liath Lurgach, a champion who dwelt at Daire Léith 
(« Liath's Oakwood ») in Hûi Falgi, went to Tilach Eogain, 
where the land was a désert. He heard the lowing of a cow 
out of Loch Sithgail, and he made after the cow till he rea- 
ched Srûb Bo in the west of Mag Rechet. There he overtook 
the cow and killed her. But Sithgal Sechderc, from whom 
Loch Sithgail is named, came after his cow, and found Liath 
Lurgach on her belly, cutting her up. So they wrestled, and 
Sithgal prevailed over Liath. And after binding him Sithgal 
took Liath with him till he reached Loch Sithgail. There 
Liath was seized by dread of being carried into the lake : so 
he gave a. fart on his hands, and broke the band that was upon 
them. Then Sithgal and Liath wrestled again, and this time 
Liath vanquished Sithgal. Howbeit Sithgal flung the cow 
before him into the lake, but Liath came to her nose. Then 
Sithgal's people dragged the cow into the lake by her tail. 
Thereupon Liath flung Sithgal's body into the lake, and in 
token of strength carried off the cow's nose till he reached the 
place where he first overtook the cow, and there he lett it. 
Whence the poet: 

Sithgal Sechderc, smiting of slaughter, 

son ofGunnfatson ofGannan, 

Liath Lurgach, swift his casts, 

unto whom his only cow 1 went from him. 

Srub Bô was in the western part of Morett in the Queen's county. Daire 
Léith somewhere in Offaly in Leinster. Tilach Eogain and Loch Sithgail not 
identified. 



1 
rime. 



. The ace. sg. loin is hère used for the :10m. bô in order to raake a 



272 Whitley Stokes. 

156. Mag Tarbga ocus Findloch. 
(LL. i66 b 47). 

Mag Tarbga, unde nominatur? 

Ni ansa. De chomruc 7 do gleicc na da tarb .i. F'màbennaig 
7 Duind Cualnge, iar tabairt na tana im Chnocc Tarbga. 

Findloch .i. loch Findb^;maig, de bas ind Pindbmnaig o 
Dund Cualnge isin loch ût. Unde noeta: 

Mag Tarbga can ro raded ? 
do gleicc na tarb tenn[s]athech. 
| i67 a 1] tria bas ind Find co môr môch [leg. moch] 
de dogarar in Findloch. 

Mag Tarbga, whence is it named ? 

Easily answered. From the conflict and struggle of the two 
bulls (tarb), to wit, of the Whitehorned and of the Dun of 
Cualnge, after the drove had been brought round Cnocc 
Tarbga. 

Findloch, that is, the lake of Findbennach « White-horn- 
ed », from the death of the White-horned by the Dun of 
Cualnge in that lake. Hence (said) the poet : 

Mag Tarbga, whence was it so said ? 
From the struggle of the strong-sated bulls. 
From the death of the Find greatly early, 
Hence the Findloch is called. 

Also in Bodl. no. 28, whence edited in Folklore, III, 493. 

Tag Tarbga, and Cnocc Tarbga not identified. A place called Tarbga is 
mentioned supra, no. 66. Findloch is perhaps the Fionnloch of the Four Mas- 
ters, A.D. 1369, now the Lower Lough Erne in Fermanagh. 

As to the two bulls see supra no. 57. Their deaths are described in LL. 
I04 a and in O'Curry's Lectures, pp. 39, 40. 



157. Sliab Cua. 
(LL. 169*1). 

Sliab Cua, unde nominatur? 



The Rennes Dindenchas. Second Supplément. 275 

Ni ansa. Cua Cendmar mac Broccsalaig Cringlunig, dalta 
Boibli meic Buirchi. Tanic bôâr môr i nHen/zn i n-amsir Con- 
gail Chlarainig conna frith i nHen/m acht oensamaisc i nGlind 
Samaisci, 7 oen tarb. Ae Boibli dano robatar sain. Rofôided 
cech dalta dia daltaib dia cornet. Intan rosiacht do Chua Cend- 
mar cûairt a cometa ro fell foraib. Rosn-uc leis co ndemai bro- 
thlaig Iwaib, 7 dos-fuaid issin tsléib. Unde poeta : 

Cua Cendmar co cruth chain 
mac Brocc[s]ak/^ Cringlunmair, 
dalta 1 duaid a boin isin tsléib 
ropo dalta co ndallchéill. 

Cua Big-head, son of Broccsalach Witherkneed, was foster- 
ling of Boible son of Buirche. In the time of Conall the Flat- 
faced a great murrain invaded Ireland, so that there was 
found in Ireland but one heifer, in Glenn Samaisce, and one 
bull. Thèse belonged to Boible. Each of his fosterlings was 
sent (in turn) to guard them. When his turn of guarding 
came to Cua Big-head he dealt treacherously concerning them. 
For he took them away and made a cooking-pit for them, and 
devoured them on the mountain. Whence said the poet: 

Cua Big-head, with a fair torm, 

Son 01 Broccsalach of the withered knee, 

A fosterling that devoured his cow on the mountain, 

He was a fosterling with a blind reason. 

Also in Bodl. 1 3 a 1, whence edited in Folklore, III, 486. 
Sliab Cua, now Sliab Gua in the co. of Waterford. 
Glenn Samaisce, a valley in the co. of Kerry. 

Congal CUrainech « the Flatfaced », overking of Ireland A. M. 5017-503 1 , 
according to the Four Masters. 

158. Loch Riach. 
(LL. 170*18). 

Loch Riach, canas roainmniged ? 

1 . facs. datta. 



274 Whitley Stokes. 

Ni ansa. Bôe cocad etir firu sidi im-Moenmaig i Tir Maine 
eti> na cethri rigu .i. Riach 7 Cosdub ocus Caibell ocus Etar 
Etualairïg. Ba hé domna in choctha .i. da ingin chaema ro- 
batar issin tsid .i. Ceirbil Balmaith ingen Etair Etualaing ocus 
Land LethdtTg mgen Chaibill. Riach 7 Cosdub adchoitech- 
ta[tar] na ingena, Adrograd cath uadib impu. Atbe/tsat cipsi 
magen i ferfaithe in cath. Mad iss(i)dib dognether in cath 
bid corbbud don tsid. Mad etir dainib awaccatar ni bia celtur 
{or sidib di sodain. Asrubratar a ferthain i n-aidchi im-Mai» 
Main, ocus inti nothisad anus ind issed a ainm fbrbiad in ma[i]g. 
Asb^rtatar dano mad ina ndelbaib fessin no fertais in cath ni 
biad déchoir et/V firu sidi 7 doene olchena. 

Ros-dolbsetari ndelbaib lidam nallaid uile. 

Ba brigach dàno roferad in cath sin, co »dernsat cetheora 
tulcha im-Moenmaig dia n-ingnib 7 dia congnaib. 

ISin cath sin darochair Riach ri sidi, a q«o Loch Riach. 
Dorochair and daw Caibell, dia ta Carn Caibill (ri loch 
atuaid. Is and torchair Costub, dia ta Daire Costuib. 

Ata tipra 'sin maig sin, is asti ro mebaid in loch fo thir do 
dilgund ind air. Tipra Truimm a hainm. Ni fail àidiu [n]ach 
dath na beth forsin loch sin o sein co se. conid ainm do Loch 
Reach .i. ré car/; datha bis and. Ni fess da»o taeb nô airchend 
(isin)d loch sin, ar is comfota ar cech leth. IS bés dô dano cach 
sechtmad Wiadain in-uair choir dia tartar cairich rinna and bat 
corcra uli... uili. xmde (poeta:) 

(Ro)chuala cocad n-amra 

There was warfare among the Men of the Elfmounds in 
Moenmag in Tir Maini, between the four kings, Riach and 
Cossdub and Caibell and Etar Etualaing. This was the ground 
of the warfare, to wit, two loveable maidens who dwelt in 
the elfmound, namely Ceirbil Balmaith daughter of Etar Etua- 
laing, and Land Lethderg daughter of Caibell. Riach and Coss- 
dub sued for the maidens (and were rejected). Battle for 
them was demanded of the kings. They (Etar and Caibell) ask- 
ed in what plain the battle should be delivered. If it were 
fought in elfmounds the elfmound would be polluted. If they 



The Rennes Dindsenchas. Second Supplément. 275 

(the fighters) were seen among mortals the elves would no 
longer be invisible (at will). So they said they would fight at 
night on Mag Moin, and that the name of him who should 
first corne therein would survive on the plain. They said, 
moreover, that if they delivered the battle in their own 
forms there would be no distinction between men of the 
elfmounds and other mortals. So they ail shaped themselves 
into the shapes of deer. 

So vehemently then was that battle fought that they made 
in Moenmag four hillocks of their hoofs and their antlers. 

In that battle fell Riach king of the elfmound, from whom 
LochRiach (is named). Therein also fell Caibell, from whom 
is Carn Caibill to the north of the loch. There too fell Coss- 
dub, from whom is Daire Cossduib « Cossdub's Oakwood ». 

There is in that plain a well whereout the loch brake through 
the earth to quell the slaughter. Tipra Truimm « the 
Well of the Aldertree » is its name. Now there is no colour 
that is not on this loch from that time to this. Wherefore its 
name is Loch Reach, i. e. a space (je) of every (cacli) colour 
is there. Neither side nor edge is known in that loch, for it is 
equally long in every direction. One of its customs is that, 
every seventh year, at the proper hour, if whitesheep are cast. 
into it they ail become crimson. 

Whence the poet : 

I heard of a wonderful warfare. 

In Lee. p. 482* 18 we hâve the following abridgment : 

Loch Riach, can«5 rohainm;//^/ ? 

Ni ansa. Ceithri rig badar a Maenmach .i. Caimell 7 Edar 7 Casta 7 
Riach. Bai ingen dono ai: Caimell 7 bai ingen aile ac Edar. Cuindgis Casta 
àono 7 Riach na rigna. Eitigthear iad imna hingenaib. Andsin dofuacradrtr 
cath fortho 7 dofaemsad in dias aile sin, 7 a cur in chatha doib a rechtaib 
dam robadar, 7 ni therno asin chath acht Riach amâin, owad [uad]a ainm- 
nigthear Loch Riach dia robaidead ind. UnJe àicitux Loch Riach. 

Loch Riach, whence was it named? 

Easily answered. There were four kings that dwelt in Moenmag, even 
Caimell and Edar and Casta and Riach. Now Caimell had a daughter and 
Edar had another daughter. Casta and Riach asked for the queens. They 
are rejected by the girls. Then they declared war upon them (Caimell and 
Edar), and the other pair (Casta and Riach) accepted that challenge, and 



276 Whitley Stokes. 

fought the battle in the shapes of deer (in which) they were. And from 
that battle none, save only Riach, cscaped, and from him Loch Riach is 
named, since he was (afterwards) drowned therein. 

Loch Riach, now Lough Reagh in the co. Galway, has been mentioned 
in no. 50. 

Moenmag, now Moinmoy, a territory in the co. of Galway. 

Carn Caibill, Daire Cossduib and Tipra Truimm, not identified. 

The metamorphosis of the elves into deer and the loss of their antlers in 
the fight remind one of the story of Achelous, who changed himself into 
a bull, and lost one of his horns in his combat with Hercules (Ovid, Met., 
IX, .8). 



159. Loch n-Oirbsen. 
(LL. 170" 43). 

Loch n-Oirbsen, canas roainmniged ? 

Ni ansa. And dorata in cath Cuillend. Ba ruadmôin mor 
andsin 7 ba ddairech dosmar 7 ba fiad selgga do Rinnail Ruad 
mac Delà meic Loith do 1 Feraib Bolg. Uillend Faeburderg 
mac Cachir meic Namat meic Echach Gairb, meic Duach Tem- 
rach is é tue in cath Cullend do Manannan, conid and romar- 
bad. .iiii. anmand fair .i. Gaer 7 Gaeal 7 Oirbsen 7 Manan- 
nan. Drui side âzno 7 cèrd 7 cennaige, coro mavbad isin chath 
sin, 7 coro hadnacht ina sessom in dû sain, 7 co roemid in 
loch foa, 7 co mbaid(ed)... ind adnacw//. 

Rogâet Uillend iarsin iar t/ïb trathaib i cath Cuillend la 
Mac Grane i ndigail Manaunain. Romzrbad immorro Mac 
Gréne la (hAmergin), i cath Temrach i ndigail Uillend. Andsin 
ro ôrddaig (Bri)git banfili 7 bandrui, ingen Echach Ollathir .i. 
gol 7 caine marb 7 eigem fri hecin 7 set mar car/; n-alchaib .lu. 

'Tis there the battle of Cuilliu was delivered. It (i. e. the 
bed of the lake) was then a great red bog and a bushy oak- 
wood, and it was the hunting-ground of Rinnail the Red, son 
of Delà, son of Loth of the Fir Bolg. Uillenn Red-edge son of 
Cacher, son of Nama, son of Eochaid the Rough, son of 
Duach of Tara, 'tis he that delivered the battle of Cuilliu to 

1 . The facsimile has co. 



The Rennes Dindienchas. Second Supplément. 277 

Manannan, who there was killed, and who bore four naines, 
to wit, Gaer and Gaeal and Oirbsen and Manannan. A druid 
was he too, and a wright and a chapman. And he was killed in 
that battle and buried upstanding in that place; but the lake 
burst up under hirri and overwhelmed (the site) of the 
tomb. 

Uillend was afterwards slain, after three days, in the battle 
of Cuilliu 1 by Mac Gréne in revenge for Manannan. Mac 
Gréne, however, was killed by Amergin in the battle of 
Tara in revenge for Uillend. 'Tis then that Brigit the poetess 
and druidess, Eochaid Ollathar's daughter, ordained wailing 
and keening for the dead and screaming at need, and-... 

Loch n-Oirbsen, now Lough Corrib in the co. of Galway. 

As to Manannan v. supra nos. 29, 74, 98, 135, 141. 

Mac Gréne (« filius solis »), a king ot the Tuatha dé Danann jointly with 
Mac Cuill and Mac Cecht: see Four Masters, A. M. 3471, and O'Mahony's 
Keating, pp. 144, 204. Mac Grene .i. Cethor, grian adea, LL. 10*. Eochaid 
Ollathar (aliàs the Dagda Môr) said to hâve reigned over Ireland from 
A. M. 3371 to A. M. 5450, v. LL. 127b and Four Masters. His daughter 
Brigit the poetess is mentioned in LL. 187 e and in Cormac's Glossary s. v. 
Brigit. 

160. Eô Rossa yrl. 
(LL. i99 b 6i). 

Eô Rossa 7 Eô Mugna 7 Bili Dathi 7 Craeb Uisnig 7 Bili 
Tortan, coic crand sin. 

Eo Rosa, ibar é. Sairtuath co Druim Bairr dorochtf/r, ut 
Druim Suithe cecinit : 

[200* 1] Eo Rosa. dia dronbalc. 

roth ruirech dor nime. 

recht flatha. nert n-aiede. 

fuaim tuinni. 10 fô foirne. 

5 dech duilib. fer ferbglan. 

diriuchdronchrand. çart ldnmar. 



1 . Sic. But this is surely a scribal error. 

2. I cannot translate the remaining words. 

Revue Celtique, XVI. 20 



278 Whitley Stokes 

tren trinoit. breth bunaid. 

dam toimsi. 25 brath brethach. 
15 maith mathar. brosna suad. 

mac Maire. Saeriu crannaib. 

muir mothach clu Galion. 

miad maisse. caemiu dossaib. 

mal mœraan. 30 din bethra. 
20 mind n-angel. brig bethad. 

nuall betha. bricht n-eolais. 

blad Banba. Eo Rosa. 

brig buada. 

Uimius immorro Craeb Belaig Dathi, 7 is si romarb Dathen 
in filid, 7 suas dorochair co Carn Uachtair Bile, 7 is uad ainm- 
nigtW Fir Bile. 

Dair da.no Eo Mugna, 7 fodess certodiriuch dorochair co 
Coirthi Oaind Beoda dar Mag n-Ailbe. .ix. cet miach a thorud 
de dircnaib, 7 tri toirthi fair cecha bliadne À. ubla amra irïgan- 
tacha 7 cnoe corra crodergga 7 derccain donna drumnecha. 

Unniwj- immorro Crand Tortan, 7 siardes cer/;dirgi dorochair 
co Cill Ichtair Thiri. 

Fothûaid cer/;dirgi dorochair Urmius Usnig co Granaird i 
Carpn ir-ré mac [n]Aeda Slâne. 

The TreeofRoss and the Tree of Mugna and the Ancient 
Tree of Dathe and the Branching Tree of Uisnech and the 
Ancient Tree of Tortu — rive trees are those. 

The Tree of Ross is a yew. North-east as far as Druim 
Bairr it fell, as Druim Suithe (« Ridge of Science ») sang : 

Tree of Ross, a king's wheel, a prince's right, a wave's 
noise, best of créatures, a straight firm tree, a firm-strong god, 
door(?) of heaven, strength of a building, the good of a crew, 
a word-pure man, full-great bounty : the Trini'.y's mighty 
one, a measure's house (?), a mother's good, Mary 's Son, a 
fruitful sea, beauty's honour, a mind's lord, diadem of angels, 
shout ofthe world, Banba's renown, might of victory, judg- 
ment of origin, judicial doom, laggot(?) of sages, noblest of 
trees, glory of Leinster, dearest of bushes, a bear's (?) defence, 
vigour of life, spcll of knowledge, Tree of Ross ! 



The Rennes Dindsenchas. Second Supplément. 279 

Now the Branchy Tree of Belach Dathi is an ash, and 'tis 
it that killed the poet Dathen, and it tell upwards as far as 
Carn Uachtair Bile, and from it the Fir Bile are named. 

Now the Tree of Mugna is an oak, and it fell due south- 
ward, over Mag n-Ailbe, as far as the Pillar of the Living 
Tree. Nine hundred bushels was its crop of acorns, and three 
crops it bore every year, to wit, apples goodly, marvellous, 
and nuts round, blood-red, and acorns brown, ridgy. 

The Tree of Tortu was an ash, and due south-eastward it 
fell as far as Cell Ichtair Thire. 

Due northward fell the Ash of Usnech, as far as Granard in 
Cairbre, in the time of the sons of Aed Sldne. 

The E6 Mugna and the Bile Tartan we hâve already met with in No. 34 
(Rev. Celt., XV, 419), and No. 50 (ibid., 445): the Eo Rossa and the 
Craeb Dathi in No. 50. Mugna, where the Eo Mugna, stood, was near 
Carlow, F. M. 940, in the south of the Co. of Kildare, F. M. 962. The 
Bile Tartan, « tree of Tortu », stood ata place called Tortu near Ardbrac- 
can in the co. Meath, see Cbrou. Scot., pp. 46, 76, 190. Druim Bairr, to 
which the Eo Rossa fell, is in Fermanagh. The Fir Bili inhabited what is 
now thebarony of Farbill in the co. of Westmeath. Granaird i Cairpri, now 
Granard. in the co. of Longford. 

Of the two poets hère mentioned, Druim Suithe and Dathen, I know 
nothing. The rhapsody attributed to the former seems a string of ken- 
nings 1 , which in Irish, as in Scandinavian, poetry, took the place of si- 
miles. It once perhaps had some meaning, now not easily discoverable. 

Aed Sldne, king of Ireland, was murdered A.D. 600. His two sons, Diar- 
mait and Blathmec, joint kings of Ireland, perished of the plague A.D. 664. 



161. Emaix Mâcha. 
(LL. 20*46). 



Cid dia ta Emain Mâcha ? 

Ni ansa. Tri ris; bdtar ior Her//z?z i comtlathiw^. Do Ultail* 



l b 



dôib .i. Dithorba mac Dimmdin a hUsniuch Mide, Aed Rûad 
mac Baduirn mfl/c,Argaitmair a Tir Aeda, Cimbaeth mac Fin- 



1 . One of them, brosna suad, is a technical term of the poets: seeThur- 
neysen, Mittelirische Verslehren, 121. 



280 Whitley Stokes. 

tain meic Argatmair a Finnabair Maige Inis. Doniat côra 
iarum na rig sin, [20 b i] secbt mbliadna car/; fit dib ir-rige. 
Tri secbt mbliadna. Ratha et//rru secbt iidruid, secbt filid, secbt 
n-ôcthig/rn. Na secht ndruid dia rimsad tria bric[h]tu. Na 
secbt filid dia nglamad 7 dia n-erraacra, 7 na secbt tôisig dia 
rïguin l 7 dia loscud meni tacbad in fer dib in rige i cind secbt 
mbliadan : co cornet fir flatha .i. mess car/;a bliadne 7 cen meth 
rûamna cecb datha 7 cen mna d'écaib de banaidid. 

Timchelsat teora cûarda cecb fir dib ir-rige .i. lxiii. 2 . Aed 
Ruad tri atbath dib artûs À. badud robaded i n-Es-Ruaid, 7 
co tucad a chorp issin sid-sin. Unde Sid n-Aeda 7 Ess-Rûaid. 
Ni fargaib in t-Aed sin claind acht oen ingen .i. Mâcha Mong- 
rùad a hainm-side. Gwattaig-side sel a hathar don rige. Atbrrt 
Cimbaeth 7 Dithorba ni thibrnàis rige do mnai. Fechta cath 
etwrru 7 maidid in cath re Mâcha. Dorumalt secbt mblia- 
dna ir-rige. Dorochair Dhhorba i Corund îôisede. Fordcaib- 
sede côic mtfccu maithe .i. Baeth 7 Bras, Bétach 7 Uallach 7 
Borbchas. Conatchetar sede rige. Atben Mâcha na tibred dôib, 
ami ô râthaibtuc, ac ht ar roi chatha arécin. Fecta cath et«rru. 
Brissis Mâcha in cath ïor mflccaib Dithorba co fargaibset dr 
cend aicce. Co ro chuir iat ar innarba iartain i ndithrubaib 
Co;macht. Tue Mâcha iarsain Cimbaeth chucci do chéile di 7 
do thaisigecht a 5 amsaige imme. 

O robatar oentadaig tri Mâcha 7 Cimbaeth, luid Mâcha do 
iarair mac nDithorba ir-richt chlaimsige .i. tâes secail 7 rota 
racomled impe, conos-fiuair i mBairind Co?/nacht oc fune tuirc 
allaid*. IArfaigit na fir scéla di, 7 innissid si dôib, 7 dobmtt 
biad di 'con tenid si. Atbe ir fer dib: « Is alaind rose na cal- 
ligi : ôentaigem fria. » Nos-beir-side leis fon caillid. Cenglaid- 
si in fer sain al-lus nirt, 7 facbaid é 'sin chaillid. Tic-si dori- 
disi don tenid. « Cade in fer dachoid latt ? » ar siat. « Mebol 
lais, » ar si, « tiachtain chucaibsi 'ar n-oentugud friclaimsig. » 
« Ni ba mebol, » ar iatsum, « ar dogenamni uli a cetna. » 
Nos-beir car/; fer fon caille. Cenglaid-si car/; fer dib ar niurt, 

1 . Facs. guin 

2. Facs. lxui. 

3 . Facs. dothaisigechta 

4. Facs. tuircallaid 



The Rennes Dind'enchas. Second Supplément. 281 

ocus nos-beir i n-oencheiigul lé iat co hUltu. AsWrtatar Ulaid 
am-marbtfi. « Ni thô, » ar sisi, « ar is coll fir flatha damsa, 
acht a ndoirad fo dôire 7 claidet raith immumsa, corop hi bas 
p/ïmchathir Ulad co brath. » 

Coro thôraind-si dôib in dûn cona heo (.i. delg) ôir imma 
muin .i. Emuin .i. eo muin .i. éo imma muin Mâcha. Coic 
bliadna ar .cccc. ria rigein Christ ocus .1. blkdan aile ar .cccc. 
[2i a 1] 6 gein Crist co twrscur Emna Macba (i. co tuttim d'Ultu 
co Airgialla) dona tri Collaib iar rhbrissiud chatha Achaid Leth- 
deirg i Fernmaig, i torchair Fergw Foga mac Fraichair For- 
tren, tiugflaith Ulad i n-Emain Mâcha. 

There were three kings over Erin in joint-sovranty. Of the 
Ulaid were they, even Dithorba son of Dimmdn, of Usnech 
of Meath, Aed the Red, son of Badurn, son of Argatmar, from 
Tir Aeda, and Cimbaeth, son ofFintan, son of Argatmar, of 
Finnabair of Mag Inis. Now those kings make an arrange- 
ment that each of them should be seven years in the king- 
ship. Thrice seven years. The sureties between them were 
seven druids, seven poets, seven captains. The seven druids 
to bewitch (?) them l by means of spells : the seven poets to 
satirise them and denounce them, and the seven chieftains to 
wound and burn them, unless each man of them should give up 
the kingship at the end of his seven years, with safeguarding 
a prince's truth, to wit, mast every year, and no failure of 
dyestuff(?) of every colour, and no women to die in childbed. 

Each man of them took three turns 2 in the kingship, that 
is, sixty-three (years in ail). Now Aed the Red was the first 
ot them to die : he was drowned a drowning in Ess Rûaid 
(« Ruad's cataract »), and his body was borne into the elf- 
mound there. Hence Sid n-Aeda (« Aed's Elfmound ») and 
Ess Rûaid. That Aed left no children save one daughter, 
whose name was Mâcha of the Ruddy Haïr. She demanded 
her father's turn of the kingship. But Cimbaeth and Dithorba 
would not surrender the kingship to a woman. So a battle is 

1 . dia rimsad. O'Curry renders riinsad by « scorch », a mère guess. 

2. Literally « They went round three circuits each man of them ». 



282 Whitley Stokes. 

fought between them, and Mâcha routs them in the fight. 
She spent seven years in thekingship. Dithorba fell in Corann 
at that time. He left five noble sons, namely Baeth and Bras, 
Bétach and Uallach and Borbchas. Theyclaimed the kingship ; 
but Mâcha said that she would not surrender it to them be- 
cause it was not from sureties that she had got it, but by 
force on a foughten field. So a battle was fought between 
them, and Mâcha routed Dithorba's sons, and they left with 
lier a « slaughter of heads ». Thereafter she banished them 
into the déserts of Connaught. Then Mâcha took Cimbaeth 
to be her husband and to lead her soldiery for lier. 

So when Mâcha and Cimbaeth were united, Mâcha went to 
seek Dithorba's sons in the guise of a lepress — that is, rye- 
dough and red bog-stuff were rubbed over lier — and she 
found them in Boirenn Connacht (around a fire), cooking a 
wild boar. The men ask tidings of her, and she tells them 
(the news), and they give her food by this fire. One of them 
says : « Beautiful is the hag's eye ! let us lie with her. » He 
carries her off through the wood. She binds that man by dint 
of her strength and in the wood she leaves him. She cornes 
again to the fire. « Where is the man who went away with 
thee? » say they. « He is ashamed, » quoth she, « to corne 
to you after lying with a lepress. » « 'Tis no shame, » say 
they, « for ail of us will do the same. » So each of them 
carries lier through the wood, and she binds each of them by 
force, and brings them in one bond to Ulster. The Ulster- 
men said that they should be killed. « Nay, » quoth she, 
« since it would be for me a violation of a prince's truth. But 
let them slave in slavery, and dig a rath around me, so that 
it may be Ulster's chief city for ever. » 

Then she marked out the fortress with lier brooch (eo) of 
gold that was at lier neck (mudri). Hence Emuin, that is, eo- 
nut'ni, the eô that was at Mâcha' s initia. 

Four hundred years and five (was this) before the birth of 
Christ, nnd (there were) fifty other years and four hundred 
from the birth of Christ to the severance of Emain Mâcha (i. 
e. after its fall from Ulster to Oriel) by the three Collas after 
they won the battle of Achad Lethdeirg in Fernmag, where- 



The Rennes Dindienchas. Second Supplément. 283 

in fell Fergus Foga son of Fraichar Fortrén, the last prince of 
the Ulaid (who reigned) in Emain Mâcha. 

Edited with the exception of the last paragraph by O'Curry in his Lec- 
tures on the MS. Materials of Ancient Irish History, pp. 526-528. See F. M. 
A. M. 4532. 

Emain Mâcha, now the Navan Fort, two miles west of Armagh. See the 
plan, Revue Celtique, XVI, 4. 

Macha's smearing herself with rye-dough and red bog-stuff has been sup- 
posed to be one of thesavage punapal Kyveïai discussed by Mr. Andrew Lang 
in his Myth, Ritual and Religion, I, 285-286. But hère it seeras only a 
means of disguise. Compare the Boroma, Rev. Celtique, XIII, 80, where 
Rôn Cerr disguises himself with rve-dough and calPs blood. 

Fernmag now Farney. The battle of Achad Lethdeirg was fought A.D. 
321 or 322. 

« Safeguarding a prince's truth, to wit, mast every year », etc. Compare 
the Odyssey, XIX, 109. 



284 



Whitley Stokes. 



INDICES 



Nos. 1-52, Revue Celtique, XV, pp. 277-336. 



33-80, 
81-130, 

154-161, 



pp. 418-484. 

XVI, pp. 31-83. 

PP. 125-157. 

pp. 269-283. 



INDEX OF PLACES. 



Aball Aillinne (a tree). 17. 
Achad Abla. 108. 
Achad Lethdeirg. 163. 
Acuil. 22. 

Adarca Hua Failgi. 16. 
Adlaic. 1 § 42. 
Aidne. 78. 
Aige (a river). 1 5. 
Ail Clûade. 1 16. 
Ailech. 91, et v. 90. 
Aill meic Asuaill. 149. 
Aillend. 17. 
Airbri. 16. 
Airer Criblaige. 52. 
Aithechtuatha. 8. 

Alba. 18, 74,91,96, 116, 123, 145. 
Albine. 154. 
Almu. 16. 

Annôit(?) Formaile. 52. 
Ard Càin. 71. 
Ard Caindlech. 129. 
Ard Fidraid. 14. 
Ard Fothaid. 89. 
Ard Lemnachta. 39. 
Ard Luaithrid. 13. 
Ard Machae. 94. 
Ard na Riag. 133. 
Ard Nôisen 127. 
Ard n-Umai. 127. 
Âth rnBecc. 93. 
Âth Cinn mara. 27. 
Ath Clfath Cûalann (Duiblinne). 28, 
et v. 11, 58, 132. 



Ath Cliath Medraigi. 61, et v. 38, 

, M 1 » 132. 
Ath Fadat, 36. 
Âth Féne. 140. 
Âth nGabla. 144. 
Âth Grencha. 144. 
Âth ind Inathair. 118. 
Âth ind Uinchi. 27. 
Âth Laigin. 131. 
Âth liac find. 139. 
Âth lûain. 66, 140. 
Âth Mara (Maere). 32. 
Âth môr. 66. 
Âth na Féile. 52. 
Âth Orana. 132. 
Âth Orc. 11. 
Âth Sige (Side?). 78. 
Âth Truistenn. 22. 
Athen. 18 

Babluan. 25. 

Bairenn (a river). 25. 

Bairenn Certnain. 25. 

Banba. 40, 78, 160. 

Barc Crimthainn nia Nàir. 4. 

Belach Conglais. 35. 

Belach dâ benn. 24. 

Belach dâ liacc. 79. 

Belach nDuirgein. 24, et v. 14. 

Belach Fualascach. 11. 

Belach Gabrâin. 37. 

Belach na fert. 70. 

Belach nemed. 38. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Places. 



285 



Benn Bôguine. 142. 

Benn Boirche. 98. 

Benn Codail. 109. 

Benn Étair. 29, 30. 

Benn Foibni 146. 

Bennchor Ulad. 123. 

Berba (a river). 1 3 , et v. 36, 49, 50. 

Berna na cléithe. 25. 

Bernas Tire Aeda. 91. 

Berramain. 31, 63, 

Berre. 52, 87. 

Bile Dathi (a tree). 160. 

Bile Tortan (a tree). 160, et v. 34, 

50. 
Bladma. 112. 
Blocc (a stone). 1 § 21. 
Bluicne (a stone). I § 21, 
B6. 19. 
Bôand (a river). 19, 98, ace. Bôinn. 

16, 28. 
Boirenn. 131. 
Boirenn Connacht, 163. 
Boirenn Corcumruad. 22. 
Brea. 132. 
Bréchmag. 34, 118. 
Brefne. 149, et v. 3, 72 
Brega. 78, 79, 115, 141, 146. 
Bretain, gen. Bretan. 1, 20. Bretain 

Alo Cluaide. 116. 
Bn'-dam Dile. 78. 
Bri Ele. 8, 16, 59. 
Bri Léith. 126, etv. 3, 65, 94, 144. 
Bruden da Choca. 129. 
Bruden da Derga.. 29, 3 1 . 
Brug maie ind Oc. 28, 79, 141. 
Brug mnâ Elcmair. 78. 

Caill Achaid. 71. 

Caill Cuan. 20. 

Caisel Cannain. 58. 

Caisel Gannan. 52. 

Caisel Oengusa mie Crundmail, 4. 

Caprach Cormaie. 1 5 IO - 

Carcar Léith Machae. 4. 

Carman. 18. 

Carn Amalgaid. 133. 

Carn Caibill. 158. 

Carn Conaill. 78.- 

Carn Daim Deirg. 52. 

Carn Feradaig. 56. 

Carn Frâich. 132. 

Carn Furbaidi. 88. 



Carn hûi Néit. 46. 

Carn Luigdech. 96. 

Carn macraide hua Néil. 1 §§ 39, 40. 

Carn Mail. 96. 

Carn na macraide Laigen. 1 §§ 32, 

36. 
Carn Omra. 138. 
Carn Romra. 138. 
Carn uachtair bili. 160. 
Carngal (Carnail?) Cuind Cétcha- 

thaig. 4. 
Carraic Cluman. 1 5 37- 
Carraic Drobeôil, 25. 
Carraic Leithdeirg. 92. 
Cathair Comtosaid. 52. 
Cathair Crofind. 1 § 3. 
Cathair Dûine Iascaig. 49. 
Ceilbe. 21. 
Céis Coroinn. 77. 
Cell îchtair Thire, 160. 
Cenn Cuirrig. 49. 
Cenn Etich. 127. 
Cenn Febrat. 48, 121. 
Cenn Tire. 66. 
Cera. 68. 
Cermna. 78. 
Cerna. 115. 
Cetha Forngaire. 1 18. 
Ci'r 7 Curreill mnâ in Dagdai 4. 
Cland Bresail Bricc. 1 § 7. 
Cland Ailella. 75. 
Cland Cruthnig. 39. 
Cland Gailim. 63. 
Cleitech. 114. 
Cliu Muman. 61. 
Clôenfertai. 1 §§ 34, 35. 
Clôenloch. 116. 
Clûain Caechne. 36. 
Clûain Ailestair. 20. 
Clûain Cannain. 58. 
Cnamchoill. 1 10. 
Cnâmross. 31. 
Cnocc Bae. 20. 
Cnocc mBaine. 91. 
Cnocc Dabilla., 4, 19. 
Cnocc Duma Aichir. 22. 
Cnocc Tarbga. 156. 
Cnogba. 78. 
Cnucha. 153. 

Côiced Ailella meic Mata. 20. 
Côiced Cairbri. 20. 
Côiced Conchobair. 20. 



286 



Whitley Stokes. 



Côiced Gailian, 38. 

Côiced Olnecmacht. 61. 

Coille Cermain. 25. 

Coire mBreccâin. 145. 

Comfot Coelchon 7 a arad. 1 § 28. 

Comfot Cairbri Lifechair. 4. 

Comraar tri n-uisce. 102. 

Conailli Murthemne. 95. 

Connacht. 31,33, 52, 57, 60, 71, 

87, 112, 161. 
Corann. 161. Coronn. 77, 161. 
Corco Lâigdi. 130. 
Corcomruad. 131. 
Corra Ednecha. 31. 
Craeb Belaig Dathi. 160. 
Craeb Dathi. 50. 
Craeb Mugna. 50, et v. 34. 
Craeb Uisnig. 160. 
Crann Tortan. 160, et v. 34. 
Crechmael. 86. 
Crich Comul. 32. 
Crich Cruithnech. 78. 
Crich Cualann. 40. 
Crinda. 118. 
Croch. 52. 

Cros Adamnain. 1 § 20. 
Cros Fergusa. 1 § 37. 
Crotta Cliach. 47. 
Cruach Aigli. 78. 
Cruachan. ,80, 136. 
Cruachan Ai. 129, 132. 
Cruachan Aigli. 68. 
Cruachu. 72. 

Cruthnig naCruachna. 132. 
Cualgne. 66. 

Cualu, gen. Cualann. 126. 
Cuchtair Cormaic. 1 § 16. 
Cûil Cada. 113. 
Cûil Echtair. 60. 
Cuilliu, gen. Cuillenn. 159. 

Da cich na Morrîgna. 4. 

Dail. 78. 

Daim-inis. 83. 

Daire Bainb. 112. 

Daire Cossduib. 158. 

Daire Falgad. 113. 

Daire Léith. 1 54. 

Daire Léith hua Falgi. 36. 

Daire Tarbga. 73. 

Dâl n-Araide. 20. 

Dàl mBûain. 141. 



Dal Selle (Sailne). 141. 

Dâl n-Uisnig. 30. 

Dali. 140. 

Dali (a mound). I § 23. 

Danmairc. 9. 

Derc dub. 1 § 10. 

Derc mBuailcc Bicc. 4. 

Derg-môin. 25. 

Desel Temra. 1 §§38, 39. 

Desgabur. 18. 

Dési Breg. 22. 

Dési Temrach. Introduction. 

Dési Muman. v. Indeôin. 

Diadlaic. 1 § 42. 

Diamrai Breg. 125. 

Dind Cochlain. 126. 

Dind rig. 9. 

Dinda Hua nAmalgada. 135. 

Dindgnai in Broga. 4. 

Dindgnai Laigen. 22. 

Dindgnai Temrach. 1. 

Dorchae. 1 § 23. 

Drobâis. 140. 

Drong Assail. 66. 

Druim n-Airbre. 8. 

Druim n-Airthir. 140. 

Druim Almaine. 37. 

Druim Bairr. 160. 

Druim Bertach. 52. 

Druim Bethech. 152. 

Druim câin (in Connaught). 87. 

Druim câin (Tara). 1 § 3. 

Druim cliab. 82. 

Druim Cresach (Clasaig?). 132. 

Druim Criaich. 140. 

Druim nDairbrech. 8. 

Druim den. 27. 

Druim nDescin (Tara). 1 § 3. 

Druim Fingin. 152. 

Druim Ing. 29. 

Druim Suamaich. 129. 

Dub. 140. 

Dub-âtha Maisten. 22. 

Dub-chlais. 112. 

Dub-gaill. 9. 

Dub-inis. 7 1. 

Dubri. 131. 

Dub-thir. 84. 

Duib-lind. 26. 

Dumae n-Aiclc. 2. 

Dumae n-Eirc. 2. 

Dumae Faifni. 1 5. 



The Rennes Dlndsenchas. Index of Places. 



287 



Dumae Granarda. 144. 

Dumae ind Luchduinn. 1 § 41. 

Dumae na bô. 1 §11. 

Dumae na mbanamus. 1 § 27. 

Dumae na cnâm. 4. 

Dumae na ngiall. 1 § 12, 3. 

Dumae Rôirenn. 33. 

Dumae Selga. 71 . 

Dumae Tresc. 4. 

Dûn. 52. 

Dûn Barc. 82. 

Dûn mBrea. 29. 

Dûn Bres. 140. 

Dûn Cairin. 58. 

Dûn Crimthainn. 30, et v. 3. 

Dûn Croin. 66. 

Dûn Cûair. 154. 

Dûn dd benn. 121. 

Dûn delga. 54, 119. 

Dûn Étair. 28. 

Dûn Finteing. 154. 

Dûn nGabail. 23. 

Dûn Garbâin. 48. 

Dûn mac Nechtâin Scène. 130. 

Dûn Mise. 154. 

Dûn Meic Datho. 18. 

Dûn na nGfall. 99 — Duraa na 

nGiall q. v. 
Dûn Oengusa. 78. 
Dûn Sobairci. 66, 98. 

Eiscir Riada. 58, 132. 
Elle. 56. 

Emain. 106, 120, 141. 
Emain Mâcha. 161, et v. 140. 
Enach selga. 34. 
Eoganacht Caisil. 1 § 28. 
Eôir (a river). 49. 
Eô Mugna (a tree). 160, et v. 34. 
Eô Rossa (a tree). 160, et v. 50. 
Ériu, gen. Érenn, dat. Érinn. Intro- 
f duction, i, 62, 90 et passim. 
Ernai. 76, 80. 
Érnai Muman. 22. 
Espâin, Espàinia. 1 § 2, 93, 131, 

136. 
Ess Duinn. 81. 

EssRûaid. 81.etv.75, 106, 140, 161. 
Etal. 43. 
Etar. 3. 

Etharlaige. 118. 
Ethne. 88. 



Fafaind. 15, 16. 

Fâl. 1 § 13. 

Fan in Briugad. 16. 

Fân na carpat. 1 § 34. 

Febal (i. e. Loch Febail?). 140. 

Femen. 12, 49. 

Fernmag. 163. 

Fersat Râtha Branduib. 135. 

Fersat Trese. 135. 

Fert Feidlimthe Rechtmair. 4. 

Ferta Aeda Luirgnig. 4. 

Ferta Esclâim (Pâtraic). 4. 

Ferta na n-ingen. 126. 

Fiad in Broga. 20. 

Fich mBûana. 106. 

Fid eôin 148. 

Fid Frosmuine. 1 17. 

Fid nGaible. 1 1. 

Find. 19. 

Findabair Maige Inis. 161. 

Findglais. 53, 140. 

Findloch. 156. 

Findloch Cera. 68. 

Fir Bile. 160. 

Fir Bolg. 8, 29, 40, 128, 159. 

Fir Domnann. 8, 9, 132. 

Fir Falga. 53, 81, m. 

Fir Femin. 47. 

Fir Féne. 72. 

Fir Fidga. 82. 

Fir Murig. 5. 

Fir Olnecmacht. 60, 71, 75, 112. 

Firt mBoinne 4. 

Foma. 22. 

Fomoiri. 38, 108. 

Fomoraig. 42, 147. 

Fomuiri Fer Falga. 91. 

Forcartain (-tan, -tu). 22, 26, 110. 

Fornocht. 27 et v. 22. 

Forrad. 1 § 9. 

Fothairt. 18. 

Fothairt Airbre. 8. 

Fothairt Domnann. 9. 

Frdech Slemna (Oirenn) . 113. 

Frâechmag. 70. 

Frainc. 43. 

Fremann. 3, 65. 

Fulacht Fiachach Sraibtine. 4. 

Gabal. 1 1. 

Gabràn (Belach Gabrâin). 49. 

Gaileoin, dat. Gailianaib. 9, 15, 160. 



Whitley Stokes. 



Gailia Narbonem. 43. 
Gaill. 9. See Dub-gaill. 
Gaillim. 131. 
Gâirech. 120, et v. 66. 
Galenga. 9. 
Glascarn. 71 . 
Glais Cuind. 140. 
Glais Cruinn. 66. 
Glais tarsna. 140. 
Glais Rompir. 22. 
Glenn Cappaige. 25. 
Glenn Cruain. 144. 
Glcnn Cuill. 25. 
Glenn Findléith. 25. 
Glenn in Mata. 4. 
Glenn na Samaisce. 66. 
Glenn Samaisce. 157. 
Glenn Serraig. 107. 
Glenn Smoil. 25. 
Glomraige. 127 
Gôidil. 20, 40, 68, 116, 134. 
Granaird i Cairbri. 160. 
Grec « Greece », 134. 
Greic « Greeks ». 58, 128. 
Grellach Sruthra, 144. 
Gris. 32. 

Hirarus, see Irarus. 
Hûi Amalgaid. 135. 
Hûi Fâlgi. 18, 36, 135. 
Hûi Felmeda. 22. 
Hûi Garbchon. 1 54. 
Hûi Mail. 14. 
Hûi Muiredaig. 33. 
Hûi Néill. 1 § 39. 

Iath n-Elga. 42. 

Ibur Baile. 17. 

Ilgairech. 66. 

Imbliuch Meconn. 43. 

Imdae in Dagdai. 4. 

Inber (Indber?) n-Ailbine. 5. 

Inber mBicni. 123. 

Inber mBuada. 134, 136. 

Inber Cairn glais. 136. 

Inber Cichmaini. 104. 

Inber Colptha. 4, 28. 

Inber Dea. 40. 

Inber Glais, 141. 

Inber Scène. 130. 

Inber Slaine. 40. 

Inber Umaill. 71. 



Indeôin na nDése. $5. 
Inis Aine. 42. 
Inis Amalgaid. 135. 
Inis Bretan. 91. 
Inis Érenn. 109. 
Inis Failinn. 131. 
Inis Glas. 66. 
Inis Medôn. 78. 
Inis Saimer. 134. 
Insi Mod. 74, 78. 
Irarus. 117. 
Irluachair. 141. 
Irmumu. 58. 
Irot (Erôt). 10. 
Irrus Damnonn. 58. 

Laigin. 9, etv. 1 §§ 7, 35, 36, and 
Nos. 14, 22, 28, 29, 33, 34, 36, 

38, 39. V- 
Laigin Desgabur. 18. 
Laiglinni. 78. 
Laigni. 103. 
Laigsi. 9, 18. 
Lecan môr Midi. 66. 
Lecc bend « sterne of horns »? 4, 28. 
Lecc Thollchinn. 122. 
Ledit Cellaig m. Maile coba. 4. 
Lecht Con ocus Cethin. 1 § 14. 
Lecht gabra Cinaeda. 4. 
Lecht ind abaic. 1 § 22. 
Lecht in Dagdai. 4. 
Lecht in Mate. 4. 
Lecht Maini. 1 § 19. 
Lecht Niata (Mata?). 1 § 8. 
Lecht Oenfir Aife. 95. 
Leth Cuinn. 14. 
Lia Lindgatain. 119. 
Lia na fian. 1 §§ 25, 26. 
Lia Nothain. 87. 

Liacc benn. 28 — Lecc benn q. v. 
Liacc Buidi meic Muireda. 4. 
Liaig (a well). 1 § 10. 
Liamain. 22. 
Liath na cor. 140. 
Liathdruim (Tara). 1. 
Liathmuine. 113, 141. 
Liber (a river). 15. 
Ligir (a river). 43. 
Ligmuine. 8. 
Line. 103. 
Linn Doe. 36. 
Linn ranâ féile. 59. 



The Rennes Dindicnchas. Index of Places. 



289 



Loch Aindind. 128. 

Loch bel dracon. 47. 

Loch cenn. 151. 

Loch Cimbi. 78. 

Loch con. 74, 145. 

Loch Cuan. 98. 

Loch Cutra. 78. 

Loch Dacaech. 40, 98. 

Loch nDechet. 75. 

Loch Dergdeirc. 64. 

Loch n-Echach. 141, et v. 51. 

Loch n-Érne. 80. 

Loch Febail. 91, 140. 

Loch Gabar. 107. 

Loch Garman. 40. 

Loch Gile. 138. 

Loch Laiglinni. 150. 

Loch Léin. 55, et v. 50, 127. 

Loch Lôeg. 97. 

Loch Lurgan. 36. 

Loch Mesca. 78 

Loch Néill. 73. 

Loch n-Orbsen. 1^9, et v. 140. 

Loch Riach. 158, et v. 50. 

Loch Ri (Rib). 79, et v. 51. 

Loch Ruidi. 98. 

Loch Séta (Sétna). 124. 

Loch Silenn. 67, 151. 

Loch Sithgail. 155. 

Loch n-Uair. 128. 

Lochlann. 5. 

Loeg (a well). 1 § 15. 

Long ingine Forainn. 4. 

Long na mban. 1 §§ 24, 28, 29, 32. 

Luachair. 30, 52, 79. 

Luachair Aine. 52. 

Luachair Degad. 53. 

Luibnech. 121. 

Luigni. 103. 

Luimnech. 57, 153. 

Lusmag. 108. 

Machad Brigte. 16. 
Maenmag. 63, et v. 60, 158. 
Mag Adair. 78. 
Magn-Ai. 69, 73, 140. 
Mag n-Aidni. 62. 
Mag n-Ailbe. 160. 
Mag n-Airbthen. 79. 
Mag mBernsa(?). 23. 
Mag mBolgaide, 1 1 1 . 
Mag mBreg. ni. 



Mag mBroin. 135. 

Mag Ceiti. 135. 

Mag Coba. 93, et v. 66. 

Mag Coroinn. 77. 

Mag Cruachan. 140. 

Mag Cuma. 1 10. 

Mag nDenusa. 152. 

Mag nDoirb. 110. 

Mag nDumach. 152. 

Mag Étair. 30. 

Mag Fea. 44. 

Mag Femin. 44. 

Mag Fera. 44. 

Mag Fertaigi. 13. 

Mag Find. 79. 

Mag Findabrach. 118. 

Mag nGlas. 136. 

Mag Innusa. 149. 

Mag n-Itha. 90. 

Mag Léige. 147. 

Mag Lena. 112. 

Mag Lifi. 12. 

Mag Luathat. 13. 

Mag Luirg. 72, 140. 

Mag Lunga. 75. 

Mag Mâcha. 94, 102. 

Mag Maein. 81. 

Mag Main (= Maenmag?). 158. 

Mag Maisten. 32. 

Mag Mechi. 13. 

Mag Mell Tire Tairngiri. 45. 

Mag Mesca. 18. 

Mag Muaich. 1 10. 

Mag Mucraime. 70. 

Mag Mugna. 34. 

Mag Muirig. 5. 

Mag Muirisc. 76. 

Mag Murthemne. 119. 

Mag Rechet. 154, 155. 

Mag Roigni. 43. 

Mag Senaig. 149. 

Mag Slecht. 83, et v. 72, 149. 

Mag Tarbga. 136. 

Mag Tibra. 136. 

Mag Tuired. 108. 

Mag Ulad. 96. 

Maistiu. 32. 

Mala(î). 23. 

Martine. 72. 

Medraide. 131. 

Mide. 7, et v. 3, 78, 115. 

Moel (a stone). 1 § 21. 



290 



Whitle\ Stokes. 



Môin Alinn (Almaine). 37. 

Môin Gai glaiss. 14. 

Môin Lamraige. 3. 

Môin Tire Nair. 105. 

Mucciind. 66. 

Mucc-inis. 74. 

Muimni. 103. 

Muimnich. 132. 

Muirbech Mil. 78. 

Muir n-Icht. 6, 42, 122 = Icht- 

muir. 42. 
Mu mu gen. Muman. 46, 47, 57, 

6\, 107. 
Mûr na Morrigna. 4. 
Mûr Tea. 1 § 9. 
Mûr na tri cocar. 1 § 24. 

Nas. 20. 

Nemnach (a well). 1 §§ 5, 6. 

Nemthenn. 83. 

Nith (a stream). I § 5. 

Ochonn(Ochan?) Midi. 6. 
Odba. 103. 
Odras. 113. 
Oe Cualann. 29. 
Oenach Airbi Rôtir. 95. 
Oenach Carmuin. 18. 
Oenach Fer Fidga. 81. 
Oenach Mâcha. 56, 94. 
Oenach Oengusa. 32, 65. 
Oenach Tailten. 20, 99. 
Oenach Teite. 49. 
Olnecmacht. 61. 
Ossraige. 18. 

Port Coelrenna. 40. 

Port Lâirge. 42. 

Pupall Adamnain. 1 § 18. 

Râith Alestair. 20. 

Ràith Badammrach. 49. 

Râith Becc. 18. 

Râith Cairbri. 117. 

Râith Cennaig. 78. 

Râith Cnâmrossa. 31. 

Raith Colmâinmic Faelchon. 1 §40. 

Raith commair. 78. 

Raith Conchobair mie Nesa. 1 § 30. 

Raith cro. 1 18. 

Râith Crûachan. 65. 

Raith Cuirrig. 49. 



Raith Éssa. 3. 

Râith Etain. 36. 

Raith Gelbée. 21. 

Raith Grainne. 1 §§ 33, 34, 35. 

Râith Loegairi. I §§ 7, 8. 

Râith meic Bricc. 15. 

Râith môr Maige Line. 97. 

Raith na senad. 1 § 17. 

Râith Nui in Hûi Garbchon. 1 54. 

Râith Nui in Mag Rechet. 154. 

Râith Rogein. 97. 

Râith Rig. 1 § 9. 

Râith Ruine. 20. 

Raith senaid. 1 § 17. 

Ramann. 54. 

Redg. 54. 

Rind Bera Sirraim. 78. 

Rind Boirne. 78. 

Rind Tamain. 78. 

Rôiriu. 33. 

Ross Créa. 58. 

Ross Nâir meic Edlicon. 10. 

Rout sûla Midir. 4. 

Sal Srotha Deirg. 133. 

Saxain. 122. 

Scarb Indech. 23. 

Sciath Conculainn. 1 § 31. 

Scithia. 58. 

Segais. 31, 140. 

SéigMossad. 148. 

Sen-chorann. 140. 

Sescenn Temrach. 1 §§32, 33, 36. 

Sid n-Aeda. 81, 161. 

Sid mBaine. 47. 

Sid in Broga. 3. 

Sid Buidb. 12, 33. 

Sid Collomrach. 73. 

Sid Crûachan. 57, 63, 113. 

Sid Femin. 57. Sid Fer Femin. 47. 

Sid Findchada. 18. 

Sid Frâich. 132. 

Sid Neehtain. 19. 

Sid Nenta. 60. 

Sil Mercill. 24. 

Sfl Nemid. 147. 

Sinann (a river). 39, 105. 

Siûir (a river). 49, 50. 

Slaine. 40. 

Sliab Admoir. 40. 

Sliab Betha. 143. 

Sliab Bladma. 10. 



The Rennes Dindsenchas. Index of Places. 



291 



Slîab Bodbgnai. 113. 
Sliab câin. 48, 121. 
Sliab Callann. 101. 
Sliab in chotaig. 19. 
Sliab Collan. 20. 
Sliab Cua. 157. 
Sliab Digasa. 25. 
Sliab n-Echtga. 60. 
Sliab n-Eiblinne. 141. 
Sliab Fraeich. 149. 
Sliab Fûait. 100, 132. 
Sliab nGam. 137. 
Sliab Guairi. 19. 
Sliab Leccach. 29. 
Sliab Leitrech. 20. 
Slîab Mairge. 38. 
Sliab Mis. 51, 52. 
Sliab Monaid. 18. 
Sliab Senaig Gairb. 5 1 . 
Slîab Uillenn. 88. 
Slige Assail. 58. 
Slige Cualann. 58. 
Slige Dala. 58. 
Slige Midluachra. 58. 
Slige Môr. 58. 
Sligech. 140. 
Snam dâ en. io$. 
Snam Maige Tairbirt. 91. 
Snam Rathin. 106. 
Snûad. 32. 
Srub Brain. 54, 38. 
Srub B6. 155. 
Sruthar Chuillinne. 144. 
Sruthar Gartchon. 144. 
Sruthar Matha. 102. 
Suça (a river). 132. 
Suide Aeda. 75. 

Tailtiu. 99, et v. 20, 78. 

Tarbga. 66, 71. 

Tarr-cdin. 59. 

Tebtha. 3, 144 =: Tethba q. v. 

Tech Cormaic. 1 § 9. 

Tech Ennaig. 78. 

Tech Mairisen. 1 § 6. 

Tech Midchuarta. 1 § 26, 146. 

Temair. 1 , et v. 35,113, 125, 126, 

141, 146, 159. T.emoria. 1 § 4. 
Temair Lûachra. 50. 
Tethba. 127. 
Tilach Eogain. 155. 



Tipra bô finde. 1 § 10. 

Tipra Connla. 59. 

Tipra Dera. 150. 

Tipra Sengarman. 52. 

Tipra Slaingi. 108. 

Tipra Truimm. 158. 

TÎr Aeda. 161. 

Tir Amalgaid. 135. 

Tir ind Nâir. 140. 

Tir Maini. 158. 

Tir na mban suthain. 141. 

Tir Tairngiri. 45, 68. 

Tlachtga. 110, et v. 78. 

Tond Clidna. 43. 

Tor Conaing. 147. 

Torinis. 43. 

Tràig Baili. 95. 

Trâig Tuirbi. 125 = Tracht Tuirbi. 

127. 
Tredumae Neise. 1 §§ 29, 30. 
Tricha cet Galeon. 9. 
Tûag Inbir. 141. 
Tûain Ragain. 149. 
Tûath fis. 1 § 28. 
Tûatha dé Danann. 18, 60, 77, 90, 

108, 136, 141, 149. 
Tûatha Fidga, 39. v. Fir Fidga. 
Tûatha Fochmainn. 39. 
Tûatha Taiden. 1 32. 
Tul Tuinne. 57. 
Tulach Cnamraid. 144. 
Tulach dâ roth. 45. 
Tulach Dotoad. 33. 
Tulach in bêla. 125. 
Tulach na ndér. 129. 
Tulach na faircsen . 133. 
Tulach na hiarmaithrigi. 126. 
Tulach Lathraich. 78. 
Tulchùn na ngairthe. 136. 
Turloch Silinne. 67. 

Uaim Cruachan. 70, 80, 113. 
Uaran Garaid. 66. 
Uisnech. 7, 160. Uisnech Midi. 161. 
Ulaid. 64, 66, 78, 94, 96, 97, 112, 

118, 121, 129, 141, 161, 163. 
Umall. 58, 140. 
Unnius Uisnig (a tree). 160. 
Urard. 144. 
Usce Neidi. 131. 



292 



Whitley Stokes. 



INDEX OF PERSONS. 



[b. = ben wife ; i. — ingen daughter; m. = mac son.) 



Abaeh fili. 34. 

Abcân eices. 81. 

Abraham m. Tara. 91. 

Acall i. Fedelme. 2. 

Adamnân. 1 § 18, 20. 

Adar m. Umoir. 78. 

Ae m. Allgubai. 69. 

Aed Lurgnech. 4. 

Aed m. in Dagdai. 91. 

Aed m. Labrada Lesbricc. 81. 

Aed Ron. 11. 

Aed Ruad m. Baduirn. 75, 81, 94, 

161. 
Aed Slâine. 34, 160. 
Agnoman. 66, 94. 
Ai m. Ollaman. 18. 
Aicher Cerr m. Echach. 22. 
Aide i. Oichinn. 26. 
Aidne m. Allguba. 62. 
Aife i. Scathaige. 95. 
Aige i. Broccada. 15. 
Ailech i. Fubthairi. 91. 
Ailestar m. Dorncla. 20. 
Ailill Aine. 9. 
Ailill Caisfiaclach. 146. 
Ailill Fesfonnad. 142. 
Ailill Find. 104. 
Ailill m. Aeda Roin. 11. 
Ailill m. Eogain. 91. 
Ailill m. Rosa, Medb's husband. 9, 

61, 70, 72, 78, 104, 106, 144. 
Ailill Molt m. Dathi. 133. 
Ailenn i. I uigdech. 17. 
Aimergin Iargiunnach. 80. 
Aindle m. Loga Lâmfota. 82. 
Aindinn Oach. 128. 
Aine (gen. sg.)beloved ofÉtar. 29. 
Ainge i. in Dagdai. 11. 
Aingen. 66. 

Airchinded m. Fir dâ Roth. 144. 
Airdech m. Fir-choca. 135. 
Aithechdae. 14. 
Alb m. Augein Urgnaid. 154. 



Allguba m. Eithriuil. 62. 

Almu i. Béca'in. 16. 

Altach m. Duilb. 18. 

Amorgein m. Amalgada. Introd. 

Amalgaid m. Fiachra. 135. 

Argaunar. 161. 

Art Mes-delmann. 17. 

Asal m. Dôir Domblais. 58. 

Asuall. 149. 

A thème Ailgesach. 28. 

Augen Urgnaid. 154. 

Badammair. 49. 

Badurn m. Argatmair. 161. 

Baeth m. Dithorba. 161. 

Baile. 45, 117. 

Baine i. Frigrenn. 91. 

Bairenn i. Cermain. 25. 

Bairnech Barannbel. 78. 

Baitàr m. Fergusa Leithdeirg 147. 

Ban bolgach m. Bannaig. 53. 

Ban m. Illaind. 131. 

Banba. 51. 

Banban. 71. 

Bannach m. Glamaig. 35. 

Bé cuille. 18. 

Bé Fail. 41. 

Bé Gelchnes. 21. 

Bé tuinde i. Nothra nô Calaid. 139. 

Becc-altach. 66. 

Benén. 1 § 20. 

Bennân m. Birchinn. 98. 

Beoan m. Beothaig. 149. 

Beothach m. Iarmuinéil. 149. 

Berchan, saint. 1 1. 

Bernas m. Frigrenn. 91. 

Bersa a Berramain. 31. 

Biblu i. Faindli. 124. 

Bicne drui. 117. 

Bicne gilla Conaill Cernaig. 123. 

Bile m. Brigi. 100. 

Bir m. Umoir. 78. 

Bith m. Noe. 143. 



The Rennes Dindienchas. Index oj Persons. 



293 



Blad m. Breogain. 10. 

Bladma. 10. 

Blae Ballethan. 103. 

Blathnat i. Mind. 53. 

Bled m. Cruinn. 66. 

Blod. 66. 

Blod m. Con. 10. 

Blonoc i. in Tûi. 67. 

Bôand b. Nechtâin. 4, 19. 

Bodb. 12, 55, 57. 

Bôi i. Ruadri (Ruadrach). 20. 

Boible m. Boirchi. 157. 

Boircbe. 64, 137. 

Boirche bôaire. 98. 

Boirenn m. Bolcâin. 131. 

Bolcàn m. Bain. 131. 

Borbchas m. Dithorba. 161. 

Bore Buiredach m. Manchin. 80. 

Bran m. Echacb Abratruaid. 139. 

Bras m. Dithorba. 161. 

Brath m. Deatha. 7, 44. 

Brea m. Senbotha. 29. 

Breccân m. Maini. 143. 

Breccân m. Partholoin. 145. 

Brech m. Broichdi. 118. 

Brefne i. Beoâin. 149. 

Brega m. Bregoin. m. 

Bregmael. 10. 

Bres m. Echach Feidlig. 140. 

Bres m. Elathan. 46, 149. 

Bresa i. Cermain. 25. 

Bresal Bélach. 31. 

Bresal Bôdibad m. Rudraigi. 123. 

Bresal Brecc. 1 j 7, 123. m. Briuin. 

97- 
Bri Brû-glas. 20. 
Bri m. Bairceda. 40. 
Bri Bruachbrecc i. Midir. 126. 
Briccen m. Tuinde. 91. 
Brige m. Breoguinn. 100. 
Brigit banfili i. Echach Ollathair. 

159. 
Broccaid m. Bruic. 13. 
Broccsalach Cringlunech. 157. 
Brodar m. Meic Sciach. 23. 
Brogarban. 71 . 
Bron m. Alloit. 135. 
Bruachaid m. Baisgil. 142. 
Buachat Buasach. 11 .3. 
Bualc Becc. 4. 
Buan i. Samaera. 106. 
Buan m. Belaig. 147. 

Revue Celtique, XVI. 



Buichet in briugu. 71. 
Buide m. Bain Blaith. 66. 
Buide ni. Buain. 101. 
Buide m. Muireda. 4. 
Buirech. 17. 

Cacher m. Namat. 1 59. 

Cadha. 113. 

Caechre i. Léith. 36. 

Caibell. 158. 

Culte, Câelte. 27, 43. 

Cain m. Deirg Dualaig. 48. 

Caindlech i. Geim Gelta. 129. 

Câinén Mâsc. 134. 

Cairbre Crommchenn. 22. 

Cairbre m. Echach. 151. 

Cairbre m. Etâine. 115. 

Cairbre Lifechar. 4, 31, 117. 

Cairbre Niafer. 2, 21, 78. 

Caire b. Cannâin. 58. 

Calcmael m. Cartan. 83. 

Calad m. Conchinn. 139. 

Cam tôisech teglaig Oengusa. 149. 

Cannân Cruthnech. 12. 

Cannân m. Edlecon. 58. 

Canthon m. Caithmenn. 1 § 2. 

Cappach i. Cermain. 23. 

Carmen. 18. 

Cartan m. Connaith. 83. 

Cass Clothach. 136. 

Cass Clothmin. 10. 

Cass m. Glaiss Gamna. 26'. 

Cassân m. Cermain. 23. 

Cathâir Môr. 10, 40, 102. 

Ceirbil Balmaith i. Étair. 138. 

Ceite m. Alloit. 133. 

Cellach m. Ailella Muilt. 133. 

Cellach m. Eogain. 133. 

Cellach m. Mâile Coba. 4, 

Celtchar. 10 1. 

Cenn fâelad m. Ailella. Introd. 

Centarcluais. 38. 

Cerball m. Muirecâin. 21. 

Cermait Milbeoil. 4. 

Cerman Caladchenn. 23. 

Cerna Cass m. Cairbri. 115. 

Cerniam. 113. 

Cesair i. Betha. Introd. and 149. 

Cet m. Magach. 78. 

Cetgen Cruachan. 132. 

Cethen. 1 § 14, 66. 

Cethern m. Finntain. 66. 



2 ! 



294 



Whitley Stokes. 



Cian athair Loga. 46. 

Ciarnait. 1 § 5. 

Cinaed m. Irgalaig. 4. 

Cich-Maine Andoe. 104. 

Cich-muine m. Ailello Find. 104. 

Cicul Glicerglun. 41. 

Cimbaeth m. Finntain. 161. 

Cimbe Cethirchinn. 78. 

Cingid m. Umoir. 78. 

Cleitech drui. 114. 

Cleitech m. Dega (Deda?). 114. 

Cliach cruitire, 47. 

Cliathi. Cermain. 25. 

Cliath m. Cuilian. 131. 

Clidna i. Genainn. 144. 

Cloen m. Ingoir. 116. 

Clothru i. Echach Feidlig. 88, 140. 

Cnucha i. Conaing. 153. 

Coba. 91. 

Cobthach Côelbreg. 9. 

Cobthach ri Hérenn. 1 5 . 

Cocca gen. sg. 36. 

Cochlân gilla Léith. 126. 

Cochrann i. Cuirrig Lifi. 49. 

Codai Corrchîchech. 109. 

Codai Crînchîchech. 3. 

Côelcheis. 77. 

Côelchu m. Loairn. 1 § 28. 

Côemgen Congancnes. 51. 

Colla, na tri, 91, 161. 

Colman môr m. Diarmata. 151. 

Colmân m. Faelchon. 1 § 40. 

Colomb cille. 145. 

Conaing m. Echach. 141. 

Conaing m. Faebair. 147. 

Conaire Môr. 3, 12, 29, 31, 35, 

m, 141. 
Conall Cernach. 2, 66, 72,78, 105, 

106, 123. 
Conall Clârainech. 157. 
Conall Côel m. Oengusa. 32, 78. 
Conall Conganchnes. 129. 
Conall Crommderg m. Labrada. 73. 
Conall Cruachan. 132. 
Conchenn i. Buidb. 47. 
Conchobar m. Nessa. 1 (§§29, 30), 

2, 55, 66, 88, 94, 129. 
Conchuirn m. Umoir. 78. 
Conganchnes. 101. 
Conn (transformed into a boar). 71. 
Conn Cétchathach. 4, 34, 58, 102, 

103, 132, 153. 



Connad Buide m. Iliach. 115. 
Connla. 59. 

Connla m. Conaill Cruachan. 132. 
Conmael m. Ebir. 56, 152. 
Conmenn m. Coumaic. 29. 
Corc m. Conaill Cruachan. 132. 
Cormac m. Airt. 1 §§ 5, 6, 8, 14, 

16. 
Cormac Cass. 1 § 28. 
Cormac Conloinges. 129. 
Cormac hua Cuinn. 113, 114, 118 

= Cormac m. Airt q. v. 
Cormac m. Culennâin. 1. 
Cormac Gaileng. 10. 
Coro cruitire. 77. 
Corrchenn Cruaich. 91. 
Cosdub ri sïde. 158. 
Créa i. Edlicon. 58. 
Crech mael. 86. 
Crem Marda. 17. 
Criblach Connacht. 52. 
Cridenbel cainte. 18. 
Crimthann m. Criblaige. 52. 
Crimthann m. Luigdech. 30 = 

Crimthann Nia Naire. 4, 121. 
Crimthann Sciathbél. 29, 39. 
Crist. 29, 99, 161. 
Crôchan (Crôchenn) Croderg. 65. 
Crôfinn. 1 § 3. 
Cronn m. Agnomain. 66. 
Cromm Croich (Cruach). 85, 149. 
Cruachu. 65. 
Crunniuc. 66. 
Cû. 1 § 14, 66. 
Cû m Cais Clothmin. 10. 
Cua Cennmar m. Broccsalaig. 157. 
Cualu. 29. 

Cuar m. Augein Urgnaid. 154. 
Cûchoingelt m. Eogain. 133. 
Cûchulainn. 1 (§§ 30, 31), 2, 53, 

54, 66, 78, 95, 106, 119, 120, 

130, 132, 144. 
Cuilenn m. Dub-duinn. 131. 
Cuirce m. Snithi. 10. 
Culann cerd. 101. 
Culdub m. Dein. 14. 
Cuma m. Tlachtga. 110. 
Curnin Cosdub m. Redoirche. 82. 
Cûroi m. Dâiri. 53, 72. 
Currech Lifi. 49, 52. 
Cutra m. Umoir. 78, 



The Rennes Dindsenchas. Index oj Persons. 



295 



Dabilla oirce. 4, 19. 

Dacaech i. Cicuil. 41 . 

Da choca 129, 

Daelech m. Umoir. 78. 

Dagda, in. 4, u, 91, 129. 

Dairbre Derg m. Lulaig. 8. 

DàireDerg' tu. Echach. 32. 

Dàirem. Fiachna. 66. 

Dairiu m. Echach. 141. 

Dala Glas m. Edlecon. 58. 

Dalb Garb. 71. 

Dalb i. Faindli. 124. 

Dallân m. Macachâin. 21. 

Damairne m. Diubaltaig. 58. 

Danaus m. Point. 128. 

Dartaid i. Regamna. 61. 

Dathen fili. 160. 

Dathi m. Fiachrach. 133. 

Dea m. Dega. 40. 

Déchet m. Derguir. 75. 

Dechtere mâthair Conculainn. 119. 

Deda m. Sin. 48. 

Delà m. Loith. 159. 

Delbnat i. Lochtaig. 150. 

Deltbanna m. Druchta. 12. 

Dera m. Scera. 150. 

Derbrenn (= Drebrenn?). 77. 

Derbrenn i. Echach Feidlig. 71. 

Derg (=Daderga). 29. 

Di'an i. Faindli. 124. 

Dian m. Dibaid. 18. 

Diancecht. 108. 

Dfancecht m. Echtaig. 77. 

Diarmait hua Duibni. 49. 

Diarmait m. Cerbaill. Introd. 

Dibad m. Doirche. 18. 

Digais Dibartach. 25. 

Dil i. Lugmannrach. 44, ni. 

Dimma Cron. 14. 

Di'moin m. Cermain. 25. 

Dithorba m. Dimmain. 161. 

Diuchaill m. Fir Uillne. 130. 

Dodera m. Aurmora. 48. 

Doe i. Léith. 36. 

Domnall m. Murchada. 34. 

Donn Cûalgni. 66, 156. 

Donn Desa. 29. 

Donn m. Dathaich. 131. 

Donn m. Dubàin. 81. 

Donnchad m. Flaind Sinna. 99. 

Dorb m. Tlachtga. 110. 

Dorncla. 20. 



Dornmâr m. Cermain. 25. 

Dothur m. Dibaid. 18. 

Drebrenn (=1 Derbrenn?). 73. 

Dreco i. Chalcmâil. 83. 

Druim Suithe. 160. 

Duach Teimen. 99. 

Dub i. Roduib. 26. 

Dub m. Dibaid. 18. 

Dub m. Duibni. 49. 

Dubân m. Bili. 81. 

Dubân m. Deirc. 131. 

Dubmuc (leg. Duinniuc, Tuin- 

niuc?). 66. 
Dubrot. 52. 
Dubthach Dabthaire m. Forgnae. 

22. 
Dubthach m. Rune. 67. 
Duibri m. Dubâin. 131. 
Duirgein i. Luaith. 24. 

Eber m. Miled. 152. 

Echan i. Faindli. 124. 

Echdar i. Uathaig. 142. 

Echtach m. Esoirc. 77. 

Echtga Uathach i. Urscothaich. 60. 

Eiblenn i. Guairi. 141. 

Eitech i. Lennglais. 127. 

Elathu m. Néit. 46. 

Elgaid m. Dathi. 135. 

Engan m. Cruinn. 66. 

Enna Aignech. 73, 107. 

Enna Cennselach. 6, 86, 122. 

Enna m. Nois. 26. 

Ennach m. Umoir. 78. 

Eochaid (Eochu) Abratruad. 139. 

Eochaid Ailtlethan. 146. 

Eochaid Airem (Aireman). 3, 65, 

I2 7- ' 

Eochaid Becc m. Cairbri. 61. 

Eochaid Bélbuide. 18. 

Eochaid Cenn maire 107. 

Eochaid Doimlen. 31, 91. 

Eochaid Echbél. 53.* 

Eochaid Feidlech. 71, 140. 

Eochaid Garb m. Duach. 20, 99, 

159- 

Eochaid Gunnfat. 118. 

Eochaid m. Enna Cennselaig. 6, 

122. 
Eochaid m. Luchta. 64. 
Eochaid m. Maireda. 51, 79, 141. 
Eochaid m. Oengusa. 151. 



296 



Whitley Stokes. 



Eochaid Muniste. 38. 

Eochaid Oilech. 8. 

Eochaid Ollathair. 159. 

Eochaid Sâlbuide. 1 §29. 

Eochaid Toebfota. 32. 

Eogan m. Cellaich. 133. 

Eogan m. Néill. Introd. 

Eogan Tâidlech. 132. 

Eoin Baisti. 47. 

Ere m. Cairbri Niafir. 2. 

Ercad i. Fresca. 24. 

Erclan m. Doithre. 146. 

Erem (Eremon) m. Miled. 50, 93, 

136, 137, 152. 
Eremon m. Rois. 131. 
Erisnech m Immaiseich. 91. 
Ériu rigain Tuath déDanann. 51, 
Ériu of Inis Erenn. 109. 
Erne i. Buirc Buiredaich. 80. 
Ernolb m. n'g Danmarc. 9. 
Err m. Uraird. 144. 
Ësa i. Echach Aireman. 3. 
Esclam brithem inDagdai. 4. 
Esru m. Gôidil Glais. 134. 
Etadon m. Nuadat Airgetlaim. il, 
Étâin b. Echach Aireman. 3, 65. 
Etan Cennderg. 36. 
Étar b. Gaind. 29. 
Étar Étualaing. 158 
Étar m. Etgaith. 29. 
Etarbad. 25. 

Etarscél father of Conaire. 141. 
Etarscél Môr. 35. 
Ethne. 48. 

Ethne i. Echach Feidlig. 88. 
Ethrél. 62. 
Ette. 66. 
Etsine banféinnid. 105. 

Fadat m. Léith. 36. 
Faifne fili. 15. 
Failbe Flann. 37. 
Failenn m. Illainn. 131. 
Faindle m. Duib di roth. 124. 
Fand i. Flidais. 55. 
Fannall m. Fir Uillne. 130. 
Fea i. Elcmair, 44. 
Fea m. Mogaich. 44. 
Febra m. Sin. 48. 
Fedlera Nôchrothach. 2. 
Fedlimid Rechtmar. 4. 
Femen m. Mogaich. 44. 



Fer fi (figail) m. Eogabail. 58, 141. 

Fer gair m. Duinn Desa. 33. 

Fer gel m. Duinn Desa. 35. 

Fer glas m. Duinn Desa. 35. 

Fer rogain m. Duinn Desa. 35. 

Fer rogairm. Duinn Desa. 35. 

Fer uillne m. Luigdech Mail. 130. 

Fera m. Mogaich. 44. 

Feradach m. Rochuirp. 56. 

Fercertnem. Athglô. 64. 

Fergna fer gai lethain. 146. 

Fergna m. Findchâime. 104. 

Fergus ailithir. 1 § 37. 

Fergus Bot dar Brega. 118. 

Fergus Duib-détach. 118. 

Fergus Finbel. 52. 

Fergus Foga. 161. 

Fergus Foltlebar. 118. 

Fergus Lethderg. 83. 

Fergus Lusca-béist. 60. 

Fergus m. Roig. 66. 

Fermor m. Erimoin. 131. 

Fethlenn m. Fidrui. 91. 

Fiach. 17. 

Fiacha Cassan. 8. 

Fiacha Labrainne. 80. 

Fiacha m. Néill. 142. 

Fiacha Sraibtine. 4, 14, 31, 91. 

Fiachra m. Echach Muidmedôin. 

135- 

Fial i. Mâcha. 94. 

Fidrad m. Dama Duibe. 14. 

Find transformed. 71. 

Find fili m. Rossa Rûaid. 21. 

Find hua Bâiscni. 88 — Find m. Cu- 

maill. 27, 31, 139. 
Find m. Findtain. 119. 
Find m. Ragamna. 49. 
Findabair beloved of Frâech. 132. 
Findabair i. Luigdech Làigdi. 118. 
Findbennach. 66, 166. 
Findchad m. Conaill Cernaig. 105. 
Findchaem i. Magach. 80. 
Find-emna, na tri. 140. 
Findgall m. Findamair. 46. 
Findmall. 8. 
Finntan m. Laimiach. Introd. and 

149. 
Finntan m. Néill. 66. 
Finteng m. Augein Urgnaid. 134. 
Fir m. Mâcha. 94. 
Fland transformed. 71. 






The Rennes Dindsenchas. Index of Persons. 



297 



Fland Febla. Introd. 

Fland m. Echach Abratruaid. 139. 

Fland Sinna m. Maelsechlainn. 99. 

Fledach ra. Cermain. 25. 

Flesc dâlem. 19. 

Flidais i. Gairb. 142. 

Fodla. 51. 

Foibne ra. Taircheltain. 146. 

Foichnem m. Uraird. 144. 

Foill m. Fir uillne. 130. 

Follscaide muccaid. 112. 

Fomu m. Aichir. 22. 

Forann (Ph roah?). 4. 

Forbarr. 63. 

Fordub (Ferdub?) m. Aichir. 22. 

Forgnae. 22. 

Fornocht m. Aichir. 22. 

Fothad Airgthech. 89. 

Fothad Canann. 49, 91. 

Frâech do muintir Cesrach. 149. 

Frâech m. Fidaig (Idath?). 132. 

Frâech m. Uraird. 144. 

Frâech Midlesach m. Conaill. 132. 

Frâechar Fortren. 161. 

Frigriu m. Rubai Rûaid. 91. 

Froechân. 71. 

Fuat m. Bili. 100. 

Fuata Bé-Fâil. 41. 

Fubthaire ri Alban. 91. 

Fuilech m. Cermain. 25. 

Fuiter m. Forduib. 23. 

Furbaide Ferbenn. 88. 

Fursa of Peronne. 47. 

Gabal Gairechtach i. Guill. ri, perh. 

the sarae as Gabal i. Guill Glais. 

23. 
Gae Glas m. Luinde, 14. 
Gaeal, Gaer, two of Manannan's 

names. 139. 
Gaeith m. Gaisi Glaine. 81. 
Gaeth ra. Nechtain. 131. 
Gaible m. Etadoin. 11. 
Gaillim i. Bresail. 131. 
Gairech Gumor 7. 
Gam Gruadsolus. 137. 
Gand m. Delà (Delada). 29, 60. 
Gannân. 52. 
Garb m. Grescaid. 142. 
Garbân m. Dedad. 48. 
Garman Garb m. Borna leice. 40. 
Garman Glas m. Dega. 40. 



Geide Ollgothach. 1 § 1. 

Gem Gelta m. Rodba. 129. 

Genann m. Triuin. 45. 

Gile i. Romra. 138. 

Giusach m. Lodain. 58. 

Glamach m. Gomir. 55. 

Glan m. Carbaid. 2. 

Glas m. Cais. 75. 

Glas (Fer Glas) m. Duinn Desa. 

35- 
Glas m. Scairb. 23. 
Glas Temrach. 1 § 11. 
Glascû. 107. 
Gobbân sâer. 125. 
Gôedel Glas. 134. 
Goisten. 152. 

Goll Glas m. Fedlimtheo. 23. 
Gollân m. Conmail. 56. 
Grâinne. 1 §§ 33, 34, 35- 
Grecus m. Point. 128. 
Gri'an Banchure. 90. 
Gris ban-lecerd. 32. 
Guaire Aidne m. Colmâin. 133. 
Guaire Dubchestach. 84. 
Guaire Gann m. Guairi. 84. 
Guaire Goll (= Oissi'n). 139. 
Guaire m. in Daill. 84. 
Gumor (Umor?). 128. 
Gunnait m. Suçait. 18. 
Gunnat m. Gannâin. 155. 

Heithiurun. 1 § 2. 

Iar m. Fleisci. 148. 

Ibar m. Sciach. 23. 

Ibec m. Loga. 20. 

Ibel m. Manannain. 98. 

Ibuirne m. Dedois. 31. 

Iliach. 66. 

Ulann m. Erclaim. 146. 

Illann m. Neir. 131. 

Imchad m. Fiachna. 66. 

Indech m. Dea Domnann. 24. 

Indell m. Uraird. 144. 

Indue m. Cechtaig. 126. 

Ing m. Doirb Glais. 29. 

Ingen Forainn (Scota). 4. 

Ingcél. 33. 

Innus i. Breis. 149. 

Irgus m. Umoir. 78. 

Irial fâith m. Eremon. 136. 

lth m. Breogain. 90. 



2 9 8 



Whitley Sîokes. 



Iuchna Ciabfaindech. 16,45. Luchna 
Eochaid Echbél. 53. 

Labraid, athair Conaill. 73. 

Labraid Lâmderg. 23. 

Labraid Lessbrecc. 81. 

Labraid Loingsech. 9, 15. 

Ladru. 45. 

Laidgenn m. Baircheda. 6. 

Laigen Gairbliatb. 131. 

Laiglinne m. Parthaloin. 150. 

Laime m. Luaidre. 113. 

Lâm dâlem. 19. 

Land Lethderg i. Caibill. 158. 

Latbrach m. Umoir. 78. 

Leçon i. Lotair 98. 

Lee Fer Flatha. 31. 

Lén Linfïaclach. $5. 

Lena m. Mesroeda. 18, 112. 

Lennglas m. Luind. 127. 

Lethderg i. Conchobair m. Nessa. 

91. 
Liag i. Tresca (Trescadail). 24, 147. 
Liamain Lennchain. 22. 
Li'ath Daire Léith. 36. 
Liath Lurgach. 155. 
Liath m. Celtchair. 126. 
Liath m. Cermain, 25. 
Liath Machae (a horse). 4. 
Liber i. Luit. 1 5. 
Life i. Cannain Cruthnig. 12. 
Ligmuine. 8. 
Lindgatan Labar. 119. 
Lindgatan m. Loeguiri Buadaig. 

119. 
Loarn m. Rûaid. 1 § 28. 
Lochar Lûath m. Smiraig. 18. 
Lodan Liath. 38. 
Lodan Luchairglan m. Lir. 59. 
Lôeguire Bûadach. 106, 119. 
Lôeguire Lorc. 9, 124. 
Lôeguire m. Néill. 1 §§ 7, 8, 20. 
Lomm-altach m. Lathraig. 24. 
Lomm-glûinech m. Lommaltaig. 24. 
Lomna Druth. 29, 34. 
Lot Luamnach. 41. 
Lothar m. Echach Feidlig. 140. 
Luachair Boirennach. 22. 
Luâm dâlem. 19. 
Luath m. Lommgluinig. 24. 
Lucat Mael. 1 § 20. 
Lug Laebach. 18. 



Lug Lâmfota. 82. 

Lug Liamna. 14. 

Lug m. Ethlenn. 46. 

Lug m. in Scâil Bailb. 20, 99. 

Lugaid Lâigde. 48, 118. 

Lugaid Lâmfind. 64. 

Lugaid Mac-con. 1 § 35. 

Lugaid Mal. 96. 

Lugaid m. Cairbri Cronichinn. 22. 

Lugaid m. Itha. 1 (§ 1), 50. 

Lugaid m. Maie Nia. 89. 

Lugaid ri Laigen. 17. 

Lugaid Sriab (Riab) nderg. 88, 140. 

Lugar m. Luigdech Lâmfind. 64. 

Luinde m. Loga Liamna. 14. 

Lurga m. Lûaith. 91. 

Lutair m. Luirgnig. 23. 

Mac cecht. 13, 31. 

Mac con. 131 etv. Lugaid Mac-con. 

Mac dâ thô. 101, 112. 

Mac gréne. 159. 

Mac ind 6cc. 45. 

Mac nia. 89. 

Macachân m. Echtigirn. 21. 

Mâcha b. Chruind. 94. 

Mâcha b. Nemed. 94. 

Mâchai. Aeda Ruaid. 94. 

Mâcha Mongruad i. Aeda. 161. 

Machar m. Dubthaig. 67. 

Mael croin. 133. 

Mael da Luad. 133. 

Mael deoraid. 133. 

Mael Odrâin m. Dimmai Croin. 14. 

Mael Senaich. 133. 

Maen m. Etna. 42. 

Maen m. Iair. 148. 

Maer b. Bersa 31. 

Maer i. Oengusa. 32. 

Maine Athrai b. Mie dâ thô. 112. 

Maine m. Munremair. 1 § 19. 

Maine m. Néill Nôigiallaig. 145. 

Maine Milscoth m. Duinn Desa. 81. 

Maini, na secht. 61. 

Maire (B. V.). 160. 

Mairgine gilla. 26. 

Mairid m. Caireda. 51. 

Mairiseo. 1 § 6. 

Mairtine. 72. 

Maistiu i. Oengusa. 32. 

Mal m. Rochraidi. 94. 

Mala i. Cermain. 25. 



The Rennes Dïndsenchas. Index of Persons. 



299 



Manannan. 29, 98, 141, 159. m. 

Alloit. 135. m. lir. 74. 
Manchin m. Machon. 80. 
Marcân m. Duinn. 131. 
Marg m. Giusaig. 38. 
Mata. 4, 28. 

Matha m. Roirenn. 102. 
Mèche m. na Morrigna. 13. 
Medb. 61, 66, 70, 71, 72, 78, 80, 

104, 106, 132, 144. 
Medraide m. Torcair. 131. 
Mel. 71. 

Mélge m. Cobthaig. 15. 
Mend ri Fer Falga. 53. 
Mercell m. Smirduib. 24. 
Mesc m. Umoir. 78. 
Mesca i. Buidb. 18. 
Mes-buachalla. 3. 
Mes-dedad m. Amargin. 28. 
Mes-gegra ri Laigen. 28. 
Mes-gegra m. dâ thé. 18. 
Mes-réta. 112. 
Mianach i. Dubthaig. 22. 
Mide m. Bratha. 7. 
Mider Bri Léith. 3,4, 65, 79, 94. 

môrglonnach. 126. 
Midluachair m. Damairni. 58. 
Mil Espaine. 41, 5 1 , 62, 63, 69, 

70, 90, 93, 136, 137, 152. 
Mis i. Maireda. 51. 
Moach Maelchenn. 60. 
Mod. 74, m. Umoir. 78. 
Moen m. Ailella Aine. 9. 
Moen mogaid. 63. 
Mog Ruith m. Fergusa. 110. 
Mogach m. Dachair. 44. 
Monchae i. Faindli. 124. 
Mongfind muime Find. 52. 
Mor i. Rithir. 97. 
More m. Deled. 147. 
Morrigain, in. 4, 12. 
Mossad m. Main. 148. 
Mothur m. Largaig. 18. 
Muach m. Tlachtga. 1 10. 
Mug lama m. Luigdech. 22. 
Mugain. 48. 

Muirchertach m. Eirc. 1 14. 
Muiresc i. Ugaini. 76.- 

Nâma m. Echach Gairb. 159. 
Nâr m. Echach Feidlig. 140. 
Nâr m. Edlecon. 10. 



Nâr m. Findchada. 105. 

Nâr m. Oengusa, 58. 

Nâs i. Ruadri (Ruadrach). 20. 

Nâs m. Dorncla. 20. 

Necht Inbir Scéine. 130. 

Nechtân Bascain. 46. 

Nechtân Findguala. 127. 

Nechtân Lâmderg. 46. 

Nechtân m. Firmoir. 131. 

Nechtân m. Labrada. 19. 

Nechtân m. Luadat. 4. 

Neide Nithgonach. 131. 

Néll m. Enna Aignig. 73. 

Nemain b. Néit. 91. 

Nemannach cerd. 5 <>. 

Nemed. 7, 149. 

Nemed m. Agnomain. 94. 

Nera. 66. 

Nés i. Echach Sâlbuidi. 1 § 29. 

Net. 91. 

Net m. Angada. 46. 

Net m. Nuacha. 46. 

Niall Nôigiallach. 6, 122. 

Ni'ata. 1 § 8. 

Ninine éces. 34. 

Nôisiu m. Nechtâin. 127. 

Nothain i. Conmoir. 87. 

Nuadu Airgetlam. 11,24. 

Nui m. Augein Urgnaid. 154. 

Ochaill. 57. 
Ochtauin August. 18. 
Odamatân m. Laime. 113. 
Odba b. Eremoin. 103. 
Odba Uancenn. 102, 103. 
Odras i. ,Odarnatâin. 113. 
Oenfer Aife (Conlaech). 95. 
Oengus m. Crundmael. 4. 
Oengus m. in Dagdai. 19 = Oen- 
gus m. ind Oc. 32, 71, 79, 141, 

•49- 
Oengus m. Nadfraich. r$i. 
Oengus TuirbechTemrach. 73, 107. 
Oengus m. Umoir. 32, 78. 
Oichenn m. Cnucha. 26. 
Oirbsen = Manannan. 159. 
Oisin m. Find. 52. 
Oisme. 27. 
Ole Ai. 80. 
Omra. 138. 
Orc m. Ingoir. 1 1. 
Orlam m. Ailella. 144. 



joo 



Whitley Stokes. 



Palap m. Eremoin. 152. 
Parthalon m. Sera. 29, 134, 150. 
Patrie m. Calpuirn.Introd., 1 (§ 20), 

4, 68, 85, 99, 100. 
Pont. 128. 

Ragan Anglonnach. 149. 

Raithen. 106. 

Raran (Rônan?). 33. 

Rechtaid Rigderg. 94. 

Redoirdie m. Dibaid. 82. 

Rîach. 158. 

Rib m. Maireda. 51,79, 141. 

Rinnail Rûad m. Delà. 159. 

Rither m. Derlaim. 97. 

Rochaid m. Faithemain. 66. 

Rochorp m. Gollâin. 56. 

Rodba m. Tuaich Tuile. 129. 

Rodub m. Cais. 26. 

Roigne Rômânach. 43. 

Roigne Roscadach m. Ugaini. 43. 

Roimper m. Aichir. 22. 

Rôiriu i. Rarain (Rônâin?). 33. 

Rôiriu m. Rogain Rechtaidi. 102. 

Rôiriu m. Senâin. 33. 

Romra. 138. 

Ronc m. Dorncla. 20. 

Ross m. Dedad. 78. 

Ross Failge. 18. 

Ross m. Fiachra. 66. 

Ross Rigbuide. 98. 

Ross Rûad. 2. 

Rosualt, in. 76. 

Roth m. Cithaing. 42. 

Rûad i. Airdig Uchtlethain. 135. 

Rûad i. Maini Milscoith. 81. 

Rûad m. Rigduinn. 5. 

Ruadchinn, or Ruadchoin, Mair- 

tine. 72. 
Rubae Ruad m. Didoil. 91. 
Rucht. 66. 
Rucne. 66. 

Samildanach. 125. 
Sampait i. Bentrai. 86. 
Scâl Balb. 20, 99. 
Scâl m. Cermain. 23. 
Segda. 152. 
Sen m. Duirb. 18. 
Sen-Gann. 60. 
Sen-Gairmen. 18. 
Sen-Garmain Slébe Mis. 52. 



Sen-Sinchell. 36. 

Senach m. Echach Abratruaid. 139. 

Senach Garb m. Degad. 51. 

Senân m. Echach Abratruaid. 139. 

Senân m. Sema. 33. 

Sera m. Sru. 134. 

Setna. 17. 

Setna Seccderg m. Durbaidi. 58. 

Setna Sithbacc. 1 54. 

Sidengi. Mongain Sidig. 139. 

Silenn i. Machair. 67. 

Sinann i. Lodain. 39. 

Sinech Side Crûachan. 65. 

Simon drui. 1 10. 

Sithgal Sechderc m. Gunnait. 135. 

Slaite Seched. 31. 

Slange m. Delà. 40. 

Slechtaire m. Sengarmna. 52. 

Smirdub m. Smail. 47. 

Smuchaill m. Bacduib. 57. 

Sru m. Esru. 134. 

Su-altach m. Becc-ahaig. 66. 

Suamach m. Samgubai. 129. 

Suirge. 1 52. 

Tailtiu i. Magmoir. 20, 99. 

Tairbert gilla. 91. 

Taman m. Umoir. 78. 

Tara. 91. 

Tathlomma Line. 103. 

Tea b. Eremoin. 1. 

Tea i. Luigdech. 1 (§§ 1, 9), 50. 

Teite i. Maie niad. 49. 

Tephis i. Bachtir. 1 § 2. 

Ternôc (to-Ernôc). 47. 

Tethba. 127. 

Tibir i. Chaiss Clothaig. 136. 

Tigernmas m. Follaig. 56, 85, 149. 

Tlachtga i. Moga Ruith. 110. 

Tollchenn druth. 122. 

Torcar m. Tromda. 131. 

Tortu. 160. 

Treg. 71. 

Tréis. 71. 

Tresc. 4. 

Trescadal m. Bûain. 147. 

Trese i. Nadfraich. 133. 

Tromdae m. Calatruim. 92, 131. 

Trostan drui. 39. 

Truistiu i. Dubthaig. 22. 

Tuag i. Collamrach. 141. 

Tuathal Techtmar. 8. 



The Rennes Dindsenchas. Index Rerum. 



301 



Tuathmar. 41. 
Tue m. Rige. 67. 
Tuirbe Trâgmar. 125. 
Tulchainne drui Conairi. 1 

Uachall. 10. 

Uallach m. Dithorba. 161. 
Uar Etharchar. 128. 
Uargus m. Doltaig. 25. 



Ucha i. OxaRigcerta. 18. 

Ugaine. 50, 76. 

Ugaine m. Echach Buadaig. 43. 

UillennFaebardergm. Find. 88, 1 59. 

Uinche Ochurbel. 27. 

Umôr. 78. 

Urard m. Airchinded. 144. 

Urscothach m. Tinni. 60. 

Ururus 17. 



■INDEX RERUM. 



Adultery. 24, 98, 1 54. 

ague. 145. 

animais, tenderness to. 16. See deer, 
doe, dragon, fawn, horse, lapdog, 
milk, salmon, serpent, sheep, 
stag, swine, wolf. 

anvil, showers cast by Lén's. 55. 

axe, sea restrained by Tuirbe's. 125. 

bathing. 36, 131, 138. 

battle-stone. 32. 

barrows (dumada). 132. 

birds, monstrous. 54, hunting. 132. 

See kisses, hawk, hen. 
bird-shapes, men in. 105. 
boatframes. 82. 
boats of bronze. 5, 45, 81. 
bones cast up by whirlpool. 145. 
bribes. 133. 
brigands. 73. 
buffoon (druth). 86. 
burial in cairn. 143, in elfmound. 

161, in armour. 1 § 7: upstan- 

ding. 159. 
burial-place. 115, 136. 

caesarean opération. 88. 

cairn. 1 (§§ 36, 39), 29, 88, 96, 

1 3 5 , 143- 

caldron (cotre) first made in Ireland. 

2 9- 
carbuncle (carmocol). 11. 
cave, dwelling in. 52. 
chain of gold. 139. 



champion's bit (curadmir). 106. 

charm (dichetal). 18. See love- 
char ms. 

clearing plains. 20, 43, 44, 69, 94, 
99, m, 135. 

cooking-pit. 157. 

covenants (cuir) on marriage. 1 § 1 . 

cow. See milk. 

cowdung, smearing head with. 53. 

crime, its effect on earth. 84, on 
water 137. See brigands, incest, 
parricide, poison, theft. 

cross of Fergus. 1 § 29, on Oengus' 
tunic. 32. 

cupbearer (deogbaire). 60, 146. 

deer, elves assume forms of. 138. 

diadem (mind). 40, 124. 

divination. 21. 

dough (tacs). 161. 

dragon. 47. 

dream, love in a. 92. 

druid (drui). See wizard. 

duel first fought in Ireland. 29. 

dwarf (abacc). 1 § 22. 

easement. 3. 

elfmound, chief of. 114, burial in. 

132, pollution of. 158. 
elves. See deer, night. 

fasting on. Introd., by sureties. 78, 
on Eochaid Feidlecïi's sons. 140. 
fawn. 34. 



302 



Whitley Stokes. 



fiau i (§ 25), 15. 

fire first lighted in Ireland. 7, from 

knuckles. 62. See ordeal. 
fishing. 134, fishing-nets. 104. See 

salmon. 
floods. 44. 

fords, fighting in. 132, 139. 
forests. See clearing. 

gems, house adomed with. 91. 

giant. 23. 

gold. See chain. 

grave. 103, gravestone (lia). 87, 91 , 
94. See lake 

grief, death from. 2, 20, 22, 29, 
118, 129, 150, shedding horns 
from. 123, suicide from. 137. 

guarantors. 78. 

harp. 47, harper. 77. 

hawk. 148. 

hazels of wisdom. 59. 

heads as trophies. 78, cast into lake. 

151, exposed. 2, 20. 
hearts burnt. 13. 
hen of Bairche. 64, 89. 
herbs of healing. 108. 
historian (senchaid). 7, 129. 
horns on Furbaide's temples. 88, cast 

by cattle in sign of grief. 16, 123. 
horses as beasts of draught. 91, of 

burden. 100, 141. 
horse-race. 18, with pregnant \vo- 

man. 94. 
hostages (géill). 6, 18. 
house first built in Ireland. 29. See 

gems. 
human sacrifice. 85. 
hurdles. 28, 61. 

idol. Heithiiirun. 1 § 2. Crom cruach, 
85, 149. 

incantation (cantain). 18. 

incest. 140. 

insuit. 53. 

invention, of traps and pitfalls. 93. 
of caldrons. 29, of fire. 7, of 
houses. 29, of shaving. 63. 

invulnerability. 39. 

kingof Ireland, stone roaring under. 
1 § 13- 



kisses (pôca) transformed into birds. 

117. 
knowledge. See salmon. 

lake bursting out of grave. 40, for- 

med of « draught of grief ». 98, 

quelling slaughter. 158. 
lampoon (glâth). 32, lampooner 

(câinte). 18. 
Land of Promise. 45, 68. 
Land of Perennial Women. 141. 
lapdog (oirce). 17. 
law. See covenants, easement, fas- 

ting, guarantors, ordeal, poly- 

gamy, rent, rightofway, rushes, 

service, sureties, tabus. 
lepress. 161. 
lire. See shadow. 
love, death from. 29, in a dream. 

92. 
love-charms. 31. 
lute (mennchrolt). 1 § 91. 

magie. See charm, divination, spell, 

wizardry. 
marriage. See adultery, polygamy. 
mermaids. 42, 81. 
metamorphosis. See transformation, 
milk of one-coloured cows. 39, 46. 
music, effects of. 42, 45, 47, 81. 

See harp, lute. 

nakedness. 6. 

name bestowed on plains. 12, 147, 
158. 

night, elves fighting at. 158. 

nuts, of Segais. 31, on the Tree of 
Mugna. 34, of the hazels of wis- 
dom. 59, of Caill Achaid. 71. 

one-coloured cows. 39, 46. 
ordeal by fire. 1 (§ 20), by a sod. 
100. 

parricide, effect of. 84. 

pillar-stone (coirthe). 53. 

pitfall. 93. 

plains, see clearing, name. 

poet(fili). Introd., 21, 33, 64, 69. 

poison. 83. 

poisoned weapons. 39. 

polygamy. 20, 26,82, 143. 



The Rennes Dindsenchas. Index Rerum. 



3<>ï 



profits à prendre. 3. 
prophecy. 27, prophet. 149. 

quarry stones, right to. 3. 

rampart (mûr). 18. 

râpe of Tlachtga. 1 10. 

rath-builders. 20. 

rath-building. 20. 

rent (cis). 78, (câin). 147. 

right of way (tôchar). 3 . 

roads. 58. 

Rowing Wheel (roth ràmach). 110. 

rushes, right to gather. 3. 

rye, dough of. loi. 

salmon of knowledge. 59. 

satire, blotches raised by. 15. 

sea. See axe, tub, whirlpool. sea- 

monsters. 10, seaspells. 26. 
serpents (nathraig). 13. 
service, contract of. 22. 
strength of a hundred. 39. 
shadow connected with life. 49. 
shame, death from. 138. 
shaving. 63. 

sheep. 28, change of colour of. 1 58. 
shield, of Cûchulamn. 1 § 31, of 

Mac cecht. 31. 
singing, effect of. 42. 
single feet, hands and eyes. 41. 
single colour, cows of. 39, 46. 
signal to lover. 53. 
sleep produced by music. 42. 
sleep-charm (bricht suain). 151. ■ 
slinging. 26. 
smith. 10, 14. 

sod, ordeal of. 100, adored. 100. 
song of mermaids. 42. 
spears (laigin). 9. 
spectral army. 51. 

spdl (bricht). 9, 18, 49, 71, 113, 141. 
spencer (rondaire). 1 § 14, (dàilem). 

12. 
stag. 34. 
stone, buildings of. 91, roaring un- 

der king. : § 13, used in battle. 

139, precious, see carbuncle. 
stones for computing losses. 29. See 

pillar-stone, quarry. 



submarine folk. 5, well. 59. 

suicide. 136. 

sureties (ratha). 78, 81, 161. 

swimming. 81. 

swine hunted. 35, 37, 73, 74, ma- 
gical. 70, human beings trans- 
formed into. 71, herding. 103. 

tabus (geisi). 46, 99. 

tears, lake formed of. 138, of 
blood. 192. 

theft of diadem. 40. 

tongues excised and buried. 7. 

tortures. 133. 

tower (tor). 75, 147. 

transformation of girl into a bag of 

- water. 15, a pool of water. 113, 
a man. 36: of men and women 
into boars and sows. 71, of kisses 
intobirds. 117. 

trap. 93. 

trees destroyed by sea-beasts. 10, 
growing through graves. 17, 
wonderful. 34, 50, 160. See clea- 
ring plains, harels, yew. 

tub dripping during sea-fiood. 11. 

unborn child, fear of being killed 

by. 88. 
urine, flood of. 141. 

water, woman transformed into. 

15, 11 3, changed by crime. 137. 
water-mill. 1 § 5. 
well. 19. See urine, 
whirlpool. 145. 
wisdom. See hazels. 
witches. 18, 30. 
withershins walking. 19, marching. 

140. 
wizard (drui). 1 (§§ 20, 21), 7, 9, 

18, 88, m, 114, 141, 1 59- 
wizardiy (druidecht). 14, 110. 
wolf. 34. 

women fighting. 24. 
women soldiers. 1 (§27), 105, 149, 

rimers. 32, 83 ,86,druids.83, 159. 
wrestling. 155. 

yew, house built of. 91. 



3o 4 



Whitley Stokes. 



INDEX VERBORUM. 



aclaidim. 112, Ihuiit, I attack. 

ad-âigestar. 43, timuit. 

adbathat'ar. 44, perierunt. 

adrochair. 152, cecidit. 

aidbriud. 40, reproof. 

ail b'réthre. 127, verbal insult. 

dinnle. 126, bcauty. 

airrches. 93, a trap. 

airchend. 158, tige? 

aircing, 42, edge? 

air-ech. 79, a pach-horse. 

airtera. 112, an inch. 

aister. 65, travel. 

ailt. 146, a house. 

allaind (tallaind?). 28. 

amros. 31, doitbt, ignorance. 

amsaige. 161, soldiery. 

ardsenôir. chief elder, Introd. 

ar-laicim. 6, / release. 

ar-segar. 15, is caïïed. 

at-beb. 94, mortuus est. 

at-cluinte. 102, was felt, was per- 

ceived. 
atomannar. 109, I atn raised up? 
aub. 113, a river. 

ba. 13, diunb. 

baeth-réim. 121, a inad course, a f li- 
rions raid. 

baigliu. 34, a fa-zvn. 

ban-aidid. 161, death in cMldbed. 

ban-amus. 1 § 27, afemale soldier. 

ban-brugaid. 113, afemale bospital- 
ler, = banbruigiu. 142. 

ban-charà. 49, a paramour. 

ban-drui. 83, 159, a druidess. 

ban-féindid. 105, afemale champion . 

ban-iili, a poetess, 159. 

ban-gaisgedach. 149, a female cham- 
pion . 

ban-licerd. 32, 83, 86, a female 
rimer. 

ban-serc. 53, a paramour. 

ban-tôisech. 80, a chieftainess. 

ban-trebthach. 156, a ividoiv. 



ban-tuath. 18, a witch. 

barc. 4, a palace. 

bech-teillén. 126, a swarm oj bées? 

bir. 13, water. 

bleda mara. 10, beasts of the sea. 

bô-âr. 123, 157, nutrrain, cattle- 

pl ague. 
brachem. 34, a stag. 
branén. 54, a young crow. 
bratbertach. 1 § 8, plundering? 
bréch. 34, a ivolf. 
briugu cétach. 40. 
brosna suad. 160. 
brothlach. 157, a cooldng-pit. 
bru. 34, a doe. 
brûach-brecc. 126, big-bellied and 

frecMed. 
bûarach. 86, cow-spancél. 

caem. 117, a noble. 

caer. 115, abundance. 

caer clis. 26, a kind of slingstone? 

cain-teglach. 141, a j'air housebold. 

callaire. 119, a crier. 

carnail. 31, a heap. 

carr. 14, a spear. 

cechnatar. 42, cecineruut, ro-cha- 

chain. 69, 141, cecinit, = roca- 

choin. 95. 
ceithrib. 66, 83, dat. of ceithre 

four. 
celtar. 1 58, conceaîment ? disguise ? 
cétach. 30, 121, a mautle. 
cét-cluasta. 38, hundred-eared. 
cess ôited. 94, debility ofchildbed. 
cèle. 94. a fair-green, P. O'C. 
cingit. 147, a goblet. 
claimsech. 161, a lepress. 
cland-maicne. 132, children. 
clâr fodluta. 79, a floodgate? 
clé-gûalu. 99, lejt shoulder. 
cliabaine. 60, cradling. 
cnô-maidim. 2, / break îike a mit. 
cnô-maidm. 1 18, breaking like a nul. 
cocholl. 104, a kind of fishing-net. 



The Rennes Dindsenchas. Index Verborum. 



505 



coemnacair. 47, potuit. 
coim-chennach. 145, trading, traf- 

ficking. 
com-arc. 20, commémoration . 
com-fan. 1 § 15, fl slope. 
com-flathius. 132, 161, joint-so- 

vranty. 
com-fota. 158, equally long. 
com-maidm cridi. 102 , a heari-brea- 

king. 
com-rith. 94, a joint course, a race. 
comthach, gen. pi. 133, bribes. 
conairnecht prêt. pass. sg. 30! co- 

nairicim. 83. 
conaitechair. 46, he demanded, pi. 3 

conaitchetar. 78, i4i,conatchetar. 

161. 
conaitich. 78, conauttaig. 3, cona- 

taig. 69, 99, condatig. 12, he de- 
manded. 
con-buachail. 101, a herd-hoauJ. 
concairecht. 35, managing packs of 

honnds. 
condolb. 145, affection. 
congegne. 6, he transfixed. 
congna. 158, hom, antler. 
consniaim. 6, I gain ? 
corbbud. 158, corruption, pollution. 
coscrad. 155, cutting up an animal. 
criathar. 74, a désert. 
cruisech. 6, a javelin. 
cuchtair, gen. cuchtrach. 1 § 16, a 

kitchen. 
cuchtaire. 60, a kitchener. 
cuirreill. 4, a casket. 
cullach, see glas-chullach. 
cuthchaire. 93, a trapper. 

dadaig, fescur dadaig. 97. 

dâigjire, ace. sg. daigid. 129. 

dall-chiall. 157. 

dan. 43, a task. 

deccra. 1 § 9, wonders? remarkable 

things ? 
delà. 93, a drinking-cup. 
delidin. 17, metathesis. 
dellich. 66, dellig.- 100, he lay, j'ell 

doii'ii . 
dendgor dust? 144. 
deogbaire. 60, 146, a cupbearer. 
dianaigim. 144, I hast en. 
dichinaid. i^,guiltless. 



diclochad. 3, quarrying stones ? 
diétgud. 6, undressing, disrobing. 
dineoch. 36, a healing draught. 
doe. 118, an arm. dd doit. 93. 
dôer-fognam. 78, base service. 
doith (doich?). 93, limber, freefrom 

hitches. doich .i. eascaidh no ta- 

paidh, P. O'C. 
doreguinn. 3, for doroega he chose. 
doruaichill. 39, hepromised? 
dotuaraid. 9, remained. 
drochta. 11, a tub. 
drond. 66, a chine. 
dub-sesra. 46, a bucketful. 
dubthair. 87, a jungle. 
duirb. 66, a wornt. 
duis. 116, a présent. 

echmairt. 107, covering a mare. 
elba. 141, goods, pi-operty. W. elw 

« lucrum, quaestus ». 
ell. 49, davantage, opportunity. 
en. 27, water. 
énach. 134, catching birds. 

1. eô. 161, a brooeh. 

2. eô. 160, a tree. 
eol. 97, a home. 
h-ér. 1 17, high. 
erbagaid. 102, a contender. 
erc. 18, a cow. 

ère mias. 25 « burdeu of dishes ». 
escaid (dat. sg.). 1 § 22, a quagmire. 
escal. 145, roaring oj water (esc- 

gal?), eascal .i. fuaim, P. O'C. 
etrud. 86. milking-time? SeeO'Don. 

supp. s. v. eadar-thrath. Corm. 

Tr. s v. etsruth. 

fairscena. 133, for fairesen, gen. sg. 

of faircsiu outlook. 
fâl-cliath. 61, ivall-hurdle. 
ferb-glan. 160, pure-worded. 
feirt. 155, jerk ? twist? 
fiadaigim. 142, 1 go iviîd. 
fiad-ubla. 62, crab-apples. 
fïch. 106. 
ffr catha. 140, truth of battle, fair 

play. 
fi'r-misene. 133, intense hatred. 
fobride. 6, hidden ? 
fochetal. 117, lampooning? 
fochmarc. 87, searchiugfor. 



}o6 



Whitley Stokes. 



fodbad. 132, to strip off armour. 

foen. 59, supine. 

fo-loscaim (prêt. pass. forollscath. 

46), I singe. 
for bar t. 101, he proceeded ? desired ? 
forécnigud, to force, to râpe, 86. 
for-forbairt. 24, he entreated? 
forgabul. 18, a dépendent brancb. 
forruidbich. 104, hevanquished? 
fortamlaigim. 155, / overcome. 
fortbe. 118, a cutting-off. 
fo-s-ruidbed. 19, was deprived. 
fotholl talman. 52, a cavern. 
fothrus. 132, for othrus sickness, 

illness. 
fualas. 26, 82, afamily. 
fuilgech. 40, shovelling? 
fuither fossuid. 60, a permanent es- 

tate? ferann fuithir. 63. 

glaisin. 1 § 35, woad. 
glas-chullach. 107, a grey Britisb 

stallion. 
glôedaim. 122, I stick to. 
gnâth-focul. 1 § 14, a proverb. 
gnia. 34, a sister's son. 
goth spear, pi. n. goith. 109. 
grainne claidib. 112, point of a 

sword. 
grellach. 120, a mire. 
grian. 100, grave] . 
guin galann. 101, a mighty blow. 

herus. 117, spindlewood. 

iarmaithrige. 126, after-repentance. 
l'ascach. 134, catching fish. 
ilatha. 81. 

imbolg. 66, candiemas. 
imm-furail. 98, excess. 
imm-r-ecaim. 52, 147, he happened, 
■ he met. 
imbadach. 94, pregnant. 

lainn-fordiuclantaid. 9. an eager de- 

vourer. 
leithe. 23, a shoulderblade. 
lindglan. 128, clear-watered. 
long. 4, a bouse? .i. teagh, P. 

O'C. 
lubân. 121, a bow, hop. 
lugnasad. 99. laminas. 



luimncchda. 87, full of chahs or 

sbields. 
lummain. 57, chak. 
lu m m an. 57, sbieid. 
luscaidecht. 60, injancy, babybood. 

mcs-chuire. 58, an armed bost. 
midé. 7, an evil smoke. 
moch-léithe. 18, early grayness. 
mothar. 83, scrub, stunted busbes. 
muccaidecht. 103, berding swine. 
muc-clais. 112. a pig's trench. 
mur-duchu. 42, a mermaid. 
mur-gabul. 43, a sea-inkt. 

nasad. 20, 99, an assembïy. .i. ao- 

nach, P. O'C. 
nert-lecc. ^2,battle-stone, lit. strengtb- 

stone. 
nômad = nôi trath. 65, 94. 
noedin. 10, boat. 

obelda. 145, for ôibéla open-monthed . 
ôitiu gen. ôited, cbildbed. See cess 

oited. 
othar. 22, wage? .i. tuarastal, P. 

O'C. 

port. 41, a mansion. 
prîm-rôt. 58, a cbief road. 

rathmogaid. 63, 78, a ratb-builder. 
rathmuigecht. 20, ratb-building. 
rfniaire. 79, a computer. 
rimsad. 161, tobewitcb? 
ross lin. 46, flax-seed. 
ruamna. 161, dyestuff? 
ruiseda. 10, sea-monsters. 

samguba. 81, mermaid. 

scithlim. 134, spending, cousuming. 

sciulang. 52, a fugitive. 

secal. 161 , rye. (froni lat. secale). 

sechta. 18, seven tbings. 

scilche. n, a tortoise. 

selaig. 43, perf. act. sg. 3 of sligim 

I eut doivn. 
sephaind. 47, perf. act. sg. 3 of sen- 

nim Iplay. 
sescrad. 101, dry (unbulled) caws. 
sethad. 18, driving? (leg. sechad?). 
siu for re siu. 141. 



The Rennes Dindsenchas. Index Verborum. 



307 



slabra. 60, a bride-gift. 
slâncrechtach. 108. healedof uvunds. 
sluag-rechtaire. 119, host-steward. 
snas-chur. 52, a chip. 
so-mâin. 63, avaluable considération. 
sûili na mér (lit. the eyes of the fin- 
gers) knucMes. 62. 

taemad. 93, pumping out, emptying. 

taes. 161, dough. 

taibleôir. 126, a slinger. 

tairbert. 109, vigour? ; 140, a birth. 

taircim (to-air-icim). 117, I corne to. 

tairthugud. 101 , an account 

tamlaigim. 15, I die of disease. 

tamnugud. 44, a lopping. 

tardarc. 70, looking over. 

tarr. 59, back? belly? 

tarrgraig. 127, 129, a journey. 

tartha. 5, dry? 

tascraim. 26, I sever. 

tathaim. 38, obiit. 

tathlaim (-laib?). 36, slinging? 

teidmnech. 127, pestilential, deadly. 

teinm. 31, to eut. 



1. telach. 104, îoosing. 

2. telach (gen. sg.). 1 § 31, a hol- 
l&iu ? 

tinne. 120, an ingot. 

togerad. 117, girding at, gibing. 

tôisech teglaig. 149, chief oj a house- 

hold. 
tortha. 117, corne ! toirche. 68, corne 

hither. 
treb-lucht. 36, household. 
trechumasc. 6, a crowd? 
trefuilngid. 34, a strong upholder. 
tûarad. 1 § 5. 
tuaim. 145, a place. 
tuairse. 8, a remnant. 
tuaithbel. 19, 140, withershins. 
tuathach awitch, ace. sg. tuaidig. 30. 
tuesat dia cind. 18, they suvre by. 
tulchân. 136, a hillock? 
tul-chnâm. 102, frontal bone. 
turscur. 161, severance. 
turtur. 31. 

uaisnech. 7, sublime. 
uisine, temple (capitis). 88. 



$o8 Whitley Stokes. 



ADDITIONAL NOTES. 



Revue Celtique, XV. 

P. 391, 11. 21-23 « a roadway », etc. Perhaps the correct rendering is 
« a right of way over Môin Lamraige, a right to eut timber over Brefne, a 
right to quarry stones in Meath, and a right to gather rushes over Tebtha ». 
If so, we hâve hère a proof that the Irish recognised servitudes, or, in the 
language of English lawyers, easements and profits à prendre. 

P. 295, 1. 19. The Ailbine is mentioned in theBook of Arraagh, fo. 9 b 1 
(« ad hostium Ailbine ») and in Adamnân's Vita Colinnbae, II, 4 (« ab illo 
riuulo qui dicitur Ailbine »). 

P. 296, note 4, add and, according to Thiébault's Mémoires, the Russian 
gênerai Suvaroff, after bis triumphal entry into Alessandria, stript off ail 
his clothes, except his jackboots, and exhibited himself « naked as a rep- 
tile » to the bystanders. 

P. 298, 1. 10. Mide's object in cutting out the wizards' tongues was per- 
haps to prevent them uttering malefkent spells. So Tereus eut out Philo- 
mela's tongue to prevent her revealing lier sufferings. 

P. 301, 1. 8. The gen. sg. Erota is probably = Hirotae, Bk of Arm. 
1 3 b 2, Iraate, Trip. Life, 222, with the fem. article na hlruathe, LL. 207 b 25, 
na hlrûade, LL. 90 11 , na hlruade, LL. ioi b 30. Zimmer's identification with 
A. S. Hitredha-land (A. S. Chron. 787), ON. * Harudhaït., seems phoneti- 
cally impossible. 

P. 306, 1. 22. For the slaying of Aithechdach by Mael-odrâin after he had 
been a year buried, see Kuno Meyer's Hibernica Minora, 73. 

P. 309, 1. 30. Shedding horns in token of grief is mentioned again, infra 
no. 123. 

P. 311, 1. 16. Tucsat dia cind seems an idiom meaning « they swore bv ». 

P. 312 (misprinted 412), 1. 14, ilurg hère seems to mean « in the 
rank ». 

P. 312, 1. 27, mar taidbsiu, lit. like a show, is an idiom meaning « in 
great quantity ». 

P. 325, 1. 4. The story of Nuada and his silver hand reminds one of the 
Açvins substituting an iron leg for the leg of Vispala eut off in battle. 

P. 332,1. 4, after 49 insert and The Academy, Aug. 25, 1894, pp. 134, 135. 

P. 333, 1. 6, as to Crimthann's mande see further, infra No. 121. 

P. 334, 1. 28. The « nuts of Segais » came from the nine hazels that 
grew there. See infra No. 59. 



The Rennes Dindsenchas. Additional Notes. 309 

P. 336, 1. 12. Snuad =W. niidd, Lat. h«Z>«. Gris now the river Griesc. 

P. 422, 1. 7 add as is said of their names and customs and deeds in the 
Book of the Appellations of the Heroes of Leinster. 

P. 425, 1. 34, add Loch Lurgan now Galway Bay. The magical property 
of the Pool of the Bulls reminds one of the Carian fountain Salmacis, 
Ovid. Met., 4, 286. 

P. 431, 1. 2. The river Slaine (now Slaney) rises in the co. Wicklow and 
flows into Wexford Harbour. 

P. 432, note 3. Or is it for airchinn « edge »? If so, translate p. 433, 
line 2 from bottom « by the edge of the land to go round boundaries ». 

P. 434, 1. 17.0'Donovan (Four Masters, A.D. 858, note p. 95 1, notes) 
thinks that Port Lâirge takes its name from Laraic, a viking who plundered 
Tech Moling in 951. If so, the Dindsenchas was composed when the true 
etymology had been forgotten. 

P. 437, 1. 4. As to clearing places «f trees cf. Psalm 74, 5. 

P. 438, 1. 29. For the story of Clidna and for Câilte's song see Silva Gade- 
lica, I, 178, II, 200-201. 

P. 444, 1. 6. Hère Tête, Roigne and Gabrân seem to stand respectively 
for Oenach Tête, Mag Roigni, and Belach Gabrâin. So Febal, No. 140, for 
Loch Febail. 

P. 450, 1. 28. According to O'Curry (Lectures, p. 477), there was ano- 
ther Srub Brain in the west of'Kerry, and, if he be right, this is probably 
the Srub Brain hère mentioned. As Kuno Meyer observes, Nos. 50-5 <; ail 
refer to régions in Kerry. 

P. 467, 1. 30. Gâirech and Ilgdirech « two hills in the neighbourhood of 
Mullingar, in the co. of Westmcath, where the last battle of the Tdin bd 
Cuailngne was fought », O'Curry, Children of Tuirenn, 174, note 169. As 
to Gâirech see No. 120, Rev. Celt., XVI, 72. 

P. 469, after 1. 6 add Compare with this graceful legend the story of the 
birds of the lake of Savaddon in Giraldus Cambrensis' îtin. Canibr., I, 11, 
p. 34 of the Rolls édition. 

P. 470, 1. 23. add The swine that could not be counted may be com- 
pared with the circle-stones at Rollright in. Oxfordshire, that cannot be 
reckoned twice the same, Folklore, VI, 26. 

P. 481, 1. 2, Mag nAdair, now Park Myra, O'Curry, Tochmarc Monera, 
p. 157 n. : LochCutra, now Lough Cooter, county Galway: Loch Cimme, 
now Lough Hacket. in the same countv. 



Revue Celtique, XVI. 

P. 36, 1. 20. The twelve stone-idols were probably fetish-stones. Crom- 
cruach may hâve been a wooden image (-jo'avov) covered with gold. 

P. 39, 1. 6. Furbaide with his horns reminds one of Zagreus. 

P. 46, 1. 3, nômad « a space of nine days ». Was this part of the story 
suggested by Leto's nine days' labour in Delos? 

Revue Celtique, XVI. 22 



3 io Whitley Stokes . 

P. 141, 1. 27. Father Hogan tells methat Buaid was an ancient namc of 
thc Bann, so that Inher mBuada would be the mouth of that river. 

P. 145, 1. 5 from bottom. For another example of the baleful influence 
of a crime on the water of a well sec Hawthorne's novel, The House of tbe 
Seven Gables, chap. 1. 

P. 146, penultimate line. Thèse stories of deaths from shame perhaps 
originated in the common tabu forbidding husbands, for a certain time 
after marriage, to see their wives unveiled. 

P. 1 53. As to drowning men in a flood of urine, see the Australian taie 
of Pundjel in A. Lang's Myth, Ritual and Religion, II, 5. For more as to 
the mythological use of tins liquid see J . Darmesteter, Sacred Books of the 
East, vol. IV, p. lxxxviii. 

P. 155, 1. 27, after substance insert with BB. 21-42 and. 

P. 163, 1. 25, after put insert upon her. 

P. 164, 1. 1, add: Fraech, better Ffôich, is hère the gen. sg. of a fem. 0- 
stem (like Lat.fagus). When Bith died, his widows (of whom Fraech was 
one) came to Fintan, but he fled before them. Thereupon his wife Cesair 
died of grief. 

P. 164. 1. 23, add for him. 



The Rennes Dindsenchas. Corrigenda. 



311 



CORRIGENDA. 



P. 276, 

279' 
285, 



287, 
290, 
291, 

297» 
298, 
301, 



504, 
305, 
306, 

307, 



313, 

3i>> 

322, 
332, 
333, 

3 34, 

335» 

421, 

425, 
428, 

430, 

430, 



Revue Celtique, XV. 

col. 1, 1. 7, for 499 a read 496-» 

1. 5, from bottora, for hill she would choose read choice hill. 
§11, for green read Gray. Father Henebry thinks that Glas Tem- 
rach was the name of a famous cow, and that it is hère a gloss 
on bô. 
§ 28, 1. 1 , for fort read charioteer 
ast Une, for Luachair read luachair. 
. i,for Crimtbainn read Crimthainn. 

2, for uais nech read uaisnech 

3, read « Sublime is he who is hère, etc. 

24, after Ross insert Nàir 

18, for South of Tara they set up, read Southwards from Tara 

they took their way 

23, for what they left read whatsoever they found 

2 3 , for ron-maid enech read ron-maide nech 

8, dele [leg. it?] 

13, for sent her on a circuit ail read she ran four times 

2 5 , for Liber went to her woe read Out of sorrow for him Liber 

went 

25, the dia cumaid of the ms.. should be corrected into dia cha- 
niaid. 

. 27, for Bricc read Bruicc. 

1. 25, 34, p. 314, 11. ■), 6, for German read Garman 

1 , for now Wexford read in the south of the présent county of 

Kildare, Ami. Ult. 840, note 11. 

23, for Forcarthain (bis) read Forcartain 

1 , for 94 read 96 

6, for Déa ben read Dé a ben 

20, for shower read showers 

6, for ce read co 

4, for «pà-pÀo; read yi-yXoç 
12, for of read off . 

4, after kine insert of one colour 
Notes 1 and 2 belong to p. 429 

7 , for German read Garman . 
17, for part read part ' . 

22, for shining ' read shining 



3 1 2 Whiiley Stokes. 

P. 431, 1. 3, for was r ead hy. 

11. 6, 7, for the day that the lake will be born ra<i on the birthday 
of the lake. 
432, 1. 19, for III read II 
434, 1. 4, for huger than read as huge as 
441, 1. 8, for Fodb read Bodb. 
447, 1. 30, for Crinthann read Crimthann. 
452, 1. 2, for seem to r«oi may 

457» !• 9> / or t ^ e ) u "' ce °f tne nuts ^ s apparent on their purple bellies 
read it is the juiceofthe nuts that iscast up like crimson bubbles. 

462, 1. 11, for Athlo read Athglo 

463, 1- S,f or elsewhere read infra No. 89. 
465, 1. 18, for Fiachrac/; read Fiachtta 
467, 1. 4, for Fiachra read Fiachna 

1. 9, for to read as far as. 
471, 1. 2, front bottom read Brogarban 
475, 1. 2, after Islands insert are called 

483, 1. 4, for whereover recul wheresoever 

484, 1. 19, for they were ail, read both she and they 



36, 
37. 
41, 
45- 
Si. 
53» 
54, 
68, 

75, 

76, 

77, 

138, 

148, 

149, 
150, 

160, 
161, 

162, 
163. 
164, 
166, 



Revue Celtique, XVI. 

. 12, for propritiated read propitiated 
.25, for Commaer's read Conmaer's 
ast line, for Rubne read Rubae 
The first two lines should be the last two lines. 
.11, for ganes read garaes 
. 14. for Becan read Buan 
.23, for fer read for 
. 26, for came read were 
. 8, for 125 read 123 
.13, for Lore read Lorc 
ast line, for sow read over 
. 34, for healed read sick 
ast line, for fr read fri 

• 19, f or through the north of read withershins in 
. 1 , jor to overthrow (?) them or to make them grant read to 

make them let him go or grant 
. 29, for Britâr read Baitar. 
. 12, for Liach happened 2 to be on Mag Léige, with read they and 

Liach met 2 on Mag Léige, and she had 
.il, for turned on read betrayed 
. 24, for survived read were after 
.23, add for him 
. 9, for Cathbad read Eber 

Whitley Stokes. 



LE SORT CHEZ LES GERMAINS ET LES CELTES 



Tacite (Gcrmania, 10) nous décrit une des façons de consul- 
t le sort usitée chez les Germains : « Sortium consuetudo 
mplex. Virgam frugiferae arbori. decisam in surculos ampu- 
.nt eosque notis quibusdam discretos super candidam vestem 
mère ac fortuito spargunt; mox, si publice consultetur, sacer- 
)s civitatis, sin privatim, ipse pater familias, precatus deos 
.elumque suspiciens ter singulos tollit, sublatos secundum 
ipressam ante notam interpretatur. » Ces notae sont sans 
)ute des runes. Le mot seul de Buchstabe suffirait à prouver 
:e les runes étaient habituellement gravées sur du bois. 

Barbara fraxineis pingatur runa tabelïis 
Oitodque papyrus agit, virgula plana valet. 

(Fortunat. Carm. VII, iS, 19). 

En norrois, rûnakefli ou simplement kefli désigne les bois 
sort. Kefli est devenu par emprunt, en écossais, keevil 1 . 
Le ter singulos tollit est confirmé par un passage de César 
\ bell.gall., I, 53, 7). G. Valerius Procillus, interprète gau- 
is de César, délivré des mains d'Arioviste après la victoire 
s Romains, raconte qu'on consulta trois fois le sort à son 
jet : se praesente de se ter sortibus consultant dicebat, ut r uni 
ni statim necaretur an in aliud tempus reservaretur : sortium 
neficio se esse incolumem. 

Le même usage a existé chez les Gaëls et les Bretons. Le 
rt, consulter le sort est exprimé en irlandais par crann-chur , 
ot à mot, action de lancer le bois. {Tri bior-ghaoithe an bhais, 
édit. par Atkinson, Irish manuscript. séries, vol. II, part I, 
108,5 5 crand-chur, The Passions and the Homilies front Leab- 
r breac, éd. Atkinson. Voir Glossary.') 

1 . Sievers, Grundriss der germ. phil., I, p. 242. 



514 J- Loth. 

En comique, la même idée est exprimée de même : Teulel 
pren myl wel vyé, tirer au sort serait mille fois mieux: mot à 
mot, lancer le bois {Passion, 2847). 

En gallois, coelbren signifie également sort et est composé de 
coel pronostic, présage, et de pren bois. Silvan Evans donne des 
exemples de ce mot, usité encore aujourd'hui, tirés du Brut 
Gr. ab Arthur (Myvyr. Arch., II, 243), du Brut y Tyiuysogion, 
66, du Brut y Saeson (Myv. Arch., II, 534). Ces morceaux de 
bois qu'on lançait étaient évidemment, comme chez les Ger- 
mains, distingués par des signes. Le mot blaen-bren signifie 
privilège, bonne fortune et est composé de blaen, extrémité, 
sommet, priorité et de pren, bois (v. Mabinog., éd. Rhys-Evans, 
p. 145, ligne 23 ; ma traduction, tome I, p. 289, notes cri- 
tiques, p. 354; Lhwyd lui donne le sens de bonne fortune ; 
Silvan Evans, Welsh Dict., id.). 

Le mot breton prend enn, qui signifie fléau, malheur 1 , et aussi 
méchanceté me paraît devoir être cité ici. Il paraît bien contenir 
également, pren, bois, et est peut-être à décomposer en pren, 
bois et demi, pour tenu : action de tirer le bois, tirer au sort (cf. 
le comique teulel prenn). 

On a donné au mot gallois coelbren le sens d'alphabet, mais 
on ne trouve pas, à ma connaissance, d'exemple bien ancien 
de ce mot dans ce sens. (Je ne l'ai trouvé ni dans le Livre Noir, 
ni dans le Livre de Taliesin, ni dans celui à'Aneurin.) L'alpha- 
bet dit coelbren y beirdd ne se trouve dans aucun manuscrit 
avant le xvi e siècle (Silvan Evans, Welsh Dict., au mot coel- 
bren, p. 839, 2 e col.). Néanmoins, si on se rapporte à ce qui 
précède, s'il est établi que le sort était consulté au moyen de 
morceaux de bois portant des signes gravés, n'est-il pas vrai- 
semblable qu'à une époque ancienne coelbren a eu, chez les 
Bretons, la même fortune que le buchstabe chez les Ger- 
mains ? J. Loth. 

1. Vie de Sainte Nonn, éd. Ernault, vers 11 90: 
pebe\ prendenn so disqitennet ; 
Cf. Le Grand Mystère de Jésus, p. 64: 

Cargnet a prenden 
Jn^as oa ho penn 
Il y a une variante preden ; mais la forme prenden est assurée par le passage 
ci-dessus de Sainte Nonn. 



LA DÉSINENCE BRETONNE 



PREMIERE PERSONNE PLURIELLE 



i. La désinence de la i re pers. plur. est en breton -ni ou 
-mp, tant pour les formes verbales que pour les prépositions 
combinées avec leur régime : karom(p), nous aimons, om(p), 
nous sommes, karem(p), nous aimions, deoni(p), à nous, 
ganeom(p), avec nous. 

Les langues celtiques présentent, sur ce point, de notables 
divergences. On trouve en gallois -m dans ym, carem, gennym, 
mais -n dans carum,yn, à nous. Le comique a toujours -n: 
caryn, on, caren (et non carem, Loth, Essai sur le verbe néo- 
celtique, 70), thyn, genen. 

Le vieil-irlandais, plus varié, offre, dans la conjugaison ac- 
tive, i° -m simple final: no charam, nous aimons, caram, ai- 
mons ; 2° -m dur final : -biamm, que nous soyons (Wh. Stokes, 
The neo-celtic verb substantive, 33); 3 divers suffixes commen- 
çant par m dur, comme carmnie, nous aimons, ammi, nous 
sommes, no charmm'is, nous aimions ; 4 -n final, provoquant 
l'aspiration d'une consonne suivante : bàn, soyons {Verb sub- 
stant., 19, 53). Les prépositions prennent uniformément -n 
dur ou -nn, nd : dûn, à nous, linn, avec nous, diin, dind, de 
nous. 

2. D'après M. Brugmann, Grundriss der vergleichenden Gram- 
matïk der indogermanischen Sprachen, II, 1354, 1355, les m 
durs de l'irlandais sont dus à l'analogie de la forme ammi, où 
-mm- vient de -sm- (racine es, cf. Verb substant., 43), la pho- 
nétique exigeant l'aspiration de tout m primitivement entre 



ji6 E. Ernault. 

voyelles. Les m du gallois, qui devaient être redoublés à l'o- 
rigine (car en cette langue m entre voyelles devient v) } re- 
monteraient aussi à -sm-, par exemple dans ym, nous sommes, 
caront, nous aurons aimé. L'auteur cite M. Thurneysen, qui 
soupçonne dans les formes verbales galloises en -m l'influence 
d'aoristes et d'injonctifs ayant la caractéristique s. 

M. Stokes, Verb subst., 40, 50, rappelant une observation 
faite par M. Thurneysen, Revue Celtique, VI, 145, pense que 
Ym dur peut représenter phonétiquement, en irlandais comme 
en gallois, un m intervocalique suivi de l'accent; ainsi le gall. 
ym, nous sommes = sanscrit imâs } nous allons; buam, nous 
tûmes = babhiïvimâ. 

Il en était peut-être de même quand Ym venait après une 
liquide. M. Stokes distingue, Urlceltiseher Spraebsehal-, 114, 
l'irl. garni, chaud, rouge, = *gonuos, de gorm, bleu, nomina- 
tif plur. gormma, gall. givnn, noir, brun, = *gorsmos ; ne se- 
rait-ce pas un seul mot, *gormôs } cf. Sep^oç ? 

3. On explique le gall. carwn par *canvf-n, de *carom (par 
m simple, =irl. caram), avec addition d'un n de nature pro- 
nominale. Cette forme remonte peut-être au vieux-gallois : 
ceinmicun, nous honorons, ou honorons ? Beitrœge de Kuhn et 
Schlcicher, IV, 385, 356 (cf. iolwn, adorons, Rev. Celt., VI, 
53). Mais dans ceinmicun le sens seul du radical est certain : 
cf. vieux-bret. Kenmicet, Cartulaire de Redon, 75, gall. ceinmy- 
gedig honoré. Le contexte n'est pas clair; peut-être guorsed 
ceinmicun veut-il dire « siège d'honneur », ci. irlandais 
dimicin, déshonneur, mépris, Stokes, Beitr. de Bezzenberger, 
XVIII, 62. 

Le vieux-breton ne présente que docondomni ou docordomni, 
nous écartons, dont on peut se demander si Ym était doux ou 
dur. Cette dernière explication me paraît la plus probable. 

4. L'absence de formes en ;;/ après les prépositions, dans 
l'irlandais, me fait penser, comme M. Richard Schmidt, Indo- 
germani'sche Forschungen, I, 52, que le gallois et l'armoricain 
les ont empruntées à la conjugaison, et qu'elles n'ont rien à 
faire avec y.\).\hi. Les Trécorois ont étendu cette désinence ver- 
bale au pronom sujet : ils disent ni-m(p) 3 nous ; c'est le pen- 
dant de i-ntj eux, gall. bwy-nt, y. irl. sia-i (cf. l'italien egli-no); 



La premier e personne du pluriel en breton. 3 1 7 

rappelons encore etré~ont, entre eux, à Landerneau, de etre^o, 
et gèlent, avec eux, à l'île de Houat, de gete; Loth, Chresto- 
mathie bretonne, 365, 375. Le dialecte de Tréguier a aussi, 
sous l'influence des formes prises par le pronom après les pré- 
positions, modifié le mot on, notre, à nous ; par exemple om 
noat, notre âge, om deus, nous avons, pour on oat, on deus. 

L'exception unique faite par le gallois en faveur de yn pro- 
vient, comme l'a vu M. Schmidt, de ce qu'au singulier on dit 
ym à moi, forme dont l'antiquité est assurée par le comique 
dym et le v. irl. donun, tandis qu'on a, par exemple, en gall. 
gennyf, avec moi, comique genaf, comme en breton moyen 
gueneff. M. Stokes a expliqué cette différence de traitement 
par une différence de cas dans le pronom régime : donnn, 
dumm = *dn m'b' , *tu niibî (datif), avec un b qui manquait à 
l'accusatif (Celtic Declension, i re éd., 102). Le breton moyen 
avait déjà passé le niveau sur cette ancienne distinction, et mo- 
delé diff sur gueneff. 

5. Le p final est spécial à l'armoricain. Il a une variante, 
b, fréquente surtout en vannetais : e hramb, nous faisons, 
Grammaire de Guillome, Vannes, 1836, p. 57, etc. On lit 
a-rampp, id., avec deux^>, Dictionnaire de l'A., v. lof. Quelle 
est l'origine de cette consonne adventice ? 

M. Stokes a, je crois, trouvé la vraie solution, en expliquant 
que -mp vient de la forme augmentée au moyen du pronom 
ni: caromni, puis carompni, d'où caromp à côté de carom (Mid- 
dle-Breton Hours, 91; The Breton Glosses at Orléans, n° 221; 
Verb subst., 5 1). Il a rapproché le bret. moy. columpncnn, dain- 
pnaff, hympn, colonne, damner, hymne, et les mots bas-lat. 
sompnus, solkmpnitas . 

On peut ajouter le moy. bret. condampnet, condamné, 
Sainte-Barbe, 342, Poèmes bretons, 1 (= condamnet, Saint-Gwe- 
nolé cité par D. Le Pelletier, v. gwitibunan) ; dampnacion, 
damnation, Poèmes bretons, 239. Le p de ces mots subsiste 
encore en petit, Tréguier; on emploie dampet, damné, dampa- 
sion, damnation, dans les jurons, comme équivalents anodins 
de damnet, daonet et de daonasion. Le groupe -mn- a perdu 
également son n dans le moy. bret. amneseuc, amescuc, voisin, 
aujourd'hui ame^ek. Cf. tréc. usâmes, ensemble, de asambles. 



3 1 8 E. Ernault. 

6. M. R. Schmidt, qui a recherché l'origine des formes en 
-mp, Idg. Forsch., I, 50-59, ne mentionne pas l'explication de 
M. Stokes, qui a été aussi adoptée par M. de la Villemarqué. 

Il rapporte une hypothèse de M. Windisch, d'après laquelle 
caro-m-p serait une sorte d'accommodation de carom à la 3 e 
pers. plur. caro-n-t (p. 5 1) ; ce qui n'a guère de vraisemblance. 
Lui-même a cru trouver dans le doublet lamm et lamp, un 
saut, la preuve qu'une finale bretonne par m dur peut se 
transformer en -mp, soit spontanément, soit dans certaines 
circonstances syntactiques (p. 5 5-57) ; les combinaisons m -f- s, 
m-\-r, donnant quelquefois -mps-, -mpr-, en breton moyen (p. 

57, 58). 

M. Loth pensé également, Les mots latins dans les langues 
brittoniques , 180, que le vannetais lampat, sauter, vient de 
*lamhât, dérivé de lamm, par « un phénomène analogue à 
celui qui a développé p après les premières personnes du plu- 
riel en -om, -a m ». 

7. Il me semble que si lamp, lampet dérivaient phonéti- 
quement de lamm, lammet, on trouverait d'autres applications 
de la même loi dans des cas absolument semblables, comme 
bret. moy. bram, bramet ; cam, camhet, un pas; cam, courbe, 
carnet, courbé, boiteux; tam, tammaou ; estlam, estlammet ; jlam, 
lia m met ; sam, sammaff, etc. Or, cela n'a jamais lieu dans le 
breton moyen, qui, du reste, connaît seulement lam et lamct, 
et non lamp ni lampet. Le plus ancien exemple que je sache de 
ces dernières formes se montre dans la devise de Le Brigant 
sur la tour de Babel : a hann a lampas c'est d'ici que (le cel- 
tique) s'est élancé, Observations fondamentales sur les langues 
anciennes et modernes... par M. Le Brigant, Avocat... A Paris, 
chez Barrois l'aîné... M.DCC.LXXXVII, p. ni, etc. 

Le breton moderne n'est pas plus favorable à l'identification 
de lampet avec lammet : on n'a pas cité un seul exemple du 
même genre. Aussi l'explication de lampet par l'influence de 
lamp, glissant, sur lam, saut, chute, lamet, sauter, Glossaire 
moyen-breton, v. lampr, me parait-elle encore la plus probable. 
Malgré le dicton populaire ranplaTi ne qe koucan, « glisser 
n'est pas tomber », l'un est souvent le préliminaire de l'autre, 
et les deux idées s'expriment en latin par le même mot lapsus. 



La première personne du pluriel en breton. 5 1 9 

On peut admettre qu'une des causes de la confusion qui a 
eu lieu ici en breton moderne a été l'expression étudiée à un 
autre point de vue par M. Schmidt, p. 56, d'ann daou lamm 
ru~, au grand galop, dont d'ann daou-lamp ru^est une variante 
légitime. 

8. Car le passage de -mr- à -mpr-, dès l'époque du moyen- 
breton, est un fait réel, qui appuie d'ailleurs l'explication de 
-mpii- par -nui-. Seulement l'unique exemple qu'en ont cité 
M. Stokes (Middle-Bret. Hours, 91) et M. Schmidt (p. 57) ne 
me paraît pas bien établi. Il s'agit du bret. moy. quemprct, 
compret, prendre, qui viendrait de *quemret;M. Schmidt croit 
à tort cette dernière forme attestée, parce que M. Loth l'a 
imprudemment donnée sans astérisque, Chrestomathie bretonne, 
54, 69. Je ne vois pas de raison qui force à interpréter la la- 
biale de quempret, compret = * com-bre-tis autrement que celle du 
moy. bret. tricombout, maison de trois chambres, vieux-bret. 
compot, territoire, commune, = *com-bu-tis, ou du bret. mo- 
derne camby, campy, intérêt, usure, = cambium (Gloss. moy.- 
bret., v. campy). 

Je citerais avec plus de confiance, comme exemple de l'in- 
tercalation de_p entre m et r, le bret. moy. et moderne darem- 
pret, visiter, fréquenter, gall. darymred. Le vieux-bret. arimrot, 
« functus est (pontificatus officio) » est, je crois, le parfait d'un 
verbe semblable, *ar-im-ret, = gall. arymred, action de courir 
autour; cf. Revue Morbihannaise, III, 377. Il est vrai que im, 
cm vient de ambi = v. irl. imb-, imm- ; mais c'était, dans 
*(d)-ar-im-ret, un élément distinct et toujours senti comme 
tel, qui s'était fixé sous une forme où le b primitif n'existait 
plus; c'est ainsi que *cambos était devenu cam, courbe, dès le 
vieux-breton, sans variante *camb. 

9. Pour prouver le changement de ms en mps dans le bre- 
ton moyen, M. Stokes avait cité camps, aube de prêtre; corns, 
comps, parler; on peut ajouter Sampson, Samson ; amser et 
ampser, temps. 

M. Schmidt compare rems, remps, « durée de la vie de 
l'homme », Troude, à l'irl. moyen rcmes, moderne réimhcas, 
temps, période; mais la qualité différente de Y m lui fait se 
demander si l'armoricain ne serait pas emprunté à l'irlandais. 



?20 E. Ernault 

Le breton moyen avait remsy, remsi et rempsy, temps, vie, cf. 
mon Dictionnaire étymologique, à ta suite du Mystère de Sainte- 
Barbe. Il n'y a aucune raison de croire ce mot de provenance 
étrangère; Y m de camps = camisia était également intervoca- 
lique, ce qui ne l'a pas empêché de subsister, en s'appuyant 
sur Y s suivant ; cf. moy. bret. biffuis, hiuis, chemise (de femme), 
qui représente aussi camisia. Le même fait se montre dans le 
vieil-irlandais cainunse. Il est vrai que c'est ta, comme camps, 
un mot savant. Mais on peut expliquer encore coins, comps, 
parler, par * co-nis-, cf. le comique cewsel. De plus, remsy, reins, 
parait n'être pas isolé en breton. 

L'irl. rentes, réimhcas, se décompose en ré, temps, espace, et 
mess, mesure. On peut comparer en cette langue roimse, perche, 
O'Reillv (cf. mais, « a rod for measuring a grave », O'Clery), 
que j'assimilerais au breton vn rams, « un homme à longues 
jambes », Nomenclator de 1633, p. 273, ramps, « homme ex- 
traordinairement haut », Grégoire de Rostrenen, rampsed, 
géants, abbé Henry, Gènes, Quimperlé, 1849, p. 3 1 ; de *ro- 
m's-, grande taille, grande mesure. 

10. Cette tendance du breton à conserver Y m devant un s, 
sans doute aussi devant d'autres sons voisins, aiderait à com- 
prendre l'absence d'un correspondant armoricain exact au pré- 
fixe négatif comique et gallois af-, irl. et écossais amh-, de 
ai)i-. On attendrait *av- ; mais d'après ce que nous venons de 
voir, il n'y a pas à s'étonner de trouver am-, dans des cas 
comme amsent, désobéissant, P. Maunoir, D. Le Pelletier, 
amsént, P. Grégoire, amsent, animent, Le Gonidec. On peut 
admettre encore la légitimité de 1';;/ dans les mots comme 
moy. bret. amdere, déréglé, amdereat , inconvenant ; amsere, id., 
Doctrinal de 1628, p. 124; am~ere, am~ercad, indécent, Grég.; 
le d était là un archaïsme orthographique, sauf pour certaines 
localités, surtout du dialecte de Tréguier. Cf. aussi amgestr 
(cheval) difficile à manier, etc., Grég., amjestr, Troude, de 
gestr, geste. 

Partie de ta, la forme am- se sera étendue à d'autres com- 
posés qui devraient avoir av-, par exemple amlavar, qui parle 
difficilement, Supplément aux dictionnaires bretons, Landerneau, 
1872, p. 48, à côté du comique aflauar, qui ne parle pas, 



La première personne du pluriel en breton. i 2 1 

muet, gall. afîafar (v. irl. amlabar). La généralisation de 
Yam- négatif a été favorisée, du reste, par ce fait qu'il y avait 
en breton un autre préfixe am-, par m dur (= ambï), dont 
certains emplois prêtaient à la confusion. Ainsi le mot amc bou- 
lon, « contre-jour, lumière opposée à quelque chose » Grég. , 
formé comme en grec xw'/eJv.r,, crépuscule, a pris, par exten- 
sion, le sens de « privation de lumière, obscurité, ténèbres », 
Grég.; au contraire, dans le correspondant gallois d'ânçiÀtaï}, 
ce sont les rayons qui sont complètement dégagés des ombres : 
amlwg veut dire « tout à fait clair, qui se trouve en pleine lu- 
mière ». 

11. Lamp de lamm serait plus soutenable que lampet de la- 
met ; car on lit dans Sainte-Nonne une fois chomp pour chom, 
rester, et deux fois expmp pour e~om, besoin. Ce sont là des 
indications sur la prononciation du copiste; mais l'auteur 
avait songé aux formes ordinaires dans les deux derniers cas, 
puisqu'il fait rimer eçomp en om ; chomp est en dehors de la 
rime. Ezpmp se trouve encore, Sainte-Barbe, 67, comme va- 
riante, au xvn e siècle, du mot e%pm, que porte l'édition précé- 
dente, et qui est aussi exigé par la rime. L'existence de e%pmp 
au xvi e siècle est fort probable ; je n'en dirai pas autant de celle 
de dérivés comme *e~ompou ) *e^ompcc, qui n'ont laissé de traces 
nulle part. Le plus simple est d'attribuer cette double pronon- 
ciation e%pm, e%omp, à l'influence des formes fréquentes et mul- 
tiples en cm et omp pour omp-ni, comme deom, deomp-ni, deomp, 
« nous venons »; « venons! » et « à nous ». De môme en 
vannetais er memb ton, le môme air, Choœs a gannenneu... 
Vannes, 1835, p. 210, ur memb action, une môme action, 102, 
mé-memb, moi-môme, 92, ean-memb, lui-môme, 3, = mém, 210, 
même, 89, l'A., etc.; peut-être aussi qucmb-oh-qucmp, mesure 
pour mesure, quemb, choix, différence, l'A., = qucm oh quem, 
« troc, troc », Chai. ms. } kcm, changement, Livr el labourer, 
26, etc. (= camby, campy), cf. d'emb, à nous, Grammaire de 
Guillome, 91, etc. Remarquons bien que cette addition de b 
ou p est toujours finale; ainsi le van. béndém, vèndcm, méndém, 
vendange, mi% béndém, septembre, Grég., miss-menndem, l'A. 
est écrit menndemp, vinée, mecndêmp, vendange, l'A., ce qui 
semble appuyer l'explication de lamp par lamm ; mais le p ne 



322 E. Ernault. 

passe point aux dérivés: plur. me.nnde.mtu, meenndêmeu ; meenn- 
démein, vendanger, meenndénwur, vendangeur, l'A., etc. ; une 
variante lamp de lamm n'est donc pas suffisante pour expliquer 
îampet. 

Une ancienne finale -m p peut, inversement, alterner avec -m. 
Le moy. bre.t. tem, moment, qui rime en em, vient de *temp 
= tempus, cf. gallois tymp, grossesse; le bret. moderne a penîp 
et pem, cinq, comme le gallois pump et puni ; skoemp et skoem, 
scabreux, etc. Mais, encore ici, l'état primitif est fidèlement 
conservé dans les dérivés. Ainsi le diminutif des deux derniers 
mots estpempiq, osselet, du plur. penipigbo, cinq petites (pierres); 
skoempiq, un peu délicat, etc. 

12. Je mentionne seulement pour la curiosité du fait l'équi- 
valence de -n, -m et -mp, dans les désignations galloises du 
butor : aderyn y hun, aderyn y hum et aderyn y hum p. Natu- 
rellement, il ne faut pas songer à voir là le pendant du rapport 
entre le gall. carwn et le bret. karom, karomp. M. S. Evans 
explique ces mots par une onomatopée du cri de l'animal : 
« l'oiseau qui fait boum ! » et dit qu'en anglais provincial on 
l'appelle également bitter-bump. Biun se retrouve dans l'irl. 
bunnàn, et en bret. dans boungors, Nomendator, 38, Grég., 
boïtgors, boungors, Le Gon., etc.; hum, hump, d'où bwmp y 
gors, id., littéralement « le butor des roseaux » (cf. l'allemand 
Robrdommel), dans bom-gors, D. Le Pelletier. 

E. Ernault. 



DIALECTICA 

(Suite.) 



III. 



LE BRETON DE QUIBERON. 

Ce serait une illusion que de croire que le breton dialectal 
écrit répond exactement au langage parlé dans un endroit pré- 
cis et déterminé. Levannetais écrit, par exemple, se rapproche 
assurément du breton parlé aux environs de Vannes, mais il 
se distingue par. un ensemble de traits qu'on ne saurait loca- 
liser dans une même commune ni dans un même canton. Le 
breton dialectal écrit ne représente donc un type vrai et réel 
que si on le cherche dans l'ensemble ou dans une notable par- 
tie de la zone dialectale; c'est un type convenu, si on veut 
le localiser. Il n'y a pas de dialecte où le langage écrit couvre 
plus de divergences curieuses et nettement accusées qu'en 
vannetais. 

On se contente, pour le vannetais, de deux grandes di- 
visions : le haut-vannetais et le bas-vannetais. 

Par bas-vannetais, on entend le territoire compris entre le 
Scorffet l'Ellé, avec une bande de terrain variant de une à 
trois lieues de large sur la rive gauche du Scorff. Les lecteurs 
de la Revue Celtique se rendront facilement compte des impor- 
tantes différences qui séparent les deux zones en se reportant 
à mon article : Remarques sur le bas-vannetais {Revue Celtique, 
VII, p. 171). 



324 J- Lot h. 

Cette division est tout à fait insuffisante. Le haut-vannetais 
se scinde en deux groupes très différents que j'appellerai groupe 
maritime et groupe intérieur ou méditerranéen. • 

Le groupe maritime comprend la côte est, c'est-à-dire la 
presqu'île de Rhuys, le golfe du Morbihan, avec les îles de 
Houat et Hœdic, la presqu'île de Quiberon 1 . Le breton de 
Batz, dans la Loire-Inférieure, lui est étroitement apparenté. 
Le breton de l'île de Groix s'y rattache aussi, malgré de no- 
tables différences, par des affinités particulières. A l'intérieur, 
les traits les plus saillants de ce groupe ne se rencontrent plus, 
si je ne me trompe, au nord de Vannes et d'Auray. Ils me 
paraissent acquérir leur maximum d'intensité à Quiberon 
même. J'ai recueilli les matériaux de cette étude de la bouche 
de M. Le Quellec, instituteur à Guémené-sur-Scorff, natif de 
Saint-Julien, en Quiberon, aujourd'hui décédé, et de M me Le 
Quellec, originaire de la presqu'île et en possédant bien la 
langue. Les exemples en breton de Sarzeau (très voisin de 
celui de Quiberon, surtout le breton de Saint-Gildas de Rhuys), 
sont tirés du travail de M. Ernault, Le dialecte vannetais de 
Sarzeau (Revue Celtique, III, pp. 49 et 232). 

Je note le timbre des voyelles; e sans notation représente e 
irançais dans le, petit ; w exprime /'/ consonne. La voyelle na- 
sale est surmontée du tilde; c et g sont durs; surmontés d'un 
accent (c, g), ils représentent des palatales extrêmement iota- 
cisées, qu'on pourrait prendre pour tch et dj 2 . 

Les traits caractéristiques du breton de Quiberon sont les 
suivants : 

i° Les voyelles fermées dans les autres dialectes deviennent 
encore plus fermées : e final et médial devient i : final de- 
vient ou (a fermé tend \o, etc.); 



1 . Je n'ai pu encore déterminer avec précision ses limites ouest. Il paraît 
s'étendre avec des traits un peu atténués jusqu'à l'embouchure du Blavet. 

2 . De fait, on peut s'y tromper et on s'y est trompé. Une observation 
attentive, au moins pour Quiberon, m'a convaincu que c'est une illusion. 
M. Dottin me fait remarquer que les sons intermédiaires entre ky, gy et is, 
dj se retrouvent dans certains dialectes français, par exemple dans le patois 
de Montmartin-sur Mer, Manche (cf. Annales Je Bretagne, X, p. 95). 



Dialectica.' 32$ 

2° Les consonnes sont nettement palatales ou vélaires, sui- 
vant la nature des voyelles qui les accompagnent. 

Devant e palatal (= l, e, mais non e — = = a), la 
palatalisation se traduit par le dégagement d'un i qui forme 
diphtongue avec e. Quand la consonne qui suit e est r ou ./, 
e devient simplement i ; 

y ou, se diphtonguent; si est fermé, la diphtongue est 
fermée; elle est ouverte, si est ouvert. 

4 e se brise en ici, quand il est suivi de r, 1 ou s -\- con- 
sonne, ou de zv, c'est-à-dire quand il est nettement ouvert . 

Les phénomènes 2° et3° sont indépendants de l'accent. 

I. a) e final devient i : carat i, affection, amour, = bas- 
vannet. carante, léon carànte~; moni, montagne, = 
bas-vannet. mâne, léon. mene~; Dui, Dieu, = bas- 
vannet. Doe ;asi, = léon. a~e {en-drahi, cette chose- 
ci, endin si, cet homme-ci); beyali, enfants = bas- 
vannet. léon. bugale; gwiridni = bas-vannet. gwi- 
rione, léon. gwiriône-; mi, je, moi = bas-vannet. 
. me; ti, tu, toi, = te 1 , etc. 
F) e suivi de r ou de / devient i ; il devient également i, 
quand il n'est pas en position, et qu'il répond à un 
e bas-vannetais ou haut-vannetais : carir, on aime, 
= bas-vannet. carer; din == bas-vannet. den ; bid, 
monde, — bas-vannet. bèd; gwil, fête, = bas-vannet. 
gïvêl ; izuil-, haut, = bas-vannet. iwel; i%il, bas, = 
bas-vannet. i%çl; tiw, épais, = bas-vannet. tëw;gwis, 
truie, = bas-vannet. give~; sic'b, sec, = bas-vannet. 
sech; caïuinir, tailleur, = bas-vannet. cemençr, 
(vec c palatal); miwil, serviteur, =haut-vannet. inté- 
rieur tnewel ou mewel 2 ; digwinir, vendredi, sup- 
pose une forme antérieure digivener, — bas-vannet. 
digwener ; diwic'h, journée, =dewec'h; bihir, bâtons = 



1 . On voit à quelles erreurs on s'expose en se servant de formes dialec- 
tales, sans connaître à fond la phonétique du dialecte dont on se sert: mi, 
ti, ne peuvent être identifiés avec mi, ti, gallois. 

2. Cette prononciation de l répond, comme le fait remarquer M. Dottin, 
à celle de l vélaire, en irlandais, précédé de i, c'est-à-dire à -aol moderne. 

Revue Celtique, XVI. 23 



526 J- Loîh. 

haut-vannet. bihier, léon. bi\ier ; clhïr, =. haut-van- 
net, cïher, cihier, léon. cimier ; pirag, = haut vannet. 
perag; pinaws, = haut-vannet. penos; mi gemi- 
rou, je prendrai— haut-vannet. me gemerou. — Pour 
les exceptions, voir II. 
Pour donner une idée exacte de la prononciation de 
-il -ir final, il faudrait supposer un petit e muet 
avant 1, r, s : mim*T) i\i e l; de môme pour c'h : si Q c'l.i, 
hu'fch, six, — has-vannet huçc'b 1 . 
r) q final devient ou : mi ~ou, je suis = me %p brou = bas- 
vannet. léon, brç; trou, = bas-vannet. léon. trç 
ero 2 . 

IL Palatalisation exprimée par i (l'accent ou plutôt ici 
l'élément sur lequel la voix appuie est è) : 

moarieb, toute, = bas-vannet. moereb ; 

mabiet, les fils, plur. de mâb; 

Giviniet, Vannes, = bas-vannet. Givenet ; 

moagiet, fumée, cf. bas-vannet. moget (/palatal); 

gweliet, voir, = bas-vannet. léon. gwelet ; 

mirhiet, filles, = bas-vannet. merhiet, léon. mçrc'hed; 

riedied, courir, = bas-vannet. léon. redec; 

pi gonçiet, quand vous parlez, = léon pa gom%et : 

piempied, cinquième = bas-vannet. pempet; 

nôdeliec, Noël, = bas-vannet. neàelec, léon. nedeîec; 

carieg, plur. ccrieg, rochers, = léon. carreg, cerreg; 

ca^iec, jument, pi. ce^iec, = bas-vannet. léon. caçec, 
ce^ec. 

Cf. à Sarzeau, pien^iec, quinze, pien^iegviet , quinzième. 

Devant s, il m'a semblé que l'accent était sur i et que 
e était une voyelle atténuée : 

mageries, nourrice, = haut-vannet. mageres; 

santés, sainte, = haut-vannet. \sâtes> bas-vannet. sautes; 



1 . -ir pour cr existe dans une étendue notable du haut-vannetais inté- 
rieur. A Sarzeau, on a simplement -il, -ir, -ic'fi. 

2. ou = final est commun à tout le haut-vannetais. Ce phénomène se 
montre également en Gocllo. 



Dialectica. 327 

mies, île, = léon. ene~, etc. M. Ernault transcrit pour 

Sarzeau par une diphtongue pure. 
Devant m, «final («non nasalisée), on a, à Quiberon, 

la (Sarzeau te) : 
piamp, cinq, = bas-vannet. pemp; 
courbian, peau, = bas-vannet. léon. crohen, crochcn; 
a%ian, âne = bas-vannet, léon. a~eu ; 
dielian, feuille, — bas-vannet. dçlcn ; 
oavirian, messe, = haut-vannet. overçn ou overçn; 
louogoadlan, souris, = logçden, bas-vannet. Içgçden (le 

premier est ouvert par assimilation; gall. llygoden) ; 
pe viau, lorsque je suis (présent d'habitude) = bas- 
vannet. pe iven, etc. 

Remarque 1 : n suivi de voyelle palatale donne nj ou 
gnmjàiu ou gnâ, ciel, =■ bas-vannet. new; 
Sarzeau, inâ, âme, = bas-vannet. inâw; 
uîiec, onze = bas-vannet. wenec. 

Remarque 2. Lorsque e suivi de ; se trouve en position 
dans le corps du mot, au lieu de donner /, il se diph- 
tongue : mi gemirou — me gemero, mais de gemiçr't, pour 
prendre = de gemeret. 

Exception 1. A Quiberon, les diphtongues anciennes 
ou existant en moyen-breton, réduites à un son simple, 
échappent au phénomène de palatalisation : lec'h, lait = 
moyen-bret. lae^, gall. llrieth; santelëc'h 1 , sainteté = 
léon. santele^ = *santolaetb ; ker, village, ville, = moyen- 
bret. caer ; 1er, voleur, =laer, moyen-bret. la%r. ;âwe, 
repos du bétail, = léon. ec'boa^, gall. echwydd; erme~, 
dehors, balai, sel., = vieux-cornique, baloin 2 ; Kibircn, 
Quiberon, = Keberoen (cart. de Redon). 

oe s'est réduit à une palatale, en passant par -lie dans 
tient (sarzeau), chaud, bas-vannet. corn, = gall twynt. 

1. Sarzeau. santelicc'h, v. III. 

2. -oin, en syllabe finae non accentuée, a donné en comique, en gal- 
lois et en breton -en, comme le montrent hahn (dialectalement, en breton, 
hoalen, holen)\ cf. vieux-gallois maharuin, bélier, moyen-gallois (Lois) ma- 
haaen, gallois-moderne maharen, myharen. 



128 J. Loth. 

En dehors des cas précédents, à Sarzeau, comme à 
Quiberon, les deux mots calet, dur, et clîvet, maladie, 
tonnent exception. Pour clîvet, h nasale dans la syl- 
labe précédente paraît en être la cause : Sarzeau ëhuel, 
haut, e%el, bas, tëhuel, épais, = Quiberon, ihuiH, i%iH, 
tiwiH. Pour calet, l'explication est plus difficile ; e paraît 
être pour une voyelle non palatale : Gloses de Luxemb. 
calât (cf. vieil-irl. calath, irl.mod. calaiï). 

Les participes passifs en -et à Quiberon, comme à 
Sarzeau, forment une importante exception. A quoi 
l'attribuer ? Faudrait-il supposer un type apparte- 
nant à • la déclinaison en -a- (peut-être même ter- 
miné en -io : caret = carat io- (cf. le participe irlan- 
dais en te l> ). 

Exception n. e non palatal = o = ô = à, régulière- 
ment ne provoque point de palatalisation : bejôc, 
prêtre, = baglog =* baclâco-; biegec (biegôc), niais, dé- 
rivé en -âco- de bec, bouche; pienec, têtu; piscet, pois- 
sons (piscôt) 2 , = gall. pysgod, pysgaud, = piscàlits, pïs- 
câtio; hirdet, longueur (-dot, = gallois -dawd= -*tati). 

Les noms en -èc marquant endroit ensemencé de 
tel ou tel produit, primitivement en -ïcâ, ont été assi- 
milés aux noms en -àco- : irv'moc , champ de navets. 

Il est impossible de ne pas être frappé des rapports de ce 
vocalisme avec celui de l'irlandais. 

III. ç donne ouo ; ç donne oa ; ç donne ta. 

a): dih couoe'h, homne vieux = léon. dèn cô%, bas-van- 
net, den côc'b, couc'h ; coac'h trôw, mauvaises, vieilles 
choses, = léon. cç\ traou, bas-vannet. coe'h traou ; 
ascouorn, = léon. ascourn ; 
iscouob, évêque, = escçb ; 



i . Les participes gallois en -edig remontent vraisemblablement à une 
forme en -atico- ou -aticio-. 

2. De même en bas-vannetais : pescet, avec c vélaire, mais m'eset — (ne) 
m'es cet, je n'ai pas. 



Dialectica. 529 

mouor, mer, = bas-vannet. mçr ; 

douer, porte, = bas-vannetais dôr ; 

nouçs, nuit, = bas-vannet. nô% ; 

fouorn, four, = lèon.joum; 

couqc, coq, =zcôg ; 

touoret, brise == tçret. 

Devant /, on entend une demi-voyelle e : apostoel, apôtre. 

Au lieu de disadouorn, samedi, on entend disadôern ; 

lôhiern pour louarn, renard, haut-vannet. luern. 
Exceptions: moc'h, pourceaux, doc h, cloche, bçch, 

joue. 
b) coarn, coin, corne, = bas-vannet. léon. cçrn ; 
hast, queue, = bas-vannet. léon. Içst ; 
oavirian (wavirian), messe = haut-vannet. overen; 
louogoadian, souris == *logoden ou *lûgoden (cf. gall. 

llygoden, irl. luch ; en bas-vannet. dans logodcn, la 

première voyelle a été assimilée à la seconde) ; 
Goaviriôw, les ruisseaux (nom de lieu de Quiberon, 

endroit où coulent plusieurs filets d'eau) = *gover-, 

gallois gofer ; 
moagiet, fumée, suppose moget. Cf. à Saint-Gildas 

oascol, chardon = Sarzeau oscal ; oahein, bœufs = 

Sarzeau ohein. 

IV. e ouvert (c'est-à-dire c devant deux consonnes dont la pre- 
mière est /, r ou s, ou devant iv), devient ta : 

diaren, fièvre pour diarhien = derhen (bas-vannet. tçrhicn, 
gall. îeirthaivii) ; 

ditniarher, mercredi, — dimerc'her ; 

iviam, enfer, = ifern ; 

miast, maître, = mestj 

fiasf, fête^ =fest; 

iast, moisson, août, = bas-vannet. est, léon. eost ; 

iar pour iàrh, neige, — bas-vannet. léon. erc'h ; 

cawiall, berceau, =cavell; 

bliaiu, chevaux, = bas-vannet. blew ; 

ceniaiv, toison de brebis, = bas-vannet. canew ; moy. 
bret. kneau, gall. cnaif (léon. creo). 



330 /. Loth. 

Cf. à Sarzeau : miarh, fille, = merci); aviall, comme, 
— evel ; biarw, action de bouillir, = bas-vannet. 
heriv ; àdianv, après-dîner, = bas-vannet. andçrw ; 
câdiarw, cousin, — bas-vannet. canderw ; urgamiall, 
une boiteuse, = bas-vannet. or gamçll; diarw, du 
chêne, = bas-vannet. derw. Ce phénomène de bre- 
chung, sous l'accent, est général devant c'h, dans les 
groupes-«c7;, ôc'h : buoc'h, bioe'h, biôc'h, vache; 
peoc'h, peac'h, paix (cf. gallois buwcïj). Il se présente 
fréquemment, un peu partout, dans les monosyllabes 
en-ec'h : seac'h, sec, Icac'h, endroit. 

Il est possible qu'en ce qui concerne la diphtongaison de 
ou, o en ouo, oa, le caractère vélaire de la consonne ait joué un 
rôle aujourd'hui difficile à déterminer. 

Ce qui vient d'être dit me dispense d'insister surle conson- 
nantisme. La gutturale précédée de voyelle palatale et suivie 
d'une vélaire, devient très iotacisée : degor, ouvert =■ léon. 
bas-vannet. digor ; peéçl grand, = bas-vannet. picol ; betjali, — 
bas-vannet. bugalç. Quelquefois l'élément palatal se confond 
avec la gutturale palatalisée entre deux voyelles : ùegët, vingt, 
= bas-vannet. iiigent. 

s devient ch, comme dans tout le vannetais devant t. Sic 
devient, comme en bas-vannetais, ch devant une voyelle pala- 
tale e, i, ù : chiigiall, bas-vannet. chudcll, écuelle, = scudejl ; 
chirictii, bas-vannet. chirien, éclat de bois, = skirien; mais 
scôt, ombre; scçd, bûche; pescet (piscoty etc. 

En résumé, les deux traits distinctifs du dialecte de Qui- 
beron et, en général, du groupe maritime, c'est que l'influence 
réciproque des voyelles et des consonnes s'y montre de la 
façon la plus nette, et que le timbre vocalique s'y traduit par 
des phénomènes nettement accusés. 

En dehors de ces caractères distinctifs, je signale les sui- 
vants : 

a) l long final devient ei: nei, nous, = bas-vannet. léon. 
ni; huci, vous, = léon. c'houi, bas-vannet. but; 
hei, elle, = léon., bas-vannet. hi; 



Dialectica. 3 3 1 

brasonei, grandeur, = brasoni ; hoarei, jeu, = choari; 

tei, maison, = ti, etc. 
Suivi de la gutturale, ou d'une chuintante ch, j, il 

devient e : 
mabec, petit enfant, == mabic ; servech, service, = ser- 

vich. 
Autrement, il est conservé : glin, genou, gûir, vrai. 
Ce phénomène s'observe dans toute la zone maritime 

(avec cette différence que -in devient dans la plus 

grande partie du haut-vannetais -ein : mitein, 

matin). 
U) — on final devient oli (avec une légère résonnance 

nasale) : braoge, éclair, = haut-vannet. brôUgôn ; 
getou, avec lui, = bas-vannet. getô, = moyen-bret. 

gantâff. 
f) (eu) = *« vieux-celtique est conservé, bref ou long, 

dans brçr, frère (plur. brdier) ; blôd, farine, lôr, 

aire à battre ; môd, pouce, scôd, ombre ; trt, maigre 

(avec r voyelle) ; mais cr, heure (traduit peut-être 

le son ouvert français). Le haut-vannetais, partout 

ailleurs, est arrivé pourra à e ou ç. 



DECLINAISON ET CONJUGAISON 

I. A signaler, dans les mutations syntactiques, le 
changement de / initial en v : hi vian, sa tête à 
elle (de même en bas-vannetais, et ailleurs, hi verni). 
Comme en bas-vannetais et, en cornouaillais spora- 
diquement, l'initiale du participe ne subit aucune 
mutation après iâ, lui, ei, elle : me 'mes (môs) iâ caret, 
me 'mes ei caret, je l'ai aimé, je l'ai aimée. 

Pronoms. — Les nota augentes (pronoms renforçant le 
suffixe personnel) après le verbe sont curieuses : 
ti ni bar dôgn, tu m'aimes moi. 
ma car des, je t'aime toi. 
ti er hardoli, tu l'aimes lui. 



332 J. Lotli. 

hucl i bar dôi, vous l'aimez elle. 

huci er J bar domp, vous nous aimez nous 

nei bou car doc'h, nous vous aimons vous. 

nei ou car dent, nous les aimons eux. 
Le d qui s'est fondu aux 3 pers. du sg. masc. et fémin., 
à la 3 pers. du plur. avec le pronom suffixe joint à 
la préposition, apparaît ici à toutes les personnes. 

(doc'htoli, contre lui, à lui ; get'âû pour gent toit, avec 
lui, hempzpû, sans lui, etc.). 

PRONOM AGGLUTINÉ AVEC PREPOSITION : 

sg. 1 genôgn (avec moi). 

2 gènes. 

3 ma.sc. getou. 
fém. getôi. 

pi. 1 genomp (has-vannet. genomp, genimp). 

2 gençc'h. 

3 getênt ou getînt. 

PRONOMS DÉMONSTRATIFS : 

hannè, celui-ci. 
bonne, celle-ci. 
haiiic'h, celui-là. 
hou nie' h, celle-là. 



IL VERBE SUBSTANTIF : 

Indicatif présent. 

sç. 1 weign. 

2 wcs. 

3 ou. 
pi. 1 iL'omp. 

2 wçc'h. 

3 in t. 

1. er, en proclitiques ~ haut-vannet. hur, bun ~ bas-vannet. bon. 



Dialectica. 333 

La 2 e pers. du sg. a subi l'influence de la 2 e pers. du sg. 
en -s du verbe ordinaire. 
ou = cou (gall. yzu). Weign et lues sont probablement 
pour oueih, oues avec accent sur ou primitivement: ou 
est devenu consonne et de là a passé au pluriel. 

Imparfait. 

sg. 1 ivaini. 
2 ivas, etc. 

Prétérit. 

sg. 3 pers. mi we, je fus. 

Futur. 

sg. ie fôgn. 

2 efôi. 

3 e fou- 
pi. 1 efomp. 

2 e fat. 

3 é feint. 

Cond. 
sg. 1 faim } etc. 

Présent d'habitude. 

sg. 1 pe vlan, lorsque je suis (habituel- 
lement. 

Infinitif. 
bout. 

Participe. 

bit. 

FORME EN -r. 

bir : pe vir, lorsqu'on est (bas-vannetais p )ivr.) 



3 M J- Loth. 



VERBE AVOIR : 

Indicatif présent. 

sg. i mi 'mes (môs). 

2 ti hes. 

3 ïà des. 

hei des. 
pi. i nei en es. 

2 huei e hwes. 

3 iud ou des. 

Passé et imparf. 

sg. i me m boe. 

2 ti a poç. 

3 masc. iâ eu deiue, etc. 



forme en -r. 
Présent: carir (on aime). 

forme en -/. — (Imparfait). 
car eat (on aimait). 

Dans le vocabulaire, je relève un mot que je ne crois avoir 
rencontre dans aucun livre, ni entendu : bre, résine. Pour le 
goémon long, on se sert du mot fes. 

Cette étude n'est qu'une ébauche. J'espère plus tard la 
compléter. Aussi n'essaierai-je pas d'établir la chronologie de 
ces divers phénomènes. Le phénomène de palatalisation a pu 
être plus ou moins accusé, mais il est évidemment fort ancien, 
puisqu'il repose sur une loi naturelle aussi vieille que la 
langue. 

Le changement de e en /, de o en ou n'est que la réalisation 



Dialectica. 33$ 

d'une tendance et n'est probablement pas plus ancien que la 
chute de & final (carôti, = caranWS). 

La diphtongaison de ï final en ei est postérieur au chan- 
gement de e final en i, autrement on eût eu carôtei et non carôti. 

La diphtongaison de o en ouo, g en oa ne saurait être facile- 
ment datée, mais comme elle suppose un jeu de voyelles ouvertes 
et fermées qui repose sur l'accent néo-celtique, elle ne peut 
remonter à la période du vieux-celtique. 

(A suivre.) J. Loth. 



E BEN; Y BEN. 



En comique, pour traduire l'autre, lorsqu'il s'agit de deux, 
on se sert de y ben, pour le masculin aussi bien que pour le 
féminin. C'est ainsi que dans la Pass. Dom., 2826, en par- 
lant du second des deux larrons, il est dit : drehevough ybeyn, 
élevez l'autre. En breton armoricain, eben est exclusivement 
employé quand l'autre est féminin. 

Ben est évidemment pour peu et il n'est guère douteux que 
ce ne soit le mot peu, tète. Comme le fait, en effet, remarquer 
M. Dottin, cenn a, en irlandais, un emploi fort analogue. Je me 
contente de citer l'exemple suivant : Ni bheith mise ag ithe aon 
ghrân agus béidh na cinn eile ag ithé, je ne mangerai pas un seul 
grain et les autres en mangeront (Annales de Bretagne, X, p. 442, 
contes irlandais, texte par Douglas Hyde, traduction par 
G. Dottin). Le mot peu pour désigner un seul individu d'une 
espèce animale, a un emploi analogue, en breton, dans pen- 
moe'h, pemoc'h, un porc ; pendenved, un mouton. 

Le seul problème difficile que soulève cette expression, c'est 
son emploi exclusif au féminin, en breton. Il me parait pro- 
bable qu'à l'époque où on ne se rendait plus compte du sens 
exact de eben, la langue a cru y sentir la présence d'un fémi- 
nin comme L'irlandais ben, femme, gallois benyw, femme, 
comique benoiu. L'armoricain a perdu ces mots, mais il n'est 
pas douteux qu'il ne les ait autrefois possédés. 

J. Loth. 



NÉCROLOGIE 



M. François-Marie Luzel, né à Keramborgne, commune de Plouaret, 
Côtes-du-Nord, en juin 1821, est mort à Quimper le 26 février 1895, à 
l'âge de soixante-quatorze ans, après avoir occupé les positions les plus va- 
riées, successivement homme de lettres à Paris, professeur de collège à Pon- 
toise, à Dinan, à Quimper, à Lorient, rentier sans beaucoup de rentes à 
Plouaret, journaliste à Morlaix, juge de paix à Daoulas, enfin archiviste 
départemental à Quimper, où il a passé dans une retraite paisible, labo- 
rieuse et justement honorée les quatorze dernières années de sa vie, d'abord 
fort agitée. On peut diviser sa carrière littéraire en deux parties. Il a été 
poète, il a été érudit. Ces deux aspects de son intelligence ont persisté con- 
curremment jusqu'à la fin, mais naturellement le poète l'emportait pendant 
la jeunesse, et l'érudit dominait chez lui dans l'âge mur et la vieillesse. 

Ses premiers essais poétiques datent de l'époque où, étudiant en médecine, 
théoriquement du moins 1 , étudiant en médecine comme d'autres gens de 
lettres ont été clercs de notaire et clercs d'avoué, il vivait dans la société de 
Théophile Gautier, de Gérard de Nerval, des Goncourt et de Murger. 

Le premier volume qui porte son nom est Chants de î'épée, par Francès- 
Mary an Uhel, 1 vol. in-12 de 122 pp. Paris, chez l'auteur, rue Lamartine, 
17; tvp. Hennuyer, Batignolles, 1856. C'est un recueil de vers français. 
Mais quatre ans plus tôt, M. Luzel avait été un des auteurs du volume inti- 
tulé Bleuniou Brei\ (Poésies anciennes et modernes de la Bretagne), Quim- 
perlé, Clairet, 1852, où il avait inséré une pièce de vers bretons intitulée 
Bra\-I;cl. Sa principale publication originale est BepreJ Breiqad, Toujours 



1. Les études médicales de Luzel m'étonnaient beaucoup. Je suis allé 
aux renseignements. Voici la réponse que j'ai reçue: 
Faculté de médecine de Paris. 

Paris, le 3 juillet 1895. 
Monsieur et cher collègue, les recherches faites à la Faculté n'ont pas 
amené la découverte du passage de M. Luzel, François-Marie, comme étu- 
diant régulier à la Faculté de médecine de Paris. Recevez, Monsieur et cher 
collègue, l'assurance de ma considération la plus distinguée. 

Le doyen, Brouardel. 
Monsieur le professeur d'Arbois de Jubainville. 



Nécrologie. 3^7 

breton, poésies bretonnes, avec traduction française en regard, par F. -M. 
Luzel ; Haslé (Morlaix) ; Forest et Grimaud (Nantes) ; Hachette (Paris), 

1 vol. petit in-8 de xv-270 pp., 1865. Il a depuis, et presque jusqu'à sa 
mort, semé ses vers bretons et français un peu partout, dans la Revue de 
Bretagne et de Vendée, la Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, l'Hermine, et 
dans les journaux: Publicateur du Finistère, Abeille de Lorient, Le Finis- 
tère, etc. 

La carrière scientifique de M. Luzel a commencé dès 1846 par un rapport 
sur des pièces de théâtre manuscrites en bas-breton, lu le 19 janvier de 
cette année en séance du comité historique des monuments écrits. Dix-sept 
ans plus tard, il faisait imprimer Sainte Tryphine et Je roi Arthur, mystère 
breton en deux journées et huit actes, publié et précédé d'une introduction 
par F. -M. Luzel, texte revu et corrigé d'après les manuscrits de l'abbé 
Henri; Quimperlé, Clairet, 1863, 1 vol. pet. in-8 de XLiv-453 pp. Vingt- 
six ans s'écoulèrent, et ce volume fut suivi de Buhe% saut GuiénnoU abad, « la 
Vie de saint Gwennolé », abbé, mystère breton en une journée et six actes, 
texte breton et traduction française en regard ; Quimper, Charles Cotonnec 
1889, i n "8> 22 2 pages. 

M. Luzel a fait mieux encore que de publier des mystères bretons. Ayant 
réuni une collection de manuscrits de ces mystères au nombre de cinquante- 
huit, il en a fait don à la Bibliothèque nationale en 1863. La liste de ces 
manuscrits a été insérée dans la Revue Celtique, t. V, p. 318-320, cf. t. XI, 
p. 408-420, 424. Après avoir fait cet acte de libéralité, d'autant plus re- 
commandable que M. Luzel était alors absolument sans fortune, il a formé 
dans les dernières années de sa vie une collection nouvelle de mystères 
bretons qui, abandonnée à M. Le Braz par ses héritiers, doit, dit-on, aller 
à la Bibliothèque nationale compléter la première collection. 

Des publications érudites de M. Luzel, celle qui a eu le plus grand re- 
tentissement est l'ouvrage intitulé : Documents pour servir à l'étude de 
l'histoire de la langue bretonne, Gwer~iou Brei;-I;el, chants populaires de la 
Basse-Bretagne recueillis et. traduits par F. -M. Luzel ; Lorient, Corfmat, 

2 vol. in-8, datés, le premier de 1868, le second de 1874 '. Entre les an- 
nées 1860 et 1870, le vent poétique qui soufflait sur la Bretagne et dont le 
Bar^i Brei\ de M. de La Villemarqué était la principale expression, paraît 
avoir perdu beaucoup de sa force, et on vit commencer un mouvement lit- 
téraire où l'imagination avait moins de part et où l'érudition jouait un rôle, 
plus important. A la publication du Mystère de sainte Tryphine, par M. Luzel, 
1863, M. de La Villemarqué ripostait par le Grand Mystère de Jésus, 1865, 
abrégé fait au xvi* siècle en breton du Mystère de la Passion d'Arnoul Gre- 
ban2. Le Mystère de sainte Tryphine avait sur le Grand Mystère de Jésus 

1. On peut se procurer cet ouvrage à la librairie Bouillon, 67, rue Ri- 
chelieu, Paris. ' 

2. Voyez le Mystère de la Passion d'Arnoul Greban publié d'après les ma- 
nuscrits de Paris, avec une introduction et un glossaire par G. Paris et 
G. Raynaud. Paris, Vieweg, 1878. 



3 $8 Nécrologie. 

l'avantage d'être une œuvre originale, mais il ne remontait pas au delà du 
xvm e siècle. 

Deux ans après l'apparition du Grand Mystère de Jésus, R.-F. Le Men 
vint à la rescousse en publiant à Lorient, chez Corfmat, un abrégé du Ca- 
tholicon de Lagadeuc d'après l'édition de 1499. 

La première édition du mystère breton de la Passion, ou Grand Mystère 
de Jésus, reproduite par M. de La Villemarqué, ne date que de 1530. Le Men 
l'emportait donc chronologiquement sur M. de La Villemarqué qui, à ce 
point de vue, venait de battre Luzel. 

L'apparition du tome I er des Gwerqiou Bfei%-I%el a suivi à un an d'in- 
tervalle la publication de Le Men. On a reconnu dans ce volume le texte 
primitif d'un certain nombre de morceaux dont les arrangements, publiés 
par M. de La Villemarqué dans le Bar^ai-Brci{ en 1839 et réimprimés dans 
les éditions suivantes de ce célèbre recueil, appartiennent à la période pu- 
rement Imaginative et poétique de l'histoire littéraire bretonne, comme les 
Bleuniou Brei\, recueil auquel M. Luzel a collaboré, 1852. 

La suite des deux volumes des Giver^iou Brei^-Iiel a paru en 1890. Ce 
sont les Soniou Brei\-J^el, chansons populaires de la Basse-Bretagne, recueil- 
lies et traduites par F. -M. Luzel, avec la collaboration de A. Le Braz (Poé- 
sies lyriques), Paris, Bouillon, 1890, 2 vol. in-8, XLin-335, 111-352 pages. 

Les textes qui ont fourni la matière de ces quatre volumes ont été re- 
cueillis par M. Luzel dans la tradition orale. Ce ne sont pas les seuls docu- 
ments que le laborieux auteur ait puisés à cette source. Nous n'entreprendrons 
pas de faire ici l'énumération des contes bretons publiés dans divers recueils 
par cet érudit à la fois si actif et si consciencieux. Des missions qu'il reçut 
en Bretagne pendant plusieurs années eurent pour résultat cinq rapports, 
datés des 6 septembre 1869, 2 août et 4 novembre 1870, I er août 1871, 
I er septembre 1872, qui ont été insérés dans les Archives des Missions scien- 
tifiques et littéraires, et qui contiennent douze contes bretons. D'autres 
contes bretons recueillis par M. Luzel ont été publiés dans les trois premiers 
volumes de Mèlusine, dans le Bulletin de la Société archéologique du Finis/ère, 
dans les Annales de Bretagne, dans la Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, 
dans la Revue des provinces de l'Ouest, dans la Revue Celtique, etc. Enfin on 
doit à M. Luzel, dans cet ordre d'idées, les sept volumes dont voici le titre : 
Contes bretons, Quimperlé, Clairet, 1870, 1 vol. in-12; Veillées bretonnes, 
Paris, Vieweg, 1879, 1 vol. in-12; Légendes chrétiennes de la Basse-Bretagne, 
Paris, Maisonneuve, 2 vol. in-18, 1881 ; Les Contes populaires de Bretagne, 
3 vol. in-18, Paris, Maisonneuve, 1887. 

M. Luzel était archiviste du département du Finistère quand il a publié 
ces trois derniers volumes, ainsi que ses deux derniers volumes de chansons 
populaires. Ces travaux littéraires ne l'ont pas empêché de remplir les de- 
voirs que lui imposaient ses fonctions. Sur les 475 pages in-4 dont se com- 
pose le premier volume de Y Inventaire sommaire des archives départementales 
du Finistère, 240 sont dues à M. Le Men et 235 à M. Luzel, qui a en outre 
préparé les 96 premières pages du t. IL Le nombre des articles inventoriés 
par M. Luzel est de 693, contre 842 inventoriés par M. Le Men. 



Nécrologie. 339 

M. Luzel n'était pas linguiste, mais ce point faible mis de côté, on ne 
pouvait qu'avec étonnement trouver un sens critique aussi sûr chez un 
homme qui avait tant de goût pour les vers et pour la fiction poétique. 
Impossible d'avoir plus que lui le dévouement désintéressé pour la science, 
et de témoigner plus de bienveillance à ceux qui se consacraient aux mêmes 
études que lui. J'en ai fait l'expérience lors de mon passage à Plouaret 
en 1872, quand, parcourant la Bretagne, je cherchais dans les archives et 
les bibliothèques les traces inédites les plus anciennes de la langue bretonne. 
Moins âgé que M. de La Villemarqué, qui cependant lui survit, M. Luzel a 
été quelque temps son adversaire, mais tous deux avaient trop de bon sens, 
l'âme trop élevée, pour conserver longtemps l'un contre l'autre des senti- 
ments d'animosité, et pendant les dernières années de la vie de M. Luzel, 
la Société archéologique du Finistère, dont ils étaient tous deux membres 
zélés, a été entre eux un trait d'union. 



CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. M. Standish Hayes O'Grady et M. Standish O'Grady. — II. Récla- 
mation de M. T.-O. Russell. — III. La Passion selon saint Mathieu était-elle au- 
trefois lue le vendredi saint dans la liturgie du pays de Galles? — IV. Excursions 
archéologiques de la Cambrian Archaeological Association. ■ — V. Nouvelle publi- 
cation de M. J. Morris Jones. — VI. La Société des Cymmrodorion. — VII. La So- 
ciété gaélique d'Inverness. — VIII. Etude de M. Strachan sur le verbe déponent 
irlandais. — IX. Contes irlandais publiés par M. Jeremiah Curtin. — X. Le Mar- 
tyrologe d'O'Gorman, publié par M. Whitley Stokes. 

I. 

Sur la couverture de la Revue Celtique, en tête de la seconde page, il est 
imprimé qtfe toutes les communications et correspondances relatives à la ré- 
daction doivent être envoyées à M. H. d'Arbois de Jubainville, 84, boule- 
vard Montparnasse, à Paris. Or, une grande partie de ces communications 
est adressée à la librairie Emile Bouillon, 67, rue de Richelieu, à environ 
trois kilomètres de chez moi, et de temps en temps, ceux qui ont à récla- 
mer un numéro en retard ou à traiter à propos de la Revue Celtique une 
affaire de librairie quelconque, s'adressent à moi. Chacune de ces erreurs 
m'impatiente, parce que j'ai mauvais caractère. Eh bien ! j'ai commis une 
erreur du même genre. M. Standish H. O'Grady, publiant en 1892 la Siha 
Gadelica, a mis en tête du second volume une préface dont les marges, dans 
mon exemplaire, depuis qu'il est entre mes mains, sont couvertes de notes 
manuscrites, agrémentées de deux grosses taches d'encre qui me déses- 
pèrent, car je ne puis, hélas! en rejeter la faute sut autrui. Cette préface se 
termine par une phrase qui montre qu'un érudit peut quelquefois associer la 
science et l'esprit. « Souvent, » dit M. Standish H. O'Grady, « je subis le sup- 
« plice de Tantale. Je me vois attribuer les chefs-d'œuvre d'un parent. Cela 
« me décide à faire observer au public que j'ai une marque de fabrique — 
« il n'y a pas de preuve d'authenticité sans cela — et cette marque, qui 
« est en abrégé sur le titre de ce volume, la voici en son complet dévelop- 
« pement: Standish Hayes O'Grady. » J'ai lu cette recommandation 
comme le reste de la préface, mais je l'ai lue sans la comprendre. Jamais 
aucun livre de M. Standish O'Grady sans HfayesJ ne m'était arrivé entre 
les mains. Dans la famille on n'est pas généreux, et pour avoir les livres 
de ces Messieurs, il faut les acheter, quelquefois très cher. Lorsque j'ai pris 



Chronique. 341 

mon parti de me procurer, moyennant finances, The Corning of Cuculain de 
M. Standish O'Grady, j'avais oublié l'observation précitée de M. Standish 
H[ayes] O'Grady, qui remonte à trois ans, et j'ai cru qu'il était l'auteur de 
ce nouveau « chef-d'œuvre » de son parent. Je ne crois pas avoir été trop dur 
dans mon appréciation de ce livre ; un éminent celtiste m'a écrit en me 
citant un proverbe anglais qui peut se traduire en français: « Vous avez 
pris un pavé pour écraser une mouche. » Ce jugement est sévère. Quoi 
qu'il en soit, je devais une réparation à M. Standish H[ayes] O'Grady, 
dont les publications, malgré les critiques de détails fort justifiées dont elles 
sont l'objet, sont indispensables à tout celtiste sérieux. 

II. 

Voici un exemple de la façon dont certaines gens écrivent mon adresse: 
« Rédacteur Revue Celtique, 67, rue Richelieu, Paris, France. » L'auteur de 
la missive qui m'a été envoyée de cette façon, mais qui, naturellement, ne 
m'est parvenue qu'après un long retard, est un journaliste irlando-améri- 
cain, M. T'.-O. Russell, auteur de l'article intitulé: Récent Changes made in 
Scotch Gaelic, qui a paru dans le dernier numéro de la Revue Celtique, p. 207. 
Cet article, que M. Russell était venu m'offrir à Paris, et que j'avais ac- 
cepté, à condition qu'il en retrancherait toute expression blessante pour les 
Gaëls d'Ecosse, m'est arrivé ensuite par la poste sans que l'auteur eût pris 
la peine d'y joindre l'indication d'un domicile ou d'une résidence. On peut 
être savant, avoir de l'esprit, et ne pas penser à tout. Je savais que M. Rus- 
sel, irlandais d'origine, habitait depuis un certain temps l'Amérique du 
Nord, et que de Paris il allait en Irlande où il devait quelque temps sé- 
journer. Ce n'était pas pour la poste une adresse suffisante. La conséquence 
se devine. M. Russell n'a pas reçu d'épreuve, or il en est fort étonné; il est 
même très mécontent de moi qui aurais dû, primo, corriger les erreurs con- 
tenues dans son manuscrit, secundo, ne pas laisser s'y ajouter des fautes 
d'impression. 

La principale erreur contenue dans le manuscrit de M. Russell est. suivant 
lui, celle-ci. Il reproche, sans réserve aucune, aux Gaëls d'Ecosse, de ne pas 
appliquer la loi irlandaise de l'éclipsé après le pronom possessif de la troi- 
sième personne du pluriel; a, dont la forme primitive, au, est originaire- 
ment le génitif pluriel du pronom personnel de la 3 e personne. L'ortho- 
graphe gaélique d'Ecosse étant étymologique, garde en général 1';/ final de 
ce mot, mais le change en m devant les labiales : i° am jear « leur homme », 
2° am buachaill « leur valet », primitivement « leur pâtre », 3 am peacadh 
« leur péché ». L'orthographe irlandaise est phonétique et historique: i° a 
bhfear, 2 a mbnachaill, 30 a bpeacadh ; i°f, 2° b, 3 p nese prononcent pas 
et sont éclipsés, c'est-à-dire remplacés, respectivement: i° par bh, 2 par ni, 
3° par b. L'orthographe gaélique contredit l'orthographe irlandaise dans le 



1 . Et non J. 

Revue Celtique, XVI. 24 



342 Chronique. 

premier cas et dans le troisième. Ces deux orthographes sont d'accord dans 
le second cas; en effet, la différence entre l'irlandais a mbuachaïll et le gaé- 
lique am buachaill ne mérite guère qu'on attire sur elle l'attention. 

Or, dans la rédaction de M. Russell aucune distinction n'est faite entre 
les labiales. L'auteur reproche aux Gaëls d'Ecosse d'écrire le pronom 
possessif de la troisième personne, am, devant b, comme il leur reproche de 
l'écrire ainsi devant/ et devant^. « Ceux qui liront cela », m'écrit-il, « di- 
ront que je suis fou ». Il regrette aussi d'avoir parlé des poèmes écrits, 
written, par le doyen de Lismore. La direction de la Revue Celtique aurait 
dû corriger cela, paraît-il, et faire imprimer copied « copié », au lieu de 
written « écrit », et « c'est un scandale » qu'elle ne l'ait point fait. 

Si je m'étais avisé de modifier ces deux passages, j'en aurais modifié aussi 
bien d'autres, j'aurais refait l'article complètement en montrant par quelles 
raisons l'orthographe gaélique est motivée, et en disant d'autre part ce 
qu'il y a de rationnel dans l'orthographe irlandaise : chacune de ces ortho- 
graphes est l'expression d'un système différent ; des deux côtés on peut se 
défendre. 

Quant aux citations irlandaises et gaéliques d'Ecosse, toutes empruntées 
à des éditions que je ne possède point, je les aurais remplacées par des 
exemples tirés des éditions qui sont dans ma bibliothèque et dont je puis 
vérifier l'exactitude. Il y a, paraît-il, dans ces citations, les fautes d'impres- 
sion suivantes : 



211, 



15, au lieu c 


le admail, 


lise% 


admhail. 


16, — 


0111 


— 


am. 


19, — 


sôlas 


— 


sôlas. 


20, — 


che 


— 


cha. 


20, — 


sôlas 


— 


sôlas. 


28, — 


iompaid 


— 


iompoidh. 


34, — 


chaidh le 


— 


chdidh lé. 


35, — 


loisfidh 


— 


loisgfidh. 


ioet 1 1, — 


Geud 


— 


creud. 


30, — 


lôchruin 


— 


lôehruinn 



Voici l'errata du texte anglais tel qu'il a été dressé par l'auteur 
P. 207, ligne 14, au lieu de hulls, lise% bulls. 





— !7, 


— 


mort, 


— 


mart. 




— 22 


— 


thèse by, 


— 


therebv. 




— 22 


— 


ambibology, 


— 


amphibologv. 




— 24, 


— 


Those 


— 


Thèse. 




- 29, 


— 


thèse by 


— 


thereby. 


208, 


— 29, 


— 


intented 


— 


intended. 


209, 


— 31, 


— 


cessed 


— 


ceased. 




— 32, 


— 


as 


— 


or. 



Je regrette d'avoir laissé subsister ces fautes, mais le manuscrit n'était 
pas suffisamment clair pour des compositeurs français, et sur la première 



Chronique. 343 

épreuve il y avait au moins dix fois autant de fautes d'impression qu'il en 
est resté sur la bonne feuille. 

Quoi qu'il en soit, l'article de M. Russell montre à quel point de vue les 
divergences orthographiques avec les Gaëls d'Ecosse sont envisagées en Ir- 
lande, et il est plus intéressant qu'un mémoire écrit par un érudit qui ne 
sentirait pas l'aiguillon du patriotisme local et qui raisonnerait froidement 
sur ces questions de grammaire. Rien n'est amusant comme d'assister en 
France à une discussion grammaticale entre Vannetais et Léonard. Certai- 
nement personne n'a plus que moi le respect de la Compagnie de Jésus, 
cependant il m'est arrivé une fois de rire au nez de deux Jésuites bretons, 
originaires, l'un des environs de Vannes, l'autre des environs de Léon ; ils 
soutenaient l'un contre l'autre que le dialecte de chacun d'eux était le bon 
breton; ils arrivèrent à se fâcher. Je n'avais jamais vu deux Jésuites se dis- 
puter avec une vivacité pareille. Mais il y avait de quoi. On sait que le 
breton a été la langue de nos premiers parents. Quand, dans le paradis ter- 
restre, Adam, pour la première fois, dit une tendresse à Eve, c'était en 
breton ; Eve lui répondit dans la même langue et sur le même ton, et voilà 
pourquoi le genre humain existe. Caïn et Abel parlèrent breton comme 
leurs parents, mais tandis qu'Abel, ce bon garçon, s'exprimait en léonard, 
le méchant Caïn pariait vannetais, les deux frères ne se comprirent pas. 
C'est pour cela que ce misérable Caïn a si mal tourné, et qu'Abel a été si 
malheureux. J'espère qu'entre le professeur écossais M. Mackinnon et le 
journaliste irlandais M. Russell, la querelle commencée dans VAcademy, et 
que AL Russell a continuée dans la RevueC eltique, n'aura pas une issue aussi 
tragique. M. Russell a déchargé sur moi l'électricité de sa colère, je ne m'en 
porte pas plus mal et j'aurai servi de paravent à M. Mackinnon. 

III. 

Plusieurs personnes ont lu avec surprise, dans notre dernière livraison, 
p. 248, que le récit de la Passion suivant saint Mathieu était attribué au 
Vendredi saint par un texte gallois. En effet, l'usage romain, conservé par 
l'Eglise anglicane, attribue au dimanche des Rameaux le récit de la Passion 
par saint Mathieu et affecte au Vendredi saint le texte qui correspond dans 
l'évangile de saint Jean. C'est un usage excessivement ancien, puisqu'on le 
trouve attesté déjà par le Liber comitis, que certains considèrent comme une 
œuvre de saint Jérôme, ainsi qu'on peut le voir au tome XXX de Migne, 
Patrologia latina. Dans ce volume, les passages relatifs au récit de la Passion 
lu le dimanche des Rameaux et le Vendredi saint se trouvent aux colonnes 
502 C et 503 A. On pourra consulter aussi, et avec plus de profit sur ce 
sujet, Ernst Ranke, Das Kirchliche Pericopensystem ans den âltesten Urkunden 
der rômischen Liturgie, p. 332-35?, 339-340, xxxiv-xxxv, lxiii-lxiv, 
lxxxvi. Toutefois l'usage de l'Eglise d'Afrique, tel qu'il est constaté dans 
le sermon CCXXXII de saint Augustin, était de ne lire qu'une fois le récit 
de la Passion en prenant ce récit dans saint Mathieu : « Passio autem, quia 
11110 die legitur, non solel legi uisi secundum Matthaeufn. » Patrologia latina, 



244 Chronique. 

t. XXXIX, col. 1108, et il paraît que c'était le jour du Vendredi saint 
qu'avait lieu cette lecture, puisque c'est en ce jour que saint Augustin prêcha 
son sermon CCXV1II, De Passione Domini, Patrologia Jatina, t. XXXIX, 
col. 1084. 

Le système de l'Eglise d'Afrique a été adopté par le clergé luthérien. Ce 
clergé ne lit qu'une fois par an l'Evangile de la Passion : c'est le Vendredi 
saint, et c'est dans saint Mathieu, qui, dit Ernst Ranke, raconte la mort du 
Christ,' tandis que dans l'Evangile de saint Jean on trouve le récit des der- 
niers moments de Jésus écrit par son ami le plus intime. 

Il serait curieux de savoir si dans le manuscrit reproduit par le Rév. Ro- 
bert Williams, t. II, p. 250 et suivantes, le titre Croglith (mass (?) of good 
friiay), Vendredi saint, existe réellement, et, en cas d'affirmative, s'il est de 
même date que le texte gallois, et quand ce texte gallois a été écrit. 

M. Samuel Berger, qui connaît si bien les traductions de la Bible, m'a 
fait remarquer dans ce texte gallois plusieurs variantes étrangères à la Vul- 
o-ate; par exemple, on lit dans la Vulgate, Mathieu, XXVII, 16 : habebat 
autetrt tune vinctum insignem, qui dicebatur Barabbas, en gallois : ac ydoed 
yna ganthaw garcHarawr balch, Barràbas oed y enw;- or, certains textes latins 
mélangés contiennent ici une addition étrangère à la Vulgate : Qui propter 
homiciditim missus erai in càrcerem ; dans le texte gallois, on trouve cette ad- 
dition rendue ainsi: à dugessit yr carchar am rylad kélein ohonaw (p. 255. 
Cf. la traduction, p. 613). 

Ce document nous offre-t-il la trace d'un usage liturgique de l'Eglise 
bretonne dans laquelle on aurait lu le Vendredi saint la Passion selon saint 
Mathieu? Cela pourrait sembler extraordinaire à ceux qui ont jeté les yeux 
sur le « Sacramentaire gallican », Migne, Pairologia îatina, t. LXXII, 
col. 494-496, et qui y ont vu que le jour du Vendredi saint, in parasceve, 
on lisait le récit de la Passion selon saint Jean. Les savants qui étudient 
l'histoire de la liturgie chrétienne seraient plus que moi à même de résou- 
dre cette question. Renvoi à M. F.-E. Warren et à M. l'abbé Duchesne. 



IV. 

La Cambrian Archaeological Association tiendra le lundi 12 août prochain, 
à Launceston, une assemblée pour laquelle elle aura la coopération de la 
Royal Institution of Cornwall. Cette réunion sera suivie d'excursions archéo- 
logiques qui dureront cinq jours. 



V. 

M. J. Morris Jones, qui a publié avec le patronage de M. J. Rhys le 
« Livre de l'Anachorète » (v. plus haut, p. 106, 247-252), va faire paraître 
à la librairie Jarris et Foster, Lorne House, Bangor, une nouvelle édition 
des « Visions du barde endormi », Gwekdigaetheu y bardd c-iusc, par Ellis 
Wynne, auteur gallois né en 1670 et mort en 1734, et qui, suivant le Rév. 



Chronique. 345 

Robert Williams, Biographîcal âictionary of eminent Welshmcn, p. 549, aurait 
été le plus remarquable des prosateurs gallois. Si l'on en croit Robert Wil- 
liams, les « Visions du barde endormi » sont, quant au style, un des plus 
beaux ouvrages écrits en langue galloise. La nouvelle édition coûtera sept 
shillings six pence franco. Elle sera tirée à 250 exemplaires. Une édition 
meilleur marché paraîtra plus tard. 

VI. 

The Transactions of the Honourable Society of Cyninirodorion, session 1893- 
1894, contiennent trois articles relatifs à l'histoire ecclésiastique du pays de 
Galles. 

Le premier, intitulé The ancient Church in JVales, par sir Roland Lomax 
Vaughan-Williams, un des juges de Sa Majesté, est une œuvre politique 
et littéraire dont l'auteur n'a eu, je pense, aucune visée scientifique. Le se- 
cond article, dont le titre est TVelsh saints, et qui est dû à la plume de 
M. J.-W. Willis-Bund, consiste en un développement d'un mémoire publié 
par le même auteur en octobre 1894 dans Y Archaeologia catnbrensis, 5e série, 
t. XI, p. 276, et dont nous avons parlé plus haut, p. 121. 

Le plus important de ces articles est le troisième : Some Aspects of the 
Christian Church in JVales ditring the fifth and sixih centuries, par le Rév. Hugh 
Williams, professeur d'histoire ecclésiastique au collège théologique de Bala. 
Ce mémoire, qui a 78 pages, est à mon avis une œuvre de grande valeur ; 
l'auteur connaît sur son sujet les travaux les plus récents et fait les plus 
louables efforts pour traiter sans passion des questions que la plupart des 
écrivains abordent avec les préoccupations d'une apologétique mal éclairée. 
Il ne connaît pas seulement l'excellente publication d'Arthur West Haddan 
et de William Stubbs : Connais and ecclesiastical Documents relating to Great 
Britaiu and Ireland. lia étudié les travaux de l'abbé Duchesne, de Harnack, 
de Samuel Berger, de J. Loth, de J. Rhys, de Morris Jones, de H. Zimmer, 
de Gwenogfryn Evans, etc. 

Son mémoire est divisé en cinq chapitres. 

Le premier, p. 58, traite du christianisme en Grande-Bretagne avant le 
v c siècle. M. Hugh Williams sontient qu'à cette date le christianisme n'avait 
'pas en Grande-Bretagne d'autres adeptes que des étrangers d'origine ro- 
maine. Une des raisons sur lesquelles il s'appuie est qu'au concile d'Arles, 
314, les quatre ecclésiastiques qui représentèrent l'Eglise bretonne, n'au- 
raient aucun porté des noms celtiques. Si cette assertion était conforme à 
la vérité, il ne serait pas certain qu'on pût en tirer une conclusion quel- 
conque, car dès le premier siècle de notre ère, on voit les grands seigneurs 
gaulois porter des noms romains. Mais le savant auteur commet une erreur 
de fait : le nom de l'évèque d'York, Eborius (qui doit être corrigé en Eburius) 
est un gentilice romain tiré du nom d'homme celtique Eburos, d'où vient 
aussi le nom topographique Eburacus[fundus], c'est-à-dire a propriété d : 'Ebu- 
ros », aujourd'hui York. 

Le second chapitre, p. 65 « Eglise bretonne ou galloise », contient, 



346 Chronique. 

entre autres choses, une intéressante étude sur l'évèque breton Fastidius, 
qui vivait au V e siècle, et dont le traité De vita christiana a été publié par 
Aligne, Patrologia latina, t. L, p. 383-402, et sur le breton Faustus, qui 
devint abbé de Lérins en 433, et évêque de Riez (Basses-Alpes), vers 462. 
On trouve ses œuvres dans la Patrologie latine de Aligne, t. LYIII, p 775 - 
894. Une meilleure édition en a été donnée par August Engelbrecht, en 1891, 
t. XXI du Corpus scriptorum ecclesiasticorutn de l'Académie impériale de 
Vienne-, Krusch, dans son édition de Sidoine Apollinaire (Monumenta Ger- 
maniae historica, in-4, Auctorum antiquissimorum tomus VIII, 1887), a pu- 
blié, p. 265 et suivantes, un certain nombre de lettres de Faustus, et 
p. liv-lxi, une notice sur ce personnage. Or, cette étude paraît avoir 
échappé à AI. Hugh' Williams. Mais cela n'empêche pas que la partie cor- 
respondante de son travail ne puisse être lue avec plaisir et profit. 

Le troisième chapitre, p. 84, parle de l'histoire de l'Eglise chrétienne 
dans le Pays de Galles depuis la fin du V e siècle jusqu'à la fin du VI e siècle. 
M. Hugh Williams y traite, entre autres choses, des versions de la Bible. Il 
exprime son regret de n'avoir trouvé aucun témoignage attestant l'emploi 
d'une traduction galloise de la Bible dans le culte. Il est, en effet, vraisem- 
blable qu'il n'a pas existé de traduction complète de la Bible en gallois 
avant la Réforme, mais on a conservé pour certains fragments des traduc- 
tions écrites antérieurement à cette date. Nous venons de parler d'un de ces 
fragments. Sur deux autres, voir plus haut, p. 249-251. Suivant l'auteur, 
l'organisation de l'Eglise chrétienne dans le pays de Galles, au VI e siècle. 
était en général la même qu'en Gaule, à cette différence près qu'il n'existait 
pas de métropolitain, et que le nombre des évêques était excessivement 
multiplié; en Irlande, le nombre des évêques était également excessif. La 
dogmatique de l'Eglise galloise était identique à celle des autres églises occi- 
dentales. La liturgie dérivait de celle de Gaule, et c'est de la liturgie galli- 
cane qu'elle tient les caractères orientaux qui ne se retrouvent pas dans la 
liturgie romaine. Marseille a toujours été une ville grecque. Ajoutons : 
i° que saint Irénée, le célèbre évêque de Lyon, porte un nom grec, écrivait 
en grec, 2° que le sud-est de la France est le pays d'origine du Nouveau 
Testament grec-latin connu sous le nom de codex Beqae, écrit vers le vi c siècle 
et aujourd'hui conservé à Cambridge, mais provenant de Lyon où il était 
encore en 1 562 ' , 3 que parmi les noms des martyrs de Lyon en 177, nous' 
trouvons Pothinus, Macarius, Alcibiades, Philumenus, Helpis, Attalus, 
Alexander, Aristaeus, Zosimus, Zôticus, Trophima; c'est-à-dire que sur les 
quarante-huit martyrs, onze portent des noms grecs. C'est entre le quart 
et le cinquième. Or, sur les quatre ecclésiastiques qui représentent la 
Grande-Bretagne au concile d'Arles en 314, il y en a un dont le nom est 
grec: c'est Adelfius = 'ABéÀçioç. Un des points importants sur lesquels 

1. Il est contemporain de Y Aima Choluimb Chïlli où l'irlandais Columba, 

l'apôtre des Pietés, le célèbre abbé d'Iova en Ecosse, est dit avoir eu, entre 
autres mérites, celui d'enseigner la grammaire grecque: « atgaill {glose roto- 
glaind) gramatàîg gréic ». Whitley Stokes, Gôidelica*, p. 17c, § 123. 



Chronique. 347 

l'usage gallican suivi dans le pays de Galles différait de l'usage romain, 
était que la confirmation semblait constituer une des parties du sacrement 
de baptême et était administrée par les prêtres comme en Orient au lieu 
d'être réservée aux évêques suivant l'usage romain. 

Le quatrième chapitre, p. 107, traite du monachisme gallois. Comparant 
le genre de vie des moines au vi e siècle avec celui des chrétiens dont Sal- 
vien décrit les mœurs, il en conclut qu'on doit aux moines du VI e siècle 
la rapide propagation du christianisme à cette date parmi les populations 
celtiques restées jusque-là païennes. Les écoles monastiques succédèrent 
aux écoles romaines que la chute de l'empire avait détruites. Mais ce que 
nous devons surtout apprécier chez les moines des régions celtiques, 
c'est leur influence morale. Un des témoins du mouvement qui se pro- 
duisit au VI e siècle est l'œuvre de Gildas, que les historiens méprisent, 
mais qui a été le Salvien du pays de Galles et un des grands chrétiens de 
son temps. 

Le chapitre V, p. 120, traite des changements qui se produisirent au VII e 
et au vin e siècles, quand l'influence de l'Eglise romaine devint prédomi- 
nante en Grande-Bretagne par suite de la mission envoyée à Canterbury 
par le pape saint Grégoire le Grand. Un des points sur lesquels on s'est 
beaucoup querellé à cette époque a été de savoir comment on calculerait la 
date de Pâques, si ce serait d'après l'ancien comput romain, ou d'après le 
nouveau, originaire d'Alexandrie. M. Hugh Williams, p. 124, attache peu 
d'importance à cette querelle de sacristie, qui n'a pu passionner "que de très 
pauvres esprits, et que les grands réformateurs du xvi e siècle, parmi lesquels 
il y avait au moins un homme de génie, se sont bien gardés de renouveler. 
La discussion portée sur ce point par les ecclésiastiques gallois et irlandais 
devait forcément aboutir à une défaite, parce que leurs fidèles y sont restés 
indifférents. Le seizième siècle a associé aux dissentiments sur le dogme et 
sur la liturgie la question de savoir qui exercerait le pouvoir temporel, qui 
serait propriétaire de biens ecclésiastiques et la question du mariage des 
prêtres. Pour le pouvoir, la fortune et les femmes, les hommes se sont tou- 
jours entre-tués. Mais ce n'est pas la peine de se l'aire casser la tête pour 
célébrer la fête de Pâques huit ou quinze jours plus tôt, huit ou quinze jours 
plus tard. 

VIL 

Le tome XIX des Transactions of the gaelic Society of Inverness contient 
trois assez longs morceaux en gaélique d'Ecosse: Tailleur Ghearraidh-bo-Stig, 
p. 25-37; Miann a' Bhaird Aosda, p. 89-98; An Teine Môr, p. 158-171. 

Parmi les mémoires nous signalerons d'abord celui de M. Strachan sur 
l'utilité de l'irlandais pour l'étude du gaélique d'Ecosse, p. 13-25. Ce mé- 
moire contient, par exemple, un fort intéressant travail sur la langue du 
livre de Deir, aujourd'hui Deer, en Buchan, comté d'Aberdeen, Ecosse. 
M. Strachan reproduit, p. 15-16, le passage qui commence à Tangator 
(Whitley Stokes, Gôidclica, p. 108, 1. 21), et qui finit à tanic slante dô (ibid., 



348 Chronique. 

1. 27 ; là traduction anglaise se trouve à la même page, 1. 37-44, et p. 109, 
1. 1). 11 en donne la traduction en gaélique moderne, en irlandais clas- 
sique style de Keating, et en irlandais moderne, dialecte de Waterford, 
et fait suivre un commentaire de tous les mots. Ce mémoire est écrit avec 
la compétence dont M. Strachan a donné tant de preuves dans ses précé- 
dentes publications. 

Nous citerons aussi: une étude de M. J. Mackay sur les noms de lieux des 
paroisses de Golspie et Rogart, comté de Sutherland; un travail de 
M. Alexander Macbain sur l'élément Scandinave des noms de lieux dans les 
hautes terres d'Ecosse; un recueil, par le Rév. Duncan Machines de termes 
techniques gaéliques concernant les bateaux, les fours, le métier de tisse- 
rand, les chaumières et les paniers; enfin les fragments de poésies gaéliques 
colligées par les Rév. Thomas Sinton et Donald Masson. 

M. Poison a inséré dans ce volume un mémoire sur certaines anciennes 
forteresses de l'Ecosse septentrionale, qu'on appelle aujourd'hui broch, et 
que l'on suppose être d'origine picte. Ces monuments auraient été construits 
du V e au ix e siècle. Ils sont bâtis en pierres et de forme ronde. On en a fait 
un relevé; on en a compté 373. La plupart sont situés en Ecosse, dans les 
comtés de Caithness, Sutherland, Ross, Inverness, qui sont les plus sep- 
tentrionaux de la Grande-Bretagne, ou dans les îles voisines, Shetland, 
Orkney, Lewis, Harris et Skye. 



VIII. 

M. J. Strachan a fait tirer à part, sous le titre de Contributions to the 
history of the déponent verb in irish, un mémoire lu par lui le I er juin 1894 
en séance de la Philological Society. Cette étude du verbe déponent est d'une 
grande importance pour l'histoire de la langue et de la littérature irlandaises; 
elle est divisée en trois parties. La première est un recueil de matériaux; la 
seconde est intitulée: Remarques sur l'histoire du déponent; la troisième a 
pour objet les formations déponentes relativement nouvelles au prétérit 
sigmatique et à la première personne du singulier du subjonctif. 

M. Strachan emprunte ses matériaux d'abord aux gloses irlandaises des 
manuscrits latins du VIII e et du IX e siècle, aux incantations de Saint-Gall 
et aux poèmes du monastère de Saint-Paul qui datent du ix e siècle. Il di- 
vise en deux classes les verbes déponents qu'il a recueillis dans ces docu- 
ments. Les plus nombreux, c'est-à-dire cent seize, semblent de formation 
relativement moderne; ce sont des verbes dénominatifs enagiur, igiur, qui, 
étant spéciaux à l'irlandais, sont, les uns, tirés d'adjectifs en ach et en ech, 
les autres, formés par analogie; ils ne peuvent remonter à une haute anti- 
quité; c'est la seconde classe qui appartient à la troisième conjugaison. La pre- 
mière classe se compose de trente-quatre verbes, les uns primitifs, les autres 
dénominatifs qui n'ont pas le suffixe caractéristique agiur, igiur, de la se- 
conde classe. Les verbes de la première classe appartiennent aux trois con- 
jugaisons. 



Chronique . 



349 



PREMIERE CONJUGAISON 

cîuinur « j'entends ». 
sechur « je suis ». 



DEUXIEME CONJUGAISON 

âgur « je crains » . 

com-ahuir « je rem- 
plis ». 

fo-ciallur « je rassem- 
ble, je procure ». 

aro-fochr « j'énonce ». 

follûur « je veux ». 

folnur « je règne ». 

ad-gladur « j'adresse la 
, parole » . 

labrûr « je parle ». 

ad-machdur « j'admire ». 

molur « je loue ». 

santlur « j'imite ». 



TROISIEME CONJUGAISON 

frith-aïliur « j'attends ». 

airliur, conairliur « je 
conseille ». 

cuiriur « je pose ». 

gaininr « je nais ». 

laimiur « j'ose ». 

di-mecciur « je mépri- 
se ». 

midiur « je juge ». 

moiniur « je pense ». 

ad-muilniur « je ré- 
pète ». 

dirgiur, dans condir- 
giur « je dirige, et 
dans tremedi'rgiur « je 
transfère ». 

do-fiti-sHur « je tom- 
be ». 

sissiur « je suis de- 
bout ». 

tîuchiur « je demande. » 



A ces vingt-six verbes, qui paraissent avoir eu au déponent une conju- 
gaison complète, il faut en ajouter : deux qui n'avaient qu'un parfait dépo- 
nent avec sens de présent et un futur sigmatique déponent, qui sont tous 
# deux de la première conjugaison : fetar « je sais », au futur fessur, et dit~fo- 
thraccar, duthraccar « je veux, je désire », à la 3 e personne du pluriel du 
futur dtitairsetar ; un autre, qui avait un futur sigmatique actif avec sens de 
présent, seiss « il est assis », et un parfait déponent, siassair -« il s'est 
assis »; enfin les verbes actifs : adehiu « je vois », qui a un subjonctif pré- 
sent déponent; coniedm « je peux », QVfôdemaim « je souffre », dont le 
parfait est déponent. 

De ces exemples, M. Strachan rapproche ceux que fournissent : 

Les hymnes irlandaises ; 

Le glossaire de Cormac; 

Les textes épiques irlandais : Audacht Moraiun, Tdiu Bà Fraich, Sccl 
muicce Maie Datho, Longes -mac n-Usnig, Tain Bô Regamain, Tdiu Bô Re- 
gamna, Togail Bruidne da Derga, « Fuite d'Etâin », Tochmarc Etâine, Tdiu 
Bô Cûailnge, Mesca Ulad, Serglige Conailaind, Fled Bricrmd, Siabnr charpat 
Concnlaind , Echtra Coudla, Aided Conculaind, Tochmarc Emere ; 

Les récits religieux chrétiens contenus dans le Livre de Leinster, 
p. 278-282 ; 

La règle de Mochuta ; 

Le martyrologe d'Oengus ; 



3 5° Chronique. 

La vie tripartite de saint Patrice ; 

Les poèmes attribues à divers écrivains du x c et du XI e siècle : Dali, in Mac 
More, mort au commencement du X e siècle ; Cinaed Hua Artacain, mort en 
975 ; Eochaid Hua Flaind, mort en 984, Macliac, mort en 1015 ; Cuan Hua 
Lothchain, mort en 1024; FlandMainistrech, mort en 1056; Gilla Coemain, 
mort en 1072 ; 

Le Saltair na rann ; 

Des textes religieux dans le Lebor na bUidre: Dd brôn /latha aime, Scëïa 
îdi brâtha,- Scéla na essergi, Fis Adamndin : 

Des récits épiques relativement récents : Aircch menman Uraird maie 
Coisi « Mort de Goll et de Garb », Borama, Togail Troi, Cath Ruis na 
rig- ' 

Voici la conclusion que M. Strachan tire de ces textes : c'est dans le 
courant du X e siècle, même plus exactement au commencement du 
X e siècle, que le déponent est tombé en désuétude chez les Irlandais. Il v a 
exception pour la troisième personne du singulier et du pluriel du prétérit 
sigmatique, pour la première personne du pluriel du même temps, pour la 
première personne du singulier du subjonctif, et pour quelques expressions 
consacrées comme fi tir « il sait », gênai V « il naquit », etc. 

Une objection se présente; elle a été posée par M. Zimmer, Zeitschrift de 
kiihn, t. XXX, p. 263. Au déponent, la troisième personne du singulier du 
présent de l'indicatif conserve avant la dentale caractéristique de cette per- 
sonne une voyelle qui tombe au passif. Cette dentale est un d au dépo- 
nent, tandis qu'elle est un //; au passif. Du premier de ces faits, M. t. 
conclut que la création du passif est antérieure à la loi de la phonétique 
irlandaise qui, dans les mots de trois syllabes et au delà, par l'effet de 
l'accent d'intensité qui frappe l'initiale, fait tomber en qualité de postto- 
nique la voyelle de la seconde syllabe; carthar — *carator « il est aimé », 
au passif, mais no-moladar « il loue », au déponent. 2° dans carthar, nous* 
avons un //;, conformément à la règle qui veut que, lorsque / est, comme 
dit Zeuss, injectas, il se change en //; dans l'intérieur des polysyllabes et à 
la finale des monosyllabes, tandis qu'il devient rf à la finale des polysyllabes ; 
no-moladar est contraire à cette règle; il est donc emprunté à un mot dans 
lequel le d était final. Donc moladar est une formation relativement récente 
dérivée de la 3e personne du singulier du présent de l'indicatif actif 
postérieurement' à la date où l'accent d'intensité est venu modifier en ir- 
landais les formes primitives des verbes. Mais cette doctrine n'est pas si so- 
lidement établie qu'elle le paraît. Ainsi samlathar « il ressemble », ms. de 
Wûrzburg, de Siint-Gall et de Milan, est de tous points conforme aux deux 
lois énoncées plus haut : chute de la posttonique et remplacement du t in- 
jectas par th dans les polysyllabes. Clninelhar, il entend, observe la seconde 
loi en violant la première, qui est également violée par le passif cairigtînr 
« notatur », au lieu de cairgethir. 

L'analogie donne la solution de la difficulté. Le déponent avant le même 
sens que l'actif, on lui a conservé toujours la voyelle et donné quelquefois 
la consonne caractéristiques de l'actif. La conservation de la voyelle est un. 



Chronique . 351 

moyen par lequel le langage intelligent empêche la confusion du déponent 
avec le passif. 

Du reste, des formations comme no-moladar « il loue », ro-cîuinethaf, il 
entend, ne peuvent être un développement de formes antérieures (présent 
de l'indicatif conjoint) telles que no-chara ou doïïeci, puisque la dentale 
finale fait défaut à ces formes antérieures. 

No-moladar ne peut non plus être un développement d'une forme ab- 
solue telle que carid, puisque dans carid la voyelle qui précède la dentale 
n'est pas la même que dans no-moladar. On est donc réduit à expliquer mo- 
ladarpiu un dérivé d'un préhistorique moyen *molato, qui aurait eu le sens 
du présent primaire, tandis que dans l'irlandais historique cette formation 
n'est connue que comme troisième personne du présent secondaire, no- 
charad « il aimait ». 'Une partie des verbes déponents irlandais de la première 
classe existe comme verbes moyens en sanscrit ou en grec, comme dépo- 
nents en latin. Un exemple bien -connu est scchur, en grec ï-o;j.ai, en 
sanscrit sacê, en latin sequor. 

La conséquence de ces observations est que nous avons acquis, grâce à 
M. Strachan, un nouveau moyen de fixer la date des documents irlandais. 
Plus les formes du déponent sont nombreuses, plus l'antiquité d'un texte 
sera établie. Naturellement il n'y a pas à tenir compte d'expressions consa- 
crées dont certaines, telles que fetar ", aujourd'hui feadar « je sais », fitir 
« il sait », en breton goar, goer, en gallois gwyr, ont eu la vie très résis- 
tante, comme la troisième personne du singulier, la première et la troi- 
sième personne du pluriel du prétérit sigmatique. 

M. Strachan croit que le martyrologe d'Oengus est antérieur au X e siècle, 
et il considère comme fort improbable qu'il soit question des Vikings dans 
les plus anciens récits épiques irlandais, où M. Zimmer veut les introduire 
de vive force, et qui sont antérieurs à l'établissement de ces conquérants 
germains en Irlande 2 . 



1. Fetar, suivant moi, s'explique par un primitif unir, identique à la 
troisième personne du pluriel du parfait sanscrit vidur. Le t se justifie par 
une assimilation du d à Vf initial = v de l'irlandais ; comparez dofet, tofet 
« il conduit » « précède » pour *du-uede[t] (Ancient Laws, t. I, p. 112, 
1. 14-15), mais fedaim; asindiut, je raconte, est pour as-ind-fiut, z=*ex- 
ande-uidu, par un effet de la même loi dont on trouve un autre exemple 
au début de l'hymne de Fiacc : atfet r= ad-ueide[t], il raconte. L'expli- 
cation de fetar par un prétérit sigmatique est impossible par deux raisons : 
l'une est que le prétérit sigmatique de la racine ueid perdrait son d et au- 
rait un s: fiastar ; l'autre, que ce temps se confondrait avec le futur. En 
général, les verbes qui, comme celui-ci, ont un futur sigmatique, n'ont pas 
de prétérit sigmatique. 

2 . Un des textes irlandais les plus anciens que nous avons est évidemment 
V Attira Choluimb chilli, qui date de la seconde moitié du Vl« siècle. Or, 
nous y trouvons les exemples suivants de déponent, parfait déduit : 

Indicatif présent, pluriel, première personne, § 35, munemar, L. U..c;b, 



3 $2 Chronique. 



IX. 

Les Taies of the Pairies and of the Ghosi World collected front oral tradi- 
tion in south-west Munster by Jeremiah Curtin nous font sortir des études 
grammaticales pour nous transporter dans un domaine littéraire où la lec- 
ture exige moins de tension d'esprit. Les fées d'Irlande ressemblent aux 
fées françaises et les paysans irlandais du Munster ont un talent de conteurs 
au moins égal à celui de leurs congénères du continent. Malheureusement 
l'auteur n'a pas joint le texte irlandais à sa traduction anglaise qui a paru à 
la librairie David Nutt, de Londres. 

X. 

Nous recevons à l'instant The Martyrology of Gornian, texte irlandais du 
xii e siècle publié pour la Société H. Bradshaw, par M. Whitley Stokes, avec 
traduction anglaise, introduction grammaticale et de copieux index, in-8, 
Lii-41 1 pages. Un compte rendu détaillé de ce savant ouvrage paraîtra dans 
une de nos prochaines livraisons. 

H. d'Arbois de Jubain ville. 
Paris, le 21 juillet 1 89 ç . 



28, glosé par toinmem-ni; Livre franciscain des hymnes, Gôidélica, 162,11111- 
nentinar glosé par inid toimtiu leind. 

§ 88, muneniar, L. U. 12 b, 40, glosé par dommunem ; munemmar, Livre 
des hvmnes, Gôidélica, p. 167, glosé par doberlhar dosom, ce qui est une ex- 
plication et non une traduction; muineniar, L. Br., p. 239, col. 1, 1. 5, 
avec la même glose que dans le Livre des hvmnes. 

Subjonctif pluriel, troisième personne, genetar, § 36, L. U., 9 b, 31, glosé 
par bes genemain. Dans le Livre des hymnes genêt, Gôidélica, p. 162, doit 
évidemment être corrigé en genetar. 

Prétérit sigmatique, troisième personne du singulier. § 34, accès tar, 
L. U., 9 b, 25-26 ; aiccestar, Livre des hymnes, Géideliea, p. 162. 

§ 94, ellastar, L. U., 13 a, 25, glosé par ailed. On trouve le même mot 
et la même glose dans le Livre des Hymnes, Gôidélica, p. 168. Cf. L. Br., 
p. 239, col. 1. 1. 31. 

§ 123, accallastar, L. U., 14 b, 40, glosé par dogiud acallaim; aiccelles- 
tair, Livre des hymnes, Géideliea, p. 170, glosé par doguid acallaim; acal- 
lastar, L. Br., p. 240, col. 1, 1. 11, avec la glose no aceailled. 

§ 127, Figlestar, Livre des hymnes, Gôidélica, p. 170; L. Br., p. 240, 
col. 1, 1. 33. La glose dans les deux manuscrits est figill imrâite do dé- 
nam, c'est-à-dire : « faisant une veille de méditation ». 

§ 127, glinnestar, Livre des hymnes, Gôidélica, p. 170, glosé par noglin- 
niged; glindestar, L. Br., p. 240, 1. 33, 33, glosé par no glindead. 

Le glossateur a partout supprimé le déponent. Or, ce glossateur écrivait 
probablement au xi° siècle. 



PÉRIODIQUES 



i. 

Nachrichten derK. Gesellschaft derWissenschaften zu Gôttingen. 
Philologisch-historische Klasse, 1895, 2 e cahier, p. 117-165. — Entre 
Lycophron et les modernes décadents s'intercalent les Hisperica jamina, dé- 
couverts par le cardinal Angelo Mai, qui les a publiés : Classicorum auc- 
toriim... séries, t. V (p. 479-500). Ce document a été réimprimé depuis par 
Migne, Patrologialalina, t. XC,col. 1 1 S 5 - 1 196, et en dernier lieu parM. Sto- 
wasser dans le 13 Jahrcsbericht uber das K. K. Frau^-Joseph-Gviuiiasiiim in 
Wien, Schuljahr, 1SS6-87, Vienne, 1887. La source est le manuscrit du Vati- 
can coté Reg. 81. 

Un morceau de même goût et d'une littérature aussi attrayante, ce sont 
les fragments de Luxembourg, dont une partie, publiée pour la pre- 
mière fois par Mone, Die gallischë Sprache und ihre Brauchbarkeit, 185 1, 
a été depuis réimprimée plusieurs, fois, notamment dans la Grammatica cel- 
tica, et par M. Rhys, Revue Celtique, t. I, p. 348-351. Une autre partie a 
été découverte en 1875 par le savant bibliothécaire de Cambridge, H. Brad- 
shaw, et cela m'explique pourquoi cet érudit, si justement regretté, ne m'a 
guère parlé que des Hisperica fainina lors de la visite que je lui ai faite à 
Cambridge le vendredi 17 juin 1881. C'est par lui que j'ai appris la réim- 
pression de ce document dans la Patrologia latina de Migne, quoique l'index 
operum alphabeticus n'en dise rien, et il a passé un certain temps à me dé- 
montrer qu'avec du travail on peut parvenir à pénétrer le sens des Hisperica 
lamina. Grâce aux notes inédites laissées par Bradshaw, Collected papers of 
Henry Bradshaw, M. Heinrich Zimmer a trouvé dans la bibliothèque de la 
ville de Luxembourg le débris découvert par Bradshaw. Les fragments de 
Luxembourg se composent de quatre feuillets, dont les deux derniers 
avaient été publiés par Mone, Zeuss, Rhys, etc., et dont les deux premiers 
étaient inédits. Ils se trouvaient dans la couverture du manuscrit coté 109 
qui vient de l'abbaye d'Epternach. Ils sont aujourd'hui cotés manuscrit 89. 

En regard des fragments de Luxembourg viennent se placer les fragments 
de Paris, jusqu'ici totalement inédits. Ils ont été découverts par M. J. Loth, 
qui en parle dans la Revue Celtique, t. V, p. 469. Ils se trouvent à la Biblio- 
thèque nationale dans le manuscrit latin 11411, f os 99, 100, 101, 102, 



354 Périodiques. 

ix e -x e siècle. M. Zimmer les publie aux pages 135-144, tandis qu'il a donné 
ceux de Luxembourg aux pages 120-128. Son mémoire contient une sa- 
vante étude sur ces documents. Nous y remarquons surtout, p. 152, une 
concordance entre le texte découvert au Vatican par Mai et les fragments 
tant de Luxembourg que de Paris. Ceux-ci proviennent de deux manuscrits 
différents où, d'une façon indépendante et dans la même langue, les auteurs 
traitaient le même sujet que l'auteur du livre bizarre contenu dans le ma- 
nuscrit du Vatican. Suivant M. Zimmer, les Hisperica famina datent du 
rr siècle, ont été composés dans le S.-O. de la Grande-Bretagne, et le 
manuscrit du Vatican qui les a conservés est probablement la copie faite à 
Fleury, aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire, d'un manuscrit breton. On 
sait que les fragments de Luxembourg contiennent des gloses bretonnes. 

IL 

Zeitschrift fur vergleichende Litteraturgeschichte, herausge- 
geben von Dr. Max Koch. — Nouvelle suite, t. VIII, p. 51-86, p. 143- 
'174. — Mémoire de M. Ludwig-Chr. Stern sur la poésie épique ossianique. 
Ce travail est divisé en trois chapitres. Le premier traite de l'œuvre de Mac- 
pherson. Voici la conclusion à laquelle l'auteur arrive: « Quand aujour- 
« d'huij reportant le regard en arrière, on jette les yeux sur cette mons- 
« trueuse falsification, qui du reste appartient à un âge où, comme on le 
« sait, la supercherie littéraire était si fréquente, on ne peut qu'être étonné 
« de l'audace et du succès du faussaire, delà folie de ses savants défenseurs, 
« de la crédulité nationale et de l'ignorance de tout un peuple. Vraiment. 
« en Ecosse, il a fallu trop longtemps attendre le triomphe de la vérité. 
« A-t-elle en Allemagne pénétré partout,- c'est ce que n'oserait soutenir au- 
« cune personne qui aurait fait une étude complète de ce domaine de l'his- 
« toire littéraire. » 

Les deux chapitres suivants contiennent une étude détaillée sur les mo- 
numents authentiques de la littérature ossianique tant en Irlande qu'en 
Ecosse. L'auteur y dit aussi quelques mots des morceaux du cycle de Con- 
chobar e: Cûchulain que Macpherson a voulu transporter dans la littérature 
ossianique. Il serait, ce me semble, difficile de connaître plus à fond que 
M. Stern la bibliographie de ce vaste sujet. 

III. 

Zeitschrift fur romanische philologie, herausgegebex von Dr. 
Gustav Grôber, t. XIX, p. 96. — M. W. Meyer Lùbke critique l'expli- 
cation donnée du français caillou dans le Dictionnaire général de la langue 
française par MM Hatzfeld, Darmesteter et Thomas, p. 329 et 390. Sui- 
vant cet ouvrage, caillou est un dérivé normano-picard de chail, qui n'est 
plus usité que dans l'O. de la France et qui viendrait du latin calculum. 
Dans caillou on devrait reconnaître le latin calculum développé au moyen 
d'un suffixe -avum. Mais jamais le latin ni le normand n'ont formé des 



Périodiques. 3 5 5 

substantifs avec ce suffixe. M. Meyer-Lûbke propose pour le mot caillou.une 
origine celtique. En gallois, testicule se dit caill, au pluriel ceilliau = * call- 
joves. Le thème kàlliou- serait un développement du thème kallio-, conservé 
dans le composé celtique Calliomarcos cité par Marcellus de Bordeaux, qui le 
traduit par eqiti ungula. C'est le nom d'une herbe qu'on employait pour 
guérir la toux. L'hypothèse du savant grammairien paraît fort séduisante. 
Cependant nous nous demandons si le rapprochement du gallois caill avec 
le gaulois càllio- est parfaitement justifié et si le gallois caill ne serait pas 
identique à son synonyme breton haie h zn *kalko-, qui est le thème du- 
quel dérive le latin calculus. 

P. 273-275, le même auteur recherche l'étymologie du provençal ban, 
baua « corne ». Faut-il l'expliquer par le vieil-allemand bain « os », ou par 
le gallois ban « corne »? A ce sujet. M. Meyer-Lùbke, après avoir rejeté, à 
cause du sens, l'étymologie germanique et s'être rattaché à l'étymologie 
celtique, examine quels rapports phonétiques il peut y avoir entre les deux 
synonymes; irlandais benn, gallois ban. Suivant lui, ces deux mots sont pho- 
nétiquement identiques ; mais cette doctrine me semble erronée. L'irlandais 
benn = *beuna, et le gallois ban ~ *bnna. Il y a entre ces deux mots le 
même rapport qu'entre le nominatif irlandais ben « femme » =; *bena, et 
le génitif pluriel ban « des femmes » =*bnnon. 

P. 276, le même savant propose une étymologie nouvelle pour le mot 
irançais encombrer. C'est un gaulois * kotnbero- ou * koniboro-, substantif, de 
même origine que le latin confero, le grec crufiçépto, au^-joc-â. * Kombero- au- 
rait le même sens que le latin congeries et devrait se reconnaître dans l'ir- 
landais com unir, « rencontre de vallées, de cours d'eau ou de chemins », dans 
le gallois cymnier et dans le breton keniper, signifiant tous deux « confluent ». 

On sait que l'érudit auteur de ces articles publie une savante grammaire 
des langues romanes dont le t. II vient de paraître, traduit en français par 
MM. d'Outrepont, à la librairie H. Welter. Ce volume traite de la morpho- 
logie. Pour les études celtiques il y a quelques indications à signaler. 

Ainsi Berry représenterait le bas-latin Biturigo accentué sur la pénultième, 
tandis que Bourges est la prononciation moderne de Bitûriges accentué sur 
l'anté-pénultième, p. 11. 

Poitou, Anjou = Pictavo, Andecavo, ibid. Poitiers = Pictavis, Angers 
= Andecavis, p. 13. Naturellement dans la liste des suffixes romans le suf- 
fixe civils fait défaut ; nous ne trouvons que le suffixe ivus, p. 589-590. 

On pourra remarquer avec étonnement, à la p. 591, le nom d'homme 
Bodicca, dont l'auteur n'a pas deviné l'origine celtique. Cf. Holder, Altcel- 
tischer Sprachsehat^, p. 458. Le paragraphe consacré au suffixe -iccus pour- 
rait être remanié et contenir un renvoi à Zeuss, Grammatica celtica, 2 e édi- 
tion, p. 807. 

IV. 

Revue archéologique, t. XXVI, p. 163-195, 309-335. — Etude sur 
Epona, déesse gauloise des chevaux, par M. Salomon Reinach. Ce travail 
est divisé en trois parties. La première est consacrée au type équestre et 



5 $6 Périodiques. 

nous représente Epona assise, ordinairement à droite, sur un cheval mar- 
chant à droite. Ce type se répartit ainsi : en France, trente-six ; dans le 
Luxembourg, trois ; en Allemagne : Bade, Palatinat, Hesse rhénane, Prusse 
rhénane et Nassau, dix-neuf; dans l'empire d'Autriche, Tyrol, un ; en 
Italie, Pompéi, un. 

La seconde partie a pour objet les monuments qui nous représentent Epona 
associée à des chevaux qu'elle ne monte pas. Ces monuments sont au 
nombre de quinze. On en a trouvé un en Angleterre, deux en France, 
un dans le Luxembourg, trois en Allemagne : Wurtemberg et Nassau, un 
en Basse -Autriche, six en Italie, dont le plus méridional à Naples. 

Dans la troisième partie, M. Reinach s'occupe : i° des textes fournis par 
les auteurs de l'antiquité gréco-romaine, 2° des inscriptions. Les auteurs 
sont au nombre de huit: un Grec nommé Agésilas, et d'ailleurs inconnu, 
Juvénal, Apulée, Minutius Félix (dont la doctrine a été deux fois reproduite 
par Tertullien), Prudence et l'Atricain Fulgentius Planciades. Quant aux 
inscriptions, on en a jusqu'à présent publié trente-huit, que M. Holder a 
reproduites dans son Altceltischer Spi-achschat^, col. 1448-1450; on en a 
trouvé deux en Grande-Bretagne, dont une en Ecosse ; une en Espagne, à 
Siguenza, en Nouvelle-Castille, dans le territoire des Arevaci, peuple celti- 
bère ' ; quatre en France ; douze en Italie, dont onze à Rome ; cinq en Al- 
lemagne, Bavière et Prusse rhénane ; douze en Autriche-Hongrie, Carin- 
thie, Dalmatie, Hongrie, Styrie, Transylvanie, une en Serbie. 

Ainsi des monuments figurés ou épigraphiques qui rappellent le culte 
d' Epona, on a recueilli le plus septentrional en Ecosse, le plus méridional à 
Naples, le plus occidental en Nouvelle-Castille, le plus oriental en Serbie. 
Mais c'est surtout dans le bassin du Rhin supérieur, à partir de Coblenz, et 
dans le bassin du Rhône supérieur, au nord de Lyon, qu'on les trouve accu- 
mulés. Là semble être le pays d'origine de cette divinité gauloise. 

Soixante-seize figures intercalées dans le texte ajoutent une grande valeur 
à ce savant travail. 

V. 

SlTZUNGSBERICHTE DER KÔNIGLICH-PREUSSISCHEN AKADEMIE DER WlS- 

senschaften zu Berlin, i 89 5 , p. 38 1 . — Mémoire de M. Hirschfeld sur 
l'histoire du christianisme à Lyon avant Constantin. 

Ce mémoire commence par une étude sur les martyrs de l'année 177. 
M. Hirschfeld en dresse la liste d'après : i° le martyrologe hiéronymien, 
2° Grégoire de Tours, 3 le manuscrit de Munich n° 3514, 4 le martyro- 
loge d'Adon, 5 le martyrologe de Notker. Tous les noms sont d'ori- 
gine latine ou grecque, sauf deux; l'un est d'origine biblique, Zaccharias; 
l'autre est le seul indigène : RhoJana, ainsi écrit par Adon, Notker et dans 
le manuscrit de Munich, Rhodana dans le martyrologe hiéronymien, Rodant 
dans un manuscrit de Grégoire de Tours, Rodona dans les autres. C'est la 



1 . Revue Celtique, t. XV, p. 27. 



Périodiques. 357 

forme féminine du nom du Rhône, qu'on trouve employé comme nom 
d'homme au masculin dans d'autres inscriptions : Corpus inscriptionum 
latinarum,V, 3677, 555g (?) ; IX, 322. Quand plus tard saint Irénée s'est 
plaint d'être obligé d'employer une langue barbare dans son ministère près 
des Celtes : « oùx iizïÇi\rfa&is 8s ~xo' rjjiôv twv Iv KsXtoïç Siarpiôovtwv xal 
7i£pt (3âp6apov oiaXc'/.TOv to rcXstaiov aar.oXoufiEvcov, X<iyu>v tIyvtjv », il ne 
parlait pas des habitants de Lyon; il faisait allusion aux missions que, seul 
évêque de toute la Gaule, il avait entreprises pour convertir ce pays alors 
fort incomplètement romanisé et presque entièrement païen. L'épiscopat de 
saint Irénée se place entre 177 et 201. 

VI. 

Revue internationale de l'enseignement, t. XXIX, p. 533-554. — 
Première partie d'une étude de M. J. Bloch sur la religion des Gaulois. Cet 
article, qui sera continué, est divisé en trois paragraphes intitulés, le pre- 
mier : « Les sources. La religion gauloise et la religion gallo-romaine », le 
second: « La mythologie populaire », le troisième : « Les grands dieux de 
la Gaule ». 

Dans le premier, l'auteur parle des textes, des inscriptions, des monu- 
ments figurés, de la littérature irlandaise et des superstitions populaires 
modernes. 

Dans le second paragraphe, il est question du culte des arbres, et à ce 
propos de l'usage moderne du mai, de la cueillette du gui chez Pline et du 
gui dans les étables chez les paysans du Morbihan. Vient ensuite le culte 
des sources, des cours d'eau et des lacs, enfin celui des maires, aujourd'hui 
les fées. 

Dans le troisième paragraphe, M. Bloch parle du dieu au maillet, qui est 
suivant lui le dieu appelé Taranus(?) par Lucain ', et qui serait aussi le dieu 
assimilé par César à Jupiter. Au Mercure romain il semble qu'on assimila 
plusieurs divinités celtiques Lugus, Smerius dont la parèdreest Rosmertaz, 
et Ogmios. Ce sont des dieux bienfaisants dont Cemunnos est l'adversaire. 
La suite de ce mémoire paraîtra prochainement. 

VIL 
Folk-Lore de mars 1895. — Note du Rév. Walter Gregor sur les gâ- 

1 . Le vers 446 du livre I de Lucain est ordinairement noté ainsi qu'il 
suit : « Et Taranis Scythicae non mitior ara Dianae » (éd. de Hosius chez 
Teubner, 1892, p. 19, éd. deLejay chez Klincksieck, 1894, p. 61). M. Bloch 
le corrige ainsi : 

« Et Tarani scythica non mitior ara Diana. » Ce n'est pas le lieu de dis- 
cuter ici cette nouvelle leçon. 

2 . Ro-smer-ta et Stner-id-s paraissent provenir de la même racine que 
l'irlandais smer « feu ». Whitley Stokes, Ùrkelliscber Sprachschafy p. 317. 

Revue Celtique, XVI. 25 



3 $8 Périodiques. 

teaux que dans quelques localités d'Ecosse on fait la veille du I er mai et 
qu'on appelle Beltanc bannocks. 

Mémoire de Arthur J. Evans sur le cercle de pierre appelé Rollright stones 
et les traditions populaires qui s'y rattachent. Ce monument est situé en 
Angleterre, comté d'Oxford, près de la limite qui sépare ce comté de celui 
de Warwick. On suppose que cette limite est sur ce point identique à celle 
qui séparait les Dobuni des Cornavii. 

Folk-Lore de juin 1895. — Mémoire de R. C. Maclagan sur des objets 
de folk-lore recueillis en Ecosse dans le comté d'Argyle (envoûtement, 
poupées faites avec des poignées d'épis et qu'on appelle Maighdean Buana 
« fille de moisson », fil à trois nœuds, snâim, pour triompher du mauvais 
œil, etc.). — Notes recueillies par le Rév. Mac Phail sur les superstitions 
de l'île de Lewis; on y peut remarquer une invocation à un personnage ap- 
pelé Sboni, nom identique à celui d'un scribe écrit en ogham Sonia dans le 
missel de Stowe'. 



VIII. 

Bibliothèque del'École des Chartes, livraison de janvier-février 1895, 
t. LVI, p. 45-83. — Nouvelle édition revue et corrigée du savant mé- 
moire de M. Léopold Delisle sur les Heures bretonnes du xvi e siècle. De 
ce mémoire, dont on ne pourrait trop faire l'éloge, nous avons parlé dans 
notre précédente livraison d'après le Bulletin de la Société archéologique du 
Finistère, p. 257, qui en a donné une première édition. A la suite de son 
travail, M. Delisle a inséré dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes le fac- 
similé d'une page du livre si rare qui en a fourni le sujet. Nous devons à 
sa gracieuse obligeance le plaisir de mettre ce fac-similé sous les yeux des 
lecteurs de la Revue Celtique. Voyez ci-contre, p. 359. 

IX. 

Annales de Bretagne. — T. X, n°2, janvier 1895, p. 270-271. Contes 
irlandais, texte original recueilli par M. Douglas Hyde et traduction par 
M. G. Dottin. I. Le prêtre et Pévêque. II. Cond se réfugie auprès des 
chèvres. III. Jean le rétameur. — Chanson bretonne publiée par M. Le Lay, 
professeur au lycée de Pontivy. 

La livraison se termine par les premières pages (A-Danter) du diction- 
naire vannetais-français composé par Pierre de Châlons, appelé Nicolas de 
Chalons par Levot, Biographie bretonne, t. I, p. 278. M.J. Loth, éditeur, a 
ajouté entre crochets les équivalents en dialectes de Léon, Cornouailles et 
Tréguier. 

T. X, n° 3, avril 1895. P. 333, article nécrologique sur M. Luzel par 
M. J. Loth. P. 340-361. Catalogue des œuvres de M. Luzel, par M. Pros- 
per Hémon. P. 4 1 3-437 — Les saints bretons d'après la traduction populaire, 
par M. Le Braz (suite). Le morceau principal de cet article est le texte en 
vers bretons de la vie du « Prince Melar », saint en grande réputation à 



Périodiques. 357 

forme féminine du nom du Rhône, qu'on trouve employé comme nom 
d'homme au masculin dans d'autres inscriptions : Corpus insçriptionum 
latinarum, V ', 3677, 5559 (?); IX, 322. Quand plus tard saint Irénée s'est 
plaint d'être obligé d'employer une langue barbare dans son ministère près 
des Celtes : « oùx ÈmÇ7]T7Î<jeiç 8s rcip' f ; [jLwv :wv Iv KeXxoîç StaipiSovitov xai 
jcçpl p«o6apov O'.aXcV.TOV to tcXîTcjtov as/cAo'Jixc'vwv, Xo'ywv tIyv7]V », il ne 
parlait pas des habitants de Lyon ; il faisait allusion aux missions que, seul 
évêque de toute la Gaule, il avait entreprises pour convertir ce pays alors 
fort incomplètement romanisé et presque entièrement païen. L'épiscopat de 
saint Irénée se place entre 177 et 201. 

VI. 

Revue internationale de l'enseignement, t. XXIX, p. 533-554. — 
Première partie d'une étude de M. J. Bloch sur la religion des Gaulois. Cet 
article, qui sera continué, est divisé en trois paragraphes intitulés, le pre- 
mier : « Les sources. La religion gauloise et la religion gallo-romaine », le 
second: « La mythologie populaire », le troisième : « Les grands dieux de 
la Gaule ». 

Dans le premier, l'auteur parle des textes, des inscriptions, des monu- 
ments figurés, de la littérature irlandaise et des superstitions populaires 
modernes. 

Dans le second paragraphe, il est question du culte des arbres, et à ce 
propos de l'usage moderne du mai, de la cueillette du guidiez Pline et du 
gui dans les étables chez les paysans du Morbihan. Vient ensuite le culte 
des sources, des cours d'eau et des lacs, enfin celui des maires, aujourd'hui 
les fées. 

Dans le troisième paragraphe, M. Bloch parle du dieu au maillet, qui est 
suivant lui le dieu appelé Taranus(?) par Lucain ', et qui serait aussi le dieu 
assimilé par César à Jupiter. Au Mercure romain il semble qu'on assimila 
plusieurs divinités celtiques Lugus, Smerius dont la parèdreest Rosmertaz, 
et Ogmios. Ce sont des dieux bienfaisants dont Cemunnos est l'adversaire. 
La suite de ce mémoire paraîtra prochainement. 

VIL 
Folk-Lore de mars 1895. — Note du Rév. Walter Gregor sur les gâ- 

1 . Le vers 446 du livre I de Lucain est ordinairement noté ainsi qu'il 
suit : « Et Taranis Scythicae non mitior ara Dianae » (éd. de Hosius chez 
Teubner, 1892, p. 19, éd. deLejay chez Klincksieck, 1894, p. 61). M. Bloch 
le corrige ainsi : 

« Et Tarani scythica non mitior ara Diana. » Ce n'est pas le lieu de dis- 
cuter ici cette nouvelle leçon. 

2 . Ro-siner-ta et Smer-io-s paraissent provenir de la même racine que 
l'irlandais smer « feu ». Whitley Stokes, Ùrkeltischer Sprachschat^, p. 317. 

Revue Celtique, XVI. 25 



3 5 8 Périodiques. 

teaux que dans quelques localités d'Ecosse on fait la veille du I er mai et 
qu'on appelle Beltane bannocks. 

Mémoire de Arthur J. Evans sur le cercle de pierre appelé Rollright stones 
et les traditions populaires qui s'y rattachent. Ce monument est situé en 
Angleterre, comté d'Oxford, près de la limite qui sépare ce comté de celui 
de Warwick. On suppose que cette limite est sur ce point identique à celle 
qui séparait les Dàbuni des Cornavii. 

Folk-Lore de juin 1895. — Mémoire de R. C. Maclagan sur des objets 
de folk-lore recueillis en Ecosse dans le comté d'Argyle (envoûtement, 
poupées faites avec des poignées d'épis et qu'on appelle Maighdean Bitana 
« fille de moisson », fil à trois nœuds, sndiw, pour triompher du mauvais 
œil, etc.). — Notes recueillies par le Rév. Mac Phail sur les superstitions 
de l'île de Lewis ; on y peut remarquer une invocation à un personnage ap- 
pelé Shoni, nom identique à celui d'un scribe écrit en ogham Sonid dans le 
missel de Stowe. 



VIII. 

Bibliothèclue de l'École des Chartes, livraison de janvier-février 1895, 
t. LVI, p. 45-83. — Nouvelle édition revue et corrigée du savant mé- 
moire de M. Léopold Delisle sur les Heures bretonnes du xvi e siècle. De 
ce mémoire, dont on ne pourrait trop faire l'éloge, nous avons parlé dans 
notre précédente livraison d'après le Bulletin de la Société archéologique du 
Finistère, p. 257, qui en a donné une première édition. A la suite de son 
travail, M. Delisle a inséré dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes le fac- 
similé d'une page du livre si rare qui en a fourni le sujet. Nous devons à 
sa gracieuse obligeance le plaisir de mettre ce fac-similé sous les yeux des 
lecteurs de la Revue Celtique. Voyez ci-contre, p. 359. 

IX. 

Annales de Bretagne. — T. X, n°2, janvier 1895, p. 270-271. Contes 
irlandais, texte original recueilli par M. Douglas Hyde et traduction par 
M. G. Dottin. I. Le prêtre et l'évêque. IL Cond se réfugie auprès des 
chèvres. III. Jean le rétameur. — Chanson bretonne publiée par M. Le Lay, 
professeur au lycée de Pontivy. 

La livraison se termine par les premières pages (A-Danter) du diction- 
naire vannetais-français composé par Pierre de Châlons, appelé Nicolas de 
Chalons par Levot, Biographie bretonne, t. I, P- 278. M.J. Loth, éditeur, a 
ajouté entre crochets les équivalents en dialectes de Léon, Cornouailles et 
Tréguier. 

T. X, n° 3, avril 1895. P. 333, article nécrologique sur M. Luzel par 
M. J. Loth. P. 340-361. Catalogue des œuvres de M. Luzel, par M. Pros- 
per Hémon. P. 413-437 — Les saints bretons d'après la traduction populaire, 
par M. Le Braz (suite). Le morceau principal de cet article est le texte en 
vers bretons de la vie du « Prince Melar », saint en grande réputation à 



Périodiques. }$9 

3npate*cnH5re?ûnrc* 

2SnfroejanI)ol3#at5elejou* 

â) anctificetur nomcn tuum 
X3 ejetljo?ljamifanttftet 
SDre quemment clj?ttten a fo gattet* 
&;)aj tentf mp Dcoclj/cno?/lja gloa j 
*ue? ijon oïl ol)er/ï)a Iauar 

3twcmat tcgnum tuum* 
X> euetDeompt)cll)DjBoentelej 
2>a Ijaftafu ?)on ftUu&tguej 
3Racanfcefû;fccjljo$3oa?ou 
(Êuamagljon encffuott* 
Jïtat \3olunta0 tua/ ftcut m 

celo$ in terra; 
roeteuelenneff/fcatenHûuat: 
3j? o? puiffanec bra#/ aTo trifpav 
3#pafupl£cnluue?: 
©a toejo graet tjo Volonté j. 

fanent noftmm quottDtanum/ 

îianobi^IjoJDie* 
TB tit Don cojfifott an bara matériel 
a> on eneffou an bâta celefttel 
$}yjtu i)cr majtitjtmp aman 
ï^o corff pjeema cgutt an gueilljaftu 

<£ t tmnitte nobté&ebita noftra 

â>tcut $no#&imfttimii$ Dcbû 

to?ibu#noftn# 



}6o Périodiques. 

Lanmeur. — P. 438-467, continuation par M. G. Dottin de sa publication de 
contes irlandais, texte et traduction: IV. Le chevalier aux tours d'adresse. 
V. Le garçon qui avait été longtemps sur le sein de sa mère. Nous es- 
pérons pouvoir annoncer prochainement un tirage à part de cet excellent 
recueil. — Dans cette livraison est continuée jusqu'à l'avant-demier mot 
de la lettre H la réimpression du dictionnaire vannetais-français de Pierre 
de Châlons commencé dans la livraison précédente. 

Tome X, n° 4, p. 603. Textes bretons et gallois chez Paul Merula, Cos- 
mographiae generalis lïbrï très... ex officinaPlantiniana, 1605. Pater en breton 
et en gallois, credo en breton (article de M. J. Loth). — P. 606. Suite des 
contes irlandais publiés par M. G. Dottin. — La réimpression du diction- 
naire vannetais-français de Pierre de Châlons est terminée dans cette livrai- 
son. Cette réimpression est en vente à Rennes, chez Plihon et Hervée, au 
prix de cinq francs.. 

X. 

The Academy, mai-juin 1895, p. 402-403, p. 445-446, p. 466, p. 484- 
485, p. 507. — Lettres de MM. E.-W.-B. Nicholson, A.-L. Mayhew et 
Edmund Mac-Clure sur la question de savoir où est né saint Patrice. Sui- 
vant M. Nicholson, le Bannavem Taberniae de la « Confession de saint Pa- 
trice » doit être corrigé en Bannaventa Britannlae, Bannaventa n'est pas 
autre chose que Daventry, en Angleterre, comté de Northampton, et Ban- 
naventa doit être décomposé ainsi : Bann-davent-a. Ban est un mot gallois 
signifiant dans la langue géographique « éminence », sens secondaire dérivé 
du sens primitif « corne ». Davent est le gallois dafn « goutte, écoulement », 
en sorte que Bannaventa signifie « montagne des sources ». 

Les procédés étymologiques de M. Nicholson ne sont pas du goût de 
tout le monde. Il a trouvé deux contradicteurs, ce qui le vexe. Si tous les 
linguistes compétents s'occupaient de lui, le nombre des critiques serait, 
peut-être bien, un peu plus considérable. Cinquante ans plus tôt il aurait 
été probablement plus heureux. 

P. 545-546. Note de M. Whitlev Stokes sur un calendrier en vers hexa- 
mètres qui précède un psautier conservé au British Muséum sous la cote 
Galba A. XVIII du fonds Cottonien. On croit que ce manuscrit a appar- 
tenu au roi Aethelstan, et on l'a considéré jusqu'ici comme une œuvre 
saxonne. M. Whitley Stokes penche à le considérer plutôt comme irlandais. 
En effet, ce calendrier mentionne dix saints irlandais contre quatre anglo- 
saxons seulement, et la latinité paraît irlandaise. 

The Academy, juillet 1895, p. 12. Lettre de M. J. Hessels qui dit 
que la latinité du ms. Galba A. XVIII peut être anglo-saxonne aussi bien 
qu'irlandaise, mais laisse subsister l'argument fondé sur les noms des 
saints. 

M. Hûbner a publié en 1876 dans ses Imcriptiones Britanntae christ ianae, 
sous le n° 96, une inscription gravée sur une croix de pierre haute de qua- 



Périodiques. $59 

3npatetcni0re?ûncc* 

3Hn froe? an fioï $? afiél^ou* 

ôanctificeturnûmentuusit 
B t jet Ijo j l)anu faijf iftet 

SDte quemment ci)?tflcn a fo ganet, 
^a?renttmpîscocl)/mo?/l)aglQaj 
sue? i)on oïl obetvi)a lauar 

Cimentât ttrgnumtuum* 
X> euet neomp tjcl Ijû? IXoentele? 
2Da Ijaftafu £)on Itluimgitej 
3Racantieftr\)cjl)D^3ûajou 
©uamagîjon encffuou* 

jïiat ^oluntatf tua/ ftcut m 

celo? in terra; 
roeteuelenmff/fcaren&ouat: 
ifè o? putffance btag/ aTo Wfpar 
#$pafupiï>entriucj: 
S>a toe?o graet f)o fcûlonte?* 

^anem noîtrum quotiîJianum/ 

îianobtàljoDie* 
;8 ett Son cojflfoa an bara matériel 
3D on encffou an bâta celefttel 
ï^pjtuftetmajtojtmpaman 
#0 corff p?ectu£ egtut an guellljaftt* 

€t Dtmttte nobté&cbtta noftra 

&ttnt qtnojgtrimfttùmtë Hcbi^ 

to?ibttsnoftri# 



360 Périodiques. 

Lanmeur. — P. 438-467, continuation par M. G. Dottin de sa publication de 
contes irlandais, texte et traduction: IV. Le chevalier aux tours d'adresse. 
V. Le garçon qui avait été longtemps sur le sein de sa mère. Nous es- 
pérons pouvoir annoncer prochainement un tirage à part de cet excellent 
recueil. — Dans cette livraison est continuée jusqu'à l'avant-dernier mot 
de la lettre H la réimpression du dictionnaire vannetais-français de Pierre 
de Châlons commencé dans la livraison précédente. 

Tome X, n° 4, p. 603. Textes bretons et gallois chez Paul Merula, Cos- 
nwgraphiae generalis libri très:., ex officinaPlantiniana, 1605. Pater en breton 
et -en gallois, credo en breton (article de M. J. Loth). — P. 606. Suite des 
contes irlandais publiés par M. G. Dottin. — La réimpression du diction- 
naire vannetais-français de Pierre de Châlons est terminée dans cette livrai- 
son. Cette réimpression est en vente à Rennes, chez Plihon et Hervée, au 
prix de cinq francs. 

X. 

The Academy, mai-juin 1895, p. 402-403, p. 445-446, p. 466, p. 484- 
485, p. 507. — Lettres de MM. E.-W.-B. Nicholson, A.-L. Mayhew et 
Edmund Mac-Clure sur la question de savoir où est né saint Patrice. Sui- 
vant M. Nicholson, le Bannavem Tâberniae delà « Confession de saint Pa- 
trice » doit être corrigé en Bannaventa Britanniae, Bannaventa n'est pas 
autre chose que Daventry, en Angleterre, comté de Northampton, et Ban- 
naventa doit être décomposé ainsi : Bann-davent-a. Ban est un mot gallois 
signifiant dans la langue géographique « éminence », sens secondaire dérivé 
du sens primitif « corne ». Davent est le gallois dafn « goutte, écoulement », 
en sorte que Bannaventa signifie « montagne des sources ». 

Les procédés étymologiques de M. Nicholson ne sont pas du goût de 
tout le monde. Il a trouvé deux contradicteurs, ce qui le vexe. Si tous les 
linguistes compétents s'occupaient de lui, le nombre des critiques serait, 
peut-être bien, un peu plus considérable. Cinquante ans plus tôt il aurait 
été probablement plus heureux. 

P. 545-546. Note de M. Whitley Stokes sur un calendrier en vers hexa- 
mètres qui précède un psautier conservé au British Muséum sous la cote 
Galba A. XVIII du fonds Cottonien. On croit que ce manuscrit a appar- 
tenu au roi Aethelstan, et on l'a considéré jusqu'ici comme une œuvre 
saxonne. M. Whitley Stokes penche à le considérer plutôt comme irlandais. 
En effet, ce calendrier mentionne dix saints irlandais contre quatre anglo- 
saxons seulement, et la latinité paraît irlandaise. 

The Academy, juillet 1895, p. 12. Lettre de M. J. Hessels qui dit 
que la latinité du ms. Galba A. XVIII peut être anglo-saxonne aussi bien 
qu'irlandaise, mais laisse subsister l'argument fondé sur les noms des 
saints. 

M. Hùbner a publié en 1876 dans ses Inscriptiones Britanniae christianae, 
sous le n° 96, une inscription gravée sur une croix de pierre haute de qua- 



Périodiques. 561 

torze pieds anglais, soit 4 mètres 37 cent., à Carew, comté de Pembroke, 
c'est-à-dire dans la région sud-ouest du pays de Galles. Ce monument était 
depuis longtemps connu. Westwood, dans son Lapidarium Walliae (1876- 
1879), pi. LVII, cf. p. 1 19-120, donne deux représentations de la croix de 
Carew ; dans l'une il nous la montre de face, dans l'autre il nous la fait 
voir par derrière, enfin il y joint une figure où l'inscription est donnée sur 
une plus grande échelle. Il fait observer qu'une copie sur pierre de cette 
inscription se trouve en Irlande, comté de Wexford, au château de Fethard, 
propriété de la famille Carew. Une autre copie plus récente a été décou- 
verte sur un bloc de granit au-dessus de la baie de Baginbun, non loin de 
Fethard, également dans le comté de Wexford. 

M. J. Rhys a reconnu dans le premier mot de l'inscription de Carew, 
Margiteut, un nom propre gallois, plus tard Meredadd (Lectures on Welsh 
Philology, 2 e éd., p. 234). 

Cette inscription et ses copies ont été dans I'Academy, pendant le second 
semestre de l'année dernière, l'objet d'une correspondance suivie entre 
MM. E.-W.-B. Nicholson, R.-A.-S. Macalister, Philip D. Wigors, Goddard 
H. Orpen, Lord Southesk, comme on peut le voir aux p. 235, 257, 282, 
305, 306, 353, 377 de ce journal anglais. 

Dans le numéro de I'Academy du 15 juin dernier a paru, p. 32-33, une 
lettre de M. J. Romilly Allen qui éclaircit la question, jusqu'ici fort obscure 
à mes yeux, que ces Messieurs discutaient. Il n'y a pas à s'occuper des 
copies signalées en Irlande à Fethard et à Baginbun. L'inscription de Ca- 
rew mérite seule notre attention. 

Suivant M. J. Rhys, qui fait autorité en cette matière, il faut lire Mar- 
giteut Recett f[ecit]. Cette inscription, dit M. Allen, a été gravée au ix e ou 
au X e siècle, la copie de Fethard date du xin e ou du xiv^, la copie de Ba- 
ginbun est beaucoup plus récente. Le nom de Margi-teut, dont le premier 
terme paraît identique au premier terme de Margi-dunum, station romaine 
de Grande-Bretagne dans V Itinéraire d'Antonin, apparaît sous différentes 
formes dans les textes gallois. Dans le Livre de Llan Dâv, p. 125, rex De- 
meticae regionis Margetud, filins Rein, est un contemporain de saint Teliaus, 
vi e siècle, et Margetud, fils du roi Grifud, 1039-1063, est témoin d'une do- 
nation faite par son père à l'évêque Herwaldus, 1036-1104. Plus ancien- 
nement, en 796, mourut Morgetiud rex Demetorum, dont le fils, Eugem 
filius Margetiud, mourut en 811 (Annales Cambriae, p. 11). Margetiud re- 
produit presque exactement le Margiteut de l'inscription. Plus tard (dans 
la même chronique), on trouve Maredut, 986 (p. 20), 989, 993, 994 (p. 21), 
1069-1070 (p. 28), 1102 (p. 33), 1 106 (p. 34), Meredut, Maredut, 1 1 28 
(p. 38), etc.; Maredud est l'orthographe du Brut y tywysogion, Meredudd est 
la notation moderne. 

Le même numéro de I'Academy contient, p. 35-36, une dissertation de 
M. E.-W.-B. Nicholson sur la racine celtique ab à propos du Bannavem 
Taberniae de la « Confession de saint Patrice ». Je ne me sens pas assez 
fort pour apprécier un morceau si savant. Les écrits de M. Nicholson sont 
en général au-dessus de ma portée. 



36z Périodiques. 



XL 

L'Anthropologie, tr VI, ap 3. — P. 293-311. Suite delà savante étude 
de M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les influences 
gréco-romaines. Cet article, comme les précédents, est illustré. La der- 
nière figure porte le numéro 298 . 

XII. 

Zeitschrift fur indogermanische Sprach- und Altertumskunde, t.V, 
p. 87-88. — M. Wilhelm Streitberg expose que Mattium et Mattiacus sont 
deux mots celtiques, et non d'origine germanique comme l'a cru M. W. 
Braune. Ils tirent leur origine d'un nom hypocoristique où était doublé le / 
de la première partie d'un nom d'homme composé tel que Matt-donnus. 

XIII. 

Journal of the county Kildare archaeological society, 1. 1, n° 5, 
1894, p. 281-285. — Notice par Miss Margaret Stokes sur deux croix de 
pierre de date fort ancienne qui existent encore aujourd'hui à Castledermot. 
Ces croix sont ornées de figures représentant divers sujets religieux. Une 
des plus intéressantes est celle de la Mort dans le tombeau. Le personnage 
est assis les jambes repliées et les mains croisées au-dessus des genoux, dans 
une posture qui ressemble à celle de certains squelettes dans les tombeaux 
païens. 

XIV. 

Zeitschrift fur deutsche Philologie, t. XXVIII, p. 80-113, étude 
approfondie de M. R. Thurneysen sur le Nennius uindicatusdeM. H. Zim- 
mer. Dans le tome précédent de la Revue Celtique, p. 126-129, le livre de 
M. Zimmer a été annoncé d'une façon trop brève, étant donnée l'impor- 
tance considérable de cet ouvrage. Au même tome, p. 174-197, M. l'abbé 
Duchesne a publié sous le titre de Nennius retractatus une critique plus 
approfondie de l'œuvre de M. Zimmer. Je suis revenu un peu rapidement 
sur le même sujet dans la première livraison du présent volume de la Revue 
Celtique, p. 106-108, à propos de la nouvelle édition de Nennius donnée 
par M. Mommsen : Monumenta Gcrmaniae historica, in-4, auctores antiquis- 
simi, t. XIII, ou Chronica minora, t. III. Le compte rendu de M. Thur- 
neysen est dû à la plume d'un savant tout à fait compétent; il est tellement 
complet et si détaillé que la place manquerait ici pour en donner une ana- 
lyse suffisante. J'y renvoie donc les lecteurs de la. Revue Celtique. Je me bor- 
nerai à quelques extraits. 

« Ce livre, » dit M. Thurneysen, p. 80, « montre le même caractère que 
« les autres travaux du même auteur: une immense impétuosité qu'aucune 
« conséquence ne fait reculer. Dès qu'une hypothèse a été exprimée, elle 



Périodiques. 361 

torze pieds anglais, soit 4 mètres 37 cent., à Carew, comté de Pembroke, 
c'est-à-dire dans la région sud-ouest du pays de Galles. Ce monument était 
depuis longtemps connu. Westwood, dans son Lapidarium Walliae (1876- 
1879), pi. LVII, cf p. 1 19-120, donne deux représentations de la croix de 
Carew ; dans l'une il nous la montre de face, dans l'autre il nous la fait 
voir par derrière, enfin il v joint une figure où l'inscription est donnée sur 
une plus grande échelle. Il fait observer qu'une copie sur pierre de cette 
inscription se trouve en Irlande, comté de Wexford, au château de Fethard, 
propriété de la famille Carew. Une autre copie plus récente a été décou- 
verte sur un bloc de granit au-dessus de la baie de Baginbun, non loin de 
Fethard, également dans le comté de Wexford. 

M. J. Rhys a reconnu dans le premier mot de l'inscription de Carew, 
Margiteut, un nom propre gallois, plus tard Meredudd (Lectures on Welsh 
Philology, 2 e éd., p. 234). 

Cette inscription et ses copies ont été dans I'Academy, pendant le second 
semestre de l'année dernière, l'objet d'une correspondance suivie entre 
MM. E.-W.-B. Nicholson, R.-A.-S. Macalister, Philip D. Wigors, Goddard 
H. Orpen, Lord Southesk, comme on peut le voir aux p. 235, 257, 282, 
305, 306, 353, 377 de ce journal anglais. 

Dans le numéro de I'Academy du 15 juin dernier a paru, p. 32-33, une 
lettre de M. J. Romilly Allen qui éclaircit la question, jusqu'ici fort obscure 
à mes yeux, que ces Messieurs discutaient. Il n'y a pas à s'occuper des 
copies signalées en Irlande à Fethard et à Baginbun. L'inscription de Ca- 
rew mérite seule notre attention. 

Suivant M. J. Rhys, qui fait autorité en cette matière, il faut lire Mar- 
gitcut: Recctt f[ecif\. Cette inscription, dit M. Allen, a été gravée au ix e ou 
au x c siècle, la copie de Fethard date du xm e ou du xiv e , la copie de Ba- 
ginbun est beaucoup plus récente. Le nom de Margi-teut, dont le premier 
terme paraît identique au premier terme de Margi-dunum, station romaine 
de Grande-Bretagne dans Y Itinéraire d'Antonin, apparaît sous différentes 
formes dans les textes gallois. Dans le Livre de Llan Dâv, p. 125. rcx De- 
meticae regionis Margetud, filins Rein, est un contemporain de saint Teîiaus, 
vie siècle, et Margetud, fils du roi Grifud, 1039-1063, est témoin d'une do- 
nation faite par son père à l'évêque Herivaldus, 1056-1104. Plus ancien- 
nement, en 796, mourut Morgetiud rcx Deinetoriun, dont le fils, Eugem 
filins Morgetiud, mourut en 811 (Annales Canibriae, p. 11). Margetiud re- 
produit presque exactement le Margiteut de l'inscription. Plus tard (dans 
la même chronique), on trouve Maredut, 986 (p. 20), 989, 993, 994 (p. 21), 
1 069-1070 (p. 28), Ii02(p. 33), 1 106 (p. 34), Mcredut, Maredut, 1 1 28 
(p. 38), etc.; Maredud est l'orthographe du Brut y tyzuysogion, Meredudd est 
la notation moderne. 

Le même numéro de I'Academy contient, p. 35-36, une dissertation de 
M. E.-W.-B. Nicholson sur la racine celtique ab à propos du Bannavem 
Taberniae de la « Confession de saint Patrice ». Je ne me sens pas assez 
fort pour apprécier un morceau si savant. Les écrits de M. Nicholson sont 
en général au-dessus de ma portée. 



362 PériodicjL 



XL 

L'Anthropologie, t. VI, 11° 3. — P. 293-311. Suite delà savante étude 
de M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les influences 
gréco-romaines. Cet article, comme les précédents, est illustré. La der- 
nière figure porte le numéro 298. 

XII. 

Zeitschriftfùr indogermanische Sprach-und Altertumskunde, t.V, 
p. 87-88. — M. Wilhelm Streitberg expose que Mattium et Mattiacus sont 
deux mots celtiques, et non d'origine germanique comme l'a cru M. W. 
Braune. Ils tirent leur origine d'un nom hypocoristique où était doublé k t 
de la première partie d'un nom d'homme composé tel que Mati-donnus. 

XIII. 

Journal of the county Kildare archaeological society, 1. 1, n° 5, 
1894, p. 281-285. — Notice par Miss Margaret Stokes sur deux croix de 
pierre de date fort ancienne qui existent encore aujourd'hui à Castledermot. 
Ces croix sont ornées de figures représentant divers sujets religieux. Une 
des plus intéressantes est celle de la Mort dans le tombeau. Le personnage 
est assis les jambes repliées et les mains croisées au-dessus des genoux, dans 
une posture qui ressemble à celle de certains squelettes dans les tombeaux 
païens. 

XIV. 

ZEITSCHRIFT FUR DEUTSCHE PHILOLOGIE, t. XXVIII, p. 80- 1 1 3 , étude 

approfondie de M. R. Thurneysen sur le Nennius vindicatus de M. H. Zim- 
mer. Dans le tome précédent de la Revue Celtique, p. 126-129, ' e nvrc ^ e 
M. Zimmer a été annoncé d'une façon trop brève, étant donnée l'impor- 
tance considérable de cet ouvrage. Au même tome, p. 174-197, M. l'abbé 
Duchesne a publié sous le titre de Nennius retractatus une critique plus 
approfondie de l'œuvre de M. Zimmer. Je suis revenu un peu rapidement 
sur le même sujet dans la première livraison du présent volume de la Revue 
Celtique, p. 106-108, à propos de la nouvelle édition de Nennius donnée 
par M. Mommsen : Monumenta Germaniae historica, in-4, auctores antiquis- 
simi, t. XIII, ou Chrouiea minora, t. III. Le compte rendu de M. Thur- 
neysen est dû à la plume d'un savant tout à fait compétent ; il est tellement 
complet et si détaillé que la place manquerait ici pour en donner une ana- 
lyse suffisante. J'y renvoie donc les lecteurs de la Revue Celtique. Je me bor- 
nerai à quelques extraits. 

« Ce livre, » dit M. Thurneysen, p. 80, « montre le même caractère que 
« les autres travaux du même auteur: une immense impétuosité qu'aucune 
« conséquence ne fait reculer. Dès qu'une hypothèse a été exprimée, elle 



Périodiques. 363 

« sert de fondement à une construction nouvelle. De là, pour celui qui 
« juge uniquement d'après les lois de l'esthétique, il résulte une unité "lit- 
ce téraire dont la forme exerce une séduction presque irrésistible ; — cer- 
« tains comptes rendus en sont la preuve. — Mais quand le lecteur est 
« accessible au doute, il ne peut, sans éprouver un certain malaise, voir un 
« monument majestueux s'élever sur des fondements dont les matériaux, 
« fort mélangés, sont alternativement de belles pierres de taille, et des 
« pierres apparentes, vraies bulles de savon. » M. Zimmer se plaindra de 
la cruauté dont je fais preuve en traduisant ce passage et en l'insérant dans 
la Revue Celtique. Mais il n'est pas donné à tout le monde de bâtir en 
pierres de taille. Les maisons dont je suis propriétaire sont toutes cons- 
truites en moellons. C'est dans tine maison bâtie en moellons que je suis 
né, et pendant vingt-huit ans à Troyes, j'ai habité une maison bâtie en 
torchis, luft-stein « pierre de vent », comme dit M. Thurneysen, ce que, 
faute d'équivalent français, je rends ci-dessus par une périphrase. 

Voici comment M. Thurneysen entend les sources de l'histoire publiée 
sous le nom de Nennius (voir son article, p. 103-104) ; il prend pour base 
l'édition de San Marte, Berlin, 1844, p. 27 et suivantes. 

Prologue, §§ 1 et 3, développement postérieur de la préface de Nennius; 

§ 3, préface de Nennius à son édition définitive, 859; 

§ 4, vient de l'original, écrit vers 679 ; 

§ 5, addition par Nennius vers 831 ; 

§ 6-9, viennent de l'original; 

§ 10-16, additions de Nennius; 

§ 17, de l'original; 

§ 18, addition antérieure à Nennius; 

§ 19-20, de l'original; 

§ 20-30, addition de Nennius ; 

§ 3 1-48, de l'original ; 

§ 48-55, addition de Nennius; 

§ 56, de l'original ; 

§ 57-61, addition de Nennius qui s'arrête à la ligne 3 de la p. 72 ; 

§ 61, à partir des mots Ida filius Eobba, p. 72, 1. 4; § 62-64 et § 65 
jusques et y compris les mots novem annis, p. 74, 1. 9, de l'original; 

fin du § 65, additions la plupart antérieures à Nennius ; 

§ 66, addition récente empruntée aux Annales Cambriae; 

§ 67-76, liste des merveilles de Bretagne; les deux premières, p. 75, 1. 3-1 1, 
appartiennent probablement à l'original, les deux suivantes, p. 75, 1. 12-20, 
sont des additions antérieures à Nennius et tout le reste, jusques et y com- 
pris le § 76, est un recueil d'additions qui remontent, les unes probable- 
ment, les autres certainement à Nennius. 

La liste des cités, p. 80, est antérieure à Nennius et très ancienne. 

M. Thurneysen n'admet pas la doctrine exagérée de M. Zimmer, qui fait 
de saint Patrice un personnage à peu près complètement fabuleux. Il rejette 
comme nous l'étrange assertion que Pêne, nom national des Irlandais, serait 
un mot d'origine germanique. L'étude de son article est indispensable à 



j64 Périodiques. 

tous ceux qui voudront se rendre un compte précis de l'état actuel des 
questions soulevées par l'œuvre médiocre et cependant si importante qui 
circule sous le nom de Nennius. 



XV. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland. — 
Article de M. John Rhys sur dus inscriptions oghamiques de l'Irlande sep- 
tentrionale: i° à la Bibliothèque publique d'Armagh: dinoaglo maoj 
qetai. Cf. maq.1 Q.ETTI, inscription de Ballinrannig, comté de Kerry, en 
Irlande, et le nom du personnage épique, Cet mac Magach ; 2° pierre d'Agha- 
scribbagh, près de Greencastle: dotoatt maq.i nan... Dotoatt est le génitif 
d'un nom d'homme écrit Dotoad au même cas dans le nom géographique 
Talach Dotoad (Revue Celtique, t. XV, p. 418, Dindsenchas de Rennes, § 33). 
— Mémoire de M. W.-F. Wakeman sur des sépultures païennes trouvées 
à Old-Cornaught, comté de Dublin. — Recherches sur l'origine des su- 
perstitions irlandaises concernant les fées, par feu Herbert Hore, avec notes 
par M. David Mac-Ritchie. 

XVI. 

Supplément! periodici all' archivio glottologico italiano... ordi- 
nati da G.-I. Ascoli. Seconda dispensa, p. 97-131. Deux mémoires de 
M. Ascoli. 

Dans le premier, le savant italien revient sur les comparatifs d'égalité 
irlandais en ithir dont il avait déjà précédemment traité, comme on l'a pu 
voir par le compte rendu imprimé dans la Revue Celtique, t. XIII, p. 297- 
298. Un des textes qu'il produit à l'appui de sa doctrine dans ce nouveau 
travail est extrait du récit irlandais de l'histoire du peuple juif, Stair cloinde 
Israël dans le Leabhar Breac, p. 120, col. 2, 1. 45-48: « Le principal autel 
« était de même hauteur que le sein et que la noble poitrine du grand- 
ce prêtre Aaron » In prim-altoir primda immorro comard side fri ucht ocus 
fri hurbruinde in-aasal-sacairt Aroin. La même idée est exprimée en d'au- 
tres termes dans le Saltair na Rann, vers 4269, 4268 ; il y est dit que « le 
principal autel » In-prim-altoir « était aussi haut que le sein d' Aaron » ba- 
/;arddidir ucht Aroin. Cow-ard « de même hauteur que » est synonyme 
de ARBD-idir « aussi haut que » ; le préfixe corn- a la même valeur que le 
suffixe -idir. 

Le second mémoire a pour objet l'étude de ce que devient en irlandais 
st initial. On dit en général que st initial se réduit en irlandais à t ; exem- 
ples: tiagu « je vais » = atetyo); tau, tu « je suis » = sto. 

Mais, pour un certain nombre de mots au moins, il est certain que / ini- 
tial = st est antérieur à la date où l'irlandais s'est séparé des autres lan- 
gues celtiques et même à celle où le celtique s'est séparé d'autres langues 
indo-européennes. A côté de la racine sanscrite sthag « couvrir », et du 
grec sTc'yo; « toit », on a le grec xe'yo; « même sens », le latin tego, l'aile- 



Périodiques. 363 

« sert de fondement à une construction nouvelle. De là, pour celui qui 
« juge uniquement d'après les lois de l'esthétique, il résulte une unité lit- 
ce téraire dont la forme exerce une séduction presque irrésistible ; — cer- 
« tains comptes rendus en sont la preuve. — Mais quand le lecteur est 
« accessible au doute, il ne peut, sans éprouver un certain malaise, voir un 
« monument majestueux s'élever sur des fondements dont les matériaux, 
« fort mélangés, sont alternativement de belles pierres de taille, et des 
« pierres apparentes, vraies bulles de savon. » M. Zimmer se plaindra de 
la cruauté dont je fais preuve en traduisant ce passage et en l'insérant dans 
la Revue Celtique. Mais il n'est pas donné à tout le monde de bâtir en 
pierres de taille. Les maisons dont je suis propriétaire sont toutes cons- 
truites en moellons. C'est dans une maison bâtie en moellons que je suis 
né, et pendant vingt-huit ans à Troyes, j'ai habité une maison bâtie en 
torchis, hift-steiu « pierre de vent», comme dit M. Thurneysen, ce que, 
faute d'équivalent français, je rends ci-dessus par une périphrase. 

Voici comment M. Thurneysen entend les sources de l'histoire publiée 
sous le nom de Nennius (voir son article, p. 103-104) ; il prend pour base 
l'édition de San Marte, Berlin, 1844,- p. 27 et suivantes. 

Prologue, §§ 1 et 3, développement postérieur de la préface de Nennius; 

§ 3, préface de Nennius à son édition définitive, 859; 

§ 4, vient de l'original, écrit vers 679 ; 

§ 5, addition par Nennius vers 831 ; 

§ 6-9, viennent de l'original ; 

§ .10-16, additions de Nennius; 

§ 17, de l'original; 

§ 18, addition antérieure à Nennius; 

§ 19-20, de l'original; 

§ 20-30, addition de Nennius; 

§ 3 1-48, de l'original ; 

§ 48-55, addition de Nennius; 

§ 56, de l'original ; 

§ 57-61, addition de Nennius qui s'arrête à la ligne 3 de la p. 72 ; 

§ 61, à partir des mots Ida filius Eobba, p. 72, 1. 4; § 62-64 et § 65 
jusques et y compris les mots novem annis, p. 74, 1. 9, de l'original; 

fin du § 65, additions la plupart antérieures à Nennius ; 

§ 66, addition récente empruntée aux Annales Cambriae; 

§ 67-76, liste des merveilles de Bretagne; les deux premières, p. 75, 1. 3-1 1, 
appartiennent probablement à l'original, les deux suivantes, p. 75, 1. 12-20, 
sont des additions antérieures à Nennius et tout le reste, jusques et y com- 
pris le § 76, est un recueil d'additions qui remontent, les unes probable- 
ment, les autres certainement à Nennius. 

La liste des cités, p. 80, est antérieure à Nennius et très ancienne. 

M. Thurneysen n'admet pas la doctrine exagérée de M. Zimmer, qui fait 
de saint Patrice un personnage à peu près complètement fabuleux. Il rejette 
comme nous l'étrange assertion que Féne, nom national des Irlandais, serait 
un mot d'origine germanique. L'étude de son article est indispensable à 



564 Périodiques. 

tous ceux qui voudront se rendre un compte précis de l'état actuel des 
questions soulevées par l'œuvre médiocre et cependant si importante qui 
circule sous le nom de Nennius. 



XV. 

The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Ireland. — 
Article de M. John Rhys sur dus inscriptions oghamiques de l'Irlande sep- 
tentrionale: i° à la Bibliothèque publique d'Armagh: dinoaglo maoj 
qetai. Cf. maqi Q.ETTI, inscription de Ballinrannig, comté de Kerrv, en 
Irlande, et le nom du personnage épique, Cet mac Magach ; 2 pierre d'Agha- 
scribbagh, près de Greencastle: dotoatt maqj nan... Dotoatt est le génitif 
d'un nom d'homme écrit Dotoad au même cas dans le nom géographique 
Titlach Dotoad (Revue Celtique, t. XV, p. 418, Dindsenchas de Rennes, § 33). 
— Mémoire de M. W.-F. Wakeman sur des sépultures païennes trouvées 
à Old-Cornaught, comté de Dublin. — Recherches sur l'origine des su- 
perstitions irlandaises concernant les fées, par feu Herbert Hore, avec notes 
par M. David Mac-Ritchie. 

XVI. 

SUPPLEMENTI PERIODICI ALL' ARCHIVIO GLOTTOLOGICO ITALIANO... ORDI- 

nati da G.-I. Ascoli. Seconda dispensa, p. 97-131. Deux mémoires de 
M. Ascoli. 

Dans le premier, le savant italien revient sur les comparatifs d'égalité 
irlandais en ithir dont il avait déjà précédemment traité, comme on l'a pu 
voir par le compte rendu imprimé dans la Rei'ue Celtique, t. XIII, p. 297- 
298. Un des textes qu'il produit à l'appui de sa doctrine dans ce nouveau 
travail est extrait du récit irlandais de l'histoire du peuple juif, Stair chinde 
Israël dans le Leabhar Breac, p. 120, col. 2, 1. 45-48: « Le principal autel 
« était de même hauteur que le sein et que la noble poitrine du grand- 
ce prêtre Aaron » In prim-altoir primda immorro comard sidefri ucht ocus 
fri burbruinde in-uasal-sacairt Aroin. La même idée est exprimée en d'au- 
tres termes dans le Saltair na Rauu, vers 4269, 4268; il y est dit que « le 
principal autel » In-prim-altoir « était aussi haut que le sein d'Aaron » ba- 
/;arddidir ucht Aroin. Co?h-ard « de même hauteur que » est synonyme 
de ardd-z'J/V « aussi haut que » ; le préfixe corn- a la même valeur que le 
suffixe -idir. 

Le second mémoire a pour objet l'étude de ce que devient en irlandais 
st initial. On dit en général que st initial se réduit en irlandais à / ; exem- 
ples: tiagu « je vais » = n:v.-/ui\ tdu, tu « je suis » = sto. 

Mais, pour un certain nombre de mots au moins, il est certain que t ini- 
tial = st est antérieur à la date où l'irlandais s'est séparé des autres lan- 
gues celtiques et même à celle où le celtique s'est séparé d'autres langues 
indo-européennes. A côté de la racine sanscrite sthag « couvrir », et du 
grec TTs'yo; « toit », on a le grec -éyot « même sens », le latin tego, l'aile- 



Périodiques. 36$ 

mand dach « toit », et le vieux breton tig « maison », aujourd'hui ti en 
breton, ty en gallois, en sorte que la perte de Y s initiale dans l'irlandais 
tech « maison » n'est pas un fait spécial à l'irlandais. Le même phéno- 
mène dans tiagu « je vais » ne s'est pas produit seulement en irlandais, 
puisque en gallois on a taith « voyage », venant également de la racine 
steigh. L'irlandais tamailt « opprobre, insulte », n'a pas Ys initial du grec 
otc';j.6'jj « je réprimande », or cet s fait également défaut au breton tamàll 
« blâme ». 

D'autre part, le groupe st initial devient s en irlandais comme en breton 
et en gallois dans : serc, irlandais « amour » ; scrch, gallois, même' sens; 
serc'h, breton « concubine », cf.- grec axapyto « j'aime », tfTO-yrj «amour»; 
dans le gallois sawdl |« talon», en breton seul, en irlandais sâl pour *stà~- 
tlo-, dans le breton sevel, le gallois sefyll, d'une racine stam, qui est dans 
l'irlandais: samaigim « je pose ». Dans samaigin, s — st est initial, il est 
médial dans: sessam = *si-stauiu « acte de se tenir debout »; tairissem = 
* du-are-sistama «position, état, constance », autres mots irlandais où se re- 
connaît la même racine stam, qui dérive de la racine sta. Il y a un mot 
irlandais d'origine latine qui perd le / et garde Ys du groupe initial st, 
c'est saball « grange », de stahulum. 

Comment se fait-il qu'en irlandais sto soit devenu tau, tu ? M. Ascoli 
l'explique en supposant que cette formation a été empruntée aux composés 
tels que fer- ta « il est dessus ». 

On rencontre dans Echtra Comlla (Windisch, Irische Grammatih, p. 119, 
1. 14), fordotâ, mieux for-do-[t]-td « il est sur toi » (Whitley Stokes, The 
Old-irish Verb Substanlive, p. 106); dans le Saltar va Rami, vers 1453, /or/a; 
enfin fortha dans un texte de droit cité par O'Donovan d'après , la copie 
d'O'Curry, p. 1607, lignes 18, 20, 21, qui reproduit le ms. de l'Académie 
royale d'Irlande autrefois 35.5, aujourd'hui 23Q6, xvi e siècle. Un autre 
composé est attd « il est » = ad-stâ[t] à la première personne du singulier 
attâ « je suis », sur lequel on peut voir les exemples réunis d'après le ms. 
de Wùrzburg dans la Grammatica celtica, 2 e édition, p. 488-489. N'ou- 
blions pas itou = *a<th-sto, plus anciennement * ate-sto, ibid., p. 489, et 
d'autres composés réunis par M. Whitley Stokes, The Old-irish Verh Subs- 
titutive, p. 106. 

En règle générale, st médial entre deux voyelles devient ss en irlandais, 
air-issiur = * are-sistui-r « je m'appuie sur », ms. de Milan cité par Stra- 
chan, The déponent verb inîrish, p. 21, etc., etc. Mais ce traitement n'a pas 
lieu lorsque le groupe st n'est pas placé entre deux voyelles ; quand le 
groupe st médial est précédé d'une consonne, s tombe et / persiste : Dech- 
tire, nom de la sœur du roi Conchobar, mère de Lug, = Deksteria; ochtar 
« au-dessus de » == ouks-tero- de la même racine que uasal « haut » = 
ouks-ello-; echiar « hors de » = * eks-tero- de la même racine que le latin 
extra; cette loi explique l'absence de Ys et le maintien du t dans for-td, 
fortha, at-tâ, et par conséquent par analogie dans ta. Telle est la doctrine 
de M. Ascoli. 

Je crois qu'il est inutile de chercher si loin. La racine indo-européenne 

Revue Celtique, XVI. 26 



3 66 Périodiques. 

stâ- avait en celtique un doublet ta, comme en grec, à côté de sTc'yo;, on 
trouve le doublet réyos. Ce qui nous en donne la preuve, c'est le gallois 
taw (étudié par Rhys, Lectures on welsh Philoîogy, 2 e éd., p. 130, et par 
Whitley Stokes, The Old-irish Verb suhstantive, p. 107), qui, tombé en dé- 
suétude comme verbe, est employé avec le sens de « que » par les Gallois 
méridionaux au lieu de mai « que », variante de mae « il est », dans le 
gallois du nord. On a déjà plus haut comparé le gallois taith, « voyage », à 
l'irlandais tiagu « je vais », de la racine steigh; et cependant le latin sti- 
mulus^ est devenu swmwl en gallois. 

En breton, so « est » — stâ[J], gardant son s initial, perd le / suivant, 
cf. serch « concubine » = "sterka, et sevel « se lever », pour *stamett, c'est 
la doctrine de la Gratnm. eût., 2 e éd., p. 554-555, je ne vois pourquoi 
l'abandonner. Cette chute du / dans le groupe st se remarque en breton dans 
sebe~a « éblouir », du latin stupidare ; soûl « chaume », en vannetais seul, 
du latin stipula; elle peut par conséquent être postérieure à la conquête 
romaine ou plus ancienne comme dans serch « concubine », en vieil irlan- 
dais serc « amour », de la racine sterg, qui est dans le grec creépYw. 

L'étude de l'st initial = t et de Yst initial = s dans les langues celtiques, 
soulève des problèmes chronologiques et géographiques qui ne sont pas en- 
core, suivant moi, complètement résolus. 

XVII. 

Gazette des Beaux-Arts, 3 e pér., t. X, XI. — M. S. Reinach, L'origine 
et les caractères de l'art gallo-romain, expose que dans toute l'Europe du 
nord, et par conséquent en Gaule, avant l'époque où la Gaule a été con- 
quise par les Romains, il existait un art celto-scythique qui s'oppose à l'art 
gréco-romain. Ses caractères sont: 

i° Prévalence de la décoration géométrique; 

2 Prévalence du goût de la symétrie sur celui de la nature vivante, de 
la logique sur l'imagination ; 

3 Goût pour l'emploi des couleurs vives, d'où l'émaillerie de Bibracte, 
les cabochons de corail qui décorent les objets métalliques, les perles 
d'ambre et en pâte de verre multicolore ; 

4° Goût pour le travail ajouré, très frappant dans les beaux ornements 
de-bronze provenant des nécropoles de Chassemy, dans l'Aisne, de Som- 
mebionne, dans la Marne, etc. ; 

5° Tendance a la stylisation, c'est-à-dire à la transformation de la forme 
humaine et animale en fioritures, en motifs de décoration. 

Ces caractères reparaissent sur notre sol avec l'art mérovingien. 

Sous l'empire romain, l'art grec fait son apparition en Gaule. M. S. Rei- 
nach suppose que le principal représentant de cet art, Zénodore, auteur du 
Mercure Arverne, était originaire d'Egypte et croit reconnaître une in- 
fluence égyptienne dans certains produits de l'art gallo-romain, il y con- 
state en même temps une certaine exagération qui lui semble propre au 
génie de notre nation. 



Périodiques. 367 

Des figures intercalées dans le texte paraissent justifier la doctrine du 
savant auteur. 

XVIII. 

Revue épigraphique du Midi de la France, n° 78, avril, mai, juin 
1895. — P. 357 et suiv. Continuation de l'étude de M. Allmer sur les 
dieux de la Gaule celtique (cf. ci-dessus, p. 122, 258). Il s'agit ici des 
dieux et déesses : Axivnis, Baco, Baginas, Baginus, Baginatiae, Belado, Be- 
lenus. Les inscriptions concernant Belenus qui auraient, dit-on, été trouvées 
en Gaule, sont toutes fausses suivant M. Allmer. Il fait un rapprochement 
intéressant entre un passage des Actes de saint Marcel de Chalon-sur- 
Saône et la dédicace : Deo Bacont, trouvée dans cette ville. 

Dans les comptes rendus précédents, j'ai négligé le n° 76 où, p. 320 et 
suiv., sont étudiés les dieux et déesses: Adido, Alaunius, Albarinus, Albio- 
rix, Albiorica, Ald[ ]me[ }ses, Alisanus, Almahae, Audarta, Athubodua, Aîisiocus. 

M. Allmer continue dans ces travaux à montrer les éminentes qualités 
qui le distinguent comme épigraphiste, et à donner des leçons aux lin- 
guistes jusqu'ici rebelles à son enseignement : ainsi, p. 320, il découvre 
que Anicius, que l'on a pris jusqu'à présent pour un gentilice romain, est 
un mot grec. P. 321 : « il ne serait pas impossible, dit-il, que le nom 
« Lauzon de la rivière qui passe à Alaun (commune de Lurs, Basses-Alpes), 
« soit une déformation du mot Alaunio ». 



XIX. 

Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XXII, p. 17- 
23. — Notice par M. J.-M. Abgrall sur quatre vieilles cloches et deux 
pierres sonnantes. Ce sont : la cloche de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), 
celle de Saint-Goulven (Finistère), celle de Saint-Mériadec à Stival, près 
Pontivy (Morbihan), et celle de Saint-Renan à Locrenan (Finistère). La 
dernière est formée de deux feuilles de cuivre cintrées et rivées sur les 
bords par une série de petits clous de même métal. Les autres ont été 
fondues. Celle de Saint-Goulven est quadrangulaire, celle de Saint-Pol-de- 
Léon et celle de Saint-Mériadec ont à peu près la même forme, si ce n'est 
que leurs angles sont arrondis. Ces deux dernières ont une forme analogue 
à celle de beaucoup de vieilles cloches irlandaises, si mes souvenirs sont 
exacts. La hauteur de ces petits monuments est: Saint-Pol-de-Léon, 
o m. 19, Saint-Goulven, om. 145, Saint-Mériadec et Saint-Renan, om. 20. 
La largeur à la base est: Saint-Pol-de-Léon et Saint-Mériadec, o m. 18, 
Saint-Renan, o m. 15, Saint-Goulven, o m. 12. La cloche de Saint-Mé- 
riadec porte l'inscription pirtur ficisti. On peut sous-entendre me et tra- 
duire « Pirtur (ou Peredur), tu m'as faite ». M. Abgrall rapproche de ces 
quatre cloches deux pierres sonnantes dont une est conservée dans la 
grotte ou chapelle de saint Gildas, entre Baud et Pontivy; saint Gildas 
s'en servait, dit-on, pour appeler le peuple aux offices. Saint Bieuzy, dis- 
ciple de saint Gildas, avait aussi sa pierre, qui servait au même usage; elle 



368 Périodiques. 

est conservée dans l'église paroissiale de Bieuzy (Morbihan). — P. 139-148. 
Mémoire du baron Halna du Fretay, qui soutient que les squelettes avec 
armes en bronze ou même en pierres, trouvés dans de grands coffres de 
pierre sous tumulus, appartiennent à notre ère et sont chrétiens. C'est le 
résultat de trente ans de travaux et d'une collection qui, formée par lui, 
est « des plus utiles au point de vue scientifique et supérieure certainement 
« à la majorité des musées. La collection des pierres taillées seule compte 
« plus de douze mille types de premier ordre, et tout le reste est à l'ave- 
« nant. Cette collection, » ajoute l'auteur, « est mon œuvre personnelle. 
« Tout a été trouvé dans mes recherches. C'est ainsi que l'on arrive à des 
« certitudes qui restent des points historiques acquis. Des hommes de 
« génie comme Boucher de Perthes, de Caumont et d'autres encore, n'ont 
« pas procédé autrement. Ils ont travaillé, vu, et profondément réfléchi 
« avant de parler. .Aussi leurs œuvres impérissables seront toujours vraies 
« pour leur gloire et pour la science. » 

H. d'Arbois de Jubainville. 
Paris, le 23 juillet 189). 



Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. BOUILLON. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



BAS-RELIEF INÉDIT 

AUTREFOIS A LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 



Au mois d'août 1869, à la suite d'un voyage de M. Alex. 
Bertrand et du général Creuly en Alsace, le musée de Saint- 
Germain, alors en voie de formation, acquit de M. Aug. 




mm m m 11 



Bas-relief de Brumath, autrefois à la Bibliothèque de Strasbourg. 

Saum, bibliothécaire de la ville de Strasbourg, une série de 

cinq moulages en plâtre d'après des bas-reliefs gallo-romains. 

Un an après, les originaux étaient détruits par les bombes 

Revue Celtique, XVI. 27 



370 Salomon Reinach. 

prussiennes, dans la funeste nuit du 24 août 1870 r . Les mou- 
lages conservés à Saint-Germain ont donc aujourd'hui toute 
l'importance archéologique des originaux dont ils tiennent 
lieu. L'un d'eux est reproduit par la similigravure au début du 
présent article ; voici l'indication succincte des autres, avec le 
numéro d'ordre des moulages sur le registre d'entrée du 
Musée de Saint-Germain. 

11 3 74. Bas-relief censé provenir du Donon, représentant 
une femme drapée debout à gauche (Rosmerta), et, à droite, 
Mercure appuyé sur un caducée. Dans le champ, entre ces 
deux personnages, un coq. Haut., 1 m. 45. 

11 375. Bas-relief découvert à Strasbourg en 1866 à la limite 
de la ville franque, en dehors de l'enceinte gallo-romaine. Di- 
vinité mithriaque avec quatre ailes, debout devant un lion 
passant à gauche. Haut., o m. 70. Ce bas-relief a été publié 
trois fois: en héliogravure, par M. Quicherat, Revue des So- 
ciétés savantes, 1868, VIII, p. 398; en xylogravure, par 
M. Froehner, Musées de France, pi. 23, et en similigravure par 
M. Cumont, Monuments figurés du culte de Milhra, 3 e fascicule 
(1895), n° 240. 

11 376. Bas-relief représentant le buste de la déesse Sirona, 
avec la dédicace Deae "Bironae au-dessous. Découvert en 175 1 
à Saint-Avold ; ancienne collection Schoepflin. Haut., om. 40. 
Ce bas-relief a été publié, d'après un dessin, par M. Ch. Ro- 
bert, dans la Revue Celtique (t. IV, p. 136). 

11377. Inscription funéraire trouvée à Saverne en 1852; 
dans le bas, une petite ouverture (Brambach, Corp. inscr. 
rhen., n° 1864). 

11 378. Le bas-relief que nous reproduisons. 

Un personnage barbu, complètement nu, les bras retom- 
bant le long du corps, est debout sous une arcade supportée 
par deux colonnettes 2 . Au-dessous, dans un cartouche orné 
de queues d'aronde, on lit en caractères hauts de m. 018 : 

ERVMO 



1 . V. l'article de M. Reuss dans la Revue Critique, 1870, II, p. 160. 

2. Ces arcades sont l'indication en raccourci d'un petit temple; on les 
voit souvent indiquées, avec ou sans les colonnettes de support, sur les 



Un Bas-Relief inédit de Strasbourg. 571 

D'après une lettre écrite à M. Bertrand par M. Saum, en 
1869, la matière du bas-relief était le stuc. Le moulage 
prouve qu'il devait être en mauvais état. Au premier abord, 
l'aspect de la photographie ferait supposer que les jambes 
sont celles d'un animal plutôt que d'un homme; mais, en se 
reportant au moulage, on reconnaît que les mutilations subies 
par la partie inférieure du relief sont seules responsables de 
cette apparente anomalie. 

Le bas-relief qui nous occupe a été découvert au commen- 
cement du siècle à Brumath, l'ancienne Brocomagus, où les 
antiquités gallo-romaines ne sont pas rares I , et où l'on a éga- 
lement recueilli des objets remontant à l'époque celtique 2 . Il 
a été signalé, à la suite de Schweighàuser et de Ravenez (le 
traducteur de Schoepflin), par Brambach, dont la notice, 
publiée au Corpus inscriplionam rhenanarum (1867), est ainsi 
conçue (p. 341) : 

* 1898 Ib? « Trouvée dans les fondations d'une maison de Brumath. » 
Rav. 5 « Figure en stuc. ». Schw. 

Deus 
E. R. V. MO 

Schweighàuser msi. I, 494. Ravenez, III, 129, d kit in bïbliotheca Argen- 
toratensi servari, ubi non inveni. Profalsa inscriptionem habeo. 

Brambach a déclaré faux, sans les avoir vus, le bas-relief et 
l'inscription. Mais l'inscription n'est pas conforme à la trans- 
cription qu'il en a donnée d'après Ravenez. Non seulement il 
n'y a pas trois points entre les lettres, mais il n'y eu a aucun. 



stèles gallo-romaines représentant des divinités ou des défunts. Cf. au 
musée de Saint-Germain les n os 1220, 23077, 24424, 24883, 24884, 
27517, etc. 

1. Cf. P. Ristelhuber, Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin, Strasbourg, 
1865, p. 79; Rcv. arçhéol., 1867, I, p. 159. 

2. Voir le Dictionnaire archéologique de la Gaule, art. Brumath. 

3.. Schcepflinus (Jo. Daniel), Alsatia illustrata celtica romand francica. 
Traduction de L.-W. Ravenez, I-V. Mulhouse (Perrin). 1849 s< ¥\--> m ~8. 

4. Schweighàuser, Antiquités du département du Bas-Rhin, I— II I . Manus- 
crit in-fol. de la bibliothèque de Strasbourg, utilisé par Brambach (cf. Corp. 
inscr. rhénan., p. XXV.) 



372 Stilomon Reinach. 

La lettre V paraît bien encadrée de deux points qui peuvent 
éveiller l'idée de points de séparation; toutefois, en regardant 
de prés le moulage, on s'aperçoit que ces points ne sont pas 
à la même hauteur, qu'ils sont de forme irrégulière et que 
leur présence est purement accidentelle. Loin donc de cher- 
cher des mots dont les lettres E, R, V et le groupe MO se- 
raient les expressions abrégées, il faut admettre que l'inscrip- 
tion est une dédicace au dieu, d'ailleurs tout à fait inconnu, 
dont le nom se présente ici sous la forme Erumo. 

Ce nom de divinité ne figure ni dans le Spracbscbat~ de 
M. Holder, ni dans Y Onomasticon de V. de Vit, ni dans les 
listes de noms celtiques ou supposés tels qui ont été dressées 
par MM. Creuly et l'abbé Thédenat. Cela s'explique d'autant 
mieux que Brambach, dans l'index de son recueil, n'a pas ren- 
voyé à Erutno. Au musée de Saint-Germain, M. Al. Bertrand 
avait exposé le moulage du bas-relief de Brumath avec l'éti- 
quette : « dédicace au dieu Erumus » r ; il l'avait rapproché, 
dans la salle XIX, consacrée aux monuments de la mythologie 
gallo-romaine, de l'inscription du buste de Beaumont-le- 
Roger, qu'il lisait ESVMO PASCNVSTICVS, et où il recon- 
naissait un ex-voto « au dieu Esumus ». Il y aurait donc eu, 
suivant lui, deux divinités gauloises presque homonymes, Esu- 
mus dans l'Eure et Erumus dans le Bas-Rhin. 

Cette manière de voir ne peut plus être admise aujourd'hui. 
Je crois avoir montré que l'inscription du buste de Beaumont- 
le-Roger 2 doit se lire Esumopas Cnusîicus, et que, par suite, 
le nom de dieu Esumus n'est attesté par aucun document. 
Reste donc seulement Erumo, forme fournie par une inscription 
dont la lecture est certaine et dont l'authenticité, quoi qu'en 
ait dit Brambach, ne peut être raisonnablement mise en doute. 

SiErumo était écrit en grec, EPTMQ, on n'hésiterait pas à 
y reconnaître l'épithète de Zeus, èpupioç, signifiant « protec- 
teur »> et apparentée au mot ïfj;j.x « rempart » ou « abri ». 
Mais rien ne nous porte à croire qu'un mot analogue ait 



i. Cf. mon Catalogue soin ma ire du musée île Saint-Germain, p. 31. 

2. Revue Celtique, t. XV, p. 413 ; Bronzes figures, p. 231, n° 223. 

3 . Thcogn., II, 64, 31. 



Un Bas-Relief inédit de Strasbourg. 375 

existé en celtique. En revanche, nous pouvons citer un cer- 
tain nombre de thèmes celtiques en -om, -uni : tels sont : Ged- 
om-0 1 , Aged-om-o-pas , Es-um-o-pas, Mogit-um-a, Rum-o, Seg- 
om-o. Le rapprochement avec les noms d'homme et de dieu 
Gedomo (ou Gedemo) et Segomo autoriserait peut-être à penser 
que Erumo est un nominatif, non un datif; on pourrait rap- 
peler à ce propos que, sur l'autel de Paris, les noms de dieux 
représentés sont au nominatif: Tarvos Trigaranus, Volcanus, 
Esus 2 . En tous les cas, il paraît certain qu'Erumus ou Erumo 
est un nom à ajouter à la liste des divinités gauloises qui nous 
sont connues seulement par les inscriptions. 

Salomon Reixach. 



1 . Ce nom et les suivants figurent dans les listes de MM. Creuly et Thé- 
denat ou dans le Sprachschati de Holder. 

2. Desjardins, Géogr. de la Gaule rom., t. III, pi. xi. 



THE ANNALS OF TIGERNACH 



I. — THE FRAGMENT IN RAWLINSON B. 502. 

Tigernach hua Braein was a learned abbot of Clonmacnois, 
who died in the year 1088. Of the Armais ascribed to him 
there are now extant onîy the following fragments : 

1. From the time of the prophets Oseas, Amos, Isaias, 
Jonas and Michaeas to the time of Antoninus Pius. 

2. From B.C. 322 (or thereabouts) to A.D. 360. 

3. From A.D. 489 to A.D. 766. 

4. From A.D. 97s to A.D. 1088. 

The first of thèse fragments, now for the first time printed, 
is preserved in Rawlinson B. 502, a twelfth-century vellum in 
the Bodleian, if. i a -i2 b . 

The second, third and fourth fragments are inRawl. B. 488, 
fr. r'-i9 b , a vellum of the i4th century, also in the Bodleian. 
Thèse fragments hâve been edited by dr. O'Conor, with gross 
inaccuracy, in his Renan Hibernicarum Scriptores, Buckingham, 
1825, vol. II, pp. 1-3 14. The fourth fragment is followcd by 
an anonymous continuation (ff. 20-26) in Irish, from A.D. 
1088 to A.D. 1178, which has not hitherto been printed. 

A fifth fragment of Annals, which dr. Todd supposed to be 
part of Tigernach's work, is found at the beginning of a MS. 
in the library of Trinity Collège, Dublin, marked H. 1. 8. 
This fragment consists of four leaves of vellum written, I 
think, in the I4th century, and covers the time from A.D. 34 
(or thereabouts) to A. D. 378. It lias not been printed. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 375 

The sources of the Irish portions of the fragment now pub- 
lished are not now discoverable. But the non-Irish portions 
are, for the most part, compiled from the following works : 

1. S. Hieronymi Interpretatio Chronicae Eusebii Pamphili 
(Migne's Patrologia latina, t. XXVII). 

2. Pauli Orosii... Historiarum libri septem (I hâve em- 
ployed Havercamp's édition, Leiden, 1738). 

3. Chronicon siue de sex huius seculi aetatibus, printed in 
Bedae Opéra, éd. Giles, London, 1843, vol. VI, pp. 270-332. 

Besides thèse, Tigernach used the Vulgate, Isidorus Hispa- 
lensis' Etyniologiarum Libri XX, a Latin translation of Jose- 
phus' Antiquities ofthejews, and, possibly, also the lost Chro- 
nicon of Julius Africanus. 

There is a facsimile of two pages (ff. 6 b , 7 a ) of the follow- 
ing fragment in Gilbert's National MSS. of Ireland, Part I, 
plates xliii, xliv. And six of the Irish glosses hâve been edited 
in this Revue, t. VII, p. 374. 



RAWL. B. 502, Fo. i* 1. 



esse ierunt, quemmultoantetempore régnasse ryraescrlrisimus . 
Osse, Amos, Essaias, Ionas et Michias m Iudea profetant, ut 
alii aiunt. 

KK. Faccea îilius Manachem rexit ISrael annis .u. 

Romulus et Rem//^ générant///' Marte et Ilia. 

KK. Al[c]meon rexit Athenenses zvmis .u. 

Faccea filins Romeliœ rexit Israël annis .xx. 

KK. Carpwj- 1 regnauit Athenenses annis .x. 

KKK. Turimas rexit Macidouiain innis xxx ix. 

KKKKKK. IOtham moritwr. 

K. Achaz îilius Iotha;;/ rexit IUdam -mnis .xui. Ab hoc cou- 
ductus Tedad Fallazar rex Assmor 11 m Rassin reçem Siria_' i;//rr- 



'5^ 



1 . leg. Charops 



376 Whitley Stokes. 

fecit et habitatores Damasci transtùUt Cirinen. Aesimides * 
rexit kthènenses annis .x. 

KKK. Achaz horologium 2 inuenit. Eliates 5 rexit Lidios an- 
nis .xiiii. 

K. Romulus regnauil annis xxxix. 

KKK. Osse f/l///s Hela rexit Israël zrmis .ix., qui fuit nouis- 
simw5 decim tribuum rex. 

KKK. Roma condita est in monte Palatino .xi. kal. Maias 
a geminis Remo et Romulo f/l/is Reas Siluiae, quae erat filin. 
Numitoris f/'l/i Prochas, cuiits f/l/us fuit Amuli//.r rex. quae Rea 
uirgo uestalis fuit, sed cowstuprata, ideo in terram uiua de- 
fossa est ab Anrulio patris sui iratre, q//i eius f/'l/os in Tib[e]riw 
fluuium expossuit. q//os in ripa flum///is inueniens Acca Lau- 
rentia primi armmtarii et regii Faustuli uxor, quae Lupa dice- 
batwr, rapuit inde dluitque, et ideo Romulwj a lupa nutrit/a ài- 
citur. Siue Faustuh/5 ipse eos in ripa;// expositos ab unda, ut 
magis putandu/// est, iwuenit et detulit ad Acca/// uxorem suam, 
quae partea eos aluit, qui cuin adoleuissent, collecta pastor///// 
manu, Amulium regem fra /rem aui sui Numitoris4 m uindicta/// 
matris suas et mersionis suas in flumwe interîecerunt, [fo. i a 2] 
auumq//? suuwNumitorem in regnu/// cowstituunt, sed non diu 
in regno remansit. 'Nain Romulus ad consécrations regni sui 
interfecit eum. 

TVrtio anw p/iore Teglad Fallazar rex Assirior///// sub Faccea 
f/lzo Romelias rege Israël transtulit primo Ruben et Gad et de- 
medium tribw Mannasse in Assirios et dispt'rsit eos in terra 
ex(ilii). 

K. Calidic//jr s rexit Athenenses annis .x. 

K. Remus occïssns est rutro (.i. o sunn) pastorali a Fabio 
duce Romuli ob uallum (.i. mur/////) saltu 6 transiUtum anno 
ab Urbe condita tertio. Romul//^ tratris sui (.i. Rémi) sangine 



i . MS. Aesimides 

2 . MS. horalogium 

3 . leg. Alyattes 

4. MS. numutoris 
\ . leg. Cleidicus. 

6 . in marg. ob assili impunitatem [magna Romulo multitude coniungitur, 
Euseb. Hicron., p. 366]. 



The Aimais of Tigernach. First Fragment. 577 

muros, regnum aui (.i. Numitoris), templum soceri (.i. Titi 
Tatii 1 régis Sabinorz////) dicauit. In Consualibus 2 ludis Sa- 
bine a Romanis rap'tas et uiolatae sunt. 

M... oidus rexit Medos annis .xl. 

K. Romul/<j milites ex populo elegit ac centum a populo 
nobilissimos3 uiros elegit, q#i ob aetatem senatores, ob curam 
uero ac sollicitudinem rei publicas patres uocati sunt. 

KK. Amoyses rexit JEgiptios znnis .xlii. 

K. Achaz mort[u]us est in hoc tempore, ut Eusebi//5 ait. Re- 
gnum defecit .x. tribun/// qz/i erant in parte Samariae et uictae 
a Sencharim qui et Salmanasar rege Caldeorum et translatas 
sunt in montes Medorz///z. Beda luto refert in sexto anno Eze- 
chiae Samaria/// deletam esse. Ezecias Blius Achaz rexit Iudaw 
znnis .xxix. Mêles rexit Lidios znnis .xii. 

KKKKK. 

Nzz/zc ixcipit captiuitas .x. tribuum. 

Sexto Ezechiœ an/zo Salminasar rex Assiriorw/// capta Sama- 
ria transtulit Israël in Assirios, ad Ni/zuen scilicet ciuitatem4, 
[fo. i b 1] C/////S regnum a primo Hierobuam antesteterat anraV 

.CCcIxî. 

Secundo an;w priore Hipomenes 6 rexit kthenenses znnis .x. 

Regnatu/// est in Samaria an/z/V .ccl. Samaritanorw/// gens 
sumsit exordium ab Assiriis, qz/i transmigrati habitauerwwt in 
Samaria, qz/i interpretzntuï custodes, eo qnod captiuata plèbe 
Israël in uvram ad custodia/// collocati sunt. 

Hoc tempore Essaias et Osse profetabant. 

KKKKKKK. Candaules rexit Lidios znuis .xuii. 

Q//arto decimo anno Ezechiœ ascendit Sinchirib Blius Sal- 
minasar régis Assiriorz^/z in terram Iudae, et i/zdixit Ezechiaj 
xxx tallenta auri et xxx tallenta argenti. Tallentum habet tria 
milia siclorum, siclus autem xxx (uel xx, ut alii) obelos. Obelus 
autem est demedium scriptuli. 



1 . MS. (hère 'obscure) seems titotatus 

2. MS. ai«sodalibus, the d being inserted to prevent hiatus. 

3. MS. nouilissimos 

4. Hère the words « Tituc Tobias captus est a are inserted. 

5 . « eclx » in Beda, VI, 286, frora whom this sentence is taken. 

6. MS. hipomenses : leg. Hippomenes 



378 Whitley Stokes. 

K. Leocrfltes texit P&henenses annis .x. 

Hos annos .xu. qui sequntw addidit Dominus Ezechise egro- 
tanti mortemque tune certissimam per Essaiam sibi profetam 
p/wstulanti ac petenti et peccata sua deflenti. Sole reutTso ab 
occassu pêne ad ortum et umbra per x linias in horologio Achaz 
in signuwi sibi uitai deferendœ reiuvtente : q//o tempore quoque 
occidit Deus per angelum .clxxxu. milia Assirior///// nropter 
deprecationem Ezechias qwerentis (.i. no ereged) sziperbiatfi 
Siwchirib et Rapsacis ducis eius turba. 

KK. Pmiica rexit Macidonios annis .li. 

Cobtach Côel Breg mac Ugaine Môir do loscud co trichait 
rig imme i ?;Di//d rig Maige Ailbe hi[m]Brudin [fo. i b 2] 
Tuawma Tenbath saiwrud, la Labraid Loiiigsech Môen mac Ai- 
lella Âne maie Loeguire Luire maie Ugaine Môir, i ;/digail a 
athar 7 a senathar romarb Cobthach Côel. Cocad ô sein etir 
Laigniu 7 Leth Cuind. 

[« Cobthach the Slender, of Bregia, son of Ugaine the 
Great was burnt, with thirty kings around him, at Dind Rig 
ofMagh Ailbe, in the Hostel ofTuaimm Tenbath precisely, 
by Labraid the Dumb Exile, sonof Ailill Ane, son of Loeguire 
Lorc, son of Ugaine the Great, in revenge for his father and 
bis grandfather whom Cobthach the Slender had killed. War- 
fare thence between Leinster and Conn's Half 1 ».] 

KKKKKKKK. Absander - rexit Athenenses annis .x. 

KKKK. Hoc anno Ezechias mort[u]/^ est. 

Romul//5 q«i rexit Roma/;/ xxxix annis, cum anud paludem 
Caprea/n deambulasset nusquam cowparuit. Part hune senatores 
uno anno rem puplicaw rexenmt. 

[in marg. iiimcccuiii.] K. Mannasses ïilius Ezechiae rexit 
Iuda/// annis .lu., apud qitem Essaias profeta serra in caput 
adacta per longuw in duas partes diuiss//5 est. Hic ob scelera 
sua catenattis et compeditwj in Babiloniam ductus est, sed ob 
penitentiam et p/rces restituit//;- in regnuw. 

Gisses rexit Lidios annis .xxxui. 



1 . the northern half of Ireland. 

2. leg. Apsander 



The Annals of Tigernach. First Fragment. $79 

Romanorum secundus Nu ma Pompiliw^ 1 regnauit annis .xli. 
qui Capitolium a fundamewtis aedificauit, quique uestales uir- 
guines primas instituit, duosq//f mmses, Ianuarium et Februa- 
riuffl; .x. mensibus anni adiecit. Tune quoique Sibella Samia 
claruit. 

KKKKK. Erixias 2 rexit annis .x. Athenenses. 

KKKKK. Dinastia JEgipûotum interrrâttitur annis .c.xii. 
Kursmn JEgiDtiorum dinastia renascitur et regnauû Amarti«5 
Saitis annis .ui. 

Sexto anno priore c[o]epit regnare Medos Cardeceas, q//i 
regnauit annis .xiii. 

KKKK. Athenis annui principes .ix. constitua sunt cessan- 
tibus regibus. Tune finis Athenensis regni fuit. 

KKK. Nefrites rexit JEgintios annis .ui. [fo. 2 a 1 in marg. : 
Orosius hoc ait]. K. Multis Tpraeliis tindique scatescentibwj - reg- 
num ad Scithias exiit, ac deinde ad Medos ver Dioenm reduc- 
tuni, et post ad Caldeos ac subinde ad P^rsas uagatum est. 
Quintus Medorum rex Dioces, qui regnauit annis .liiii. 

KKKKK. Anchoris rexit JEgivtios annis .xii. Dinastia uigesi- 
ma nona Ni/zdissior/»//. 

KKKKKKKKKKKK. Mutes rexit Egivtios anno uno. Ardcs 
rexit annis xxxuii. Lidios. 

K. Neferioces rexit JEgivtios .iii. mensibus. Neetinebis rexit 
JEgivtios annis .xuiii. . 

KKKKK. Q/dnto anno priore cepit regnare (sic) Macido- 
nios Acneus. annis .xxxix. regnans. 

Secundo an»o priore regnare c[o]epit Latinorum tertius, Tul- 
lusi Hostili/^, q//i regnauit annis .xxu, qui primas regu;;/4 
Romanor///// purpora et fascibus ussus est, et adiecto monte 
Celio Urbem ampli[fi]cauit. 

KKKKK. Bizantium .i. Cowstantinopolisï, a Pausania condka 
est. 

KKKKKKK. Mannasse mort[u]/^ est. 

1 . MS. pampiliw 

2. MS. Frigas: leg. Eryxias 

3 . MS. iullius 

4. MS. regnu;// 

5 . MS. coKstantinapolis 



}8o Whitley Stokes. 

K. Tco rexii JEgiptios annis .ii. 

Ammon îilius Mannasse rexit Iudam annis duobus iuxta 
Ebreos. secundum uero .lxx. Interprètes annis .xii. 

Histr//5 (.i. ciuitas) in Ponto condita est. 

K. Ammon a seruis suis interûcitur. 

K. Iosias îilius Ammon rexit Iudam annis .xxxi. Hic mun- 
data Iudea et Hierusalem templo eùam innouato part abiectas 
sordes idolâtrie pascha celibérrimum Domino fecit .xuiii anno 
regni sui. Et cum Nechaone JEgipùorum rege congressus 
[fo. 2 a 2] in campo Macedo, qui 1 nunc Maximinopolis uocatur, 
ocàsus est. 

K. Hoc tewpore Taies Melesi//5 vrimus fissiez clan/5 ha- 
betur. 

Profetantibwj 'm Iudea Heremia Sofonia et Olda uxore 2 
Sellum. 

Nectanib«5 rexit JEglvtios annis .xuiii. Hue usque mansit hoc 
regnum. 

KKKKKKKKKKKKKKK. Caditates rexii Lidios annis .xu. 

Romanor//;» quartus Ancus Marci«5 Numa? ex f/l/a nepos 
regnetuit annis .xxxiii., qui Auentinum monte/;/ et Ianiculum 
Urbiaddedit et supra mare .xui. (.i. sexto decimo) ab Urbe mi- 
liario Ostiawz (.i. iwsolam uel ciuitatem) condedh. 

K. Hoc tempore Elchias sacerdos claruit. Hoc anno ut prete- 
scrinsimus Iosias mundata Iudea, et reliquct. Hic Iosias .iiii. 
f/l/os habuit, uî est Ionan, Iochim, Sellum, Sedechiam. 

Secundo anno priore e[o]epit regnare Medos Fraortes annis 
quatuor .xx. regnans : 

KKK. Pilipp/tf rexit Macidonios annis .xxxuiii. 

KKKKKKKKKK. Hoc anno Iosias occise est in campo 
Macedo a Nechaone rege iEgipti, ut praescrinsimus. 

K. Iochi/// f/'l///s Iossiie rexit Iudaw an«w .xi. vost uero 
Iosia/// statiwi regnauit îilius dus Iochaz, qui est Scllu/// nomi- 
uatus, tribus mensibus, que m Nechao uiwctuw ducens in iEgip- 
tum Eliachim f/'l/'/nu Iossias (rat rem eius flwstituit regem, et 
uoeauit nomen eius Iochim. 



i . MS. quae 

2. Ilcrc there is an erasure. 



The Armais of Tigernach. First Fragment. 381 

KK. Nwwc ixcipit captiuitas duaruni tribuu///. 

Anno tertio Iochim Nabcodonosôr [fo. 2 b 1] rex Babilonis 
capta Hierusalem et plurimis captiuatis, m quibus erant Daniel, 
Annanias, Azarias, Misa.d, partem uasson//// templi Domini 
Babiloniam transtulit.. 



INcipit regnuw Caldeorum. 

K. A quarto anno Iochim Scriptura regnum Nabcodonosôr 
cowputat, qui l e[r]go non solum Caldeis et Iudeis, seâ et Assi- 
riis et iEgiptiis et Moabditis aliisqnt; innumeris genùbus incipit 
regnare. 

Qwarto zn.no priore c[o]epit regnare (sic) Lidios Aliates annis 
.xlix. Alii ferw/zt Iochim hune a Nabcodonosôr esse captiu/z et 
in Babilonia/zz ductuw. 

KKKKKKKK. Mortuo Iochim filius eius qui et Iechonias 
xegnauit tnbus mensibus ac diebus .x. Hic circumdata a Cal- 
deis Hierusolîma exiit ad regem Babilonis cuin mtf/re sua, et 
ductus est in Babilonem cuni populo suo anno octauo regni 
Nabcodonosôr. 

llomanorww quaxtus regnauit Tarq/miniwj Prisais znnis xxuii, 
qui circu//z 2 Romœ a^dificauit, numer«;« senator//;;/ auxit, Ro- 
manos ludos instituit, muros et cloacas 3 aedificauit, capitolium 
extruxit : qui ab Anci Marci f/l/is occisswj" est. Hune Tarqnin- 
nium in tempore Iossiœ regnare Beda in Cronica refert. 

Quarto an«o priore regnare Medos Ciraxires annis .xxxii. 
regnans in tempore Nabcodonosôr. 

K. Sedecias qui et Matbian rexit Iudaw znnis .xi. Huius 
anno [fo. 2 b 2] undecimo régis autan Babilonis .xix. (.i. nono 
decimo) Iudea captiua in Babilone//z ducta est, totaqne Hieru- 
salew distructa est, et templuw incensum est a Nabutzardan 
duce Nabcodonosôr anno ex q//o fundari cepit ccccxxxiiii. 

Hic est Sede.chias quem Nabcodonowr duobw oc/dis dempsit, 



1 . MS. quant 

2. MS. circiuw 

3 . .i. inna fannacon 



382 Whilley Stokes . 

et in conspectu ptf/ris f/l/os suos occidit £/ ipsum ccciwi postca 
in Babiloniam duxit. Qz/i awtem reïiqwi fuerant Iudei transfu- 
gerunt in ^giptum q«a part annos qwinqwé a Caldeis percussa 
'm Babiloniam surit et ipsi transmigrati. 

K. Très pueri Sedrac, Misac, Abdinago in caminum ignis 
a Nabcodonosor missi sunt, et indeeos incolumes Y)eus eripuit. 

K. Daniel in lace//;» leonu/n mittit///', sed uerlus a Dario 
rege Medoruni, post euersaw Babiloniam, m terra Medoruni 
Daniel missus est in laccuwz leonu///. 

KKKKKKKK. Hebreorww captiuitas in Babilonia annis 
.Ixx. INter captiuitatew auteni Samariae quae fuit in Ninue et 
captiuitatem Hierusalê/n quae fuit in Babilonia anni sunt cxliiii. 

Hoc tempore Sapho mulier in diuerso poemate claruit, et 
Solon leges Athenensib//^ dédit. 

Finit qnarta œtas. INcipit qninta, quae conûnet annos 
.dlxxxix. ut pocta ait.., 

O dôerad in phopuil co gein Fiadat fedil 
côic cet is née mbliadna ochtmoga co demi;/, 
O Adam co ngénair ôenmac Maire mini 
it da hlhdain côicat nôe cet is tri mili ,.., 

[From the Captivity of the People till the Birth of enduring 
God (are) five hundred and eighty-nine years assuredly. From 
Adam till gentle Mary's one Son was born there are fifty-two 
years, nine hundreds, and three thousands.] 

[fo. 3 a 1] Quinta mundi setas ab extmnin[i]o c[o]epit regni 
Iudaici, quod iuxta Heremise profetiam .Ixx. annis permansit. 
Hoc tempore ignis ab altario sublat«5 et in puteo absconditMJ 
post .Ixx. annos uiuus in aqua inuentwi est. 

KKKKK. Europe rexit Macidonios annis .xxui. 

KKKKKKKKK. Anno xiiii. posujuam percussa. est ciuitas, 
qui est uigissim//5 quinte transmigrationis régis Iochin, Eze- 
chel uidit in uissionibwj renouationem ciuitatis ac templi cere- 
moniarumque eius. 

KKKKKKKKKKK. Nabcodonosor morit///- uigissimo quiuto 
anno post eue/sionem Hicrusahv//. 

K. Romanorn/n sextus Senùus Tuilliwj reginutit annis 
xxxiiii, qui .iii. montes Urbi addidit, Q//irinalc/n, Esquilinu///, 



The Aimais of Tigernach. First Fragment. 583 

Uiminalem. Fossas circum muros duxit. Censûs Romanoruw 
prim/tf ciuium instituit. Qin a Tarqwinnio Sup^rbo genero suo 
occiss«^ est. 

Nono anno priore c[o]epit regnare (sic) Medos Astiages q«i 
et Asuerws. q//i regnauit annis .xxxuiii. 

Croessus rexit Lidios annis xu. Croessz« pastea a Ciro cantus 
est, et Lidorww regnuw distructuw est, quod stetit annis 
.cc.xxx. 

[in marg. iiiwccclxxx.ix.] Euilmoradach f/l/ws Nabcodonosor 
annis regnauit xuiii. Anno xxui. nost euersionem Hierusoli- 
morum subleuauit Euilmoradach rex Babilonis, anno q«o reg- 
nare c[o]epit, qui est annus trigesimus septimus transmigra- 
tionis Iochin [fo. 3 a 2] régis, canut régis Iochin de carcere, et 
possuit tronuw eius super tronum regum qui fuerzwt cum eo 
in Babilone. 

Ni ar dôeri tri adrimi Matha hoc tempus acht ar rhéit inna 
hairmiten roboi do Iochin mti. 

[So not as captivity does Matthew reckon hoc tempus, but for 
the greatness of thehonour whichwaspaid to Iochin therein]. 

lOsenvus hoc ait (Beda ait, si Ioseppw^ scripserit et non liber 
niévzdosus fallit) \d est centum fere annos ab euersa Hierusalem 
usque ad eu^rsionm regni Kaldeorww. Nabcodonosor enim, 
teste sacra Scriptur a. xxu. posteuersam Hierusalem uixit annos. 
Euilmoradach (ilius eius regnauit annis .xuiii. Negasar 1 films 
eius annis .xl. cui successi't films eius Labosordach mensibus .ix. 
Hoc defuncto ad Ballazar, qui Nabôan nuncupatwr, impmum 
transisse dicit, qui cum .x. et .uii. annis regnaret, captam a 
Ciro Persarum et Dario Medor uni rege Babiloniam exequitur 2 . 

Eusebiw ait annos .xxx. a[b e]u<?rsione Hierusakw usque ad 
iwitium Cirii régis P^rsaruw'. Iulius autem Mncanus .lxx. 
annos cowputat. Hieronymus autem in tractatu Danielis ait : 
Tradunt Ebrei huiuscemodi fabulam usque ad septuagissimu/// 
annum, quo Heremias captiuitatem nopuli ludeoru ni dixerat 
soluendam esse. De quo Zacharias in principio uoluminis sni 

1. sic MS. as a correction of Egessar. The NerigUssar of Josephus is 
meant. 

2. sic Beda, VI, MS. dicit 

5 . Hère MS. inserts Hieronymus ait. 



$84 Whitley Stokes. 

loquitur : Irrita?» putans Dt'i pollicitationm Baldazar, falsum- 
que promissum,, usqite m gaudium fecit grande comiiuium, \n~ 
sultans qwodammo^o spei [fo. 3 b 1] Iudeorwm, et uassis rempli 
De\. Sed statim ultio diuina cowsecuta est. Tune apparuit Bal- 
dazar pugnus sine manu scribens m pariete tria ut'rba, \d est 
Mane Techél Fares, quam scnpturam interprétâtes est ei Daniel 
profeta significantem ïmperium Caldeorwm in Medos et Persas 
esse tran[s]ferendum, dzems, Mane, \d est numerus, numerauit 
enim Deus regnum tuum et compleuit illud. Techél, \d est ap- 
pensio : appendit enim Deus regnum tuum in stattra et inuen- 
tum minus habens. Fares, id est diuissio : diuissit enim Deus 
regnum de manu tua et dédit Médis et Persis. 

Eusebiwj- ait: Mortuo Nabcodonozor rege Babilonion/m sus- 
cepit imparium élus Maradochieî impsrator, cui successit {rater 
eius Baldazar. 

Heremias profeta ait: Ecce ego mittam et assumam uniuer- 
sam cognationcm aqwilonis, ait Dominus, ^Nabcodonosor, ser- 
uum meum, et adducam eos super terrain Israël, et seruient Is- 
rahelitas régi Babilonis annis .Ixx. * Cumque impleti fuerint 
.lxx. anni, uisitabo super terrain Caldeorwm iniqwitatem eius, 
et ponam illam in solitudines sempiternas 2 et his qui cum Ia- 
chonia ducti surit in Babilonem. 

Ait ailibi : Qum c[o]epmnt in Babilone impleri .lxx. anni, 
reducam uos ad locum udytrwm, ait Dominus! . 



INcipit n««c regnum PcrsaruirH. 

[fo. 3 b 2. In marg. iiiwzccccxxin.] K. Persan//// vrimus drus 
regnauit annis .xxx., qui, deuicto auo suo matrrno Astiage 
Medorum rege, Médis et Prrsis ipse regnauit. 

Hic primo anno regni sui Babiloniam expugnauit, regemqwe 



1 . Jer. XXV, 9, il. 

2. Jer. XXV, 12. 

3. Jer. XXIX, 10. 

4. marg. sup. Adde .iiii annos super xx.ui. praescriptos ut fiât natnerus 
.xxx. annon/»/ a uersione Hierusa/cw secundum Eusebium, et sic hic nu- 
merus roweruit. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 38$ 

eius Baldazar occidit. quod i;zcredibile pêne apud mortales erat 
[in marg. Orosius d/r/t], nanque Babilonia/;/ a Nebrôth gigante 
fundatam, a Nino autem ael a Samiramide uxore eius reparatam 
esse tenait. Murontiu eius firmitas et magnitudo uix credibilis 
relatu est. Munis coctili htere atque wterïusso bitumine com- 
pacta erat. latitudine cubitorum .1. et altitudine quater tanta, 
et ambitu .cccclxxx. stadiorum circumuenitwr. Ipsa autem qwa- 
drata erat, et m cowsummatione piwnarum média iuterca- 
pedine uigenas qwadrigas . capit. A fronte muxoïum, centum 
portœ aereae 1 . Domus bnnnsecus geminas quater habitationes 
erant. 

Ipsa tamen a Ciro et Dario sine minima pêne mora uicta ac 
subuersa est. Nanqwe Eûfraten longe ualidissimum et mediam 
Babiloneam 'mtern'uenteiii m .cccclxxx. fossas diriuauit ; per 
cuius alueos 2 Ciri exercitwi' ciuitatem clam nocte subintrauit, 
eamque totam uastauit, quod uel humano opère extfûi uel hu- 
mana uirtute distrui utrumqwe pêne apud mortales [fo. 4 a 1] 
incredibile fuit. Quicquid autem est opère amstructum et arte 
aedificatum labi et consumi uetustate Babilon capta confirmât. 

Hic Chus primo anno regni sui laxata Hebreor uni captiui- 
tate il. fere milia horamum regrt'di fecit in Iudeam, restituens 
éis omniz uassa templi Domini aurea et argentea quinque mi- 
lia qwarteenta (sic) quae Nabcodon[o]sor de Hierusalt'm m Babi- 
loniam transtulit. Qjtl Iudei congregati in Hierusalem mense 
.uii. xdiûcauevant altare, et a p/ïmo die meiisis eiusâem e[o]e- 
perunt offerre holochaustum Domino. 

K. Anno autem secundo aduentzfo sui mense secundo templi 
fundame/mi iecerzmt anno incensionis eius iuxta Affricanum, 
lxx.ii. ; iuxta uero Cronicam Eusebi, xxxii. Sed impedientibwj 
Samaritis mtermissum est opus usque ad annum Dari secundum, 
qui eùam in regno Assueri et Artarxer[x]is scnpsenint accussa- 
tionem aduersum Iudeos, et rescripsit Artarxerxes ne aedifi- 
caretwr Hierusakm. 

KKK. Alcetas rexit Macidonios anuis .xxix. 



1 . MS. adds capit. 

2 . MS. albeos 

Revue Celtique, XVI. 28 



3 86 Whitley Sîokes. 

KKKKKKKKK. Lidorwwi regnum defecit^ quod stetit annû 
.ccxxx. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. drus a Tamire regina Sci- 
thiae ocdssus est. 

[in marg. iiimccccxxxi] K. Cawbases îilius Ciri regnauit an- 
nis .uiii., qwi s«c«wd«j Nabcodonosor âicitur. Hic deuicta 
./Egipto cunctaw «/« relegionew abhomiwatwi qwammonias x 
eius- et templa deposuit. [fo. 4*2] Babilonew in ^Egipto 2 aedifi- 
cauit. Huuc aiunt ab Hebréis secundum Nabcodonosor uoeari, 
sub q//o Iudith historia conscribhur, quae caput Olfernis am- 
putauit, et secum furtim abstulit. Unde ab exercitu eius d/c- 
tum est : Deest caput Olfernis. 

KK. Amintas rexit Macidonios annis .1. 

K. Romanorv/w septimus Tzrqummus Sitperbits, Tarq//inni 
Prisci îilius, regnauit àmiis .xxx.ii., qi/i causa Tarq/nnni Iun- 
[ijoris f/l/'i sui, q«i Lucretiam côrruperat*, quique alio no/////ze 
Aruns uocabatwr, regno expulsa est. 

KKKK. Cambisses îilius Ciri a magis suis occiss/« est. 

K. Fnz/res magi regnauerunt mmsibus .uii. 

Hiessus sacerdos magnw^ f/l///s Iosedech et princeps gentis 
Iudeie Zorobobél îilius Salathel t/l/i Iochin îilii losix et Aggeus 
et Zacharias et Malachias profetas claruerwwt. 

Pithagoras fission clan/5 ûlosophus habetwr, qui p/'im/« filo- 
sophos et rllosophia;» nomma nommauit, respuens se sapientew 
uoeari. 

K. Darius Persicus, filius Istai[s]pis, regnauit awiis .xxui. 
ïnter Darium et Cambassen régnasse duo (ratres magos in libris 
cronicorwwi Eusebi reperimus. uerum Hieronymus inexpositione 
Danielis scribit part Cambassen Smerdén maguw régnasse, 
cuius Pantharchen îiliam Cawbassis ducit uxorem, qwi zum a 
septiw magis fuisset ocdssus, et in locum eius Daxius susce- 
pisset impmum, eadm Pantarches nubsit Dario, qui ex ea 
Xerxén îilium genuit. 

K. secundo anno Darii septuagissim//^ annztf captiuitatis Hie- 
rusakw [fo. 4 b i] impleu/r, ut uult Eusebiz/j- testem adhibens 

i . i. e. caerimonias 
2. i. e. Cairo 

j . MS. corru;»pi rat 



The Armais of Tigernach. First Fragment. 387 

Zachariam profetam, ad quem secundo anno Darii loq/nt«r an- 
gelus âicens : Do////ne exercituum, usqwequo tu non misserebms 
Hierusalem, et urbium Iuda q//ib«j irat«J x es ? Iste septuage- 
simus anntff est [Zach., i, 12]. Item quarto Darii anno ait idem 
profeta : Cum ieiunaretis et plangeretis per hos .lxx. annos, 
nunquid ieiunium ieiunastis mi/;/'? [Zach., vii, 5]. 

KKKK. Sexto anno Darii templi aedificatio compléta est. 
die tertia mmsis Adar (.i. Martius), qui est xl.mus sextus an- 
xius ex quo sub Ciro fuîidammta ci us su ni iecta. Unde in euan- 
gelio dicunt Iudei : xl et ui. annis aedificatum «/ hoc templum. 
C[o]eper«»t Iudei awtem aedifieare templum anno secundo Da- 
rii mense sexto die uigissima q//arta et anno .uii., ut dictum 
est, mense .xii., die te/tia compleuer/////. Ex q//o apparet opus 
templi et an/ea non parua ex parte ptractum. Annos autem 
lxx. a distructione illiwj usque ad perfèctam festaurandi licen- 
tiam esse computandos. 

KKKK. Ab eg/rssu 2 Scottorwm de ^gipto mille anni sunt 
usque ad decimum himc annuw Darii régis Persarum. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Pulsis Urbe regib/^ qui 
imperauerunt annis .ccxliii. uix usque ad qwîntum decimu/// la- 
pide/// Roma tenebat imperium. 

Romae post exactos reges primum rc//sules a Br'uto esse c[o]e- 
perunt. Deinde tribûni plebis ac dictatures, qui quinque annis 
regnauenmt populum, [la. 4 b 2] et rursum consoles rem pupli- 
ciui obtenuerawt per annos ferme .cccclxiiii. usque ad Iulium 
Cessarem, qui primus singulàre arripuit imperium olimpiade 
.clxxx[iii.] 

KKKKKKKK (iiimlxxxuiii). Xerxes (ilius Dari régna uit 
annis .xx. Hic JEgipt uni, quae a Dario discesserat, capit. Qui 
aduersus Graeciani pugnatur .dcc. milia armator///// de regno 
et .ccem. de auxiliis, rostratas etiam naues mille duoeentas, 
onerarias autem .iii. milia numéro habuisse narrât»/'. Attanwz 
uictus Leonida rege Spartanon/m cum .de. uiris contra, se cum 
.de. milibw.s' suis pugnante patriam refugit. 

Sub his tnhus regibw^ Ciro scilicet et Dario et Xerxe, Oro- 



1 . MS. natus 

2. MS. incressu 



388 Whitley Stokes . 

sius refert decies nouies centena milia de uisceribws uni»* 
regni Persici esse occissa. 

Hérodote historiarwm scriptor et Zeuxis pictor agnos- 
cuntur. 

KKKKKKKK. Alaxander xexit Macidonios axmis .xliii. 

KKKKKKKKKKKK. Escilus, Pindaiw, Sofocles et Euri- 
pides tragoediaruw I scriptores célébrant»;-. 

"[in marg. iiiwcclxxix.] K. Arctabanwj rexit Pfrsas maisibits 
.uii. qui occidit Xerxen in regia sua, ut Orosiw.r ait. 

Socrates naxus est. 

K. Artarxerxes (sic) qui et Longimanus, \d est Ma'.cpixî-.p [leg. 
Mx/.pôyzip] regnquit imnis .xl. 

KKKKKK. Huius anno .uii. prima die mewsis primi Ezras, 
sacerdos et scriba legis Dn, ascendit de Babilone cum epistolis 
régis, et in prima die mmsis qwinti uenit in Hierusalem cum 
uiris mille .dcc. Tune Ezras profeta totaw Scriptwram ueteris 
testammti [fo. 5 a i] a Caldeis incensam renouauit Sp/V/7u 
Sancto perîusus, et, ïnter alia strennue gesta, castigauit f/'l/os 
transmigrationis ab uxoribus alienigenis. [Ezra, x., 10.] 

KKKKKKKKKKKKK. Eiusdem régis anno uigissimo Ne- 
mias 2 pincerna régis de Sussis Castro adueniens murww Hieru- 
salem .lii. dieb//i" restituit et genti ducatum .xii. annis proe- 
buit. 

Hue nsque diui;/a Scriptura temporum siriem continet : 
quae port haec apud Iudeos suux [dijgesta de libro Machabeorum 
et Ioseppi atque Affricani scriptis exhibentur, qui deinceps 
uniut'rsam historiam usque ad Romana tempora persecuti 
sunt. Et qwidem AÛricanus in qwinto temporum uolumine 
huius temporis ita meminit : Mansit ergo imperfectum opus 
usque ad Nemiam et uicesimum annum Artarxer[x]is, q//o tem- 
pore regni P^rsarum .cxu. anni fuerant euoluti. Captiuitatis 
autem Hierusalem centissim#5 octuogissim//j et q/nntus erat 
annus. Et tune primuw Artarxerxes iusit muros extrui Hie- 
rusalem, cui operi prarfait Nemias. Et aedificata est platea et 
mûri circundati sunî ei. Et ex illo tempore, si numerare uelis, 



i . MS. trogoediaruw 
2. MS. nemais 



The Annals of Tigernach. First Fragment. $89 

.lxx. annorum ebdomadas 1 usquead Christ um poteris repmre. 

Aristarchus etiam et Aristofanes etDemocrit/^ tragoediarwm 2 
scriptores nôc tempore creduntw fuisse. 

Captiuitas autem Samariae [fo. 5*2] et captiuitas Hierusalem 
simul indulgentiam perceperunt, et in uno tempore ver Zoro- 
babel et Iessum sacerdotem et Ezram profetam et Nemiam ad 
terram suam ascenderunt, qui îuerum in Ninue annis .dccxu. 
VopiAus autem Hierusalem annis .lxx. \n Babilonia. Immalle do- 
dechuid deichthreb 6 Assardaib 7 déthreb a Babiloin. 

[« Together went the ten tribes from Assyria and the two 
tribes out ofBabylon. »]. 

Hieronymus ait : inter captiuitatem Samaria[e] in Nùme et Hie- 
rusalem in Babilonia anni sunt .cxlu. et menses très. Ambas 
captiuitates simul indulgentiam perceperunt, ut prrtediximus, et 
uno tempore ver Ezram et Nemiam et Zorobabel ad suam ter- 
rain ascenderunt. 

Il li Samaritae in Ninuen annis .ccxu. et hi qui fuerunt in 
Hierusalem annis lxx. fuerwwt in Babilone. 

Iochiw îilius Iesu cognorrumto Iosedech pontifex fuit, part 
queiii tenuit pontificatum Eliasub, ac deinde Iodas filius Iasib, 
et pa?tea Iohannis tenuit pontificatum. 

KKKKKKKKK. Perdica rexit Macidonios annis .xxix. 

KKKKKKKKKKKKK. Xerxes rexit Persasmensibusduobus, 
part quein rexit Persas Sogdianus mens'ibus .uii. 

Plato naseitwr. Hipochrates medic#5 insignis habetwr et De- 
m[o]critw.y. 



INcipit nunc tempw.s' Machabeorwm. 

K. Darius cognomtmto Nothwj - rexit Versas [fo. 5 b i] annis 
xix. iEgiptus recessit a Persis. 

Reuersis de captiuitate Iudeis non reges sed pontifices vrcte- 



1 . In marg. is hî so sectmain danel [« this is Daniel's week »], and in- 
tcrlined : .i. anni lunares ccccxc. solares autan cccclxxu, \d est xu. anni 
inter se. 

2. MS. trogoediarum 



390 Whitley Stokes. 

fuer/n/t ustjiic ad Aristobulum, q//i atm dignitate pontificis 
etitfw regale sibi c[o]epit usurpare uocabulum. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Archelaus rexit Machi- 
donios annis .xxiiii. 

K. Artarxerxes (sic) qui cognom///at//j est Mnemôn r , Darii 
et Parisaditis îilius, an/m- .xl. regnauit Perszs. Sub hoc rege 
uidetwr Hester historia fuisse compléta. Ipse quippe est q/n ab 
Hebreis Assuerus, et a .lxx. Iiiterpreùbus Artarxerxes uocat//r. 

Athenenses .xuii. litteris uti c[o]ep<Tiint, eu m antea .xui. 
tantum litt^ras haberent. 

KKKK. Galli Zenones 2 duceBrennoS Roma/;/ inuasserunt 
excepto Capitolio *, et sex mensibus uastauerunt, et mille libris 
auri pmium descesionis paciscunt/// . 

Tribuni militares pro consulibus esse c[o]ep/'ru//t. 

Aristotiles, oetauum decimum aetatis annum gerens, Plato- 
nis auditor est. 

KKKKKKKKKKKKKKKKKKK. Nectaneb/zj rexit ;Egiptios 
znnis xuiii. 

K. Orestis rexit Macidonios annis .iii. 

KKK. Achelaus rexit Macidonios anuis .iiii. 

KKKK. Ami//tas rexit Macidonios arme uno. 

K. Pausias rexit Macidonios an«o uno. 

K. Ami//tas rexit Macidonios annis .ui. 

KKKKKK. Argellis rexit Macidow/05 :mnis .ii. 

KK.K. Artarxerxes, qui et Ochus, rexit Pc/sas [fo. 5'' 2] an- 
nis .xxui.-Iste ^Egiptuwz suo i/z/pirio adiunxit, Nectanebo rége 
tins in Ethiopiam pulso in quo yEgiptiorum regnum di[st]ruc- 
tu/// est. 

Amintas rexit Macidonios annis xuiii. 

Demôstenes orator o/////ium rumore célébrât//;-. 

Romani Gallos sùperant. 

KKKKKKKKK.KKKKKKKKK. Alaxander rexit Macidowws 
anno uno. 



1 . MS. memnôn 

2. .i. Libtrpati'/da. Liber pater enim Sténo dicitur. Gsdïiautem Stenonés 
uoeantur quia Liberum Patrc/v hospitio reciptvunt. 

3 . MS. brennio 

4. MS. capitalio 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 591 

Ptolomeus, qui et Oloretes foetus est, régit Macidon ios an- 
nis .iiii. 

K. Plato philosophus mort nu s est, part quem Achademiam 
Speusipp/^ tenuit. 

KKK. Ptvdica rexit Macidonios annis .ui. 

KK.K. Arses Ochi tilius rexit P^rsas annis .iiii. 

Hoc tempore Iudeorum pontifex maxime Iadas clarus ha- 
betur, cuius (rater Mannasses templum in monte Garrazim con- 
struxit. 

Speusippw^ montur, cui' successit Xenocrates. 

K. Pilipp//5 Amintas l tilius, q//i cum Athea Scitharum rege 
conflixit et fraudulentia 2 magis quam uirtute eu m uicit, ac 
.xx. [milia] captiuorum secum duxit, regwm/7 Macidonios annis 
xxiii. Cuius anni duob/^ exceptis a 11 te exacti sunt, quia Euse- 
bium in sirie Macidonicorum regum secuti sumus, qui lxx 
Interprètes sequitur, quique semper regum tempora protelat, 
ideo in scribendo cowputo regali deuiauimz/5. Pilippwj- autem 
iste inter tilium suum Alaxandrum et generum Alaxandruw 
Epirotam a qwodam nobili uiro, Pausania> nomiue, occiss//5 
est. 

[fo. 6 a 1] KK. Quarto anno Arsis (ue\ Xerxis) f/l/i Ochi 
Alaxander Pilipi et Olimpiadis tilius, .xx. aetatis annum gerens, 
Macidonibus regnare incipit. 

K. Darius, qui et Mêlas dicitur, Arsami tilius, rexit P^rsas 
annis .ui. 

Alaxander aduersum Ilirios et Tracas féliciter demicans, sub- 
ut'rsis Tébis, in Persas arma corripuit, et apud Granicum.4 
flumcK regiis ï ducib/^ oppresis, urbem Sardis capit. Idem 
capta Tiro Iudeaw capit, a qwa fauorabiliter 6 excepta Deo uic- 
timas immolât et pontificum templi Iodam, qui in uisione 
nrius ei apparuit, honoribus plurimis vrosequkur, Andromacho 
locoru;// cwstode demissô. 



1 . MS. amincae 

2. MS. fraudelentia 

3. MS. nobile uiro pwsamia 

4. MS. graminidem 

5. MS. regeis 

6 . MS. faborabunt 



392 Whitley Stokes. 

KKKKK. Alaxander septimo anno regni sui Alaxandria;// in 
jEgipto cowdedit. Nec mora Babilonem obtenuit, mter&cto 
Dario in quo Persarum regnum distructuw est, quod stetcrat 
annis .ccxxxi. 

Latini a Romanis perdomiti sunt. 

KKKK. Tune etiam bellum Agidis 1 Spartanor«m régis in 
Graecia. contra Antipatris copias, Alaxandri [régis] Epiri 2 in 
Luçania contra Bruttios 3 Lucanosque cum xxx milibw.r suis, 
Zopyrionis* praefecti Ponti in Scithia gestum est contra Scithas, 
qui omîtes a Scithis ïnterîectx sunt, qui omîtes cum suis exer- 
citib«5 in his bellis dileti sunt. 

K. Alaxander poit mortem Darii .u. annis regnauit. Na;;/ 
antea .uii. Qui Hircanos et Mardos 5 subiecit [fo. 6 a 2J. Tune 
uenit ad eum Thalestris siue Minothaea 6 cum .ccc. mulie- 
ribus gratia subolis/ ab eo sw^cipiendae. Tune Parthos aggrfô- 
sus diu obsistentes propemodum dileuit aiitequam uicit. Inde 
Drancas, Eiurgitas, Parapamenos, Adaspios 8 subegit. Urbe 
Alaxandria super amnem Tanaim awstituta, India;// adfit cum 
Poro fortissimo Indôrum rege cruentissimum bellum gessit, m 
quo Alaxander cum ipso Poro singularité congressus, occisso- 
que deiectus equo, concursu satilitum mortem euassit. Porus 
multis uulneribw^ conîossus et captus est ; quo ob testimonium 
uirtutis in regnum restituto, duas ibi cowdedit ciuitates, Nicia/;/ 
et Bucifalen, quam de nomiiie equl sui ita uoeari pfoecepit. 

Reutvtens in Ammône condedit Parthonium. Idem Iwdicum 
usque ocianum uictoriis poti//.? quam bellis ptruenit, ac Babi- 
lonem reuersus .xxxii. uitas, regni autrui sui .xii. anno, ueneni 
austu periit. Postquaut translata in multos impmo, JEgiptum 
Ptolomew-y Lagi9 îiiius tenuit, Macidonas Pilippw^ qui et Ari- 
deus, (rater Alaxandri, Siriawz et Babiloniam et oiiiuia régna 



I . 


MS. 


hagidis 


2 . 

3- 


MS. 
MS. 


eperi 
brutros 


4- 


MS. 


zophirionis 


S- 


MS. 


mandos 


6. 


MS. 


alestris siuc manutha 


7- 


MS. 


sabolis 


8. 
9- 


MS. 
MS. 


adsapios 
largi 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 595 

orientis Seleucwi Nicanor, Asiae miwori regnauit Antigoiw, 
qui zpud Danielewz [fo. 6 b 1] per .iiii. hirci qui arietem conte- 
reret cornua designantur. 

K. iEgipto primus regnauit Ptolomeus .i. qui et Soter 
Lagi 1 îilius annis .xl., qui Hierusolimis et Iudea in ditionem 2 
suam dolo reductis plurimos captiuorum in yEgiptum trans- 
tulit. 

Appius Claudius cx-cw Romas clarus habetwr. 

Hoc tempore Iudeorum pontifex maxime Onias Iodx îilius 
clams habeîur. 

KKKKKKKKKKKK. Tertio decimo anno Ptolomei Sirix 
et Babilonix et superioribus locis regnare incipit Seleuotf Ni- 
canor. A q//o tempore Machabeorum Hebrea historia Grœcô- 
rum supputât regnum, et a q//o Ediséni sua tempora computant. 

Seleucwj Laudaciam Seleuciam, Antiochiam, Appaniam, 
Edessam, Beroeam 3 et Pellam urbes condedit. Seleucus m cas 
urbes qua.s extruxerat Iudeos transfert, ius eis ciuium et mu- 
n[i]cipalem (.i. cista) ordinem concedens xqwali honore cum 
Graecis. Iudeorum pontifex maxime religiosisim^j ac piissi- 
mus Simon Onix îilius clams habetwr, part quem Eliazarus 
îrater dus swcepit tewpli ministerium îilio dus Onia paruo 
admodum derelicto. 

Regno Siriae et Alaxandriae in minori Assia conregnatum est, 
et primus regnauit ibi Antigonz/5 annis .xuiii. Ptolomei primo 
anno 4 regnare i/zchoans. Hicigitur annus .xiii. est [fo. 6 b 2] An- 
tigoni sicut Ptolomei., 

Conregnatum quoqueest in Macidonia Ptolomeis et Seleûcis, 
et primus regnauit ibi part Alaxandrum Pilippus, qui et Ari- 
deus5, îrater Alaxandri, annis .uii. regnans, primo anno Ptolo- 
mei regnare incipiens. 

KKKKK. Undeciwo anno priore Arideus îrater Alaxandri, 
qwi et Pilip«5-j, rex Macidonu/// 6 , cum sua uxore Euridice a Ma- 



1 . MS. Largi. ' 

2. MS. decionem 

3 . MS. beroeam 

4. Hère begins the first fragment ot" thèse Annals in Rawl. B. 488. 

5 . leg. Arrhidaeus 

6 MS. macidonib/w uc\ uni 



594 iVhitley Stokes. 

ddombus îpsis, suadente Olimpiade (et ipsa portea a Casandrô 
i///<vtecta e#) martre Alaxandri, occissus est: part auem reg- 
nauit in Macidonia Cassander annis xix, a q//o Hercoles, 
Alexandri Magni filius, xiiii. anno aetatis suac cum Roxa[na] 
matre sua i///V/'fectus est. i. in Ancipolitana I . 

Anùgonus rex Assias minoris a Seleuco g/ Ptolomeo in bello 
occissus est : port q»e/// regnauit Demetri//5, cui nome// Polior- 
cetes 2 , îiliuseius, annis .xuiii. 

In anno .xuiii. Ptolomei fuit initiatwj regnare in Emain 
Cimbséd î'Aius Fiwtaiw, q//i regnauit .xxuiii. annis. Tune Echu 
Buadach nater Ugaine in Temoria regnase ab aliis îertur liquev 
praescripsim//.? ollim Ugaine impgrasse. Omnia monim««ta 
Scottorum usque Cimbaéd incerta erant. 

Hoc tempore Zenon zoicus-* et Minander comicus et Teu- 
frastus philosophus 5 claruerawt. 

KKKKKKKKK. Cassander rex Macidonie ob'it, cui succé- 
dant f/l/i eius Antigon/^ 6 et Âlaxander annis .iiii. 

KKKK. Alaxander îilius Casandri bellu/// parans îratri u'ui- 
dicare matrem dispônens a Demetrio occiditur. 

[fo. y a i] Anùnater {rater eius a Lisimacho 7 socero suo \n- 
teremtus est. Ptvt q//os regnauit Demetnus f/'l/'//s Antigoni 
annis .ui. 

KKKKKK. Demetrio a Seleuco et Pirro Epirota a Macidonia 
expulso in Siciliam, ibiqw eodem capto et interfeçto Seleucwi 
Assiam minore?;; tenuit. Pinusque Macidonia^ regnuw iwuas- 
sit, sed non tenuit. Na/// reuerso eo ad Eviruiu Lissimachwj 
regnauit m Macidonia annis .ui. 

KKKKKK. Lisimachus a Sileuco i// bello i///Yrfectus est. 

Quarto an«o priore Ptolomrz/s Soter périt, et Ptolomcws Phi- 
ladelphwj 8 regnare c[o]epit, ut Hebraica invitas testât///-. 

i. leg. in urbe Amphipolitana? 

2 MS. poliercites 

3 . i. e. licet 

4. i. e. stoicus 

5. MS. teufras tris philôsophi. Theophrastus, oi" course, is meant. 

6. interlined : uel Antipater nomg« eius, qui matrem suam Tesolonicen 
manu sua interkeit. 

7. marg. sup. : qui iilium suum Agothoclen cxosiis ////('remit. 

8. MS. philodelphus 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 395 

K. Seleuc//* a Ptolomeo, cuiits sororew Lisimachus habuit 
uxore///, i//sidiis circu///uent//j' occissus est. 

Hic est finis Macidonici belli, exti//ctis xxx.iiii. ducibw^ 
Alaxandri. 

Vost Lisimachu/// regnauit in Macidonia Ceraun//5\, qui et 
^tolomeus, mensihus .ix., Miliargwj mensVous .ii., Anûpater 
diebus xlu. 

Q//arto imiw priore Ptolomeus Philadelphz/5 1 regnare coepit, 
q//i regnauit annis .xxxuiii. Ptolomeus Iudeos qui ïn iEgipto 
erant litaros esse pmnissit,' et Eleazaro pontifici multa Hieruso- 
lima/// et in templi donaria uâssa transmittens 2 .lxxii. Inter- 
prètes petit, qui script//ram sauctam in Graecum u^rtcrent elo- 
quium. New solu/// enim gentiu/// script// ras, sed diui//as litfôras 
in bibliotheca/// sua;;/, contulit. Ne////. .Ixxx. milia libroru/// un- 
dîque collocauit. 

Tantœ autem potentiae fuisse narrât///' Ptolom^/s iste Phila- 
delph/ii" > ut Ptolomeu/// patvcin ui//ceret. Narrant enim histo- 
rié eu/// habuisse peditum [fo. 7*2] ce. milia, eq//itu//z .xx. 
milia, curr[u]um .ii. milia. Elifantos, q//os primos adduxit ex 
Ethiopia, q//adrincentos. Naues longaj", q«as liburnas dicimus, 
mille q/nneentas. Alias ad portanda militu/// cibaria mille, et 
cetera. 

[in marg. Isidorus] Per ide/// tempus Aràtus astrolog/zj agnos- 
citur. Atque argentei nu///mi primum Romae constituuntur. 

K. Swjtenes rexit Macidonios annis .ii. 

Sostratz/j Cnidi//i iarum \n altissimo urbis Alaxandri/zœ loco 
ro/zstruxit. 

IN loco Seleuci in Siria et Babilonia et tota pêne Assia 
regnauit Anteoch/zj, quiet Soter dictas est, annis xix. 

K. Echu Eulfechuir mac Fedaich regnauit in Emaizz an- 
nis xx. 

ludeorum pontificatu/// part Elizaruiu auuncul//j eius Man- 
nasses accepit. 

K. Antigonwj" regnauit Macidonios annis .xxx.ui. 



1 . MS. philodelphus. 

2. MS. transmittentes 
^ . MS. philodelphws 



396 Whitley Stokes. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. Anteochiw, qui uocabatwr 
©NTsecor [@eéç cZ~o;] \d est deus iste, regnauit in Assia pêne 
tota anuis .xu., quem occidit Laudecé uxor sua ueneno, causa 
Bwnicis filise Ptolomei Philadelphi ï in locuw suuw ductae, et 
B^-nicen cum filio suo Iachadione ab Anteocho genito Iacha- 
dioni et Geneo, principibwj Anteochias, occidendaw tradedit. 
Maioremqwe Blium suum Seleucuw cognoiranto Callicinum 2 , 
et in loco pains sui regem cowstituit. Habebat eriim Laudecé 
duos f/l/os ab Anteocho ©HYsecok (sic) genitos, Seleucuw 
Callicinum 2 et Anteochu;;/ cognomnzto Maiorem. Cumque Se- 
lèucus Maior {rater tertio anno regni sui occissw.? esset i/2 Frigia 
per doluw Nicanoris Anteochz/5 Magnus irapfirauit. 

[fo. 7 b i] Hiiamchend nwc Co..amd regnauit \n Emain an- 
;?/5 .1. 

K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K.K. 

Ptolomeus Eu^rgites £ra/Vr s/ferions régis rtgnauit anraV 
.xxui. Qjn abinde Eturgites ab yEgiptiis est uocatz/5 quia 
capta Siria et Calicia et prope modum uniihTsa Assia inter \n- 
nuwera argenti pondéra ac uassa p/rtiosa quae cepit etitfw deos 
eoruw retulit. quos3 Cawbases, capta yEgipto, in Pcrsas por- 
tatwat. 

Anteochus 0HVsecok ab uxore sua ut prrtediximw.r occissus 
est. Cui sucessit Cûius nus Seleucwi Callicinwj4 . i I i . annis. 

IUdeoru;;/ pontifex Onias Simonis Mm, f/l///s çlaray habe- 
tur. Cuius itemfùîus Simon non minori gloria fulget. Sub q/<o 
Hiesw^ iilius Sirach Sapientiae libru//; rowponens quem uoeant 
Panarethon^, etiam in eo fecit Simonis mentions//. 

KK. Seleucwj Callicinus4 \n Frigia a Nicanore mterîectus est 
ut pmescripsimz/5. Cui sucessit (rater suus Anteoch/^ Magnus, 
q//i régna uit annis xxxui. 

Hoc anno Pirrus rex Epirotaru;;/ avud Argos urbem saxo 



i . philodelphi 

2. leg. Callinicum 

3 . MS. quos retulit. 

4. leg. Callinicus. Rawl. B. 488, fo. l a 2, gives this in Irish : Anfrochus 
Enysecok a beau posta fein romarb c, 7 is 'na inadh do thoscadh a mac 
fen .i. Seleucus Caillccinius, etc. 

5 . leg. KOCVOCpETOV 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 597 

ictus interit, et Sextilia uirgo uestalis .i. quia, in adultmo de- 
prehensa est, uiua defossa est. 

KK. Demetrizw regnauit m Macidonia annis .x. 

KK. Apud Formas ciuitatem multis ictis fulminuw moenia 
undiqw^ combusta et desolata sunt apud agru)n Calénum re- 
pente scissa terra ignem eructauit. Tribus diebus tnbusque noc- 
tibus exestuans .u. agri iugera in cinerew extorruit. INtc'r 
multa prodigia sanguis e terra, lac uissuw est mandre de caelo 
in signuw belli Cartagi/zénsis, [fo. j b 2] Tiberis insolitis auct/w 
imbribus et ultra opinionem uel diurnitate ue\ magnitudine re- 
dundans omnia Romas sedificia in piano posita deiecit. 

Antigom/j- régnait it in Macidonia annis .xii. 

KKKKKKKKKKKKK.K.K. 

Seleucws Cenmnus 1 regnauit .iii. annis, qui a Nicanore in 
Frigia interîectus est. 

Antiochw^ Magnw.y regnrtre i?zcipit. 

K.K.K.K.K. Ptolomeus Philopator îilius Euergitis regnauit 
JEgivtios annis .xuii. Ab isto Philopatore Iudei pmelio uicti 
.lx. milia armator uni corruer«;zt, Siciliamqwe Marcelle consul 
obtenet. 

Pilipwi" regnauit in Macedonia annis xlii. 

KKKK. Anteochwj rex Sirias, uicto Philopatore, Iudeawsibi 
sociat. 

ÏUdeoruni pontifex mzximus O.nias îilius Simonis iwsignis 
habetwr. Ad queni Lac[e]demonior«w rex Arius legatos raittit. 
Hoc tempore Anteochus diis gentium Iudeosiwmolarecogebat. 

KKKKKK. Conchobor Rot mac Cathair regnauit in Emai/z 
annis xxx. 

IN Piceno Rumen sanguirm fluxit, et apud Dacos caelu-m- 
ardére uissuw est; et Armini noctem ultra lucem claram of- 
fulsise, ac tris lunas distantibwj caeli regionibwi' exortas apa- 
ruise dicunt. Tune quoque magno terremotu Caria et Kôdus 
i;;soL-e adeo conçusse sunt ut labentib/tf uulço tectis i//gens 
ille Colos:^ rneret. 

K. Anteochus Magnwi moritwr. Cui succesit Seleucw Phi- 
lopator îilius suus regnauit annis .xii. 

1 . M S. e;eraunus 



398 Whitley Stokes. 

KKKKK. Ptolomeus Epifanes filins Philopatoris tegnauit 
znnis .xxuii. 

Prim«.y liber Machabeoru;/; ap/n/Iudeos huius temporis gesta 
contenet. 

Onias sacerdos assumptis luàeorum [fo. 8 a 1] plurimis fûgit 
in yEgiptu;;/, et a Ptolomeo honorifice susceptus, accepit eam 
regionew q//t76'[H]eleopoleosuoeabat//r., et roncedente rege tem- 
pluw extruxit in iEgipto simile templi Iudeorww, quod per- 
mansit usqiœ ad imperium Uespesiani annis ccl. Sub occas- 
sione igitur Onise pontificis iwfinita examina Iudeorum in 
yEgiptu;// conîugerunt. Eo tempore et Cirine eoruw 1 multitu- 
diwe repleta est'. Haec auîem ut\ Oniae uel cetms iEgiptum 
causa petendi fuit, quia pugnantib«j contra se magno Anteoco 
uel Seleûco Philopatore magiis et ducib//.r Ptolomei, possita in 
medio Iudea in contraria studia sciwdebatwr, aliis Anteocho, 
aliis Ptolomeo fauentib/v.f. 

Hac setate poeta Enmus fuit. 

[in marg. sup.] Orosius. His etiam diebwj Annibal apud 
Prusiaw rege;;/ Bethiniae cum a Romanis reposceret/o' uenéno 
se necauit. 

KKKKKKK. Seleuc«5 Philopator montur. 

K. Anteoco Epifanes, (rater Seleuci .i. lïlius Antiochi 
Magni, sucessit Seleuco. regnauit annis .xi. 

Eusebius. Hoc anwo Antioch«j raoritwr, cui sucessit f/l//;ssuus 
Seleuc//5 Philopator, qui regnauit annis .xii. 

KKKKKKKKKKKKKKKKK. Fiachna mac Féidilimthe 
regnauit in Emai/z annis xui. 

[in marg. iii;;;dcccix] KKK. Hoc anno Seleuci moritur, cui 
sucessit in regnu;;; fra/er suus Anteocho Epiphanes, qui 
regnauit annis .xi. 

Ptolomeus Philometor regnauit annis .xxxu. H;z;;c Ptolo- 
meum Anteochz^ vraeWo supgrans Iudeos uaria calamitate op- 
p;vsit. 

Per idem templi Scipio 2 Affricam uicit. 



1. This is a correction of « et Cireneorww », the reading of Beda, 
VI, 297. 

2. .i. a scipa àictus i. ônd luirg 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 399 

Aristobulwj' natione Iudeus pmpateticz/j- I philosop/;w5 agnos- 
citur. qui ad Philometore;;; Ptolomeu;;/ explanationu;;/ m 
Moysen commentzxios scripsit. 

Anteochus Epifanes qui part Seleucum Philopatorem anuis 
.xi. reguauit, m Siria ludeotum legem i///pugnans omniaqwe 
ïdulotum sordibwj comvlens, in templo Olimpii louis simula- 
cru/» ponit. Sed et in Samaria super uerticem montis [fo. 8 a 2] 
Garizim louis Pmgrini delubrum 2 aedificat, Samaritanis ut 
id faceret Tprecantibus. Ueru;;; Mathathias .i. pater Macha- 
bœrum, sacerdos patrias leges umdicat zduersus Anteochi 
duces arma corripiens. Q110 mortuo ducatum Iudeorum sus- 
cepit iHius eius Iudas Machabè//5,a q//o Machabi îratres eius 
àicti surit, anno .c.xl.uii. (.i. centisimo qwadragisimo septiwo) 
regni Graecorum, uigissimo autem Ptolomei. Olimpiade uero 
c.l.u. (.i. centissima qmnq//agesima q//inta) : qui mox An- 
teochi duces de Iudea expellens et te/;/plu;;/ ab iduloru;// ima- 
gmibus emundans parias leges part trienniuw suis ciuibwj red- 
dedit. Umde part secessu;;/ Onise sacerdotis in ^Egiptum, et 
morte;;/ Alcemi qui eftugato Onia pontirkatu;;/ indignus pos- 
sidere te;;;ptabat, omnium fauore3 ludeorum Machabeo sacer- 
dotiu;;; decernit//;- : quod port mortem eius îratet Ionathas sor- 
tit/^ est .xix. aanis, quod plurima ministrauit mdustria. Refert 
enim Eusebiwi egressum Onia; in ^Egiptum multis de sacerdotio 
contendere. IArsôn enim (rater Onia? et quida;;; lessus conten- 
debant illud. 

Port quos Minalaus, q//i occiss;/j est a iuniore Anteocho, et 
Alcimas, q//i ambitione Lradebita pontiricatum i;zuadit. Ob quod 
Onias films pontificis Onias JEgiptuiu tmnsmigrans, in [H]i- 
liopolitano pago ciuitatem sui nominis condedit, templo ad si- 
militudinem templi patrii4 «wstructo. 

Perses regnauit in Macidonia anuis .x. q//o defuncto regnu;;/ 
Macidoniée defecit. 

[fo. 8" 1] KKKKKKKKKK. Anteochi Epifanes sub q//o 



1 . MS. perhipatheticHi" 

2. MS. delubruum 

3. MS. fabore 

4. MS. pa/ris 



400 Whitley Stokes. 

Elizarus et .uii. Machabei simul ciuii maire sua Machaba passi 
siun uersus in ammtiaw disperatione et merore in Tebes op- 
pido P^rsidis pmit. 

In marg. : licet in martirilogio desiwtiria et uermibus cssc 
consumptus...r uel dicitur. 

KK. Anteoch//i(.i. alius iunior) regnauit in Siria .ii. annis 
lxx. praescriptis. 

K. Dire mac Forggo regnauitin Etnai// annis .lxxi. 

Demetri/tf regnauit in Siria /'/ minore simul Asia an«w .xii. 

KKKKKKKKKK.K. Demetrius mortuus, cui sucessit 
Alaxander anww x. 

KKKKKK.KKKK. Alaxander mortuuSj cui sucessit Deme- 
tr'ms annis .iii. 

[In marg. iiiwdcccxxxuiii] K. Ptolomez/j - Eu/rgites aXuts 
regnauit annis xxix. 

KK. Demetrius monuus, cui sucessit Anteoch//^ q//i et 
Sitides dicitur, annis .ix. 

KKKK. Ionathas dux Iudeor///// r/ pontifex cuni Romanis et 
Spartanis ' amicitias facit: q//o a Trifone interfecto, in sacer- 
dotiuw (rater cias Simon 2 assumitur anno regni Eu«rgitis .uii., 
quod .uiii. annis strennuissime gerens Iohanni reliquat. Hic 
aduersus Hircanos bellum gerens Hircani noiueii accepit, et a 
Romanis iûs amicitias postulans decreto sénat//.? inter amicos 
relata* est. 

Samaria///, quae nostro tempore Sebaste uocat//r, obsidione 
captam solo coaeqwauit, quant portea Herodes i/jstaurans Sébas- 
tian/ in honore/;/ Aug//iti appellari uoluit. Hoc tempore ami 
Hierusolimam Anteochus (.i. Sitides 3) obsideret Hircani 
princeps Iudeoru/// reserato Daitid sepulcro tria milia tallenta 
auri inde abstraxit, ex qiàbits Anteocho [fo. 8 b 2] xxx. tallenta 
dédit ut obsidionem relmqueret, atque ut foc/i muidiam deme- 
ret fert//r ex reliqwa peccunia instituise primas cenedochia4, 

1 . MS. sportanis 

2. in marg. Cuius morte .ccui ann»5 reg(ni) Siriœ i///plet//.? est... ad illud 
temyus In... Ma)chabeorum çrîmus historiam eo»tinet computanturqtte a 
pri(mo) anno Cirii (regi)s Pers&rum usque (ad) ûnem p/imi uo(lu)minis Ma- 
cha(be)or///// et morte;// pontificis Si///6nis ...ccccxxu. 

3 . leg. Sidetes 

4. leg. xenodochia 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 401 

qinbiis aduentum suscipcret pauperum et perigrinorum. Unde 
et uocabulum su///sit. Nam cenedochiu/// J pmgrinorum sus- 
ceptio àicitur. 

Hôc tempore per consulem Brutuw Hispania a Romanis ob- 
tenta est. 

KKKKK. Anteoch/tf Sidites 2 moritwr. Cui successif Deme- 
tri//5 annis .un. 

KKKK. Cui successit Anteochns, q//i et Griphus 3, an- 
nis .xii. 

KKKKKKKKKKKK. Anteochus Griphfw 3 monter. Cui 
successit Anteoch//i Cizichinw.f4 ternis .xix., q//i iecto G/ippo 
Siriam obtenuit. Ac rmsus Gripus superuto Cizicino eandem 
recipit. Ita ex successione regnabant iwuicem aduersum se de- 
micantes. 

IOhannes tenuit pontificatu/// q//arto arrno priore annis xxuiii . 

KKKKKKK.K. Ptolomeus Fiscon 5, q//i et Soter, regnauit 
annis .xuii. 

Cicero Arpini naschnr, matre Heluia, pâtre autem eq/;estris 
ordinis ex regio Uulscor///// génère. 

Uarro nascitwr. 

Traces Romanis subieciunt///'. 

Hircano m pontificatu///, qnod ipse .xx.ui. anw'j tenuit, Aris- 
tobul//^ succedit an/w uno, q//i rex parité et pontifex nrirhtis 
apnd Iudeos deadematis sumpsit i//signe vost cccc annos lxxxiiii 
Babiloniae captiuitatis, part qitein regnauit laneus cognomento 
Alaxander annis xxuii., q//i pontificatum quoque administrons, 
crudelissi///e [fo. 9 a 1] ciuib&s praefuit. 

KKKKKKKKKKK. Anteocb//j Cizicinwj obit, cui sucessit 
Pilipz/i annis duob/tf. 

K. Hûc usqus Siria possessa 6 ver reges in Romanaw dicio- 
nem cessit. 

KKK. Aristobul//5 .uii. anwo priore coepit regnare, q//i pri- 

1. leg. xenodochiu'm (cjcvoooystov). 

2 MS. Stidies: leg. Sidetes (SiStJtïjç). 

3. MS. oriphus: leg. Grypus (Tpy-d;). 

4. leg. Cyzicenus (Ku^.xrjvo;). 

5 . leg. Physcon ($ûa/.ojv). 

6. MS. possesia 

Revue Celtique, XVI. 29 



4ô2 Whitley Stokes. 

mus reuersus de Babilone deadema Graecise potestatis insigne 
eu m honore pontificat//.? assumpsit. Cui successit Alaxander 
Ianeus, rex pariter et pontifex, q//i rexit nopulum annis xxuii. 

[in marg. ih///dccclxu.] K. Ptolome//^ q//i et Alaxander 1 , 
annis .x. 

[inmarg. sup.JEndamflcRochada annis .u. regnauit m Emai//. 

Hoc tempore rethorica ars "i// Roma reporta est. 
- Siria ver Gabinu/// duce/// in Romanoru/// âominium transit 
septinio anno Ptolomei capto Pilippo a Gabino. 

Poeta qnoqite Lucreti//5 nascit/rr,, q//i vostea sese, furore 
amatorio 2 , mterkch. 

KKKKK.'Fiac mac Fiadchon regnauit i// Emai// annis .lxu. 

[Inmarg. iii///dccclxx.iii.] KKKKK. Ptolome//^ Fiscon, q//i 
a mettre sua Cleopat/a i// Cipru/// fiierat deiectus, regnauit annis 
uiii., q//i régressas iterum regnu/// obtenuit. 

Per idem te/uvus GaWus Romai rethorica/// docuit. 

Primas tune Salûstius historiographe 3 nascitz/r. 

[in marg.] Silla uastat Athinenses. 

KKKKKKKK. Ptolome//^ Dionissi//^ regnauit annis xxx. 

[interlined] iii///dcccciii c\uia Alaxandr/////, q//i ante eu/// reg- 
nabat, ob i///Vrfection^// ma/ris sua; ciues pepuleranH. 

K. Findchad mac Baicci regnauit in Emai// annis duobus. 

KK. Tricha rig robôi de Laignib ior Heri//d ôtha Labraid 
Loihgsech co Cathaer Môr. 

[« Of Leinster there were thirty kings over Ireland, from 
Labraid the Exile to Cathaer the Great »]. 

CVwchobur Maèl mac Fuithi regnauit in Emai// [annis] .xii. 

K. Q//into anno Ptolomaei Alaxandria uxor Alaxandri ponti- 
ficis, peut morte/// eius regnauit Iudeis annis .ix., ex q//o tem- 
pore Iudeos rerum cowfussîo et uariae cladés opp/rser////t. Post 
C/////S mortem [fo. 9 a 2] Aristobul//^ et Hircanus fïl/i eius inter se 
de i///pmo demicantes occassionc/// pn7t'b[u]tve Romanis ut Iu- 
dea/// imiaderent. FTaq//t;Pompe//.f Hierusolima/// ueniens, capta 



MS. Alaixander 
MS. furorew amatore»/ 
. MS. historiagraphitf 



4. MS. populerant 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 403 

urbe et templo reserato, usque ad sancta. sanctorwn accessit. 
Aristobuluw uinctum secum Romam abduxit. Pontificatum 
îratri ci 11s tradedit Hircano, quod ipse tenuit .xxiiii. annos. 
Tune primum Romanis gens Iudeorum foefa est tributaria, part 
qitem Herodes (ilius Antipatri Ascolonitas q//i, interiecto a se 
Hircano regmim Iudeoru///, sénats consulta accepit, et q//i prz- 
mns alienigena Iudeis praefuit. 

KKKKKKKKKK. Appollodon/j- p/vreceptor Augwjti chrus 
. habet//r. 

K. Cormacc mac Laidich regnauit in Emai// annis .xuiii. 

K. Cicero laude oratoria celebrat//r. 

K. Cato philosopha [H]orati//^q//g nascunt/zr. 

K. UirgiUws Maro in pago q//i àicitur Andis haut procul 
a Mantua, nascit//r, pfl/re Scimacône figulo, maire uero Maia. 

KKK. Pompewi uictus a Césare in campis .ui. Tesalicis 1 in 
JEgiptum fugit, îbîqtte ut litus affigit mox iusu Ptolomei ado- 
lescentis in gratiara Cessaris uictoris occissus est. 

KKKKKKK. Cessar Germanos et Gallos cepit. 

KK. Brittannos quoique stipend[i]arios fecit. Uirgiliw.y Cré- 
mone studiis erudit//r. 

[in marg. iiimdccccxxu] K. Cleopatra soror Ptolomei reg- 
nauit imuis ditobns [in marg. uel xxii] tantum. 

K. Regnum Graecorum defecit. 



[fo. 9 b 1] INcipit regnu/;? Romanor///», quod pmnanebit usque 
m miem saeatli. 

K. Tertio anno regni Cleopatra.- lulins Cessar, q//i Cleopa- 
tram uiolauit, primus Romanor//;;/ siwgulare obtenuit i;/rpe- 
rium, a.qwo Romanonz//z principes Cessares apellati sunt. 

Mochta mac Murchorad regnauit in Emai/z ànnis iii. 

K. Cessar a caeso 2 utero maoris dictus est. 

K. Cassius, '.i. dux Roman//^ Iudea capta tewplu/// Hieru- 
saleni spoliauit. 



1 . MS. tesalicif 

2. MS. ac cesso 



404 Whitley Stokes. 

K. Euchu mac Dare regnauit in Emaiw annis .iii. 

Orosius: Cessar, postq///2/// orbe/;/ domuit et Po/;/peu/// uicit, 
Roma/// redit : ibi, du m rei puplicae statum contra exe///pla 
maion/w clementer instaurât, auctorib//.r Bruto et Cassio, 
coiiscio eùam plurimo senatu, part .iiii. annos et .ui. menses 
tnonarchiae suas, in cûria .xx. et iii. uulneribwj a suis conîosus 
interit. In cowiuratione contra, eu;;/ fuisse amçlius quant .lx. 
co«scios fer////t, duo, scilicet, Brûti et Gains Cassius aliique 1 
quam plurimi. Cuius corpus i;; Foro fragmé/ms t/ibunaliu/// ac 
subsellion//// crematum est. Ab hiwc imper ator es. 

[in marg. iiiwdcccclxui.] K. Anno ab Urbe condita .dccx. 
interîecto Iulio Cessare Octauianz/.s' 2 , qui testamewto Iulii Ces- 
saris auunculi sui et hereditate;;/ et nomen asumpserat, quique 
ptvtea reruin potitus Augustus est d'ictus, regnauit anuis quin- 
q//aginti sex et mehsibus .ui. et diebus xii, quorum .xu. uiuente 
Cleopatra qwadragenti uero et unum postez uixit annos. A q//o 
Au g/mi reges Rômanor///// apellati sunt. Qjiï stati/;/ ordinatwj 
qui), que bella ciuilia gessit, Muti«ense3, Pilipense^, Ptrusi- 
nuiu 4, Siculuwî, Actiac///;/-* : e q//ib//j" duo, hoc est, primum ac 
nouissimuwi adiursus Marc//;;/ Antoniu///, secundum aduersus 6 
Brûtum et Cassiuin, tertium zduersus Luciu;;/ Antoniu///, q//ar- 
tum [fo. 9 b 2] zduersus Sextuw Po///peu/;/ Pompei Gnei f/l///m 
conîêcit. 

KK. Echu Sâlbude mac Loch regnauit in Emai;/ anuis .iii. 

KKK. Fergus mac Leti, q//i conQh.it contra bestiam hi Loch 
Rudraige" et ibi deniers/^ est, regnauit lu Emai;/ annis .xii. 

KKKKK. Natiuitas Conculainu maie Soaltai;;/. 

[« Birth of Cûchulainn son of Soaltam »] 

Undecimo anno Augusù, déficiente i;; Iudea pontiricatu, 
Herodes, n/7;/l ad cani pgrtiwens, utpote Antipatri Ascolonita.* 

1 . MS. aliiqui 

2. MS. octouianz/s 

3 . .i. campus 

4 . campus 

5 . izzsolfl 

6. MS. adut'rsums 

7. « in Loch Rudraigi », now Dundrum Bay. See the story, Ancient 
Laïcs, I, 64, 70-74. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 405 

et Cipriadis (.i. mtffris) Arabica (ïlius, postquam occidit Hir- 
canuw pontifice/zz, a Romanis swjcepit unperium Iudeoru///, 
quod tenuit annis xxxui. Q/zi ne ignobilis forte et a Iudeorzvz/z 
semi/ze argueretz/r extraneus, combussh libros ozzz//es q//ib//s no- 
bilitas gentis Iudeœ in te//zplo reseruabat/zr asscripta. 

Hâcten/z.r qz/i uocabantzzr Lagidae 1 in iEgipto regnauerunt À. 
annis .ccxcu. 

IN super eùam ut sobole/// sua/;/ regio illor///// generi Herodes 
commisceret, proiecta Doside femi/za Hierusolmitana, qttam 
priuatz/j- acceperat uxorew, et nato ex ea f/l/o Antipatro sociat 
sibi Miriam/ze f/l/am Alaxandri 2 , neptem Aristoboli îrat ris Hir- 
cani, qz/i ante eu/// rexerat Iudeos. Haec quinque ei f/l/os genuit, 
q//oru/// duos, Alaxandru/// et Aristobolu///, ipse necauit i/z Sa- 
maria. Nec mora tûam part matrem Hloriim q//a nibil carius 
nouerat, peremit. E quibus Aristobulus Herode/// ex Bt'ronice 
susceyeraî f/l///m qiieni i// Actib//5 Apartuloru/// ab angelo per- 
cussum legim/w. 

KKKK. Mavcus Amomus Niger uictus ab Augusto i// 
Alaxandria sese propria manu interkcit, et Cleopatra uxor eius 
serpentis morsu i// sinistra tacta exanimata est. 

Hoc imno cepit regnare i/z Emai/z Conehobor mac Nessa, q'/i 
regnauit annis .lx. 

Rorannad Hériu idrsi// hi côic, iar n-drcai// [fo. io a 1] Con- 
are Môir maie Etarsceôil hi mBrudin Dd Dergga, et/'r Co//cho- 
bur mac Nessa ocus Coirp/v Nia fer 7 Tigernach Tétbannach 
7 Dedad m^r Sin 7 Ailill mac Magag. 

ISi// tsechtmad bliadrt/// iar ndith Cf/zairi rogab Lugaid Reo- 
derg ri£?i. 

[« Thereafter Ireland was parted into rive, after the slaugh- 
ter of Conare the Great, son of Etarscél, in the Hostel of Da 
Derga, among Conchobar son of Nessa, and Cairbre Nia fer, 
and Tigernach Tétbannach, and Dedad son of Sen, and Ailill 
son of Maga. 

In the seventh year after the destruction of Conare, Lugaid 
Redstripe seized the sovranty. »] 



1 . MS. lagidias 

2 . MS. Alanxandri 



40 6 Whitley Stokes. 

KKKKKKKKKKKKKK. Maria mater Dominl nata est. 
KKKK. Slôgad Tâna bo Cûalngi. 

[« the Expédition ofthe Driving ofthe Kine of Cualngc »]. 

Uirgili«i Maro in Brundissi[o] .lii. aetatis suas anwo mon[u]its 
est. Cuius ossa m Neapoli I humata sunt, hoc epitaphio, qwd 
ipse ante morte;;/ sua;;; dictauerat, tumulo eius superposito : 

Mantua me genuit, Calabri 2 rapuere, tenet nunc 
Parthinope. cecini pascua 5, rura-t, duces 5. 

KKKKKKK. Finit qwinta aetas mundi contiwens annos 
.d.lxxxix. INcipit sexta mundi aetas ab I/zcarnatione Chrisû 
usqite ad die;;; iudicii. Beda boat breuiur sequentia hetec. 

Sexta mundi aetas nulla generatione uel sirie temporum certa, 
sed ut setas decrepita ipsa tonus saeculi morte cousumauda. 

Cétna blhdain tossaich ôigtatheuir is hi sein in bliadfl/« ria 
gen Crist. Blinda in tanaisse immorro de nôidécdu hi rogenair. 

[« The first year ofthe beginning ofthe cycle, that is the 
year before Christ' s Nativity. (It was), however, the second 
year ofthe decennoval in which he was boni »]. 

[inmarg. iii;;;dcccclh] K. Ab initio mundi u;;;cxc iuxta .lxx. 
Interprètes. Secundum uero Ebreicawz ueritateiu, iiimdcccclu. Ab 
Urbe uero condita anno .declii. Anno quoque i/;/pmi Cessaris 
Aug/mi xlii. Anno secundo decinouenal/^ et uii. feria Iesus 
Christus F/l/'/zs Dn sextam mundi aetatew suo aduentu cousq- 
crauit. 

Beda ait: Anno Cessaris Aug/mi .xlii. A morte uero Cleo- 
patrae et Antonii qitando et JEglptus'in p;'Oui;;cia;/; uersnest anno 
xxuii. 01i;;;piadis centissimas .lxxxxiiii. anno tertio. Ab Urbe 
autem condita. anno .declii .i. eo anno q//o compresis cuncta- 
17//// per orbe;;/ terrse gentiu;;; motib/zi' firmissima/// uerissi- 
ma/;;q//f pacc/// ordiz/atione [fo. ro a 2] Dri Cessar aw/possuit, 
Iesus Christus F/l/'/zs Dti sexta/;; mundi setatew (c0«)secrauit 
aduentu .i. 



i . MS. necapoli 

2. MS. calubri 

3 . .i. Bocolica 

4. .i. Georgica 

5 . .i. librinu JEmdx 



The Annals of Tigernach Firsi Fragment. 407 

K. Mors Conchnhmd fbrtissimi herois Scotton/;// la Lugaid 
mac tri con (.i. ri M// ///an) 7 la Ercc (.i. ri Tewrach) mac 
Coirpri Niad fir 7 la tri maccu Calatti// de Cho/machtaib. Uii. 
mbliadna a âes intan rogab gaisced .xuii. mbliadna a2.n0 a aes 
iwtan riibôi iîzdegaid Tdna bô Cuailge, xxuii. bliadnct immorro 
a aes i/ztan atbath. 

[« The death of Cûchulainn the bravest hero of the Irish, 
by Lugaid son of Three Hounds, king of Munster, and by 
Ere King of Tara, son of Carbre Nia fer, and by the three 
sons of Calatin of Connaught. Seven years was his âge when 
he assumed arms, seventeen was his âge when he followed the 
Driving of the Kine of Cualnge, but twenty-seven years was 
his âge when he died. »] 

in marg.] Mors Emiri uxoris Concuhind. 

in marg.] Mors Eirc maie Corpri rig Te///rach 7 Lugdach 
maie Conroi la ConûX Qrnach, 7 iwriud cethri coiced n-Erenn 
la secht Mai/zi o Ultaib. 

[« The death of Ere son of Carbre king of Tara and of 
Lugaid. son of Cû-roi by Conall Cernaeh, and the invasion of 
the four fifths of Ireland by the seven Maines of Ulster. »] 

Kii. Khi. Ku. Kui. Anno imperiî Augnsti .xluii. Herodes 
monter. Hie enim igné extrinsecus urebatz/r, iutnnseats qitoqite 
uasto iweendio, mexplebilis auiditas eibi l . Omne corpus dus 
putridi/ze corruptu///, febris. magna, prurigo i/ztollerabilis, colli 
dolor, peduz// tumor. Pttftea oleo Y\ms, oculi dus soluti s'unt, 
Dispmms auteiii omnes pnmarios et nobiles plebisad se eollegi 
iubet et in uno loeo reeludi. Qjii cuiu collecti sitiit ait sorori 
suas : Nôui Iudeos de mea morte gauissuros, et ideo, ut ha- 
bea//z lugentes cuiu spiritu/zz exalaucro, omnes interriche. Igitur 
f/7/is suis .iii. a se anzV necatis 2 cultruz// poscit ut pomuzzz 
more solito purgaret, ipse eleuans in se dextera/// sua/// obit. 

Beda ait : Herodes morbo intercutis aquas et scatentib/w toto 
corpore wrmibus miserabiliur sed digne moritur. 

K. uii. Archelaiis tûius Herodis regnauit zxmis .ix. \d estusque 
ad fmt'/zz Auqusû. 



1. MS. ciui 

2. sic. leg. antcuoeatis ? 



408 Whitley Stokes. 

K. i. K iii. K. iiii. K. u. K. ui. K. i. INitiu/;/ indictionis. 
[Interlined] Ab initio mundi iuxta .lxx. Interpretum, .umccx. 
secundum Euseb// umtate/// .iiim.dcccclxi. Ab Incarnatione u^ro 
an/// -x. 

K. iii. Octauian/^ 1 mort[u]//.f «/ i« Cawpania, annis .lui. 
mc/zsibus .ui. et dieb//5 xii. regnans. 

Archela its îùius Herodis mort[u]/w est. Cui successerwwt .iiii. 
îratres dus, Herodes [fo. io b i] tetrarcha et Pilipp«5 et Lissias 
et Antipatm 

in marg. iii///dcccclxxx.ix.]K iiii. Tiberius ï'ilius Augustl, ue\ 
magis primgnus 2 dus, hoc est Libias uxoris dits f/l///s ex s///œ- 
riore genitusYowiuge, regnaitit znnis .xxiii. 

K. uii. Herodes tetrarcha Iudeis imper&t, a q//o Iobannes 
Babtiza decollat//j est i// Macheruntha oppido, et sub q//o 1^//* 
Christus crucifix/^ &rt. Ac Iacobwj Zebedei ab eo decollatus est. 

Kuii. Ki. Ab initio mundi iuxta lxx Interprètes .u///ccxx. 
secundum autem Ebnw iiimdcccclxxi. 

Kii. Ab Incarnatione .xx. Herodes tetrarca, qui vegnauit an- 
»w xxiiii., \n honore/// Tibmi et ma/ris dus Libiae Tibmadem 
et Libiadem ro/zdedit. 

Kiiii. Ku. Kui. Co/zchobur mac Nessa m uiii. anreo Tibmi 
q/neuisse àicitur. 

Kuii. Kii. Kiii. Kiiii dcccclxxxx] Duodecimo anno regni Ti- 
bmi Ponti//j PilatMJ in Iudea/// missw.f est. 

Ku. Kui. Ki [in marg. iiimdcccclxxx] .i. Anno .xu. Tibmi 
Cessaris ab Iohanne Babtiza lesus Christus babtizatw* est in 
Ennon iuxta Salem. 

Hoc tempore Christus elegit apostulos xii. 

Ab initio mundi secundum Ebreos pmictis (.iii///. ue\ iiii ///., 
ut Eusebi//5 ait), iuxta autem lxx. umccxxxii. Ab Incarnatione 
quoqne xxx., q//o tempore I[o]han//J5 babtiza occisz/5 est. 

Kii. Eusebitt^ ait quod .xui. an«o Tiberii pnncipiu/// fuerit 
.lxxxi. iubelii secundum Ebreos. qware autem 3 nostra supputatio 



i . MS. octouiaiiHi 

2. MS. premgaus 

3. sic. Beda, VI, 191, li, Rawl. B. 302. h». Rawl. B, 488. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 409 

unJt'uigenti minus ponendas r estimaumt annos facile qui s//- 
/vriora hitius libelli legerit iwueniet. 

IUxta uero Cronicam Eusebii eàdew qitae ipse de utmque edi- 
tione ut sibi uidebat/zr ro/z/possuit anni sunt u///ccxxuiii. 

Kiii. Ku. Anno .xuiii. Tiberii Cessaris lesus Christus cmciûxus 
est anno .xxxiii. éetatis suas eu ni semesse anni. uel xxx.iiii., ut 
Eusebio placet, q//i xiiii luna traditus est et .u. feria, xu. au- 
teui luna et ui. feria pass//j". xuii a aittem luna die dominica re- 
surrexit .ui. uel .uiii kl. Apr'ùis. 

Agrippa cognommto Herodes iïlius Aristobuli f/l/i Herodis 
régis acc«Jsator Herodis [fo. io b 2] tetrarchae, Romaz/z pro- 
fect//5 a Tiberio in ui/zcula coniecitur. Ubi plurimos sibi ass- 
ciuit ad amicitia/// et maxime Germanici f/l/7/m Gaiuw. 

Kui. Hoc anno .xix. ut alii aiunt, Christus crucifix//* est. 

Madat cethri hliadna trichât beite i n-ais Christ is (or .xii. 
kl. Ap/'/7 xiiii. luna pasege. Madat tri .xxx. col-leith immorro 
na///ma is for ochtkl. Apr/7 in cessad 7 for sexkl. ind eiseirge, 
quod a multis auctorib//* constat esse uulgatu///. Hic estnumerus 
ab initio i//d ôigthathchuir co cessad Crist dlxui.xu. luna. Cru-' 
ciûxus est .ui. feria, uiii kl. apr/7. P/'/ma feria resurrexit, hi 
sexkl. apr/7_, hi sechtmaid dec escai. Non sic autem in ciclo 
Dionissi i/zuenies. 

[« If it is 34 years that are in Christ's âge, (the Passion) is 
on the I2th of the kalends of April, the I4th of the paschal 
moon. If however it is only 33 1/2 years, the Passion is on 
the 8th of the Kalends of April and the Résurrection is on the 
6th of the Kalends, quod, etc. This is the number from the 
beginning of the complète cycle to Christ's Passion, 566. On 
the 1 5 th of the moon he was crucified, on a Friday, the 8th 
of the kalends of April. On a Sunday he arose, on the 6th of 
the kalends of April, on the iyth day of the moon. Non 
sic, etc. »] 

Hoc anno Maria mater Dommi q/^ieuisse .xlui. éetatis suae 
2m.n0 asserit///-, uel, ut ali[i] aiunt, seqwmte imuo. 

lAcohus ïustus episcopus seclessiae Hierusolimor///// ordi//at//r 
ab apostulis. 

1 . sic: leg ponendos, as in Rawl. B, 488. 



4>° Whltïey Siokes. 

Cowchobur mac Nessa obiit, cui sucessit Blius eius Causcraid, 
qui regnauit in Emaiw annis tribus. 

Cath Artig tor coiced n-Olnecmacht la C^craid mac Conco- 
bair. Cuscraid obit la Mac cecht. Mac cccht do thuitim foche- 
toir la Cona.ll Qrnach ic Crannaig Maie cécht. Glasni mac 
Conchobair .ix. a/mis regnauit. 

[« The battit of Artech gained over the province of Con- 
naught by Cuscraid son of Conchobar. Cuscraid died by the 
hand of Mac Cecht. Mac Cecht fell at once by the hand of 
Conall Cernach at Crannach Maie Cecht. Glasne son of Con- 
chobar reigned for nine years »]. 

Kuii. Ki. Kiii.'Kiiii. Tibmus ambiguis ueneni signis obit. 

Ku. Gains Callicola 1 regnauit annis .un. 2 non plenis, utOro 
siits. Homo omnium flagitiossissim/zj-, q/zi àhit : Utinazzz vopu- 
\ns unam ceruicem haberet ! In cuius secreto part morte/// dus 
duo libelli reparti s/zzzt, quorum alttri pugio, alteri glad'uts vro 
signo nomiuis ascriptum est. Et in eodem secreto iwuenta est 
ingens arca uarior///// uenenor um, q//^iubente Céssare Claudio 
in mare eft//5sa iwgens strages pisciu/zz per proxima litora 
i/menta est. 

Gains Agrippam Herode/// amie///// suu/// ui//culis liberatuni 
regewludae fecit, qui permansit in regno annis .uii. id est usque 
ad .iiii. Claudii annuzzz, q//o ab anguelo vercusso successif in 
regnuzzz Blius dus Agrippa, et usque ad exférmin[i]uw [fo. i i a i] 
ludeorum, id est xxui. annis, iperseueramt. Herodes Tetrarcha? 
et ipse Gai amicitiam petens4, cogente Herodiade, Roma/// 
uenit, sed accussatus ab Agrippa, etiam tetrarchia/// perdedit, 
fugiensq//f in Hispania/// eu m Herodiade ibi pmt. 

Mariiez euangelium scripsit in Iudea in te/z/pore Gai, qui 
portea mort[u]//j- est in Macidonia, ue\, ut alii aiunt, i// Persi- 
dia, sed uerius in Ethiopia occissus est. 

Ab izzitio mundi iuxta lxx.ii Interprètes .u///ccl., secundum 
uero Ebreos iiim.dccccxci. 



i . leg. Caligula. 

2. net .i\\. uel .uii. annis, m««sibus x. diebus uiii, ut Beda ait. 

3 . MS. detrarcha 

I MS. ad amicitiam pirdens 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 41 1 

Kui. Gains statua/// louis in te///plo Hierusakz/z sub noniine 
suo poni iûsit. 

Pilatz/i' q//i sententia/// da///nationis in Christum dixerat, 
tantis irrogante 1 Gaio angorib//.f coartat/^ [est,] ut se sua 
manu mferfecerat. 

Ki. Gaius a protectoribz/i' suis interfectus est. 

iiiim uiiii me/zses uii dies. Kii. Claudia regnauit an/zz'ixxuiii 
(uel xuiii, ut Ovosiits), qz/i xxx.u. senatores et .ccc. équités 
Romanos mi/zimis causis iw/Vrfecit. 

Kiii. Petrz/j' cuni Anteochena/// aeckriam fundasset ad expug- 
nandu/// Simone/// Magu//z Roma//z uenit, ibiq/zt" .xxu. annis 
episcopale/zz cathedra/// tenuit usqnead ultimuzzzNeronis annuzzz. 

Iriél Glûnmar mac Co/zaill Chernaig regnauit in Emai/z an- 
nis xl. 

[« Iriel Big-Knee son of Conall Cernach reigned in Emain 
40 years. »] 

Kiiii. Togail Bruidne da Bergn (ut alii aiunt, sed cène fal- 
lunt/zr) for Co/zaire Môr. 

[« The destruction of the Hostel of Da Berga on Conaire 
the Great. »] 

Kui. Qz/arto anno Claudi famés grauissi///a, citius memzzzit 
Lucas 2 , îacta esl. 

Claudiz/j iiii. anno regni sui Brittaniazzz adît, qnam neqne 
ante Iuliuz/z Cessarez/z nec vosî eu//z quisq//z7//z atti;/gere aussz/y 
erat, sine ullo praelio ac sangine intra paucissizzzos dies pluri- 
mzm insola? parte/// in deditiont'/// recepit. Orcadas ttiam inso- 
las Ro//zano adiecit impzrio, ac sexto postquam nroketus erat 
mense Romam redit. 

Kuii. Marais in Italia euangeliu/// scripsit (.i. in Roma si//- 
gulariter, ut Beda ait), qzzi partea a Petro ad Alaxandria/zz 
misns est, ibiqz/e eniscopas ordinatzzs" est. 

Ki. Kii. Kiii. Lugaid Réoderg mac na tri Find n-Emna re- 
gnauit \n Temoria annis xxui. Tricha rig do Leith Chui/zd 
ôtha [fo. n a 2] Lugaid co Diarmait mac Cerbaill. 

[« Lugaid Red-stripe, son of the three Finds of Emain, rei- 



1 . MS. arrogantiai 

2. Acts, XI, 28. 



41 2 Whitley Stokes . 

gned in Tara twenty-six years. Thirty-six kings from Conn's 
Half (rcigned in Tara) from Lugaid to Diarmait son of 
Cerball ».] 

Claudia Roma expulit Iudeôs tumul[tu]antes. 

Kui. Famés in Roma. 

Kii. Kiii. Claudia manifestis ueneni signis obit. iii///xxii. 
ue\ xiii annis mensibus .uii. diebns .xxuiii. nel xiii annis non ple- 
nis, ut Orosins. 

Kiiii. Nero m re militari mhu.omni.no aussiis Brittania;// 
[pêne] awisit. Naw duo oppida nobilisiwa illic sub eo capta 
atque (euersa snnt). 

Nero regnauit annis xui., q//i vrimns iwp^rator Christianos 
persécutas est. Qjn fuit transgrwsor sceleru/// auunculi sui Gai 
Callicolae 1 . Ntfw mattem suam et sorores suas et oui nés cogna- 
tas et arnicas suas pulluit. Uirum in uxoreni duxit, ipse a uiro 
ut uxor accepta est. Qjii etiam [nunquam] minus mille car- 
racis 2 awfecisse iter t/vïdit//r. Q//i calidis ac f/ïgidis ungentis 
lauaret//r. Q//i retib/tf aureis qnae lineis trahebant///- purpu- 
reis 5 piscaretz/r. Deniq//f urbis Roma; incendiu/// uoluntatis 
siuv spectaculu/// fecit. Ptv sex dies septemqne noctes ardens 
ciuitas regios pauit aspectz/5. Omnium pêne senatoruw diuitias 
igné ereptas uiolent^r rapuit. Q//i pan: omnia scelera beatis- 
simos Christi apostulos ob magi Simonis neceni, a demonib//^ 
ab apostulis in nomme Christi adiuratis, ab aère dimisi et in 
.iiii. partes corpore in terra diuissi. [Qui] per Agrippam pn/c- 
(ectuin Petru/// cruce, Paulu/// gladio occidit. 

Ku. Secundo anno Neronis Festz/j' Iudea? procurator sucessit 
Felici, a q//o Paul/o" Roma/;/ ui//ct//.v mittitnr, et bienniuw in 
libéra custodia manens: part haec ad p/wdicandu/// demittit//r, 
needum Nerone in tanta scelera qwanta de eo narrant historiée 
er/////pente. Festo magistratui Iudeae succedit Albinns, Albino 
Flor/tf, C/////S luxoriam et auaritia/// ceteraqne flagitia Iudei non 
ferentes, contra Romanos rebellauer/////. Aduerswj quos Ues- 
pesian//^ magist/r militiae miss//^ plurimas urbes Iudea.- cepit. 



i . i. c. Caligulae 

2. .i. o charptib .1. o charraib « of chariots or of cars ». 

3. purpureis funibus extrahebantur, Orosius, VII, 7. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 41 3 

[fo. n b 1] Kuii. Ki. Kii. Kiii. Ab imtio mundi .uwcclxiii, 
iuxta .lxx. Interprètes, secundum uero Ebreos iiiimxiiii. Ab ïn- 
càrnatione .lxiii. 

Ku. Kui. Maria Magdalena moritur. 

Kuii. IAcobw^ (rater Doniim, atm xxx anwù Hierusolimon//// 
rexisset xclesiatu, lapidatwr a Iudeis, qui de pi/ma tewpli prae- 
cipitat/^ histe fullonis m caput percussus interit. 

Kii. Marcz/j- in Alaxandria morit//r, cui successit Annhnus 
saints .xxii. 

Kiii. Verseus poeta moritz/r. 

Kiiii. Nero lohannem apostulum inàoleum feruewtis olei mis- 
sit, ut Tertu.lis.nus ait, qui inde purior et uigetior exierat 
quant mtroierat. 

Tomaidîw Locha Rib maie Maireda dar Mag n-Airbthen. 

Tomaidi/// Liwmuiwe tar Liathmuine, edôn Locha Echach 
aitt dollégad sil riDubthaich Dôelterigad acht Curcuioche namma 
combrathflzV side m Dubthach do Fergw5 mac Roaig. 

[« The outbreak of the lake of Rib son of Mairid, over Mag 
Airbthen. 

The outbreak of Linn-mûne (« stagnum mictus ») over 
Liath-muine, to wit, of Lough Neagh, in a place where the 
seed of Dubthach Chafertongue, save only the Corcu-foche, 
was overwhelmed. This Dubthach was a comrade of Fergus 
son of Roach »]. 

■ Ku. Kuii. Ki. Lucane (.i. poeta) ac Seneca (.i. p/rceptor 
Nerônis) iwferficiuntwr (.i. a Nerowe). 

Kii. Nero ignomimosse fugiens a senatu ad quaxtum ab Urbe 
lapidem sesé ipse interïècit. 

Hoc anno Petrus et Paulwj a Nerone anteaquani semet ipsuw 
iwterficeret occissi sunt.. 

Linus papa .ii. saints. 

Kii. Galua cu/« Pissône adoptiuo f/l/o régna ttit .uii. mensi- 
buSj qui ab Othone interfecù sunt. 

Othôn .iii. mensibus, qui semet ipsuw interiecit. 

UiteWins .uiii. mensibus, qui fuit uorator cibi z , qui a senatu 



1 . MS. ciui 



4 1 4 Whitley Stokes. 

excarnificat//^ crebris ftw/punctionib/v.f et unco tractus m Ti- 
berim m\sns caruit sepultwra. 

Euodi/tf, episcopus post Petn//// xxiii annis, m Anteochia 
ihsus. [in marg. xxxi]. 

Uespesian/w cum Tito f/l/o suo regnauit annis Àx. meiîslhus 
.xi. dicbz/i' xxii. Hic apud Iudeaw imprrator ab exercitu appcl- 
ÏSLtus et belluw Tito f/l/o suo commendans, Romaw per Alaxan- 
driaw proficiscit^r,, qui secundo anno Iudeœ regnu/// subiwtit. 
Tewplum solo strauit post annos primée redificationis eius mille 
.Ixxxix. Gwsuwmatuw est hoc belluw annis Ain., duobus qui- 
dem Nerone uiuente et duob«5 aliis portea. 

Uespessianus [fo. n b 2] inter alia magnor///;/ operum foc/a in 
priuata adhuc uita in Germaniaw, deinde et Brittania;;/ a 
Claudio miss//^ tric[i]es et bis cum hoste conûixit, duas uali- 
dissi///as gentes .xx. oppida, iï/solam Uectaw Brittanic-e pn>xi- 
mam Romano adiecit iwpé'rio. Colossz/5 erigit//r habens altitu- 
di;/es .cuii. pedes. 

Kiii. Hôc anwo uwdicta crucis a Ucspisiano et Tito f/l/o 
eius, postquam enim Uespessian/^ Rôma/// xex\ersusest,TiUis (ilius 
eius ciuitate/// Hierusale/// expugnauit. Te///plu/// solo strauit. 
Regnu///. ludeoutm subu^rtit. Ubi undecies centum milia capta 
esse et ducta Eusepp//5 1 perhibet. 

Ku. Anenclet//5 2 papa annis .xx. 

Kui. Kuu. Ki. Ab initio mundi .u///cclxxix iuxta .lxx. secun- 
duni uero Ebreos iiii///xxx. Ab Incarnatione ciutem lxxui. 

Lugaid Réo derg occiss//5 est ôna trib Rûadchennaib (.i. de 
Laignib). Nô co///mad iiu claideb dodoléced conn-abbad de cho- 
maid a mna .i. Deirbe forgaill, nodechsad. 

[« Lugaid Red-stripe was slain by the three Red-heads of 
Leinster. Or it may be that lie betook himself to (lus own) 
sword and died of grief for his wife, Derb forgaill, who had 
gone. »] 

Kiii. Cremthann Nia Nâir regnauit annis .xiii. 

Kiiii. Andréas crucifix/^ est in Patras ciuitate .i. Achaiae, 
ab Egia (.i. nroconsule). 



i . leg. Iosephus 
2. le". Anacletus 



The Annals of Tigernach. Firsl Fragment. 41 5 

Ku. Uespesianwj in uilla propria circa Sabinos profluuio 
uentris mort[u]//j est. 

Pilipw5 m Hierapoli ciuitate Frigise crucifix/** et lapidât//* est. 

[in marg. iiiimxl] .Kui. Titus ïilius Uespesiani regnauit uost 
vatrem suuw annis Ai. ac mensibus .ii. Iste m utraque lïnga 
tanto facundissim//* exstetit ut causas latine égerit, poemata et 
tragoedias graece eo///poneret. Tanto autem bellicosissim//* l 
fuit ut m expugnatione Hierusolimor///// .xii. propugnatores 
.xii. sagittarwm /w/foderet ictibus. Porro in imperio tantae bo- 
nitatis fuit ut nullu/// omnino puniret, sed conuinctos aduerswn 
se co/ziuratione demitteret, atque in eadem famili[a]ritate quam 
an/ea habuerat reteneret. Huius etiam infer omnia [fo. I2 a 1] fuit 
illud célèbre dictura, p^rdedisse die/» q//a nihil boni faceret. 

Ki. Titus, segregatis a numéro principu/// 2 Othone et Vi- 
tellio, in ciiius te///pore Babi//*' nions prafudit incendia, 
quae uiciwas regiones atm uxbibus ho minibus deleuen/wt, cum 
iwgenti omnium luctu in eade/// uilla q«a pater eius périt morbo 
abswmptw* est. Qui fuit uir omnium uirtutum mirabilis adeo 
ut amor et dilicias humani generis diceret/zr. Hic awphithea- 
thrum Romas aedificauit et in dedicatione eius .u. milia fera- 
17//;/ occidit. 

Kii. Domitiamis îrater Titi iunior regnauit [annis] .xu. et men- 
sibus .u. Hic secundus post Neronew Christianos persecutus est, 
sub qwo lohannes apostulus in Pathmo i^sola religat//* est, et 
Flauia Domitilla, Flauii Clemmtis consulis ex sorore neptis4 } 
in insola-w Pontiana/// ob fidei testimoniu/// exiliat//r; qui et 
ipsuw- Iohanne/// fert//r in feruentis olei dolium missise, sed 
lohannes ta/// iwmûnis redisse [dicitur] a poenis quel m a cor- 
ruptione carnis manebat semper iwmoms. 

Iriel Glûnmar .i. mac Cowaill G'rnaig, die dominica hi 
Seimniu occissus est o Cremthand Nia Nair, ue\ a Gallis, ut 
alii die uni. 



1 . MS. belliocissim//^ 

2. MS. pnncipi«« 

3 . sic, leg. Vesuvius 

4. .i. donn ingi». gebes lasi» fersa m tsiur (« of the daughter, whom the 
sister bas by this man »). 



4 1 6 Whitley Stokes. 

[« Iriél Big-knee, son of Conall Cernach, was killed on a 
Sunday in Semne by Cremthand Nia Nair, vel etc. »] 

Kiii. Fiacha Fi/zdawnas mac Ireil Glunmair regnaitit in 
Emai/j dieis a athar annis .xx. 

[« Fiacha Find-amnas, son of Iriél Big-knee, reigned in 
Emain after his father for twenty years ».] 

Kiiii. Dominant multos senator////z in exiliuw misit ac p<T- 
emit. 

Kui. Domitian//5 cunctos q//i de génère Dauiâ erant bilcr- 
fici iitsstt, ut nulh/5 luàeoruni ex regali origine s //permet. 

Kuii. Abili//^ episcopns Alaxandria[c] znnis xiii. 

Ki. Kii. Kiiii.' Cremthand Nia Nar mort[u]/w est. 

Ku. Feradach Fi/zd mac Cremthaind regnauit annis .xxii. 

Kui. In hoc te///pore claruit Morand mac Môin. 

Kuii. Tomas apostuhis in Culania iugiilatiis est. 

Kxii. Clemens discipuh/j Pétri, episcopits Romre ordinat/// - 
.ix. annis. 

Bartholome//5 decollat//5 et sepult//.f. 

Kiii. Ignati//J" Anteochiœ episcopus znnis xuii. 

Kiiii. Carpri [fo. 12*2] Cend cait .u. bliadna «w-ebailt. x 

« [Carbre Cat's head, five years till he died »]. 

Ab initio mundi .u///ccxc. secundum Ixx Interprètes, secundum 
uero Ebreos iiiiw.lxxi. Ab Incamatione uero xcui. 

K.u. Domitian//5 ab Augusto nonas occissus est. 

K.ui. Nerua senexa 2 Petroniopiwfecto practorioet Parthinio 
spadone Domitiani i/zterfectore in regnu/// ordinat//.?, regnauit 
an/70 uno, et mensibus iiii et dieb//5 octo, q//i TYaianu/// secu;;/ 
in regnuz/z adoptauit. Hic primo edicto > suo cunctos exules 
reuocauit. Unde et lohanncs apos//////.f hâc generali i/zdulgentia 
libérants Ephessum rediit. Et quia concussivn se absente per 
hereticos uidit œckesiœ fidem, rogat//.r ab episcopis Asias, con- 
fcsti//z hanc descripta in euangelio suo uerbi Dt'i aeternitate sta- 
biliuit. 

Nerua morbo conîectns obit. 



i . This entry seems insertcd uuvi. rec. 

2. MS. e 

3 . MS. edictito 



The Armais of Tigernach. First Fragment. 417 

Kuii. Traiznus génère Hispan«.r vegnauit .xix. annis et mew- 
sibus .ui. et diebus .x. Iste Assia et Babilonia capta usque ad 
Iwdise fines part Alaxandruw accessit. 

Ki. Trzhnus iertïus persequitur Cbristianos. 

Kii. Cerdon primus episcopus Alaxandriae annis .xii. qui fuit 
quartus ab apostulo. 

Kiiii. lohannes apostulus lxxuiii. anno part Passionew Do- 
mini, aetatis autan sua; no/zagissimo uiii. an/zo Eftessi placida 
morte qz/ieuit. 

Clem^/s papa Pétri discipiilz/jf, apzzd Cersona/?/ ciuitate/// a 
Traiano m mare deniers?/! est anchora collo cowligata, a cuius 
corpore in feria élus anniufrsaria semper trium miliu/// spatio 
tribus diebus mare recedit, Cbn'stianis Domino ad corp//i eius 
lier pmebente. 

Kui. Simon Cleopa? iilius apostulus, ut alii aiunt, Ierusoli- 
mor/iw episcopus crucifix us est a Traiano, senex .cxxi. an- 
norum. 

Kuii. Kii. Fiatach Fi/zd vegnauit m Emaiw annis xiii. 

Kiii. Kiiii. Ku. Madianz/s apostulus intexîectus est. 

Kuii. Ignati/75 Anteochias episcopus Romam peràucttts a 
Traiano bestis traditz/j" est, qui suadentib//y euw captoribw^ suis 
fugere respondit [fo. I2 b r] Non. Christi frumentum su/;/ 1 et 
dentib/zy bestiar///// molar 2 . Alaxander quoqite Romanœ urbis 
episcopus martt'rio coronati ts, et uno ab Urbe miliario uia Nu- 
mentana, ubi decollatz/5 est sepelitzzr. 

Plinizzi secundus, Nouocomensis3, orator et historic/z^ habe- 
tur, cuius plurima i//genii op^ra extant. 

Ki. Pantheum Roma; quod Domitian/zj- fecerat fulmine 4 con- 
crematu/// est. cui nomen datu/zz est inde, quod omnium deoruz/z 
sit ipsa domzzi habitaculu///. 

IUdei per diuersas unzxum partes seditione/// mouentes 
digna c[a]ede stmiunt. 

Traianz/i' Romani imperii, quod posx. hngustnm defensuw 

1 . MS. SUU/M 

2. MS. moliar 

3. a Nouocoma cimtate, 1. nuathesethid [« new cutter »? « new sha- 
ver »?J ab aliis libris. 

4. MS. flumi;/e 

Revue Celtique, XVI. 30 



41 8 Whitley Stokes. 

magis fuerat quant nobilittr I awplificatum, fines longue ldte- 
que difïudit 2 . 

Kii. Feradach Find Fechtnach defecit, cui successit films 
suus Fiacha Fi?mfolad annis .xui. 

Kui. Ab initio mundi .umcccix secundum lxx, secundum 
EbreosiUinic. Ab Incarnatione cxu. 

lustus hiaxandriœ eniscopus annis xi. 

Kiiii. Kui. Timothi/tf Pauli discipuh/5 qnieuit. 

Kiiii. Titus eniscopus m Creta q/neuit. 

Ki. Trtfianus anud Seleuciaw Isaurias urbem profluuio ...uen- 
tris mort[u]us esti. 

Kii. Adrianus, consubrinx Trrtiani (Mus, regnauit annis xxi. 
Hic ner Q;/adratuw discipuluw Apos///lor//w, et Aristidew Athe- 
nensew uiruw fide sapientiaq//f plénum, et ner Serenuw Gra- 
neum Legàtum libris de Christiana relegione compositis ïn- 
structt/y, pmecepit ner epistolam Cbristianos sine obiectu cremi- 
nuw non damnâri. IDem Iudeos secundo rebelles ultima ca^de 
perdomuit, etiam introeundi ablata eis licentia Hierusolimaw 
quain inseui ontbnuni statum murorum exstructione reparauit, 
et Eliaw uoeari de suo nomme praccepit. IDeni eruditisinmî in 
utraque lingua bibliothechaw Athenis miri opms coMSîruxit. 

Kiii. Eli mm mac ConrsLch regnauit in Emaiw [fo. I2 b 2] 
annis x. 

Ku. Kui. Kuii. Aqmla Pontic//^ internres secunàus part lxxii. 
habeu/r. 

Ki. Kii. Eumenes Alaxandriœ eniscopus anno uno et mense 
uno. 

Kiiiii. Marais Alaxandriœ eniscopus .xiii. annis. 

Ku. Fiacha Fi/zdfolad interïectus est, in Teow/oria ue\ hi/;z- 
Maig bolg ut alii aiunt, o hElimm mac Conrach. À. 6 rig 
hUlad, qui et ipse cecidit hi cath Aichle la Tuathal Techtmar 
iw uindictaw natris sui. 

[« Fiacha Findfblad was slain at Tara, or, as some say, on 
Mag Bolg, by Elimm son of Connra, i. e. by the King of 



i . MS. nouiliter 

2. MS. defudit 

3. Hère in marg. an entry beginning (F)iatach...ri UW. 



The Annals of Tigernach. First Fragment. 419 

Ulster, who himself fell in the battle of Aichle by Tuathat 
Techtmar in vengeance for his father ».] 

Kui. Kuii. Ki. Tuathal Techtmar regnauit armw xxx. Is do 
cetaronasced 7 fris roiccad bôrama Lagen [artûs] [« 'Tis by him 
that the borama (« tribute ») of Leinster was first imposed, 
and to him it was first paid »]. 

Mal mac Rochride regnauit in Emaiw annis xxxiii. 

Kiii. Kiiii. Kii. Kui. Kuii. Kii. Ab initio mundi uwccc 
xxxuiii. secundum lxx Interprètes : iuxta uero Ebraw iiiimc.xix. 
Ab Incarnatione .cxxxiiii. 

Kiii. Kiiii. Celadion episcopus Ahxandriœ annis .xiiii. 

Ku. Hierusolimœ primus ex' gentibus episcopits consûtmtur 
Marcus, cessantibwi his qui fuer////t ex Iudeis, qui sunt numéro 
.xu. et praduerant a Pasione Domim ver annos fere .c et uii. 

Basilides heresiarches(P) agnoscitur. 

Adrian//j Elias morbo mort[u]/^ est. 

Kuiii. Antoni[n]//5 cognommto Vins, cuin f/l/ïs suis Aurelio 
et Lucio, regnauit annis .xxii. 

Ki. lustinus philosopha libruwpro Christiana religione com- 
posituz/z Antoni[n]o tradedit, benignnmque euui erga Christ'm- 
nos hommes fecit. Qjà non longue post, sachante persecutionew 
Crescente * Cynico (uel Canino), pro Christo sangine/w fudit. 

Kii. Sulpicio Romœ episcopo Hermès scripsit libruw qui di- 
citur Pastoris, m quo praeceptuni angueli contenetuf, ut pascha 
die dominico celebraret//r. 

Kiii. Policarp//5 Roma//z ueniens, multos ab heretica labe 
castigauit, qui Ualentini et Cerdonis nuper doctrina fuerant 
corrupti. 

Kii. Antoni[n]//5 ideo Vins cognomi/zatz/j est, quia in omni 
regnô Romano cautionibwi izzcensis cunctoruw débita relaxauit. 
Unde Pater Patrire appellat/z^ esté 

London, 17 July 1895. 

Whitley Stokes. 



propi 



DEUX NOTES DU MANUSCRIT IRLANDAIS 
DE RENNES. 



M. G. Dottin m'a envoyé une copie de deux notes contenues dans le 
ms. irlandais de la bibliothèque de la ville de Rennes. L'une, fort effacée 
et peu lisible, se trouve au folio 125 verso '. Elle est datée de 1586. L'autre, 
en écriture moderne, est placée au bas du folio 23 verso 2 . Voici la restitu- 
tion et la traduction que je propose pour ces deux notes 3. 

Les lettres en italique ne sont pas dans le manuscrit ou n'y sont point 
lisibles ; les lettres entre crochets sont dans le manuscrit, mais doivent être 
supprimées : 

Beannacht Dé agus mo bheannacbt-sa fl;-[t]sealb/;adôirib/;4 an 
leab/w/V-si, cibé iad féin, agus go soiïbhighidh Dia dôib/; agus 
do'« té ag a[na] bMiiil se anois, Conchûbhair Mac Flanncha- 
dha : mise Comi Mac Aodha agus (go soirbhighidh Dia) do'n 
c/;aillin Uileg, agus go dtiubhratdh Dia Uilleog Bûrc ag a bhfui- 

lim-si 'na iochair, slan ô'n tsiubbal-sà sios an«o âomini 

w/lesimo quinqnagesimo (leg. quingentesimo) ottagesemo sexto. 

« Benedictio Dei et benedictio mea apud possessores hujus 
libri, quicumque sunt, et Deus benedicat eos et eum pênes 
quem nunc est, videlicet Conchûbhair (Conor) Mac Flann- 
chadha (Clancy). Ego Conn Mac Aodha [Mackay]. Deus bene- 
dicat istam puellam Uilleôg (Ulick), et ducat Deus Uilleog 
Burk (Burke aut De Burgo) apud quem nunc sum, salvum ab 
hoc itinere, anno domini MDLXXXVI. 

II. 

Mairg darb sealbh sûil 

Do'n focruinn(?) nach bhfâigh 
Bidh an tsûil do sior 

Mar a mbionn an gradh. 
« Malheur à qui a un œil pour ... qu'il n'obtient pas; l'œil 
est toujours où est l'affection. » 

Le seul mot obscur est iocruinn. 

Douglas Hyde. 

1 . Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 91, 1. 26 sq. 

2. Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 81, 1. 28-29. 

3 . J'ai communiqué à mon ami, M. Mac Néill, le texte de ces notes; il 
est d'accord avec moi sur la plupart des points. 

4 . Le ms. semble porter sealbhadorraibh. 



CONTES IRLANDAIS 

(Suite 1 .) 



II. 



LA MORT DES FILS D USNECH. 



! . REMARQUES GRAMMATICALES 



PHONETIQUE. 



1. La terminaison verbale -aàh, que nous avons déjà exa- 
minée, mérite une étude spéciale ; -aàh est susceptible de quatre 
prononciations différentes : 

i° -aàh, -eaàh se prononce u (o) : rugaàh (rôgû); cuireaàh 
(kôrû); cloiseaàh (klôsû), tôgadh (tôgû) ; leagaàh (lyagu), righ- 
neaàh (rïnyû), ndéarnadh (nyarno), marbhuigheadh (màriw); 

2° -aàh se prononce a (ô) : bâthaàh (bahâ), àôghaâh (do) 
bhualaàh (wûôlâ), marbhadh(marow£), sasadh (sàsâ), gearraàh 
(gyârâ), sâthaàh (sa), sleuchtadh (àllâ^tâ), criothniighaàh (kr'ônu), 
molaàh (môlà) ; 

3° -aàh se prononce -ât, eaàh se prononce U : àtagadh si 
(dagat si), bhfeiceaàh se (vékït se), gcosnôchaàh si (gosnoit se), 
bhfagadh se (wât se) ; innseadh se (insît se), àtoigfeaàh se (dôkït 
sç), àtinbhraàh se (dyûrit sç), ngearradh siaà (nydrâd sied) ; 

i. Cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 1 13-13 1. 



422 G. Dottin. 

4° adh se prononce à\ : dtagadh (dagây), thiocfadh (yùkây), 
gheobhadh (yôfay), bhuaikadh (vvuilày), chosnôchadh (yosnoy = 
yosnoyây), choinneôchadh (yônyoy = yônyoyây). 

Dans la terminaison -aidh, -idh, le rf/; est toujours muet : 
deunfaidh (diànà), gcloisfidh siad (glise siad), bhfaghaidh (wa), 
bhfaghaidh se (wâi se), tagaigidh (tagàgi), tôgaigidh (tôgagi), 
geobhaidh (yôfa), tiubhraidh (tyûra), tiocfaidh (tôkà), reidhteô- 
chaïdh (retyo), foillseôchaidh (fwilso), feicfidh (vçki), caithfidb 
(kâ), chuirfidh (ywirï), chosnôchaidh (yosno), rdchaidh (raya), 
bhfuighidh (wi), feuchfaidh (fçayâ). 

Comme on .le voit, les divers sons de -adh ont été répartis 
dans des fonctions différentes : adh, terminaison de l'imparfait 
et du conditionnel actifs, se prononce al quand il est suivi des 
pronoms personnels de la troisième personne se, si, siad, et a-/ 
dans tout autre cas ; adh, terminaison de l'infinitif, se prononce 
a ; adh, terminaison du passif, se prononce //. 

Il est étrange, si la prononciation at de adh est ancienne, 
que le changement de dh en t devant s ne se soit pas produit 
également pour la désidence -idh, or, on dit zvâi se (bhfaghaidh 
se), mais tuât sç (bhfaghadh se). 

2. La dentale du passif est t au lieu de //; après g dans 
leigtear, leigti (à côté de leigthï). 



DECLINAISON . 

1. Le nominatif et l'accusatif sont toujours confondus en 
irlandais moderne. Pour l'expression commune de ces deux 
cas, tantôt l'ancien nominatif, tantôt l'ancien accusatif a pré- 
valu. 

2. Génitif. La désinence du génitif est conservée dans les 
mots suivants : 

A. Anciens thèmes en -o : dlighidh, leinbh, Uisnigh, Manan- 
nàin, dinnéir, air m, cuain. 

B. Anciens thèmes en -â:mnâ, chiche, lâimhe, deisc, meire 
(pour tneôir), uagha. 

C. Anciens thèmes en i : fola. 

D. Anciens thèmes consonantiques : athar, Albann, Duine. 



Un Dialecte irlandais. 423 

E. Aodhbha est, dans notre dialecte, l'équivalent du moyen- 
irlandais ae, vieil-irlandais au nominatif ôa. 

Le nominatif s'emploie en fonction de génitif pour les mots: 
bean-ôg (cf. mna), torr, tabhairne, clé, trold, clann, arm, croldhe. 

3. Datif. La désinence du datif est conservée dans les 
mots suivants : Eirinn, lâinih, Albainn, chnnn, ôig, chli; dans 
bais et Manannâin la forme du génitif est employée par erreur 
en fonction de datif. 

Le datif est identique au nominatif dans righ, cruth, fear, 
oidhche, tctobh, celle, Délrdre, trioblôid, leanbh, beanôg, oileân, 
clann, rôs, fiach, coill, intinn, dcas, faiichios, cath, teas, sncachta, 
mathair, gràdh, culdeachta, aistear, tir. Il semble donc que le 
datif soit en voie de disparition. Le cas est d'ailleurs suffisam- 
ment déterminé par la préposition. 

4. Nominatif pluriel. L'ancien nominatif pluriel persiste 
dans saighdiiiir, caraid, ceannfairt. On a refait à ri un pluriel 
en -te d'après l'analogie des thèmes à dentale : righte au lieu de 
l'ancien pluriel riogha qui était primitivement une forme d'ac- 
cusatif. Putôg et sgamhôg font au nominatif pluriel putôga, 
sgamhôga. A côté de ceannfairt, on trouve ceannfalrteachal. 

5. Le génitif pluriel est distinct du nominatif pluriel dans 
ceannfart. Il lui est identique dans righte, coirp, conirâidi, nam- 
hald. 

6. Le bh du datif pluriel n'est conservé que dans fearaibh ; 
pour suili, comràidi, dearbhraithreachai, gnôthai le datif est iden- 
tique au nominatif pluriel. 

7. Voici dans notre texte les formes des prépositions 
unies aux pronoms : 

l re p. sg., or m, liom, agani, uaiin, dhom. 

2 e p. sg., agat, duit, leat, romhat, oit. 

3 e p. sg. masc, uaidh, lel s, dhô, dhe, alge. 

3 e p. sg. fém., Icithe, uaithe. 

i re p. pi., orrainn, dhuinn. 

2 e p. pi., agalÇbh), lib, dhuibse, dib, asib (avec b et non bh). 

3 e p. pi. A cette personne notre dialecte a conservé deux 
séries de formes, les unes avec le pronom au datif, les autres 
avec le pronom à l'accusatif. A la première série appartiennent 
orralb, leôib, dhôib, dib, astolb. A la seconde appartiennent acii, 



G. Doîtin. 424 

rompu. L'irlandais moderne est, comme on le voit, très diffé- 
rent sur ce point du vieil-irlandais. 

8. La désinence de la i re pers. pi. mitid s'emploie comme 
pronom absolu : ma's mitid. 

9. Comparatifs : breagha, ôige, tréine, cumhachtaighe, ma. 



CONJUGAISON 1 . 

Présent: réidhtigh, faghaidh. 

Présent d'habitude : seasann. 

Impératif : teirigh, tagaigidh, tôgaigidh, cuimlmighidh, bigidh, 
siiibhlaigidh, deunaigidh. 

Imparfait: tagadh, gearradh, buaileadh. 

Prétérit: i re p. sg., finirais. 

i re p. pi., bhimuid. 

3 e p. sg., suidh, chraith, leag, ghlaoidh, ghlac, bhuail, seas, 
saoil. 

d'fosgail, d'innsigh, d'ionnsitigh. 

Futur: i re p. pi., deunfamuid, rachamuid. 

Relatif: bhéidhcas, feicfeas, deunfas (me, mitid), feudfas 
(m nid). 

3 e p. sg., cosnôchaidh, geobhaidh, réidhteôchaidhjfoillseôchaidh, 
fu igh idh, racha idh . 

feiefidh, cuirfidh, aithrisfidh, tiocfaidh, feuchfaidh. 

Conditionnel: i re p. sg., deunfainn. 

3 e p. sg., cosnôchadh, geobhadh, iompôchadh, tiubhradh. 

tiocfadh, tôigfeadh. 

PASSIF. — Présent: cuirtear, leigtear -, feiidlar '. 

Imparfait: leigthi, higti. 

Prétérit : cloiseadh, hagadh, righneadh, deamadh, marbhui- 
gheadh. 

facas. 

INFINITIF: thidheachtan, femnacht, leagaint. 

Participe: râidhte, caithtc, maiihte, folnightbe, leagtha. 

1 . Nous n'avons pas fait entrer dans cette liste les formes déjà relevées, 
t. XIV, p. 117. 



Un Dialecte irlandais. 42 5 



2. TEXTE. 

Le conte que nous publions ci-après diffère peu de la seconde rédaction du 
« meurtre des fils d'Usnech » que l'on trouve chez H. d'Arbois de Ju- 
bainville, L'Epopée celtique en Irlande, t. I, p. 236-286 (Cours de littéra- 
ture celtique, t. V). Il est seulement moins détaillé et moins complet. 
Il ne contient aucun détail sur les circonstances de la naissance de 
Derdriu ni sur sa famille ; il n'y est question ni de l'amour du roi pour 
Derdriu, ni du geas qui interdisait à Noise de venir en Irlande en temps 
de paix, à moins qu'il ne fût en compagnie de Cuchulainn, Conall ou 
Fergus, ni des présages de mort que Derdriu fait remarquer aux trois 
frères, ni des exhortations de Conchobar pour décider les Ulates à tuer 
les fils d'Usnech. D'autre part, notre récit renferme quelques innova- 
tions : Conchobar est remplacé par Manannan ; Noise par Aille ; c'est 
la nourrice de Derdriu et non le hasard qui fait connaître Aille à Der- 
driu ; ce n'est qu'après avoir tenté une expédition en Ecosse et après 
avoir été repoussé que Conchobar a recours à la ruse pour se venger 
des fils d'Usnech ; enfin au lieu d'être décapités par le fils du roi de 
Norwège, les fils d'Usnech se tuent les uns les autres par mégarde. 



426 G. Dottin. 



Transcription phonétique. 

i. Rôgû l'anâ mna. Nûër rôgû hi, vî si nâ l'dnâ rô bra gô 
ro ke ydnïk i diânâ iônâ yi l'dnâ brdyâ. 

2. Kôru fis ér a driâdç>ir nç> gô vçkït se an l'dnâ. Hanik an 
driâdôir agûs dç-/ se ër a l'anâ. Noir a -/dnïk sç ïn l'dnâ, rôni 
sç a yjasâ driâyt'. Xdnïk se an triblçid yôsnoy' y à E'rë ya lçki 
an l'dnâ iâ-/tïn sûâs gô ddgât si nâ banQg. 



3. Nûër adûrty an driâdôir, gô gôsnoit se ïn triblôid yô 
É'rë 7a likti an l'anâ hiâ'/tïn sûâs nâ bançg, kôru fis ër ri Mô- 
nônân, gôn insit sç vq an triblôid yûkâ-/ orûb ma liktër hi 
hiâyt sûâs nâ ban Qg. Dûrt an ri gô-dôkit se hi yç hen. 

4. Nûërë â klôsû an -/dël fûâ ma-/ yôn l'dnâ togû an l'dnâ 
âstyd*/ gôdi tyd-/ an d°li. Hanik nâ rityë, hanik an driâdôir. 
Lydgu an l'dnâ ldhër nâ rityë. Xdnïk sied an l'dnâ. Durty sied 
nay wdkâ éôn l'dnâ eriô nis dl'ë nâ nis brd/â nâ l'dnâ. — « Nis », 



Traduction française. 

1. Une fille naquit. Quand elle fut née, c'était une si belle 
enfant que celui qui la voyait était émerveillé de sa beauté. 

2. On envoya chercher le sorcier pour qu'il vînt voir l'en- 
fant. Le sorcier arriva et il regarda l'enfant. Quand il eut vu 
l'enfant, il accomplit son art de sorcier. Il vit les malheurs 
que cette enfant coûterait à l'Irlande si on la laissait atteindre 
l'âge de femme. 

3. Lorsque le sorcier eut dit qu'elle coûterait de grands 
malheurs à l'Irlande si on la laissait atteindre l'âge de femme, 
il envoya chercher le roi Manannan, pour lui dire les malheurs 
qui fondraient sur eux si on laissait l'enfant atteindre l'âge de 



Un Dialecte irlandais. 427 



Transcripl ion orthographiq ne . 

1. Rugadh leanbh mnà. 'n uair a rugadh i, bhi si 'na 
leanbh ro bhreagh, go raibh an té chonnaic i [ag] déanamh * 
iongnaidh dhi 2 lé 11-a breagha>. 

2. Cuireadh fios air an draoidheadôir nô go bhfeiceadh se 
an leanbh. Thdinic an draoidheadôir agus d'reuch se air an 
leanbh. 'n uair a chonnaic se an leanbh, righne se a chleasa 
draoidheachta. Chonnaic se an trioblôid chosnôchadh dh' Ei- 
rinn dha leigthi an leanbh thidheachtan suas go dtagadh si 'na 
bean-6g4. 

3 . 'n uair adubhairt an draoidheadôir go gcosnôchadh si an 
trioblôid dho Eirinn dhâ leigti an leanbh thidheachtan suas 'na 
bean ôig, cuireadh fios air righ Manannain, go n-innseadh se 
dhô an trioblôid thiocfadh orraib 5, ma leigtear i thidheacht 
suas 'na bean ôig. Dubhairt an ri go dtôigfeadh se i dhô rein. 

4. 'N uair a cloiseadh an châil chuaidh amach dhe 'n 
leanbh, tôgadh an leanbh asteach go dti teach an dlighidh. 
Thâinic na ri^hte, thainic an draoidheadôir. Leagadh an 
leanbh [i] lathair na righte. Chonnaic siad an leanbh. Du- 



femme. Le roi dit qu'il la prendrait pour lui. 

4. Lorsqu'on eut appris les bruits qui couraient au sujet 
de l'enfant, on transporta l'enfant dans la maison de la loi. 
Les rois vinrent, le sorcier vint. On déposa l'enfant au milieu 
des rois. Ils virent l'enfant. Ils dirent qu'ils n'avaient jamais 
vu un enfant plus avenant et plus beau que cette enfant. — 
« Eh bien », dit le sorcier, « n'avez-vous pas vu l'enfant ? » 



1 . En Connaught dîonamh = diongnamh. 

2. Toujours prononcé comme s'il s'écrivait dhaoi. 
? . Leg. brcaghacht. 

4. Leg. mnaoi ôig. 

5 . orra est plus usuel. 



428 G. Dotiin. 

ïsïn driadôir, « na/ûil ôg°i ër n àfark ér a l'ânâ ? » — « Gôk£rd à 
ta ôgôtsë le ràër a l'dna? » — « Ta misé râ lib ânis gô gôsnâ an 
l'dna so fwil agus k°irp, ma liktâr a kydn les a l'dna. » — 
« Tçkyë mesi yôm hçn », durty ri Mônônân, « diana me 
tdwr klô/â yi 'n dty nay vçkë çnya/ hi, o durty an driadôir 
gô gôsnat si mçtsen triblçid yôn ilân. » 



5. Vi na rityë sdsta les, mar ôk sied brahunas, an l'dna */°ir 
in bais. Rïni sç an tdwr lai an l'dna, gô dçkït sç suas. Fûâr se 
bdnaltra vi fçlunâ-/ lai an l'dnâ 6gy âilt. Ni rô fis ëg ënyd-/ wâi 
sin amdy v gô kçard bô kç'r yôn l'dna. 

6. Vï tr'ûr drahër yë -/lan Ésnyë ëg a ri Mônônân. Bwi 
hiëd an tr'ur a bar yir a vi ïn Érin le na lin. Ni rô bwiâl bdha na 
do orôb ; ni rç ean ndwidy ya yàytàyt vi grû hiëd wûâlâ na 
çân laëva tr/tara/ d'ity orôb. Nûër rôgû Nis, agûs À'iyë ïs 
Ardân, rôiii an driadôir a -/las dridyt', dûrty léhe na/ rô bwiâl 
bdha na dç> na nawid ë bi/ ya-/ûyta-/éan laev is far d'ity orôb. 



— « Qu'as-tu à dire au sujet de l'enfant ?» — « Je vous dis 
maintenant que cette enfant coûtera du sang et des cadavres si 
on lui laisse la vie r . » — « Je la prendrai pour moi », dit le 
roi Manannan; « je ferai une tour de pierre pour elle, dans un 
lieu où personne ne la verra, puisque le sorcier a dit qu'elle 
coûterait tant de malheurs à l'île. » 

5. Les rois furent contents de lui, car ils avaient condamné 
l'enfant à mort. Manannan fit la tour pour l'enfant afin de 
l'élever. Il trouva une nourrice qui fut habile à élever l'enfant. 
Personne à partir de ce moment ne sut ce qu'on avait fait de 
l'enfant. 

6. Il y avait trois frères, fils d'Usnech, chez le roi Manan- 
nan. C'étaient les trois hommes les plus braves qu'il y eût en 

1. Littéralement « la tète ». 



Un Dialecte irlandais. 429 

bhairt siad nach bhfaca [siad] aon leanbh ariamh nios âilne nd 
nios breagha nd a' leanbh. — « Anois », ar san draoidhea- 
dôir, « nach bhfuil agaibh 1 'ur 2 n-amharc air an leanbh ?» — 
« Caidé a' rud atâ agat-sa lé rddh air an leanbh ?» — « Ta 
mise [ag] rddh lib anois go gcosnôchaidh an leanbh-so fuil 
agus coirp ma leigtear an ceann leis an leanbh. » — « Tôgfaidh 
mise dhom rein i », dubhairt ri Manannain, « deunfaidh mé 
torr3 cloiche dhi in ait nach bhfeicfidh aon-neach i, 6 dubhairt 
an draoidheadôir go gcosnochadh si a[n] méid sin trioblôid[e] 
dho 'n oilean. » 

5 . Bhi na righte sdsta leis, mar thug siad breitheamhnas an 
leanbh chur in 4 bais. Righne se an torr l'aghaidh 5 an leinbh, 
go tôigfeadh se suas[i]. Fuair se banaltra bhi feileamhnach 6 
l'aghaidh an leinbh ôig faghâilt. Ni raibh a fios ag aon neach 
uaidh sin amach caidé 7 an rud ba coir dho'n leanbh. 

6. Bhi triur dearbhrdthar 8 dhe chlann9 Uisnigh aig an righ 
Manannain. Ba h-iadan triur a b' I0 iearr d' fir 11 a bhi in Ei- 
rinn le n-a linn. Ni raibh baoghal bathadh I2 nd dôghadh J 3 
orraib. Ni raibh aon ndmhaid dhd chûmhachtacht bhi i gcruth 
iad abhualadh, nd aon ldmh uachtar faghdil[t] orraib. 'N uair 
[a]rugadh Naois agus Aille 's Arddn, righne an draoidheadôir 



Irlande de leur temps. Il n'y avait pour eux aucun danger, ni 
de noyade, ni d'incendie. Aucun ennemi, quelque puissant 
qu'il fût, n'était capable de les frapper, ni d'obtenir la v